18 octobre 2020

La Fille Rosemarie (1958) de Rolf Thiele

Titre original : « Das Mädchen Rosemarie »
Autre titre français (TV) : « Prénom : Rosemarie »

La Fille Rosemarie (Das Mädchen Rosemarie)Dans l’Allemagne des années cinquante en plein renouveau économique, une jeune femme cherche à séduire des industriels dans l’espoir de s’intégrer à la haute société. Réalisant qu’elle ne pourra y parvenir vraiment, elle accepte de pratiquer l’espionnage industriel sur l’oreiller pour le compte d’un mystérieux entrepreneur français…
Ce film allemand de 1958 s’inspire directement d’un fait divers survenu l’année précédente à Francfort-sur-le-Main : le meurtre d’une prostituée de luxe, Rosemarie Nitribitt, qui a causé un grand scandale car le carnet d’adresses de la jeune femme était rempli de noms d’hommes politiques et d’industriels du pays. Ce meurtre n’a, à ce jour, toujours pas été élucidé. Cette histoire est surtout l’occasion pour le cinéaste de livrer un portrait mordant des milieux économiques et financiers et de ridiculiser l’arrivisme des grands industriels. Il le fait non sans humour, ce qui donne parfois un ton de comédie à l’histoire. Le film est assez remarquable sa belle photographie noir et blanc et la qualité de son interprétation. Il permit à l’actrice Nadja Tiller de connaitre une notoriété internationale. Peu connu aujourd’hui, La Fille Rosemarie connut pourtant un grand succès à sa sortie et remporta le Lion d’or à la Mostra de Venise. Avec le recul, le film nous apparaît assez unique en son genre.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Nadja Tiller, Peter van Eyck, Carl Raddatz, Gert Fröbe, Hanne Wieder, Mario Adorf, Horst Frank
Voir la fiche du film et la filmographie de Rolf Thiele sur le site IMDB.

Remarques :
* Les films allemands des années cinquante ne sont pas si nombreux. Parmi eux, La Fille Rosemarie est considéré comme étant le seul critiquant le miracle économique de la république de Bonn.
* La Fille Rosemarie est le film le plus remarquable de la filmographie de Rolf Thiele avec une adaptation de Tonio Kröger de Thomas Mann, sélectionnée au Festival international du film de Berlin 1964.

La Fille Rosemarie (Das Mädchen Rosemarie)Nadja Tiller et Carl Raddatz dans La Fille Rosemarie (Das Mädchen Rosemarie) de Rolf Thiele.

9 septembre 2020

Le Fruit défendu (1921) de Cecil B. DeMille

Titre original : « Forbidden Fruit »

Le Fruit défendu (Forbidden Fruit)Epouse d’un riche industriel qui cherche à conclure un accord avec un jeune homme d’affaires, Madame Mallory demande à sa couturière Mary Maddock de jouer le rôle de séductrice le temps d’un dîner…
Cecil B. DeMille avait déjà tourné en 1915 cette histoire qu’il a lui-même écrite sous le nom The Golden Chance. Le thème des oppositions de classes sociales en est le thème principal avec, comme très souvent dans les films muets de Cecil B. DeMille, un ton légèrement moralisateur ou, plutôt, de leçon de vie, donné essentiellement par les intertitres. Sans être un grand film, ce Forbidden Fruit est fort bien réalisé avec une grande attention portée aux détails et DeMille montre comme toujours son talent pour créer une tension grandissante qui culmine dans un final fort. C’est aussi une peinture sociale qui, certes, utilise l’attrait de la richesse pour capter le spectateur mais ne se prive pas d’égratigner les riches. En outre, par de petites saynètes insérées, le réalisateur fait l’analogie avec le conte Cendrillon, mais  ce n’est pas toutefois le plus remarquable dans ce film. (Film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Agnes Ayres, Clarence Burton, Theodore Roberts, Kathlyn Williams, Forrest Stanley
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Le Fruit défendu (Forbidden Fruit)Forrest Stanley, Agnes Ayres et Kathlyn Williams dans Le Fruit défendu (Forbidden Fruit) de Cecil B. DeMille.

Le Fruit défendu (Forbidden Fruit)Etonnants jeux de reflets dans cette scène récréant le conte Cendrillon
dans Le Fruit défendu (Forbidden Fruit) de Cecil B. DeMille.

Homonyme :
Le Fruit défendu d’Henri Verneuil (1952) avec Fernandel.

29 août 2020

Valmont (1989) de Milos Forman

ValmontElevée dans un couvent, la jeune Cécile de Volanges est promise en mariage au comte de Gercourt qui, de ce fait, rompt avec son amante la Marquise de Merteuil. Pour se venger, cette dernière fait appel au vicomte de Valmont…
Sorti seulement quelques mois après Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears, Valmont lui est assez différent. Jean-Claude Carrière et Miloš Forman ont fortement simplifié le récit du roman de Choderlos de Laclos (dont ils n’avaient d’ailleurs pas les droits). Il en résulte un film plus léger, moins dramatique (notamment dans sa fin), plus joyeux. Le machiavélisme cruel a laissé la place au libertinage. Annette Bening est pétillante. La reconstitution est soignée, le réalisateur a pris le temps pour peaufiner ses scènes. L’écriture est parfaite et la grande maitrise de Forman dans la mise en scène est manifeste. Le résultat est séduisant : le film est à la fois un régal visuel et un divertissement élégant. Alors que le film de Frears a connu le succès, Valmont (doté d’un budget double) a été un échec commercial, une catastrophe même (1), beaucoup de critiques et de spectateurs ne pardonnant pas les libertés prises par rapport au roman (dont il n’est, rappelons-le, qu’inspiré). Il serait temps de le réhabiliter…
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Colin Firth, Annette Bening, Meg Tilly, Fairuza Balk, Siân Phillips, Jeffrey Jones, Henry Thomas
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(1) Claude Berri a déclaré qu’il s’agissait du plus grand échec financier de sa carrière de producteur.

ValmontAnnette Bening et Colin Firth dans Valmont de Milos Forman.

ValmontMeg Tilly et Annette Bening dans Valmont de Milos Forman.

28 août 2020

Une fille facile (2019) de Rebecca Zlotowski

Une fille facileNaïma est une jeune fille de 16 ans, qui vit à Cannes. Sa mère y est femme de ménage dans un des palaces. Sa cousine Sofia, une jeune femme délurée, vient passer les vacances avec elle, et lui fait découvrir son mode de vie de « fille facile ». Elles rencontrent un riche quadragénaire brésilien sur un yacht de grand luxe…
La réalisatrice Rebecca Zlotowski a réussi un beau coup de communication en déclarant avoir été inspiré par Eric Rohmer (plus précisément par le film de 1967 La Collectionneuse). Cette analogie a été reprise en chœur par une bonne partie de la critique qui a été plus que bienveillante envers le film. En réalité, nous en sommes loin, le regard porté sur ces deux jeunes filles reste très superficiel et le babillage est sans réel intérêt. Il n’y a même pas de quoi être consterné. Pour pimenter l’ensemble, la réalisatrice a choisi de faire jouer la « fille facile » par une escort-girl qui a accédé à la notoriété à la rubrique des faits divers ultra-médiatisés (et qui a, de toute évidence, rendu les fabricants de silicone un peu plus riches). Vu le nombre d’entrées, le public ne semble pas être tombé dans le panneau.
Elle: 2 étoiles
Lui : 1 étoile

Acteurs: Mina Farid, Zahia Dehar, Benoît Magimel, Nuno Lopes
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 Une fille facileMina Farid, Zahia Dehar, Benoît Magimel et Nuno Lopes dans Une fille facile de Rebecca Zlotowski.

28 novembre 2017

Versailles Rive-Gauche (1992) de Bruno Podalydès

Versailles Rive-GaucheDans son très petit appartement versaillais, Arnaud s’apprête à recevoir Claire pour une soirée en tête à tête. Il prépare tout minutieusement mais, lorsque l’invitée sonne, il se trouve aux toilettes tout près de la porte d’entrée. Il n’est pas question de lui infliger un bruit de chasse d’eau comme marque de bienvenue… Ecrit par les frères Podalydès, Versailles Rive-Gauche est un moyen métrage de 45 minutes, la première réalisation de Bruno Podalydès et le premier volet d’une trilogie autour des trois gares de Versailles. Il est, assez logiquement, beaucoup moins abouti que les films suivants du réalisateur. Son frère Denis y campe un personnage timide, sans doute un peu maniaque mais attentionné. Dans son souci, ou même son obsession, de bien faire, il n’apporte que des solutions compliquées aux problèmes simples ce qui augmente et multiplie les obstacles au lieu de les faire disparaître. Bien entendu, tout cela paraît un peu exagéré au premier abord mais finalement la fable est plutôt édifiante. Bruno Podalydès sait bien utiliser l’espace réduit. Bien servi par un bon plateau d’acteurs que l’on retrouvera dans les opus suivants, le film fut récompensé en 1993 par le César du meilleur court-métrage.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz
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Trilogie autour des gares de Versailles :
Versailles Rive-Gauche (1991)
Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) (1998)
Bancs_publics_(Versailles_Rive-Droite) (2008)

Versailles Ruve-Gauche
Denis Podalydès et Isabelle Candelier dans Versailles Rive-Gauche de Bruno Podalydès.

8 février 2017

Le Chaud Lapin (1974) de Pascal Thomas

Le Chaud lapinWilliam est un jeune trentenaire parisien. Célibataire endurci, il accumule les aventures d’un soir et cherche à séduire toutes les jeunes femmes qu’il rencontre. Retrouvant un ancien ami, il accepte sa proposition de partir en vacances dans la Drôme lorsqu’il apprend qu’il y aura les trois sœurs de sa femme. Tout ce petit monde est marié avec enfants mais cela n’arrête pas William…  Le Chaud Lapin a été écrit par Jacques Lourcelles (plus connu comme historien du cinéma), Pascal Thomas et Hubert Watrinet. Après avoir décrit les adolescents dans ses deux premiers films,  Les Zozos et Pleure pas la bouche pleine, Pascal Thomas monte d’un cran en se penchant cette fois sur les trentenaires. Le film a un indéniable caractère sociologique par le portrait qu’il nous offre d’une génération. L’irruption d’un électron libre (qui ne pense qu’à « ça ») va révéler les petites failles sous-jacentes au sein de trois couples à priori stables. Bernard Menez joue avec retenue ce grand adolescent, un peu maladroit, persuadé qu’il est un grand séducteur. Il n’y a aucune vulgarité, l’ensemble est plutôt plein de fraîcheur, bien écrit et assez amusant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Bernard Menez, Daniel Ceccaldi, Elisa Servier
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Le Chaud Lapin
Daniel Ceccaldi, Bernard Menez, Chantal Pasquet, Jeanne Maud et Hubert Wratinet dans Le Chaud lapin de Pascal Thomas.
Le chaud Lapin
Jeanne Maud, Bernard Menez et Elisa Servier dans Le Chaud lapin de Pascal Thomas.

20 octobre 2016

Lolita (1962) de Stanley Kubrick

LolitaUn professeur cinquantenaire tombe désespérément amoureux de la fille de sa logeuse… La réputation sulfureuse du roman de Nobokov rendait son adaptation délicate. La première difficulté était bien entendu de pouvoir passer la censure et de faire accepter le projet par les ligues de vertu, alors très puissantes. Faire vieillir Lolita de quelques années fut le premier stratagème : au lieu d’avoir 12 ans comme dans le roman, l’actrice Sue Lyon en avait 14 au moment du tournage et en paraissait deux de plus. Il fallut bien aussi mettre en sourdine l’aspect érotique du récit. Mais la difficulté principale était d’avoir suffisamment de talent pour ne pas faire de cette description d’un amour obsessionnel une histoire salace ou sordide. Du talent, Kubrick en a et, tout comme le charme du roman de Nabokov doit beaucoup à la très grande qualité de son écriture, le film Lolita est plus séduisant par le traitement qu’en fait Kubrick. Sa façon de construire ses scènes est assez remarquable. Côté acteurs, il leur a laissé une part d’improvisation et cela augmente d’autant l’authenticité. James Mason a juste ce qu’il faut d’ironie distante et Kubrick accentue le ton sardonique du récit avec le personnage joué par Peter Sellers, dont l’humour peut paraître décalé mais qui participe à l’équilibre global. En quelque sorte, il nous fait prendre du recul. Kubrick est aussi ironique envers l’american way of life avec l’insupportable mère de Lolita, jouée par Shelley Winters. La jeune Sue Lyon est étonnante par son alliance de charme et de complexité, exprimant toute l’ambigüité de son rôle : dès sa première scène, on se demande s’il s’agit d’une ingénue ou d’une manipulatrice. On ne le saura jamais. En revanche, le glissement de James Mason vers la folie est patent et son obsession pour une chose qu’il ne peut posséder finit par nous émouvoir.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: James Mason, Shelley Winters, Sue Lyon, Peter Sellers
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Lolita
Sue Lyon dans Lolita de Stanley Kubrick.

Lolita
James Mason et Sue Lyon dans Lolita de Stanley Kubrick.

Lolita
Marianne Stone et Peter Sellers (au premier plan) écoutent subrepticement James Mason et Sue Lyon (à l’arrière plan) dans Lolita de Stanley Kubrick.

Remarques :
* Kubrick avait demandé à Nabokov d’écrire le scénario et s’en mordit les doigts quand il reçut un manuscrit de 400 pages. Il entreprit alors de le simplifier et de le transformer… Nabokov a estimé que Kubrick n’avait utilisé qu’environ vingt pour cent de son texte tout en s’estimant heureux du résultat.

* Kubrick a beaucoup développé le personnage de Clare Quilty (Peter Sellers) .

* Stanley Kubrick raconte : « L’un des problèmes majeur avec le livre, et avec le film, même dans son adaptation, c’est que le principal intérêt de l’histoire se résume à la question : « Est-ce qu’Humbert va coucher avec Lolita ? » … Pour éviter ce problème dans le film, Nabokov et moi, nous sommes tombés d’accord pour qu’Humbert tue Quilty sans explication dès le début, pour faire en sorte que le public se demande pendant tout le film ce que Quilty avait bien pu faire. » (interview de Joseph Gelmis, 1970)

* A l’origine, Peter Sellers devait se déguiser en femme pour jouer le rôle du psychologue scolaire (il existe une photo de tournage où l’on voit Sellers ainsi déguisé). Mais au dernier moment, Sellers et Kubrick sont tombés d’accord pour dire que ce serait trop exagéré et le personnage du Docteur Zemph fut inventé sur place.

Remake :
Lolita d’Adrian Lyne (1997) avec Jeremy Irons, Dominique Swain, Melanie Griffith

13 juillet 2016

Mata Hari, agent H21 (1964) de Jean-Louis Richard

Mata Hari, agent H21En 1917, la danseuse « javanaise » Mata Hari séduit le public du cabaret parisien où elle se produit. C’est aussi une espionne qui travaille pour l’Allemagne et qui utilise ses charmes pour obtenir des renseignements… Mata Hari, agent H21 est un film plutôt rare et méconnu. Son géniteur est Jean-Louis Richard, scénariste de François Truffaut. La situation est ici inversée puisque Truffaut est scénariste-dialoguiste du film. Les deux compères utilisent le mythe de l’espionne Mata Hari (rappelons que si la femme a bien existé, on ne sait toujours pas avec certitude aujourd’hui si elle était réellement une espionne) pour mettre en valeur Jeanne Moreau, actrice qu’ils portent tous deux dans leur coeur. Les invraisemblances n’ont donc que peu d’importance, on se situe même à la limite de la fantaisie, du divertissement plaisant. Malgré un budget certainement limité, la reconstitution est soignée et réussie avec une agréable atmosphère Belle-époque. La photographie de Michel Kelber est assez superbe et les dialogues souvent brillants. La musique de Georges Delerue est très présente, peut-être un peu trop, parfois. L’ensemble est assez élégant. Sans être un film majeur, Mata Hari, agent H21 est un bel écrin pour Jeanne Moreau qui succède ainsi joliment à Greta Garbo…
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jeanne Moreau, Jean-Louis Trintignant, Claude Rich, Henri Garcin, Frank Villard
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Remarques :
* On remarquera les petites apparitions d’autres acteurs de l’univers Truffaut : Jean-Pierre Léaud (le fils un peu illuminé), Marie Dubois (la jeune fille à la gare), Charles Denner (un soldat), Albert Rémy (le père) ou encore Nicole Desailly, la femme de Jean Desailly (en Charlotte, servante de Mata Hari).
* Jean-Louis Richard a ensuite été plus souvent acteur que réalisateur.
* Jeanne Moreau et Jean-Louis Richard ont été brièvement mariés (1949-1951), ils ont eu un fils ensemble, Jérôme Richard qui a fait un peu de figuration (il a un petit rôle dans Céline et Julie vont en bateau de Rivette).

* Autres films inspirés de la vie de Mata Hari :
Mata Hari (1921) film allemand de Ludwig Wolff avec la star danoise Asta Nielsen (film perdu)
Mata Hari, die rote Tänzerin (1927) film allemand de Friedrich Feher avec sa femme Magda Sonja dans le rôle principal (film perdu)
Mata Hari (1931) de George Fitzmaurice avec Greta Garbo
Mata Hari (1985) variation pseudo érotique avec Sylvia Kristel.
Mata Hari (2017?) film de David Carradine avec sa fille Calista Carradine dans le rôle principal (film en production)
+ plusieurs téléfilms dont un récent (2003) avec Maruschka Detmers.

Mata Hari
Jean-Louis Trintignant et Jeanne Moreau dans Mata Hari, agent H21 de Jean-Louis Richard.

Mata Hari
Jeanne Moreau, photo publicitaire pour Mata Hari, agent H21 de Jean-Louis Richard.

17 juin 2016

Terre de volupté (1929) de Sidney Franklin

Titre original : Wild Orchids

Wild Orchids(Film muet) Lili Sterling est mariée à un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Ils partent ensemble pour un voyage d’affaires à Java. Sur le bateau, ils font la rencontre du troublant Prince De Gace, originaire de Java et propriétaire d’une vaste plantation de thé. L’homme tente de séduire Lili et parvient à inviter le couple à séjourner chez lui… Basé sur une histoire écrite par John Colton (l’auteur de Shanghai Gesture), Wild Orchids est un de ces films à l’atmosphère exotique où l’homme étranger se révèle être un danger pour la femme occidentale (genre prolifique initié par The Sheik). Cette fois, Greta Garbo n’est donc plus une croqueuse d’hommes mais une femme vertueuse qui va tout faire pour ne pas succomber. Le scénario est simple, assez étiré (entre autres, les danses javanaises sont un peu longuettes), sans grand rebondissement. On notera que la fin est, cette fois, un happy-end ; on peut y voir là l’influence grandissante de la censure qui exigeait des fins morales. Outre le jeu de Greta Garbo (c’est toujours stupéfiant de voir comment elle parvient à « dire » tant de choses par des mouvements presque imperceptibles de son visage) et sa formidable présence à l’écran, Wild Orchids retient l’attention par le soin porté aux éclairages. Une fois de plus, c’est le talentueux William H. Daniels qui est derrière la caméra, chef-opérateur attitré de Miss Garbo. Le film fut un succès à sa sortie mais il n’est pas à classer parmi les films les plus intéressants de la période muette de Greta Garbo.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Greta Garbo, Lewis Stone, Nils Asther
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Remarques :
* John Colton avait titré son histoire « Heat » ce qui avait « l’avantage » de donner sur les affiches Greta Garbo in Heat (= Greta Garbo en chaleur… quelle élégance !) Au dernier moment, les producteurs ont décidé de ne pas utiliser ce procédé passablement grossier et ont changé le titre en Wild Orchids (= orchidée sauvage, la fleur portée par Greta Garbo sur le bateau). Il faut rappeler qu’un an aupararavant, la MGM avait renommé Anna Karenine en Love pour donner John Gilbert and Greta Garbo in LoveVoir…

* Greta Garbo a 23 ans au moment du tournage, Lewis Stone 49 et le danois Nils Aster 32. Ce dernier est arrivé à Hollywood en 1927 après avoir travaillé avec Victor Sjöström en Suède et avec Michael Curtiz en Allemagne. Wild Orchids est le 13e film de Greta Garbo, le 8e à Hollywood.

* Sur le tournage, Greta Garbo a appris le décès prématuré de son mentor Mauritz Stiller, le réalisateur suédois qui l’avait découverte et dont elle se sentait très proche. A la fin du tournage, en décembre 1928, Greta Garbo rentrera en Suède pour quelques mois. Après le décès de Stiller, l’actrice ne sera plus tout à fait la même et aura tendance à s’isoler de plus en plus.

Wild Orchids
Lewis Stone, Greta Garbo at Nils Asther dans Wild Orchids de Sidney Franklin.

Wild Orchids
Greta Garbo at Nils Asther dans Wild Orchids de Sidney Franklin.

Wild Orchids
Même si c’est plutôt téléphoné, pas question pour les producteurs de se priver d’une scène avec Greta Garbo en robe exotique… Greta Garbo dans Wild Orchids de Sidney Franklin.

Wild Orchids
Greta Garbo, Lewis Stone, William Daniels (caméra) et Sidney Franklin (assis) sur le tournage de Wild Orchids de Sidney Franklin.

Wild Orchids
(de g. à d.) William Daniels (caméra) et Sidney Franklin (assis à sa droite) filment Lewis Stone, Greta Garbo et Nils Asther pendant le tournage de Wild Orchids de Sidney Franklin. On notera l’orchestre à l’arrière-plan, hors champ, pour donner l’ambiance aux acteurs.

9 juin 2016

Les Liaisons dangereuses (1988) de Stephen Frears

Titre original : « Dangerous Liaisons »

Les liaisons dangereusesLa marquise de Merteuil (Glenn Close) demande à son ancien amant, le vicomte de Valmont (John Malkovich), de séduire la très jeune fille de sa cousine, Cécile de Volanges (Uma Thurman). Jugeant la proie trop facile, Valmont refuse tout d’abord cette proposition, d’autant plus qu’il a choisi de séduire la prude Madame de Tourvel (Michelle Pfeiffer) qui séjourne chez sa tante. Mais une découverte va le faire changer d’avis… Le célèbre roman épistolaire Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos a été adapté de nombreuses fois au cinéma mais la version de Stephen Frears est particulièrement remarquable. Le film a été tourné entièrement en France dans divers châteaux et demeures historiques d’Île-de-France qui forment de superbes décors naturels, intérieurs et extérieurs. Mais ce sont surtout la fluidité et l’élégance de l’ensemble qui charment et enthousiasment, rendant ce cruel marivaudage fascinant. Nullement handicapée par les lourdes conventions sociales de l’époque, l’interprétation est empreinte de naturel. Si l’on peut trouver que Glenn Close appuie parfois un peu trop le côté vénéneux de son personnage, la très belle Michelle Pfeiffer joue tout en retenue et John Malkovitch est un vrai plaisir de tous les instants : il montre un subtil mélange d’élégance et d’impertinence avec une rare perfection. C’est probablement son plus grand rôle au cinéma. Les Liaisons dangereuses est ainsi un film que l’on revoit toujours avec le même plaisir.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer, Keanu Reeves, Mildred Natwick, Uma Thurman
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Remarques :
* Cette version est directement adaptée de la pièce que Christopher Hampton a monté à Broadway en 1987.
* Durant le tournage, John Malkovich et Michelle Pfeiffer ont eu une liaison qui a certainement contribué à les faire entrer pleinement dans leur personnage…
* Le film fait plusieurs références au peintre Fragonard (qui est contemporain de Choderlos de Laclos), la plus visible étant la scène où Madame de Tourvel lit une lettre de son mari dans la position de La Liseuse de Fragonard. Par ailleurs, le peintre est réputé s’être inspiré du roman de Choderlos de Laclos, mais ce n’est pas le cas toutefois de son célèbre tableau Le Verrou qui est antérieur de quelques années au roman (1777 pour le tableau vs 1782 pour le roman).

* Les autres principales adaptations du roman de Choderlos de Laclos :
Les Liaisons Dangereuses 1960 de Roger Vadim (1959), avec Jeanne Moreau et Gérard Philipe
Valmont de Milos Forman (1989), avec Colin Firth et Annette Bening
Cruel Intentions de Roger Kumble (1999), avec Sarah Michelle Gellar (+ 2 suites)
Les Liaisons Dangereuses de Josée Dayan (2003), film TV franco-canadien avec Catherine Deneuve et Rupert Everett.

Les liaisons dangereuses
Michelle Pfeiffer et John Malkovich dans Les liaisons dangereuses de Stephen Frears.