14 septembre 2022

L’oubli que nous serons (2020) de Fernando Trueba

Titre original : « El olvido que seremos »

L'oubli que nous serons (El olvido que seremos)En 1983, Héctor Joaquim, fils du Dr Héctor Abad, revient à Medellín (Colombie) depuis Turin où il a fait ses études. Il revoit sa vie heureuse de petit garçon avec ce père qu’il vénère, sa mère et ses cinq sœurs. Héctor Abad est médecin et il enseigne à l’université. Il contribue également à des projets sociaux dans les quartiers misérables de la ville, cherchant à promouvoir la vaccination…
L’oubli que nous serons est un film colombien réalisé par l’espagnol Fernando Trueba. C’est l’adaptation du roman homonyme qu’Héctor Abad Faciolince a écrit sur son père, Héctor Abad Gómez, professeur de médecine et professeur d’université, défenseur des droits de l’homme en Colombie dans les années 1970 et 1980. Le récit accorde la plus grande place à la vie de famille ce qui permet de dresser un portrait de l’homme et de ses engagements. C’est un récit vif et assez joyeux, mais aussi assez touchant dans la relation père-fils. Javier Cámara fait une belle interprétation qui n’est pas dénuée de douceur.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Javier Cámara, Nicolás Reyes Cano, Juan Pablo Urrego, Patricia Tamayo
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Remarque :
* Le titre est repris du premier vers d’un sonnet attribué à Jorge Luis Borges intitulé Aquí, hoy, trouvé dans l’une des poches d’Héctor Abad Gómez après l’assassinat.

L'oubli que nous serons (El olvido que seremos)Nicolás Reyes Cano et Javier Cámara dans L’oubli que nous serons (El olvido que seremos) de Fernando Trueba.

L'oubli que nous serons (El olvido que seremos)La famille au grand complet dans L’oubli que nous serons (El olvido que seremos) de Fernando Trueba.

6 septembre 2022

Cruella (2021) de Craig Gillespie

CruellaÀ Londres, dans les années 1970, Estella Miller, orpheline et escroc de talent, est résolue à se faire un nom dans le milieu de la mode. Depuis son enfance, elle habite avec deux jeunes vauriens, Jasper et Horace, qui apprécient ses compétences d’arnaqueuse. Un jour, elle se fait remarquer par la baronne von Hellman, une grande figure de la mode, terriblement chic et horriblement snob…
Cruella est un film américain réalisé par Craig Gillespie, résultat de la volonté de Walt Disney Pictures de réutiliser le personnage Cruella d’Enfer (Cruella de Vil en anglais), la grande méchante des 101 Dalmatiens (1). Le dessin animé ayant déjà été tourné en images réelles (en 1996), le projet fut de concevoir une préquelle, créant de toutes pièces une jeunesse au personnage. Cruella devient ici la « gentille » qui affronte une terrible « méchante ». L’ensemble est très réussi, que ce soit au niveau de l’écriture, riche en évènements et en trouvailles, et sur le plan de la réalisation, parfaitement léchée. La première mouture du scénario est l’œuvre de Aline Brosh McKenna qui a écrit l’adaptation du roman Le Diable s’habille en Prada et il n’est donc pas étonnant de déceler des clins d’œil à ce film dans le personnage de la baronne. Emma Stone et Emma Thompson font deux superbes interprétations. Gros succès en salles.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Emma Stone, Emma Thompson, Joel Fry, Paul Walter Hauser, John McCrea, Mark Strong
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(1) Le personnage avait été créé par Dodie Smith dans son roman pour la jeunesse Les 101 Dalmatiens paru en 1956. On le retrouve dans le dessin animé Disney Les 101 Dalmatiens (1961), dessin animé qui a été repris en images réelles avec le peu réussi Les 101 Dalmatiens (1996) avec Glenn Close, qui eut une suite Les 102 Dalmatiens (2001).

CruellaEmma Stone dans Cruella de Craig Gillespie.

CruellaEmma Thompson dans Cruella de Craig Gillespie.

25 août 2022

L’une chante l’autre pas (1977) de Agnès Varda

L'une chante l'autre pas1962. Pauline, étudiante de 17 ans, souhaite quitter sa famille pour devenir chanteuse. Intéressée par une exposition de photographies représentant des femmes qu’elle trouve trop tristes, elle reconnaît l’un des modèles, Suzanne, une ancienne voisine. Les deux femmes se retrouvent. Elles vont avoir des parcours très différents dans les quinze années qui suivent mais resteront amies…
L’une chante, l’autre pas est un film français écrit et réalisé par Agnès Varda. À travers un double portrait, elle nous offre une véritable chronique du féminisme et du droit des femmes sur deux décennies. Tout l’art de la réalisatrice est d’avoir réussi à tout mettre dans ces deux parcours : la clandestinité des avortements, les rapports hommes/femmes, l’amour, la femme et les enfants, … et ce, sans excès de militantisme, sans manichéisme et en parvenant à restituer cette aspiration à la liberté et à l’épanouissement qui a marqué les années soixante-dix. L’écriture d’Agnès Varda est une merveille d’équilibre et de richesse. Nous pouvons mesurer aujourd’hui que peu de films retracent aussi bien leur époque. La seule bizarrerie est l’épisode iranien (à l’époque sous le régime autoritaire du Chah d’Iran). Le côté musical a un peu vieilli mais une ou deux chansons restent très belles. Le film est ressorti en 2018 après une restauration méritée.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Thérèse Liotard, Valérie Mairesse, Ali Rafie, Jean-Pierre Pellegrin
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Remarque :
* La mère de Pauline est interprétée par Mona Mairesse, la mère de Valérie Mairesse. Le petit garçon (Zorro) du flutiste est joué par Matthieu Demy, le fils d’Agnès Varda alors âgé de quatre ans. Le film se termine sur une image de la fille de Suzanne à l’âge de 17 ans qui est interprétée par la fille aînée de la cinéaste, Rosalie Varda qui avait alors cet âge.

L'une chante l'autre pasThérèse Liotard et Valérie Mairesse dans L’une chante l’autre pas de Agnès Varda.

L'une chante l'autre pasL’une chante l’autre pas de Agnès Varda.

4 janvier 2022

Madame Claude (2021) de Sylvie Verheyde

Madame ClaudeÀ la fin des années 1960, Madame Claude est devenue la reine des proxénètes de Paris en mêlant les codes de la haute bourgeoisie avec ceux de la prostitution…
Madame Claude est un film français écrit et réalisé par Sylvie Verheyde qui dresse un portrait particulièrement complaisant de la célèbre proxénète. Madame Claude avait déjà inspiré deux films de piètre qualité à la fin des années soixante-dix. Quarante ans plus tard, aussi paradoxal que cela puisse paraître, elle se retrouve promue  pionnière de l’émancipation des femmes par Sylvie Verheyde. L’idée est de la considérer comme une femme qui a réussi à prendre le pouvoir sur les hommes, à une époque dominée par les hommes. Au-delà de cette vision pour le moins surprenante, le film souffre principalement d’un manque de direction globale. Plusieurs voies sont amorcées mais aucune n’est suivie : le film n’est ni un polar, ni un thriller politique, ni un film à caractère sulfureux… Dès lors, il apparaît plutôt répétitif et lassant. Si scénario et dialogues ont une grande marge d’amélioration, la réalisation est en revanche soignée. Karole Rocher semble se donner entièrement à son personnage, parfois un peu trop et bouge beaucoup pour avoir de la présence. La critique a été plus indulgente que le public.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Karole Rocher, Garance Marillier, Roschdy Zem, Pierre Deladonchamps, Philippe Rebbot, Benjamin Biolay
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Madame ClaudeKarole Rocher et Garance Marillier dans Madame Claude de Sylvie Verheyde.

Précédents films sur le sujet :
Madame Claude (1977) de Just Kaeckin avec Françoise Fabian
Madame Claude 2 (1981) de François Mimet avec Alexandra Stewart

25 octobre 2021

BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan (2018) de Spike Lee

Titre original : « BlacKkKlansman »

BlacKkKlansman1978. Dans la ville de Colorado Springs, le jeune Ron Stallworth, premier policier afro-américain de la police locale, répond à une annonce de recrutement pour le Ku Klux Klan. Il va réussir a être intégré, conversant beaucoup par téléphone, un autre policier blanc prenant sa place lorsqu’une présence physique est nécessaire…
Aussi incroyable qu’elle puisse paraître, l’histoire de BlacKkKlansman est inspirée d’une histoire vraie. Spike Lee l’a pimentée quelque peu en ajoutant une partie romance (le personnage de la jeune étudiante noire est fictif). Son film est intelligemment équilibré, même s’il semble appuyer un peu trop fort parfois et paraît alors un peu maladroit. Ses suprématistes blancs sont très typés, leur stupidité fait souvent sourire nous faisant osciller entre rire et consternation. Le rire n’est toutefois plus là en fin de film, lorsque le réalisateur relie son récit à l’actualité récente.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Alec Baldwin
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Remarques :
* Dans la réalité, l’opération a duré neuf mois. Elle est ensuite restée secrète. Ron Stallworth ne l’a dévoilée qu’après avoir pris sa retraite en 2005. Il a révélé que l’enquête avait démontré que plusieurs membres du Klan étaient des membres des forces armées américaines en activité, y compris deux membres du NORAD, organisation qui contrôlait le déclenchement des armes nucléaires.
* Dans la réalité, le policier blanc n’a pas eu besoin d’apprendre à calquer sa voix sur celle de Ron Stallworth. Celui-ci raconte en effet que les membres du Klan n’ont jamais remarqué la différence de timbre entre la voix au téléphone et la voix entendue lors des présences physiques de l’alter ego.
* Le film commence par un extrait de Autant en emporte le vent, montrant les ravages de la guerre de Sécession durant le siège d’Atlanta. L’exposé des théories racistes qui suit est sur un fond d’images de Naissance d’une Nation de D.W. Griffith (1915), le même film que regardent plus tard les membres du KKK lors de leur réunion.

BlacKkKlansmanAdam Driver et John David Washington dans BlacKkKlansman de Spike Lee.

22 janvier 2021

La Belle Époque (2019) de Nicolas Bedos

La Belle époque (La Belle Époque)Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour…
La Belle Époque est le second long métrage écrit et réalisé par Nicolas Bedos. Après avoir mis en scène son couple, il met en scène son milieu social, un milieu bourgeois aisé très parisien où il est de bon ton de paraître désabusé et revenu de tout. Ses personnages principaux sont tous odieux et les dialogues ne sont qu’une suite de répliques vachardes. S’il n’y en avait que quelques-unes, ce serait amusant mais, en suite ininterrompue, cela devient consternant. Et quand il abandonne le registre de la méchanceté, Nicolas Bedos tombe dans la mièvrerie la plus plate, la fin en est embarrassante. Il avait pourtant réuni un beau plateau d’acteurs qui sont loin toutefois de se montrer sous leur meilleur jour. Le film a été bien reçu par une partie de la critique et a fait un tabac à la cérémonie des César de 2020.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Doria Tillier, Fanny Ardant, Pierre Arditi, Denis Podalydès
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La Belle époque (La Belle Époque)Doria Tillier et Daniel Auteuil dans La Belle époque (La Belle Époque) de Nicolas Bedos.

5 décembre 2020

Pentagon Papers (2017) de Steven Spielberg

Titre original : « The Post »

Pentagon Papers (The Post)En 1971, Daniel Ellsberg parvient à photocopier des rapports secrets sur l’évolution de la guerre au Viêt Nam et les communique au New York Times. Le gouvernement de Nixon parvient à en bloquer temporairement la publication. Grâce à l’opiniâtreté de son rédacteur en chef, le Washington Post parvient à récupérer les documents…
Ce film de Steven Spielberg est inspiré de faits authentiques : l’affaire des Pentagone Papers est l’un des premiers scoops de l’histoire du journalisme américain au début des années 1970. Cette mise au grand jour d’une étude préparée par le département de la Défense a révélé le double discours des différentes administrations américaines sur les chances de victoire des États-Unis au Vietnam, démontrant ainsi que les gouvernements successifs ont caché au peuple américain la réalité de l’enlisement du conflit. Le récit que nous en fait Steven Spielberg est un beau manifeste pour la liberté de la presse et un éloge de la transparence. Assez intelligemment, il bâtit son récit autour d’un second thème, celui de l’acceptabilité d’une femme à un poste de dirigeant. Le Post, qui faisait alors son entrée en Bourse pour sauver le journal, avait pour directrice Katharine Graham. Celle-ci avait des difficultés à s’imposer face à un conseil d’administration qui la voyait surtout comme une héritière. Ce double thème enrichit le film. Comme toujours chez Spielberg, la réalisation est parfaite, de grande ampleur, sans aucun défaut. Et, au final, Pentagon Papers est un film assez puissant.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson, Bob Odenkirk, Tracy Letts, Bradley Whitford, Bruce Greenwood
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Pentagon Papers (The Post)Tom Hanks et Meryl Streep dans Pentagon Papers (The Post) de Steven Spielberg.

15 avril 2020

La Belle Saison (2015) de Catherine Corsini

La Belle saison1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Elle rencontre Carole qui vit activement les débuts du féminisme…
Catherine Corsini a écrit La Belle Saison avec l’aide de Laurette Polmanss. C’est à la fois une histoire d’amour-passion et un hommage au féminisme des années 70 (1). La réalisatrice parvient à mêler habilement les deux, sans effets dramatiques et surtout en évitant tous les stéréotypes, ce qui est vraiment remarquable. Et les scènes de nudité ne tombent jamais dans le voyeurisme. Le film est porté par ses deux actrices : Izïa Higelin est remarquable, montrant beaucoup de force apparente tout en cachant ses incertitudes et Cécile de France déborde de vie. Les films sur l’homosexualité féminine sont assez rares et La Belle Saison est probablement le plus beau.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Benjamin Bellecour
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(1) Les prénoms des deux personnages principaux sont des allusions à deux figures féministes de l’époque, la comédienne Delphine Seyrig et la cinéaste Carole Roussopoulos.

La Belle saisonIzïa Higelin et Cécile de France dans La Belle saison de Catherine Corsini.

3 janvier 2020

Shampoo (1975) de Hal Ashby

ShampooLos Angeles, 1969. Coiffeur en vogue de Beverly Hills, George a de multiples aventures avec ses clientes. Il ambitionne de monter son propre salon de coiffure mais peine à convaincre les banquiers de lui prêter la somme nécessaire. L’une de ses amantes lui propose d’en parler à son mari, un homme d’affaires fortuné…
Shampoo est un film joué, coécrit et produit par Warren Beatty. Tourné alors que Richard Nixon est menacé de destitution (il démissionnera en août 1974), son action se situe cinq ans en arrière, la veille du jour de son élection en 1969. Mais le propos du film n’est pas politique. Il porte un regard acerbe sur les mœurs sociales et sexuelles de la fin des années 1960 au sein d’un milieu aisé. En filigrane, on peut aussi y trouver une vision sur la difficulté des rapports hommes / femmes qu’une plus grande liberté ne simplifie pas. Même s’il est très marqué par son époque, le propos ne manque pas d’intérêt encore aujourd’hui. Le scénario, signé par Robert Towne (qui s’était déjà illustré avec le scénario de Chinatown) et Warren Beatty, est riche ; les éléments s’imbriquent admirablement les uns dans les autres. La fin accuse toutefois une baisse de rythme. Sous la direction de Paul Simon, la bande sonore laisse une bonne place à la musique de la seconde moitié des années soixante.  Le film connut un très gros succès aux Etats-Unis. En France, il fut boudé par la critique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Warren Beatty, Julie Christie, Goldie Hawn, Lee Grant, Jack Warden, Carrie Fisher
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ShampooGoldie Hawn, Julie Christie, Tony Bill et Warren Beatty dans Shampoo de Hal Ashby.

Remarque :
* C’est le premier long métrage de l’actrice Carrie Fisher (elle joue la fille de Lester Karpf). Son deuxième sera Star Wars

6 août 2019

Saint Laurent (2014) de Bertrand Bonello

Saint LaurentL’année 2014 a vu deux films dédiés à Yves Saint Laurent sortir sur les écrans français. Celui de Bertrand Bonello se concentre sur une décennie, de 1967 à 1976, pour montrer comment le créateur de mode s’est inscrit dans cette période qui a vu tant de bouleversements sociaux et de changements dans les moeurs. Ce n’est donc pas un biopic classique mais plutôt une tentative de restituer l’esprit du temps. Bertrand Bonello insiste donc beaucoup sur l’atmosphère de libération des esprits mais, en pratique, son propos se résume à aligner d’interminables scènes de boîte de nuit et d’ingurgitations de stupéfiants ou d’alcools divers. Il s’attarde également sur sa relation homosexuelle avec Jacques de Bascher ; en revanche, Pierre Bergé n’est montré que comme un homme d’affaires, ne pensant qu’à l’argent. On ne peut pas dire que Yves Saint Laurent sorte grandi de cette évocation qui le montre beaucoup plus appliqué à se détruire qu’à créer. Le film de Bertrand Bonello, en outre indéniablement trop long, apparaît juste comme un patchwork de scènes évoquant les aspects les plus débridés des années soixante-dix. Le film a été louangé par la critique, beaucoup moins par le public.
Elle: 3 étoiles
Lui : 1 étoile

Acteurs: Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Louis Garrel, Léa Seydoux
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Saint LaurentGaspard Ulliel et Louis Garrel dans Saint Laurent de Bertrand Bonello.

Remarques :
* Si le film de Jalil Lespert a reçu l’aval de Pierre Bergé, il n’en est pas de même pour celui de Bertrand Bonello. Le compagnon de toujours du couturier était opposé au tournage.
* Bertrand Bonello est né en 1968.

Saint LaurentJérémie Renier est Pierre Bergé  et Gaspard Ulliel est Yves Saint Laurent dans Saint Laurent de Bertrand Bonello.