25 janvier 2020

Philomena (2013) de Stephen Frears

PhilomenaLe journaliste de la BBC Martin Sixsmith vient de perdre son emploi de conseiller du gouvernement travailliste de Tony Blair. Aigri et désabusé, il ne sait quelle orientation donner à sa carrière jusqu’à ce qu’il rencontre Philomena Lee, une femme irlandaise qui désire retrouver son fils qu’elle a été forcée d’abandonner il y a cinquante ans alors qu’elle avait été placée par sa famille dans un couvent…
Philomena est l’adaptation du roman Philomena: The True Story of a Mother and the Son She Had to Give Away (= Philomena : L’histoire vraie d’une mère et du fils qu’elle a dû abandonner) écrit par Martin Sixsmith, basé sur sa propre enquête. Il s’agit donc d’une histoire vraie qui met au grand jour les pratiques révoltantes de la société et de l’Eglise irlandaise vis-à-vis des filles-mères. Mais tout l’art de Stephen Frears est d’avoir introduit un soupçon de comédie dans ce drame en exploitant l’opposition entre ses deux personnages principaux : Philomena est une femme simple qui n’a pas beaucoup étudié mais qui a le contact facile alors que Martin, le journaliste, sort d’Oxford et se montre plutôt méprisant (ou au moins condescendant) envers ses semblables. Il est rare de voir un film mêler si subtilement le drame et la comédie. Le film n’est absolument pas un « tire-larmes ». Il est même assez léger, mais sans que soit entamée la force de la dénonciation. Le film a décuplé l’impact du livre.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Judi Dench, Steve Coogan
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Remarques :
* L’adaptation a été co-écrite par Steve Coogan, qui joue le rôle de Martin Sixsmith dans le film, un acteur qui officie habituellement dans le genre comique. Il n’est certainement pas étranger à l’introduction des éléments de comédie.
* Les noms réels des personnages principaux ont été gardés mais l’adaptation a bien entendu pris quelques libertés. Dans la réalité, l’enquête de Martin Sixsmith et Philomena s’est étalée sur plusieurs années et Philomena n’est jamais allé aux Etats Unis. Le compagnon de Michael Hess a affirmé que le livre Philomena était vrai à 30%, tandis que, dans l’esprit, le film était vrai à 100%.
* Le programme des adoptions contraintes géré par les autorités catholiques en Irlande durant les années 1950 a soulevé des débats houleux et le cas de Philomena y a joué un rôle proéminent. La plupart des documents concernant ces enfants ayant été détruits, l’accès aux archives est impossible.

PhilomenaJudi Dench et Steve Coogan dans Philomena de Stephen Frears.

16 janvier 2020

Vacances sur ordonnance (1950) de Henry Cass

Titre original : « Last Holiday »

Vacances sur ordonnance (Last Holiday)Représentant en machines agricoles, George Bird apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable et qu’il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Etant seul et sans famille, il décide de profiter de ce qu’il lui reste et, muni de la totalité de ses économies, part vivre ses derniers jours dans un hôtel luxueux de la côte…
Vacances sur ordonnance est une comédie britannique peu connue, tout à fait dans l’esprit de celles des studios Ealing bien que n’en étant pas issu. Il met en scène Alec Guinness dans un de ces rôles où il excelle, celui d’un anglais moyen, sans signe distinctif particulier, un personnage auquel pouvait s’identifier un public large. Ce n’est pas une comédie où l’on s’esclaffe mais plutôt une comédie où l’on sourit souvent face à l’ironie des situations. Le flegme britannique tend plus que jamais vers un certain détachement. La très grande majorité du film se déroule dans l’hôtel et ses jardins, c’est donc un monde clos avec toute une galerie de personnages assez typés. Le propos se double ainsi d’une critique sociale, le scénariste J. B. Priestley est d’ailleurs un ancien journaliste radiophonique habitué aux chroniques de société. Tous les seconds rôles sont fort bien tenus. Vacances sur ordonnance est une fable assez remarquable.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alec Guinness, Beatrice Campbell, Kay Walsh, Grégoire Aslan
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Vacances sur ordonnance (Last Holiday)Beatrice Campbell et Alec Guinness dans Vacances sur ordonnance (Last Holiday) de Henry Cass.

Remake :
Vacances sur ordonnance (Last Holiday) film américain de Wayne Wang (2006) avec Queen Latifah et LL Cool J.

12 janvier 2020

Shaun le mouton, le film (2015) de Mark Burton et Richard Starzak

Titre original : « Shaun the Sheep Movie »

Shaun le mouton, le film (Shaun the Sheep Movie)Shaun est un mouton malicieux qui est las du train-train quotidien de la ferme. Il trouve le moyen d’endormir le fermier et l’enfermer dans une caravane, afin d’avoir une journée de repos avec ses congénères. Mais les choses tournent mal : la caravane, mal calée, part à toute vitesse sur la route qui mène à la Grande Ville…
Le personnage de Shaun est apparu pour la première fois en 1995 dans une aventure du duo Wallace et Gromit créé par Nick Park, le court-métrage A Close Shave (Rasé de près). Il fut ensuite au centre d’une série télévisée d’animation britannique (Shaun The Sheep : 150 épisodes de 6 minutes de 2007 à 2016 sur la BBC). Shaun le mouton, le film, sorti lui aussi des studios Aardman Animations, est adapté de cette série. La technique utilisée est celle de l’animation en volume, à base de pâte à modeler. Le film ne comprend aucun dialogue articulé : les personnages s’expriment par cris d’animaux, par grognements ou syllabes inintelligibles pour les humains, ce qui implique la nécessité d’une plus grande variété et précision dans les postures et animations. La mise en place est un peu longue mais rapidement l’humour s’intensifie avec de belles trouvailles et des situations vraiment très variées. Le rythme est rapide, l’ensemble est enlevé et on ne s’ennuie pas une seconde. Shaun le mouton, le film nous fait passer un bon moment.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs:
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Shaun le mouton, le film (Shaun the Sheep Movie)Shaun le mouton, le film (Shaun the Sheep Movie) de Mark Burton et Richard Starzak.

21 décembre 2019

The Skin Game (1931) de Alfred Hitchcock

The Skin GameDans la campagne anglaise, les Hillcrist voient d’un mauvais œil l’expansion d’un industriel, M. Hornblower, qui bouleverse le calme bucolique de la région avec ses usines. La vente d’une belle propriété proche va exacerber les tensions…
The Skin Game (littéralement « marché de dupes ») est l’adaptation d’une pièce de John Galsworthy dont l’intrigue se double d’un regard social sur les mutations en ce début de XXe siècle. L’histoire est bâti sur l’opposition entre la « vieille » aristocratie anglaise et les « nouveaux » industriels. Les premiers sont hautains et méprisants tandis que les seconds sont des parvenus qui manquent d’humanité. Aucun n’est vraiment estimable. La scène la plus remarquable est celle de la vente aux enchères où Hitchcock se montre inventif, notamment dans les mouvements de caméra. Edmund Gwenn montre une belle présence dans son jeu ; cet excellent acteur britannique qui vient du théâtre jouera dans trois autres films d’Alfred Hitchcock.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Edmund Gwenn, Helen Haye, Jill Esmond, Edward Chapman
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Remarques :
* Il n’y a pas de caméo d’Alfred Hitchcock dans ce film (il faut attendre le milieu des années trente pour que le réalisateur le fasse systématiquement).
* La pièce de John Galsworthy avait déjà été portée à l’écran en muet par l’anglais B.E. Doxat-Pratt : The Skin Game (1921). Edmund Gwenn (Mr. Hornblower) et Helen Haye (Mrs Hillcrist) y tenaient déjà les mêmes rôles.

The Skin GameEdmund Gwenn (au centre, levant le doigt) dans The Skin Game de Alfred Hitchcock (photo publicitaire)
Sur le banc à droite : Helen Haye, C.V. France et Jill Esmond

Homonyme :
Skin Game de Paul Bogart et Gordon Douglas (1971) avec James Garner et Louis Gossett Jr.

7 décembre 2019

My Lady (2017) de Richard Eyre

Titre original : « The Children Act »

My Lady (The Children Act)Fiona Maye est juge aux affaires familiales à la Haute Cour de justice d’Angleterre. Accaparée par son métier, elle délaisse son mari qui lui annonce qu’il va la tromper. Dans le même temps, elle doit décider si elle autorise la réalisation d’une transfusion sanguine à un adolescent de 17 ans hospitalisé pour une grave leucémie. Les parents sont des témoins de Jéhovah farouchement opposés à cette intervention nécessaire pour qu’il ait la vie sauve…
Le romancier anglais Ian McEwan a lui-même écrit l’adaptation de son roman L’Intérêt de l’enfant publié en 2014. Le récit est mené assez délicatement par Richard Eyre sans effets ni dramatisation excessive. Emma Thompson donne au film toute son intensité, exprimant de façon harmonieuse puissance et faculté d’écoute et nous laisse percevoir toute la force d’une éthique sous-jacente. Face à elle, la passion perturbatrice et mal définie du jeune et ardent Fionn Whitehead offre un beau contraste. My Lady est un film qui n’est pas spectaculaire mais qui enchante par la qualité du récit et de l’interprétation.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Emma Thompson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead, Jason Watkins
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Remarques :
* Le titre original The Children Act (qui est aussi le titre original du roman) fait référence à la loi de 1989 qui a révolutionné le droit de l’enfance en plaçant l’intérêt de l’enfant au-dessus de toute considération, dans le cas d’un conflit familial.
* La production a eu le droit très rarement accordé de filmer à l’entrée et dans le grand hall de la Cour royale de justice (Royal Courts of Justice), imposant édifice de l’époque victorienne, situé sur le Strand dans la cité de Westminster à Londres.

 My Lady (The Children Act)Fionn Whitehead et Emma Thompson dans My Lady (The Children Act) de Richard Eyre.

 My Lady (The Children Act)Emma Thompson et Stanley Tucci dans My Lady (The Children Act) de Richard Eyre.

5 décembre 2019

ZOO (1985) de Peter Greenaway

Titre original : « A Zed and Two Noughts »

Zoo (A Zed & Two Noughts)Un grand cygne blanc provoque un accident aux portes du zoo de Rotterdam. Les épouses de deux frères zoologistes y ont trouvé la mort. La conductrice a survécu mais a perdu une jambe. Grâce à une femme, Venus de Milo, les deux frères vont se rapprocher l’un de l’autre…
Ecrit et réalisé par Peter Greenaway, ZOO (un Z et deux zéros) est d’une richesse étonnante : références mythologiques (1), la Genèse, la théorie de l’évolution de Darwin, l’exploration de phénomènes naturels viennent alimenter une réflexion à la fois scientifique et philosophique, avec un regard sur le traumatisme de la mort (et une fascination presque morbide de la décomposition des corps). Certains leitmotivs viennent se superposer : l’alphabet, la symétrie, le double. Graphiquement, on retrouve fréquemment les rayures noir et blanc, motif du zèbre, et surtout l’attrait pour les tableaux de Vermeer. La photographie est très belle. Peter Greenaway travaille pour la première fois avec le chef-opérateur Sacha Vierny, complice habituel d’Alain Resnais ; il deviendra son directeur de la photographie attitré. La musique de Michael Nyman est superbe. Toutes ces recherches esthétiques et philosophiques pourront paraître apprêtées à certains spectateurs tandis que d’autres apprécieront cette œuvre filmique qui joue sur nos sens et sur notre esprit. On notera la belle et étonnante prestation d’Andréa Ferréol.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Andréa Ferréol, Brian Deacon, Eric Deacon, Frances Barber, Joss Ackland
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Zoo (A Zed & Two Noughts)Eric Deacon, Andréa Ferréol, Brian Deacon et, au premier plan, Agnes Brulet dans ZOO (A Zed & Two Noughts) de Peter Greenaway.

(1) Dans la mythologie grecque, Leda donne naissance aux jumeaux Castor et Pollux après avoir été séduit par Zeus sous la forme d’un cygne.
(Dans une autre version, Léda conçut deux enfants, Hélène et Pollux, qui naquirent dans un œuf, alors que Clytemnestre et Castor, enfants de son mari Tyndare, naquirent dans un autre œuf).

17 novembre 2019

Johnny English contre-attaque (2018) de David Kerr

Titre original : « Johnny English Strikes Again »

Johnny English contre-attaque (Johnny English Strikes Again)Lorsqu’un pirate informatique révèle le nom et la couverture de tous leurs agents infiltrés, les Services secrets britanniques n’ont pas d’autre choix que de rappeler le seul agent capable de les aider à débusquer le criminel : Johnny English, retraité du MI7, et désormais simple enseignant…
Il s’agit du troisième volet des aventures de Johnny English, après Johnny English sorti en 2003 et Johnny English, le retour sorti en 2011. Rowan Atkinson se livre à nouveau à une parodie des films d’espionnage en général et de James Bond en particulier. Inévitablement, son personnage évoque celui de l’inspecteur Clouseau qui, après cinquante ans, continue d’influencer le genre mais il ne multiplie pas les gaffes, une bonne partie de l’humour repose même sur les exploits inattendus qu’il accomplit. Quelques gags tombent à plat mais la plupart fonctionnent très bien, Rowan Atkinson sachant ne pas trop appuyer ses effets. Dans les seconds rôles, on remarque Emma Thomson qui semble beaucoup s’amuser dans son personnage de premier ministre très Theresa May-like.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Rowan Atkinson, Olga Kurylenko, Emma Thompson, Ben Miller, Jake Lacy
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Johnny English contre-attaque (Johnny English Strikes Again)Rowan Atkinson et Olga Kurylenko dans Johnny English contre-attaque (Johnny English Strikes Again) de David Kerr.

14 novembre 2019

Le Gang des tueurs (1948) de John Boulting

Titre original : « Brighton Rock »
Autre titre (USA) : « Young Scarface »

Le Gang des tueurs (Brighton Rock)Dans la ville balnéaire de Brighton, au sud de l’Angleterre, un journaliste est pris en chasse par une bande de petits malfrats pour avoir indirectement provoqué la mort de leur chef. Il est tué par le jeune et ténébreux Pinkie. Mais une jeune serveuse risque de l’impliquer…
Adaptation du roman homonyme de Graham Greene qui a participé son écriture, Brighton Rock est l’un des rares noirs britanniques, probablement le plus beau d’entre eux. Produit et réalisé par les frères Boulting (Roy produit et John réalise), le film montre l’envers du décor de cette ville qui semble dédiée aux loisirs. Son contenu revêt un aspect sociologique certain. Mais le plus mémorable est le personnage principal du jeune gangster psychopathe, un personnage extrêmement complexe, désillusionné, paranoïaque, hermétique. Le film sera un tremplin pour Richard Attenborough qui n’est ici qu’au tout début de sa carrière d’acteur et futur réalisateur. Tous les seconds rôles sont bien tenus. L’atmosphère est forte et la tension permanente. Brighton Rock mériterait d’être plus connu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Richard Attenborough, Hermione Baddeley, William Hartnell, Carol Marsh
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Remarques :
* L’avertissement du début, qui replace artificiellement l’intrigue dix ans en arrière, a été imposé par la censure pour éviter de ternir l’image de la station balnéaire.
* La fin, ô combien ironique, a été conçue par Graham Greene comme un artifice pour éviter les foudres de la censure.
* Les scènes de rues ont été filmées le plus souvent en caméra cachée.

>> Lire aussi une excellente analyse du film et de ses personnages par Frédéric Mercier sur DVDClassik.

Le Gang des tueurs (Brighton Rock)Richard Attenborough et Carol Marsh dans Le Gang des tueurs (Brighton Rock) de John Boulting.

Remake :
Brighton Rock de Rowan Joffe (2010) avec Sam Riley, Andrea Riseborough, Helen Mirren, remake qui semble être bien moins remarquable…

11 novembre 2019

Les veuves (2018) de Steve McQueen

Titre original : « Widows »

Les veuves (Widows)A Chicago, un braquage entre truands se termine par la mort des quatre braqueurs et la destruction du butin. Le truand volé, en outre candidat au poste de conseiller municipal, exige des veuves la restitution de la somme. Elles comptent faire un nouveau braquage dans ce but…
Les veuves a été présenté comme un « thriller féministe ». L’intention est certainement louable mais le résultat n’est guère convaincant. Ce ne sont pas tant les nombreuses invraisemblances qui l’handicapent mais plutôt un rythme poussif qui donne une furieuse envie d’actionner l’avance rapide. L’histoire se double d’une dénonciation de la corruption qui est montrée omniprésente mais de façon assez caricaturale et simple. Le scénario a pourtant été coécrit par la romancière américaine Gillian Flynn (dont l’excellent roman Les Apparences a été adapté au cinéma par David Fincher sous le titre Gone Girl en 2014) et l’anglais Steve McQueen, préalablement surtout réputé pour ses films d’auteur, est connu pour la qualité des ses réalisations. La mise en scène et surtout le montage sont un peu trop ostentatoires. A noter que l’ensemble est assez glauque, il n’y a d’ailleurs aucun personnage vraiment positif.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Viola Davis, Michelle Rodriguez, Elizabeth Debicki, Liam Neeson, Robert Duvall, Colin Farrell
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Les veuves (Widows)Michelle Rodriguez, Viola Davis, Cynthia Erivo et Elizabeth Debicki dans Les veuves (Widows) de Steve McQueen.

7 novembre 2019

Murder! (1930) de Alfred Hitchcock

Titre français parfois utilisé : « Meurtre »

Meurtre (Murder!)L’actrice Diana Baring est retrouvée prostrée près du cadavre de sa rivale, un tisonnier à ses pieds. Tout l’accuse mais elle ne se souvient de rien…
Adapté d’une pièce, Murder! est l’un des tous premiers films parlants tournés par Alfred Hitchcock. Il le présente comme l’un des rares whodunits (1) qu’il ait tournés. L’histoire, qui se déroule dans le monde du théâtre, joue beaucoup sur les fausses apparences. Tout est lié au théâtre avec notamment des références à Hamlet. Par petites touches, dans les détails, Hitchcock parvient à y ajouter de l’humour, ce qui tire l’ensemble vers la comédie. Sur la forme, le film ne manque pas de trouvailles ou essais du jeune réalisateur. Murder! est ainsi reconnu pour être le premier film où un personnage se parle à lui-même par un monologue intérieur (la difficulté, à l’époque, résidait dans la prise directe du son. Ainsi le réalisateur raconte que dans cette même scène de la salle de bains, il avait un orchestre de trente musiciens derrière le décor pour simuler la musique à la radio. La voix du monologue intérieur avait, quant à elle, été enregistrée sur un disque). Sans être franchement remarquable, Murder! se regarde sans déplaisir.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Herbert Marshall, Norah Baring, Phyllis Konstam, Edward Chapman
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Remarques :
* Caméo : A 1h00, lorsque le trio ressort de la maison où le crime a été commis, Hitchcock passe au premier plan avec une femme à son bras. Bizarrement, dans cette même scène, un énorme micro sur pied est très visible sur la partie gauche de l’image pendant une bonne demi-minute.
* Une version allemande a été tournée simultanément :  Mary avec Alfred Abel et Olga Tschechowa.

(1) Whodunit (contraction de « Who done it ? » = Qui l’a fait ? ) désigne le style d’intrigue policière où l’identité de l’assassin n’est révélé qu’à la fin du récit (par exemple, les romans d’Agatha Christie sont des whodunits). Alfred Hitchcock dit à leur propos : « J’ai toujours évité les whodunits car généralement l’intérêt réside seulement dans la partie finale. (…) Vous attendez tranquillement la réponse à la question : qui a tué ? Aucune émotion. » (Entretiens avec François Truffaut)

Meurtre (Murder!)Herbert Marshall dans le fameuse scène du monologue intérieur de Murder! de Alfred Hitchcock.

Meurtre (Murder!)Phyllis Konstam, Herbert Marshall et Edward Chapman dans Murder! de Alfred Hitchcock.
Sur la gauche, un microphone sur pied est largement visible.