29 juin 2021

Cro Man (2018) de Nick Park

Titre original : « Early Man »

Cro Man (Early Man)Durant la Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre, un homme des cavernes courageux, Doug, et son meilleur ami Crochon s’unissent pour sauver leur tribu d’un puissant ennemi…
Cro Man est la dernière création de l’anglais Nick Park, l’auteur bien connu de Chicken Run et Wallace et Gromit. Il est réalisé par les studios Aardman en utilisant comme toujours la technique de la pâte à modeler filmée en stop-motion. L’idée est originale, l’humour se niche beaucoup dans les détails et aussi dans le décalage et les anachronismes, un peu à la manière d’Astérix. Le scénario est moins riche que dans les productions Aardman précédentes mais le film nous fait tout de même passer un bon moment.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: (voix) Eddie Redmayne, Tom Hiddleston, Maisie Williams, Timothy Spall
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Cro Man (Early Man)Crochon et Doug, les deux héros de Cro Man (Early Man) de Nick Park.

8 juin 2021

My Beautiful Laundrette (1985) de Stephen Frears

My Beautiful Laundrette Omar, un jeune immigré pakistanais en Angleterre, cherche à exploiter une laverie automatique confiée par son oncle. Il demande de l’aide à un ami d’enfance, Johnny, un jeune paumé qui va quitter sa petite bande de skinheads racistes…
En 1985, Stephen Frears a créé l’évènement avec ce petit film tourné en 16mm. Initialement pour être diffusé sur Channel 4, il sortira en salles et rencontrera un grand succès. Le cinéaste anglais quarantenaire n’est alors pas un débutant : il s’agit de son troisième long métrage et il vient après de nombreuses réalisations pour la télévision. Le scénario, signé Hanif Kureishi, lui-même anglais de père pakistanais, met en relief la réalité de cette période, abordant chômage, violence et trafics, racisme et homosexualité. Il le fait sans démonstration ni misérabilisme. Presque documentaire, le film donne une grande impression de naturel. Il est en outre enrichi d’une bonne dose d’humour qui le rend sympathique. Les personnages sont tous assez complexes, souvent écartelés entre tradition et modernisme. Le film a également révélé Daniel Day-Lewis. Une belle réussite. Le cinéaste continuera dans la même veine avec Prick Up Your Ears (1987) et Sammy et Rosie s’envoient en l’air (1987).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Daniel Day-Lewis, Gordon Warnecke, Saeed Jaffrey, Derrick Branche
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My Beautiful LaundretteDaniel Day-Lewis et Gordon Warnecke, photo publicitaire pour My Beautiful Laundrette de Stephen Frears.

2 juin 2021

Quartet (1981) de James Ivory

Quartet1927. Dans le Paris des Années folles, Marya est une ex-petite choriste de music-hall née aux Antilles qui s’est mariée avec un polonais, trafiquant d’œuvres d’art. Lorsque ce dernier est arrêté, Marya se retrouve sans ressources. Elle accepte l’invitation d’une couple d’anglais, connu dans le milieu artistique de Montparnasse, de venir habiter chez eux…
Quartet est un franco-britannique réalisé par James Ivory qui s’inspire du roman Quatuor (titre original : Postures, 1928) de l’écrivaine britannique Jean Rhys. La pauvre héroïne de cette histoire tombe sous l’emprise psychologique d’un couple aisé qui trouve là un moyen de combler son vide existentiel et de masquer les infidélités de l’homme. La reconstitution de l’époque est picturalement très travaillée avec de beaux éclairages et une palette de couleur portée sur le bistre. En revanche, malgré tous les efforts d’Isabelle Adjani qui fait une belle prestation, on peine à s’intéresser à l’histoire. Les personnages paraissent très lointains, nous restons spectateurs sans éprouver la moindre émotion. La retenue dont James Ivory fait toujours preuve n’était sans doute pas de mise ici.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Isabelle Adjani, Anthony Higgins, Maggie Smith, Alan Bates
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Quartet Alan Bates, Maggie Smith (de dos), Isabelle Adjani et Anthony Higgins dans Quartet de James Ivory.

Ne pas confondre avec :
Quartet de Dustin Hoffman (2012) où Maggie Smith tient le rôle principal !

16 mars 2021

L’habit fait le moine (1958) de Charles Crichton

Titre original : « Law and Disorder »

L'habit fait le moine (Law and Disorder)Un arnaqueur britannique ment à son fils à propos de ses fréquents séjours en prison en inventant des voyages lointains. Mais les choses vont se compliquer lorsque son fils grandit et souhaite devenir assistant d’un juge…
Le scénario de Law and Disorder a été écrit par T.E.B. Clarke sur la base du roman Smuggler’s Circuit de Denys Roberts. Le film se place dans le pur style des comédies britanniques des années cinquante. Ce n’est certainement pas le meilleur ni le plus connu des films de Charles Crichton mais il se regarde sans déplaisir grâce à des situations originales et inattendues, une écriture assez brillante et une interprétation pleine d’entrain mais aussi de retenue. L’humour y est constant, distillé par petites touches.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michael Redgrave, Robert Morley, Ronald Squire, Elizabeth Sellars, Joan Hickson, Lionel Jeffries
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L'habit fait le moine (Law and Disorder)Joan Hickson et Michael Redgrave dans L’habit fait le moine (Law and Disorder) de Charles Crichton.

20 février 2021

Sorry We Missed You (2019) de Ken Loach

Sorry We Missed YouRicky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur en travailleur indépendant pour le compte d’une messagerie locale…
Avec Sorry We Missed You, Ken Loach montre les dérives possibles de l’ubérisation du monde du travail, où salariés deviennent de prétendus indépendants. Pris dans ce système, le travailleur peut devenir son propre bourreau. Pour sa démonstration, Ken Loach s’appuie plus sur l’augmentation du temps de travail qui poussera l’homme à négliger sa famille que sur le détournement du statut (les livreurs n’ont ici aucune autonomie réelle et devraient donc être des employés). Si on ne peut qu’être d’accord sur le fond, on peut trouver que la forme est ici moins convaincante. Les personnages montrent moins de profondeur qu’habituellement et celui du fils semble tout simplement mal écrit. L’interprétation reste néanmoins très juste. Quoiqu’il en soit, Sorry We Missed You est un film salutaire parce qu’il dénonce les dérives (possibles/actuelles) de notre société.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, Katie Proctor, Ross Brewster
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Sorry We Missed YouKatie Proctor et Kris Hitchen dans Sorry We Missed You de Ken Loach.

16 février 2021

The Nest (2020) de Sean Durkin

The NestDans les années 1980, Rory, courtier ambitieux, retourne dans son Angleterre natale pour profiter d’une opportunité dans son travail. Sortant de leur confort américain pour s’installer dans un manoir anglais, la famille va plonger dans une nouvelle vie où Rory est persuadé de faire fortune rapidement…
The Nest est un film américano-british-canadien écrit et réalisé par Sean Durkin. Si l’on est frappé dès le début par la qualité de la réalisation de ce « thriller dramatique » et par sa belle photographie, le scénario déçoit rapidement par la faiblesse de son développement. Le portrait de ce hâbleur en quête d’une réussite qu’il peine lui-même à définir est particulièrement convenu, sans surprise et trop appuyé. On attend le moment où le récit prendra vraiment corps. En vain. Assez étonnamment, le film a été couvert de prix au Festival du cinéma américain de Deauville 2020 et a été très bien reçu par la critique dont l’enthousiasme est bien difficile à partager.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jude Law, Carrie Coon
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The NestCarrie Coon et Jude Law dans The Nest de Sean Durkin.

14 février 2021

Jabberwocky (1977) de Terry Gilliam

JabberwockyÀ la mort de son père, le jeune Dennis décide de tenter sa chance en ville dans l’espoir de conquérir le cœur de sa dulcinée, Griselda, restée au village. Pendant ce temps, un horrible monstre surnommé Jabberwocky fait régner la terreur, tuant et anéantissant tout sur son passage. Voyant son royaume menacé, le roi Bruno le Contestable promet la main de sa fille à celui qui terrassera la bête…
Jabberwocky est le premier long métrage que Terry Gilliam réalise seul. Après le grand succès de Monty Python Sacré Graal (1975), Terry Gilliam ressent le besoin de s’évader du format du sketch court et de mettre en scène une histoire complète. John Cleese étant opposé à l’idée que ce soit un film des Monty Python, seul un autre membre de la bande de joyeux drilles est présent de façon importante : Michael Palin. Le reste de la distribution est composé d’humoristes très connus sur la scène anglaise de l’époque comme Max Wall ou John Le Mesurier. L’histoire est inspirée d’un poème de Lewis Carroll qui permet à Terry Gilliam de créer un univers médiéval grouillant de personnages exagérés à outrance, grotesques et souvent difformes. Gilliam dit avoir été inspiré par les peintures de Brueghel et de Bosch, ce qui est effectivement assez net dans certaines scènes. La société décrite est assez oppressante, le peuple étant maintenu dans une très grande pauvreté par quelques notables. Certains commentateurs le présentent ainsi comme une préfiguration du futur Brazil (1985) mais il s’agit ici principalement d’une farce et l’humour fonctionne d’ailleurs à merveille. Le budget fut assez réduit mais Terry Gilliam s’est montré particulièrement inventif et le résultat ne détonne pas dans sa filmographie, loin de là. Le film se revoit avec grand plaisir.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michael Palin, Harry H. Corbett, John Le Mesurier, Warren Mitchell, Max Wall, Annette Badland
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Remarques :
* Jabberwocky vient d’être restauré en 4K, il est disponible chez Carlotta. L’interview en supplément de Terry Gilliam et Michael Palin est en outre très intéressante.

* Caméo : Terry Gilliam apparaît brièvement, il interprète l’homme qui prend de vulgaires cailloux pour des pierres précieuses.
Terry Jones (autre membre des Monty Python et co-réalisateur de Sacré Graal) interprète le braconnier dans la scène d’ouverture.

* Le Jabberwocky est un des poèmes les plus connus de Lewis Carroll. Le poème figure dans De l’autre côté du miroir (Through the Looking-Glass, and What Alice Found There, 1871). C’est un poème très particulier où Lewis Carroll triture et fusionne les mots. On entend les premiers vers en ouverture du film.
En triturant la langue et les mots, en inventant le mot-valise (qu’il appelle « portmanteau » en référence au mot français « porte-manteau »), Lewis Carroll ouvre une voie nouvelle pour les poètes et la poésie, qu’empruntent ensuite, en France, aussi bien Roussel et Artaud que Leiris, puis Queneau et les oulipiens comme Roubaud, Salon, Fournel ou encore Le Tellier. (Extrait Wikipédia)

JabberwockyMichael Palin dans Jabberwocky de Terry Gilliam.

4 février 2021

Becket (1964) de Peter Glenville

BecketAu XIIe siècle, Thomas Becket est le chancelier du royaume et l’ami d’Henri II d’Angleterre. Celui-ci doit le promouvoir archevêque de Canterbury à la mort de ce dernier. Becket se sent alors investi par toutes les tâches qui lui incombent, mais ses activités font bientôt de lui un rival pour le roi…
Becket est un film britannico-américain. Il s’agit de la reprise à l’écran de la pièce de théâtre Becket ou l’Honneur de Dieu de Jean Anouilh créée en 1959. Metteur en scène de théâtre, l’anglais Peter Glenville a toujours montré son intérêt à adapter des pièces au grand écran. Il a réuni ici deux grands acteurs, Peter O’Toole et Richard Burton, dont la confrontation ne déçoit pas. Tout l’intérêt du film est dans son interprétation car, hélas, la mise en scène se montre peu imaginative et paraît empreint d’une certaine lourdeur. Le récit met beaucoup d’insistance à transformer la proximité entre le roi Henry II et Thomas Becket en attirance homosexuelle inavouée. L’ensemble est bien trop long et un peu ennuyeux, hélas.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Richard Burton, Peter O’Toole, John Gielgud, Gino Cervi
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BecketRichard Burton et Peter O’Toole dans Becket de Peter Glenville.

12 décembre 2020

La bête s’éveille (1954) de Joseph Losey

Titre original : « The Sleeping Tiger »

La Bête s'éveille (The Sleeping Tiger)À Londres, un psychiatre décide, avec l’accord de la police, d’héberger chez lui pour une durée de six mois un jeune voyou qui avait tenté de l’agresser dans la rue, afin de l’étudier. L’épouse du docteur, d’abord réticente, est par la suite attirée par le jeune homme…
En 1952, alors qu’il était sur un tournage en Italie, l’américain Joseph Losey apprend qu’il est accusé d’être communiste et se retrouve sur la liste noire sans mettre avoir comparu devant la commission dirigée par McCarthy. Le cinéaste choisit alors de se réfugier en Angleterre mais les producteurs anglais hésitent à lui confier un projet. Il parviendrait finalement à tourner The Sleeping Tiger sous un nom d’emprunt, Victor Hanbury (un réalisateur britannique qui n’avait rien tourné depuis 1944), ce qui permettra au film d’être distribué aux Etats-Unis. Basée sur un roman de Maurice Moiseiwitsch, l’histoire met en avant la psychanalyse en tant que méthode. Le film a été tourné très rapidement, avec peu de moyens. Sans être un grand film, il montre une certaine intensité et on y reconnaît le style d’approche des personnages spécifique à Joseph Losey. C’est surtout net pour Dirk Bogarde, ici dirigé par Losey pour la première fois, mais aussi pour l’actrice américaine Alexis Smith. La mise en scène est assez élégante et stylée. Le film est considéré comme mineur mais il se révèle très prenant par son atmosphère et ses personnages. Il ne dépare pas avec le reste de la filmographie de Joseph Losey.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Dirk Bogarde, Alexis Smith, Alexander Knox
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La Bête s'éveille (The Sleeping Tiger)Alexander Knox et Alexis Smith et Dirk Bogarde dans La Bête s’éveille (The Sleeping Tiger) de Joseph Losey.

La Bête s'éveille (The Sleeping Tiger)Dirk Bogarde dans La Bête s’éveille (The Sleeping Tiger) de Joseph Losey.

5 novembre 2020

The Pillow Book (1996) de Peter Greenaway

The Pillow BookEn souvenir de son père qui calligraphiait son visage à chacun de ses anniversaires, la jeune japonaise Nagiko n’a de cesse de chercher l’amant idéal qui saura écrire sur son corps. Après plusieurs échecs, elle fait la rencontre d’un jeune traducteur anglais qui la convainc d’être le pinceau plutôt que le papier…
Ecrit et réalisé par Peter Greenaway, The Pillow Book est une ode au corps et à l’écriture. Le cinéaste anglais fait montre d’une belle inventivité, montrant autant d’intérêt au langage cinématographique que ses personnages à la calligraphie. Il utilise ainsi différents formats d’écran, incrustations, images dans l’image, sous-titres et autres raffinements. Le film a ainsi une indéniable beauté formelle et même une élégance qui sied parfaitement à son sujet. L’ensemble forme une œuvre originale, séduisante par son audace.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Vivian Wu, Yoshi Oida, Ken Ogata, Ewan McGregor
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Remarque :
* Le titre du film se réfère à l’oeuvre Notes de chevet, une œuvre majeure de la littérature japonaise du XIe siècle, attribuée à Sei Shōnagon dame de compagnie de l’impératrice consort Teishi durant les années 990 et au début du XIe siècle de l’époque de Heian. Ce n’est pas toutefois une adaptation : ce recueil de sentiments et de poésie est simplement lu par la mère à sa fille.

The Pillow BookVivian Wu dans The Pillow Book de Peter Greenaway.

The Pillow BookEwan McGregor et Vivian Wu dans The Pillow Book de Peter Greenaway.