Maria, qui a eu deux enfants d’un premier mariage, se met en couple avec Sigmund. Sept ans après, deux nouveaux enfants sont nés mais la passion fusionnelle n’est plus là. Maria doit faire face à une vie domestique très prenante alors que Sigmund voyage de plus en plus pour son travail. Après une nouvelle dispute, la rupture semble inévitable… Loveable (Elskling = chéri) est un film norvégien écrit et réalisé par Lilja Ingolfsdottir qui signe là son premier long métrage. La réalisatrice dit avoir voulu prendre le contre-pied des représentations idéalisées des rencontres amoureuses dans la pop-culture. Elle se penche plutôt sur la réalité de la vie de couple et des crises conjugales. Tout le récit est vu à travers les yeux de la femme dont le portrait psychologique se dresse peu à peu devant nos yeux. C’est l’aspect le plus intéressant du film, notamment les scènes chez une psychologue (ou conseiller conjugal) où les éléments se mettent en place. Le principal défaut de la réalisatrice est de forcer le trait : la colère de Maria est trop forte et agit comme un repoussoir, et de nombreuses scènes sont trop appuyées. Elle: – Lui :
Un ramoneur, heureux père de famille, en couple avec son épouse depuis des années, a une aventure inattendue avec un client. Il ne la considère ni comme l’expression d’une homosexualité latente, ni comme une infidélité, juste comme une expérience enrichissante. Il s’en ouvre à son épouse, qui le prend mal, puis à son patron, marié comme lui, qui lui avoue faire toutes les nuits des rêves dans lesquels il est une femme objet du désir de David Bowie… Désir est un film norvégien écrit et réalisé par Dag Johan Haugerud. Il s’agit du premier volet (troisième en France) de la Trilogie d’Oslo, avec Rêves (2024) et Amour (2024), trilogie qui a pour thème principal les structures sociales. Le film prend la forme de discussions entre principalement deux personnages. C’est la profondeur de ces discussions qui surprend agréablement, donnant au film une indéniable portée philosophique. Le cinéaste aborde les thèmes de la perception de la sexualité, de l’influence du regard des autres sur notre identité, du couple, de la liberté, de la vie en société et son approche de ces thèmes est aux antipodes de la manière démonstrative si répandue de nos jours. Il parvient même à glisser des notes d’humour dans son récit. L’ensemble peut évoquer Rohmer (en plus profond même), Kieslowski (le cinéaste dit s’être inspiré de sa trilogie Trois couleurs, mais on peut aussi penser au Décalogue). Dans sa forme, le film m’a fait penser à Ozu avec cette façon d’intercaler des plans fixes urbains entre les scènes. L’ensemble suscite la réflexion. Elle: – Lui :
Thorbjørn Harr et Jan Gunnar Røise dans La Trilogie d’Oslo: Désir de Dag Johan Haugerud.Thorbjørn Harr et Birgitte Larsen dans La Trilogie d’Oslo: Désir de Dag Johan Haugerud.
Iman vient d’être promu juge d’instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran quand un immense mouvement de protestations populaires commence à secouer le pays. Dépassé par l’ampleur des évènements, il est confronté à l’absurdité d’un système et à ses injustices mais décide de s’y conformer. A la maison, ses deux filles, étudiantes, soutiennent le mouvement avec virulence, tandis que sa femme tente de ménager les deux camps… Les Graines du figuier sauvage est un film franco-allemand réalisé par Mohammad Rasoulof. Le cinéaste iranien possède un grand talent pour scénariser : ne montrant que les perturbations à l’intérieur d’une famille, il parvient ici à met en relief le totalitarisme religieux de son pays et à rendre hommage au mouvement de protestations des femmes contre le voile de 2022. Le procédé est à la fois subtil et efficace. Son récit met aussi en évidence un certain fossé générationnel. Dans le dernier tiers du film, il se permet de changer de registre. L’ensemble montre une grande puissance. Que Mohammad Rasoulof ait pu tourner ce film en Iran, où il avait déjà été emprisonné, est un exploit. Condamné à huit ans de prison à la suite de ce film, il a heureusement réussi à fuir son pays. Le film a été bien accueilli par la critique et le public, et a reçu de nombreux prix. Elle: Lui :
Après vingt-cinq ans de vie commune, le couple formé par Xavier et Sophie semble à bout de souffle. L’idée de Sophie d’inviter à dîner leurs voisins, Adèle et Alban, n’enchante pas Xavier qui reproche à ce couple son manque de discrétion, surtout la nuit… Et plus si affinités est un film français réalisé par Olivier Ducray et Wilfried Méance, largement inspiré du film espagnol Sentimental (2020) réalisé par Cesc Gay d’après sa pièce de théâtre Los vecinos de arriba (= Les voisins du dessus). Confrontation d’un « vieux couple » et d’un « jeune couple », le scénario de cette comédie n’est pas franchement original et il n’y a, hélas, aucune surprise. Côté dialogues, il y a assez souvent d’excellentes répliques et le meilleur est là. Bernard Campan a tendance à surjouer son personnage aigri et détestable (qui est, ceci dit, le personnage le plus difficile à jouer des quatre). Il nous montre ce qu’il faut éviter de devenir… Les acteurs interprétant le jeune couple sont plus convaincants (mais leur rôle est plus facile). Tout se déroule dans un vaste appartement. Les réalisateurs ont utilisé deux caméras à l’épaule ce qui leur permet des pseudo-plans-séquence. Avec tous ses clichés, le film manque d’originalité mais il a le mérite de nous amuser le temps d’un soir. Primé au festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez en 2024. Elle: – Lui :
Isabelle Carré, Pablo Pauly, Julia Faure et Bernard Campan dans Et plus si affinités de Olivier Ducray & Wilfried Méance (photo publicitaire non tirée du film)
Un mari formidable, deux filles parfaites, un cabinet dentaire florissant : tout va bien pour Iris mais elle a un gros manque du côté amoureux. En s’inscrivant sur une banale appli de rencontre, Iris ouvre la boite de Pandore… Iris et les hommes est un film français coécrit et réalisé par Caroline Vignal. Après Antoinette dans les Cévennes, la réalisatrice reprend son actrice fétiche pour une nouvelle histoire d’épanouissement personnel. L’actrice est toujours pleine de spontanéité et de naïveté mais, hélas, le scénario tombe rapidement dans la facilité avec des situations prévisibles, stéréotypées et… ennuyeuses. Les dialogues et l’humour tombent à plat et laissent une impression de déjà-vu. J’avoue avoir sauté de nombreux passages. Elle: – Lui :
Titre original : « El esqueleto de la señora Morales »
Pablo Morales est un joyeux taxidermiste mais sa vie est un enfer : sa femme Gloria, amère, infirme, obsessionnelle et extrêmement religieuse, l’accable de reproches et tente de le faire passer pour un sadique. Mais, un jour elle va trop loin… El esqueleto de la señora Morales est une comédie noire mexicaine réalisée par Rogelio A. González (cinéaste mexicain qui a dirigé près de 70 films). Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle britannique The Islington Mystery d’Arthur Machen, publiée en 1927, elle-même inspirée de l’histoire vraie de Hawley Harvey Crippen, un homéopathe américain condamné en 1910 à Londres. L’histoire est bien relevée, dans le style de Luis Buñuel (le scénario est signé par l’hispano-mexicain Luis Alcoriza, qui a travaillé avec Luis Buñuel). Il faut être juste un peu patient dans la première moitié film, face aux multiples vilénies de la femme du taxidermiste. Le dernier tiers du film n’en est que plus jubilatoire. Le cinéaste fait preuve d’originalité dans ses plans de caméra et l’éclairage des scènes. Une belle découverte. Le film est ressorti en salles en 2024. Elle: – Lui :
André Bertier (Maurice Chevalier) vit en couple heureux avec Colette (Jeanette MacDonald), ils sont très amoureux l’un de l’autre. Mais leur bonheur va être mis à mal par l’arrivée de la meilleure amie de Colette, Mitzi (Genevieve Tobin) qui va s’efforcer d’être aimée d’André… Une heure près de toi est un film américain réalisé par Ernst Lubitsch. C’est un remake en comédie musicale du film muet Comédiennes (The Marriage Circle, 1924) du même réalisateur (sa première comédie américaine), adaptation d’une pièce de Lothar Schmidt. Ernst Lubitsch étant en retard sur son film précédent, c’est George Cukor qui commença le tournage. En conflit avec Maurice Chevalier après deux semaines, il dût céder la place à Lubitsch tout en restant comme assistant (1). Les huit chansons sont très bien intégrées. Une heure près de toi est la troisième des quatre comédies musicales (2) qu’Ernst Lubitsch a tourné avec Maurice Chevalier dont la popularité explosait aux Etats-Unis. L’histoire est assez simple mais bien plaisante sans être à la hauteur des meilleures comédies de Lubitsch. Le film fut un gros succès et contribua à lancer la vogue des comédies musicales. Elle: – Lui :
Remarque : • Il est amusant de savoir que la scène la plus osée est celle où l’on voit le couple discuter dans leur lit. Il n’était pas question à l’époque de montrer un couple, même marié, dans le même lit. On peut d’autant apprécier la façon qu’a Lubitsch de jouer avec les interdits en leur faisant éteindre et rallumer la lumière. (Le code de moralité, le Code Hays, ne sera pleinement appliqué que deux ans plus tard). • Une version en français fut tournée simultanément avec Maurice Chevalier et Jeanette MacDonald (qui parlait couramment français) gardant leur rôle, Lili Damita remplaçant Genevieve Tobin dans le rôle de Mitzi.
(1) Lubitsch et Cukor demandèrent chacun à être crédité comme seul réalisateur. C’est un tribunal qui trancha en faveur de Lubitsch. En contrepartie, Cukor obtint le droit de casser son contrat avec Paramount pour aller tourner What Price Hollywood ? à la RKO. (2) Parade d’amour (The Love Parade, 1929), Le Lieutenant souriant (The Smiling Lieutenant, 1931), Une heure près de toi (One Hour with You, 1932) et La Veuve joyeuse (The Merry Widow, 1934).
Maurice Chevalier et Jeanette MacDonald dans Une heure près de toi (One Hour with You) d’Ernst Lubitsch.
Taeko vit avec son époux Jiro et son fils Keita, issu d’un précédent mariage, dans un immeuble près de ses beaux-parents. Keita est champion local du jeu Othello. Tandis qu’elle découvre l’existence d’une ancienne fiancée de son mari, un drame provoque la réapparition du père biologique de Keita… Love Life est un film franco-japonais écrit et réalisé par Kōji Fukada. Son histoire nous montre le dérèglement de l’harmonie d’un couple qui se trouve confronté à un drame et les errements pour le trouver un nouveau chemin, tout en évitant le carcan des rapports familiaux. Comme souvent dans la littérature ou le cinéma japonais, les émotions sont intériorisées et s’expriment avec douceur sans perdre de leur force. L’approche du cinéaste est délicate et subtile. Il n’use d’aucun effet facile pour créer l’émotion. Kōji Fukada insère toujours dans ses histoires un personnage qui réapparaît de façon incongrue et c’est à nouveau le cas ici avec le premier mari de Taeko. En revanche, il n’y a cette fois aucune note fantastique. Love Life est un très beau film, l’un des plus beaux du cinéaste. Elle: Lui :
Naples, début des années 1980. La famille que forment Aldo, animateur culturel à la radio, son épouse Vanda, institutrice et leur deux enfants semble harmonieuse. Tout bascule lorsque Aldo avoue à Vanda qu’il a une liaison avec une autre femme. Il part vivre à Rome et le divorce est bientôt prononcé… Les Liens qui nous unissent est un film italien coécrit et réalisé par Daniele Luchetti. C’est l’adaptation du roman Les Liens de Domenico Starnone publié en 2014. Il décrit une séparation qui engendre de fortes rancoeurs et montre sa surprenante évolution sur une période de plusieurs décennies. La structure du récit est originale, un peu déroutante mais finalement habile et élégante (surtout lorsque l’on ne connait pas l’histoire à priori… méfiance : les critiques et commentateurs ont toujours à trop dévoiler). Tout prend un sens différent au fur et à mesure que le film se déroule et la dernière scène est une surprise. L’ensemble évoque un peu le cinéma de Nanni Moretti. Il y a de nombreuses belles scènes et les dialogues sont bien écrits. Une réussite. Le film n’est pas sorti en salles en France, on se demande bien pourquoi. Elle: Lui :
Voir les autres films de Daniele Luchetti chroniqués sur ce blog…
Giula De Luca, Luigi Lo Cascio, Joshua Francesco Louis Cerciello et Alba Rohrwacher dans Lacci de Daniele Luchetti.Laura Morante et Silvio Orlando dans Lacci de Daniele Luchetti.
Quand on s’aime mais qu’on ne se supporte plus, qu’est-ce qu’on fait ? Marie et Simon sont profondément amoureux mais les disputes sont une constante dans leur vie de couple. Pour ne pas se séparer, ils se lancent dans une aventure un peu folle : établir une liste de règles qu’ils devront suivre coûte que coûte. Ils l’appellent la Charte universelle des droits du couple… Le Processus de paix est un film français d’Ilan Klipper, une comédie qu’il a écrite avec son actrice Camille Chamoux qui s’est inspirée de va propre vie. Le film est amusant mais, bizarrement, le thème de la charte est en réalité très peu utilisé dans le scénario. L’humour vient plutôt des disputes et des conflits incessants. Les personnages secondaires paraissent inutiles, l’ensemble est un peu fouillis. L’histoire ne débouche sur rien de concluant. Bien qu’il manque de rigueur, Le Processus de paix reste plaisant… mais guère plus. Elle: Lui :