Titre original : « The Sting »
A Chicago, en 1936, Johnny Hooker et son acolyte Coleman volent sans le savoir le convoyeur de fonds de Doyle Lonnegan, un dangereux gangster de New York. Coleman est aussitôt abattu par le gang de ce dernier et Hooker se réfugie chez Henry Gondorff, un spécialiste de L’arnaque. Ceux-ci décident alors de venger la mort de Coleman en montant une escroquerie de grande ampleur pour mettre Lonnegan sur la paille…
Après le grand succès de Butch Cassidy et le Kid du même George Roy Hill (1969), la tentation fut grande pour les studios de réunir à nouveau le même tandem d’acteurs, les deux plus grands charmeurs d’Hollywood en ce début des années soixante dix, Paul Newman et Robert Redford. Ils se retrouvent parachuté de nouveau dans un contexte historique, cette fois plus récent, celui de la Grande Dépression. L’histoire est si alambiquée que le scénariste David S. Ward a choisi de détailler méthodiquement chaque phase de cette arnaque assez démesurée, ce qui a également pour effet de renforcer la notion de spectacle et le plaisir du spectateur. La reconstitution est soignée et le monde des gangsters est à la fois réaliste et onirique. L’ensemble est assez long, un peu ennuyeux et plutôt froid avec un beau twist final toutefois. L’énorme succès populaire de ce film commercial fut salué par sept Oscars.
Elle: –
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Acteurs: Paul Newman, Robert Redford, Robert Shaw, Charles Durning, Ray Walston, Eileen Brennan
Voir la fiche du film et la filmographie de George Roy Hill sur le site IMDB.
Voir les autres films de George Roy Hill chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* La musique, avec le célèbre morceau de Scott Joplin The Entertainer, déclencha la redécouverte du ragtime. A noter que la popularité première du ragtime (1900-1920) ne correspond pas vraiment à la période du film (1936).
* 11 000 dollars de 1936 (la somme dérobée au convoyeur de fonds) sont équivalents à 200 000 dollars de 2020. Et les 500 000 dollars de l’arnaque sont équivalents à près de 10 million de dollars actuels.
* Le nom du personnage de Robert Redford (Johnny Hooker) aurait été donné afin de rendre hommage au chanteur de blues John Lee Hooker. Les personnages de Henry Gondorff, J. J. Singleton, Kid Twist et Eddie Niles sont ceux de véritables escrocs américains du premier quart du XXe siècle : le film est en fait basé sur la vie des frères Charles et Fred Gondorff qui ont tenté une escroquerie similaire à celle montrée dans le film mais qui, elle, a échoué (1914) (dixit Wikipedia) .
* Le film a connu une suite :
L’arnaque 2 (The Sting II) de Jeremy Kagan avec Jackie Gleason et Mac Davis, jugé généralement très mauvais par ceux qui l’ont vu.
Robert Redford dans L’arnaque (The Sting) de George Roy Hill.
Paul Newman dans L’arnaque (The Sting) de George Roy Hill.
Je n’avais pas beaucoup de souvenir de ma première vision de L’arnaque, très ancienne maintenant, et l’ai donc presque redécouvert… avec un certain plaisir.
Ce n’est pas un film majeur, mais ça reste un bon film, un bon divertissement.
Plus que de « froideur », je parlerais de « distanciation ». Je pense que vous voulez décrire la même chose que ce que j’ai ressenti, mais je trouve que parler d’un film « plutôt froid » laisse penser à une forme d’austérité et de désintérêt ; j’ai surtout eu l’impression d’assister à un spectacle sans être vraiment impliqué, sans que les personnages n’aient le temps d’avoir une vraie épaisseur. Incidemment, je n’ai pas trouvé Redford très bon, il cabotine trop dans la première partie, il en fait trop dans sa volonté de donner à son personnage une dimension insouciante et gamine (voire benêt).
Malgré ces réserves, je ne dirais pas que le film soit long ou ennuyeux, car le découpage en chapitres permet de garder un rythme assez constant et de relancer notre attention. Il n’y a pas beaucoup d’action, mais pas de temps morts non plus, tout s’enchaîne assez bien avec fluidité.
Au milieu des films survitaminés actuels, des sujets sinistres et des réalisations prétentieuses qui foisonnent, ce film propre, distrayant, bien réalisé et bien monté, sans prétention ni effets de manche, est plutôt reposant. Il fait passer une bonne soirée, et c’est plus que bien des films que j’aie vus récemment.
NB : Vous parlez d’un montant de 50.000 dollars, mais sauf erreur de ma part les personnages parlent d’une somme de 500.000 dollars (ce qui est raccord avec le fait d’apporter l’argent dans une valise, alors que les 11.000 dollars du début et les 15.000 dollars intermédiaires sont une simple liasse tenant dans une enveloppe : 50.000 dollars n’auraient pas nécessité une pleine valise).
Cela situe le niveau de l’arnaque à 10 millions de dollars actuels, ce qui me paraît plus cohérent avec la fortune du malfrat en cause.
Oui, j’ai semble-t-il oublié un zéro… C’est effectivement plus logique vu l’ampleur de l’arnaque et le nombre de complices. Merci de m’avoir signalé cette erreur, j’ai corrigé.