Dans les années 1980, Hilary est responsable d’un cinéma dans une ville balnéaire anglaise et tente de préserver sa santé mentale fragile. Stephen est un nouvel employé qui n’aspire qu’à quitter cette petite ville de province où chaque jour peut vite se transformer en épreuve du fait de sa couleur de peau. En se rapprochant l’un de l’autre, ils vont apprendre à soigner leurs blessures… Empire of Light est un film britannico-américain écrit et réalisé par Sam Mendes, qui s’est inspiré de ses propres souvenirs. Le récit prend une coloration particulière par le lieu où il se déroule, un superbe cinéma face à la mer qui existe réellement (mais qui est fermé) à Margate à la pointe orientale du Kent. Ce lieu imprime sa marque sur le récit. Outre le cheminement l’un vers l’autre des deux personnages principaux, Sam Mendes dresse un portrait de l’Angleterre des années 80 avec une forte montée du racisme. Il donne ainsi de l’ampleur à son histoire. De belles scènes parsèment le film, un bel empire de lumières. Elle: Lui :
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Dans les années 1930, au Royaume-Uni, le prince Albert, deuxième fils du roi George V, vit un grave problème de bégaiement. L’abdication de son frère aîné Édouard VIII l’oblige à monter sur le trône sous le nom de George VI. Le roi doit s’exprimer en public. Sur l’insistance de sa femme, il rencontre Lionel Logue, orthophoniste australien aux méthodes peu orthodoxes… Le Discours d’un roi est un film britannique réalisé par Tom Hooper. Passé l’étonnement de la découverte de cet handicap inattendu, il faut bien avouer que le film ne réserve pas grande surprise et le scénario ne montre aucune volonté d’élargir son sujet. Certes, l’élégance de la mise en scène et la qualité du jeu des acteurs permettent d’éviter l’ennui mais la vision de ce film laisse une sensation d’inutilité. Le film a été très bien reçu par la critique et le public, un succès salué par cinq Oscars. Elle: – Lui :
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Un célèbre et vaniteux acteur de théâtre et de cinéma prétend qu’il a écrit un livre. Se sentant spoilé de son travail, le véritable auteur le tue par vengeance mais meurt juste après en tentant de s’échapper. Les deux hommes sont emmenés par un passeur sur une île où ils sont accueillis dans une grande demeure pour y séjourner…
Assez méconnu, Les ailes de la renommée est un film fantastique néerlandais coécrit et réalisé par le tchèque Otakar Votocek dont c’est l’unique long métrage. Il s’agit d’une fable sur la célébrité dotée d’une approche pour le moins originale basée sur le fait que les personnages célèbres laissent une trace plus ou moins résistante à l’usure du temps. La réflexion sur le thème est toutefois plus amusante que profonde. Le face à face entre le suffisant Peter O’Toole et le spontané Colin Firth tient toutes ses promesses et Marie Trintignant vient apporter une charmante touche de candeur. Certes, la mise en scène n’offre rien de remarquable mais Les ailes de la renommée est un film finalement assez plaisant par son originalité et la qualité de son interprétation. Elle: – Lui :
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Elevée dans un couvent, la jeune Cécile de Volanges est promise en mariage au comte de Gercourt qui, de ce fait, rompt avec son amante la Marquise de Merteuil. Pour se venger, cette dernière fait appel au vicomte de Valmont…
Sorti seulement quelques mois après Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears, Valmont lui est assez différent. Jean-Claude Carrière et Miloš Forman ont fortement simplifié le récit du roman de Choderlos de Laclos (dont ils n’avaient d’ailleurs pas les droits). Il en résulte un film plus léger, moins dramatique (notamment dans sa fin), plus joyeux. Le machiavélisme cruel a laissé la place au libertinage. Annette Bening est pétillante. La reconstitution est soignée, le réalisateur a pris le temps pour peaufiner ses scènes. L’écriture est parfaite et la grande maitrise de Forman dans la mise en scène est manifeste. Le résultat est séduisant : le film est à la fois un régal visuel et un divertissement élégant. Alors que le film de Frears a connu le succès, Valmont (doté d’un budget double) a été un échec commercial, une catastrophe même (1), beaucoup de critiques et de spectateurs ne pardonnant pas les libertés prises par rapport au roman (dont il n’est, rappelons-le, qu’inspiré). Il serait temps de le réhabiliter… Elle: Lui :
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Lorsque leur quartier général est détruit par un missile, les derniers agents de Kingsman, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, font la découverte d’une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Ils uniront leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi…
Après l’immense succès de Kingsman : Services secrets en 2015, Matthew Vaughn lui donne une suite, toujours avec les personnages du comic book Kingsman : Services secrets de Dave Gibbons et Mark Millar édité par Icon Comics en 2012. Ce film britannique se présente comme une comédie d’espionnage avec beaucoup d’effets spéciaux sur les objets (les armes sont très originales) et de spectaculaires scènes d’action réglées au cordeau. L’histoire n’est pas très étoffée mais s’amuse des différences entre anglais et américains (gentiment car il ne faut pas heurter le public américain). L’ensemble est divertissant, pas franchement mémorable mais a le mérite d’être un peu différent. Elle: – Lui :
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1928. L’anglais Stanley Crawford est un magicien de renom sous les traits de Wei Ling Soo, son personnage de scène. Il s’est fait une spécialité de démasquer les médiums et autres charlatans. L’un de ses amis de longue date, également magicien, vient lui proposer de se rendre sur la Côte d’Azur pour tenter de confondre une jeune femme médium qui a séduit une riche famille… Comme on le sait, Woody Allen est depuis toujours attiré par la magie qu’il a beaucoup pratiquée dès son adolescence. Il le montre nettement dans Magic in the Moonlight où il est question de duperie et d’illusion. Mais pas seulement, son personnage principal passe son temps à distiller sa philosophie de vie. Woody Allen réussit le tour de force de ne pas rendre antipathique ce snob prétentieux, extraordinairement imbu de lui-même. Bien au contraire, son pessimisme chronique nous amuse et le rend finalement attachant. Il donne à cette histoire tout son sel. Woody Allen nous montre là ses talents de conteur. Il montre aussi ses talents de cinéastes car ses plans sont très travaillés, esthétiquement recherchés, et il utilise largement la beauté des décors naturels de la Riviera. Magic in the Moonlight n’est sans doute pas extraordinaire mais c’est un film très plaisant. Elle: Lui :
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Remarque :
* Wei Ling Soo fait indubitablement fait référence à Chung Ling Soo, personnage de scène du magicien anglais William Ellsworth Robinson (1861-1918). Très célèbre en son temps, il s’était donné pour tâche de démasquer les médiums et spirites. Il est mort sur scène dans un dangereux tour de magie qui a mal tourné.
Emma Stone et Colin Firth dans Magic in the Moonlight de Woody Allen.
Colin Firth et Emma Stone dans Magic in the Moonlight de Woody Allen.
1973, en pleine guerre froide, le chef des services secrets britanniques est mis sur la touche à la suite de l’échec d’une mission en Hongrie. Son plus proche adjoint, lui aussi congédié, est rappelé peu après par le ministère pour enquêter sur la présence d’une taupe, un agent double, au plus haut niveau du MI6… La Taupe est l’adaptation d’un roman de John Le Carré paru en 1974, le premier d’une trilogie consacrée à l’espion George Smiley interprété ici par Gary Oldman. Le film est une production anglo-franco-allemande réalisée par le suédois Tomas Alfredson. Par son style, il est très différent des films actuels qui misent tout sur l’action. La taupe renoue brillamment avec les grands films d’espionnage, reposant sur une intrigue solide et montrant une belle profondeur en insistant sur les rapports humains. Ici, l’important n’est pas tant de savoir qui est la taupe (nous savons dès le début qu’il s’agit de l’un des quatre chefs du MI6 et finalement peu importe que ce soit l’un ou l’autre) mais de savoir comment Smiley va pouvoir l’amener à se démasquer. Car l’écheveau est rendu difficile à démêler par les mises en scène du KGB, les agents doubles et les agents retournés. Gary Oldman compose un personnage très fort, vraiment étonnant, d’un flegme qui frise l’impassibilité, d’une froideur perçante (1). Tout aussi remarquable est l’atmosphère régnant dans l’enceinte du MI6 (surnommé « le Cirque ») : des bureaux vieillots et marqués par une envahissante bureaucratie. Nous sommes loin de l’univers de James Bond ! A l’image de son personnage principal, le rythme du film est très posé ce qui nous permet de bien suivre son cheminement. A l’opposé des films agités et tapageurs, La Taupe est un film remarquable. Elle: – Lui :
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Remarque :
John Le Carré fait une apparition en tant que figurant dans la scène de la fête de Noël.
(1) Gary Oldman dit avoir basé son jeu sur l’une des phrases du livre où Ann, la femme de George, dit de lui : « George est comme un reptile qui baisse sa température pour qu’elle soit la même que celle la pièce dans laquelle il se trouve. » Effectivement, le personnage tel qu’il est joué par Gary Oldman évoque un reptile par certains aspects, extrêmement économe.