7 juillet 2020

Les Amants de minuit (1953) de Roger Richebé

Les amants de minuitLe séduisant Marcel Dulac atterrit à Paris la veille de Noël avec l’idée de passer le réveillon avec l’une de ses anciennes maitresses. Il est poliment éconduit et, ne voulant pas réveillonner seul, il ensorcelle Françoise, une jeune vendeuse de mode, esseulée comme lui. Il lui offre la superbe robe exposée en vitrine dont elle rêvait depuis si longtemps …
Sur un scénario écrit par Jacques Sigurd, Les Amants de minuit reprend le thème de Cendrillon en le transposant dans le monde moderne. C’est en effet un véritable prince charmant qui offre une soirée de rêve à une jeune fille empruntée qui n’intéresse personne. Elle sait que leur histoire sera sans lendemain (il lui a dit dès le début qu’il doit reprendre l’avion à l’aube) mais jouit de chaque instant de ce rêve qui lui donne l’illusion de l’amour. L’histoire est charmante mais, si Roger Richebé s’applique à donner une mise en soignée à son film, il manque la patte d’un grand réalisateur qui l’aurait porté bien plus haut. Le résultat est finalement bien terne. Le plus étonnant est le dénouement : Roger Richebé est son propre producteur et il donne à son film une fin triste (mais cohérente toutefois) que probablement aucun producteur classique n’aurait acceptée. Le couple Jean Marais – Dany Robin a assuré la réussite du film auprès du grand public.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean Marais, Dany Robin, Louis Seigner
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Les amants de minuitJean Marais et Dany Robin dans Les amants de minuit de Roger Richebé.

17 juin 2020

Paris est toujours Paris (1951) de Luciano Emmer

Titre original : « Parigi è sempre Parigi »

Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi)Pour assister à un match de football de l’équipe italienne, un petit groupe d’italiens arrivent à Paris bien décidés à profiter de la ville…
Paris est toujours Paris est le second long métrage de fiction de Luciano Emmer après son très remarqué Dimanche d’août (1950). Il en est différent car, si ce dernier reposait sur des observations sociologiques et se positionnait dans la veine du néoréalisme, Paris est toujours Paris est une farce touristique. Son humour repose essentiellement sur le décalage entre l’image que l’on se fait d’une ville (Paris romantique) et la réalité. C’est une ironie un peu triste car les aspirations des personnages ne paraissent pas si déraisonnables. Marcello Mastroianni est ici dans un de ses tous premiers rôles. Yves Montand (ami personnel de Luciano Emmer) fait une apparition dans son propre rôle en chanteur dans un petit club. Le directeur de la photographie est Henri Alekan. Pratiquement invisible depuis plus de soixante ans, le film a été fort bien restauré en 2018.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Aldo Fabrizi, Henri Guisol, Ave Ninchi, Hélène Rémy, Marcello Mastroianni, Lucia Bosè, Yves Montand
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Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi)Ave Ninchi, Aldo Fabrizi, Lucia Bosè et Marcello Mastroianni dans Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi) de Luciano Emmer.

27 mai 2020

Dans les faubourgs de la ville (1953) de Carlo Lizzani

Titre original : « Ai margini della metropoli »

Dans les faubourgs de la ville (Ai margini della metropoli)Mario Ilari, un jeune chômeur, est injustement accusé d’avoir tué une fille qu’il connaît. L’avocat Roberto Marini accepte de prendre sa défense, principalement parce qu’il pense à la médiatisation du procès. Dès la première entrevue, l’avocat est persuadé que Mario ne dit pas la vérité…
Dans les faubourgs de la ville est le second long métrage de Carlo Lizzani, ici secondé par Massimo Mida. Le scénario de ce film néoréaliste est inspiré d’un fait divers réel. Cette histoire, dont les protagonistes sont des habitants des « faubourgs », en réalité plutôt des bidonvilles, met en relief les préjugés et différences de traitement suivant la condition sociale. Giuletta Masina n’a qu’un second rôle mais montre une fantastique présence à l’écran dans toutes les scènes où elle est présente. De façon assez manichéenne, les personnages « respectables » sont particulièrement ternes tandis que les habitants du lieu ont une personnalité plus marquée. L’un des personnages, le joueur de scie musicale, est assez étrange et complexe. Hélas, le scénario aurait certainement profité d’un peu plus de rigueur.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Massimo Girotti, Marina Berti, Giulietta Masina, Michel Jourdan
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Dans les faubourgs de la ville (Ai margini della metropoli)Massimo Girotti et Marina Berti dans Dans les faubourgs de la ville (Ai margini della metropoli) de Carlo Lizzani.

25 mai 2020

L’Affaire de Trinidad (1952) de Vincent Sherman

Titre original : « Affair in Trinidad »

L'affaire de Trinidad (Affair in Trinidad)Sur l’île de Trinidad aux Antilles, le corps d’un résident américain est retrouvé dans l’eau du port. L’enquête officielle conclut à un suicide, mais les autorités restent sceptiques. Sa femme est danseuse dans un cabaret.  Son frère arrive sur l’île peu après. Il avait été appelé par le défunt et refuse de croire à un suicide…
Harry Cohn, patron de la Columbia, n’a pas la réputation de faire de la dentelle. Pour célébrer le retour de Rita Hayworth sur les écrans après trois ans d’absence (1), il concocte un film sur mesure calqué sans complexe sur celui qui l’a propulsée au rang de sex-symbol : Gilda. L’histoire est pratiquement la même et Glenn Ford a été rappelé pour reformer le tandem. Le point fort du film n’est pas le scénario qui ne réserve aucune surprise mais bien le charme de l’actrice. Rita Hayworth est absolument superbe dans les robes dessinées par Jean Louis (déjà présent pour Gilda) et elle nous gratifie de deux numéros de chant particulièrement suggestifs, du genre qui vous cloue au fauteuil (comme dans Gilda…) Sa présence rend le film fort plaisant malgré tous ses défauts. Les critiques furent mauvaises mais le succès commercial fut immense.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Rita Hayworth, Glenn Ford, Alexander Scourby, Valerie Bettis, Torin Thatcher
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Remarques :
* L’Affaire de Trinidad est le quatrième des cinq films que Rita Hayworth et Glenn Ford ont tournés ensemble.
* Outre les multiples emprunts à Gilda, le réalisateur a avoué dans son autobiographie que les scénaristes avaient repris des éléments de Notorious d’Hitchcock.

(1) Trois ans auparavant, Rita Hayworth au sommet de sa gloire avait laissé le monde du cinéma sans voix en déclarant arrêter sa carrière d’actrice pour épouser le prince Ali Khan. Ce mariage tourna rapidement au désastre.

L'affaire de Trinidad (Affair in Trinidad)Alexander Scourby, Glenn Ford et Rita Hayworth dans L’affaire de Trinidad (Affair in Trinidad) de Vincent Sherman.

L'affaire de Trinidad (Affair in Trinidad)Glenn Ford dans L’affaire de Trinidad (Affair in Trinidad) de Vincent Sherman.

10 mai 2020

Herbes flottantes (1959) de Yasujirô Ozu

Titre original : « Ukikusa »

Herbes flottantes (Ukikusa)Une petite troupe de théâtre kabuki débarque dans un village de pêcheurs au sud du Japon. Il y a des années, leur meneur, Komajuro, avait eu une aventure avec l’une des habitantes. De leur brève union est né un garçon, Kiyoshi, qui ignore tout de l’identité de son père. Mais ce dernier n’est pas le seul à qui Komajuro a caché la vérité. Lorsque Sumiko, sa maîtresse actuelle et comédienne de la troupe, découvre l’existence de Kiyoshi et de sa mère, elle décide de se venger…
Yasujirô Ozu avait déjà mis en scène en 1934 cette histoire qu’il a écrite avec Tadao Ikeda. Ce très beau film, Histoires d’herbes flottantes, était muet et en noir et blanc. Le cinéaste l’aimait beaucoup et il a décidé vingt cinq ans plus tard d’en faire une nouvelle version. C’est un très beau mélodrame, qui s’installe lentement et aborde les thèmes de la responsabilité et de l’image de soi. Comme toujours avec Ozu, la forme est enthousiasmante. Le film est graphiquement très beau, avec ses plans fixes à la composition complexe (multiples plans et multiples cadres) et une utilisation de la couleur assez remarquable (il enrichit ses plans de « taches » de couleur rouge à la façon d’un peintre). La vision d’un film d’Ozu est toujours une expérience assez unique et Herbes flottantes ne déroge pas à la règle.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Ganjirô Nakamura, Machiko Kyô, Ayako Wakao, Hiroshi Kawaguchi, Haruko Sugimura
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Remarques :
* Les « herbes flottantes » du titre font référence aux lentilles d’eau ; cette plante flottante figure souvent dans la poésie japonaise comme allégorie pour les errements ou une vie sans but.
* Précédente version :
Histoires d’herbes flottantes (Ukikusa monogatari) (muet, 1934) de Yasujirô Ozu

Herbes flottantes (Ukikusa)Ayako Wakao dans Herbes flottantes (Ukikusa) de Yasujirô Ozu.
(bel exemple de ces fameux regards-caméra spécifiques à Ozu)

Herbes flottantes (Ukikusa)Machiko Kyô et Ganjirô Nakamura dans Herbes flottantes (Ukikusa) de Yasujirô Ozu.
Une séquence étonnante où les deux personnages, en violente dispute, sont séparés par une pluie battante formant rideau.

1 mai 2020

Coup de fouet en retour (1956) de John Sturges

Titre original : « Backlash »

Coup de fouet en retour (Backlash)Jim Slater n’a jamais connu son père. Il sait qu’il a été massacré par les Apaches alors qu’il cherchait de l’or avec cinq compagnons. L’un a survécu mais n’est pas allé chercher de secours, préférant garder l’or. Jim se met à la recherche de celui qui a laissé mourir son père…
Basé sur un roman de Frank Gruber, le scénario de Backlash a été écrit par Borden Chase, grand scénariste de westerns à qui l’on doit les plus beaux d’Anthony Mann et le Red River d’Howard Hawks. Si Backlash n’est sans doute au même niveau, c’est dû plus à l’approche simple et directe de Sturges qu’à l’histoire en elle-même qui est l’une des plus originales du genre : ce western a en effet des accents psychanalytiques étonnants. C’est une véritable recherche du père et celle-ci va prendre un tour inattendu. Les deux personnages principaux sont très bien interprétés, Richard Widmark étant ici dans un rôle plus positif et complexe qu’à l’habitude (et sans exploitation de son rire si particulier). Certains personnages secondaires paraissent en revanche quelque peu surjoués (William Campbell notamment). Affublé d’un titre français assez bizarre, Backlash est un western plutôt original et même surprenant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Richard Widmark, Donna Reed, William Campbell, John McIntire
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Remarque :
* Backlash en anglais courant signifie « contrecoup » mais étymologiquement le sens premier est plutôt l’équivalent de notre expression « retour de manivelle », sens qui s’applique mieux à cette histoire.

Coup de fouet en retour (Backlash)Richard Widmark et Donna Reed dans Coup de fouet en retour (Backlash) de John Sturges.

9 avril 2020

Le Septième Voyage de Sinbad (1958) de Nathan Juran

Titre original : « The 7th Voyage of Sinbad »

Le Septième voyage de Sinbad (The 7th Voyage of Sinbad)Voguant vers Bagdad, en compagnie de sa fiancée, la princesse Parisa, Sinbad fait escale sur l’île de Colossa. Il parvient à sauver le magicien Sokurah des griffes d’un géant cyclope, qui récupère néanmoins la lampe magique volée par le sorcier. Dès lors, Sokurah n’a plus qu’une idée en tête : contraindre Sinbad à retourner sur l’île pour reprendre possession de la lampe…
Basé sur les aventures de Sinbad le Marin des contes Les Milles et Une Nuits (1), Le Septième Voyage de Sinbad est un film remarquable, pour la richesse de son scénario, délicieusement oriental avec un soupçon de mythologie grecque, pour la qualité du Technicolor et de la musique Bernard Herrmann, et pour les effets spéciaux de Ray Harryhausen. Les animations en stop-motion ont demandé onze mois au brillant animateur qui, pour la première fois, a travaillé en couleurs. Ses créatures sont créatives et réussies, l’effet produit est vraiment époustouflant pour l’époque. L’interprétation des deux acteurs principaux est excellente et l’humour vient ajouter à notre plaisir. Le Septième Voyage de Sinbad n’est pas seulement historiquement important pour ses effets spéciaux, c’est aussi un merveilleux film d’aventures.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Kerwin Mathews, Kathryn Grant, Richard Eyer, Torin Thatcher
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Remarques :
* Le combat avec le squelette préfigure certaines scènes de Jason et les Argonautes que Ray Harryhausen animera cinq ans plus tard (en 1963).
* Deux suites directes, également produites par Ray Harryhausen :
Le Voyage fantastique de Sinbad (The Golden Voyage of Sinbad) de Gordon Hessler (1974)
Sinbad et l’oeil du tigre (Sinbad and the Eye of the Tiger) de Sam Wanamaker (1977)

(1) Bien que le titre fasse référence au septième voyage, le récit est en réalité surtout basé sur les troisième et cinquième voyages de Sinbad.

Le Septième voyage de Sinbad (The 7th Voyage of Sinbad)Kerwin Mathews et Kathryn Grant dans Le Septième voyage de Sinbad (The 7th Voyage of Sinbad) de Nathan Juran.

7 avril 2020

Olivia (1951) de Jacqueline Audry

OliviaVers la fin du XIXe siècle, l’anglaise Olivia arrive dans une petite pension de jeunes filles tenue à Fontainebleau par deux directrices, Mlle Julie et Mlle Cara, toutes deux très admirées par les élèves. Olivia tombe rapidement sous le charme de Mlle Julie…
Le scénario est inspiré par le roman de Dorothy Bussy (traductrice et amie d’André Gide), roman qui a connu un grand succès en Grande-Bretagne à sa parution en 1949 tout en faisant scandale. Olivia est un film de femmes : Jacqueline Audry est l’une des très rares réalisatrices françaises, les personnages sont exclusivement féminins et surtout il aborde de façon directe et sans porter de jugements moraux l’homosexualité féminine. Certes celle-ci est latente et, bien entendu,  ne se traduit pas explicitement à l’écran mais elle est bien présente, sans ambigüité. Il y a ce couple formé par les deux directrices, montré presque comme un couple classique qui peut « divorcer » devant notaire, et l’amour juvénile d’Olivia qui déstabilise totalement l’une d’elle et dévoile des pulsions jusqu’ici dissimulées avec peine. La réalisation est soignée, avec beaucoup de style et d’élégance, une belle reconstitution de l’époque et un casting de premier choix. Edwige Feuillère fait une prestation remarquable, elle aimante notre regard autant qu’elle attire ses jeune élèves. Moins présente, Simone Simon exprime parfaitement toute la fragilité de son personnage. La jeune débutante Marie-Claire Olivia est une ingénue parfaite. Le film fut bien entendu jugé amoral et même « malsain » à sa sortie mais c’est un vrai plaisir de le découvrir aujourd’hui.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Edwige Feuillère, Simone Simon, Marie-Claire Olivia, Yvonne de Bray, Suzanne Dehelly
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Remarques :
* Après Alice Guy, au tout début du XXe siècle, et Germaine Dulac, dans les années vingt, Jacqueline Audry est la troisième femme réalisatrice française. Olivia est son cinquième long métrage.
* Philippe Noiret (difficile à reconnaitre) est l’amoureux de l’ancienne élève (Danièle Delorme) rencontrée dans le salon de thé parisien. C’est sa seconde apparition de figuration au cinéma, la première étant également dans un film de Jacqueline Audry : Gigi (1949).
* Le jeune Claude Pinoteau est assistant-réalisateur.

OliviaEdwige Feuillère (à gauche) et Marie-Claire Olivia (deuxième à partir de la droite)
dans la salle de classe d’ Olivia de Jacqueline Audry.

12 février 2020

L’étranger au paradis (1955) de Vincente Minnelli

Titre original : « Kismet »

L'étranger au paradis (Kismet)Un vagabond va de marché en marché avec sa fille déclamer ses poèmes contre des piécettes. Pris par erreur pour un mage jeteur de sorts, il parvient à faire illusion auprès du Grand Vizir…
On doit à Vincente Minnelli quelques-unes des plus grandes comédies musicales mais ce Kismet n’en fait pas partie. A la décharge du réalisateur, il faut noter qu’il l’a tourné contraint et forcé, le sujet ne l’intéressait pas (1). Kismet est une pièce écrite en 1914 par Edward Knoblock, déjà adaptée quatre fois au cinéma et une fois à Broadway en comédie musicale. L’histoire n’est pourtant pas remarquable mais elle a pour elle de profiter de l’attrait de l’Orient et ses contes. Le film de Minnelli exploite de beaux décors et les costumes sont très colorés, le Technicolor est flamboyant. En revanche, on ne peut dire que la musique et les chansons sont  admirables. Malgré quelques rares passages amusants, l’ensemble est plutôt ennuyeux. Le film n’eut que peu de succès.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Howard Keel, Ann Blyth, Dolores Gray, Vic Damone, Sebastian Cabot
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Remarques :
* Stanley Donen a dirigé les quatre ou cinq derniers jours de tournage.

(1) Dans son autobiographie, Tous en scène, Vincente Minnelli précise qu’il avait déjà refusé une première fois mais que la Metro revint à la charge avec un argument de poids : s’il voulait tourner Lust for life, le biopic sur Van Gogh qui lui tenait à coeur, il devait accepter de tourner Kismet auparavant.

L'étranger au paradis (Kismet)Ann Blyth et Vic Damone dans L’étranger au paradis (Kismet) de Vincente Minnelli.

Autres adaptations de la même pièce :
Kismet de Louis J. Gasnier (1920)
Kismet de John Francis Dillon (1930) avec Otis Skinner et Loretta Young
Kismet de William Dieterle (Allemagne, 1931) avec Gustav Fröhlich et Dita Parlo
Kismet de William Dieterle (USA, 1944) avec Ronald Colman et Marlene Dietrich

5 février 2020

La Colline des potences (1959) de Delmer Daves

Titre original : « The Hanging Tree »

La Colline des potences (The Hanging Tree)Le docteur Trail arrive dans un camp de chercheurs d’or du Montana. Il recueille un jeune voleur de pépites blessé et l’oblige à se mettre à son service. Un jour, la diligence est attaquée et la seule survivante est une jeune et jolie femme retrouvée errante et gravement brulée par le soleil…
The Hanging Tree est un western plutôt atypique. La situation est assez inhabituelle et le personnage principal est particulièrement complexe et difficile à cerner : loin de tout manichéisme, il n’est ni franchement bon, ni franchement mauvais. En outre, Delmer Daves introduit un peu de romantisme et aborde plusieurs thèmes, certains classiques comme le poids du passé et d’autres moins courants tel l’éducation. Il fustige au passage les ligues de vertus, les prédicateurs et les foules. La mise en scène est, elle aussi, assez originale et les mouvements de caméra sont parfois inattendus (mouvements de grue). L’interprétation est dominée par la stature de Gary Cooper mais les seconds rôles, tels Karl Malden (remarquable) ou George C. Scott (son premier rôle au cinéma) sont bien tenus. Seule Maria Schell ne semble pas bien à sa place. Le dénouement est surprenant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gary Cooper, Maria Schell, Karl Malden, George C. Scott, Ben Piazza
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Remarques :
* The Hanging Tree est le dernier western de Delmer Daves qui fut malade sur le tournage et remplacé par Karl Malden avec l’assistance de Vincent Sherman. C’est aussi le dernier western de Gary Cooper.
* La chanson The Hanging Tree, interprétée dans le film par Marty Robbins, a été adaptée en français sous le titre L’Arbre aux pendus par Boris Vian.

 La Colline des potences (The Hanging Tree)Ben Piazza et Gary Cooper dans La Colline des potences (The Hanging Tree) de Delmer Daves.