19 mars 2021

L’Amour à la ville (1953) de Michelangelo Antonioni, Federico Fellini, Alberto Lattuada, Carlo Lizzani, Francesco Maselli, Dino Risi et Cesare Zavattini

Titre original : « L’amore in città »

L'amour à la ville (L'amore in città)L’idée de départ de L’amore in città, on la doit au scénariste Cesare Zavattini : réunir six réalisateurs pour un film à sketchs sur l’amour dans une grande ville. Plus que d’écrire des histoires, il s’agit de porter un regard sociologique sur toutes les formes de l’amour à la ville et de faire jouer non pas des acteurs mais des personnes ordinaires qui vivent cela au quotidien.
Thèmes abordés : la prostitution des quartiers pauvres, le suicide par amour, le bal populaire où se font et se défont les couples, les agences matrimoniales, les abandons d’enfants et le voyeurisme dans les rues de Rome.
Il s’agit aussi d’une expérience de prolongement du néoréalisme, expérience qui va jusqu’aux limites dans le sketch Histoire de Catherine, une histoire véridique où la personne à qui cela est arrivé tient son propre rôle, rejouant notamment la scène de l’abandon de son enfant ce qui n’est pas sans soulever d’évidentes questions déontologiques.
Par ailleurs, le regard sociologique montre ses limites dans les sketchs sur la prostitution et le suicide où Lizzani et Antonioni ne font que survoler un sujet en questionnant les personnes impliquées. Le sujet était-il trop important pour l’exercice? De son côté, Fellini n’a pas joué le jeu : il a écrit une histoire, introduisant une touche de fantastique. Le résultat est remarquable mais il est hors sujet… Le dernier sketch est là pour apporter une note de légèreté, une fausse caméra cachée sur les regards insistants des hommes sur les femmes. Malgré ses faiblesses, L’amore in città reste un film important dans l’histoire du néoréalisme italien, une sorte d’expérience ultime. Le film n’eut que peu de succès et donc les suites prévues ne virent pas le jour.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Antonio Cifariello, Livia Venturini
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Remarques :
* Jean A. Gili définit L’amore in città comme un tournant vers la fin du néoréalisme : « un brillant exercice autour d’une idée forte, un film charnière entre une époque qui se clôt sur une utopie impossible et une autre qui s’ouvre en redonnant la priorité à l’imagination créatrice des auteurs ». (Jean A. Gili, Le cinéma italien p 144, Ed. La Martinière 2011)

* Le titre initial est : Le Spectateur (Revue cinématographique) – Année 1953, n°1 : L’amour à la ville.

* Les 6 sketchs :
1) L’Amore che si paga (L’amour qu’on paie) de Carlo Lizzani (11′). Ce sketch sur la prostitution a été censuré et supprimé des versions distribuées en France.
2) Tentato suicidio (Tentative de suicide) de Michelangelo Antonioni (22′)
3) Paradiso per tre ore (Le Paradis pendant trois heures ou Le Bal du samedi soir) de Dino Risi (11′)
4) Agenzia matrimoniale (Agence matrimoniale) de Federico Fellini (16′)
5) Storia di Caterina (Histoire de Catherine) de Francesco Maselli et Cesare Zavattini (27’)
6) Gli italiani si voltano (Les Italiens se retournent) de Alberto Lattuada (14’). A noter que l’homme corpulent qui transpire pour suivre une jeune femme dans les escaliers de la Trinité des Monts n’est autre que Marco Ferreri, producteur associé du film.

L'amour à la ville (L'amore in città)Livia Venturini et Antonio Cifariello dans le sketch Agence matrimoniale de Frederico Fellini
dans L’amour à la ville (L’amore in città).

16 mars 2021

L’habit fait le moine (1958) de Charles Crichton

Titre original : « Law and Disorder »

L'habit fait le moine (Law and Disorder)Un arnaqueur britannique ment à son fils à propos de ses fréquents séjours en prison en inventant des voyages lointains. Mais les choses vont se compliquer lorsque son fils grandit et souhaite devenir assistant d’un juge…
Le scénario de Law and Disorder a été écrit par T.E.B. Clarke sur la base du roman Smuggler’s Circuit de Denys Roberts. Le film se place dans le pur style des comédies britanniques des années cinquante. Ce n’est certainement pas le meilleur ni le plus connu des films de Charles Crichton mais il se regarde sans déplaisir grâce à des situations originales et inattendues, une écriture assez brillante et une interprétation pleine d’entrain mais aussi de retenue. L’humour y est constant, distillé par petites touches.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michael Redgrave, Robert Morley, Ronald Squire, Elizabeth Sellars, Joan Hickson, Lionel Jeffries
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L'habit fait le moine (Law and Disorder)Joan Hickson et Michael Redgrave dans L’habit fait le moine (Law and Disorder) de Charles Crichton.

23 janvier 2021

L’odyssée de Charles Lindbergh (1957) de Billy Wilder

Titre original : « The Spirit of St. Louis »

L'odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis)20 mai 1927. Charles Lindbergh s’apprête pour une audacieuse tentative : voler de New York à Paris sans escale dans son monoplace Spirit of Saint Louis et réaliser ainsi le premier vol transatlantique de l’histoire humaine…
Si Billy Wilder est célèbre pour ses merveilleuses comédies, l’examen de sa filmographie montre qu’il a abordé de nombreux genres différents. Mais, même en gardant cela à l’esprit, force est de considérer ce The Spirit of St. Louis comme un film totalement à part. Film historique, centré sur un seul personnage, il ne montre aucun des traits caractéristiques du style du cinéaste. Le récit est vraiment très classique et empâté des clichés hollywoodiens habituels (y compris une touche mystico-religieuse vraiment surprenante de la part de Wilder). Tout au plus, pourra-t-on remarquer la présence de l’humour wildérien dans certains flashbacks. Le scénario est basé sur l’autobiographie de Charles Lindbergh parue en 1954 (Prix Pulitzer) où l’aviateur ne se dévoile finalement que très peu. C’est l’un des principaux reproches qui a été fait au film, de même que le choix de James Stewart, bien trop âgé pour le rôle : l’acteur avait 47 ans au moment du tournage alors que Lindbergh n’en avait que 25. Le film n’eut aucun succès à sa sortie. Il est un peu mieux considéré aujourd’hui mais n’en reste pas moins oubliable.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: James Stewart, Murray Hamilton
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L'odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis)James Stewart dans L’odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis) de Billy Wilder.

12 décembre 2020

La bête s’éveille (1954) de Joseph Losey

Titre original : « The Sleeping Tiger »

La Bête s'éveille (The Sleeping Tiger)À Londres, un psychiatre décide, avec l’accord de la police, d’héberger chez lui pour une durée de six mois un jeune voyou qui avait tenté de l’agresser dans la rue, afin de l’étudier. L’épouse du docteur, d’abord réticente, est par la suite attirée par le jeune homme…
En 1952, alors qu’il était sur un tournage en Italie, l’américain Joseph Losey apprend qu’il est accusé d’être communiste et se retrouve sur la liste noire sans mettre avoir comparu devant la commission dirigée par McCarthy. Le cinéaste choisit alors de se réfugier en Angleterre mais les producteurs anglais hésitent à lui confier un projet. Il parviendrait finalement à tourner The Sleeping Tiger sous un nom d’emprunt, Victor Hanbury (un réalisateur britannique qui n’avait rien tourné depuis 1944), ce qui permettra au film d’être distribué aux Etats-Unis. Basée sur un roman de Maurice Moiseiwitsch, l’histoire met en avant la psychanalyse en tant que méthode. Le film a été tourné très rapidement, avec peu de moyens. Sans être un grand film, il montre une certaine intensité et on y reconnaît le style d’approche des personnages spécifique à Joseph Losey. C’est surtout net pour Dirk Bogarde, ici dirigé par Losey pour la première fois, mais aussi pour l’actrice américaine Alexis Smith. La mise en scène est assez élégante et stylée. Le film est considéré comme mineur mais il se révèle très prenant par son atmosphère et ses personnages. Il ne dépare pas avec le reste de la filmographie de Joseph Losey.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Dirk Bogarde, Alexis Smith, Alexander Knox
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La Bête s'éveille (The Sleeping Tiger)Alexander Knox et Alexis Smith et Dirk Bogarde dans La Bête s’éveille (The Sleeping Tiger) de Joseph Losey.

La Bête s'éveille (The Sleeping Tiger)Dirk Bogarde dans La Bête s’éveille (The Sleeping Tiger) de Joseph Losey.

22 novembre 2020

Les Onze Fioretti de François d’Assise (1950) de Roberto Rossellini

Titre original : « Francesco, giullare di Dio »

Les onze fioretti de François d'Assise (Francesco, giullare di Dio)En 1210, le pape Innocent III valide et reconnaît l’ordre franciscain qui prône une pauvreté matérielle absolue. Revenant de Rome, François et ses disciples se retirent dans une petite chapelle bâtie de leurs mains près de la ville d’Assise. Vivant de l’aumône, ils y façonnent les principes de leur enseignement, avec une béatitude et une humilité quotidiennes…
Les onze fioretti de François d’Assise a été tourné par Roberto Rossellini juste après Stromboli qui montrait déjà une connotation religieuse. Dans sa filmographie, c’est le premier film où le fort sentiment chrétien du cinéaste se montre si clairement. Tout en appliquant les grands principes du néoréalisme (décors naturels, acteurs non professionnels, son direct), il exprime les fondements de la philosophie franciscaine par la forme de son film : dénuement et austérité marquent autant le récit que l’image. La joie et la béatitude viennent, quant à eux, du jeu des acteurs. S’il est indéniablement moins majeur que les films bergmaniens (Ingrid-bergmaniens) du cinéaste, le film est néanmoins important pour mieux comprendre la démarche de Rossellini. On peut d’ailleurs considérer le personnage joué par Ingrid Bergman dans Europa 51 dans le prolongement de celui de ce François d’Assise.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Aldo Fabrizi, Nazario Gerardi
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Remarques :
* Les Fioretti (« petites fleurs ») sont un recueil anonyme du XIVe siècle contant sur un ton naïf et humoristique les miracles et petites histoires (53) qui seraient advenus autour de saint François d’Assise (1181-1226) et de ses premiers disciples. L’auteur considéré comme le plus probable serait Ugolino Brunforte, frère mineur toscan (1262-1343), un siècle plus tard.
* Le titre original du film se traduit ainsi : « Le Jongleur de Dieu ».
* Le seul acteur professionnel est Aldo Fabrizi qui interprète Nicolas, le pittoresque tyran de Viterbe.

Les onze fioretti de François d'Assise (Francesco, giullare di Dio)Nazario Gerardi (à gauche) dans Les onze fioretti de François d’Assise (Francesco, giullare di Dio) de Roberto Rossellini.

1 novembre 2020

La Deuxième Femme (1950) de James V. Kern

Titre original : « The Second Woman »

La Deuxième femme (The Second Woman)Un brillant architecte est tourmenté à la suite de l’accident qui a coûté la vie à sa fiancée, la veille de leur mariage. Sa culpabilité est amplifiée par le fait qu’il est persuadé d’être victime de malchance du fait d’une série d’incidents. C’est alors qu’il rencontre Ellen, venue visiter sa tante…
The Second Woman est un film à petit budget très peu connu. Un peu difficile à classer, il s’agit d’un suspense psychologique qui évoque quelque peu Rebecca ou encore Suspicion d’Alfred Hitchcock. Le scénario est habile, il a été écrit par Mort Briskin et Robert Smith qui sont tous deux producteurs. Si l’histoire est assez prenante et convaincante, l’ensemble nous laisse sur l’impression qu’il aurait pu avoir une toute autre dimension entre les mains d’un plus grand réalisateur et doté d’une distribution plus remarquable. Les prestations de Betsy Drake et de Robert Young sont toutefois tout à fait honorables. Le film mérite d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Young, Betsy Drake, John Sutton, Florence Bates
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 La Deuxième femme (The Second Woman)Betsy Drake et Robert Young dans La Deuxième femme (The Second Woman) de James V. Kern.

18 octobre 2020

La Fille Rosemarie (1958) de Rolf Thiele

Titre original : « Das Mädchen Rosemarie »
Autre titre français (TV) : « Prénom : Rosemarie »

La Fille Rosemarie (Das Mädchen Rosemarie)Dans l’Allemagne des années cinquante en plein renouveau économique, une jeune femme cherche à séduire des industriels dans l’espoir de s’intégrer à la haute société. Réalisant qu’elle ne pourra y parvenir vraiment, elle accepte de pratiquer l’espionnage industriel sur l’oreiller pour le compte d’un mystérieux entrepreneur français…
Ce film allemand de 1958 s’inspire directement d’un fait divers survenu l’année précédente à Francfort-sur-le-Main : le meurtre d’une prostituée de luxe, Rosemarie Nitribitt, qui a causé un grand scandale car le carnet d’adresses de la jeune femme était rempli de noms d’hommes politiques et d’industriels du pays. Ce meurtre n’a, à ce jour, toujours pas été élucidé. Cette histoire est surtout l’occasion pour le cinéaste de livrer un portrait mordant des milieux économiques et financiers et de ridiculiser l’arrivisme des grands industriels. Il le fait non sans humour, ce qui donne parfois un ton de comédie à l’histoire. Le film est assez remarquable sa belle photographie noir et blanc et la qualité de son interprétation. Il permit à l’actrice Nadja Tiller de connaitre une notoriété internationale. Peu connu aujourd’hui, La Fille Rosemarie connut pourtant un grand succès à sa sortie et remporta le Lion d’or à la Mostra de Venise. Avec le recul, le film nous apparaît assez unique en son genre.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Nadja Tiller, Peter van Eyck, Carl Raddatz, Gert Fröbe, Hanne Wieder, Mario Adorf, Horst Frank
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Remarques :
* Les films allemands des années cinquante ne sont pas si nombreux. Parmi eux, La Fille Rosemarie est considéré comme étant le seul critiquant le miracle économique de la république de Bonn.
* La Fille Rosemarie est le film le plus remarquable de la filmographie de Rolf Thiele avec une adaptation de Tonio Kröger de Thomas Mann, sélectionnée au Festival international du film de Berlin 1964.

La Fille Rosemarie (Das Mädchen Rosemarie)Nadja Tiller et Carl Raddatz dans La Fille Rosemarie (Das Mädchen Rosemarie) de Rolf Thiele.

4 octobre 2020

L’enfer dans la ville (1959) de Renato Castellani

Titre original : « Nella città l’inferno »

L'enfer dans la ville (Nella città l'inferno)Injustement accusée et condamnée pour un vol perpétré dans la maison de ses patrons, Lina, jeune bonne provinciale et naïve, est incarcérée dans une prison romaine tenue par des religieuses. Elle se lie avec Egle, une prostituée que la vie et la prison ont endurcie. À l’écoute de l’histoire de Lina, Egle comprend qu’elle a été dupée par un bellâtre qui avait promis de l’épouser. Elle la conseille pour prouver son innocence…
L’enfer dans la ville est adapté d’un roman d’Isa Mari, Roma, Via delle Mantellate publié en 1953. Les deux personnages principaux sont assez classiques mais l’intérêt du récit est surtout dans la reconstitution de la vie carcérale, sans misérabilisme. Très relevé, le tableau est sans doute un peu édulcoré car il n’y a aucune tension entre les détenues ; on y chante plus que l’on y crie et une grande solidarité les unit. Anna Magnani fait une prestation exubérante, volubile et explosive, on l’a déjà vue souvent dans ce type de rôle de prostituée au grand cœur. Face à elle, Giulietta Masina a un peu du mal à se faire une place. Alberto Sordi fait une courte apparition en mystificateur, épouvantablement surjoué. Même si Renato Castellani n’est pas réputé pour être un grand réalisateur, le cinéaste a bien su recréer le huis clos carcéral et montre le même humanisme que dans ses œuvres d’inspiration neoréaliste du début des années cinquante. Ce film peu connu mérite d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles
<

Acteurs: Anna Magnani, Giulietta Masina, Cristina Gaioni
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L'enfer dans la ville (Nella città l'inferno)Cristina Gaioni et Anna Magnani dans L’enfer dans la ville (Nella città l’inferno) de Renato Castellani.

25 septembre 2020

Sous le plus petit chapiteau du monde (1957) de Basil Dearden

Titre original : « The Smallest Show on Earth »

Sous le plus petit chapiteau du monde (The Smallest Show on Earth) Matt Spenser, petit écrivain sans le sou, hérite d’un cinéma nommé le « Bijou ». Matt et sa femme découvrent que le cinéma est à l’abandon et en état de délabrement. Le propriétaire du rutilant cinéma concurrent ne leur offre qu’une somme dérisoire pour racheter le « Bijou » et en faire un parking. Pour faire monter le prix, Matt et sa femme n’ont qu’une solution : rouvrir le « Bijou »…
Réalisé par Basil Dearden, The Smallest Show on Earth est tout à fait dans l’esprit des comédies anglaises des années 1950 : une bonne dose d’humour et d’ironie, un peu de nonsense et beaucoup de tendresse pour des personnages un peu pitoyables (ici, trois vieux employés) mais très attendrissants. Peter Sellers et Margaret Rutherford s’en donnent à cœur joie pour rendre leur personnage haut en couleur.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Virginia McKenna, Bill Travers, Margaret Rutherford, Peter Sellers, Bernard Miles, Leslie Phillips
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Remarques :
* Le titre fait bien entendu référence au film de Cecil B. DeMille : Sous le plus grand chapiteau du monde (The Greatest Show on Earth, 1957) avec James Stewart, Charlton Heston, Betty Hutton et Gloria Grahame qui se déroulait dans le monde du cirque.

* Le film muet que se projettent les trois employés est Comin’ Thro’ the Rye de l’anglais Cecil M. Hepworth (1923) avec Shayle Gardner et Alma Taylor. Cette dernière a d’ailleurs un petit rôle de figuration ici, une spectatrice dans la salle de l’autre cinéma, juste derrière Bill Travers et Viginia McKenna.

* Les autres films montrés (Killer Riders of Wyoming, The Mystery of Hell Valley, Devil Riders of Parched Point) sont fictifs et ont certainement été tournés pour ce film.

 Sous le plus petit chapiteau du monde (The Smallest Show on Earth)Margaret Rutherford, Bill Travers et Virginia McKenna dans Sous le plus petit chapiteau du monde (The Smallest Show on Earth) de Basil Dearden.

 Sous le plus petit chapiteau du monde (The Smallest Show on Earth)Bernard Miles, Peter Sellers et Margaret Rutherford
dans Sous le plus petit chapiteau du monde (The Smallest Show on Earth) de Basil Dearden.

15 septembre 2020

Miquette et sa mère (1950) de Henri-Georges Clouzot

Miquette et sa mèreEn 1898, Miquette Grandier est une jeune fille sage qui aide sa mère à exploiter un bazar-bureau de tabac dans une petite ville de province. Elle rêve de faire du théâtre. Elle est discrètement amoureuse du sympathique et maladroit, Urbain de la Tour Mirande qui est lui-même épris d’elle sans oser se déclarer. L’oncle d’Urbain, le marquis de la Tour Mirande, un vieux beau qui se vante d’être doué d’une nature « brillante et corrompue » s’oppose à cette idylle…
Cette comédie de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet datant de 1906 avait déjà été portée à l’écran par de Henri Diamant-Berger en 1934. Cette nouvelle adaptation est assez inattendue dans la filmographie d’Henri-Georges Clouzot qui a réalisé peu de films si mineurs. La distribution est pourtant assez prestigieuse, l’histoire pourrait même être plaisante mais tout cela a bien mal vieilli et n’a rien de remarquable. Avec de la bonne volonté, on peut sans doute sauver le film en soulignant toute la dérision mise dans les personnages. Le plus amusant réside dans les scènes montrant l’envers du décor d’une troupe de théâtre de dernière zone. Henri-Georges Clouzot a expliqué plus tard qu’il avait prévu de tourner un autre film auquel il avait dû renoncer sous la pression du Centre du cinéma.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Louis Jouvet, Bourvil, Saturnin Fabre, Danièle Delorme, Mireille Perrey, Pauline Carton, Jeanne Fusier-Gir
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Miquette et sa mèreDanièle Delorme et Bourvil dans Miquette et sa mère de Henri-Georges Clouzot.

Précédente adaptation :
Miquette et sa mère d’Henri Diamant Berger (1934) avec Blanche Montel et Michel Simon.