26 février 2021

Phantom Thread (2017) de Paul Thomas Anderson

Phantom ThreadA Londres dans les années 1950, le couturier Reynolds Woodcock dessine les vêtements des gens de la haute société : stars de cinéma, héritières et même la famille royale. Il travaille avec sa sœur Cyril et les femmes vont et viennent dans la vie de ce célibataire aussi célèbre qu’endurci, lui servant à la fois de muses et de compagnes soumises. Jusqu’au jour où la jeune et déterminée Alma ne vienne prendre une place centrale. Mais cet amour va bouleverser une routine jusque-là ordonnée au millimètre près…
Paul Thomas Anderson a réalisé, écrit et officié en tant que directeur de la photographie sur Phantom Thread. Le personnage de Reynolds Woodcock est inspiré par le grand couturier espagnol Cristóbal Balenciaga (1895-1972). Le film est assez séduisant dans sa forme : il est élégant et raffiné. En revanche, l’histoire n’est finalement pas très intéressante, c’est le moins que l’on puisse dire ; elle ne repose essentiellement que sur l’originalité de la relation entre les deux personnages principaux. L’histoire est relevée in extremis par une pointe de suspense lointainement inspiré de Rebecca d’Alfred Hitchcock. Pour son excellente interprétation, Daniel Day Lewis semble s’être inspiré de Jeremy Irons. L’acteur a annoncé arrêter sa carrière après ce film. La critique unanime a parlé de chef d’œuvre et le public a suivi. Personnellement, je le qualifierais de « beau mais un peu vide et ennuyeux ».
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Vicky Krieps, Daniel Day-Lewis, Lesley Manville
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Phantom ThreadVicky Krieps et Daniel Day-Lewis dans Phantom Thread de Paul Thomas Anderson.

24 février 2021

L’Entreprenant Mr Petrov (1937) de Mark Sandrich

Titre original : « Shall We Dance »

L'entreprenant Mr Petrov (Shall We Dance)A Paris, Petrov, un danseur classique passionné par le jazz et les claquettes, tombe amoureux d’une jeune danseuse en regardant des photos d’elle. Il parvient à la rencontrer en se faisant passer pour un Russe. Alors qu’elle décide sur un coup de tête de rentrer aux Etats-Unis, il la suit et embarque sur le même bateau qu’elle…
De la dizaine de films que Fred Astaire et Ginger Rodgers ont tournés ensemble, Shall We Dance est sans doute l’un des plus mémorables. Pourtant, ce septième film semble recycler des situations déjà utilisées dans les précédents (notamment Top Hat) et les personnages secondaires interprétés par Edward Everett Horton et Eric Blore sont calqués sur ceux qu’ils ont déjà joués de nombreuses fois. Si le film est mémorable, c’est certainement plus pour ses chansons que pour ses morceaux de danse qui sont finalement peu nombreux. Les chansons « They Can’t Take That Away From Me », « Let’s Call the Whole Thing Off » sont passées à la postérité. Paroles et musique sont sublimes. Il faut aussi mentionner l’étonnant « Slap that bass » and « They all laughed ». Ce film est l’une des rares collaborations directes des frères George et Ira Gershwin avec le cinéma hollywoodien. Le succès populaire fut au rendez-vous mais il fut moindre qu’attendu, révélant une certaine lassitude du public.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Fred Astaire, Ginger Rogers, Edward Everett Horton, Eric Blore
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 L'entreprenant Mr Petrov (Shall We Dance)Fred Astaire et Ginger Rogers dans L’entreprenant Mr Petrov (Shall We Dance) de Mark Sandrich.

 L'entreprenant Mr Petrov (Shall We Dance)Ginger Rogers et Fred Astaire dans L’entreprenant Mr Petrov (Shall We Dance) de Mark Sandrich.

18 février 2021

Les 7 mercenaires (1960) de John Sturges

Titre original : « The Magnificent Seven »

Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven)Fréquemment attaqués par une troupe de bandits qui les rançonnent, les habitants d’un petit village du Mexique embauchent des tireurs professionnels pour les repousser…
Les Sept Mercenaires est un western de John Sturges grandement inspiré du grand film japonais Les Sept Samouraïs réalisé par Akira Kurosawa en 1954. L’histoire est simplifiée : le code des samouraïs a laissé la place à une sorte d’humanisme désintéressé, les caractères des différents personnages sont en partie effacés. La première moitié, le recrutement des mercenaires, est la plus intéressante, la seconde étant plus centrée sur l’action. Avec sa faible quantité de dialogues et l’accent mis sur les affrontements silencieux, c’est un western assez moderne qui inspirera les westerns italiens de la décennie à venir. Le casting réunit des stars établies comme Yul Brynner et des étoiles montantes comme Steve McQueen (qui a utilisé un subterfuge pour s’extraire temporairement du tournage de la série Au nom de la Loi). Ce dernier a constamment cherché à voler la vedette à Yul Brynner par de petits mouvements divers pour attirer l’attention ce qui provoquera une brouille durable entre les deux acteurs. A sa sortie, le film fut un petit succès aux Etats-Unis mais un très grand succès en Europe et dans le reste du monde. Il est aujourd’hui considéré comme un classique et même parfois qualifié de chef d’œuvre.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Yul Brynner, Eli Wallach, Steve McQueen, Horst Buchholz, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, James Coburn
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Remarques :
* Akira Kurosawa a été très satisfait du résultat. Il a fait cadeau d’un superbe sabre de samuraï à John Sturges.

Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven)Vladimir Sokoloff, Yul Brynner, Horst Buchholz et Steve McQueen dans Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges.

* Suites (de moindre intérêt) :
1966 : Le Retour des sept (Return of the Seven) de Burt Kennedy avec Yul Brynner
1969 : Les Colts des sept mercenaires (Guns of The Magnificent Seven) de Paul Wendkos
1972 : La Chevauchée des sept mercenaires (The Magnificent Seven Rides) de George McCowan
Série télévisée :
1998-2000 : Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven)
Remake
2016 : Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) d’Antoine Fuqua

Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven)Yul Brynner, Steve McQueen, Horst Buchholz, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter et James Coburn.
Photo posée publicitaire pour Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges.

12 février 2021

Un jour de pluie à New York (2019) de Woody Allen

Titre original : « A Rainy Day in New York »

Un jour de pluie à New York (A Rainy Day in New York)Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York. Ashleigh a en effet obtenu de pouvoir interviewer un réalisateur en vue pour le journal de son université. Gatsby, originaire de la ville, a prévu de l’emmener dans plein d’endroits mais rien ne va se passer comme prévu…
A plus de quatre-vingts ans, Woody Allen n’a rien perdu de son talent pour écrire des comédies romantiques douces et élégantes. Celle-ci a beaucoup de légèreté et, indéniablement, moins de profondeur que la plupart de ses films récents. Elle est marquée d’une certaine candeur. Bien entendu, le cinéaste s’en donne à cœur joie pour trouver les lieux qui rendent sa ville de prédilection la plus plaisante de toutes. Un jour de pluie à New York est un petit délice bien agréable.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Timothée Chalamet, Elle Fanning, Liev Schreiber, Selena Gomez, Jude Law, Diego Luna
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Remarque :
* Un jour de pluie à New York est le troisième film de Woody Allen produit avec Amazon studios. Amazon a décidé de ne pas distribuer le film aux Etats-Unis en raison des accusations portées par la fille adoptive de Woody Allen et Mia Farrow. Néanmoins, le long-métrage est sorti dans le reste du monde.

Un jour de pluie à New York (A Rainy Day in New York)Timothée Chalamet et Elle Fanning dans Un jour de pluie à New York (A Rainy Day in New York) de Woody Allen.

1 février 2021

L’Appel de la forêt (2020) de Chris Sanders

Titre original : « The Call of the Wild »

L'appel de la forêt (The Call of the Wild)La paisible vie domestique de Buck, un chien au grand cœur, bascule lorsqu’il est brusquement arraché à sa maison en Californie et se retrouve enrôlé comme chien de traîneau dans les étendues sauvages du Yukon canadien pendant la ruée vers l’or des années 1890…
L’Appel de la forêt est adapté du célèbre livre de Jack London paru en 1903. Cette version issue des studios Disney est plus particulièrement destinée aux enfants ; l’histoire est donc plutôt édulcorée, toute cruauté a été gommée et la lutte pour la vie est devenue un parcours d’intégration. L’accent est mis sur l’anthropomorphisme, le chien Buck se comportant comme un humain, capable de comprendre beaucoup et même plus. La réalisation technique est parfaite, le chien est réalisé en image de synthèse avec une parfaite intégration à l’image. Les décors de nature sont très beaux. Toute la première partie est ainsi vraiment époustouflante et suscite l’émerveillement. L’intérêt s’essouffle quelque peu dans la seconde partie avec Harrison Ford mais il y a là de quoi ravir les petits enfants.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Harrison Ford, Omar Sy, Cara Gee, Dan Stevens
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Remarque :
* Pour faciliter le jeu des acteurs, de nombreuses scènes ont été tournées avec un acteur prenant la place du chien. Il s’agit du cascadeur et gymnaste Terry Notary (que l’on a vu dans The Square), grand spécialiste de la gestuelle animale. Il a ensuite été remplacé par le chien créé par ordinateur.

L'appel de la forêt (The Call of the Wild)Harrison Ford dans L’appel de la forêt (The Call of the Wild) de Chris Sanders.

26 janvier 2021

Le Mans ’66 (2019) de James Mangold

Titre original : « Ford v Ferrari »

Le Mans '66 (Ford v Ferrari)Au début des années 1960, la Ford Motor Company connaît des problèmes financiers. Désireux de changer son image, Henry Ford II a le projet de battre Ferrari au 24 Heures du Mans. L’ex-pilote Carroll Shelby va ainsi développer la Ford GT40 Mk II avec l’aide de Ken Miles, un pilote britannique au caractère bien trempé qui ne plaît pas trop au sein de Ford…
Cette histoire tout à fait véridique avait tout pour séduire Hollywood, à tel point qu’elle parait très conventionnelle. L’image du visionnaire un peu excentrique qui parvient, non sans mal, à créer une avancée majeure dans son domaine est en effet assez récurrente dans le cinéma hollywoodien et souvent génératrice de succès. Le scénario joue beaucoup sur cet aspect think outside the box, de façon assez répétitive, insistant sur l’opposition des bureaucrates de Ford. Heureusement, les scènes de courses viennent couper ce qui aurait paru vraiment très long sans elles. Les vues prises de l’intérieur des voitures sont souvent époustouflantes. La course finale, les 24 Heures du Mans 1966, est particulièrement bien mise en scène avec un suspense intense et des images très prenantes. James Mangold a tenu à utiliser des images réelles, sans trucage numérique, pour mieux faire ressentir au spectateur les risques insensés que prenaient les pilotes à cette époque. Sur ce plan, il a vraiment réussi.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Matt Damon, Christian Bale, Jon Bernthal, Caitriona Balfe, Josh Lucas, Tracy Letts
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Le Mans '66 (Ford v Ferrari)Matt Damon et Christian Bale dans Le Mans ’66 (Ford v Ferrari) de James Mangold.

23 janvier 2021

L’odyssée de Charles Lindbergh (1957) de Billy Wilder

Titre original : « The Spirit of St. Louis »

L'odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis)20 mai 1927. Charles Lindbergh s’apprête pour une audacieuse tentative : voler de New York à Paris sans escale dans son monoplace Spirit of Saint Louis et réaliser ainsi le premier vol transatlantique de l’histoire humaine…
Si Billy Wilder est célèbre pour ses merveilleuses comédies, l’examen de sa filmographie montre qu’il a abordé de nombreux genres différents. Mais, même en gardant cela à l’esprit, force est de considérer ce The Spirit of St. Louis comme un film totalement à part. Film historique, centré sur un seul personnage, il ne montre aucun des traits caractéristiques du style du cinéaste. Le récit est vraiment très classique et empâté des clichés hollywoodiens habituels (y compris une touche mystico-religieuse vraiment surprenante de la part de Wilder). Tout au plus, pourra-t-on remarquer la présence de l’humour wildérien dans certains flashbacks. Le scénario est basé sur l’autobiographie de Charles Lindbergh parue en 1954 (Prix Pulitzer) où l’aviateur ne se dévoile finalement que très peu. C’est l’un des principaux reproches qui a été fait au film, de même que le choix de James Stewart, bien trop âgé pour le rôle : l’acteur avait 47 ans au moment du tournage alors que Lindbergh n’en avait que 25. Le film n’eut aucun succès à sa sortie. Il est un peu mieux considéré aujourd’hui mais n’en reste pas moins oubliable.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: James Stewart, Murray Hamilton
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L'odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis)James Stewart dans L’odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis) de Billy Wilder.

29 décembre 2020

Undercover: une histoire vraie (2018) de Yann Demange

Titre original : « White Boy Rick »

Undercover: une histoire vraie (White Boy Rick)À Détroit, dans les années 1980, Richard n’est encore qu’adolescent mais traîne avec les plus gros trafiquants de crack de la ville. Dans ce milieu dirigé par les Afro-Américains, le jeune homme est rapidement surnommé « White Boy Rick ». Il est alors recruté comme informateur par une unité anti-drogue du FBI alors qu’il n’a que quatorze ans…
Ce film américain réalisé par le français Yann Demange s’inspire de la vie réelle de Richard Wershe Jr. qui a passé trente ans en prison et n’en est sorti qu’en 2017. Cette histoire prend place dans un contexte d’explosion de la criminalité dans la ville de Détroit au milieu des années quatre-vingt. Yann Demange a su éviter les travers traditionnels des films de gangs ou de gangsters pour donner de l’épaisseur à son récit en donnant de l’importance au drame intime et personnel. Son film prend ainsi une indéniable dimension sociale mais sans aucun misérabilisme ou facilité. Jeune lycéen sans expérience d’acteur, Richie Merritt fait une belle prestation. Le film est un peu passé inaperçu en France.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Matthew McConaughey, Richie Merritt, Bel Powley, Jennifer Jason Leigh
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Undercover: une histoire vraie (White Boy Rick)Richie Merritt et Matthew McConaughey dans Undercover: une histoire vraie (White Boy Rick) de Yann Demange.

23 décembre 2020

Brooklyn Affairs (2019) de Edward Norton

Titre original : « Motherless Brooklyn »

Brooklyn Affairs (Motherless Brooklyn)New York, dans les années 1950, Lionel Essrog est un détective privé atteint du syndrome de Gilles de La Tourette. Lorsque que son patron, mentor et unique ami Frank Minna se fait tuer, il décide de poursuite son enquête pour retrouver ses meurtriers. Grâce à quelques indices et à son esprit obsessionnel, il va découvrir des secrets qui ont des conséquences sur l’urbanisation de la ville…
Second long métrage de l’acteur Edward Norton, Brooklyn Affairs est l’adaptation du roman Les Orphelins de Brooklyn (Motherless Brooklyn) de Jonathan Lethem. Le film se place dans la droite ligne des films de détective des années quarante avec une particularité de taille : le détective privé n’a pas du tout le profil habituel puisqu’il est atteint du syndrome de Gilles de La Tourette, un trouble neurologique caractérisé par des tics moteurs et surtout vocaux. Il peut ainsi prononcer compulsivement des mots qui trahissent sa pensée. Ce handicap est partiellement compensé par une mémoire hors du commun. Le résultat donne un personnage très humain, bien plus humain que les détectives privés habituels, souvent bravaches et blasés. Edward Norton a préféré transposer l’histoire du roman de 1999 aux années cinquante, ce qui lui donne une touche de classicisme mais a le défaut de rendre le propos moins actuel. La reconstitution est soignée et la musique jazzy de Daniel Pemberton et Thom Yorke est de toute beauté.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Edward Norton, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin, Willem Dafoe, Bruce Willis
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Remarque :
* Le personnage de Moses Randolph (interprété par Alec Baldwin) est basé sur l’urbaniste américain Robert Moss, artisan de la rénovation de New York entre 1930 et 1970 et personnalité controversée. On le compare parfois au Baron Haussman du Paris du Second Empire. Page Wikipédia.

Brooklyn Affairs (Motherless Brooklyn)Gugu Mbatha-Raw et Edward Norton dans Brooklyn Affairs (Motherless Brooklyn) de Edward Norton.

14 décembre 2020

Si Beale Street pouvait parler (2018) de Barry Jenkins

Titre original : « If Beale Street Could Talk »

Si Beale Street pouvait parler (If Beale Street Could Talk)Harlem, dans les années 70. Tish et Fonny se connaissent depuis qu’ils sont enfants. Arrivés à l’âge adulte, ils entament une relation amoureuse et envisagent de se marier. Accusé d’un viol, le jeune homme est arrêté et incarcéré malgré les impossibilités évidentes. Avec l’aide de sa famille, Tish s’engage dans un combat acharné pour prouver l’innocence de Fonny et le faire libérer…
Ecrit en 1974 par James Baldwin, le roman Si Beale Street pouvait parler avait déjà été adapté très librement en 1998 par Robert Guédiguian qui en avait transposé l’action à Marseille. Ce film de Barry Jenkins est donc la première adaptation assez fidèle d’une œuvre de ce grand romancier du peuple noir. La construction du récit est bâtie sur des flashbacks successifs ; ce qui nous apparaît au départ être une histoire d’amour se transforme en une dénonciation du racisme dans l’accès à une justice équitable. Il est bien entendu difficile de ne pas adhérer au propos qui est, hélas, toujours actuel cinquante ans plus tard. En revanche, la forme pourra rebuter : le film est beaucoup trop long, Barry Jenkins étire ses scènes et semble se perdre dans une recherche d’esthétisme au risque d’amoindrir son sujet. L’ensemble pourra ainsi paraître un peu mièvre alors qu’il devrait être plutôt révoltant.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: KiKi Layne, Stephan James, Regina King, Teyonah Parris, Colman Domingo
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Remarque :
* « Beale Street est une rue de la Nouvelle-Orléans, où mon père, où Louis Armstrong et le jazz sont nés… »
Cette citation en ouverture peut surprendre : si Beale Street est célèbre pour être le « Berceau du blues » (c’est même entériné par une loi votée par le Congrès), cette rue est située à Memphis et non à la Nouvelle-Orléans. Une simple vérification avec Google Maps permet de vérifier qu’il n’y a d’ailleurs aucune rue du nom de Beale Street à la Nouvelle-Orléans. Pourtant, la citation de James Baldwin est retranscrite sans erreur. En fait, l’écrivain l’utilise comme symbole. La suite de la citation nous l’indique clairement : « Chaque personne noire née en Amérique est née sur Beale Street, née dans le quartier arrière d’une ville américaine, que ce soit à Jackson, Mississippi, ou à Harlem, New York. Beale Street est notre héritage. Ce roman traite de l’impossibilité et de la possibilité, une nécessité absolue, de pouvoir exprimer cet héritage. »

Si Beale Street pouvait parler (If Beale Street Could Talk)KiKi Layne et Stephan James dans Si Beale Street pouvait parler (If Beale Street Could Talk) de Barry Jenkins.

Précédente adaptation :
À la place du cœur de Robert Guédiguian (1998) avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin.