8 décembre 2021

La Vie rêvée de Walter Mitty (2013) de Ben Stiller

Titre original : « The Secret Life of Walter Mitty »

La Vie rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty)Walter Mitty est employé au service négatifs du magazine Life. Timide, il s’imagine être le héros d’aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité trop terne. Le jour où l’on annonce que le magazine va cesser de paraître, il reçoit au journal la pellicule de Sean O’Connell, un photographe renommé qui recommande la photo 25 pour la couverture du magazine à venir. Étrangement, le négatif no 25 n’est pas avec les autres sur la pellicule et Walter va tout faire pour le retrouver…
La courte nouvelle La Vie secrète de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty) de James Thurber avait déjà été portée à l’écran en 1947 par Norman McLeod. Cette comédie d’aventures avait été un gros succès à l’époque. Le film de Ben Stiller n’est pas à proprement parler un remake car l’histoire diffère nettement, il s’agit plutôt d’une nouvelle adaptation. Si l’idée de base est excellente, le développement ne fonctionne pas du tout comme il devrait et on se surprend à maronner face aux péripéties qui se succèdent à l’écran. Personnages trop caricaturaux, effets gratuits, scénario mal écrit, manque de liant, Ben Stiller donne constamment l’impression de vouloir nous surprendre à tout prix. L’accueil critique fut mitigé mais le succès a été au rendez-vous.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Ben Stiller, Kristen Wiig, Kathryn Hahn, Adam Scott, Shirley MacLaine, Sean Penn, Patton Oswalt
Voir la fiche du film et la filmographie de Ben Stiller sur le site IMDB.
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La Vie rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty)Ben Stiller et Kristen Wiig dans La Vie rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty) de Ben Stiller.

La Vie rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty)La Vie rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty) de Ben Stiller.

Précédente adaptation :
La vie secrète de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty) de Norman Z. McLeod (1947) avec Danny Kaye, Virginia Mayo et Boris Karloff.

6 décembre 2021

La Voie de la justice (2019) de Destin Daniel Cretton

Titre original : « Just Mercy »

La Voie de la justice (Just Mercy)1987. Fraîchement diplômé de Harvard, le jeune avocat Bryan Stevenson décide d’officier en Alabama pour défendre des personnes condamnées à mort. L’une de ses premières affaires est celle de Walter McMillian condamné pour le meurtre très médiatisé d’une jeune fille de 18 ans. Il découvre rapidement que l’accusation ne repose que sur un témoignage fragile et que l’instruction n’a pris en compte aucun des témoignages qui l’innocentaient…
La Voie de la justice (Just Mercy) est un film américain réalisé par Destin Daniel Cretton. Il s’agit d’un film biographique sur Bryan Stevenson, brillant avocat qui a dédié sa carrière à la défense des droits des pauvres et des minorités. Le scénario est adapté de son livre autobiographique paru en 2014. Le cas raconté ici est (hélas) réel et permet de mesurer l’ampleur des préjugés racistes dans certains états du sud des Etats-Unis. Avoir les preuves de son innocence ne suffit pas. Un homme peut ainsi se retrouver accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis alors que sa présence ailleurs peut être attestée par de nombreuses personnes. On aimerait croire que le réalisateur a grossi le trait mais, hélas, la lecture sur Wikipédia des informations sur l’affaire montre qu’il n’en est rien. La réalisation est classique mais de bonne qualité. L’interprétation de Michael B. Jordan est excellente, il donne beaucoup de dignité à son personnage.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michael B. Jordan, Jamie Foxx, Brie Larson, Rob Morgan, Rafe Spall, Tim Blake Nelson
Voir la fiche du film et la filmographie de Destin Daniel Cretton sur le site IMDB.
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Remarque :
* Le film est sorti quelques mois avant le meurtre de George Floyd par un policier de Minneapolis.

La Voie de la justice (Just Mercy)Michael B. Jordan et Jamie Foxx dans La Voie de la justice (Just Mercy) de Destin Daniel Cretton.

26 novembre 2021

Rango (2011) de Gore Verbinski

RangoUn caméléon domestique, bavard et féru de théâtre, se retrouve par accident projeté en plein désert de Mojave. Il parvient à la ville de Dirt (Poussière) dont les habitants sont tentés de fuir car ils manquent cruellement d’eau. Le caméléon parvient à s’y rendre très populaire en s’inventant un personnage de justicier…
Après avoir tourné trois films de la série Pirates des Caraïbes, Gore Verbinski revient à l’un de ses anciens projets : faire un film d’animation inspiré des grands westerns. Le résultat est assez réussi avec un humour bien dosé et constant et de nombreux clins d’œil à des films marquants, western ou autre (1). Il s’est assuré d’un casting prestigieux pour donner de la voix à ses personnages. Selon la communication faite autour du film, une attention toute particulière aurait été donnée pour mettre ces acteurs dans leur rôle en les habillant, en les plaçant dans un décor proche de celui du film et surtout en les faisant jouer ensemble. L’animation est de grande qualité et l’inventivité dans les personnages assez présente. Divertissement assuré.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs : Johnny Depp, Isla Fisher, Abigail Breslin, Ned Beatty, Alfred Molina, Bill Nighy, Harry Dean Stanton
Voir la fiche du film et la filmographie de Gore Verbinski sur le site imdb.com.
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RangoRango de Gore Verbinski.

(1) Le film contient de nombreuses références provenant de films, principalement des westerns, dont The Shakiest Gun in the West, Pour une poignée de dollars, Chinatown, Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l’Ouest, Cat Ballou, Mad Max, Arizona Junior, Las Vegas Parano et beaucoup d’autres. L’une des références les plus frappantes est le personnage de l’Esprit de l’Ouest sous la forme d’un sosie de Clint Eastwood vêtu d’un poncho comme dans les films de la Trilogie du dollar de Sergio Leone. Verbinski cite également El Topo comme influence.

RangoJames Ward Byrkit, Harry Dean Stanton et Ryan Hurst sur le doublage de Rango de Gore Verbinski.

Homonyme :
Rango (1931) de Ernest B. Schoedsack, film semi-documentaire qu’il a réalisé seul à Sumatra.

26 novembre 2021

Les Bêtes du Sud sauvage (2012) de Benh Zeitlin

Titre original : « Beasts of the Southern Wild »

Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild)Hushpuppy, une fillette de six ans, vit dans le bayou de Louisiane avec son père au milieu de la mangrove, dans une cabane délabrée et miséreuse avec d’autres abandonnés de la société américaine. Un jour, une violente tempête provoque la montée des eaux, mettant en péril leurs vies déjà fort précaires. Les changements climatiques ont libéré des aurochs — auparavant prisonniers des glaces polaires — qui migrent jusqu’en Louisiane…
Les Bêtes du sud sauvage est un film indépendant américain coécrit et réalisé par Benh Zeitlin, jeune réalisateur américain de trente ans dont c’est le premier long métrage. Il s’agit d’une fable (les éléments de nature fantastique viennent de la tête de l’enfant) très ancré dans un réel particulièrement miséreux mais aussi très original. Le réalisateur parvient à mettre cet univers en images de façon percutante. Mais ce qui frappe tout autant, c’est l’interprétation de Quvenzhané Wallis, la fillette joue avec un naturel et une richesse incroyable et Dwight Henry, qui interprète le père, montre une intensité rare dans son jeu. Il s’agit de leur première expérience d’acteur. Le film a été très remarqué et a connu un succès international.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Quvenzhané Wallis, Dwight Henry
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Remarque :
* Les animaux fantastiques sont appelés « aurochs » tout en ressemblant à des cochons. On peut penser qu’ils ont pris cette apparence dans la tête de la fillette en fonction des animaux qu’elle connaissait (elle n’avait vu les fameux aurochs que sur un tatouage).

Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild)Quvenzhané Wallis dans Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild) de Benh Zeitlin.

23 novembre 2021

Dans la peau de John Malkovich (1999) de Spike Jonze

Titre original : « Being John Malkovich »

Dans la peau de John Malkovich (Being John Malkovich)Craig Schwartz est marionnettiste de rue, mais ne parvient pas à vivre de son art. Lotte, son épouse, s’intéresse beaucoup plus à ses animaux qu’à lui. Devant leurs difficultés financières, il trouve un emploi à l’étage sept et demi du building Mertin-Flemmer. En classant des dossiers, il va faire une découverte inattendue…
Après avoir réalisé quelques clips, Spike Jonze a surpris tout le monde avec Dans la peau de John Malkovich, son premier long métrage. C’est l’un des films les plus originaux qui soient, si original que le scénario, signé Charlie Kaufman, a eu bien du mal à trouver preneur. Les idées, tout à fait surréalistes, sont fort bien exploitées, puisque que l’on peut noter quatre utilisations très différentes du « passage » selon les personnages. Il y a beaucoup d’humour et les dialogues ne sont pas en reste. John Cusak et Cameron Diaz sont méconnaissables et John Malkovich a accepté de jouer avec sa propre personne sans craindre la dérision, avec pour apothéose une scène d’anthologie. Un petit bijou.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: John Cusack, Cameron Diaz, Catherine Keener, John Malkovich
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Dans la peau de John Malkovich (Being John Malkovich)Catherine Keener et John Cusack dans Dans la peau de John Malkovich (Being John Malkovich) de Spike Jonze.

22 novembre 2021

Exodus: Gods and Kings (2014) de Ridley Scott

Exodus: Gods and KingsDans l’Égypte antique, deux princes, Ramsès et Moïse, sont élevés comme des frères. Tandis que Ramsès devient pharaon d’Égypte, Moïse apprend son appartenance au peuple hébreu, réduit en esclavage depuis plusieurs siècles…
Après avoir dépoussiéré le péplum romain avec Gladiator en 2000, Ridley Scott s’attaque au péplum biblique. Exodus: Gods and Kings est presque un remake du film Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille (1923 et 1956). Comparé à ce dernier, les images sont bien entendu un peu plus spectaculaires : le nombre moindre de figurants est largement compensé par l’utilisation des images de synthèse qui rend les scènes de foule plus vastes encore. L’ordinateur fait aussi des merveilles pour créer des images exceptionnelles dans les survols de la ville égyptienne de Memphis et dans la représentation des dix plaies d’Egypte. L’histoire se concentre sur la lutte entre Ramsès et Moïse et préfère faire l’impasse sur les suites de l’exode (Moïse est un prophète commun à plusieurs religions, les récits divergeant après l’exode). Le choix probablement le plus discutable a été de faire apparaître Dieu à Moïse sous la forme d’un garçon de dix ans (qui ne manque pas de paraître capricieux quand il est en colère). Le film a été très mal reçu par la critique qui l’a même parfois ridiculisé. En outre, il a suscité diverses polémiques. Personnellement, comme tout péplum, je pense qu’il faut le voir avant tout comme un beau et grand spectacle.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Christian Bale, Joel Edgerton, John Turturro, Ben Mendelsohn, María Valverde, Sigourney Weaver, Ben Kingsley, Golshifteh Farahani
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 Exodus: Gods and KingsChristian Bale (Moïse) dans Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott.

 Exodus: Gods and KingsGolshifteh Farahani (Nefertari) et Joel Edgerton (Ramsès II) dans Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott.

Remarque :
* L’existence d’un esclavage en Égypte antique fait l’objet de débats parmi les égyptologues, aussi bien dans sa définition que dans son application. Les spécialistes s’accordent pour dire que l’esclavage, tel qu’il se pratiqua dans la Grèce antique, n’a pas existé en Égypte avant la période ptolémaïque (soit à partir de 323 av. J.C., un millénaire après Ramsès II), même si des formes de servitude ont pu exister. (Extrait de Wikipédia)

 Exodus: Gods and KingsExodus: Gods and Kings de Ridley Scott.

21 novembre 2021

The Homesman (2014) de Tommy Lee Jones

The HomesmanA la fin du XIXe siècle, dans un petit village du Nebraska, Mary Bee Cuddy est une pionnière de tempérament qui, à 31 ans, n’a pas réussi à se marier car les hommes la trouvent trop austère et autoritaire. Par humanisme, elle accepte de transporter en Iowa trois femmes qui ont perdu la raison. Elle sauve un vagabond sur le point d’être pendu pour qu’il l’accompagne dans ce long périple de plusieurs semaines…
Depuis Trois enterrements, nous savons qu’un western signé par Tommy Lee Jones a peu de chances d’être banal. Effectivement, The Homesman n’a rien d’ordinaire. Le scénario est une adaptation du roman « Le Charlot des Damnés », publié par l’auteur américain Glendon Swarthout en 1988. Paul Newman en avait très tôt acquis les droits sans pouvoir concrétiser son projet. Il est vrai que l’histoire peut rebuter à première vue mais, en réalité, c’est une histoire très forte. Le personnage central est une femme et le traditionnel univers masculin du western en prend un coup. C’est aussi l’idéal américain qui est à la peine car l’individualisme prévaut dans ces terres presque vierges. La photographie de ces grands espaces est assez réussie avec, occasionnellement, des images insolites. Si le film n’est pas exempt de défauts, ceux-ci sont plutôt du côté de la construction. Le début est en effet assez confus. Ce second long métrage de Tommy Lee Jones est assurément un film hors du commun.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Tommy Lee Jones, Hilary Swank, Grace Gummer, Miranda Otto, Sonja Richter, John Lithgow
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Remarque :
* Homesman est une production française (Europacorp, Luc Besson).

 The HomesmanHilary Swank et Tommy Lee Jones dans The Homesman de Tommy Lee Jones.

20 novembre 2021

Veuve, mais pas trop… (1988) de Jonathan Demme

Titre original : « Married to the Mob »

Veuve, mais pas trop... (Married to the Mob)Angela De Marco aurait souhaité une autre vie que celle d’épouse d’un homme de main du parrain Tony Russo. Aussi, lorsque son mari est tué par son patron parce qu’ils partageaient la même maitresse, Angela plie bagages et part avec son jeune fils s’installer dans un quartier de New York pour repartir de zéro. Mais ce n’est pas si facile de couper tous les ponts…
Married to the mob (traduction = Mariée avec la Mafia) est une comédie américaine réalisée par Jonathan Demme, futur réalisateur du Silence des agneaux. Le film se situe dans la lignée de son film précédent Dangereuse sous tous rapports mais cette fois les deux genres, films de gangsters et comédie sentimentale, ne sont plus juxtaposés, ils se fondent pour former un ensemble particulièrement plaisant. Le film est porté par une excellente interprétation, Michelle Pfeiffer en tête qui compose un personnage finalement assez complexe, Dean Stockwell en pittoresque et intelligent parrain de la mafia, sans oublier le très sage Matthew Modine et l’exubérante Mercedes Ruehl. La musique est de David Byrne (Talking Heads). Le film est bien construit. Très amusant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michelle Pfeiffer, Matthew Modine, Dean Stockwell, Alec Baldwin, Mercedes Ruehl, Oliver Platt
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Veuve, mais pas trop... (Married to the Mob)Michelle Pfeiffer et Dean Stockwell dans Veuve, mais pas trop… (Married to the Mob) de Jonathan Demme.

Remarque :
* La performance de Dean Stockwell dans ce film sera unanimement louangée. Il sera même nominé à l’Oscar du meilleur second rôle. L’acteur nous a quitté récemment, le 7 novembre 2021. Sa filmographie, étalée sur 70 ans,  compte plus de 200 films, depuis 1945 à l’âge de 8 ans aux côtés de Gene Kelly jusqu’en 2015. On se souvient de lui dans Paris, Texas (le nouveau mari de Nastassja Kinski) ou encore dans les films de David Lynch (Dune, Blue Velvet).

Veuve, mais pas trop... (Married to the Mob)Matthew Modine et Michelle Pfeiffer dans Veuve, mais pas trop… (Married to the Mob) de Jonathan Demme.

15 novembre 2021

Havana (1990) de Sydney Pollack

HavanaFin 1958, alors que le régime autoritaire de Batista vit ses derniers jours, le joueur de poker professionnel Jack Weil se rend à La Havane où il va régulièrement jouer de grosses parties. Sur le bateau, il fait la connaissance d’une jeune femme un peu mystérieuse qui se révèle être la femme d’un personnage connu lié aux forces révolutionnaires…
Havana est un film américain réalisé par Sydney Pollack. Le scénario avait initialement été écrit pour Paul Schrader en 1975. Il a été ensuite remanié plusieurs fois. L’histoire présente des similitudes avec celle de Casablanca, celle d’un aventurier dans une période troublée, forcé malgré lui à prendre part aus évènements par amour pour une femme. Cette histoire est à priori suffisamment étoffée pour former un récit riche et prenant mais, hélas, tout tombe à plat et rien ne semble fonctionner. Le principal problème vient sans doute de l’absence d’alchimie entre Lena Olin et Robert Redford. Sans être ennuyeux, le résultat est décevant. La reconstitution du Cuba de 1958 avec de multiples véhicules et nombre de figurants est pourtant minutieuse et efficace. Sydney Pollack dirige ici Robert Redford pour la septième et dernière fois. Doté d’un budget assez important, Havana fut un échec commercial.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Redford, Lena Olin, Alan Arkin, Tomas Milian, Raul Julia
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HavanaLena Olin et Robert Redford dans Havana de Sydney Pollack.

8 novembre 2021

Pension d’artistes (1937) de Gregory La Cava

Titre original : « Stage Door »

Pension d'artistes (Stage Door)A New York, une quinzaine de jeunes actrices habitent dans une pension un peu miteuse. Toutes attendent de se faire remarquer par un producteur de Broadway. C’est là que décide d’habiter Terry Randall qui souhaite démarrer une carrière d’actrice. La jeune femme a des manières plus sophistiquées que les autres pensionnaires mais se trouve dans la même situation qu’elles…
Pension d’artistes est une comédie américaine réalisée par Gregory La Cava. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce à succès homonyme mais des ré-écritures successives ont rendu le film très éloigné de son modèle. Le réalisateur en a fait bien plus qu’une comédie car le récit donne une idée assez précise de la situation des aspirantes-actrices de cette époque. Pour mieux coller à la réalité, La Cava avait envoyé une assistante dans un foyer d’actrices à Hollywood prendre en note leurs conversations (1). Pour ne pas céder au découragement et à l’apitoiement, les jeunes femmes manient avec grande vivacité l’ironie vacharde. Les petites piques et réparties d’humour s’enchaînent à une vitesse phénoménale (à tel point que les sous-titres n’arrivent pas toujours à suivre). C’est vraiment étonnant. La caméra est elle-même très vive pour renforcer l’impression de polyphonie. C’est un film plus complexe qu’il ne paraît car La Cava mêle habilement le mélodrame et le burlesque. En outre, il témoigne des avances que devaient subir les actrices débutantes de la part d’hommes abusant de leur position. Le film fut bien reçu à sa sortie ; assez remarqué, il connut un succès modéré.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Katharine Hepburn, Ginger Rogers, Adolphe Menjou, Gail Patrick, Andrea Leeds, Lucille Ball, Eve Arden, Ann Miller
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(1) L’assistante se faisait passer pour une actrice désillusionnée qui apprenait la sténo dans le but de se reconvertir. Sous le prétexte d’entrainement, elle pouvait ainsi noter toutes les conversations sans éveiller les soupçons.

Pension d'artistes (Stage Door)Katharine Hepburn et Ginger Rogers dans Pension d’artistes (Stage Door) de Gregory La Cava.

Remarque :
* On remarquera la présence de plusieurs actrices en début de carrière : Eve Arden, Ann Miller, Lucille Ball, …
* Aussi incroyable que cela puisse paraître (ne serait-ce qu’au vu de sa grande taille), Ann Miller n’avait que 14 ans au moment du tournage ; elle avait d’ailleurs menti sur son âge pour obtenir le rôle et fourni un faux certificat de naissance. Lorsqu’elle danse avec Ginger Rodgers, il est impossible de deviner que 12 ans d’âge séparent les deux actrices.

Pension d'artistes (Stage Door)Ann Miller, Ginger Rogers et Lucille Ball dans Pension d’artistes (Stage Door) de Gregory La Cava.