11 mai 2008

Pleasantville (1998) de Gary Ross

PleasantvilleElle :
(En bref) Film divertissant et amusant dans le monde fictif d’un feuilleton télévisé des années 50. Quelques longueurs et mièvreries sentimenlistes viennent gâcher l’ensemble.
Note : 3 étoiles

Lui :
(En bref) Pleasantville se révèle être plutôt une bonne surprise. Le scénario est assez original. Bien-entendu, tout cela ne va pas très loin, le discours reste sur le thème « Ah mais qu’ils étaient donc coincés dans les années 50! Pas cool! » tout en restant très normalisé, mais le film reste divertissant car très bien fait et dosé.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Tobey Maguire, Reese Witherspoon, William H. Macy, Joan Allen, Jeff Daniels
Voir la fiche du film et la filmographie de Gary Ross sur le site imdb.com.

2 réflexions sur « Pleasantville (1998) de Gary Ross »

  1. Back for Good 🙂
    Je ne savais pas qu’il y avait Joan Allen dans ce film, et c’est une raison supplémentaire à ces invitations pour me rattraper !

  2. J’ai failli abandonner durant le premier quart d’heure, mais ça valait le coup de rester !

    Je suis étonné que vous trouviez ce film « très normalisé », car je l’ai trouvé au contraire exrêmement culotté et inattendu.

    OK, la toute fin est un peu téléphonée et revient dans le registre du conte de fées, c’est un peu dommage. Mais avant ça, le troisième quart est incroyable de subversion et d’audace, et même de violence. Le film met très littéralement en scène une situation :
    — où les jeunes, les femmes et les « personnes en couleur » (analogie explicite !) s’émancipent de leur situation subordonnée,
    — où les dominants (les hommes blancs de plus de 40 ans), prenant conscience que leur vie confortable n’est due qu’à l’oppression de leurs épouses, se réunissent entre privilégiés et décident de tout faire pour empêcher le changement.

    Ce schéma est tout sauf normalisé ou sentimentaliste. Je ne vois pas souvent de films qui expriment cette analyse sociale aussi cruement et frontalement. Mieux encore : le très beau fil narratif autour des livres conduit à ce que la révolte conservatrice des dominants aboutisse *très littéralement* à un autodafé. Un autodafé ! Peu d’images sont aussi politiques et explicites que l’autodafé, référence directe au nazisme.

    D’ailleurs, cet arc autour des livres est une merveille. L’idée poétique de départ s’inscrit totalement dans le registre « conte de fées », et c’est une belle idée que ces livres dont les pages étaient initialement blanches se remplissent peu à peu de texte. Et donc, le fait qu’ils deviennent un symbole de l’émancipation des dominé·e·s et qu’ils soient la cible des conservateurs haineux permet de faire basculer explicitement le film dans le registre politique (et dans une violence qui était totalement inattendue au début).

    Ajoutons que la subversion est notamment portée par les livres (enfin remplis de texte) et par la peinture (très belle scène où le bar-man se révèle à lui-même en consultant un livre d’art), ce qui est très éloigné des valeurs habituellement portées par les films étatsuniens et qui porte au contraire un « intellectualisme » bien rare dans le cinéma grand public.

    [Et Joan Allen et Jeff Daniels sont fins et touchants, de très belles interprétations.]

    À part une toute fin qui perd un peu de force, j’ai trouvé ce film très étonnant, très audacieux, très subversif. Réjouissant.

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