Los Angeles, années 70. Deux détectives privés que tout oppose se retrouvent forcés de travailler ensemble sur le prétendu suicide d’une starlette. Malgré des méthodes pour le moins originales, leurs investigations vont mettre à jour une sombre conspiration… The Nice Guys est un film américain coécrit et réalisé par Shane Black. Il s’agit de son troisième long métrage. C’est une comédie policière qui reprend certains clichés du film noir. Tout repose sur le tandem formé par deux détectives mal assortis et il faut reconnaitre que le duo Russell Crowe / Ryan Gosling fonctionne bien, même très bien. Le scénario n’est ni très original ni plausible mais cela importe peu ici. Le but est de nous distraire. Elle: – Lui :
Laura est une pianiste qui étudie à l’Université des arts de Berlin mais elle a l’impression que la musique et sa vie lui échappent. Lors d’une excursion dans la campagne environnante avec son compagnon, celui-ci perd le contrôle de sa voiture. Laura sort indemne de ce grave accident, mais son ami perd la vie. Ayant assisté à la scène, une femme accueille alors Laura chez elle. Dans cette maison en bordure d’un hameau, elle trouve un refuge réconfortant… Miroirs no. 3 est un film allemand écrit et réalisé par Christian Petzold. Il nous propose une nouvelle fois un récit délicat et épuré, avec une ambiance très particulière. Il aborde plusieurs thèmes dans le domaine des relations humaines et du deuil. La profondeur du sujet n’empêche pas Christian Petzold de faire preuve de sensibilité. Le déroulement est bien maîtrisé. Le réalisateur nous laisse deviner assez tôt l’élément clef du récit que son personnage principal n’apprendra qu’à la fin. Cela crée une tension subtile. A noter que le titre du film s’inspire du morceau joué par Laura à la fin du film, Une barque sur l’océan, troisième pièce des Miroirs de Maurice Ravel. Elle: – Lui :
Après la disparition de sa mère dans un incendie lors d’un bombardement, Mahito, un jeune garçon de 11 ans, doit quitter Tokyo pour partir vivre à la campagne dans le village où sa mère a grandi. Il s’installe avec son père dans le vieux manoir familial où il rencontre un héron cendré qui devient son guide… Le Garçon et le Héron est un film d’animation du Studio Ghibli réalisé par Hayao Miyazaki. Il en a écrit le scénario en s’inspirant d’un livre de Genzaburō Yoshino, paru en 1937, Et vous, comment vivrez-vous ? Le titre japonais du film est celui du roman, ce qui donne une indication sur les intentions du réalisateur : il s’agit d’un récit d’apprentissage. Au fil de ses découvertes et de ses expériences dans des mondes imaginaires et fantastiques, le jeune garçon va chercher à comprendre le monde qui l’entoure. Le récit est touffu, riche en détails et les significations, les références à ses créations précédentes sont innombrables. C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut lui faire : il est si riche qu’il est difficile à saisir. Le mieux est certainement de ne pas chercher à tout comprendre (du moins à la première vision) et de savourer l’inventivité de son créateur qui termine sa carrière en apothéose (toutefois, il n’est plus si sûr aujourd’hui que ce soit son ultime réalisation). Elle: – Lui :
Remarque : * L’affiche ci-dessus est l’affiche originale de la sortie au Japon, une sortie sans publicité ni même de bande-annonce, avec cette affiche énigmatique, un dessin qui semble inachevé.
Le Garçon et le Héron (Kimi-tachi wa dô ikiru ka) de Hayao Miyazaki.Le Garçon et le Héron (Kimi-tachi wa dô ikiru ka) de Hayao Miyazaki.
Lors du Festival de Cannes 1959, le film Les Quatre Cents Coups de François Truffaut est accueilli avec succès. Après Truffaut et Claude Chabrol, Jean-Luc Godard désire lui aussi tourner son premier long métrage. Son ami, le producteur Georges de Beauregard, lui conseille de partir d’une idée de scénario policier écrite par Truffaut… Nouvelle Vague est un film français réalisé par l’américain Richard Linklater. Il raconte le tournage du long métrage À bout de souffle de Jean-Luc Godard. Le récit met l’accent sur les méthodes iconoclastes de Godard qui déconcertent tous les participants : absence de scénario formel, pas de dialogues écrits, journées de tournage très courtes et volonté constante de s’affranchir des règles établies. Judicieusement, Richard Linklater a choisi de tourner dans le même format que le film d’origine (noir et blanc, 1,37 :1) et d’indiquer par un sous-titre le nom des personnes apparaissant à l’écran (ce qui évite de passer son temps à chercher à les identifier). Les acteurs choisis leur ressemblent parfaitement avec une mention particulière à Zoey Deutch en lumineuse Jean Seberg et à Guillaume Marbeck en Jean-Luc Godard, dont les voix reproduisent bien l’intonation et le phrasé de leur modèle. Belmondo est un peu moins réussi, l’acteur Aubry Dullin a tendance à forcer le trait et n’a pas l’exceptionnelle présence de Belmondo. Bien entendu, nombre de scènes célèbres, immortalisées par les photographies de plateau, sont ici recréées mais ce n’est pas pour autant un film nostalgique pour cinéphiles. En outre, Richard Linklater a choisi la simplicité : il évite toute théorisation et privilégie la restitution de l’esprit et de la spontanéité du tournage. Le résultat est à la fois accessible et divertissant. Elle: Lui :
Guillaume Marbeck (Godard) et et Aubry Dullin (Belmondo) dans Nouvelle Vague de Richard Linklater.Aubry Dullin (Belmondo) et Zoey Deutch (Jean Seberg) dans Nouvelle Vague de Richard Linklater.L’image originale : Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans A bout de souffle de Jean-Luc Godard
Maria, qui a eu deux enfants d’un premier mariage, se met en couple avec Sigmund. Sept ans après, deux nouveaux enfants sont nés mais la passion fusionnelle n’est plus là. Maria doit faire face à une vie domestique très prenante alors que Sigmund voyage de plus en plus pour son travail. Après une nouvelle dispute, la rupture semble inévitable… Loveable (Elskling = chéri) est un film norvégien écrit et réalisé par Lilja Ingolfsdottir qui signe là son premier long métrage. La réalisatrice dit avoir voulu prendre le contre-pied des représentations idéalisées des rencontres amoureuses dans la pop-culture. Elle se penche plutôt sur la réalité de la vie de couple et des crises conjugales. Tout le récit est vu à travers les yeux de la femme dont le portrait psychologique se dresse peu à peu devant nos yeux. C’est l’aspect le plus intéressant du film, notamment les scènes chez une psychologue (ou conseiller conjugal) où les éléments se mettent en place. Le principal défaut de la réalisatrice est de forcer le trait : la colère de Maria est trop forte et agit comme un repoussoir, et de nombreuses scènes sont trop appuyées. Elle: – Lui :
Dans un futur proche, Paris est divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales. La population est surveillée par une intelligence artificielle nommée Alma qui assiste les forces de l’ordre dans leurs enquêtes. Lorsque son inventeur est assassiné, Salia et Zem, deux policiers de zones différentes et que tout oppose, sont forcés à mener ensemble l’enquête… Chien 51 est un film français de science-fiction dystopique réalisé par Cédric Jimenez. Il s’agit de l’adaptation du roman du même nom de Laurent Gaudé, publié en 2022. Du livre, le cinéaste a surtout retenu l’action au détriment de la réflexion (signalons aussi que l’intelligence artificielle n’est pas dans le roman). Le résultat est musclé, les scènes d’actions sont prenantes et efficaces, le film a bénéficié d’un gros budget. La première moitié du film est assez enthousiasmante avec une vision prospective intéressante et une excellente utilisation des éléments technologiques. Hélas, le récit s’essouffle quelque peu ensuite, le manque d’épaisseur des personnages se fait alors sentir. La fin est plutôt décevante et un peu bâclée. Adèle Exarchopoulos et Gilles Lellouche font tous deux une belle prestation. Le film a reçu un accueil mitigé mais il faut tout de même saluer son aptitude à ne pas faire pâle figure face à ses homologues américains. Elle: – Lui :
Fuyant l’Europe de l’après-guerre, l’architecte visionnaire László Tóth arrive aux Etats-Unis pour y reconstruire sa vie. Après des débuts difficiles, il est contacté par un riche industriel pour construire un vaste centre communautaire… The Brutalist est un film américano-britannico-hongrois réalisé par Brady Corbet. C’est le troisième long métrage de cet ex-acteur trentenaire. Il en a écrit le scénario avec sa femme, la réalisatrice et scénariste norvégienne Mona Fastvold. Précisons que le film n’est pas une histoire vraie, même si le personnage principal s’inscrit parfaitement dans le brutalisme, ce style architectural austère, imposant et épuré né dans l’Après-guerre. Le film est assez inhabituel, d’abord par sa durée de 3h30 et par sa mise en scène, un peu surprenante mais sans être enthousiasmante (du moins à nos yeux). Le déroulement du récit n’est pas toujours très clair, certains éléments nous étant fournis de façon décalée, et de nombreuses scènes paraissent étirées inutilement. Si, de toute évidence, l’ambition du réalisateur est de marcher sur les traces de réalisateurs comme Cimino en dressant un portrait de l’Amérique, terre d’accueil, le résultat n’est pas du tout du même niveau. Ce n’est pas toutefois l’avis de bon nombre de critiques, certains furent même particulièrement enthousiastes. Multiples récompenses. Elle: Lui :
Marié, Stan Laurel invente tout un stratagème pour sortir avec son ami Ollie au Rainbow Club sans éveiller les soupçons de sa femme. Ils y emmènent en cachette une bouteille de whisky que sa femme gardait en attente de la fin de la Prohibition… Blotto est une comédie burlesque écrite par Leo McCarey et H.M. Walker, et réalisée par James Parrott. La première partie est une variation sur les contraintes de la vie de couple (avec une femme tyrannique) et la seconde se déroule dans le cabaret avec de nombreux gags uniquement visuels, sur le thème de l’ébriété (« to be blotto » en anglais signifie « être complètement ivre »), avec notamment une séquence de fou rire à la manière de Leave ‘em Laughing (mais avec le son cette fois). Le film était au départ un trois bobines, ramené à deux après passage de la censure. Pour avoir une idée des coupures, on peut comparer avec la version espagnole (1) qui est restée intacte (et accessible). Certains excellents gags ont hélas été coupés (pour des raisons qui ont de quoi nous faire sourire aujourd’hui). L’ensemble est réussi et assez hilarant. Elle: – Lui :
Oliver Hardy, Baldwin Cooke et Stan Laurel dans Blotto de James Parrott (photo promotionnelle).
(1) Comme il était d’usage à l’époque, le film a été tourné simultanément en trois versions (le doublage n’existait pas encore) : La Vida Nocturna est la version espagnole et Une Nuit Extravagante, la version française. Seuls les acteurs secondaires ayant du texte sont changés (en l’occurrence la femme de Laurel). Le duo comique, quant à lui, lisait un texte écrit en phonétique sur de grands panneaux.
Photo promotionelle inhabituelle : Stan Laurel et ses trois femmes : Anita Garvin (version anglaise), Linda Loredo (version espagnole) et Georgette Rhodes (version française) pour Blotto de James Parrott.
Laurel, Ollie et leurs épouses se préparent à partir en week-end au bord de la mer à Atlantic City. Juste avant de partir, le téléphone sonne. C’est un ami de nos deux compères qui persuade Oliver qu’il serait des plus profitables pour eux deux de venir faire la bringue à leur club… Be Big! est un film burlesque américain écrit par H.M. Walker et réalisé par James W. Horne (ou est-ce James Parrott ?). C’est un film de trois bobines, soit 30 minutes environ, une durée inhabituelle pour le duo. Le film reprend d’abord le thème du mensonge fait à sa femme pour aller faire la bringue, pour ensuite s’éterniser sur une scène où Ollie n’arrive pas à enlever ses bottes. Quelques passages (rien de fantastique toutefois) ont été coupés de la version en anglais, probablement par la censure. Ils existent toujours dans la version espagnole (Los Calaveras) à laquelle est accolée une version espagnole de Laughing Gravy tourné la même année (la transition est tirée par les cheveux : un placard annonce que Stan et Ollie ont divorcés pour justifier qu’ils habitent maintenant ensemble). L’ensemble totalise ainsi environ 60 minutes! Il en serait de même pour la version française, Les Carottiers (Anita Garvin joue dans les trois versions, son personnage ayant très peu de textes) Elle: – Lui :