Diane travaille pour une multinationale qui a racheté TokyoAnime, une société japonaise produisant des hentaï, mangas pornographiques en 3D. Deux firmes, Mangatronics et Demonlover, s’affrontent pour avoir l’exclusivité de ces nouvelles images, fort lucratives, sur internet… Demonlover est un film français écrit et réalisé par Olivier Assayas. Le réalisateur cherche à montrer certaines dérives de l’informatique, du moins peut-on le supposer car ce n’est pas très net : il montre en effet une certaine complaisance à exhiber des images vraiment choquantes. Si la mise en place intrigue, on se désintéresse ensuite de cette histoire trouble où tout est obscurci par le fait que tout le monde joue un double jeu et où tous les personnages sont détestables. La fin est un peu ridicule. Le réalisateur abuse des cadrages à l’épaule, probablement pour accentuer le malaise que l’on ressent. Mis à part cela, la mise en scène est indéniablement maitrisée. La critique a très bien reçu le film à sa sortie, le public beaucoup moins semble-t-il. Elle: – Lui :
Alors que le train Londres-Liverpool fonce droit sur un camion-citerne immobilisé sur les rails, on revit en flash-back quatre histoires différentes vécues par quelques passagers du train : le conducteur du train, un prisonnier de guerre allemand en fuite, un compositeur aux nombreuses liaisons extraconjugales et un acteur de théâtre qui reçoit la visite inopinée de son ex-femme… Issu des studios Ealing, Train of Events est un film britannique réalisé par Sidney Cole (premier récit), Charles Crichton (troisième récit) et Basil Dearden (second et quatrième récit). Contrairement à la structure habituelle des films à sketches, les quatre histoires sont entrelacées. Il s’agit d’une peinture sociale de l’Angleterre d’après-guerre, les quatre histoires couvrant l’ensemble de l’échelle sociale. Sans surprise, c’est le récit du conducteur du train (réalisé par Sidney Cole) qui a le plus de richesse, le milieu des cheminots ayant toujours été propice à des récits picturaux. C’est aussi celui qui est le mieux interprété. Le récit du compositeur (réalisé par Crichton) est plutôt amusant (à noter, le passage sur la télévision, alors balbutiante). Les sections réalisées par Basil Dearden (le prisonnier et l’acteur) sont les plus faibles. L’ensemble n’est pas franchement remarquable. Le film fut un échec à sa sortie. Elle: – Lui :
1950. L’industriel énigmatique Anatole « Zsa-zsa » Korda est engagé dans la phase ultime d’un projet ambitieux d’infrastructure maritime et terrestre de la Phénicie. Les menaces contre sa vie sont constantes. C’est à ce moment précis qu’il décide de renouer avec Liesl, sa fille de vingt ans qui se destine à être nonne. Il aimerait qu’elle devienne sa successeure… The Phoenician Scheme est un film américain écrit et réalisé par Wes Anderson. Le récit est structuré en plusieurs tableaux, une structure que le réalisateur affectionne. Si le thème est l’espionnage industriel, il joue surtout avec la relation entre un père défaillant qui cherche à se racheter et sa fille au caractère bien trempé et qui cherche sa voie. Il aborde également les thèmes de la mort et de la religion, mais de façon très humoristique car l’humour est bien entendu omniprésent. L’histoire peut paraître tortueuse mais elle est finalement simple et pas forcément très importante. C’est l’inventivité des situations qui est séduisante. Même s’il n’y a pas de moments vraiment mémorables, Wes Anderson fait bien toujours partie des réalisateurs les plus créatifs. La critique a plutôt bien accueilli le film. Le public semble plus mitigé ; les spectateurs semblent se lasser du style pourtant si plaisant du réalisateur. Elle: – Lui :
Pour une raison qu’ils semblent ignorer eux-mêmes, Laurel et Hardy ont été arrêtés. Ils font sans le vouloir une tentative d’évasion. Ils sont alors conduits au bagne pour faire des travaux de terrassement au bord d’une route… Derrière les barreaux (The Hoose-Gow = « prison » en argot) est un court métrage américain de deux bobines (20 minutes environ) réalisé par James Parrott. Sorti en 1929, il fait partie des premiers films parlants du duo. C’est un film assez réussi avec de bons gags qui utilisent bien les objets : donner une pioche à Stan Laurel est passablement dangereux pour tous ceux qui sont à proximité (d’ailleurs Oliver Hardy but blessé pendant le tournage… car l’outil susnommé était une vraie pioche, celle en caoutchouc ne faisant pas assez vraie). Tout se termine par un combat qui rappelle quelque peu (mais sans égaler) The Battle of the Century (1927) ou You’re Darn Tooting (1928). Il n’y a que peu de texte parlé mais le son est déjà bien utilisé. Elle: – Lui :
25 ans après que Laura Palmer ait annoncé à l’agent Dale Cooper dans la chambre rouge « Nous nous reverrons dans 25 ans », Twin Peaks revient sur les écrans pour une saison de 18 épisodes. Elle a beau être souvent surnommée « la saison 3 », il est très important d’avoir vu auparavant le film Twin Peaks : Les 7 derniers jours de Laura Palmer (Fire Walk with me, 1992) qui introduisait de nombreux éléments développés ici. Cette fois, David Lynch a gardé le contrôle de bout en bout : il en a écrit le scénario avec Mark Frost, a réalisé tous les épisodes, les a tournés d’une seule traite, a gardé la main sur le montage, a imposé le nombre d’épisodes qu’il souhaitait à la chaîne de télévision Showtime. Contrairement aux deux premières saisons, il s’agit donc pleinement d’une œuvre de création de David Lynch et cela se sent dès les deux premiers épisodes, vraiment magistraux. Par son atmosphère et son esthétisme, c’est une série à nulle autre pareille où David Lynch n’hésite pas à prendre son temps pour nous faire ressentir tout un ensemble de sensations diverses. Chaque épisode renferme son lot de surprises. Il est impossible de tout comprendre à la première vision mais ce n’est pas si important (1). C’est une œuvre qui se ressent. On retrouve presque tous les acteurs de la première série, plus de très nombreux autres. Aucun personnage, aucune situation n’est banale… L’intensité reste constante pendant les 18 épisodes que l’on dévore avec une certaine avidité. Elle: – Lui :
(1) Il y a de très bons résumés des épisodes sur Wikipedia. Il n’est pas inutile d’aller les lire après chaque épisode pour mieux comprendre tout ce que l’on vient de voir …!
Naomi Watts et Kyle MacLachlan dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.Nicole LaLiberte et Kyle MacLachlan dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.Twin Peaks : The Return de David Lynch.Michael Horse, Robert Forster et Dana Ashbrook dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.Chrysta Bell et Miguel Ferrer dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.Robert Knepper et Jim Belushi dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.
Titre original : « Twin Peaks: Fire Walk with Me »
Le chef du FBI envoie deux agents dans l’état de Washington enquêter sur le meurtre d’une serveuse, Teresa Banks. Au siège du FBI, l’agent Cooper a la prémonition qu’un autre meurtre sera commis. Un an plus tard, dans la petite de Twin Peaks, Laura Palmer semble vivre une vie normale de jeune lycéenne. Mais, elle est consommatrice de cocaïne, qui lui est fournie par le jeune Bobby Briggs… Twin Peaks: Fire Walk with Me est un film franco-américain réalisé par David Lynch. Le scénario a été écrit par David Lynch et Robert Engels et le film a été financé par Francis Bouygues (Ciby 2000). Comme le titre français l’indique clairement, il raconte les sept derniers jours de Laura Palmer ; c’est donc un préquel de la série Twin Peaks (1990-1991) mais il ne faut surtout pas le voir avant la série. L’atmosphère est très différente, le récit se concentrant sur la double vie de Laura Palmer, ses errements, ses visions. Tout comme la série, il montre la face cachée de l’Amérique. Le film a beaucoup déçu à sa sortie car il n’apportait pas de réponses à toutes les questions laissées en suspens par la série. Avec le temps, il a heureusement bénéficié d’une réévaluation. C’est en effet une œuvre riche qui contient de nombreux éléments, un film assez sensoriel qui nous fait ressentir tout un panel de sensations. Le cauchemar l’emporte sur le rêve mais on retrouve la Chambre rouge à la fin : des ténèbres naît la rédemption. En outre, il est très important de l’avoir vu pour comprendre la saison 3 (Twin Peaks : The Return, 2017). Elle: – Lui :
Dans la ville imaginaire de Twin Peaks, située dans le nord-est de l’État de Washington, le cadavre de Laura Palmer, une lycéenne aimée de tous, est retrouvé emballé dans un sac en plastique sur la berge d’un lac. L’agent du FBI Dale Cooper est envoyé sur place pour mener l’enquête… Twin Peaks est une série américaine créée par Mark Frost et David Lynch. Phénomène télévisuel, cette série mythique n’a connu originellement que deux saisons : 8 épisodes dans la première (1990), 22 dans la seconde (1990-1991). Le premier épisode, le pilote de 90 minutes, est le plus célèbre. C’est lui qui met en place les personnages et l’atmosphère empreinte de mystère avec un soupçon de mysticisme et de surnaturel qui fit tout le succès de la première saison. David Lynch a réalisé les deux premiers épisodes avant de partir sur d’autres projets, notamment le tournage de Sailor et Lula. Mark Frost a alors mis en place une équipe de scénaristes, ce qui explique la baisse d’intérêt lors de la seconde saison (malgré, ou à cause de, l’introduction répétitive de nouveaux personnages). Devant l’effritement des audiences, la chaîne ABC a exigé de Mark Frost qu’il révèle le nom du tueur en milieu de saison (épisode 7 de la saison 2) alors que David Lynch avait toujours bien précisé que la série perdrait tout intérêt si le nom du tueur était dévoilé. Ce fut effectivement le cas. David Lynch mis toutefois un point d’honneur à terminer la série en beauté avec un ultime épisode resté mythique, dans la fameuse Chambre rouge. En osant tout, Twin Peaks a révolutionné la série télévisée ; après elle, tout était possible. Revoir la série, 35 ans après, est amusant car tous les personnages nous reviennent en mémoire dès les premières minutes, preuve qu’ils sont particulièrement marquants (revus ici : toute la saison 1 + 2.1, 2.2, 2.7, 2.22). Elle: – Lui :
Michael Ontkean, Kyle MacLachlan et Russ Tamblyn dans Mystères à Twin Peaks (Twin Peaks) de David Lynch.
Remarques : Episodes réalisés par David Lynch : Pilote 1.1, épisodes 1.3, 2.1, 2.2, 2.7 et 2.22. Episodes coécrits par David Lynch : Pilote 1.1, épisodes 1.2, 1.3, 2.1, 2.22.
Une vidéo a été commercialisée en Europe sous le titre Qui a tué Laura Palmer? (titre original : Twin Peaks) : il s’agit du pilote dans une version plus longue de 20 minutes qui clôt l’affaire. On l’appelle parfois le « pilote international ». Cette fin alternative avait été conçue pour le cas où la chaine de télévision ABC ne commanderait pas la série. On y voyait Bob, le manchot et la Chambre rouge avec le nain dansant.
Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre un homme complètement difforme, devenu une attraction de foire sous le nom de « Elephant Man ». Il le recueille pour m’étudier, pensant que « le monstre » est un idiot congénital. Il découvre rapidement un homme meurtri, intelligent et doté d’une grande sensibilité… Elephant Man est un film américain réalisé par David Lynch. Il est basé sur les livres de Sir Frederick Treves car il s’agit bien d’une histoire vraie : Joseph Merrick a bien existé (1). Le film est coécrit et produit par Mel Brooks qui n’a pas voulu faire figurer son nom au générique de crainte de donner une fausse idée du film au public. C’est le deuxième long métrage de David Lynch après son fameux (… et éprouvant) Eraserhead (1977). Il en est très différent. Il a créé une histoire très touchante, pas du tout horrifique comme en témoigne la façon très naturelle de nous dévoiler le visage de son personnage après avoir éveillé notre appréhension. Pendant tout le film, le malaise est plutôt créé par la cruauté des hommes, celle que Merrick doit subir. Le thème est ici le regard des autres, qui prend plusieurs formes. La mise en scène de Lynch est assez délicate tout en se montrant classique avec quelques poussées créatives. L’éclairage noir et blanc est travaillé et le réalisateur utilise merveilleusement la musique. Un film remarquable qui est venu confirmer que Lynch était un grand créateur. Elle: – Lui :
Anthony Hopkins dans Elephant Man (The Elephant Man) de David Lynch.
(1) Toutefois, dans la réalité, Joseph Merrick n’a pas été maltraité, ni à l’hôpital, ni auparavant. Il a mené une vie courte, certes, mais paisible. Le véritable showman londonien de Merrick, Tom Norman, n’était pas un ivrogne brutal, comme le fictif « Bytes » et il partageait ses revenus à parts égales avec Merrick.
Dans le train qui l’amène vers son futur mari (qu’elle n’a jamais vu), Susan Bradley fait la connaissance d’un groupe de jeunes femmes parties vers une petite ville d’Arizona pour être serveuses dans un restaurant de bonne cuisine ouvert par Fred Harvey. Le propriétaire du grand saloon local et son associé, le juge Purvis, ne voient pas cela d’un très bon œil… The Harvey Girls est un film musical américain en Technicolor réalisé par George Sidney. Il s’agit d’une variation sur le thème de l’arrivée de la civilisation dans l’Ouest peuplé de rustres ; mais le scénario n’est pas si important ici, il est très faible, sans unité et bourré d’invraisemblances. Conçu au départ comme un western dramatique avec Lana Turner, il fut transformé en comédie musicale avec Judy Garland. Assez curieusement, l’actrice n’est pas toujours très présente dans les numéros musicaux. Plusieurs saynettes sont intercalées, la plupart du temps sans rapport très direct avec l’histoire, comme pour apporter une note d’humour. Les morceaux musicaux ne sont pas franchement mémorables, hormis la chanson On the Atchison, Topeka and the Santa Fe qui fut oscarisée. Le film connut un grand succès à sa sortie. Elle: – Lui :