25 juillet 2026

Marty (1955) de Delbert Mann

MartyMarty est un boucher de trente-quatre ans d’origine italienne. Sympathique et sociable, il vit seul avec sa mère, veuve, ses nombreux frères et sœurs étant tous mariés. Célibataire, il est complexé par son physique trapu et ne rencontre pas de succès auprès des femmes. Toutefois, un soir, il va rencontrer une jeune femme dans la même situation que lui…
Marty est un film américain réalisé par Delbert Mann. Le scénario, écrit par Paddy Chayefsky, scénariste venu de la télévision, est assez brillant pour restituer avec grand réalisme la vie ordinaire avec ses hauts et ses bas, et surtout le sentiment de découragement après de multiples déconvenues dans la recherche amoureuse. De ce fait, le film dégage une forte authenticité sans que le propos soit misérabiliste. La rencontre de ces deux êtres, la façon qu’ils ont de s’épancher comme s’ils ouvraient des vannes longtemps bloquées, est assez touchante. Belle interprétation d’Ernest Borgnine et de Betsy Blair (qui était alors la femme de Gene Kelly). Pour le réalisateur et pour le scénariste, il s’agit de leur premier long métrage. Il a été particulièrement bien accueilli par la critique et le public, a récolté 4 Oscars (meilleur film, meilleur acteur, meilleur réalisateur, meilleur scénario) et la Palme d’Or à Cannes (1). Le film a lancé une certaine vogue pour des films réalistes à petit budget.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ernest Borgnine, Betsy Blair, Esther Minciotti, Joe Mantell, Karen Steele
Voir la fiche du film et la filmographie de Delbert Mann sur le site IMDB.

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(1) Seul quatre films ont obtenu à la fois la Palme d’Or et l’Oscar du meilleur film :
La Poison (The Lost Weekend, 1945) de Billy Wilder
Marty (1955) de Delbert Mann
Parasite (2019) de Bong Joon-ho
Anora (2024) de Sean Baker.

Betsy Blair et Ernest Borgnine dans Marty de Delbert Mann.

23 juillet 2026

Lost Highway (1997) de David Lynch

Lost HighwayUn musicien, un peu dépressif, reçoit des cassettes vidéo de sa maison vue de l’extérieur, puis de l’intérieur avec lui et de sa femme. Le couple prévient la police qui n’a pas d’explication. Dans une soirée, il est abordé par un homme mystérieux qui prétend être dans sa maison au même moment…
Lost Highway est un film franco-américain réalisé par David Lynch. Il en a écrit le scénario avec l’écrivain Barry Gifford dont il avait déjà adapté Sailor et Lula. L’histoire s’inspire en partie de l’affaire O. J. Simpson, l’arrestation d’un homme niant avoir commis un meurtre. Comme pour Twin Peaks, le récit comporte de nombreuses zones d’ombre qui peuvent dérouter. C’est un film qui se ressent plus qu’il s’analyse. L’atmosphère est un peu hypnotique, nous poussant à accepter des notions aussi déconcertantes que le dédoublement de la personnalité. S’il comporte certains clichés du film noir ou (dans une moindre mesure) du film d’horreur, c’est pour mieux les retourner. La critique tant française qu’américaine fut déroutée par le film. Avec le temps, le film a heureusement été réévalué ; on peut le voir comme un prélude à Mulholland Drive.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Bill Pullman, Patricia Arquette, Balthazar Getty, Robert Loggia, Robert Blake, Natasha Gregson Wagner
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Patricia Arquette et Bill Pullman dans Lost Highway de David Lynch.

21 juillet 2026

Demonlover (2002) de Olivier Assayas

DemonloverDiane travaille pour une multinationale qui a racheté TokyoAnime, une société japonaise produisant des hentaï, mangas pornographiques en 3D. Deux firmes, Mangatronics et Demonlover, s’affrontent pour avoir l’exclusivité de ces nouvelles images, fort lucratives, sur internet…
Demonlover est un film français écrit et réalisé par Olivier Assayas. Le réalisateur cherche à montrer certaines dérives de l’informatique, du moins peut-on le supposer car ce n’est pas très net : il montre en effet une certaine complaisance à exhiber des images vraiment choquantes. Si la mise en place intrigue, on se désintéresse ensuite de cette histoire trouble où tout est obscurci par le fait que tout le monde joue un double jeu et où tous les personnages sont détestables. La fin est un peu ridicule. Le réalisateur abuse des cadrages à l’épaule, probablement pour accentuer le malaise que l’on ressent. Mis à part cela, la mise en scène est indéniablement maitrisée. La critique a très bien reçu le film à sa sortie, le public beaucoup moins semble-t-il.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Connie Nielsen, Gina Gershon, Chloë Sevigny, Charles Berling, Dominique Reymond
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Connie Nielsen et Charles Berling dans Demonlover de Olivier Assayas.

19 juillet 2026

Train of Events (1949) de Sidney Cole, Charles Crichton et Basil Dearden

Train of EventsAlors que le train Londres-Liverpool fonce droit sur un camion-citerne immobilisé sur les rails, on revit en flash-back quatre histoires différentes vécues par quelques passagers du train : le conducteur du train, un prisonnier de guerre allemand en fuite, un compositeur aux nombreuses liaisons extraconjugales et un acteur de théâtre qui reçoit la visite inopinée de son ex-femme…
Issu des studios Ealing, Train of Events est un film britannique réalisé par Sidney Cole (premier récit), Charles Crichton (troisième récit) et Basil Dearden (second et quatrième récit). Contrairement à la structure habituelle des films à sketches, les quatre histoires sont entrelacées. Il s’agit d’une peinture sociale de l’Angleterre d’après-guerre, les quatre histoires couvrant l’ensemble de l’échelle sociale. Sans surprise, c’est le récit du conducteur du train (réalisé par Sidney Cole) qui a le plus de richesse, le milieu des cheminots ayant toujours été propice à des récits picturaux. C’est aussi celui qui est le mieux interprété. Le récit du compositeur (réalisé par Crichton) est plutôt amusant (à noter, le passage sur la télévision, alors balbutiante). Les sections réalisées par Basil Dearden (le prisonnier et l’acteur) sont les plus faibles. L’ensemble n’est pas franchement remarquable. Le film fut un échec à sa sortie.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jack Warner, Susan Shaw, Patric Doonan, Valerie Hobson, John Clements, John Gregson
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Remarque :
Train of Events est l’unique réalisation de Sidney Cole.

Patric Doonan, Gladys Henson, Jack Warner et Susan Shaw dans Train of Events de Sidney Cole

16 juillet 2026

The Phoenician Scheme (2025) de Wes Anderson

The Phoenician Scheme1950. L’industriel énigmatique Anatole « Zsa-zsa » Korda est engagé dans la phase ultime d’un projet ambitieux d’infrastructure maritime et terrestre de la Phénicie. Les menaces contre sa vie sont constantes. C’est à ce moment précis qu’il décide de renouer avec Liesl, sa fille de vingt ans qui se destine à être nonne. Il aimerait qu’elle devienne sa successeure…
The Phoenician Scheme est un film américain écrit et réalisé par Wes Anderson. Le récit est structuré en plusieurs tableaux, une structure que le réalisateur affectionne. Si le thème est l’espionnage industriel, il joue surtout avec la relation entre un père défaillant qui cherche à se racheter et sa fille au caractère bien trempé et qui cherche sa voie. Il aborde également les thèmes de la mort et de la religion, mais de façon très humoristique car l’humour est bien entendu omniprésent. L’histoire peut paraître tortueuse mais elle est finalement simple et pas forcément très importante. C’est l’inventivité des situations qui est séduisante. Même s’il n’y a pas de moments vraiment mémorables, Wes Anderson fait bien toujours partie des réalisateurs les plus créatifs. La critique a plutôt bien accueilli le film. Le public semble plus mitigé ; les spectateurs semblent se lasser du style pourtant si plaisant du réalisateur.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Benicio Del Toro, Mia Threapleton, Michael Cera, Riz Ahmed, Tom Hanks, Scarlett Johansson, Bill Murray, Benedict Cumberbatch, Mathieu Amalric
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Benicio Del Toro, Michael Cera et Mia Threapleton dans The Phoenician Scheme de Wes Anderson.

14 juillet 2026

Derrière les barreaux (1929) de James Parrott

Titre original : « The Hoose-Gow »

The Hoose-GowPour une raison qu’ils semblent ignorer eux-mêmes, Laurel et Hardy ont été arrêtés. Ils font sans le vouloir une tentative d’évasion. Ils sont alors conduits au bagne pour faire des travaux de terrassement au bord d’une route…
Derrière les barreaux (The Hoose-Gow = « prison » en argot) est un court métrage américain de deux bobines (20 minutes environ) réalisé par James Parrott. Sorti en 1929, il fait partie des premiers films parlants du duo. C’est un film assez réussi avec de bons gags qui utilisent bien les objets : donner une pioche à Stan Laurel est passablement dangereux pour tous ceux qui sont à proximité (d’ailleurs Oliver Hardy but blessé pendant le tournage… car l’outil susnommé était une vraie pioche, celle en caoutchouc ne faisant pas assez vraie). Tout se termine par un combat qui rappelle quelque peu (mais sans égaler) The Battle of the Century (1927) ou You’re Darn Tooting (1928). Il n’y a que peu de texte parlé mais le son est déjà bien utilisé.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, James Finlayson, Charlie Hall, Sam Lufkin
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Dick Sutherland, Oliver Hardy et Stan Laurel dans The Hoose-Gow de James Parrott.

12 juillet 2026

Twin Peaks : The Return (2017) de David Lynch

Titre original : « Twin Peaks »

Twin Peaks25 ans après que Laura Palmer ait annoncé à l’agent Dale Cooper dans la chambre rouge « Nous nous reverrons dans 25 ans », Twin Peaks revient sur les écrans pour une saison de 18 épisodes. Elle a beau être souvent surnommée « la saison 3 », il est très important d’avoir vu auparavant le film Twin Peaks : Les 7 derniers jours de Laura Palmer (Fire Walk with me, 1992) qui introduisait de nombreux éléments développés ici.
Cette fois, David Lynch a gardé le contrôle de bout en bout : il en a écrit le scénario avec Mark Frost, a réalisé tous les épisodes, les a tournés d’une seule traite, a gardé la main sur le montage, a imposé le nombre d’épisodes qu’il souhaitait à la chaîne de télévision Showtime. Contrairement aux deux premières saisons, il s’agit donc pleinement d’une œuvre de création de David Lynch et cela se sent dès les deux premiers épisodes, vraiment magistraux.
Par son atmosphère et son esthétisme, c’est une série à nulle autre pareille où David Lynch n’hésite pas à prendre son temps pour nous faire ressentir tout un ensemble de sensations diverses. Chaque épisode renferme son lot de surprises. Il est impossible de tout comprendre à la première vision mais ce n’est pas si important (1). C’est une œuvre qui se ressent. On retrouve presque tous les acteurs de la première série, plus de très nombreux autres. Aucun personnage, aucune situation n’est banale… L’intensité reste constante pendant les 18 épisodes que l’on dévore avec une certaine avidité.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Kyle MacLachlan, Miguel Ferrer, Robert Forster, Chrysta Bell, Naomi Watts, Laura Dern, David Lynch, Don Murray, Dana Ashbrook
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(1) Il y a de très bons résumés des épisodes sur Wikipedia. Il n’est pas inutile d’aller les lire après chaque épisode pour mieux comprendre tout ce que l’on vient de voir …!

Naomi Watts et Kyle MacLachlan dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.
Nicole LaLiberte et Kyle MacLachlan dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.
Twin Peaks : The Return de David Lynch.
Michael Horse, Robert Forster et Dana Ashbrook dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.
Chrysta Bell et Miguel Ferrer dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.
Robert Knepper et Jim Belushi dans Twin Peaks : The Return de David Lynch.

8 juillet 2026

Twin Peaks : Les 7 derniers jours de Laura Palmer (1992) de David Lynch

Titre original : « Twin Peaks: Fire Walk with Me »

Twin Peaks : Les 7 derniers jours de Laura Palmer (Twin Peaks: Fire Walk with Me)Le chef du FBI envoie deux agents dans l’état de Washington enquêter sur le meurtre d’une serveuse, Teresa Banks. Au siège du FBI, l’agent Cooper a la prémonition qu’un autre meurtre sera commis. Un an plus tard, dans la petite de Twin Peaks, Laura Palmer semble vivre une vie normale de jeune lycéenne. Mais, elle est consommatrice de cocaïne, qui lui est fournie par le jeune Bobby Briggs…
Twin Peaks: Fire Walk with Me est un film franco-américain réalisé par David Lynch. Le scénario a été écrit par David Lynch et Robert Engels et le film a été financé par Francis Bouygues (Ciby 2000). Comme le titre français l’indique clairement, il raconte les sept derniers jours de Laura Palmer ; c’est donc un préquel de la série Twin Peaks (1990-1991) mais il ne faut surtout pas le voir avant la série. L’atmosphère est très différente, le récit se concentrant sur la double vie de Laura Palmer, ses errements, ses visions. Tout comme la série, il montre la face cachée de l’Amérique. Le film a beaucoup déçu à sa sortie car il n’apportait pas de réponses à toutes les questions laissées en suspens par la série. Avec le temps, il a heureusement bénéficié d’une réévaluation. C’est en effet une œuvre riche qui contient de nombreux éléments, un film assez sensoriel qui nous fait ressentir tout un panel de sensations. Le cauchemar l’emporte sur le rêve mais on retrouve la Chambre rouge à la fin : des ténèbres naît la rédemption. En outre, il est très important de l’avoir vu pour comprendre la saison 3 (Twin Peaks : The Return, 2017).
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Sheryl Lee, Ray Wise, Dana Ashbrook, Pamela Gidley, Heather Graham, Moira Kelly, James Marshall, Harry Dean Stanton, Kiefer Sutherland, David Bowie, Jürgen Prochnow, David Lynch
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Sheryl Lee dans Twin Peaks : Les 7 derniers jours de Laura Palmer (Twin Peaks: Fire Walk with Me) de David Lynch.

6 juillet 2026

Mystères à Twin Peaks (1990) de David Lynch

Titre original : « Twin Peaks »

Qui a tué Laura Palmer? (Twin Peaks)Dans la ville imaginaire de Twin Peaks, située dans le nord-est de l’État de Washington, le cadavre de Laura Palmer, une lycéenne aimée de tous, est retrouvé emballé dans un sac en plastique sur la berge d’un lac. L’agent du FBI Dale Cooper est envoyé sur place pour mener l’enquête…
Twin Peaks est une série américaine créée par Mark Frost et David Lynch. Phénomène télévisuel, cette série mythique n’a connu originellement que deux saisons : 8 épisodes dans la première (1990), 22 dans la seconde (1990-1991). Le premier épisode, le pilote de 90 minutes, est le plus célèbre. C’est lui qui met en place les personnages et l’atmosphère empreinte de mystère avec un soupçon de mysticisme et de surnaturel qui fit tout le succès de la première saison. David Lynch a réalisé les deux premiers épisodes avant de partir sur d’autres projets, notamment le tournage de Sailor et Lula. Mark Frost a alors mis en place une équipe de scénaristes, ce qui explique la baisse d’intérêt lors de la seconde saison (malgré, ou à cause de, l’introduction répétitive de nouveaux personnages). Devant l’effritement des audiences, la chaîne ABC a exigé de Mark Frost qu’il révèle le nom du tueur en milieu de saison (épisode 7 de la saison 2) alors que David Lynch avait toujours bien précisé que la série perdrait tout intérêt si le nom du tueur était dévoilé. Ce fut effectivement le cas. David Lynch mis toutefois un point d’honneur à terminer la série en beauté avec un ultime épisode resté mythique, dans la fameuse Chambre rouge.
En osant tout, Twin Peaks a révolutionné la série télévisée ; après elle, tout était possible. Revoir la série, 35 ans après, est amusant car tous les personnages nous reviennent en mémoire dès les premières minutes, preuve qu’ils sont particulièrement marquants (revus ici : toute la saison 1 + 2.1, 2.2, 2.7, 2.22).
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Kyle MacLachlan, Michael Ontkean, Richard Beymer, Sherilyn Fenn, Everett McGill, Ray Wise, Joan Chen, Piper Laurie, Russ Tamblyn, Eric DaRe, Mary Jo Deschanel, Sheryl Lee
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Michael Ontkean, Kyle MacLachlan et Russ Tamblyn dans Mystères à Twin Peaks (Twin Peaks) de David Lynch.

Remarques :
Episodes réalisés par David Lynch : Pilote 1.1, épisodes 1.3, 2.1, 2.2, 2.7 et 2.22.
Episodes coécrits par David Lynch : Pilote 1.1, épisodes 1.2, 1.3, 2.1, 2.22.

Une vidéo a été commercialisée en Europe sous le titre Qui a tué Laura Palmer? (titre original : Twin Peaks) : il s’agit du pilote dans une version plus longue de 20 minutes qui clôt l’affaire. On l’appelle parfois le « pilote international ». Cette fin alternative avait été conçue pour le cas où la chaine de télévision ABC ne commanderait pas la série. On y voyait Bob, le manchot et la Chambre rouge avec le nain dansant.

4 juillet 2026

Elephant Man (1980) de David Lynch

Titre original : « The Elephant Man »

Elephant Man (The Elephant Man)Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre un homme complètement difforme, devenu une attraction de foire sous le nom de « Elephant Man ». Il le recueille pour m’étudier, pensant que « le monstre » est un idiot congénital. Il découvre rapidement un homme meurtri, intelligent et doté d’une grande sensibilité…
Elephant Man est un film américain réalisé par David Lynch. Il est basé sur les livres de Sir Frederick Treves car il s’agit bien d’une histoire vraie : Joseph Merrick a bien existé (1). Le film est coécrit et produit par Mel Brooks qui n’a pas voulu faire figurer son nom au générique de crainte de donner une fausse idée du film au public. C’est le deuxième long métrage de David Lynch après son fameux (… et éprouvant) Eraserhead (1977). Il en est très différent. Il a créé une histoire très touchante, pas du tout horrifique comme en témoigne la façon très naturelle de nous dévoiler le visage de son personnage après avoir éveillé notre appréhension. Pendant tout le film, le malaise est plutôt créé par la cruauté des hommes, celle que Merrick doit subir. Le thème est ici le regard des autres, qui prend plusieurs formes. La mise en scène de Lynch est assez délicate tout en se montrant classique avec quelques poussées créatives. L’éclairage noir et blanc est travaillé et le réalisateur utilise merveilleusement la musique. Un film remarquable qui est venu confirmer que Lynch était un grand créateur.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Anthony Hopkins, John Hurt, Anne Bancroft, John Gielgud, Wendy Hiller, Freddie Jones
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Anthony Hopkins dans Elephant Man (The Elephant Man) de David Lynch.

(1) Toutefois, dans la réalité, Joseph Merrick n’a pas été maltraité, ni à l’hôpital, ni auparavant. Il a mené une vie courte, certes, mais paisible. Le véritable showman londonien de Merrick, Tom Norman, n’était pas un ivrogne brutal, comme le fictif « Bytes » et il partageait ses revenus à parts égales avec Merrick.