13 décembre 2021

La Morte-Saison des amours (1961) de Pierre Kast

La Morte-saison des amoursJeunes mariés, Sylvain et Geneviève se sont installés à la campagne pour que Sylvain puisse enfin se consacrer à la rédaction de son prochain roman. Ils font la connaissance de leurs voisins Françoise et Jacques, un couple aux mœurs très libres. Sylvain va se laisser séduire par Françoise et un amour plus profond va naître entre Geneviève et Jacques…
La Morte-Saison des amours est un film français coécrit et réalisé par Pierre Kast. Cet ex-collaborateur aux Cahiers du Cinéma a réalisé de superbes courts-métrages sur l’Art dans les années cinquante mais l’on connait généralement moins ses longs métrages. Ce film met en scène des mœurs très libres qui pouvaient choquer en 1960 mais ce parfum d’interdit et d’illégitimité est perdu à nos yeux d’aujourd’hui. Les dialogues sont très bien écrits et de bonne tenue. Les personnages ont une approche très cérébrale de leurs relations amoureuses. Les réflexions et l’analyse des sentiments paraissent toutefois bien moins profondes que dans son futur Vacances portugaises (1963). On se surprend même à s’ennuyer un peu… La forme est plus enthousiasmante, d’abord par le choix des décors (le domaine de la Saline royale d’Arc-et-Senans ou encore les paysages vallonnés du Jura, sans oublier les décors intérieurs) et aussi par sa très belle photographie noir et blanc signée Sacha Vierny (que l’on retrouve souvent au générique des films de Bunuel, Resnais et Greenaway). Indéniablement, Pierre Kast est un esthète. La musique est de Georges Delerue. Tout cela forme un bel et agréable ensemble. Film assez rare aujourd’hui.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Françoise Arnoul, Daniel Gélin, Pierre Vaneck, Françoise Prévost, Alexandra Stewart
Voir la fiche du film et la filmographie de Pierre Kast sur le site IMDB.

Voir les autres films de Pierre Kast chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Pierre Kast

La Morte-saison des amoursFrançoise Arnoul et Daniel Gélin dans La Morte-saison des amours de Pierre Kast.

Remarques :
* Le jeune nouveau secrétaire qui arrive au domaine dans l’épilogue est Edouard Molinaro (qui avait déjà plusieurs réalisations à son actif en 1960).

* La saline royale d’Arc-et-Senans (Doubs) est une ancienne saunerie (production industrielle de sel) construite par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux sous le règne du roi Louis XV pour transformer la saumure extraite aux salines de Salins-les-Bains et transférée jusqu’à Arc-et-Senans par un saumoduc de 21 km.

la Saline royale d'Arc-et-SenansPhotographie aérienne récente du lieu de tournage de La Morte-saison des amours de Pierre Kast.
(dans le film, le domaine paraît plus champêtre et le demi-cercle intérieur comporte des cultures)

12 décembre 2021

L’Affaire Thomas Crown (1968) de Norman Jewison

Titre original : « The Thomas Crown Affair »

L'affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair)Pour le plaisir, Thomas Crown, séduisant millionnaire divorcé, met sur pied un hold-up parfait avec l’aide de cinq hommes qui ne se connaissent pas et qui ne se sont jamais rencontrés. Sans indice, la police piétine. La compagnie d’assurance, qui a dédommagé la banque, fait appel à une enquêtrice aussi ravissante que perspicace…
L’Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair) est un film américain réalisé et produit par Norman Jewison. Le scénario, signé par Alan Trustman (qui co-écrira ensuite Bullitt), n’est absolument pas crédible mais l’intention était visiblement de créer des situations de tensions sensuelles entre deux acteurs connus (1). Son film est un pur produit commercial et racoleur. La fameuse partie d’échecs, avec son érotisme sous-jacent, pouvait émouvoir à sa sortie mais elle paraît pleine de lourdeurs aujourd’hui. L’autre scène pour laquelle le film est célèbre est un baiser qui dure une minute. Faye Dunaway (habillée de 29 tenues différentes) est superbe mais il faut vraiment faire preuve de bonne volonté pour croire une seule seconde à son personnage. Plusieurs fois, notamment dans le générique de début, la technique du split-screen est utilisée. Le montage est excessif. La musique est signée Michel Legrand (2), sa première composition pour un film américain. Très gros succès commercial à sa sortie.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Steve McQueen, Faye Dunaway, Paul Burke
Voir la fiche du film et la filmographie de Norman Jewison sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Norman Jewison chroniqués sur ce blog…

(1) Norman Jewison a engagé Faye Dunaway alors que Bonnie and Clyde n’était pas encore sorti sur les écrans. Il avait cependant pu voir une préversion du film et a fait le pari que la popularité de Faye Dunaway allait exploser dès la sortie du film d’Arthur Penn. (Ce fut effectivement le cas.)
(2) La grande originalité de la musique est que Michel Legrand a composé la musique avant montage, ce qui a permis au monteur de mieux caler les changements de plans sur la musique et inversement. Michel Legrand a reçu un Oscar pour la chanson « The Windmills of your mind » (« Les Moulins de mon cœur » en français).

L'affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair)Faye Dunaway et Steve McQueen dans L’affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair) de Norman Jewison.

Remake :
Thomas Crown (The Thomas Crown Affair) de John McTiernan (1999) avec Pierce Brosnan, Rene Russo et Denis Leary.

5 décembre 2021

Les Dents du diable (1960) de Nicholas Ray

Titre original : « The Savage Innocents »
Titre original italien : « Ombre bianche »

Les dents du diable (The Savage Innocents)Inuk est un inuit. Robuste et excellent chasseur, il a toujours de quoi manger et se vêtir mais il sait qu’il doit maintenant trouver une femme…
The Savage Innocents (on peut oublier le titre français qui doit être une erreur car on ne voit vraiment pas à quoi il se rapporte) est une production anglo-franco-italienne. Il s’agit de l’adaptation du roman Top of the World de l’écrivain suisse Hans Ruesch qui se déroule dans le monde polaire des Inuits. Ce film assez méconnu étonne à priori dans la filmographie de l’américain Nicholas Ray. La première moitié du film est une description presque ethnologique du mode de vie d’un chasseur inuit, montrant les pratiques pour chasser, manger, se mettre en couple et les autres habitudes de la vie courante. Anthony Quinn est étonnamment crédible en Inuit, il se donne entièrement et, hormis la langue (ils parlent anglais), l’immersion est totale. Ensuite, à la moitié du récit, notre héros va se retrouver confronté à la société moderne, sous la forme d’une poignée d’occidentaux venus acheter des peaux et d’un missionnaire. Leur méconnaissance des traditions Inuits va engendrer une situation dramatique. On retrouve là l’un des thèmes chers à Nicholas Ray, une approche très rousseauiste (« l’homme est bon par nature, c’est la société qui le corrompt ») que l’on peut trouver certainement un peu simplificatrice dans son application ici, sans que cela enlève aux qualités du film. Il est non seulement intéressant mais aussi très beau avec ses belles images tournées dans le Grand Nord canadien. Les scènes tournées en studio sont aisément identifiables, certes, mais elles restent très crédibles. Une intéressante découverte.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Anthony Quinn, Yôko Tani, Peter O’Toole, Carlo Giustini, Anna May Wong
Voir la fiche du film et la filmographie de Nicholas Ray sur le site IMDB.

Voir les autres films de Nicholas Ray chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Nicholas Ray

Remarques :
* Hans Ruesch, auteur du roman, n’a en réalité jamais vu un seul inuit de sa vie. Il a basé son récit en partie sur le film Eskimo de W.S. Van Dyke (1933).
* Bob Dylan admirateur du film, a écrit en 1967 la chanson Quinn the Eskimo (The Mighty Quinn) en hommage à l’interprétation d’Anthony Quinn. La chanson a été reprise par Manfred Mann en 1968 qui en a fait un tube planétaire (« Come on without, come on within, you’ll not see nothing like the Mighty Quinn« ).
* Peter O’Toole (qui interprète l’un des deux policiers blancs) a demandé que son nom soit retiré du générique car sa voix est doublée. A noter que l’acteur n’était pas encore connu, il tournera Lawrence d’Arabie deux ans plus tard.
* Une séquence supplémentaire de chasse à l’ours a été perdue dans un accident d’avion.
* Le réalisateur de la seconde équipe est l’italien Baccio Bandini.

Les dents du diable (The Savage Innocents)Anthony Quinn dans Les dents du diable (The Savage Innocents) de Nicholas Ray.

Les dents du diable (The Savage Innocents)Yôko Tani, Anthony Quinn et Kaida Horiuchi dans Les dents du diable (The Savage Innocents) de Nicholas Ray.

2 décembre 2021

L’or se barre (1969) de Peter Collinson

Titre original : « The Italian Job »

L'or se barre (The Italian Job)A peine sorti de prison, l’anglais Charlie Croker prépare un gros coup : voler l’argent lors d’un transport de fonds qui part de l’aéroport de Turin en Italie. L’idée est de créer un gigantesque embouteillage dans la ville. Il demande l’aide d’un riche et influent voleur, alors en prison…
L’or se barre (The Italian Job) est un film britannique réalisé par Peter Collinson. Le scénario a été écrit par l’écossais Troy Kennedy Martin. Il s’agit d’un « film de casse » dont la partie préparation est centrée sur le personnage interprété par Michael Caine qui montre une belle présence. Le ton d’ensemble est très british avec une bonne dose d’humour. Le personnage du chef de la Mafia anglaise, interprété par Noël Coward, est pittoresque et sa façon de contrôler la prison où il est enfermé est vraiment amusante (et tout aussi british). Mais si le film a tant marqué les esprits, c’est avec le moyen utilisé pour s’échapper après le hold-up : trois Austin Mini qui parviennent à se faufiler partout, y compris dans les endroits les plus improbables. C’est une sorte de ballet permanent qui sait nous tenir en haleine et nous étonner. Cette fuite est ainsi devenue l’une des plus célèbres de l’histoire du cinéma. La fin est tout aussi surprenante. La musique est signée Quincy Jones.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michael Caine, Noël Coward, Benny Hill, Raf Vallone, Tony Beckley, Rossano Brazzi, Margaret Blye
Voir la fiche du film et la filmographie de Peter Collinson sur le site IMDB.

Remarques :
* Benny Hill était déjà très connu à cette époque, ce qui explique sa troisième position sur l’affiche alors qu’il n’a qu’un petit rôle.
* Rémy Julienne et son équipe ont réalisé les cascades.
* La fin en Cliffhanger (= fin où le personnage principal est dans une situation instable) a été conçue par le producteur Michael Deeley après avoir refusé quatre autres fins. En 2008, la Royal Society of Chemistry a organisé un concours pour trouver une solution à la situation (« sans utiliser un hélicoptère » était-il précisé). Le gagnant a proposé une solution qui semble viable sur le plan logique. (Je ne peux la donner sans dévoiler la fin mais elle est décrite sur Wikipédia anglais).
* Selon IMDB, lorsque la municipalité de Turin a refusé de fermer les rues pour le tournage, la Mafia italienne serait intervenue pour bloquer des portions de la ville. Les embouteillages visibles, et assez impressionnants sur les plans larges, sont donc réels. (Cette anecdote paraît tout de même bien surprenante…)

L'or se barre (The Italian Job)Michael Caine et Margaret Blye dans L’or se barre (The Italian Job) de Peter Collinson.

L'or se barre (The Italian Job)L’or se barre (The Italian Job) de Peter Collinson.

Remakes :
Braquage à l’italienne (The Italian Job) de F. Gary Gray (2003) avec Mark Wahlberg, Charlize Theron, Donald Sutherland.
Players de Abbas Alibhai BurmawallaMastan Alibhai Burmawalla (Inde, 2012)
+ Une série TV américaine est en préparation, ce serait une suite (avec les petits-enfants du personnage principal).

5 novembre 2021

Un homme pour l’éternité (1966) de Fred Zinnemann

Titre original : « A Man for All Seasons »

Un homme pour l'éternité (A Man for All Seasons)Angleterre, 1529. Chancelier d’Henri VIII, Thomas More refuse d’intervenir auprès du pape pour faire annuler le mariage du roi avec Catherine d’Aragon qui ne lui a pas donné de fils. Le roi veut épouser sa maitresse Anne Boleyn…
Un homme pour l’éternité est un film britannique produit et réalisé par l’américain Fred Zinnemann. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce de Robert Bolt qui avait triomphé des deux côtés de l’Atlantique. L’acteur shakespearien Paul Scofield reprend le rôle principal qu’il tenait sur les planches. Ce récit historique met en scène la lutte d’une conscience (Thomas More) contre le pouvoir absolu (Henri VIII et son bras armé Thomas Cromwell) avec, en fond, la question de la suprématie du pouvoir royal sur le pouvoir spirituel (1). L’interprétation est de qualité, la distribution est essentiellement anglaise. Très hollywoodien, le film reste toutefois très marqué par ses origines théâtrales et donne une impression de lourdeur. Il est aussi trop long. Un homme pour l’éternité a connu un grand succès à sa sortie, un succès salué par six Oscars.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Paul Scofield, Wendy Hiller, Leo McKern, Robert Shaw, Orson Welles, Susannah York, Nigel Davenport, John Hurt, Colin Blakely
Voir la fiche du film et la filmographie de Fred Zinnemann sur le site IMDB.

Voir les autres films de Fred Zinnemann chroniqués sur ce blog…

Remarque :
* A noter la (courte) présence de Vanessa Redgrave qui interprète Anne Boleyn. Dans le remake, l’actrice tiendra le rôle de la femme de Thomas More.

Remake TV :
Un homme pour l’éternité (A Man for All Seasons) de Charlton Heston (TV 1988) avec Charlton Heston et John Gielgud.

(1) Cet épisode du divorce sera à l’origine de la création de la doctrine anglicane. En effet, Henri VIII va rompre avec le pape en 1534 en promulguant l’Acte de Suprématie qui donne au roi et à ses successeurs le titre de « chef unique et suprême de l’Église d’Angleterre ». Cette loi fonde l’Église anglicane.

Un homme pour l'éternité (A Man for All Seasons)Robert Shaw et Paul Scofield dans Un homme pour l’éternité (A Man for All Seasons) de Fred Zinnemann.

23 octobre 2021

Viva l’Italia (1961) de Roberto Rossellini

Vive l'Italie (Viva l'Italia)1860. L’Italie est composée de huit petits Etats. A la tête de mille volontaires, le général Giuseppe Garibaldi du Royaume de Piémont-Sardaigne débarque en Sicile pour soutenir les mouvements d’insurrection de l’île gouvernée par les Bourbons. Son but : unifier l’Italie…
Viva l’Italia est un film italien réalisé par Roberto Rossellini pour le célébrer le centenaire de l’unification italienne (le Risorgimento). Le récit relate la grande marche des Chemises rouges depuis Marsala en Sicile où ils ont débarqué jusqu’à Naples qui voit la dissolution de l’armée garibaldienne. La mise en scène de Rossellini donne une grande place à l’enthousiasme et à la popularité de Garibaldi dont elle donne un visage très humain. La réalité historique est bien respectée. Le récit se concentre sur les grandes étapes de ce périple étalé sur six mois avec de vastes reconstitutions des batailles. L’ensemble est assez prenant et a le mérite d’être instructif car c’est un pan de l’Histoire que l’on connait plutôt mal (du moins, en ce qui me concerne). Rarement cité, ce film historique est certainement mineur dans la filmographie de Rossellini mais mérite d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Renzo Ricci, Paolo Stoppa, Franco Interlenghi, Giovanna Ralli, Tina Louise
Voir la fiche du film et la filmographie de Roberto Rossellini sur le site IMDB.

Voir les autres films de Roberto Rossellini chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Roberto Rossellini

Vive l'Italie (Viva l'Italia)Renzo Ricci (au centre) est Garibaldi dans Viva l’Italia de Roberto Rossellini.
(à droite : Paolo Stoppa )

Vive l'Italie (Viva l'Italia)Viva l’Italia de Roberto Rossellini

1 octobre 2021

Vacances portugaises (1963) de Pierre Kast

Vacances portugaisesPour tromper l’ennui, Françoise et Jean-Pierre invitent plusieurs de leurs amis à passer un week-end dans leur grande villa de vacances sur la côte portugaise. Il s’ensuit un chassé-croisé amoureux pour certains, chaque personnage se découvrant un peu au fil de l’histoire…
Vacances portugaises (ou Les Égarements) est un film franco-portugais coécrit et réalisé par Pierre Kast. Cet ex-collaborateur aux Cahiers du Cinéma a réalisé de superbes courts-métrages sur l’Art dans les années cinquante mais l’on connait généralement moins ses longs métrages. L’amour est multiforme et le chemin pour le trouver peut présenter bien des méandres… Tel pourrait être l’enseignement de cette histoire. Le scénario parvient bien à placer dans un même lieu plusieurs types de relation amoureuse : l’amour possessif, la rupture, la réconciliation, l’amour irraisonné, l’amour sage etc. La forme générale du film pourra paraître trop intellectualisée à certains spectateurs car c’est une succession de discussions à deux ou trois personnages, rarement plus, entre marivaudage et philosophie. Le propos va souvent assez loin de telle sorte que limites et contradictions apparaissent. Bien écrit, le scénario montre une observation assez fine des comportements humains (même si on pourra lui reprocher de ne se situer que dans un seul milieu). Le film bénéficie d’une belle distribution, aucun acteur n’étant vraiment au premier plan ; presque tous les acteurs ont gardé leur prénom. A noter que la jeune Catherine Deneuve n’est pas encore connue. Jacques Doniol-Valcroze (fondateur des Cahiers du Cinéma) a coécrit le scénario, la photographie est de Raoul Coutard, la musique de Georges Delerue et le montage de Yannick Bellon. Du beau monde! Sans succès à sa sortie, le film reste aujourd’hui méconnu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Françoise Arnoul, Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Jean-Marc Bory, Françoise Brion, Catherine Deneuve, Jacques Doniol-Valcroze, Daniel Gélin, Michèle Girardon, Barbara Laage, Françoise Prévost, Pierre Vaneck, Bernhard Wicki
Voir la fiche du film et la filmographie de Pierre Kast sur le site IMDB.

Voir les autres films de Pierre Kast chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Pierre Kast

Vacances portugaisesFrançoise Brion et Barbara Laage dans Vacances portugaises de Pierre Kast.

Vacances portugaisesCatherine Deneuve et Bernhard Wicki dans Vacances portugaises de Pierre Kast.

Vacances portugaisesBarbara Laage et Daniel Gélin dans Vacances portugaises de Pierre Kast.

23 septembre 2021

Adieu l’ami (1968) de Jean Herman

Adieu l'amiDino Barran, légionnaire-médecin démobilisé, accepte d’aider Isabelle, une jeune femme qui semble le connaitre. Il doit se laisser enfermer dans la chambre forte de l’entreprise où elle travaille afin d’en ouvrir le coffre-fort et y replacer des documents compromettants pour elle…
Avant de se consacrer pleinement à l’écriture au milieu des années soixante-dix, Jean Vautrin a réalisé quelques courts et longs métrages sous son vrai nom, Jean Herman. Adieu l’ami est le plus connu d’entre eux, un film franco-italien avec un acteur américain, Charles Bronson qu’il a fallu convaincre de tourner dans un film européen (1). Malgré quelques invraisemblances, le scénario se déroule fort bien et le récit capte toute notre attention. C’est un film qui se situe dans la tradition des films de casse avec un beau face à face entre Delon et Bronson. Adieu l’ami n’eut qu’une distribution limitée aux Etats-Unis mais, en revanche, fut un grand succès en France ce qui encouragea Charles Bronson à continuer de tourner dans des films européens, notamment Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone (1968) et Le Passager de la pluie de René Clément (1970), deux films qui le propulsèrent au rang de star.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Alain Delon, Charles Bronson, Olga Georges-Picot, Bernard Fresson, Brigitte Fossey
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean Herman sur le site IMDB.

Voir les livres sur Jean Herman

Remarque :
* Le film a été vu ici en version anglaise. A noter qu’Alain Delon se double lui-même.

(1) Paul Kohner, l’agent de Charles de Bronson, a raconté que le producteur a accroché l’acteur en lui disant qu’aux Etats-Unis, les plus gros cachets et la célébrité allaient aux acteurs beaux gosses alors qu’en Europe, le public était plus intéressé par la personnalité que par le physique.

Adieu l'amiCharles Bronson et Alain Delon dans Adieu l’ami de Jean Herman.

18 septembre 2021

Le Cid (1961) de Anthony Mann

Titre original : « El Cid »

Le Cid (El Cid)XIe siècle. Menacée d’invasion par les Maures, l’Espagne est en proie à des luttes internes pour le pouvoir. C’est dans ce contexte qu’un homme, Rodrigue Diaz de Bivar, va être considéré comme le grand héros sur terre et surnommé Le Cid Campeador…
Le Cid  est un film italo-américain d’épopée historique réalisé par Anthony Mann et produit par Samuel Bronston, spécialiste de films à grand spectacle généralement tournés en Espagne. Précisons d’emblée qu’il ne s’agit pas d’une adaptation de la pièce homonyme de Corneille. Le scénario a été écrit pour le film en s’inspirant de la vie de ce mercenaire espagnol et de la légende qui s’est développé autour. Le film est impressionnant par l’ampleur de ses scènes d’action : 7 000 figurants, 10 000 costumes, 35 bateaux, 50 machines de guerre. Il est en revanche un peu décevant, surtout de la part d’un réalisateur tel qu’Anthony Mann, que les personnages ne soient pas mieux développés. Côté acteurs, Charlton Heston montre une belle présence mais les scènes avec Sophia Loren ne tiennent pas leurs promesses, elles sont étonnamment froides. Les deux acteurs ne se sont pas bien entendus durant le tournage, Charlton Heston ayant mal supporté que l’actrice soit mieux payée que lui (1). Le Cid est donc avant tout un grand spectacle, il ne faut pas en attendre plus. Sur ce plan, il est impressionnant et mémorable.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Charlton Heston, Sophia Loren, Raf Vallone, Geneviève Page, John Fraser
Voir la fiche du film et la filmographie de Anthony Mann sur le site IMDB.

Voir les autres films de Anthony Mann chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Anthony Mann

Remarque :
* Les scènes de l’attaque de la cité de Valence ont été tournées à Peniscola, ville située environ 50 kilomètres au nord de Valence.

(1) Charton Heston a déclaré plus tard regretter de s’être mal comporté vis-à-vis de Sophia Loren.

Le Cid (El Cid)Le Cid (El Cid) de Anthony Mann.

Le Cid (El Cid)Sophia Loren et Raf Vallone dans Le Cid (El Cid) de Anthony Mann.

Le Cid (El Cid)Charlton Heston dans Le Cid (El Cid) de Anthony Mann.

13 septembre 2021

Divorce à l’italienne (1961) de Pietro Germi

Titre original : « Divorzio all’italiana »

Divorce à l'italienne (Divorzio all'italiana)Le baron Ferdinando Cefalu, un noble sicilien, est amoureux de sa jeune cousine, Angela. Mais il est marié depuis douze ans à Rosalia, une femme insupportable, et le divorce est illégal en Italie. Il va user d’un stratagème pour avoir son divorce… à l’italienne !
Divorce à l’italienne est un film italien de Pietro Germi. C’est une comédie italienne mais une comédie d’humour noir, plus proche de certaines comédies anglaises des années cinquante. Il s’agit surtout d’une charge en règle contre l’interdiction du divorce et un portrait social de la société sicilienne avec le lourd poids des traditions, de l’honneur et de la religion. Au départ, Pietro Germi avait pensé à un film dramatique mais, à l’écriture du scénario, décida de laisser les éléments satiriques et grotesques prendre le dessus car « les délits d’honneur, (…) on ne sait si c’est le ridicule ou la bêtise qui les caractérisent le mieux ». Il raille aussi le machisme et les cercles d’hommes obsédés par les femmes. Marcello Mastroianni compose de façon magistrale un noble blasé, hautain et nonchalant. Il adopte un tic pour imiter Germi lui-même atteint de tics. Tout au long de sa carrière l’acteur a cherché à varier ses personnages et Divorce à l’italienne est l’une de ses meilleures comédies.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Marcello Mastroianni, Daniela Rocca, Stefania Sandrelli, Leopoldo Trieste
Voir la fiche du film et la filmographie de Pietro Germi sur le site IMDB.

Voir les autres films de Pietro Germi chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Pietro Germi

Remarques :
* Le divorce ne sera autorisé par la loi italienne qu’en 1969. Le parti de la Démocratie chrétienne militera alors activement pendant cinq années pour faire annuler cette loi et, en 1974, un référendum rendra son acceptation définitive (60% de oui). La tolérance pour les « crimes d’honneur » ne sera supprimée de la loi italienne qu’en 1981. (En France, le divorce a été définitivement autorisé par la loi en 1884.)

* La Dolce Vita de Fellini est sorti l’année précédente. L’extrait inséré (projection dans le cinéma) ne montre qu’Anita Ekberg, sans les contre-champs sur Mastroianni, mais on l’entend appeler « Marcello »…

* Pietro Germi poursuivra sur le même thème avec
Séduite et abandonnée (Sedotta e abbandonata) en 1964
Ces messieurs dames (Signore e Signori) en 1966.

Divorce à l'italienne (Divorzio all'italiana)Daniela Rocca et Marcello Mastroianni dans Divorce à l’italienne (Divorzio all’italiana) de Pietro Germi.