9 septembre 2019

Un soupçon de vison (1962) de Delbert Mann

Titre original : « That Touch of Mink »

Un soupçon de visonPar un jour de pluie à New York, la voiture de Philip Shayne, riche homme d’affaires, éclabousse Cathy Timberlake, jeune femme à la recherche d’un emploi qui sortait du métro. Il envoie son directeur financier lui présenter des excuses et lui offrir une nouvelle robe. Outrée par ce manque de galanterie, Cathy décide d’aller à la rencontre de Philip et de le lui faire savoir. Mais au lieu de cela, elle tombe sous son charme…
Le thème de l’homme très riche qui tombe amoureux d’une jeune femme bien moins fortunée que lui n’est pas vraiment nouveau dans le cinéma hollywoodien. Tous les motifs récurrents du thème sont bien présents. hélas, si le film ne manque pas de moments amusants, l’ensemble ne parvient pas à déclencher l’enthousiasme. Doris Day se démène beaucoup (trop sans doute) mais Cary Grant semble peu concerné. En fait, l’humour le plus réussi vient d’un personnage secondaire, un conseiller financier constamment dépressif (Gig Young) qui se réfugie fréquemment chez son psychiatre. A noter que les deux acteurs principaux, choisis pour leur notoriété, sont bien trop âgés pour leur rôle (Doris Day a 38 ans alors que son personnage est censée n’en avoir que 23-25 et Cary Grant a 58 ans). Cette comédie très conventionnelle fut l’un des plus gros succès de l’année 1962.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Cary Grant, Doris Day, Gig Young, Audrey Meadows
Voir la fiche du film et la filmographie de Delbert Mann sur le site IMDB.

Un soupçon de visonDoris Day et Cary Grant dans Un soupçon de vison de Delbert Mann.

4 septembre 2019

Moderato cantabile (1960) de Peter Brook

Moderato cantabileDans une ville portuaire des bords de la Gironde, Anne Desbaresdes a l’habitude d’assister aux cours de piano de son jeune fils. Pendant l’une d’elle, une femme est assassinée dans un café proche. C’est un crime passionnel. Cherchant à en savoir plus, elle fait la rencontre d’un ancien employé de l’usine de son mari…
Moderato cantabile est adapté du roman du même nom de Marguerite Duras paru en 1958, ouvrage parfois considéré comme faisant partie des œuvres les plus réussies du Nouveau Roman. L’auteure en a coécrit l’adaptation avec Gérard Jarlot. L’anglais Peter Brook reste ainsi très fidèle à l’œuvre et ne suit pas une trame narrative forte mais plutôt s’attache à créer une atmosphère. Les deux personnages cherchent l’amour mais en ont chacun une vision personnelle. Leurs rencontres sont en apparence banales mais elles sont marquées par un désir trouble. Très belle interprétation de Jeanne Moreau et du jeune Belmondo. Un film très sobre.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jeanne Moreau, Jean-Paul Belmondo
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Remarques :
* Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1960 pour Jeanne Moreau (ex-aequo avec Mélina Mercouri pour Jamais le dimanche de Jules Dassin).
* Le film est souvent assimilé à la Nouvelle Vague.

Moderato cantabileJean-Paul Belmondo et Jeanne Moreau dans Moderato cantabile de Peter Brook.

28 août 2019

Jugement à Nuremberg (1961) de Stanley Kramer

Titre original : « Judgment at Nuremberg »

Jugement à NurembergA la suite du Procès de Nuremberg des grands dignitaires nazis (1945-46), douze procès secondaires, appelés parfois « procès successeurs », se déroulèrent dans la zone d’occupation américaine. Le film de Stanley Kramer s’inspire du « procès des juges » qui se tint en 1947 : 16 personnes, anciennement juristes, procureurs et juges, furent inculpés. Dans le film, ils ne sont plus que quatre à comparaître et l’histoire se concentre sur le plus emblématique d’entre eux. Si, il faut bien l’avouer, Stanley Kramer n’a pas toujours convaincu de la qualité de sa réalisation, Jugement à Nuremberg le montre à son meilleur. Son film est intense et restitue bien la gravité du sujet. Il questionne sur la notion de responsabilité personnelle et collective, et aussi sur la culpabilité. L’intensité est encore plus forte avec l’insertion des images d’archives filmées à l’ouverture des camps de concentration, images épouvantables qui créent un choc. C’est l’un des tous premiers films montrant ces terribles documents (1). Le récit donne une large place aux scènes de prétoire. Stanley Kramer a réuni un plateau prestigieux. Un seul acteur montre une certaine outrance dans son jeu (et c’est lui qui a gagné l’Oscar) : Maximilian Schell en avocat de la défense. Les autres acteurs savent trouver le ton juste. Quelle que soient les critiques que l’on peut lui faire, le film a les qualités de son sujet : ces procès sont l’un des plus grands évènements historiques du XXe siècle, une première dans l’histoire de l’Humanité. Malgré une durée de 3 heures, le film draina une large audience.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Spencer Tracy, Burt Lancaster, Richard Widmark, Marlene Dietrich, Maximilian Schell, Judy Garland, Montgomery Clift, William Shatner
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Remarques :
* L’utilisation du zoom était encore récente en 1961. Les quelques « coups de zoom » très brutaux peuvent s’expliquer ainsi. Ils paraissent ridicules aujourd’hui.
* Les personnages Ernst Janning (interprété par Burt Lancaster) et Emil Hahn (celui qui n’a aucun remords) (interprété par Werner Klemperer) sont inspirés de personnages réels.
* Le blocus de Berlin par les soviétiques (24 juin 1948 – 12 mai 1949) n’eut pas lieu pendant le procès des juges (13 février 1947 – 3 décembre 1947) mais il eut bien lieu pendant d’autres « procès successeurs ».
* Lorsque la première du film se tint à Berlin le 14 décembre 1961 (devant tout un parterre de journalistes transportés à grand frais), le verdict dans le procès d’Adolf Eichmann récemment retrouvé et enlevé par les israéliens en Argentine, avait été rendu deux jours auparavant.
* Pour en savoir plus sur ce procès : lire la page dédiée sur le U.S. Holocaust Memorial Museum. (en anglais)

(1) Il faut bien entendu mentionner le court métrage d’Alain Resnais Nuit et Brouillard qui les montraient dès 1956.

 

Jugement à NurembergBurt Lancaster dans Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer.

Jugement à NurembergMaximilian Schell et Richard Widmark dans Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer.

2 août 2019

La Ragazza (1964) de Luigi Comencini

Titre original : « La ragazza di Bube »

La RagazzaEn Toscane, juste à la fin de guerre, Mara, une jeune fille insouciante, fait la connaissance de Bube, un ancien résistant communiste. Ils tombent amoureux mais Bube  est accusé d’avoir tué un ancien fasciste. Il est obligé de fuir…
La Ragazza est adapté d’un roman de l’italien Carlo Cassola paru et primé en 1960. Il évoque la situation de l’immédiat Après-guerre, période trouble où les idéaux et les espoirs se sont heurtés à une réalité décevante. Le plus admirable dans ce film de Comencini est la façon dont il montre la confrontation entre l’émancipation individuelle et le devenir collectif : il parvient à les entremêler avec une histoire d’amour assez troublante et inhabituelle, variation sur le thème du sacrifice et du renoncement. Tout le récit est à la première personne, tout est vécu à travers les yeux de la jeune Mara. Le couple assez inattendu formé par Claudia Cardinale et George Chakiris (acteur américain fraîchement auréolé du succès de West Side Story) fonctionne parfaitement. La photographie, signée par Gianni Di Venanzo (l’un des plus grands directeurs de la photographie italiens), est admirable, avec notamment des gros plans de toute beauté ; les trois acteurs principaux sont, il est vrai, particulièrement photogéniques. La Ragazza est un film assez méconnu. Il a longtemps été assez rare mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Claudia Cardinale, George Chakiris, Marc Michel
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La RagazzaGeorge Chakiris et Claudia Cardinale dans La Ragazza de Luigi Comencini.

25 juillet 2019

Sa Majesté des Mouches (1963) de Peter Brook

Titre original : « Lord of the Flies »

Sa majesté des mouchesLors d’un conflit atomique mondial, un groupe d’écoliers britanniques de la haute société est mis dans un avion pour aller se réfugier en Australie. L’avion s’écrase sur une île déserte. Seuls rescapés, une quinzaine d’enfants vont tenter de s’organiser pour survivre…
Lord of the Flies est au départ un roman de William Golding édité en 1954, devenu un classique de la littérature anglaise, tout en suscitant souvent la controverse. L’auteur y explore l’opposition entre l’influence civilisatrice de la raison et la barbarie instinctive de l’homme. Chacun des enfants principaux a un caractère propre : Ralph symbolise la raison et la République, Piggy le savoir et la connaissance, Jack le pouvoir guerrier, etc. Le roman a été porté au grand écran par deux fois mais cette version du très grand metteur en scène de théâtre qu’est Peter Brook est de loin la plus importante des deux. Beaucoup a été improvisé : plus de 60 heures de film avec les enfants ont été tournées pour ne garder que 90 minutes. Le propos de Lord of the Flies est philosophiquement assez fort, on retrouve l’éternelle opposition entre Hobbes et Rousseau, et cette force est bien présente dans le film de Peter Brook.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: James Aubrey, Tom Chapin, Hugh Edwards, Nicholas Hammond
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Sa majesté des mouchesJames Aubrey dans Sa majesté des mouches de Peter Brook.

Remarques :
* Contrairement au roman, le film n’explique pas le titre même si l’on voit fugitivement la tête de porc attirant les mouches. A noter que « Lord of the Flies » est aussi une traduction possible du mot « Belzébuth ».

* De tous les enfants, seuls James Aubrey (qui interprète Ralph, celui qui est élu chef) et Nicholas Hammond (Robert) ont eu ensuite une carrière d’acteur.

* Le tournage s’est déroulé pendant les vacances scolaires des enfants. Le film ayant été classé X par le British Board of Film Censors, les enfants qui ont joué n’ont pu voir le film à sa sortie.

* Peter Brook a utilisé deux caméras : tandis qu’il soignait ses cadrages sur la première, Gerald Feil avait toute liberté pour filmer ce qu’il désirait avec la seconde. Peter Brook a déclaré avoir largement utilisé des plans de cette seconde caméra au montage.

* Autre adaptation :
L’Île oubliée (Lord of the Flies) par l’anglais Harry Hook (1990)

9 juillet 2019

Le Bonheur (1965) de Agnès Varda

Le BonheurFrançois est un jeune menuisier heureux qui aime sa femme. Il aime aussi la nature et ses amis. Lorsqu’il rencontre Emilie, une jeune postière, et qu’il en tombe amoureux, il voit là une occasion d’ajouter du bonheur à son bonheur…
Troisième long métrage écrit et réalisé par Agnès Varda, Le Bonheur fit grand scandale à sa sortie et fut interdit aux moins de 18 ans car il montrait l’adultère sans réprobation. Débarrassés de ces considérations morales un demi-siècle plus tard, il nous reste un film plein de vie, joyeux et très beau. Agnès Varda explore la notion de bonheur qu’elle déconnecte des conventions sociales ou morales. « Ce n’est pas le mariage qui mène au bonheur, c’est le bonheur qui mène au mariage » semble-t-elle vouloir nous dire. La réalisatrice montre beaucoup d’inventivité dans ses cadrages et surtout une recherche esthétique et picturale qui est particulièrement visible. De très nombreux plans évoquent des natures mortes ou même des tableaux impressionnistes. Son utilisation des couleurs est enthousiasmante, ses talents de photographe sont manifestes. C’est un régal pour les yeux. Jean-Claude Drouot sait restituer toute la candeur de son personnage. L’acteur joue ici avec sa femme et ses enfants ce qui contribue à la sensation de naturel. Le film a été restauré en 2014, rendant ainsi justice à ses qualités esthétiques. Les couleurs, notamment, sont magnifiques.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jean-Claude Drouot, Marie-France Boyer, Marc Eyraud
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Le BonheurMarie-France Boyer et Jean-Claude Drouot dans Le Bonheur de Agnès Varda.

Remarques :
* Jean-Claude Drouot était alors le héros de la série TV Thierry La Fronde (1963-1966). Il bénéficiait d’un immense capital de sympathie, y compris auprès des très jeunes enfants, ce qui a certainement exacerbé les oppositions au film d’Agnès Varda.

* L’interdiction aux moins de 18 ans n’a été levée qu’en 2006, lors d’une ressortie au cinéma Saint-André-des-Arts.

* Finalement, le plus étonnant dans ce film d’Agnès Varda est que le propos ne soit pas plus féministe : c’est le bonheur de l’homme qui importe, il est censé déteindre sur le bonheur de la femme… Il faut toutefois garder à l’esprit que nous sommes en 1965. Le propos d’Agnès Varda ne se situe d’ailleurs pas sur le plan homme/femme, la réalisatrice nous incite à réfléchir sur le lien entre bonheur et morale. « Faut-il se cacher pour être heureux? » C’est ce genre de question qu’elle pose.

Voir aussi : Entretien avec Agnès Varda pour la télévision suisse RTS (8’30)…

Le BonheurMarie Drouot, Jean-Claude Drouot et leurs deux enfants dans Le Bonheur de Agnès Varda.

 

Homonymes :
Le Bonheur d’Aleksandr Medvedkin (1935)
Le Bonheur de Marcel L’Herbier (1935) avec Gaby Morlay et Charles Boyer

Le BonheurMarie Drouot, Jean-Claude Drouot et leurs deux enfants dans Le Bonheur de Agnès Varda.

5 juillet 2019

Compartiment tueurs (1965) de Costa-Gavras

Compartiment tueursDans le train-couchettes Marseille-Paris, la jeune Bambi  fait la connaissance de Daniel. Elle le fait entrer subrepticement dans son compartiment qui a une couchette de libre. Le lendemain matin, l’une des voyageuses est retrouvée morte étranglée. L’inspecteur Graziani se met sur l’affaire…
Adaptation d’un roman de Sébastien Japrisot, Compartiment tueurs est le premier long métrage de Costa-Gavras qui avait été auparavant assistant de René Clair, Jacques Demy, Jacques Becker et René Clément. Depuis le tournage de Le Jour et l’heure de Clément, il était devenu très ami avec le couple Montand-Signoret et l’acteur l’aidera beaucoup à monter son premier projet. Le plateau d’acteurs réunis ici est assez impressionnant, y compris dans les tout petits rôles, et c’est presque un jeu pour le spectateur d’aujourd’hui de mettre un nom sur tous les visages. L’histoire est assez brillante dans son idée de base, une belle variation sur le crime parfait, qui nous laisse dans le brouillard pendant la plus grande partie du film avant un dénouement un peu rapide. Le récit prend en outre la peine de bien explorer ses personnages en profondeur. Compartiment tueurs a permis à Costa-Gavras de prouver qu’il était capable de réaliser des productions plus importantes. Le film sera un succès, notamment (ce qui est toujours plus rare pour un film français) aux Etats-Unis.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Yves Montand, Simone Signoret, Catherine Allégret, Jacques Perrin, Michel Piccoli, Pierre Mondy, Pascale Roberts, Claude Mann, Charles Denner, Jean-Louis Trintignant, Bernadette Lafont
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Compartiment tueursSimone Signoret, Yves Montand et Claude Mann dans Compartiment tueurs de Costa-Gavras.

Compartiment tueursCatherine Allégret et Jacques Perrin dans Compartiment tueurs de Costa-Gavras.

20 mai 2019

Seuls sont les indomptés (1962) de David Miller

Titre original : « Lonely Are the Brave »

Seuls sont les indomptésDans les années 1960 au Nouveau-Mexique, Jack Burns est un cowboy qui refuse le monde moderne et se déplace toujours à cheval. Il vient revoir son ami Paul qui vient d’être mis en prison pour avoir aidé des immigrés clandestins…
Kirk Douglas s’est beaucoup impliqué dans cette adaptation du roman d’Edward Abbey, The Brave Cowboy ; c’est lui qui en a acheté les droits, qui l’a produit et a probablement influencé sa mise en scène. Il a beaucoup apprécié interpréter ce cowboy idéaliste, attaché aux vieilles valeurs de l’Ouest, rétif à toute autorité, prompt à couper toute clôture en travers de son chemin. Beaucoup l’ont souligné, ce personnage n’est pas sans rappeler celui qu’il personnifiait dans L’homme qui n’a pas d’étoile (1955) de King Vidor. Le scénario est épuré, la mise en scène est tendue, réaliste, sans effets inutiles, ce qui donne une belle intensité au récit. Si les seconds rôles peuvent paraître excessivement typés, l’interprétation de Kirk Douglas est toujours sobre et très juste. L’acteur a déclaré à plusieurs reprises que Seuls sont les indomptés était son préféré de toute sa filmographie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Kirk Douglas, Gena Rowlands, Walter Matthau, George Kennedy
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Remarques : Que le film soit un western ou pas peut faire l’objet de discussions… Il est difficile de trancher mais j’aurais personnellement tendance à répondre « non ». On le trouve toutefois dans nombre d’encyclopédies sur le western.

Lonely are the BraveKirk Douglas dans Seuls sont les indomptés de David Miller.

Lonely are the BraveLa jeune Gena Rowlands dans Seuls sont les indomptés de David Miller.

Lonely are the BraveKirk Douglas et Michael Kane dans Seuls sont les indomptés de David Miller.

Remarque :
* Le titre de travail était The Last Hero, Kirk Douglas voulait appeler le film The Last Cowboy, mais c’est le distributeur Universal Pictures qui a finalement imposé le titre un peu idiot (il faut bien le reconnaître)  Lonely Are the Brave.

12 mai 2019

1 homme de trop (1967) de Costa-Gavras

1 homme de tropEn 1943, un commando de résistants d’un maquis des Cévennes prend d’assaut une prison gardée par les allemands dans le but de libérer douze condamnés à mort. L’opération est une réussite mais, dans leur fuite, les maquisards réalisent qu’ils ont libéré treize prisonniers au lieu de douze. Ils se demandent s’il ne s’agirait pas d’un mouchard…
Adapté du roman homonyme et autobiographique de Jean-Pierre Chabrol, 1 homme de trop est le deuxième long métrage de Costa-Gavras. Sans avoir l’efficacité de ses réalisations ultérieures, le film est assez percutant par sa profusion de scènes d’action très réalistes sur les actions des maquisards. Costra-Gavras l’a décrit comme un « western dans le maquis ».  C’est un film sur un groupe, plus que sur des individualités, mais le réalisateur parvient à donner une certaine épaisseur à tous ses personnages. Il est aidé, il est vrai, par un beau plateau d’acteurs. Pas vraiment de contenu politique même sous-jacent, si ce n’est une réflexion sur l’absurdité de la guerre. L’ensemble est très prenant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Charles Vanel, Bruno Cremer, Jean-Claude Brialy, Michel Piccoli, Gérard Blain, Claude Brasseur, Jacques Perrin, François Périer, Pierre Clémenti
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Remarques :
* Le producteur est le canadien Harry Saltzmann, le producteur des premiers James Bond,  car le premier film de Costa-Gavras, Compartiment tueurs, avait très bien marché aux Etats-Unis.
* Le film n’eut que peu de succès à l’époque. Le réalisateur pense aujourd’hui que le refus de s’engager du personnage joué par Piccoli a beaucoup gêné en France parce que le mythe d’une France entière soutenant la Résistance était encore très présent dans les esprits.
* Dans la réalité, l’auteur, Jean-Pierre Chabrol (aucun lien avec le cinéaste), était le treizième homme. Il était beaucoup plus jeune (19 ans) que Piccoli. Il s’est finalement engagé dans la Résistance, dans la brigade du Languedoc formée de soldats issus des maquis du sud, ce qui l’a conduit jusqu’à Berlin.

1 homme de trop
Michel Piccoli, Bruno Cremer et Jean-Claude Brialy dans 1 homme de trop de Costa-Gavras.

4 mai 2019

Une femme est une femme (1961) de Jean-Luc Godard

Une femme est une femmeAngela veut un enfant de l’homme qu’elle aime et elle le veut dans les 24 heures. Ce dernier n’est pas si pressé. Angela pense alors s’adresser à un ami commun mais elle hésite…
Après A bout de souffle, Jean-Luc Godard entreprend de revisiter plusieurs genres cinématographiques (1) poursuivant ses recherches sur le rapport du spectateur à l’image et au son. Une femme est une femme est ainsi une comédie. J.-L. Godard prend une histoire type roman-photo, donc à priori sans intérêt, et cherche à la « transfigurer ». Il expérimente de nouvelles approches, visuelles ou sonores ou narratives, pratique le contre-emploi, les regards-caméra. Si toutes ces idées semblent intéressantes, il faut bien reconnaître que le résultat n’est pas toujours aussi heureux que l’on pourrait le souhaiter. Et l’histoire n’en paraît, hélas, pas plus intéressante. Les clins d’œil sont nombreux (à commencer par le nom du personnage joué par Belmondo, Alfred Lubitsch) et l’humour se manifeste par quelques beaux traits dans les dialogues, le plus beau étant la punchline finale : « Angela, tu es infâme » « Non, je suis une femme ».
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean-Claude Brialy, Anna Karina, Jean-Paul Belmondo
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Une femme est une femme
Jean-Claude Brialy et Anna Karina dans Une femme est une femme de Jean-Luc Godard.

(1) Citons notamment : l’espionnage avec Le Petit Soldat (1960), la comédie avec Une femme est une femme (1961), le mélo avec Vivre sa vie (1962), le pamphlet politique dans Les Carabiniers (1963), la tragédie avec Le Mépris (1963), le polar avec Bande à part (1964), la science-fiction avec Alphaville (1965).

Jean Luc Godard et Raoul Coutard sur le tournage de Une femme est une femme
Jean Luc Godard et Raoul Coutard sur le tournage de Une femme est une femme, rue du Faubourg-Saint-Denis à Paris.