16 avril 2021

Nuages épars (1967) de Mikio Naruse

Titre original : « Midaregumo »

Nuages épars (Midaregumo)Yumiko se prépare à suivre son mari Hiroshi muté aux Etats-Unis. Mais Hiroshi, renversé par une voiture, meurt subitement. Rongé par le remords, Shiro Mishima, le responsable de l’accident, décide de verser une pension à la jeune veuve et de maintenir le contact avec elle…
Nuages épars est l’ultime réalisation de Mikio Naruse. Le réalisateur japonais est en effet décédé peu après avoir signé son 92e film, à l’âge de 63 ans. On y retrouve tout son style, sa délicatesse et la sérénité de sa mise en scène. Si le thème général est indubitablement la culpabilité, il s’agit à nouveau d’un très beau portrait de femme, une femme dans une position difficile, ne sachant comment accorder ses sentiments à sa recherche de liberté. On sent également le poids des codes sociaux, Naruse sachant montrer leur empreinte sans grossir le trait. La photographie est belle, douce et délicate dans son rendu des couleurs. L’actrice habituelle de Naruse, Hideko Takamine, a cette fois cédé la place à Yôko Tsukasa qui montre tout autant de sensibilité et de pudeur dans son jeu. Tout empreint d’une grande délicatesse, Nuages épars vient clore magnifiquement la filmographie du grand Mikio Naruse.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Yûzô Kayama, Yôko Tsukasa, Mitsuko Kusabue, Mitsuko Mori, Daisuke Katô
Voir la fiche du film et la filmographie de Mikio Naruse sur le site IMDB.

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Nuages épars (Midaregumo)Yûzô Kayama et Yôko Tsukasa dans Nuages épars (Midaregumo) de Mikio Naruse.

11 avril 2021

Falstaff (1965) de Orson Welles

Titre original : « Campanadas a medianoche »
Titre USA : « Chimes at midnight »

Falstaff (Campanadas a medianoche)Aux alentours de 1400, le prince Hal, fils du roi Henri IV d’Angleterre, passe la plupart de son temps à la taverne Boar’s Head, à boire et à s’amuser avec des prostituées, des voleurs et d’autres criminels sous l’influence patriarcale de Falstaff. Ce dernier insiste sur le fait que lui et Hal devraient se considérer comme des gentlemen, mais Hal avertit Falstaff qu’il rejettera un jour à la fois ce style de vie et Falstaff…
Falstaff est un film hispano-suisse d’Orson Welles, basé sur le personnage de Falstaff présent dans plusieurs pièces de William Shakespeare, notamment Henri IV et Les Joyeuses Commères de Windsor. Le personnage est un bon vivant, corpulent, grotesque, gros buveur, un bouffon en quelque sorte mais aussi pur et bon. Orson Welles lui donne de l’épaisseur et oppose sa philosophie de vie à la logique du pouvoir. Son amitié avec le fils du roi est solide mais ne résistera pas un seul instant lorsque que ce dernier sera appelé à tenir son rang. « Falstaff c’est moi » a affirmé Orson Welles et, sachant cela, la dernière partie où il se retrouve face à sa solitude est d’autant plus vibrante et émouvante. Welles s’est totalement investi dans son personnage et dans la réalisation. Sans budget important, il fait beaucoup de choses lui-même, peint les décors, coud les costumes, etc. Il fait montre de beaucoup d’inventivité pour tourner des plans audacieux. Les quelques quinze minutes de la Bataille de Shrewsbury sont étonnantes, avec une multitude de plans différents (il y en a 392).
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Orson Welles, Jeanne Moreau, Margaret Rutherford, John Gielgud, Marina Vlady, Keith Baxter
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Falstaff (Campanadas a medianoche)Orson Welles dans Falstaff (Campanadas a medianoche) de Orson Welles.

Falstaff (Campanadas a medianoche)John Gielgud dans Falstaff (Campanadas a medianoche) de Orson Welles.

Falstaff (Campanadas a medianoche)Keith Baxter et Orson Welles dans Falstaff (Campanadas a medianoche) de Orson Welles.

Falstaff (Campanadas a medianoche)Etonnante photo du tournage Falstaff (Campanadas a medianoche) de Orson Welles.
Et voilà le genre de plan qu’Orson Welles cherchait à obtenir (ci-dessous).
Falstaff (Campanadas a medianoche)

7 avril 2021

I Need a Ride to California (1968) de Morris Engel

I Need a Ride to CaliforniaLilly, jeune californienne attirée par Greenwich Village, vient s’installer à New York. Vivant dans l’esprit du flower power, elle marche pieds nus et offre des fleurs aux passants. Elle fait aussi des rencontres et annonce à ses amis que l’on va tourner un film sur elle…
I Need a Ride to California est le quatrième long métrage de Morris Engel, son premier et unique film en couleurs 35mm, dix ans après Weddings and Babies. Tourné en 1968, le film n’est jamais sorti et il a fallu attendre 2019 pour le voir. Il nous fait suivre cette jeune hippie naïve et idéaliste, pleine de joie de vivre. C’est aussi une mise en abyme du cinéma, puisque l’on tourne un film sur elle et Morris Engels se montre même à quelques occasions avec son équipe de tournage (nous pouvons ainsi vérifier qu’il utilise cette fois une caméra sur pied, tout au moins pour les scènes d’intérieurs). Le film est loin d’être parfait. Est-ce pour cette raison que le réalisateur a choisi de ne pas le sortir ? Le portrait dressé de la jeune femme est vraiment peu étoffé et n’embrasse aucunement le contexte social et politique (hormis un plan très court d’une manifestation contre la Guerre du Vietnam). De plus, son désenchantement apparaît très soudainement, occasionné par le décalage entre ce qu’elle idéalise et une réalité qui se montre parfois cruelle à l’excès comme dans l’épilogue. Enfin, la mise en abyme du cinéma et de la photographie (un de ses amis est photographe et elle-même prend des clichés ou semble en prendre) est juste posée sans être vraiment développée. I Need a Ride to California est une curiosité, le film évoque l’esprit de ces années de contre-culture.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Lilly Shell, Rod Perry
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I Need a Ride to CaliforniaLilly Shell dans I Need a Ride to California de Morris Engel.

6 avril 2021

Les Tontons farceurs (1965) de Jerry Lewis

Titre original : « The Family Jewels »

Les tontons farceurs (The Family Jewels)Devenue orpheline, une petite fille héritière d’une immense fortune doit choisir parmi ses six oncles celui qui deviendra son tuteur. Accompagnée de son chauffeur, elle doit visiter chacun de ses oncles avant de déterminer son choix…
The Family Jewels (le titre français est de toute évidence une tentative de profiter du succès d’un autre film) est surtout un exercice de style puisque Jerry Lewis tient le rôle du chauffeur et des six oncles. L’acteur tente donc de marcher dans les traces d’Alec Guinness dans Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets, 1949), chef d’œuvre insurpassé de l’humour britannique. Il est hélas loin d’être à sa hauteur. Jerry Lewis a toujours une approche « enfantine » de l’humour ce qui le pousse à exagérer à outrance ses maquillages et son jeu d’acteur. Mais c’est surtout le manque d’inventivité et le manque de liant qui rendent le film très anodin : beaucoup de gags sont repris d’autres films. On pense ainsi, et à plusieurs reprises, à W.C. Fields ou Laurel et Hardy. Parfois Jerry Lewis se plagie lui-même, le photographe est par exemple une copie conforme de son Nutty Professor. Même si The Family Jewels reste amusant, il n’est pas le meilleur représentant du talent de Jerry Lewis.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jerry Lewis, Donna Butterworth
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Les tontons farceurs (The Family Jewels)Jerry Lewis et Donna Butterworth dans Les tontons farceurs (The Family Jewels) de Jerry Lewis.

31 mars 2021

L’Invasion secrète (1964) de Roger Corman

Titre original : « The Secret Invasion »

L'invasion secrète (The Secret Invasion)Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services secrets britanniques sélectionnent un groupe de cinq prisonniers dans les prisons du Caire. Encadrés par un officier, ils sont envoyés en Italie avec pour mission de faire évader un général italien prisonnier des allemands, un général antifasciste susceptible de retourner les soldats italiens contre les nazis…
Ecrit par R. Wright Campbell, le scénario de L’invasion secrète évoque celui de The Dirty Dozen (Les Douze Salopards, 1967) de Robert Aldrich. Pourtant il a été tourné trois ans plus tôt (1). Il s’agit en réalité du remake de Five Guns West (Cinq fusils à l’Ouest, 1955), le premier film que Roger Corman a signé en tant que réalisateur. Ce film d’action à petit budget repose sur une bonne histoire et bénéficie d’une belle distribution, probablement du fait que Roger Corman s’est allié avec une major, United Artists, ce qui est assez rare dans sa carrière. Le déroulement du scénario est solide et réserve quelques surprises. En outre, le réalisateur a introduit des petites notes gothiques dont il a le secret : par exemple, lorsque le commando doit creuser un tunnel, ils partent d’un cimetière et trouvent fatalement sur leur chemin…(je vous laisse deviner). Sans être vraiment remarquable, le film se révèle tout de même assez prenant.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Stewart Granger, Raf Vallone, Mickey Rooney, Edd Byrnes, Henry Silva, William Campbell
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(1) La légende veut que Roger Corman ait eu vent du projet d’adaptation du livre de E.M. Matheson par Robert Aldrich. La MGM avait en effet annoncé dès 1963 son intérêt à acheter les droits de ce roman, qui ne parut qu’en 1965. Que Roger Corman ait cherché à griller la politesse à la MGM est toutefois invérifiable.

 L'invasion secrète (The Secret Invasion)William Campbell, Mickey Rooney, Stewart Granger, Edd Byrnes et Raf Vallone
dans L’invasion secrète (The Secret Invasion) de Roger Corman.

18 février 2021

Les 7 mercenaires (1960) de John Sturges

Titre original : « The Magnificent Seven »

Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven)Fréquemment attaqués par une troupe de bandits qui les rançonnent, les habitants d’un petit village du Mexique embauchent des tireurs professionnels pour les repousser…
Les Sept Mercenaires est un western de John Sturges grandement inspiré du grand film japonais Les Sept Samouraïs réalisé par Akira Kurosawa en 1954. L’histoire est simplifiée : le code des samouraïs a laissé la place à une sorte d’humanisme désintéressé, les caractères des différents personnages sont en partie effacés. La première moitié, le recrutement des mercenaires, est la plus intéressante, la seconde étant plus centrée sur l’action. Avec sa faible quantité de dialogues et l’accent mis sur les affrontements silencieux, c’est un western assez moderne qui inspirera les westerns italiens de la décennie à venir. Le casting réunit des stars établies comme Yul Brynner et des étoiles montantes comme Steve McQueen (qui a utilisé un subterfuge pour s’extraire temporairement du tournage de la série Au nom de la Loi). Ce dernier a constamment cherché à voler la vedette à Yul Brynner par de petits mouvements divers pour attirer l’attention ce qui provoquera une brouille durable entre les deux acteurs. A sa sortie, le film fut un petit succès aux Etats-Unis mais un très grand succès en Europe et dans le reste du monde. Il est aujourd’hui considéré comme un classique et même parfois qualifié de chef d’œuvre.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Yul Brynner, Eli Wallach, Steve McQueen, Horst Buchholz, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, James Coburn
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Remarques :
* Akira Kurosawa a été très satisfait du résultat. Il a fait cadeau d’un superbe sabre de samuraï à John Sturges.

Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven)Vladimir Sokoloff, Yul Brynner, Horst Buchholz et Steve McQueen dans Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges.

* Suites (de moindre intérêt) :
1966 : Le Retour des sept (Return of the Seven) de Burt Kennedy avec Yul Brynner
1969 : Les Colts des sept mercenaires (Guns of The Magnificent Seven) de Paul Wendkos
1972 : La Chevauchée des sept mercenaires (The Magnificent Seven Rides) de George McCowan
Série télévisée :
1998-2000 : Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven)
Remake
2016 : Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) d’Antoine Fuqua

Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven)Yul Brynner, Steve McQueen, Horst Buchholz, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter et James Coburn.
Photo posée publicitaire pour Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges.

10 février 2021

La Couleur de la grenade (1969) de Sergei Parajanov

Titre original : « Sayat Nova »

La Couleur de la grenade (Sayat Nova)La vie de Sayat-Nova (= roi des chansons), poète arménien du XVIIIe siècle, en huit chapitres…
Sayat Nova est un film soviétique réalisé par Sergueï Paradjanov. En ouverture du film, le réalisateur précise qu’il n’a pas cherché à raconter la vie de Sayat-Nova mais plutôt de recréer l’univers imagé de sa poésie. Son film prend la forme expérimentale d’une suite de tableaux vivants inspirés de miniatures arméniennes et persanes, remplis de symboles et de métaphores. Hélas, la signification de ces tableaux échappe totalement au spectateur non initié à cette civilisation, spectateur qui ne peut alors que se laisser glisser dans cet univers visuel sans en trouver le sens. Certains tableaux sont très beaux. Paradjanov a adopté une représentation sans profondeur à la façon des miniatures de l’époque. Le film est presque muet. Un film qu’il faut certainement étudier bien plus profondément pour pouvoir l’apprécier vraiment.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sofiko Chiaureli
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Remarques :
* Dans la démarche et les intentions, le film peut être rapproché de l’Andreï Roublev (1966) de Tarkovski mais la forme est bien plus expérimentale et l’ensemble plus difficile d’accès pour le profane.
* Distribué une première fois en 1969, le film Sayat Nova est rapidement retiré des écrans puis, à nouveau, diffusé dans une version remontée et abrégée par le réalisateur Serguei Youtkevitch, sous le titre La Couleur de la grenade en 1971.

* Les huit chapitres :
I : L’enfance du poète.
II : La jeunesse du poète.
III : Le poète à la cour du prince/Prière avant la chasse.
IV : Le poète se retire au monastère/Le sacrifice/La mort du katholikos.
V : Le songe du poète/Le poète retourne à son enfance et pleure la mort de ses parents.
VI : La vieillesse du poète/Il quitte le monastère.
VII : Rencontre avec l’Ange de la Résurrection/Le poète enterre son amour.
VIII : La mort du poète/Il meurt mais sa poésie est immortelle.

La Couleur de la grenade (Sayat Nova)La Couleur de la grenade (Sayat Nova) de Sergei Parajanov.

4 février 2021

Becket (1964) de Peter Glenville

BecketAu XIIe siècle, Thomas Becket est le chancelier du royaume et l’ami d’Henri II d’Angleterre. Celui-ci doit le promouvoir archevêque de Canterbury à la mort de ce dernier. Becket se sent alors investi par toutes les tâches qui lui incombent, mais ses activités font bientôt de lui un rival pour le roi…
Becket est un film britannico-américain. Il s’agit de la reprise à l’écran de la pièce de théâtre Becket ou l’Honneur de Dieu de Jean Anouilh créée en 1959. Metteur en scène de théâtre, l’anglais Peter Glenville a toujours montré son intérêt à adapter des pièces au grand écran. Il a réuni ici deux grands acteurs, Peter O’Toole et Richard Burton, dont la confrontation ne déçoit pas. Tout l’intérêt du film est dans son interprétation car, hélas, la mise en scène se montre peu imaginative et paraît empreint d’une certaine lourdeur. Le récit met beaucoup d’insistance à transformer la proximité entre le roi Henry II et Thomas Becket en attirance homosexuelle inavouée. L’ensemble est bien trop long et un peu ennuyeux, hélas.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Richard Burton, Peter O’Toole, John Gielgud, Gino Cervi
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BecketRichard Burton et Peter O’Toole dans Becket de Peter Glenville.

20 janvier 2021

Le Lit conjugal (1963) de Marco Ferreri

Titre original : « Una storia moderna – L’ape regina »

Le Lit conjugal (Una storia moderna - L'ape regina)Alfonso, la quarantaine, épouse Regina, une jeune fille catholique et vierge afin de l’initier au devoir conjugal selon ses désirs. Mais Regina va vite s’avérer insatiable et l’épuiser totalement…
L’Ape Regina (littéralement : la Reine des abeilles) est le premier long métrage italien de Marco Ferreri. Le réalisateur italien a en effet tourné ses trois premiers films en Espagne. Il a écrit le scénario de celui-ci avec un ami espagnol, le scénariste Rafael Azcona. Il s’agit d’une comédie qui dresse un portrait acide des conventions bourgeoises et fustige l’hypocrisie de l’Eglise sur le thème de la procréation. Ugo Tognazzi est magnifique, débutant en affreux machiste pour finalement nous attendrir et faire pitié, tout cela en nous faisant rire souvent. L’acteur tournera de nouveau avec Ferreri à sept reprises. Face à lui, Marina Vlady nous offre une composition complexe et riche : énigmatique, douce et belle, inquiétante parfois. Bien que doublée, l’actrice fut primée à Cannes qui réserva un très bon accueil au film. Ce ne fut pas le cas d’une bonne partie de la critique française qui n’avait alors d’yeux que pour la Nouvelle Vague.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ugo Tognazzi, Marina Vlady, Walter Giller, Riccardo Fellini
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Remarques :
* Les distributeurs français sont restés insensible à l’humour du titre original en choisissant un titre français assez réducteur.
* Certaines scènes furent coupées par la censure italienne.
* Le film a été restauré en 2019.
* Riccardo Fellini, qui interprète Riccardo, est le frère de Frederico Fellini. Il n’a que peu tourné, il s’agit d’ailleurs de son ultime film. Il a également réalisé un film (Storie sulla sabbia, 1963)

Le Lit conjugal (Una storia moderna - L'ape regina)Ugo Tognazzi et Marina Vlady dans Le Lit conjugal (Una storia moderna – L’ape regina) de Marco Ferreri.

16 novembre 2020

Hier, aujourd’hui et demain (1963) de Vittorio De Sica

Titre original : « Ieri oggi domani »

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Adelina : Ne pouvant payer une forte amende pour vente de cigarettes de contrebande, une jeune mère de famille découvre qu’elle ne peut être envoyée en prison car elle est enceinte. Elle décide alors d’enchaîner les grossesses…
Anna : La femme d’un riche industriel milanais s’offre une balade en voiture avec son amant, un intellectuel désargenté…
Mara : Une prostituée de standing va devoir remettre dans le droit chemin son voisin, un jeune séminariste prêt à renoncer à sa vocation après l’avoir vue…

Ce film à sketches de Vittorio de Sica met en scènes trois histoires d’époques, de lieux et de styles très différents. Le premier sketch est celui de l’hier, il se déroule dans l’Italie du sud à Naples, dans un style néoréaliste tirant fortement vers la comédie. Le scénario d’Eduardo De Filippo s’inspire d’un fait divers où une femme aurait enchaîné dix-neuf grossesses ! Le second est celui de l’aujourd’hui, de l’Italie prospère et renaissante du Nord (Milan), dans un style qui semble vouloir parodier Antonioni. Le scénario signé Zavattini est basé sur une nouvelle de Moravia. C’est le plus court des trois, le plus bâclé sans doute. Le troisième est celui de demain, de la liberté des mœurs de la Rome moderne, dans un style léger, de pure comédie. Le scénario est également signé Cesare Zavattini. Mastroianni y est hilarant et Sophia Loren nous gratifie d’un strip-tease qui est resté dans les annales. Les trois sketches reposent sur le duo d’acteurs qui montrent là leur grande vitalité et leur capacité à jouer des rôles très différents. L’ensemble est plaisant mais pas vraiment remarquable. Oscar du meilleur film étranger.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sophia Loren, Marcello Mastroianni, Aldo Giuffrè, Tina Pica
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Remarque :
* Aujourd’hui, demain et après-demain (Oggi, domani, dopodomani) de Eduardo De Filippo, Marco Ferreri et Luciano Salce (1965) tentera de reprendre le même principe des trois sketches (avec Marcello Mastroianni mais sans Sophia Loren).

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Marcello Mastroianni et Sophia Loren dans le sketch Adelina de Hier, aujourd’hui et demain (Ieri oggi domani) de Vittorio De Sica.

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Sophia Loren et Marcello Mastroianni dans le sketch Anna de Hier, aujourd’hui et demain (Ieri oggi domani) de Vittorio De Sica.

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Marcello Mastroianni et Sophia Loren dans le sketch Mara de Hier, aujourd’hui et demain (Ieri oggi domani) de Vittorio De Sica.