3 juin 2020

La Forme de l’eau (2017) de Guillermo del Toro

Titre original : « The Shape of Water »

La Forme de l'eau (The Shape of Water)Etats-Unis, 1962. Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental militaire, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…
Guillermo del Toro a écrit et réalisé La Forme de l’eau qui revisite le thème de la belle et la bête, plus exactement de l’amour de deux êtres fragilisés et « différents ». Par de nombreux aspects, le film évoque L’étrange créature du lac noir de Jack Arnold (1954) et on pourra remarquer plusieurs autres emprunts. Mais Guillermo del Toro a une approche très particulière de son histoire et donne ainsi une forte personnalité à son film. L’atmosphère est particulièrement forte. Le réalisateur avait d’abord envisagé de tourner en noir et blanc mais a finalement opté pour la couleur en privilégiant les tons bleus et verts, avec un contraste poussé qui renforce l’aspect irréel ou onirique de l’ensemble. La forme de l’eau devient ainsi un conte (pour adultes), certes un peu trop pétri de bonnes intentions et plutôt manichéen, mais assez enchanteur par son originalité et son caractère. Le film a enchanté la critique et les distributeurs d’Oscars.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins, Octavia Spencer, Michael Stuhlbarg, Doug Jones
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La Forme de l'eau (The Shape of Water)Michael Shannon, Sally Hawkins et Octavia Spencer dans La Forme de l’eau (The Shape of Water) de Guillermo del Toro.

27 avril 2020

La Duchesse de Langeais (1942) de Jacques de Baroncelli

La Duchesse de LangeaisParis, 1820. Antoinette de Langeais aime briller dans les soirées parisiennes. Mal mariée, elle se laisse courtiser par les hommes sans se donner. Le général de Montriveau tombe sous le charme et lui fait une cour pressante. Tout Paris suit avec intérêt cette idylle naissante…
La Duchesse de Langeais est un roman d’Honoré de Balzac qui fait partie de L’Histoire des Treize. Jean Giraudoux a écrit l’adaptation de cette version sortie au début de la guerre, période propice aux grandes adaptations littéraires et historiques. Les dialogues de Giraudoux sont assez remarquables et donnent à cette adaptation beaucoup d’éclat, un peu terni hélas par une mise en scène peu inspirée. Edwige Feuillère, lumineuse, et Pierre Richard-Willm, tourmenté, forment un couple parfait. Le thème général est celui de l’amour impossible, de l’amour-passion qui peut détruire les êtres, mais aussi une certaine condamnation du marivaudage et de la frivolité (1). Jean Giraudoux a cru bon d’ajouter une fin mélodramatique qui n’est pas du meilleur goût, mais qu’il faut toutefois replacer dans le contexte de 1942.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Edwige Feuillère, Pierre Richard-Willm, Aimé Clariond, Lise Delamare, Charles Granval
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(1) Balzac a écrit son roman à la suite d’une aventure orageuse avec la duchesse de Castries qui l’humilia en se refusant à lui. La duchesse y est dépeinte dans un portrait peu flatteur (ce qui n’est pas vraiment le cas dans le film).

La Duchesse de LangeaisEdwige Feuillère et Pierre Richard-Willm dans La Duchesse de Langeais de Jacques de Baroncelli.

Adaptations du roman de Balzac :
La Duchesse de Langeais, film français d’André Calmettes sorti en 1910.
La Duchesse de Langeais (The Eternal Flame), film américain de Frank Lloyd sorti en 1922.
La Duchesse de Langeais (Liebe), film allemand de Paul Czinner sorti en 1926.
La Duchesse de Langeais, film français de Jacques de Baroncelli, sorti en 1942.
La Duchesse de Langeais, téléfilm français de Jean-Paul Roux diffusé en 1982.
La Duchesse de Langeais, téléfilm français de Jean-Daniel Verhaeghe diffusé en 1995.
Ne touchez pas la hache, film français de Jacques Rivette sorti en 2007.

26 avril 2020

Pas son genre (2014) de Lucas Belvaux

Pas son genreClément, spécialiste de la philosophie allemande, est nommé comme professeur dans un lycée à Arras. Il considère cette mutation comme un purgatoire hors de son quartier parisien des universités. Redevenu célibataire après avoir refusé de s’investir dans sa précédente relation, il décide de flirter avec Jennifer, employée dans un salon de coiffure…
Pas son genre est adapté d’un roman de Philippe Vilain. L’amour contrarié par un fossé existant entre deux personnes est un thème récurrent dans le cinéma, mais le plus souvent ces différences sont économiques. Lorsque le fossé est culturel, le sujet devient beaucoup plus délicat à traiter. Lucas Belvaux a su trouver la bonne approche. Alors que le roman était écrit à la première personne, et donc n’offrant que la vision de l’un des deux, le cinéaste rétablit l’équilibre. Il fait même la part belle à la jeune coiffeuse qui, certes, est fan de karaoké et de Jennifer Aniston mais est aussi simple et pleine de vie. De son côté, Clément a des centres d’intérêt plus évolués mais les sentiments n’ont que peu d’emprise sur lui. Il ne se soucie guère des différences culturelles car il ne croit pas au couple. Lucas Belvaux a su donner une certaine profondeur à l’ensemble et éviter les jugements hâtifs. Il s’appuie sur un beau duo d’acteurs : Emilie Dequenne montre beaucoup de présence mais aussi de nuances dans son jeu ; Loïc Corbery, de la Comédie-Française, ici dans son premier grand rôle au cinéma, a toujours le ton juste.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Émilie Dequenne, Loïc Corbery
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Pas son genreÉmilie Dequenne et Loïc Corbery dans Pas son genre de Lucas Belvaux.

Pas son genreLoïc Corbery et Émilie Dequenne dans Pas son genre de Lucas Belvaux.

15 avril 2020

La Belle Saison (2015) de Catherine Corsini

La Belle saison1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Elle rencontre Carole qui vit activement les débuts du féminisme…
Catherine Corsini a écrit La Belle Saison avec l’aide de Laurette Polmanss. C’est à la fois une histoire d’amour-passion et un hommage au féminisme des années 70 (1). La réalisatrice parvient à mêler habilement les deux, sans effets dramatiques et surtout en évitant tous les stéréotypes, ce qui est vraiment remarquable. Et les scènes de nudité ne tombent jamais dans le voyeurisme. Le film est porté par ses deux actrices : Izïa Higelin est remarquable, montrant beaucoup de force apparente tout en cachant ses incertitudes et Cécile de France déborde de vie. Les films sur l’homosexualité féminine sont assez rares et La Belle Saison est probablement le plus beau.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Benjamin Bellecour
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(1) Les prénoms des deux personnages principaux sont des allusions à deux figures féministes de l’époque, la comédienne Delphine Seyrig et la cinéaste Carole Roussopoulos.

La Belle saisonIzïa Higelin et Cécile de France dans La Belle saison de Catherine Corsini.

13 avril 2020

Le Batelier de la Volga (1926) de Cecil B. DeMille

Titre original : « The Volga Boatman »

Le Batelier de la Volga (The Volga Boatman)A la veille de la révolution russe, la Princesse Vera visite la campagne avec son fiancé le Prince Dimitri. Elle remarque le batelier, Feodor, que son fiancé traite avec morgue. Le batelier, qui désire prendre une part active à la révolution naissante, leur annonce que les choses peuvent changer rapidement…
La Révolution russe de 1917 offre à Cecil B. DeMille un de ces toiles de fond de grands bouleversements qu’il affectionne pour placer une grande histoire d’amour impossible. A l’époque du muet, le réalisateur n’a pas les opinions anticommunistes qu’il affichera dans les années quarante et cinquante et, de fait, il ne prend pas parti : il renvoie les deux camps dos à dos. Et quand il s’agit de créer des images fortes, le réalisateur n’hésite pas à prendre des libertés avec la réalité historique (en 1917, cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus de bateliers). La star montante William Boyd fait une belle interprétation, montrant une extraordinaire présence à l’écran et un indéniable charisme. Comme toujours chez Cecil B. DeMille, les décors sont particulièrement soignés, et cela est visible autant dans le riche environnement des nobles que dans celui des pauvres. Le film eut beaucoup de succès à sa sortie (1). Malgré quelques longueurs, l’histoire paraît toujours aussi puissante un siècle plus tard.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: William Boyd, Elinor Fair, Robert Edeson, Victor Varconi, Julia Faye
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Le Batelier de la Volga (The Volga Boatman)Elinor Fair et William Boyd dans Le Batelier de la Volga (The Volga Boatman) de Cecil B. DeMille.

Remarque :
* Les Bateliers de la Volga est une célèbre chanson traditionnelle russe dépeignant la souffrance des basses classes de la Russie impériale. Dans les années 20, la chanson était déjà bien connue du public américain.

(1) Assez bizarrement, Patrick Brion, dans les suppléments du coffret DVD de Bach Films, dit que le film n’eut que peu de succès… (parlait-il de la France ?) En fait, le film a recoupé trois fois son budget, ce qui était bienvenu après l’échec de son film précédent The Road to Yesterday, le premier film qu’il avait tourné dans son propre studio.

Les Bateliers de la VolgaCette toile Les Bateliers de la Volga du peintre russe Ilia Répine (env. 1870-1873) a fortement inspiré Cecil B. DeMille.

Remakes (beaucoup moins remarquables) :
Les Bateliers de la Volga, film français de Vladimir Strizhevsky (1936) avec Pierre Blanchar, Véra Korène et Charles Vanel
Les bateliers de la Volga (I battellieri del Volga) film italien de Viktor Tourjansky (1959) avec John Derek et Elsa Martinelli.

 

22 février 2020

Le Seigneur de la guerre (1965) de Franklin J. Schaffner

Titre original : « The War Lord »

Le Seigneur de la guerre (The War Lord)Dans la Normandie du XIe siècle, le chevalier Chrysagon de la Cruex reçoit un fief avec pour mission de son suzerain Normand, le duc de Gent, de le défendre avec quelques hommes contre les invasions de barbares. Lors d’une chasse, il remarque une belle jeune femme du village sur le point de se marier. Il apprend peu après que de vieilles coutumes païennes, toujours respectées dans le village, accordent le droit au seigneur de passer la nuit de noces avec la jeune épousée…
Le Seigneur de la guerre est l’adaptation d’une pièce de Leslie Stevens. C’est un film assez inhabituel, ne serait-ce que parce qu’il se situe dans une période du Moyen Âge peu représentée au cinéma. Le film est assez exact en ce qui concerne les lieux (le château n’est qu’une tour fortifiée dont on voit bien l’organisation intérieure), la mentalité du chevalier et de ses suiveurs, les raids de barbares venus de la mer à répétition ou encore les batailles. En revanche, l’opposition entre le christianisme des nobles et les croyances obscures des populations locales qui renvoient à l’époque des druides, près d’un millénaire auparavant, est plus discutable. De même, le droit de cuissage accordé au seigneur est considéré aujourd’hui comme étant une légende. Charlton Heston n’est pas très coutumier des rôles plutôt complexes et c’est une surprise de le voir s’en sortir fort bien. C’est un projet qui lui tenait à coeur, dans lequel il s’est beaucoup impliqué. Le Seigneur de la guerre n’est pas spectaculaire mais ne manque d’intérêt car il nous plonge dans une époque inhabituelle et nous dresse un portrait de la complexité des rapports entre les différentes couches sociales d’alors.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Charlton Heston, Richard Boone, Rosemary Forsyth, Maurice Evans, Guy Stockwell
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Le Seigneur de la guerre (The War Lord)Charlton Heston dans Le Seigneur de la guerre (The War Lord) de Franklin J. Schaffner.

14 décembre 2019

Portrait d’une enfant déchue (1970) de Jerry Schatzberg

Titre original : « Puzzle of a Downfall Child »

Portrait d'une enfant déchue (Puzzle of a Downfall Child)Dans une maison au bord de la mer, une femme très belle mais perturbée vit seule. Ancienne mannequin célèbre, elle raconte sa vie à l’un des ses anciens amis photographe qui voudrait faire un film sur elle…
Portrait d’une enfant déchue est le premier long métrage de Jerry Schatzberg qui était photographe de mode (1). Basé en partie sur des enregistrements faits par le cinéaste d’un top model, le scénario est signé par Carole Eastman (sous le pseudonyme Adrian Joyce) qui a écrit la même année Five Easy Pieces pour Bob Rafelson. Il s’agit d’un portrait de femme qui se trouve prise dans une spirale qui la fait tomber de la célébrité dans la dépression. Son statut de mannequin très demandé amplifie ses difficultés à la sociabilité qui remontent à son adolescence et sa propension à nouer des relations amoureuses bancales. Faye Dunaway fait une interprétation magnifique de ce personnage complexe. L’actrice est alors auréolée du succès de Bonnie and Clyde. La mise en scène est sobre. Jerry Schatzberg a su éviter tous les écueils et signe un film très mesuré, sans aucun excès. Portrait d’une enfant déchue a été dédaigné par la critique américaine à sa sortie et le film n’a été que peu distribué. Il est encore temps de le découvrir aujourd’hui…
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Faye Dunaway, Barry Primus, Viveca Lindfors, Barry Morse, Roy Scheider
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Remarque :
* Le film a été récemment porté sur les planches par Elisabeth Bouchaud sous le titre Puzzle en 2017 au théâtre La Reine blanche à Paris.

(1) Une des photos les plus connues de Jerry Schatzberg est la pochette de l’album Blonde on Blonde de Bob Dylan (1966).

Portrait d'une enfant déchue (Puzzle of a Downfall Child)Faye Dunaway dans Portrait d’une enfant déchue (Puzzle of a Downfall Child) de Jerry Schatzberg.

11 décembre 2019

Cold War (2018) de Pawel Pawlikowski

Titre original : « Zimna wojna »

Cold War (Zimna wojna)Dans les années 50, Wiktor, pianiste, parcourt la campagne polonaise à la recherche de voix et de chansons authentiques pour former un groupe folklorique. Il tombe amoureux de Zula, jeune femme au caractère affirmé et ils jurent de ne plus se quitter…
Cinq ans après le remarqué Ida, Pawel Pawlikowski revient avec cette histoire très forte d’amour impossible, en partie inspirée de la relation chaotique de ses propres parents et de l’histoire du groupe folklorique polonais Mazowsze (Chœur Ballet et Orchestre National de chants et danses populaires de Pologne). Il mêle subtilement à son histoire des éléments qui évoquent l’omniprésence de la surveillance et la pesanteur du joug soviétique. Outre le récit qui s’étale sur une quinzaine d’années, le film séduit aussi par sa forme : la photographie en noir et blanc format 4:3 est très belle, avec des compositions vraiment remarquables et la musique très présente est superbe. Enorme succès en Pologne, le film a été très remarqué à l’international. Prix de la mise en scène à Cannes 2018.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Joanna Kulig, Tomasz Kot, Borys Szyc, Agata Kulesza, Cédric Kahn, Jeanne Balibar
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Remarques :
* Lorsque Wiktor travaille sur la musique d’un film à Paris, le film montré est Les Vampires (I Vampiri, 1957) de Riccardo Freda avec Gian Maria Canale.
* Le titre original signifie bien « Guerre froide ». A noter que le film a été distribué dans toute l’Europe sous le titre en anglais.

Cold War (Zimna wojna)Joanna Kulig dans Cold War (Zimna wojna) de Pawel Pawlikowski.

Cold War (Zimna wojna)Tomasz Kot dans Cold War (Zimna wojna) de Pawel Pawlikowski.

27 novembre 2019

Naïs (1945) de Raymond Leboursier

NaïsDans un petit village près de Cassis, Toine est ouvrier et valet de ferme. Il est bossu et cette infirmité lui pèse car il aime en secret la belle Naïs, la fille du métayer de la ferme. Naïs est amoureuse de Frédéric Rostaing, le fils des propriétaires, qui vient justement passer les vacances d’été dans leur propriété…
Marcel Pagnol a écrit le scénario de Naïs, adaptation d’une nouvelle peu connue d’Emile Zola Naïs Micoulin. Si l’univers et les personnages sont très proches de ceux des récits de Pagnol, le ton est ici plus sombre. Les dialogues sont remarquablement bien écrits. Fernandel trouve là un rôle magnifique, l’un de ses plus beaux, où il peut exprimer toute une palette de sentiments. Son personnage a beau être presque caricatural, il a une capacité étonnante à nous toucher, à nous émouvoir. Face à lui, le jeu de Jacqueline Bouvier (l’actrice épousera Pagnol à la fin du tournage) parait inévitablement plus simple, tout comme celui de Raymond Pellegrin, ici au tout début de sa carrière.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Fernandel, Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Henri Poupon
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Remarques :
* Le film est officiellement réalisé par Raymond Leboursier mais, en pratique, Marcel Pagnol a tout dirigé, depuis le choix des acteurs jusqu’au tournage : « Il voulait tout contrôler, et il ne cessait de houspiller Leboursier. Je l’ai vu très dur avec lui, acerbe, exigeant » rapporte Jacqueline Pagnol.

* La fin diffère largement de celle la nouvelle d’Emile Zola.

* Pour en savoir plus, lire un bel article d’Olivier Bitoun sur Naïs, sur le site DVDClassik

NaïsJacqueline Bouvier (future Jacqueline Pagnol) et Fernandel dans Naïs de Raymond Leboursier.

10 octobre 2019

Le Corps de mon ennemi (1976) de Henri Verneuil

Le Corps de mon ennemiAprès avoir passé sept années derrière les barreaux, François Leclercq revient dans sa ville du nord de la France pour trouver les véritables coupables du crime dont il a été accusé. Il était amoureux de la fille d’un baron du textile…
Le Corps de mon ennemi est l’adaptation d’un roman de Félicien Marceau qui a participé à l’écriture. Le plus original dans le film d’Henri Verneuil est sa construction : le récit fait intervenir de très nombreux flashbacks en fonction des personnages qu’il rencontre au présent. Les morceaux de son histoire se recollent ainsi peu à peu, de façon un peu laborieuse, il faut bien l’avouer. La faiblesse du film est dans l’histoire en elle-même qui n’évolue guère et cette peinture de la bourgeoisie qui se voulait acerbe est finalement bien fade. Certaines scènes sont néanmoins savoureuses, telles celles du repas mondain ou du travesti. Les dialogues de Michel Audiard n’ont rien de remarquable. Malgré un beau plateau d’acteurs et la solide réalisation d’Henri Verneuil, le film peine à se montrer intéressant.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean-Paul Belmondo, Bernard Blier, Marie-France Pisier, Daniel Ivernel, François Perrot, Nicole Garcia
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Remarques :
* Pour éviter le délicat problème de rajeunir Jean-Paul Belmondo dans les flashbacks, Henri Verneuil fait dire à son personnage : « Dans ce bric-à-brac de la mémoire, chaque fois que l’on essaie de se souvenir du jeune homme que l’on était, on se revoit avec la tête de l’homme d’aujourd’hui. » Cette pirouette (un peu grossière) permet à Jean-Paul Belmondo d’être physiquement le même dans toutes les scènes.

Le Corps de mon ennemiMarie-France Pisier et Jean-Paul Belmondo dans Le Corps de mon ennemi de Henri Verneuil.