10 juillet 2017

Rain or Shine (1930) de Frank Capra

Rain or ShineMary Rainey est catastrophée. Le cirque qu’elle a hérité de son père est au bord de la banqueroute. Heureusement, son directeur Smiley est un indéfectible optimiste qui a plus d’un tour dans son sac. Il est amoureux de Mary mais celle-ci n’a d’yeux que pour le jeune Bud… Rain or Shine avait connu un franc succès à Broadway en 1928. C’était une comédie musicale mais au moment de le porter à l’écran, le genre n’était plus prisé au cinéma (il faudra attendre 1933 pour que la Warner fasse renatre le genre). Toute la partie musicale fut donc enlevée pour ne garder que la comédie, menée par Joe Cook. Ce comédien, qui vient du cirque et du vaudeville, est peu connu mais c’est un humoriste étonnant. Il parle beaucoup pour faire des démonstrations à ses interlocuteurs qui perdent pied, submergés par ses raisonnements qui n’ont pas de sens. En cela, il rappelle beaucoup Groucho Marx. C’est du grand art. L’analogie avec les Marx Brothers est encore plus forte lorsque l’on considère ses deux acolytes, Tom Howard et Dave Chasen (qui ne parle jamais, tiens tiens…). Tous trois tenaient déjà leur rôle sur scène. De plus, Joe Cook montre des qualités stupéfiantes d’acrobate quand il doit remplacer au pied levé plusieurs artistes du cirque. L’histoire en elle-même n’a pas vraiment d’intérêt : on y retrouve toutefois l’optimisme à la Capra. Sur le plan de réalisation, les extérieurs ont été privilégiés et deux scènes furent coûteuses (la tempête du début et l’incendie). On remarquera également quelques scènes en caméra portée (comme dans d’autres Capra de la même époque). Rain or Shine n’est certes pas un grand Capra mais mérite d’être vu pour les numéros assez hilarants de Joe Cook. Le film connut un grand succès à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Joe Cook, Louise Fazenda, Joan Peers, William Collier Jr., Tom Howard, Dave Chasen
Voir la fiche du film et la filmographie de Frank Capra sur le site IMDB.

Voir les autres films de Frank Capra chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Frank Capra

Remarques :
* Le thème musical Singing in the Rain accompagne les génériques de début et fin. Ce n’est pas exceptionnel toutefois : composé à la fin des années vingt, on retrouve ce thème dans une petite douzaine de films au début des années trente.
* Une version muette et sonore de Rain or Shine a été également distribuée au moment de la sortie internationale. C’est fatalement une version différente, les logorrhées verbales de Joe Cook n’étant pas vraiment adaptées au muet. La fin est également différente.

Rain or Shine
Joan Peers et Joe Cook dans Rain or Shine de Frank Capra.

Rain or Shine
Dave Chasen, Joe Cook et Tom Howard dans le gag du hot-dog de Rain or Shine de Frank Capra. Détail amusant : Dave Chasen arrêtera sa carrière de comédien en 1936 pour créer le Chasen’s sur Beverly Boulevard à Hollywood, un restaurant qui sera fréquenté par de nombreuses stars jusqu’en 1995 et qui abritera même la soirée des Oscars certaines années.

1 juin 2017

Grimsby – Agent trop spécial (2016) de Louis Leterrier

Titre original : « The Brothers Grimsby »

Grimsby - Agent trop spécialA Grimsby en Angleterre, Nobby n’a pas de travail mais vit très heureux avec ses neuf enfants qui l’adorent et ses copains supporters de foot. Il regrette seulement son frère dont il a été séparé quand il était enfant et qu’il n’a jamais revu. Il va le retrouver par hasard : il est devenu agent secret de haut niveau, l’un des meilleurs agents du MI6… Sacha Baron Cohen a confié la réalisation de son cinquième opus au français Louis Leterrier. Comme on le sait, l’humoriste n’a pas pour habitude de faire de la petite dentelle mais il avait toujours su éviter de tomber dans le mauvais goût. Cette fois, il a décidé d’y aller franchement et nous livre un condensé d’humour potache et trash, sous couvert de satire des films d’espionnage. Sacha Baron Cohen ose tout (c’est même à ça qu’on le reconnait…) Il y a des passages très drôles mais, finalement, le plaisir est plus dans le souvenir que l’on garde (on pense « il fallait oser ») qu’au moment du visionnage (pendant lequel on pense sans arrêt « c’est pas vrai… »), visionnage qui est finalement un peu pénible.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Sacha Baron Cohen, Mark Strong, Isla Fisher, Penélope Cruz
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Remarque :
* Grimsby existe bel et bien : cette ville de 80 000 âmes est située sur la côte est de l’Angleterre. Comme on peut s’en douter, ses habitants n’ont pas été franchement ravis de l’image donnée d’eux… Il est vrai que cela ne donne pas envie d’aller y passer ses vacances !

 

Brothers Grimsby
Mark Strong et Sacha Baron Cohen dans Grimsby – Agent trop spécial de Louis Leterrier (admirez l’écriteau sur la porte du pub…)

3 mai 2017

Un air de famille (1996) de Cédric Klapisch

Un air de familleComme tous les vendredis, la famille Ménard se réunit au café « Au Père Tranquille », tenu par Henri, le fils aîné. Son frère Philippe, cadre dans une entreprise d’informatique, vient d’être interviewé aux informations régionales à la grande fierté de sa mère. Tous s’inquiètent que, Betty, la benjamine aux manières brusques, soit toujours seule à trente ans… Un air de famille est l’adaptation d’une pièce de théâtre écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri deux ans auparavant et récompensée par deux Molières. Le film de Cedric Klapisch en reprend les six acteurs qui connaissent donc parfaitement leur rôle. Il met en relief le poids des relations familiales, les difficultés de ne pas se conformer à un modèle et malmène préjugés, masques et autres faux-semblants. L’ensemble est baigné d’un humour, aussi permanent que féroce. Un air de famille est une petite merveille d’écriture avec une belle profondeur de personnages. Un film qui se revoit toujours avec plaisir.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Darroussin, Catherine Frot, Agnès Jaoui, Claire Maurier, Wladimir Yordanoff
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Remarque :
En 2017, la pièce est à nouveau mise en scène par Agnès Jaoui au Théâtre de la Porte-Saint-Martin avec une nouvelle distribution.

Un air de famille
Wladimir Yordanoff, Catherine Frot, Claire Maurier, Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Darroussin dans Un air de famille de Cédric Klapisch.

11 mars 2017

Top Secret! (1984) de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Top Secret!En Allemagne de l’Est, un général veut réunir les deux Allemagne et en prendre la direction. Il organise un concert pour détourner l’attention et fait venir une vedette américaine de rock and roll… Top Secret est écrit et réalisé par Jim Abrahams, David et Jerry Zucker, les trois compères qui avaient créé Y a-t-il un pilote dans l’avion? en 1980. C’est une satire des films sur la Seconde Guerre mondiale. L’histoire est totalement farfelue, pleine d’anachronismes de lieux (il y a des taxis londoniens en Allemagne et la Résistance est française) et de temps (musicalement, nous sommes dans les années cinquante voire soixante alors que les allemands sont habillés comme des nazis et on peut voir des véhicules de plusieurs époques). Il y a de bons et même de très bons gags, avec beaucoup de détournements de poncifs. Cela n’arrête pas. En outre, les clins d’œil ou pastiches de films sont très nombreux. Val Kilmer se révèle très convaincant en star de rock’n roll, l’acteur chantant lui-même les morceaux avec beaucoup d’énergie. Moins connu que Y a-t-il un pilote dans l’avion? et incontestablement bien plus réussi que ses suites, Top Secret! est un vrai plaisir à regarder.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Val Kilmer, Lucy Gutteridge, Peter Cushing, Jeremy Kemp, Omar Sharif
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Listes des films pastichés ou évoqués :
Le magicien d’Oz (1939), Autant en emporte le vent (1939), Casablanca (1942), Les conspirateurs (1944), Espions sur la Tamise (1944), Tendre symphonie (1944), Cape et poignard (1946), Amour frénétique (1957), Frankenstein s’est échappé! (1957), La grande évasion (1963), Goldfinger (1964), La mélodie du bonheur (1965), Le crâne maléfique (1965), Les dents de la mer (1975), Une poignée de salopards (1978), Le lagon bleu (1980), Les aventuriers de l’arche perdue (1981), E.T., l’extra-terrestre (1982).

Top Secret!
Lucy Gutteridge et Val Kilmer dans Top Secret! de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker.

Top Secret!
Ian McNeice et Omar Sharif dans Top Secret! de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker.

1 mars 2017

The Big Broadcast of 1938 (1938) de Mitchell Leisen

The Big Broadcast of 1938Deux paquebots futuristes, le Colossal et le Gigantic, font la course pour traverser l’Atlantique. Le propriétaire du Gigantic (W.C. Fields) envoie son frère maladroit (W.C. Fields aussi) sur le Colossal pour y semer la pagaille mais celui-ci atterrit sur le Gigantic… Inédit en France, The Big Broadcast of 1938 est le quatrième d’une série de films de la Paramount sur le même modèle : une comédie entrecoupée de numéros musicaux avec un plateau varié d’acteurs et de chanteurs, le tout étant censé être une retransmission de radio (d’où le titre). W.C. Fields apparaît dans celui-ci mais ses scènes sont hélas trop peu nombreuses. On remarquera particulièrement une variation (très différente) de son sketch sur le golf et une partie de billard qui n’est pas sa meilleure (1) mais où il utilise sa célèbre queue courbée. Le film marque la première apparition de Bob Hope dans un long métrage, il chante son « Thanks for the Memory » qui deviendra sa chanson fétiche. Le film sera oscarisé pour cette chanson. Le reste offre beaucoup moins d’intérêt, l’humour est marqué par son époque et l’ensemble forme un galimatias musical quelque peu insupportable.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: W.C. Fields, Martha Raye, Dorothy Lamour, Shirley Ross, Lynne Overman, Bob Hope
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Remarques :
* Il s’agit du dernier film de W.C. Fields pour la Paramount qui tournera ensuite pour Universal.

* Série des Big Broadcast de la Paramount :
The Big Broadcast (1932) de Frank Tuttle avec Bing Crosby
The Big Broadcast of 1936 (Symphonie burlesque) de Norman Taurog avec Jack Oakie
The Big Broadcast of 1937 de Mitchell Leisen avec Jack Benny et George Burns
The Big Broadcast of 1938 de Mitchell Leisen avec W.C. Fields et Bob Hope

Big Broadcast of 1938
Shirley Ross et Bob Hope chantent « Thanks for the Memory » dans The Big Broadcast of 1938 de Mitchell Leisen.

The Big Broadcast of 1938
W.C. Field dans The Big Broadcast of 1938 de Mitchell Leisen.

(1) Pour voir une belle version de son sketch sur le billard : Youtube.

23 février 2017

Les cadavres ne portent pas de costard (1982) de Carl Reiner

Titre original : « Dead Men Don’t Wear Plaid »

Les cadavres ne portent pas de costardLes affaires sont calmes pour le détective John Forrest lorsqu’une cliente frappe à sa porte. Il s’agit de la fille d’un scientifique renommé (et fabriquant de fromages) qui vient de périr dans un accident automobile. Elle pense qu’il a été assassiné… L’idée a germé dans les esprits de Carl Reiner, George Gipe et Steve Martin : faire un film parodique qui incorporerait des extraits de films noirs des années quarante. Bien évidemment, il fallait que le film soit en noir et blanc et c’est grâce à l’usage subtil des champs-contrechamps que l’illusion est créée :  nous avons l’impression que ces acteurs des années quarante donnent la réplique à Steve Martin. L’histoire est totalement farfelue, elle est surtout un prétexte non seulement pour inclure les différents extraits mais aussi pour placer une multitude de clins d’œil qu’il est impossible de tous repérer tant il y en a. Les scénaristes ont toutefois réussi à introduire de très bons gags, le plus célèbre étant cette méthode si particulière  de Rachel Ward pour extraire les balles. La voix off contribue à recréer l’atmosphère des films de détective privé. Steve Martin ressemble plus que jamais à Dana Andrews mais l’acteur a pris soin de ne pas calquer son jeu sur tel ou tel acteur pour éviter le mimétisme (par exemple, il aurait pu se gratter l’oreille et on se serait tous pâmé… mais non, il ne le fait pas). Face à lui, Rachel Ward ne présente aucune ressemblance particulière ; par ailleurs, on peut se demander pourquoi il a été choisi de lui laisser une coupe de cheveux typique des années soixante-dix. Même si on ne peut nier que Les cadavres ne portent pas de costard est un film pour cinéphiles (si on ne reconnait pas les acteurs, l’humour tombe, c’est inévitable), il est au final très amusant et unique en son genre.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Steve Martin, Rachel Ward, Carl Reiner
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Remarques :
* L’humour du titre ne passe pas vraiment dans la traduction : « plaid » (morceau de tissu écossais porté) peut être un costume, certes, mais un costume en tissu écossais (qu’il faut être américain pour porter, soit-dit en passant !) Or, les cadavres sont toujours habillés à la morgue avec un costume plus habillé qu’un « plaid ». Une meilleure traduction aurait pu être « Les cadavres ne portent pas de blouson vert » ou  même « Les cadavres portent toujours un costard ». 🙂
* Ceci dit, le titre n’a pas de sens particulier (même si Steve Martin arrive à le placer dans une scène). C’est une parodie des titres de romans policiers.
* La série Dream On a repris un peu le principe dans les années 90 mais différemment : les extraits de films servent à exprimer les pensées intérieures du personnage principal.

Les cadavres ne portent pas de costard
Rachel Ward et Steve Martin dans Les cadavres ne portent pas de costard de Carl Reiner.

Les cadavres ne portent pas de costard
Steve Martin censé faire face à Ingrid Bergman dans Les cadavres ne portent pas de costard de Carl Reiner.

Acteurs /extraits de films :
– Alan Ladd dans Tueur à gages (This Gun for Hire) de Frank Tuttle
– Barbara Stanwyck dans Raccrochez, c’est une erreur (Sorry, wrong number) d’Anatole Litvak et Assurance sur la mort (Double Indemnity) de Billy Wilder
– Ray Milland dans Le Poison (The Lost Weekend) de Billy Wilder
– Ava Gardner dans Les tueurs (The killers) de Robert Siodmak et L’Île au complot (The Bribe) de Robert Z. Léonard
– Burt Lancaster dans Les tueurs (The killers) de Robert Siodmak
– Humphrey Bogart dans Le Grand Sommeil (The Big Sleep), Le Violent (In a Lonely Place) et Les Passagers de la nuit (Dark Passage)
– Cary Grant dans Soupçons (Suspicion) d’Alfred Hitchcock
– Ingrid Bergman dans Les Enchaînés (Notorious) d’Alfred Hitchcock
– Veronica Lake dans La Clé de verre (The Glass Key) de Stuart Heisler
– Bette Davis dans Jalousie (Deception) d’Irving Rapper
– Lana Turner dans Johnny, roi des gangsters (Johnny Eager) de Mervyn LeRoy et Le facteur sonne toujours deux fois (The Postman Always Rings Twice) de Tay Garnett
– Edward Arnold dans Johnny, roi des gangsters (Johnny Eager) de Mervyn LeRoy
– Kirk Douglas dans L’Homme aux abois (I Walk Alone) de Byron Haskin
– Fred MacMurray dans Assurance sur la mort (Double Indemnity) de Billy Wilder
– James Cagney dans L’enfer est à lui (White Heat) de Raoul Walsh
– Joan Crawford dans Humoresque de Jean Negulesco
– Charles Laughton et Vincent Price dans  L’Île au complot (The Bribe) de Robert Z. Léonard

Les cadavres ne portent pas de costard
A gauche : Dana Andrews dans Laura (1944). A droite : Steve Martin dans Les cadavres ne portent pas de costard de Carl Reiner. Je suis étonné que personne ne mentionne cette ressemblance vraiment frappante (que Carl Reiner a certainement cultivée).

30 décembre 2016

Fantastic Mr. Fox (2009) de Wes Anderson

Fantastic Mr. FoxMister Fox est un renard particulièrement rusé, un expert en matière de vol de poules. S’étant laissé prendre à un piège par excès de confiance, il promet à sa femme de changer de métier s’ils en réchappent. Il devient journaliste et mène une vie rangée. Mais le naturel ne va-t-il pas revenir au galop ? … Fantastic Mr. Fox est adapté d’un livre pour enfants de l’anglais Roald Dahl (également auteur de Charlie et la chocolaterie), le premier livre qu’a lu Wes Anderson enfant. C’est un trépidant film d’aventures tous public, avec de nombreuses situations très amusantes et de belles trouvailles. Le film évoque Wallace et Gromit ou Chicken Run bien entendu, mais aussi Ocean Eleven car c’est George Clooney qui prête sa voix à Mr. Fox. Sa voix empreinte de distinction ajoute beaucoup à l’humour du personnage. Comme souvent, l’anthropomorphisme permet de mettre en relief des caractères humains et soulever de grandes questions : l’insécurité existentielle, les rêves perdus, les relations parents/enfants, etc. La technique utilisée est celle des marionnettes animées en stop-motion ; les personnages donnent ainsi l’impression d’être des animaux en peluche animés. Le résultat est vraiment craquant. Un petit plaisir pour petits et grands…
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: (voix) George Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Bill Murray
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Fantastic Mr. Fox

Remarques :
* Fantastic Mr. Fox utilise la technique du stop-motion, c’est-à-dire des marionnettes photographiées image par image pour créer une animation à 12 images par secondes. Plus de 600 000 photos ont été ainsi prises avec un Nikon D3 (qui permet 12M pixels soit l’équivalent du 4K) avec des objectifs Cooke Varotal (objectifs cinéma) et Nikon. La version finale du film en utilise 56 000. A noter, qu’un petit making-of montre aussi un Canon (utilisé semble t-il pour des tests ou des mises au point de scène).

* Les voix ont été enregistrées non pas dans un studio mais dans une ferme du Connecticut : dans une grange, un champ, un van, un salon… les acteurs jouant les scènes pendant l’enregistrement.

Fantastic Mr. Fox
Photo de tournage d’un très gros plan de  Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson.

2 novembre 2016

Astérix: Le domaine des dieux (2014) de Louis Clichy et Alexandre Astier

Astérix: Le domaine des dieuxPour venir à bout du village des irréductibles gaulois, César a l’idée de construire à proximité une résidence de luxe : la civilisation romaine pourrait triompher là où les armes ont échoué… Astérix: Le domaine des dieux est le dix-septième album de la série du petit gaulois ; il est sorti en 1971. Le scénario du film homonyme de Louis Clichy et Alexandre Astier est fidèle à celui créé par René Goscinny et Albert Uderzo. Hélas, il  n’est pas aussi enthousiasmant qu’espéré : s’il y a de très bons passages, d’autres semblent bien longs et l’humour paraît parfois trop appuyé… Pourtant, cette production mérite d’être louée. Tout d’abord, le choix d’utiliser l’animation en 3D plutôt que des acteurs en chair et en os est le meilleur qui soit, cette technique permettant de bien coller à l’esprit de la bande dessinée. Ensuite, l’option d’enregistrer les voix avant de créer l’animation visuelle est excellente : la façon dont voix et images s’harmonisent est assez stupéfiante et chaque personnage a une personnalité plus marquée. Toutes les voix sont très bien faites (hormis celle d’Obélix toutefois, un peu ratée). Enfin, la réalisation est parfaite, sans défaut, prouesse technique française dans un domaine dominé par quelques grands studios américains. Alors pourquoi est-on un peu déçu ? Sans doute, est-ce la difficulté du passage du support écrit à l’écran, le fait de devoir tout expliciter alors que le nombre limité de bulles de la bande dessinée laissait notre imagination parachever l’humour, l’adapter à chacun en quelque sorte.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: (voix) Roger Carel, Lorànt Deutsch, Laurent Lafitte, Alain Chabat, Elie Semoun
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Astérix: le domaine des dieux
 Astérix: Le domaine des dieux de Louis Clichy et Alexandre Astier.

Astérix: le domaine des dieux

15 octobre 2016

La Vie de Brian (1979) de Terry Jones

Titre original : « Life of Brian »

La Vie de BrianBrian nait un 25 décembre en terre de Galilée. Sa mère est très étonnée de voir arriver trois rois mages. Elle veut les mettre dehors mais se ravise à la vue des cadeaux qu’ils apportent. Ils viendront les lui reprendre sans ménagement quand ils réaliseront qu’ils se sont trompés d’étable… Après l’arrêt de leur série TV Monty Python’s Flying Circus en 1974, les Monty Python se sont lancés dans les longs métrages. La Vie de Brian est le deuxième d’entre eux et le plus homogène, celui où les sketches s’enchainent parfaitement grâce à la présence d’un fil narratif directeur. L’humour est bien celui des Monty Python, pas de déconvenue de ce côté, un humour débridé où le nonsense et le saugrenu tiennent la plus grande part. Tout est de très bon niveau, il n’y a ni faiblesse, ni temps mort. Les six membres de l’équipe tiennent tous les rôles principaux, soit une demi-douzaine chacun. La cible de l’humour n’est pas tant la religion mais plutôt le fanatisme sous toutes ses formes, y compris politique (les groupuscules ne sont pas à la fête), et la bêtise qu’il engendre. Bien que le personnage de Jésus n’apparaisse que quelques secondes (et sans aucune moquerie), le film scandalisa certains spectateurs et fut même parfois interdit.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle, Terry Jones, Michael Palin
Voir la fiche du film et la filmographie de Terry Jones sur le site IMDB.

Voir les autres films de Terry Jones chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur les Monty Python

La Vie de Brian
(De g. à d.) Michael Palin, John Cleese, Graham Chapman, Eric Idle, Terry Gilliam et Terry Jones sur le tournage de La Vie de Brian de Terry Jones.

Remarques :
* L’idée de départ vient d’une boutade : lassé de se voir poser la question par les journalistes « quel sera le titre de votre prochain film ? », Eric Idle a répondu pour les faire taire « Jésus-Christ, Lust of Glory » (« Jésus Christ ou la soif de gloire »). Cela eut l’effet escompté de les calmer mais aussi permit à l’idée de germer. Mais plutôt que de se centrer sur le personnage de Jésus, ils choisirent de se moquer du fanatisme en prenant un personnage né à la même époque.

* La chanson « Always Look on the Bright Side of Life » a été composée par Eric Idle.

* L’un des producteurs n’est autre que l’ex-Beatles George Harrison. Grand fan des Monty Python, il a mis sa maison londonienne en gage pour venir à la rescousse lorsqu’EMI s’est brutalement retiré une semaine avant le début du tournage. La phrase « Bernie, I said, they’ll never make their money back » à la toute fin est une pique destinée à Bernard Delfont qui était alors à la tête d’EMI Ltd.

* La Vie de Brian fut interdit pendant huit ans en Irlande, et pendant un an en Norvège (la publicité en Suède annonça : « un film tellement drôle que les Norvégiens ont dû l’interdire »). Le film ne fut pas distribué en Italie avant 1990, onze ans après sa sortie.

La Vie de Brian
(De g. à d.) Eric Idle, John Cleese, Michael Palin et Sue Jones-Davies complotent au sein du People’s Front of Judea dans La Vie de Brian de Terry Jones. (Anecdote : lorsque Sue Jones-Davies est devenue maire de la ville universitaire de Aberystwyth au Pays de Galles en 2008, l’une de ses premières actions a été de lever l’interdiction de projection de ce film qui durait depuis 30 ans !)

La Vie de Brian
(De g. à d.) John Cleese, Michael Palin et Graham Chapman dans La Vie de Brian de Terry Jones. A noter que Graham Chapman est celui qui a le moins de rôles différents puisqu’il interprète Brian qui est de presque toutes les scènes. A part Brian, il interprète un roi mage et le zozotant Biggus Dickus (ci-dessus).

28 août 2016

Tiens bon la barre matelot! (1959) de Norman Taurog

Titre original : « Don’t Give Up the Ship »

Tiens bon la barre matelot!John Paul Steckler, septième du nom, est lieutenant de la Marine des Etats-Unis. Le jour-même de son mariage, il est convoqué : on le somme de restituer un navire de combat dont il a été brièvement responsable et dont on ne trouve plus aucune trace. Sinon, il devra payer plusieurs millions de dollars… La base de départ du scénario de Don’t Give Up the Ship est si farfelue et si improbable que l’on se réjouit d’avance d’en voir le développement. Hélas, il n’est pas vraiment à la hauteur des attentes, enchainant des gags très classiques de façon presque routinière, sans pousser vraiment le nonsense. Toutefois de bonnes répliques, issues le plus souvent de quiproquos, viennent relever l’ensemble. Don’t Give Up the Ship fait partie des films tournés par Jerry Lewis peu après sa rupture avec Dean Martin, avant qu’il ne commence à en réaliser lui-même. A cette époque, l’acteur avait signé un avantageux contrat avec la Paramount qui voulait avoir chaque année un Jerry Lewis pour l’été et un pour Noël. Celui-ci est celui de l’été 1959.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jerry Lewis, Dina Merrill, Diana Spencer, Mickey Shaughnessy, Robert Middleton
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Voir les livres sur Jerry Lewis

Remarque :
Aux Etats-Unis, Don’t Give Up the Ship est une phrase célèbre pour avoir été les derniers mots prononcés par un officier américain en 1813, le capitaine James Lawrence, juste avant de mourir dans une bataille contre un navire anglais. Depuis, cette phrase est devenue un cri de guerre ou un slogan mis sur des drapeaux. Le titre français, quant à lui, montre que la cible visée par les distributeurs français était plutôt jeune.

Don't give up the ship
Diana Spencer, Jerry Lewis et Robert Middleton dans Tiens bon la barre matelot! de Norman Taurog.

Don't give up the ship
Mabel Albertson, Jerry Lewis, Diana Spencer et Dina Merrill dans Tiens bon la barre matelot! de Norman Taurog.