7 janvier 2020

Les Deux Légionnaires (1931) de James W. Horne

Titre original : « Beau Hunks »

Les deux légionnaires (Beau Hunks)Oliver est amoureux. Hélas, la belle lui écrit que c’est fini entre eux et les deux compères s’engagent dans la Légion étrangère (française !) pour noyer le chagrin d’Oliver…
A la suite du succès de Beau Geste (1926), les films de légionnaires ont été en vogue dans le début des années trente. Beau Hunks était prévu au départ pour être un « deux bobines » mais les scènes tournées furent si réussies que le producteur Hal Roach jugea bon de doubler sa durée, soit 40 minutes. Il fut exploité en salles comme un long métrage. Hormis une première scène dans l’appartement des compères, tout le film se déroule à Légion. Le scénario en lui-même est assez mince mais l’humour fonctionne bien, sans lourdeur, avec de bonnes trouvailles. Reflet de son époque, la représentation des rebelles autochtones est bien entendu primaire… Le tandem comique tournera à nouveau la même histoire en 1939, sous le titre Les Conscrits (The Flying Deuces).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
Voir la fiche du film et la filmographie de James W. Horne sur le site IMDB.

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Remarques :
* La photo de la belle est une photo de Jean Harlow.
* Le réalisateur James W. Horne interprète le chef berbère, il est crédité au générique sous le nom Abul Kasim K’Horne.
* Le titre Beau Hunks est un jeu de mots avec bohunk (contraction de Bohemian et de Hungarian), terme utilisé à l’époque qui signifiait « homme de peine » avec une connotation péjorative.

Les deux légionnaires (Beau Hunks)Oliver Hardy, Stan Laurel et Broderick O’Farrell dans Les Deux Légionnaires (Beau Hunks) de James W. Horne.

7 janvier 2020

Justes noces (1931) de James W. Horne

Titre original : « Our Wife »

Justes noces (Our Wife)Oliver est heureux : il va se marier aujourd’hui. Dans la pièce à côté, Stanley dresse la table autour du gâteau. Hélas, la promise téléphone : en pleurs, elle annonce que son père s’oppose furieusement au mariage et l’a enfermée. Oliver décide de l’enlever avec l’aide de Stanley…
La première moitié de ce court métrage, située dans l’appartement d’Oliver, est assez réussie avec des gags qui s’enchainent bien. La seconde est un peu plus conventionnelle mais la scène avec la petite automobile annonce le gag célèbre des Marx Brothers dans A Night at the Opera, un gag où l’entassement dans un lieu réduit est poussé à son maximum. On pourra aussi remarquer la première apparition de Ben Turpin, avec son impressionnant strabisme, dans un film du duo. La promise est interprétée par Babe London, qui est physiquement la parfaite réplique féminine d’Oliver Hardy. (Court métrage de 21 mn).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
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Justes noces (Our Wife)Oliver Hardy et Stan Laurel dans Justes noces (Our Wife) de James W. Horne.

Homonyme :
Our Wife (Une femme de trop) de John M. Stahl (1941) avec Melvyn Douglas, Ruth Hussey et Ellen Drew

7 janvier 2020

Aidons-nous (1932) de James Parrott

Titre original : « Helpmates »

Aidons-nous (Helpmates)Oliver a profité de l’absence de sa femme pour organiser une « petite fête ». Le lendemain, la maison est dans un état lamentable et Oliver reçoit un télégramme de sa femme qui annonce son retour plus tôt que prévu. Paniqué, Oliver appelle Stanley pour qu’il vienne l’aider à tout ranger…
Helpmates est essentiellement un film à deux personnages, un véritable two-men show, probablement le plus réussi de toute leur carrière. Les gags de destruction s’enchaînent parfaitement, sans aucune lourdeur ni insistance, avec un calme qui contraste merveilleusement avec les dégâts. C’est une cascade de gags. Le film s’ouvre sur une belle et intelligente variante du gag du miroir de Max Linder. Helpmates est incontestablement à classer parmi les tous meilleurs films de Laurel et Hardy. (Court métrage de 21 mn).
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
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Aidons-nous (Helpmates)Stan Laurel et Oliver Hardy dans Aidons-nous (Helpmates) de James Parrott.

21 décembre 2019

The Skin Game (1931) de Alfred Hitchcock

The Skin GameDans la campagne anglaise, les Hillcrist voient d’un mauvais œil l’expansion d’un industriel, M. Hornblower, qui bouleverse le calme bucolique de la région avec ses usines. La vente d’une belle propriété proche va exacerber les tensions…
The Skin Game (littéralement « marché de dupes ») est l’adaptation d’une pièce de John Galsworthy dont l’intrigue se double d’un regard social sur les mutations en ce début de XXe siècle. L’histoire est bâti sur l’opposition entre la « vieille » aristocratie anglaise et les « nouveaux » industriels. Les premiers sont hautains et méprisants tandis que les seconds sont des parvenus qui manquent d’humanité. Aucun n’est vraiment estimable. La scène la plus remarquable est celle de la vente aux enchères où Hitchcock se montre inventif, notamment dans les mouvements de caméra. Edmund Gwenn montre une belle présence dans son jeu ; cet excellent acteur britannique qui vient du théâtre jouera dans trois autres films d’Alfred Hitchcock.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Edmund Gwenn, Helen Haye, Jill Esmond, Edward Chapman
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Remarques :
* Il n’y a pas de caméo d’Alfred Hitchcock dans ce film (il faut attendre le milieu des années trente pour que le réalisateur le fasse systématiquement).
* La pièce de John Galsworthy avait déjà été portée à l’écran en muet par l’anglais B.E. Doxat-Pratt : The Skin Game (1921). Edmund Gwenn (Mr. Hornblower) et Helen Haye (Mrs Hillcrist) y tenaient déjà les mêmes rôles.

The Skin GameEdmund Gwenn (au centre, levant le doigt) dans The Skin Game de Alfred Hitchcock (photo publicitaire)
Sur le banc à droite : Helen Haye, C.V. France et Jill Esmond

Homonyme :
Skin Game de Paul Bogart et Gordon Douglas (1971) avec James Garner et Louis Gossett Jr.

7 novembre 2019

Murder! (1930) de Alfred Hitchcock

Titre français parfois utilisé : « Meurtre »

Meurtre (Murder!)L’actrice Diana Baring est retrouvée prostrée près du cadavre de sa rivale, un tisonnier à ses pieds. Tout l’accuse mais elle ne se souvient de rien…
Adapté d’une pièce, Murder! est l’un des tous premiers films parlants tournés par Alfred Hitchcock. Il le présente comme l’un des rares whodunits (1) qu’il ait tournés. L’histoire, qui se déroule dans le monde du théâtre, joue beaucoup sur les fausses apparences. Tout est lié au théâtre avec notamment des références à Hamlet. Par petites touches, dans les détails, Hitchcock parvient à y ajouter de l’humour, ce qui tire l’ensemble vers la comédie. Sur la forme, le film ne manque pas de trouvailles ou essais du jeune réalisateur. Murder! est ainsi reconnu pour être le premier film où un personnage se parle à lui-même par un monologue intérieur (la difficulté, à l’époque, résidait dans la prise directe du son. Ainsi le réalisateur raconte que dans cette même scène de la salle de bains, il avait un orchestre de trente musiciens derrière le décor pour simuler la musique à la radio. La voix du monologue intérieur avait, quant à elle, été enregistrée sur un disque). Sans être franchement remarquable, Murder! se regarde sans déplaisir.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Herbert Marshall, Norah Baring, Phyllis Konstam, Edward Chapman
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Remarques :
* Caméo : A 1h00, lorsque le trio ressort de la maison où le crime a été commis, Hitchcock passe au premier plan avec une femme à son bras. Bizarrement, dans cette même scène, un énorme micro sur pied est très visible sur la partie gauche de l’image pendant une bonne demi-minute.
* Une version allemande a été tournée simultanément :  Mary avec Alfred Abel et Olga Tschechowa.

(1) Whodunit (contraction de « Who done it ? » = Qui l’a fait ? ) désigne le style d’intrigue policière où l’identité de l’assassin n’est révélé qu’à la fin du récit (par exemple, les romans d’Agatha Christie sont des whodunits). Alfred Hitchcock dit à leur propos : « J’ai toujours évité les whodunits car généralement l’intérêt réside seulement dans la partie finale. (…) Vous attendez tranquillement la réponse à la question : qui a tué ? Aucune émotion. » (Entretiens avec François Truffaut)

Meurtre (Murder!)Herbert Marshall dans le fameuse scène du monologue intérieur de Murder! de Alfred Hitchcock.

Meurtre (Murder!)Phyllis Konstam, Herbert Marshall et Edward Chapman dans Murder! de Alfred Hitchcock.
Sur la gauche, un microphone sur pied est largement visible.

15 septembre 2019

Qui dit mieux? (1935) de James W. Horne

Titre original : « Thicker Than Water »

Qui dit mieux?Stan est en pension chez Ollie et sa femme. Ils doivent faire la vaisselle et, après une discussion sur les finances du couple, décident d’aller acheter une horloge…
Thicker Than Water est le dernier court métrage tourné par Laurel et Hardy. Ils ne feront ensuite que des longs métrages. Ce n’est pas le meilleur, loin de là. Le gag le plus remarquable est celui du paiement des meubles avec une discussion qui est une merveille de logique illogique. Un dialogue vraiment mémorable. Il y a aussi un twist final assez surprenant d’inversion des rôles, mais l’effet produit n’est pas si remarquable qu’il aurait pu être. Le reste est assez banal. On notera une petite dose de misogynie dans la façon de dépeindre la femme d’Oliver en insupportable marâtre.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Daphne Pollard, James Finlayson
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Qui dit mieux?James Finlayson, Oliver Hardy, Daphne Pollard et Stan Laurel dans Thicker Than Water de James W. Horne.
Daphne Pollard mesure 1m45.

(1) Daphne Pollard a beau être australienne comme Snub Pollard, elle n’a aucun lien de parenté avec ce dernier. En fait, ces deux acteurs (dont les vrais noms respectifs sont Daphne Trott et Harold Fraser) ont choisi leur nom de scène d’après la toute première troupe dont ils ont fait partie : la Pollard Lilliputian Opera Company, une troupe australienne de très jeunes enfants comédiens (6-16 ans) créée par un certain James Pollard. Le comique Billy Bevan et le réalisateur Alfred J. Goulding ont eux aussi débuté dans cette même troupe.

18 août 2019

One Good Turn (1931) de James W. Horne

One Good Turn(Court métrage parlant, 20 minutes) Victime de la Dépression, Stan et Ollie n’ont plus qu’une vieille Ford, une tente et quelques vêtements. Ils vont demander la charité dans une maison où une vieille dame leur donne volontiers à manger. De la cuisine, ils l’entendent peu après se faire menacer d’expulsion par un propriétaire véreux sans savoir qu’il s’agit de la répétition d’une pièce de théâtre…
L’histoire se déroule dans trois lieux principaux : un endroit isolé où ils ont planté leur tente, chez la vieille dame et dans la rue du village. One Good Turn (= une bonne action) comporte quelques bons gags, comme la scène où Stan coupe du bois, mais l’ensemble reste très classique, sans trouvailles un tant soit peu notable.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Mary Carr, James Finlayson
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One Good TurnMary Carr, Stan Laurel et Oliver Hardy dans One Good Turn de James W. Horne.

10 août 2019

Laurel et Hardy électriciens (1935) de Charley Rogers

Titre original : « Tit for Tat »

Laurel et Hardy électriciensNouveaux propriétaires d’un commerce d’appareils électriques, Laurel et Hardy rendent une visite de courtoisie à la crèmerie voisine. Ils découvrent que les propriétaires en sont le couple avec lequel ils ont eu maille à partir dans Them Thar Hills. Rapidement, l’animosité se transforme en guerre ouverte…
Tit for Tat (= « un donné pour un rendu ») est à nouveau une bataille au rythme lent (slowburn). Les deux compères affrontent leur ennemi favori interprété par Charlie Hall. L’humour est principalement dans les trouvailles pour les attaques : on ne se bat pas avec les poings mais, par exemple, en découpant le chapeau melon de l’adversaire sous ses yeux avec une trancheuse à jambon. Les armes sont exclusivement les outils des deux commerces. A noter que c’est l’une des très rares fois où le duo fait référence à un autre de ses films : ce n’est pas une suite mais l’action se situe après Them Thar Hills.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Mae Busch, Charlie Hall
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Laurel et Hardy électriciensOliver Hardy et Stan Laurel dans Laurel et Hardy électriciens de Charley Rogers (photo publicitaire).

Laurel et Hardy électriciensOliver Hardy, Charlie Hall et Stan Laurel dans Laurel et Hardy électriciens de Charley Rogers.

9 août 2019

Les Joyeux Compères (1934) de Charley Rogers

Titre original : « Them Thar Hills »

Les joyeux compèresOliver a une grave crise de goutte et le médecin lui conseille de partir au grand air à la montagne pour une meilleure hygiène de vie. Oliver et Stanley y vont ensemble avec une caravane. Ils s’arrêtent près d’une maison où, quelques heures auparavant, la police a arrêté une bande fabriquant de l’alcool de contrebande ; les trafiquants ont eu le temps de verser une partie de leur production dans un puits…
Them Thar Hills fait partie des derniers deux bobines tournés par Laurel et Hardy. Certains effets comiques peuvent paraître un peu trop appuyés mais ce court métrage contient de bons gags. La meilleure partie se situe durant la préparation du repas, avec une belle utilisation des objets qui ne cessent de changer de place. Il se termine sur une bagarre assez délirante avec l’éternel ennemi Charlie Hall où la technique du slowburn (les adversaires attendent passivement attente des coups pour renforcer l’humour) semble poussée à son extrême.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Mae Busch, Charlie Hall
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Les joyeux compèresStan Laurel et Oliver Hardy dans Them Thar Hills de Charley Rogers.


* Pour l’explication du titre, lire le commentaire de Jacques C. ci dessous.  J’avais émis une autre hypothèse (jeu de mots avec tar heels et la Caroline du Nord) qui n’est manifestement pas la bonne.

19 juin 2019

Drôles de locataires (1930) de James Parrott

Titre original : « Another Fine Mess »

Drôles de locatairesPoursuivis par la police, deux vagabonds se réfugient sans le vouloir dans une grande demeure qui a été proposée à la location. Justement, un couple fortuné se présente pour la louer et, en les voyant, pense avoir affaire au maitre de maison et à son valet…
Ce court métrage de 29 minutes fait partie des premiers parlants de Laurel et Hardy. C’est en réalité le remake de leur muet Duck Soup de 1927 (aucun lien avec le Duck Soup des Marx Brothers) qui fut leur troisième film en tant que duo. L’histoire est basée sur un sketch écrit par le père de Stan Laurel. L’humour y est très bien dosé, sans aucune lourdeur, y compris lorsque Stan Laurel se travestit pour jouer la bonne de maison Agnes. Le passage au parlant du duo se fait sans problème : l’humour sait utiliser les dialogues pour dépasser le simple slapstick. Assez singulièrement, le film est doté d’un prologue où deux jeunes filles en uniforme d’ouvreuse de cinéma délivrent oralement le générique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
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Drôles de locatairesStan Laurel, Oliver Hardy, Charles K. Gerrard et Thelma Todd dans Drôles de locataires de James Parrott.