Laura nourrit quelques doutes sur la fidélité de son mari. Elle se confie à son père, extravagant playboy qui se met en tête de mener une enquête approfondie… On the Rocks est une comédie américaine écrite et réalisée par Sofia Coppola. Le film a été fait pour une sortie en streaming puis en DVD, sans sortie en salles. Sofia Coppola retrouve Bill Murray dix-sept ans après Lost in Translation pour un film très léger et amusant. Les dialogues sont enlevés et assez brillants. Tout l’humour repose sur Bill Murray et son jeu laconique, les autres acteurs paraissent bien ternes. Divertissant. Elle: Lui :
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Mis à la porte de leur université, trois « chercheurs en parapsychologie » décident de s’installer à leur compte : ils proposent leurs services pour traquer et capturer les fantômes. Ils vont avoir bien plus de travail qu’ils imaginaient… SOS Fantômes (Ghostbusters) est un film américain réalisé par Ivan Reitman. Le scénario est écrit par les compères du Saturday Night Live, Dan Aykroyd et Harold Ramis, qui interprètent deux des trois « chercheurs ». John Belushi devait également jouer dans le film mais il meurt en mars 1982. L’histoire est totalement farfelue et utilise habilement de coûteux effets spéciaux. Côté acteurs, c’est Bill Murray qui vole la vedette à ses camarades avec son comique teinté de nonchalance. De son côté, Sigourney Weaver est assez étonnante. L’ensemble est très amusant même s’il est en deçà d’un film comme Les Blues Brothers, auquel il semble logique de le comparer. Enorme succès. Elle: – Lui :
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Un journal américain du Kansas possède une antenne nommée The French Dispatch à Ennui-sur-Blasé, dans la France des années 1950-60. Son rédacteur en chef meurt subitement et, selon les souhaits exprimés dans son testament, la publication du journal sera suspendue après un dernier numéro d’adieu, dans lequel trois articles des éditions précédentes du journal sont republiés ainsi qu’une nécrologie… The French Dispatch est un film américain écrit et réalisé par Wes Anderson. C’est le dixième long-métrage du réalisateur. Il nous baigne dans une France un peu fantasmée où le cinéaste multiplie les références au cinéma français. Il annonce la couleur dès le début du film avec une séquence où il reproduit presqu’à l’identique le si pittoresque escalier de Jacques Tati dans Mon Oncle. Le style de Wes Anderson est toujours aussi plaisant, coloré, ludique avec une grande liberté (et une bonne dose d’audace) dans la forme. Des trois grandes histoires qu’il nous conte, la première, Le chef-d’œuvre de béton avec Guillermo del Toro et Léa Seydoux, est la plus originale et la plus réussie. Après ce début enthousiasmant, les deux autres histoires déçoivent un peu, à la fois car elles sont moins fortes et aussi par leur interprétation plus fade. L’ensemble reste très plaisant. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Pour Wes Anderson, The French Dispatch est un mélange de trois choses : « Un recueil d’histoires, ce que j’ai toujours eu envie de faire ; un film inspiré par le New Yorker et le genre de journalistes et d’auteurs qui ont fait la réputation du magazine ; et, puisque j’ai passé beaucoup de temps en France au fil des ans et que j’ai toujours voulu faire un film français, c’est aussi un film lié au cinéma français. » (Extrait du dossier de presse)
* Si la ville d’Ennui-sur-Blasé est bien entendu Paris, le tournage s’est déroulé à Angoulême.
* Le personnage de Rosenthaler, le peintre fou, trouve son inspiration dans le héros clochard de la comédie de Jean Renoir Boudu sauvé des eaux (1932), campé par Michel Simon.
* J.K.L. Berensen, campée par Tilda Swinton dans l’histoire « Le chef-d’œuvre de béton », est un personnage inspiré par la journaliste et conférencière Rosamond Bernier (1916-2016), fondatrice de la revue d’art L’Oeil.
* La seconde grande histoire s’inspire très librement de Mai 68 et notamment de l’appel à la liberté sexuelle lancé par Daniel Cohn-Bendit, alors étudiant à Nanterre.
Timothée Chalamet (en Daniel Cohn-Bendit) et Lyna Khoudri dans The French Dispatch de Wes Anderson.
Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation… The Grand Budapest Hotel est un film américano-allemand réalisé par Wes Anderson. Il en a écrit le scénario à partir d’une histoire qu’il a conçue avec Hugo Guinness. Il dit avoir été inspiré par les écrits de Stefan Zweig, cet écrivain autrichien qui a porté son regard sur l’Europe de l’entre-deux-guerres marquée par la montée du nazisme. On retrouve en effet cette vision large dans cette histoire qui se déroule dans un pays imaginaire de l’est de l’Europe en proie à une guerre imminente. Le film a ce style si propre à Wes Anderson, baroque et sophistiqué, à la fois onirique et réaliste, avec une imagination foisonnante. Il va jusqu’à puiser dans le dessin animé. C’est un festin visuel, un jaillissement permanent, le tout avec un rythme remarquable. La distribution inclut nombre d’acteurs connus, le plus souvent pour quelques minutes seulement. The Grand Budapest Hotel est une belle alliance entre une forme séduisante, un humour constant mais discret et un propos d’une belle profondeur. Elle: – Lui :
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Ralph Fiennes et Tony Revolori dans The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.
Remarque :
* L’intérieur du grand palace a été filmé dans un lieu réel, le Görlitzer Warenhaus, un ancien grand magasin historique d’un centre commercial construit en 1912 à Gorlitz, ville située à l’est de l’Allemagne, tout près de la frontière avec la Pologne. L’établissement, aujourd’hui à l’abandon, s’étend sur une superficie de 10 000 mètres carrés et emprunte son architecture à l’équivalent de l’Art Nouveau en Allemagne.
Wayne Dobie, surnommé par dérision Mad Dog (« flingueur ») alors qu’il n’a jamais tiré avec son arme, est un photographe de la police de Chicago. Présent lors d’un hold-up, il sauve la vie d’un parrain du crime, Frank Milo. En signe de gratitude, celui-ci veut montrer son amitié à Wayne en lui offrant Glory, l’une de ses « employées », avec pour mission de ne pas revenir trop vite ce qui serait signe d’échec de cette offre…
Produit par Martin Scorsese, Mad Dog and Glory est un film américain écrit par Richard Price et réalisé par John McNaughton. Il est plutôt à classer parmi les comédies sans toutefois que le ton général soit particulièrement léger. L’histoire n’est pas bien passionnante et les touches de dérision semées ici et là ne sauvent pas la mise. Avec un peu de bonne volonté, on peut y voir un polar humaniste abordant la notion de bonheur forcé et de la confiance. Mais le plus notable est probablement de voir Robert De Niro et Bill Murray utilisés à contre-emploi, leurs personnages étant à l’exact opposé de leurs rôles habituels. Cela a le mérite de prendre le spectateur à contre-pied mais aurait demandé une histoire un peu plus forte. Elle: – Lui :
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Michael Dorsey est un comédien qui a la réputation d’être difficile à gérer. Personne ne veut l’embaucher. Persuadé qu’il peut tout faire, il décide de se travestir en femme et réussit à décrocher un rôle dans un soap-opéra… Tootsie occupe une place à part dans la filmographie de Sydney Pollack. Il s’agit d’une comédie assez impersonnelle qui se contente de jouer sur les stéréotypes hommes / femmes. Pollack dit être parti de l’idée d’un homme qui devient meilleur en se féminisant. Il a pris soin de ne jamais tomber dans la vulgarité et a su contrôler Dustin Hoffman dans ses velléités d’aller toujours plus loin. En grand amateur des tours de force, l’acteur s’en donne à coeur joie et ne ménage pas sa peine ; il fait une prestation remarquable. Mais l’ensemble reste anodin et se compare difficilement aux grands réussites du genre comme I Was a Male War Bride, Certains l’aiment chaud ou Victor Victoria sorti quelques mois plus tôt. Tootsie fera pourtant presque dix fois plus d’entrées que ce dernier et restera, de loin, le plus grand succès au box-office de la carrière de Sydney Pollack. Elle: – Lui :
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Sydney Pollack et Dustin Hoffman dans Tootsie de Sydney Pollack.
Remarques :
* Dans les films sortis en 1982 aux USA, Tootsie est en seconde place en nombre d’entrées. Seul E.T. a fait mieux.
* Dustin Hoffman aurait mérité un Oscar pour sa performance. Ce sera Jessica Lange qui aura l’Oscar réglementaire (ce qui peut laisser perplexe…)
* Première apparition à l’écran de Geena Davis.
Jessica Lange, Dustin Hoffman, Dabney Coleman et George Gaynes dans Tootsie de Sydney Pollack.
Mister Fox est un renard particulièrement rusé, un expert en matière de vol de poules. S’étant laissé prendre à un piège par excès de confiance, il promet à sa femme de changer de métier s’ils en réchappent. Il devient journaliste et mène une vie rangée. Mais le naturel ne va-t-il pas revenir au galop ? … Fantastic Mr. Fox est adapté d’un livre pour enfants de l’anglais Roald Dahl (également auteur de Charlie et la chocolaterie), le premier livre qu’a lu Wes Anderson enfant. C’est un trépidant film d’aventures tous public, avec de nombreuses situations très amusantes et de belles trouvailles. Le film évoque Wallace et Gromit ou Chicken Run bien entendu, mais aussi Ocean Eleven car c’est George Clooney qui prête sa voix à Mr. Fox. Sa voix empreinte de distinction ajoute beaucoup à l’humour du personnage. Comme souvent, l’anthropomorphisme permet de mettre en relief des caractères humains et soulever de grandes questions : l’insécurité existentielle, les rêves perdus, les relations parents/enfants, etc. La technique utilisée est celle des marionnettes animées en stop-motion ; les personnages donnent ainsi l’impression d’être des animaux en peluche animés. Le résultat est vraiment craquant. Un petit plaisir pour petits et grands… Elle: Lui :
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Voir les autres films de Wes Anderson chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Fantastic Mr. Fox utilise la technique du stop-motion, c’est-à-dire des marionnettes photographiées image par image pour créer une animation à 12 images par secondes. Plus de 600 000 photos ont été ainsi prises avec un Nikon D3 (qui permet 12M pixels soit l’équivalent du 4K) avec des objectifs Cooke Varotal (objectifs cinéma) et Nikon. La version finale du film en utilise 56 000. A noter, qu’un petit making-of montre aussi un Canon (utilisé semble t-il pour des tests ou des mises au point de scène).
* Les voix ont été enregistrées non pas dans un studio mais dans une ferme du Connecticut : dans une grange, un champ, un van, un salon… les acteurs jouant les scènes pendant l’enregistrement.
Photo de tournage d’un très gros plan de Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson.
Dans les années cinquante, Ed Wood cherche à percer dans l’industrie du cinéma à Hollywood. Il parvient à réaliser de façon expéditive un premier film sur un transsexuel. Il rencontre par hasard l’acteur vieillissant Bela Lugosi et décide de le faire tourner à nouveau… Tim Burton rend hommage à Ed Wood qui est passé à la postérité pour être sacré « le plus mauvais réalisateur de tous les temps ». Il se concentre sur sa relation avec Bela Lugosi et nous dresse le portrait assez complaisant d’un doux dingue persuadé de faire un cinéma de haute qualité et prenant pour modèle Citizen Kane. Contrairement à toute attente, Tim Burton n’exploite pas le zeste de folie du personnage, ni même d’éventuelles souffrances internes. Il le fait toutefois pour l’autre personnage central, Bela Lugosi personnifié par un Martin Landau absolument remarquable dans son interprétation, rendant ainsi un témoignage émouvant des dernières années de la vie de cet acteur remarquable. Tous les éléments, aussi loufoques qu’ils puissent paraître, sont authentiques. Le récit est tout d’abord intéressant mais se révèle répétitif et un peu ennuyeux par la suite. Il reste alors à se délecter de la forme, un très beau noir et blanc et un montage assez vif à l’image de son personnage principal. Le film est tenu généralement en haute estime. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Le budget de Plan 9 from Outer Space fut effectivement de 60 000 dollars ( = 500 000 dollars d’aujourd’hui), ce qui était très faible : la plupart des séries B de l’époque avaient un budget compris entre 200 000 et 400 000 dollars. De ce fait, on parle plus de « série Z » pour qualifier les films d’Ed Wood.
* Plan 9 from Outer Space est le film le plus célèbre d’Ed Wood depuis qu’un critique américain l’a qualifié dans les années 80 de « plus mauvais film de tous les temps » ce qui lui a valu une notoriété immédiate et d’être vu par de très nombreux spectateurs (c’est effectivement très mauvais).
Martin Landau et Johnny Depp dans Ed Wood de Tim Burton.
Dolores Fuller et Ed Wood dans Glen or Glenda d’Ed Wood (1953).
La même scène reconstituée par Tim Burton : Sarah Jessica Parker et Johny Depp dans Ed Wood de Tim Burton (1994).
Matériel publicitaire pour le film Plan 9 from Outer Space d’Ed Wood (tourné en 1956, sorti en 1959).
Titre original : « The Life Aquatic with Steve Zissou »
Steve Zissou est à la tête d’une équipe océanographique qui parcourt les mers à bord du Belafonte, un bateau bien aménagé mais quelque peu vieillissant. Il part pour une grande expédition : retrouver le requin-jaguar qui a dévoré l’un des membres de son équipe… Les films de Wes Anderson sont toujours surprenants. Ses personnages agissent comme des adultes qui n’auraient jamais véritablement grandis, aux réactions aussi spontanées qu’inconséquentes, ce qui les rend attachants. Ici, son traitement d’une relation père/fils compliquée est aussi original qu’intéressant. Malgré les nombreux bons moments, Wes Anderson a toutefois le défaut de trop forcer le trait et l’ensemble passe de loufoque à artificiel (à mes yeux, du moins, car la limite entre les deux est finalement assez subjective). Wes Anderson a souhaité dédier son film à la mémoire du commandant Cousteau, décédé en 1997, dont il reprend son célèbre bonnet rouge. Elle: – Lui :
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Les trois enfants Tenenbaum ont été élevés par leur mère, séparée mais non divorcée. Ils sont tous trois très différents : l’ainé a le sens des affaires, la fille cadette a des dons littéraires et le benjamin fait des exploits en tennis. Lorsque le père désire revenir après quinze ans d’indifférence totale, il n’est pas le bienvenu et doit utiliser un subterfuge… La Famille Tenenbaum est le troisième long métrage de Wes Anderson et le réalisateur montre déjà un style assez affirmé : les décors aux couleurs vives, le goût pour les situations loufoques, les costumes décalés et les objets saugrenus, la voix off faussement détachée (c’est celle d’Alec Baldwin). Le scénario qu’il a écrit avec Owen Wilson est finement écrit, évitant toute dramatisation pour nous glisser une analyse de caractères : ses personnages sont tous tournés vers le passé, ils restent bloqués sur une époque (comme en témoignent leurs vêtements qui ne changent pas ou très peu), enfermés dans leurs frustrations, leurs échecs. L’humour est très présent, il se glisse partout, même dans les situations qui se prêteraient si facilement au drame. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Wes Anderson chroniqués sur ce blog…
(de gauche à droite) Luke Wilson, Gwyneth Paltrow, Gene Hackman, Ben Stiller (les enfants : Jonah Meyerson et Grant Rosenmeyer), Angelica Houston, Danny Glover et Kumar Pallana dans La Famille Tenenbaum de Wes Anderson