13 avril 2024

Le Ciel rouge (2023) de Christian Petzold

Titre original : « Roter Himmel »

Le Ciel rouge (Roter Himmel)Leon et Felix se rendent dans une maison située sur la côte allemande de la mer Baltique et appartenant à la famille de Felix. Lorsqu’ils arrivent, ils se rendent compte que la maison est déjà occupée par Nadja, nièce d’une collègue de travail de la mère de Felix. Leon, écrivain, veut travailler à son nouveau roman et devient exécrable, il déclare vouloir se concentrer sur son travail mais sans vraiment y parvenir. Felix doit quant à lui préparer un dossier pour le concours d’entrée d’une école d’art mais cela ne l’empêche pas de profiter de la plage. Non loin de là, les incendies de forêt se propagent…
Le Ciel rouge est un film allemand écrit et réalisé par Christian Petzold. Il s’agit d’une chronique estivale, un peu à la manière de Rohmer (que le réalisateur cite comme référence) mais restant au niveau de l’étude de caractère. Le pari quelque peu osé du réalisateur est d’avoir un personnage principal (Leon) très antipathique, presque asocial dans son comportement et très maladroit dans sa recherche d’amour. Heureusement, le personnage interprété par Paula Beer apporte un peu de lumière dans le récit. L’atmosphère reste lourde, Leon étant toujours au bord de l’implosion. La présence menaçante du feu paraît artificiellement ajoutée. Le Ciel rouge se regarde sans déplaisir mais ne déclenche pas l’enthousiasme.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Thomas Schubert, Paula Beer, Langston Uibel, Enno Trebs, Matthias Brandt
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Paula Beer, Enno Trebs, Langston Uibel et Thomas Schubert dans Le Ciel rouge (Roter Himmel) de Christian Petzold.

7 mars 2023

Notre-Dame brûle (2022) de Jean-Jacques Annaud

Notre-Dame brûleLe 15 avril 2019, un violent incendie accidentel se déclare dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Des femmes et des hommes vont mettre leurs vies en péril dans un sauvetage difficile et héroïque…
Notre-Dame brûle est un film français réalisé par Jean-Jacques Annaud. Il retrace heure par heure tous les évènements de cette catastrophe et nous place aux côtés des pompiers qui eurent la mission impossible de sauver l’édifice en maitrisant le feu. Jean-Jacques Annaud a patiemment rassemblé de nombreux témoignages pour former son récit. La reconstitution est techniquement parfaite. Le réalisateur a su habilement utiliser les cathédrales présentant des similitudes (Bourges, Amiens, Sens) et insérer des images réelles du jour de la catastrophe  (notamment celles avec le Chef de l’État). Il a fait construire une réplique grandeur nature de l’intérieur de Notre-Dame avant de détruire ce décor par le feu. La scène de l’effondrement de la flèche fut selon lui la plus complexe, filmée en une seule prise par douze caméras placées dans des crash box. Le résultat est spectaculaire et ne laisse que peu de répit au spectateur. Les effets traditionnels des films-catastrophes (pour accentuer la dramatisation) sont ici très réduits, l’essentiel du film est dans l’action des pompiers et leurs difficiles prises de décision. Une réussite.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Samuel Labarthe, Jean-Paul Bordes, Mickaël Chirinian, Jules Sadoughi, Jérémie Laheurte
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Notre-Dame brûleNotre-Dame brûle de Jean-Jacques Annaud.

4 juillet 2019

Les Damnés du coeur (1928) de Cecil B. DeMille

Titre original : « The Godless Girl »

Les damnés du coeurDans une école américaine, un groupe d’adolescents a fondé une société secrète qui prône l’athéisme. Lors d’un affrontement avec un autre groupe qui défend la religion, une jeune fille est tuée accidentellement. Les deux meneurs sont envoyés en maison de correction…
Dernier film muet de Cecil B. DeMille, The Godless Girl est un film vraiment étonnant. Si le début nous laisse présager d’une croisade contre l’athéisme, le film prend très rapidement une toute autre direction : quatre ans avant Mervyn LeRoy et son I Am a Fugitive from a Chain Gang (1932), DeMille dénonce avec une grande vigueur les traitements infligés dans les maisons de correction. Le réalisateur a enquêté plusieurs mois, envoyant même des espions dans les centres de détention (1). Autre surprise : DeMille (qui est un croyant fervent, rappelons-le) ne s’en prend pas vraiment aux athées mais fustige le radicalisme de chacune des deux parties en présence. Sa « morale » finale est explicite : il faut apprendre à tolérer les opinions divergentes des nôtres. Une fois de plus, l’histoire écrite par Jeanie Macpherson a beaucoup de force ; elle nous happe littéralement sans laisser de temps mort. Beaucoup de scènes sont puissantes et DeMille sait être audacieux dans sa façon de les tourner. Sorti quelques mois après l’arrivée du parlant, le film n’eut hélas aucun succès ; même le style ne convenait pas car, dans les premiers temps du parlant, ce sont des films joyeux et chantants qui magnétisaient le public.  Longtemps resté assez rare, The Godless Girl a été restauré en 2007.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Lina Basquette, Marie Prevost, Tom Keene, Noah Beery, Eddie Quillan
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Les damnés du coeurLina Basquette est une Godless Girl dans Les damnés du coeur de Cecil B. DeMille.

Remarques :
* DeMille ayant décliné la proposition de Pathé de tourner deux nouvelles scènes en parlant, la sonorisation d’une version parlante de 90mn fut confiée à l’acteur Fritz Feld.

* Lisa Basquette est alors âgée de 20 ans (mais paraît beaucoup plus). L’actrice avait épousé deux ans auparavant Sam Warner, l’un des frères fondateurs du studio Warner Bros. Sam Warner est crédité pour avoir apporté la technologie qui permit au studio de produire le premier long-métrage parlant de l’industrie du cinéma, Le Chanteur de jazz, dont il ne verra pas la première triomphale en octobre 1927. Il est décédé la veille à l’âge de 40 ans des suites d’une grave maladie du cerveau. Lorsque débute le tournage de The Godless Girl trois mois plus tard, Lisa Basquette était donc toujours en deuil.

* Noah Beery (le garde sadique) est le frère de Wallace Beery.

* Lorsque Cecil B. DeMille s’est rendu en Union Soviétique en 1931, il a découvert qu’il y était très populaire grâce à The Godless Girl. Il ne comprenait pas pourquoi, vue l’importance de la religion à la fin. Il a alors découvert que la dernière bobine n’était tout simplement pas projetée et que le film ainsi amputé était devenu un outil de propagande sur la brutalité des américains envers leur jeunesse.

(1) Dans un encart en début de seconde partie, le réalisateur tient à nous préciser que tout ce qui est décrit est bien réel. Il ajoute toutefois que certains centres accomplissent un travail plus humain pour réinsérer les jeunes délinquants.

Les damnés du coeurMarie Prevost et Lina Basquette dans Les damnés du coeur de Cecil B. DeMille.

Les damnés du coeurPour la scène de l’escalier dans Les damnés du coeur, Cecil B. DeMille a placé sa caméra sur un ascenseur spécialement construit (à l’époque, les grues étaient encore à inventer…) A noter que tout le film a été tourné avec une seule caméra.

Les damnés du coeurPour la scène de la chute dans Les damnés du coeur, la caméra, le chef opérateur J. Peverell Marley et Cecil B. DeMille sont juchés sur une nacelle rudimentaire qui tombe du plafond. La scène est en outre tournée en double exposition (superposition). La vision subjective de la chute fait bien entendu penser à l’ahurissant traveling de Marcel L’Herbier qui utilise à peu près au même moment une méthode encore plus audacieuse dans L’Argent (1928).

The Godless Girl

10 juillet 2017

Rain or Shine (1930) de Frank Capra

Rain or ShineMary Rainey est catastrophée. Le cirque qu’elle a hérité de son père est au bord de la banqueroute. Heureusement, son directeur Smiley est un indéfectible optimiste qui a plus d’un tour dans son sac. Il est amoureux de Mary mais celle-ci n’a d’yeux que pour le jeune Bud… Rain or Shine avait connu un franc succès à Broadway en 1928. C’était une comédie musicale mais au moment de le porter à l’écran, le genre n’était plus prisé au cinéma (il faudra attendre 1933 pour que la Warner fasse renatre le genre). Toute la partie musicale fut donc enlevée pour ne garder que la comédie, menée par Joe Cook. Ce comédien, qui vient du cirque et du vaudeville, est peu connu mais c’est un humoriste étonnant. Il parle beaucoup pour faire des démonstrations à ses interlocuteurs qui perdent pied, submergés par ses raisonnements qui n’ont pas de sens. En cela, il rappelle beaucoup Groucho Marx. C’est du grand art. L’analogie avec les Marx Brothers est encore plus forte lorsque l’on considère ses deux acolytes, Tom Howard et Dave Chasen (qui ne parle jamais, tiens tiens…). Tous trois tenaient déjà leur rôle sur scène. De plus, Joe Cook montre des qualités stupéfiantes d’acrobate quand il doit remplacer au pied levé plusieurs artistes du cirque. L’histoire en elle-même n’a pas vraiment d’intérêt : on y retrouve toutefois l’optimisme à la Capra. Sur le plan de réalisation, les extérieurs ont été privilégiés et deux scènes furent coûteuses (la tempête du début et l’incendie). On remarquera également quelques scènes en caméra portée (comme dans d’autres Capra de la même époque). Rain or Shine n’est certes pas un grand Capra mais mérite d’être vu pour les numéros assez hilarants de Joe Cook. Le film connut un grand succès à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Joe Cook, Louise Fazenda, Joan Peers, William Collier Jr., Tom Howard, Dave Chasen
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Remarques :
* Le thème musical Singing in the Rain accompagne les génériques de début et fin. Ce n’est pas exceptionnel toutefois : composé à la fin des années vingt, on retrouve ce thème dans une petite douzaine de films au début des années trente.
* Une version muette et sonore de Rain or Shine a été également distribuée au moment de la sortie internationale. C’est fatalement une version différente, les logorrhées verbales de Joe Cook n’étant pas vraiment adaptées au muet. La fin est également différente.

Rain or Shine
Joan Peers et Joe Cook dans Rain or Shine de Frank Capra.

Rain or Shine
Dave Chasen, Joe Cook et Tom Howard dans le gag du hot-dog de Rain or Shine de Frank Capra. Détail amusant : Dave Chasen arrêtera sa carrière de comédien en 1936 pour créer le Chasen’s sur Beverly Boulevard à Hollywood, un restaurant qui sera fréquenté par de nombreuses stars jusqu’en 1995 et qui abritera même la soirée des Oscars certaines années.

19 juin 2017

Le Sacrifice (1986) de Andreï Tarkovski

Titre original : « Offret »

Le Sacrifice(Exceptionnellement, le synopsis qui suit couvre tout le film car il est, à mon avis, préférable de le connaitre avant de voir de film) Ex-comédien célèbre, Alexandre s’est retiré avec sa famille pour vivre isolé sur une île au large des côtes suédoises. Le jour de son anniversaire, une guerre nucléaire mondiale est déclenchée. Alexandre fait le vœu à Dieu de renoncer à ce qui lui est le plus cher et de ne plus prononcer une parole si tout redevient comme avant. Le facteur, passionné des phénomènes paranormaux, lui conseille d’aller chez sa voisine qui est un peu sorcière (ou un ange, au choix) et qui saura exaucer son vœu. C’est le cas. Il détruit alors sa maison et sacrifie sa liberté… Le Sacrifice est l’ultime film d’Andrei Tarkovski qui décèdera hélas quelques mois plus tard. Il s’agit d’une longue parabole dont plusieurs aspects restent assez obscurs. Le premier tiers (avant le passage des bombardiers) m’a personnellement le plus enchanté : de longs monologues d’Alexandre qui s’interroge sur sa vie et son rapport à la société. Autant ses réflexions sont intéressantes, autant les autres personnages paraissent futiles, le cas le plus extrême étant sa femme, une anglaise nostalgique de la vie mondaine (qui symbolise certainement la futilité de notre monde moderne mais on peut se demander comment Alexandre a pu vivre tant d’années avec elle). Le reste m’a paru inutilement imagé et lent, disons qu’Alexandre doit éprouver lui-même sa capacité à désirer le bien. On peut ne pas partager l’attrait du réalisateur pour le paranormal (mais toute l’histoire n’est peut-être qu’un rêve, aucun indice ne permet de trancher). La spectaculaire scène finale est devenue l’un des plans-séquences les plus célèbres de Tarkovski. Le film est une production franco-suédoise (le réalisateur a quitté sa Russie natale pour la Suède), plusieurs acteurs sont doublés, y compris la française Valérie Mairesse qui est plutôt inattendue dans un tel film. Le Sacrifice est, en tous cas, visuellement très beau.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Erland Josephson, Susan Fleetwood, Allan Edwall, Sven Wollter, Valérie Mairesse
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Voir un livre sur Le Sacrifice qui vient de sortir (472 pages)…
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Remarques :
* Tarkovski fait un hommage appuyé à Bergman : Erland Josephson est l’un des acteurs fétiches de Bergman ; Sven Nykvist, le directeur de la photographie attitré de Bergman, est derrière la caméra ; les décors sont signés Anna Asp, oscarisée pour les décors de Fanny et Alexandre ; le tournage a eu lieu sur l’île de Gotland où Bergman a tourné plusieurs de ses films ; pour couronner le tout, Daniel Bergman, fils du réalisateur, est un assistant.

* Bergman n’aimait pas vraiment le film, disant en quelque sorte que Tarkovski avait surtout fait du Tarkovski.

* Le Sacrifice a été sélectionné par le Vatican dans la catégorie « Religion » de sa liste de « 45 grands films ».

 

Le Sacrifice
Allan Edwall, Erland Josephson, Filippa Franzén et Susan Fleetwood dans Le Sacrifice de Andrei Tarkovski.

Le Sacrifice
Tournage de la scène finale de Le Sacrifice de Andrei Tarkovski. (Il s’agit vraisemblablement de la première prise car la fumée est bien plus verticale que dans le film. La caméra s’étant enrayée au beau milieu du plan-séquence, la maison a en effet été reconstruite pour faire une seconde prise.)

Le Sacrifice
La maison et sa miniature dans Le Sacrifice de Andrei Tarkovski.

22 mars 2017

Maps to the Stars (2014) de David Cronenberg

Maps to the StarsHollywood est la ville des stars. A 13 ans, Benjie l’est déjà. Son père est un auteur à succès et coach de célébrités ; il aide ainsi l’actrice Havana Segrand à donner un nouveau souffle à sa carrière… Sur un scénario de Bruce Wagner, David Cronenberg nous présente un portrait plutôt acide de cette faune hollywoodienne génératrice de névroses, où la célébrité est l’unique credo. Ce monde en apparence idyllique est en réalité souvent cauchemardesque. Certes, le sujet a déjà été traité (et, il faut bien le reconnaître, plus brillamment) mais le scénario est intelligemment déroulé : après un début plutôt difficile à suivre, les liens entre certains personnages se précisent peu à peu. La situation apparaît alors de plus en plus terrifiante. Cette vision d’une société autant malsaine que décadente est certainement assez excessive, certainement outrée, noire sans aucun doute. Julianne Moore est assez étonnante. David Cronenberg avait ce projet depuis 2004. Il a eu beaucoup de mal à trouver un financement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Julianne Moore, Mia Wasikowska, John Cusack, Evan Bird, Robert Pattinson
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Maps to the stars
Mia Wasikowska dans Maps to the Stars de David Cronenberg.

maps to the stars
Julianne Moore dans Maps to the Stars de David Cronenberg.

14 février 2015

Les Combattants (2014) de Thomas Cailley

Les combattantsDans le sud-ouest de la France, Arnaud rencontre Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé? … Les Combattants est le premier long métrage de Thomas Cailley. C’est une histoire assez simple mais originale et même surprenante, grâce à deux personnages principaux assez forts. Le personnage de Madeleine est plutôt inattendu et Arnaud se retrouve autant déconcerté qu’attiré par elle. Adèle Haenel et Kévin Azaïs font tous deux une remarquable composition, parvenant à exprimer une vaste palette de sentiments sur un fond de touchante naïveté. Adèle Haenel est particulièrement étonnante. L’ensemble est bien équilibré par humour habilement distillé par petites touches. Les Combattants est un premier film vraiment réussi pour Thomas Cailley.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Adèle Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan
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Les Combattants
Adèle Haenel et Kévin Azaïs, étonnants interprètes du film Les Combattants de Thomas Cailley.

27 juillet 2012

La bataille de Midway (1942) de John Ford

Titre original : « The battle of Midway »

La bataille de Midway(Court métrage de 18 minutes) Ayant appris par ses relations dans la marine que les japonais allaient attaquer les îles Midway(1)(2), John Ford se rend sur l’île pour filmer la bataille. The Battle of Midway est donc ainsi tout d’abord un documentaire historique de tout premier ordre : tous les plans montrés sont réels et John Ford fut même blessé au bras gauche par un éclat d’obus lors du tournage. Mais le film est plus que cela car Ford y insuffle un grand souffle épique empreint de patriotisme. Il désire montrer aux mères américaines comment le pays commençait à répondre coup pour coup (3). Il supervise le montage fait par Robert Parrish dans le plus grand secret pour éviter que l’armée ne se saisisse de la pellicule. Ce montage est assez puissant, parsemé de nombreuses images fortes (comme ce drapeau flottant devant un rideau de fumée noire) et de plans qui nous placent au cœur de la bataille (4). Il met en avant les hommes, héros ordinaires qui pourraient être nos voisins. Pour éviter tout problème, il accorde un temps égal aux différents corps des armées et John Ford a le trait de génie d’ajouter un plan du Major James Roosevelt, fils du président, saluant les cercueils des tués au combat (en réalité, il n’était pas présent à Midway). Lorsque que le film lui fut projeté, le président Roosevelt déclara : « Je veux que toutes les mères des Etats Unis voient ce film ! ». On en tira 500 copies et le film obtint un Oscar.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: (voix) Henry Fonda
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(1) Les américains venaient de casser le code japonais et étaient donc au courant en grande partie du plan d’attaque japonais.

(2) Les îles Midway sont un atoll de 6 km2 situé au beau milieu de l’océan Pacifique et appartenant aux Etats Unis d’Amérique. Le 5 juin 1942, les japonais lancent une attaque très importante sur Midway. Les américains la repoussent en infligeant aux japonais de lourdes pettes en hommes et en matériel. En mettant fin à la suprématie de la flotte japonaise, cette bataille marquera un tournant dans la guerre du Pacifique et dans la Seconde Guerre mondiale.

(3) C’est ainsi qu’il aurait défini le but du film à Robert Parrish.

(4) A noter que le montage utilise beaucoup de répétitions de plans pour générer l’idée de force importante en marche (défilé, décollage d’avions, etc.)

Homonyme (ou presque) :
La bataille de Midway (The battle of Midway) de Jack Smight (1976) avec Charlton Heston et Henry Fonda
Midway de Roland Emmerich (2019).