20 juillet 2019

Il divo (2008) de Paolo Sorrentino

Titre original : « Il divo – La spettacolare vita di Giulio Andreotti »

Il divoRome, avril 1991. Le président du Conseil Giulio Andreotti forme son septième gouvernement. Mais il va devoir faire face à des défections dans son propre camp et rendre des comptes sur les nombreux soupçons qui pèsent sur lui, notamment sur ses liens supposés avec la Mafia…
Il divo (littéralement « le Divin ») est l’un des surnoms donnés à Giulio Andreotti, personnalité influente de la Démocratie chrétienne qui fut au centre de la vie politique italienne pendant quatre décennies. Paolo Sorrentino nous retrace les toutes dernières années de sa gouvernance avec une évidente envie de virtuosité : il use et abuse d’effets de cadrages, de montage et d’effets sonores qui ne semblent pas convenir au sujet et lassent très rapidement. Le rythme est très enlevé mais cela devient un problème : à moins d’être très au fait de la politique italienne, le spectateur est submergé par un torrent d’informations. La consultation en catastrophe de la fiche Wikipédia sur Andreotti (une fiche un peu chargée) n’a rien arrangé : il y a trop de noms et d’affaires à mémoriser, on est rapidement perdu. Il nous reste qu’à admirer la belle prestation de Toni Servillo, totalement impénétrable et renfermé sur lui-même, mais, là encore, sans connaitre l’homme politique, il est difficile de savoir si cette personnification est outrancière ou pas. Paolo Sorrentino n’enquête pas, il rapporte seulement mais il le fait de façon si satirique que son film ne peut être vu que comme une dénonciation de la corruption des hommes politiques. Malgré ses aspects tape-à-l’œil, le film a été plutôt louangé par la critique à sa sortie. Moins par le public…
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Toni Servillo, Flavio Bucci, Carlo Buccirosso, Giorgio Colangeli, Fanny Ardant
Voir la fiche du film et la filmographie de Paolo Sorrentino sur le site IMDB.
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Il divo
Paolo Sorrentino (entre les deux drapeaux) règle la scène de la rencontre Andreotti-Gorbatchev. Toni Servillo (à gauche) sur le tournage de Il divo de Paolo Sorrentino.

Remarque :
Finalement, nous aurions dû lire le dossier de presse avant de voir le film car il donne des informations qu’il est préférable de connaitre auparavant. Je le reproduis donc ci-dessous (pris sur Allociné) :

« A Rome, à l’aube, quand tout le monde dort, il y a un homme qui ne dort pas. Cet homme s’appelle Giulio Andreotti. Il ne dort pas, car il doit travailler, écrire des livres, mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable, Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant, ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de Président du Conseil.
A bientôt 70 ans, Andreotti est un gérontocrate qui, à l’instar de Dieu, ne craint personne et ne sait pas ce qu’est la crainte obséquieuse. Habitué comme il l’est à voir cette crainte peinte sur le visage de tous ses interlocuteurs. Sa satisfaction est froide et impalpable. Sa satisfaction, c’est le pouvoir. Avec lequel il vit en symbiose. Un pouvoir comme il l’aime, figé et immuable depuis toujours. Où tout, les batailles électorales, les attentats terroristes, les accusations infamantes, glisse sur lui au fil des ans sans laisser de trace.
Il reste insensible et égal à lui-même face à tout. Jusqu’à ce que le contre-pouvoir le plus fort de ce pays, la Mafia, décide de lui déclarer la guerre. Alors, les choses changent. Peut-être même aussi pour l’inoxydable et énigmatique Andreotti. Mais, et c’est là la question, les choses changent ou n’est-ce qu’une apparence ? Une chose est certaine : il est difficile d’égratigner Andreotti, l’homme qui mieux que nous tous, sait se mouvoir dans le monde. »

22 juin 2019

The Host (2006) de Bong Joon-ho

Titre original : « Gwoemul »

The HostA Séoul, d’anciens déversements de substances chimiques dangereuses dans le fleuve Han par l’armée américaine ont engendré une mutation inconnue et, plusieurs années plus tard, un monstre géant surgit de l’eau, attaquant la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. L’immature Gang-du, qui tient un petit snack avec son père sur les berges, voit sa fille de douze ans emportée par le monstre. Alors que tous sont persuadés qu’elle est morte, Gang-du reçoit la nuit suivante un mystérieux appel de sa part ; elle a juste le temps de lui dire qu’elle est coincée dans les égouts…
Ecrit et réalisé par Bong Joon-ho, The Host est un film fantastique qui réussit à être de nombreuses choses à la fois : film de science-fiction, d’épouvante ou encore d’action, satire sociale et politique, drame familial, fable écologique. Et le réalisateur coréen parvient même à y adjoindre une pointe d’humour. Ses héros ne sont pas des surhommes mais plutôt une famille de déclassés ; ses membres ne sont pas sans talent mais ont raté un tournant dans leur parcours. Ils vont en tous cas montrer un courage et un acharnement hors du commun pour retrouver la petite de la tribu, adorée de tous. Il y a une grande puissance dans le récit. La réalisation est parfaite, les effets spéciaux sont très bien intégrés et sans excès. The Host a été très bien accueilli par la critique ; il est vrai qu’il est loin de n’être qu’un banal film de monstre.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Song Kang-ho, Byun Hee-Bong, Park Hae-il, Doona Bae, Ko Asung
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Remarques :
* Le titre original du film, Gwoemul, signifie simplement « monstre » en coréen.
* En Corée du Sud, Song Kang-ho est l’un des acteurs les plus populaires.
* The Host est le plus gros succès sud-coréen en termes d’audience.

 

The Host
Song Kang-ho dans The Host de Bong Joon-ho.

26 avril 2019

Gran Torino (2008) de Clint Eastwood

Gran TorinoWalt Kowalski, octogénaire aigri et profondément raciste, vient de perdre sa femme. Une nuit, il surprend le jeune Thao, un de ses voisins d’origine Hmong (= peuple du sud de la Chine, Laos et Vietnam) en train d’essayer de voler sa Ford Gran Torino 1972. Cet événement va faire évoluer les rapports cet homme avec son entourage…
A sa sortie, Gran Torino a été perçu par beaucoup comme un possible film-testament de Clint Eastwood. Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien puisque beaucoup d’autres films ont suivi mais il est vrai qu’il semble mettre en scène sa propre image pour mieux la retourner. On retrouve ici son envie récurrente de se justifier d’accusations de racisme… En incarnant un personnage particulièrement détestable, aux raisonnements simplets gonflés à la testostérone, il nous rend difficile la tâche de savoir ce qui relève de la satire ou pas. Comme toujours, il sait parfaitement maintenir l’ambigüité et naviguer entre deux eaux. Cette ambigüité est toutefois interprétée par beaucoup comme la preuve d’un propos nuancé voire subtil. Le caractère christique du final avait de quoi appuyer l’idée qu’il pouvait s’agir de son ultime réalisation. Le film fut assez unanimement louangé.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Clint Eastwood, Christopher Carley, Bee Vang, Ahney Her
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Gran Torino
« Get off my lawn! » (« Barrez-vous de ma pelouse! ») : Clint Eastwood et en arrière-plan la voiture éponyme de Gran Torino de Clint Eastwood.

3 mars 2019

Le Come back (2007) de Marc Lawrence

Titre original : « Music and Lyrics »

Le Come backUn ex-chanteur à succès a l’occasion de faire son retour lorsqu’une jeune star du moment lui demande de composer une chanson pour elle. Le seul problème est qu’il n’a composé depuis dix ans que les paroles n’ont jamais été son fort. Heureusement, il découvre que la jeune femme qui s’occupe de ses plantes a des talents cachés…
Ecrit et réalisé par le new-yorkais Marc Lawrence, Music and Lyrics est une gentille comédie sentimentale. Le scénario n’offre pas vraiment de surprises, ce n’est pas son intention, mais génère d’agréables moments et parvient même à créer l’émotion. Cela ne se passe pas sans passages à vide toutefois, on a parfois l’impression que l’ensemble a été quelque peu étiré. Hugh Grant est charmant avec son humour toujours très subtil, Drew Barrymore est charmante, personne n’est méchant. Bien entendu, il ne faut pas trop en attendre mais, dans son genre, c’est un film bien fait et divertissant. Gros succès.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Hugh Grant, Drew Barrymore, Brad Garrett, Haley Bennett
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Remarques :
* C’est le groupe Wham! (le groupe de George Michael) qui a servi de modèle pour le groupe Pop! Le personnage de la chanteuse Cora est inspiré de Britney Spears.
* C’est Bob Fry (du groupe ABC) qui double Hugh Grant pour les chansons. En revanche, c’est réellement l’actrice Haley Bennett (Cora) qui chante.

Music and lyrics
Drew Barrymore et Hugh Grant dans Le Come back de Marc Lawrence.

24 juillet 2018

L’étrange histoire de Benjamin Button (2008) de David Fincher

Titre original : « The Curious Case of Benjamin Button »

L'étrange histoire de Benjamin ButtonAlors que l’ouragan Katrina s’approche de la Nouvelle-Orleans, Daisy est dans son lit d’hôpital, sur le point de mourir. Elle demande à sa fille de lui lire le journal de Benjamin Button. La narration commence en 1918 lorsque Benjamin est né avec les déformations physiques d’un vieil homme…
Inspirée de la nouvelle homonyme de F. Scott Fitzgerald, L’étrange histoire de Benjamin Button repose sur l’idée originale d’une vie « à l’envers » : que se passerait-il pour une personne qui naîtrait vieux pour ensuite rajeunir au lieu de vieillir ? A la fois par son contenu et par le ton général, le film de David Fincher fait furieusement penser à Forrest Gump, ce qui n’est guère étonnant puisque le scénario est du même Eric Roth. On retrouve ici la même philosophie simpliste, la narration est parsemée de « maximes de vie » qui offrent au spectateur une vision faussement sécurisée de la vie. Tout cela est très hollywoodien, un feel-good movie fait pour plaire et qui plaît puisque le succès fut au rendez-vous. Comme il se doit, les effets spéciaux et maquillages furent nombreux et particulièrement couteux. Le film est long (2h45), trop long mais reste plaisant.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Cate Blanchett, Brad Pitt, Julia Ormond, Faune Chambers Watkins, Jason Flemyng, Tilda Swinton, Jared Harris, Elias Koteas
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Benjamin Button
Brad Pitt et Cate Blanchett dans L’étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher.

Benjamin Button
Brad Pitt et Tilda Swinton dans L’étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher.

17 mai 2018

Sherlock Holmes (2009) de Guy Ritchie

Sherlock HolmesLe légendaire détective Sherlock Holmes et son assistant le Dr Watson parviennent à capturer Lord Blackwood responsable de la mort de plusieurs jeunes femmes. De sa prison, la veille de sa pendaison, ce dernier affirme à Holmes que grâce à ses pouvoirs magiques il reviendra d’entre les morts…
Réalisé par le britannique Guy Ritchie, ce Sherlock Holmes est l’adaptation, non pas d’un roman de Conan Doyle, mais d’un comic book de Lionel Wigram qui n’a jamais été édité. L’intrigue se situe avant la confrontation de Holmes avec le professeur Moriarty. Modernisé, le personnage s’écarte de ses codes vestimentaires habituels et même de ses répliques emblématiques mais il garde sa grande intelligence de déduction et gagne en dynamisme : les scènes d’action sont en effet nombreuses mais assez bien intégrées. Le plus étonnant est la mise en évidence de l’homosexualité des deux compères : ils se querellent continuellement comme un vieux couple et Holmes fait tout pour empêcher Watson de se marier. Tout ceci ne fut pas vraiment du goût des producteurs (1). Même si le personnage perd quelque peu de son caractère exceptionnel et devient plus banal une fois passé dans la moulinette des codes hollywoodiens actuels, ce « dépoussiérage » est plutôt réussi. Ce Sherlock Holmes est en tous cas un bon divertissement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams, Mark Strong, Eddie Marsan
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Suite :
Sherlock Holmes : Jeu d’ombres (Sherlock Holmes: A Game of Shadows) de Guy Ritchie (2011)

(1) Les producteurs du film se seraient agacés que Robert Downey Jr déclare que le Sherlock Holmes qu’il incarne à l’écran était homosexuel. Andrea Plunkett, titulaire des droits d’auteur de Sherlock Holmes aux États-Unis, a déclaré qu’elle n’autoriserait pas de suite au film si Guy Ritchie et les scénaristes laissaient entendre que le personnage était homosexuel (dixit Wikipedia)

Sherlock Holmes
Jude Law (Watson) et Robert Downey Jr. (Holmes) dans Sherlock Holmes de Guy Ritchie.

25 janvier 2018

Le Bon, la Brute et le Cinglé (2008) de Kim Jee-woon

Titre original : « 좋은 놈, 나쁜 놈, 이상한 놈 (Jo-eun nom, nappeun nom, isanghan nom) »

Le Bon, la brute et le cingléDans les années 30 en Mandchourie, la Brute est chargé de récupérer une carte précieuse auprès d’un dignitaire japonais mais il se fait doubler par le Cinglé qui pillait le train qui le transportait. Ce dernier a alors tous les voyous et autres gangsters à ses trousses, tout comme le Bon qui désire le capturer pour toucher la prime…
Le titre évoque bien évidemment le film de Sergio Leone Le Bon, la Brute et le Truand mais ce film coréen, écrit et réalisé par Kim Jee-won, va au-delà du simple pastiche ou de la copie. C’est un véritable feu d’artifice visuel et chorégraphique avec de multiples situations et intrigues secondaires, et aussi une bonne dose d’humour, insufflée par le caractère enfantin du personnage du Cinglé interprété par Song Kang-ho, grande star en son pays. La photographie est très belle, avec des couleurs éclatantes et Kim Jee-won utilise parfaitement les grandes étendues mandchoues pour reconstituer une atmosphère de western. Le nombre de macchabées semés en chemin est certes plutôt impressionnant mais rien n’est sérieux ici : ce western asiatique est avant tout un grand divertissement. Il est étonnamment réussi.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Song Kang-ho, Lee Byung-hun, Jung Woo-sung
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Le Bon la Brute et le Cinglé
Le Bon : Jung Woo-sung dans Le Bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon.

Le Bon, la brute et le Cinglé
La Brute : Lee Byung-hun dans Le Bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon.

Le Bon, la brute et le cinglé
Le Cinglé : Song Kang-ho dans Le Bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon.

Le Bon, la brute et le cinglé
Comme dans le film de Leone, nous avons droit à un final sur un magistral Mexican Standoff (« impasse mexicaine » in french) dans  Le Bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon.

21 novembre 2017

Combien tu m’aimes? (2005) de Bertrand Blier

Combien tu m'aimes?François (Bernard Campan) admire une très belle femme (Monica Bellucci) à travers la vitrine d’un bar de Pigalle. Il entre et lui fait une proposition inattendue : ayant gagné une forte somme au loto, il lui propose de venir vivre avec lui en échange d’un très gros salaire… Avec Combien tu m’aimes??, Bertrand Blier nous offre une fable sur le thème de la beauté et du désir. Le film démarre très bien avec une bonne mise en place et des personnages bien trouvés (Jean-Pierre Darroussin en ami docteur désabusé est très amusant). Hélas, l’histoire s’enlise ensuite avec des scènes qui semblent inutilement étirées et le personnage joué par Depardieu semble bien caricatural. Bertrand Blier s’est trop centré sur Monica Bellucci qu’il semble vouloir sublimer. L’ensemble est finalement un peu brouillon et on ne retrouve le brio des meilleurs films du réalisateur.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Monica Bellucci, Bernard Campan, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Darroussin, Edouard Baer, Farida Rahouadj
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Remarques :
* Caméo : Bertrand Blier fait une apparition bien visible en client du bar à prostituées.

Combien tu m'aimes ?
Gérard Depardieu, Monica Bellucci et Bernard Campan dans Combien tu m’aimes? de Bertrand Blier.

Combien tu m'aimes ?
Jean-Pierre Darroussin et Monica Bellucci dans Combien tu m’aimes? de Bertrand Blier.

26 septembre 2017

Trois enterrements (2005) de Tommy Lee Jones

Titre original : « The Three Burials of Melquiades Estrada »

Trois enterrementsAu Texas, près de la frontière mexicaine, le vaquero Melquiades Estrada est tué par erreur par un jeune garde-frontière plutôt tête brulée. Son contremaître et ami n’accepte pas qu’il soit enterré rapidement sans aucune enquête, d’autant plus qu’il lui avait fait une promesse… Sur un scénario écrit par Guillermo Arriaga (scénariste de plusieurs films d’Iñárritu), ce premier long métrage du comédien Tommy Lee Jones ne manque pas d’intérêt. A la fois western moderne et fable humaniste, il prend place dans une région que l’acteur connaît bien : il y est né et y possède un ranch où certaines scènes du film ont été tournées. Il campe un personnage qui n’est pas sans rappeler ceux que personnifiait Clint Eastwood, c’est-à-dire un personnage avec de grandes valeurs morales, un grand sens de l’amitié et de la parole donnée. Son film démontre comment, dans ces régions qui paraissent si peu favorisées par la nature, ces valeurs humaines deviennent primordiales. Il souligne la différence de mentalités avec « ceux du nord » (le nord étant pris dans un sens très large, soit tout ce qui est au-dessus de la moitié sud du Texas). Débutant avec une construction habile en flashbacks, le déroulement devient ensuite plus linéaire dans un long cheminement. La belle photographie et l’excellente musique génèrent un certain envoutement. Un film d’une belle puissance.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Tommy Lee Jones, Barry Pepper, Julio Cesar Cedillo, Dwight Yoakam, January Jones, Melissa Leo
Voir la fiche du film et la filmographie de Tommy Lee Jones sur le site IMDB.

Remarques :
* Tout le film (y compris la partie mexicaine) a été tourné dans le sud du Texas, notamment dans le Big Bend National Park qui jouxte la frontière mexicaine. La ville de Van Horn se situe à environ 40 kms de la frontière, non loin de El Paso, la ville la plus à l’ouest du Texas.
* Prix du meilleur acteur pour Tommy Lee Jones et Prix du meilleur scénario pour Guillermo Arriaga au Festival de Cannes 2005.

Trois enterrements
Barry Pepper et Tommy Lee Jones dans Trois enterrements de Tommy Lee Jones.

Levon Helm - Trois enterrements
Nota : Le vieil homme aveugle est interprété par Levon Helm, bien connu pour avoir été le batteur (et chanteur) du groupe The Band. A gauche, Levon Holm dans Trois enterrements de Tommy Lee Jones. A droite, Levon Helm dans les années soixante-dix. Levon Helm est certainement vieilli par maquillage puisqu’il n’avait que 65 ans au moment du tournage. Le musicien est décédé en 2012. 

15 août 2017

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence

Titre original : « I Am Legend »

Je suis une légendeLe docteur Robert Neville, officier de l’armée des États-Unis, est le seul survivant d’une pandémie. Le jour, il erre dans les rues désertes de New York chassant les animaux, la nuit il se barricade dans sa maison pour rester hors d’atteintes d’humains mutants… Le classique de la littérature de science-fiction de Richard Matheson, Je suis une légende, ferait-il partie de ces romans inadaptables à l’écran ? Cette troisième tentative n’est guère plus intéressante que les deux premières. L’accent est une fois encore mis sur l’effroi engendré par les créatures alors que le roman est une réflexion sur la monstruosité, l’anormalité et le renversement possible de ces notions. Rien de tout cela dans ce film qui se réduit à une bataille contre des mutants avec effets spéciaux réglementaires. Le dénouement et la signification-même du titre ont été modifiés pour rentrer dans le moule hollywoodien (une fin alternative a toutefois été tournée un peu plus dans l’esprit dans du livre). Tout cela n’a pas beaucoup d’intérêt pour les amateurs de science-fiction.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Will Smith, Alice Braga
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I am a legend
Will Smith et la chienne Kona dans Je suis une légende de Francis Lawrence.

Précédentes adaptations :
* Je suis une légende (The Last Man on Earth) de Sidney Salkow et Ubaldo Ragona (1964) avec Vincent Price. Richard Matheson avait contribué au scénario (sous le pseudonyme Logan Swanson).
* Le Survivant (The Omega Man) de Boris Sagal (1971) avec Charlton Heston en roi de la gâchette.