16 mai 2022

Looking for Sally (1925) de Leo McCarey

Looking for Sally(Court métrage, muet, 2 bobines) Jimmie Jump revient d’un long voyage en Europe. Ses parents l’attendent sur le quai avec Sally, sa petite amie qu’il doit épouser mais qu’il n’a pas vue depuis des années. Ils vont se tromper sur l’idendité l’un de l’autre…
Looking for Sally est un court métrage réalisé pour Hal Roach par Leo McCarey avec le comique Charley Chase. Looking for Sally est le dernier film de la série des « Jimmie Jump » où il a peaufiné son jeu et son personnage d’américain ordinaire. C’est l’époque où il délaisse le format d’1 bobine pour des histoires plus élaborées. Il y a ici d’excellentes trouvailles de gag, des situations totalement incongrues et variées, le tout soutenu par un excellent rythme. Un excellent Charley Chase.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Charley Chase, Katherine Grant, Noah Young
Voir la fiche du film et la filmographie de Leo McCarey sur le site IMDB.

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Looking for SallyLeo Willis, Charley Chase et Katherine Grant dans Looking for Sally de Leo McCarey.

28 mars 2022

Le Dingue du Palace (1960) de Jerry Lewis

Titre original : « The Bellboy »

Le Dingue du Palace (The Bellboy)Stanley est groom dans un grand hôtel de Miami. Il est calme et ne dit pas un mot : comme on lui coupe la parole à chaque fois qu’il commence une phrase, tout le monde est persuadé qu’il est muet. Un jour, la superstar de cinéma, Jerry Lewis arrive dans cet hôtel. Tout le monde note la ressemblance avec Stanley…
Le Dingue du Palace est le premier film entièrement écrit, produit, réalisé et interprété par Jerry Lewis. Un (faux) producteur nous l’annonce en début de film : il n’y a pas vraiment d’histoire suivie, le film est une suite de gags dans des situations diverses à l’intérieur de l’hôtel. Ces gags sont de qualités inégales, beaucoup trop ont une chute que l’on devine à l’avance. Certains de ces gags sont sublimes, le plus bel exemple est celui où il mime un chef d’orchestre, mais ils sont hélas peu nombreux. Bizarrement, la présence de l’alter ego célèbre dans le même hôtel n’est que très peu exploitée. Globalement, l’humour se situe dans la veine des grands comiques muets (ou « presque muets ») tels Chaplin, Stan Laurel (qui apparaît dans le film personnifié par son imitateur, Bill Richmond) ou encore Jacques Tati. Le Dingue du Palace n’est pas le meilleur film de Jerry Lewis mais il y a là de quoi se détendre.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jerry Lewis, Alex Gerry, Bob Clayton
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Remarque :
* Jerry Lewis, en tant que groom, prononce exactement 24 mots, tous dans la toute dernière scène du film.

Le Dingue du Palace (The Bellboy)Jerry Lewis  (essayant de porter une valise sans poignée)
dans Le Dingue du Palace (The Bellboy) de Jerry Lewis.

7 février 2022

Adieu les cons (2020) de Albert Dupontel

Adieu les consLorsque Suze Trappet apprend qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait quinze ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn-out…
Adieu les cons est un film français écrit et réalisé par Albert Dupontel. Il s’agit d’une fable burlesque qui fustige certains traits de notre monde moderne. C’est un hommage à Brazil (1984) de Terry Gilliam qui fait une petite apparition (le bonimenteur dans la publicité pour les armes) mais Albert Dupontel ne copie pas. Si on retrouve bien l’utilisation de l’absurde pour tourner en dérision les rouages internes d’une administration devenue trop grosse, il y a beaucoup d’inventivité dans les situations et dans les personnages. Albert Dupontel fait montre de subtilité et de finesse, il n’appuie jamais trop fort sur la pédale. Son récit est ainsi atemporel tout en étant très actuel, loufoque et lunaire tout en étant réaliste, burlesque tout en étant sérieux. Le dosage est parfait. Le cinéaste montre une grande tendresse envers ses personnages malmenés par la vie, l’humanisme du propos est évident. Et sans en avoir l’air, le cinéaste place ici et là des réflexions plus générales dans lesquelles il est facile de se reconnaître. L’ensemble peut dérouter ou enchanter…
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Bastien Ughetto, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker
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Adieu les consVirginie Efira et Albert Dupontel dans Adieu les cons de Albert Dupontel.

16 janvier 2022

Micmacs à tire-larigot (2009) de Jean-Pierre Jeunet

Micmacs à tire-larigotAlors qu’il travaille dans un vidéoclub, Bazil reçoit une balle perdue dans la tête. Il survit, mais les médecins renoncent à extraire la balle de son cerveau, de peur de l’endommager. Il doit impérativement éviter les émotions fortes. Ayant perdu son logement et son emploi pendant son séjour à l’hôpital, Bazil est recueilli par une bande de chiffonniers qui habitent Tire-Larigot, une caverne fantastique aménagée au coeur d’une montagne de matériaux de récupération…
Micmacs à tire-larigot est une comédie française réalisée par Jean-Pierre Jeunet. Comme pour ses films précédents, il en a cosigné le scénario avec Guillaume Laurant. L’univers onirique est assez proche de celui d’Amélie Poulain mais l’ensemble est (à mes yeux, du moins) bien plus réussi et moins racoleur. Les personnages sont mieux dosés et n’en sont que plus attachants. Il y a beaucoup d’inventivité dans l’utilisation des objets sans recherche du spectaculaire et du tape à l’œil. Le fond du propos est gentil : il s’agit de s’attaquer à deux puissants marchands d’armes, les deux gros méchants de l’histoire. C’est du pur burlesque, dans la meilleure tradition qui soit, celle qui a débuté au cinéma un siècle auparavant. Un beau divertissement, poétique et jubilatoire.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Dany Boon, André Dussollier, Yolande Moreau, Dominique Pinon, Marie-Julie Baup, Michel Crémadès, Nicolas Marié, Julie Ferrier, Omar Sy, Jean-Pierre Marielle
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 Micmacs à tire-larigotDany Boon Julie Ferrier dans Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet.

Remarques :
* Pierre Etaix fait une (très) courte apparition : il est l’inventeur des histoires drôles.
* Le jeune garçon au début du film est interprété par le propre fils de Dany Boon.

14 avril 2021

The Rent Collector (1921) de Larry Semon et Norman Taurog

Titre français : Zigoto encaisseur

The Rent CollectorSans emploi, Larry est embauché comme encaisseur de loyers dans un quartier de mauvaise réputation. Le précédent employé a démissionné après avoir failli y laisser sa peau…
Larry Semon est un acteur burlesque qui fut très célèbre entre 1918 et 1925. Seul Chaplin était alors plus célèbre que lui. En France, il fut connu sous le nom de Zigoto (1). Malgré une abondante filmographie de plus 100 courts métrages, il est aujourd’hui totalement oublié. Lorsque son nom est cité, c’est souvent pour avoir eu comme partenaire Stan Laurel (3 films en 1918) et plus tard, et plus longuement, Oliver Hardy, bien avant que naisse le tandem Laurel et Hardy. Ce Zigoto encaisseur est assez représentatif de son humour de type slapstick où il fait des prouesses acrobatiques vraiment spectaculaires, on peut dire que sur ce plan il dépasse Buster Keaton. On remarque aussi la note onirique qui le caractérise : les objets peuvent avoir des comportements étonnants. Il lui a manqué certainement une personnalité plus marquée pour passer à la postérité. Oliver Hardy, alors sous le nom de Babe Hardy et affublé d’une fausse barbe peinte, joue toujours les rôles de vilains à ses côtés et c’est le cas ici : une brute épaisse qui cogne fort et souvent. (Court métrage muet, 2 bobines, 20 min. env.)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Larry Semon, Norma Nichols, Oliver Hardy
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Remarque :
* Norman Taurog, que l’on connait pour avoir réalisé certains films du tandem Jerry Lewis / Dean Martin dans les années 50, n’avait alors que 22 ans.

(1) Zigoto était auparavant le nom de scène d’un acteur français comique des années 1910 : Lucien Bataille (1877-1953). Le mot est un dérivé de « zigue », altération de « gigue »,(1835).

The Rent CollectorOliver Hardy, Frank Alexander et Larry Semon dans The Rent Collector de Larry Semon et Norman Taurog.

28 mars 2021

Picotin noctambule (1925) de Scott Pembroke et Joe Rock

Titre original : « Pie-Eyed »

Picotin noctambule (Pie-Eyed) Pour constater par lui-même les dangers de la boisson, Stanley, membre d’une ligue de tempérance, s’est rendu dans bar clandestin. Il est bien éméché et commence à perturber l’orchestre de jazz. Le directeur, un ancien champion de boxe, intervient pour le calmer…
Pie-Eyed fait partie des « Stan Laurel Comedies », douze courts métrages qu’il a tournés en 1924-1925 sous la direction de son ami Joe Rock (qui venait de monter sa propre maison de production après avoir été renvoyé de la Vitagraph). A cette époque, soit environ deux à trois années avant de former le duo avec Oliver Hardy, Stan Laurel avait affiné son jeu et souhaitait faire une carrière solo. Son numéro d’alcoolique qui sème la pagaille est vraiment brillant, les gags sont très nombreux et bien réglés, ils s’enchainent parfaitement. La seconde partie où il tente de rentrer chez lui montre la même richesse. L’ensemble n’est pas sans évoquer le Chaplin des années dix. Voilà une petite merveille qui vaut vraiment la peine d’être découverte. En France, le surnom Picotin sera finalement assez peu utilisé pour désigné Stan Laurel. (Court métrage, 2 bobines, 20 min env.)
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Glen Cavender, Thelma Hill
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Picotin noctambule (Pie-Eyed)Thelma Hill et Stan Laurel dans Picotin noctambule (Pie-Eyed) de Scott Pembroke et Joe Rock.

9 mars 2021

L’Épouvantail (1920) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « The Scarecrow »
Autre titre français : « Les Ruses de Malec »

Les ruses de Malec (The Scarecrow)(Court métrage muet, 35 min env.) Buster et un ouvrier agricole partagent la même maison où, grâce à de nombreux mécanismes, toutes les pièces tiennent en une seule. Ils sont tous deux amoureux de la fille du fermier…
Après One Week, réalisé quelques mois auparavant, Buster Keaton reprend le thème de la maison mais, ici, il cherche à créer une maison idéale. Dans l’esprit des créations du dessinateur Rube Goldberg, d’astucieux mécanismes permettent d’économiser l’espace et rendent tous les objets accessibles. La scène du petit déjeuner est une merveille, elle a de toute évidence demandé une précision extrême dans les enchaînements. Le reste du film manque un peu de liant mais comporte de belles trouvailles de gags qui se suivent sans aucun temps mort. Malgré le manque d’histoire forte, The Scarecrow fait incontestablement partie des meilleurs courts métrages de Buster Keaton.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Buster Keaton, Joe Roberts, Joe Keaton
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 Les ruses de Malec (The Scarecrow)Buster Keaton et Joe Roberts dans L’Épouvantail (The Scarecrow) de Edward F. Cline  et Buster Keaton.

27 novembre 2020

Les rois de la gaffe (1935) de Charley Rogers

Titre original : « The Fixer Uppers »

Les rois de la gaffe (The Fixer Uppers)Stan et Laurel font du porte à porte pour vendre des cartes de vœux. Ils tentent de consoler une femme éplorée parce que son mari, un peintre, est devenu totalement indifférent. Stanley lui donne l’idée de rendre son mari jaloux et c’est Oliver qui va jouer le rôle de l’amant. Hélas, le mari est un homme colérique et le provoque en duel…
The Fixer-Uppers reprend le thème de The Slipping Wives (1927), l’un des tous premiers courts métrages muets de Laurel et Hardy. Le scénario ne montre pas beaucoup de subtilités. On se rend compte après quelques minutes que l’histoire se déroule à Paris car le mari est un peintre français (avec, comme il se doit, moustaches et béret), probablement pour rendre son personnage plus impulsif et tempétueux. Il est interprété avec une certaine exubérance par Charles Middleton.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Mae Busch, Charles Middleton
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Les rois de la gaffe (The Fixer Uppers)Mae Busch, Oliver Hardy, Stan Laurel et Charles Middleton dans The Fixer Uppers de Charley Rogers.

27 novembre 2020

Slipping Wives (1927) de Fred Guiol

Titre français : « En plein méli-mélo »

En plein méli-mélo (Slipping Wives)La jeune épouse d’un peintre célèbre se plaint auprès d’un ami que son mari ne « l’embrasse plus que les dimanches et jours fériés ». L’ami lui conseille de le rendre jaloux et de payer un homme pour la séduire ostensiblement…
Slipping Wives est le deuxième court métrage produit par Hal Roach avec Stan Laurel et Oliver Hardy. Si les deux acteurs sont bien présents dans le même film, le duo n’est pas encore vraiment formé (l’affiche ci-contre est visiblement plus récente) : Oliver n’a qu’un rôle secondaire de majordome alors que Stan Laurel est bien plus mis en avant, jouant le rôle d’un innocent livreur de peinture forcé d’endosser le costume de séducteur. Le film repose surtout sur son incapacité à tenir ce rôle. Le plus amusant est qu’il n’a pas vraiment compris qui est le mari et qui est l’ami. Toutefois, l’ensemble ne montre aucun éclat particulier par rapport aux standards du cinéma comique de l’époque. Le même thème sera repris plus tard par le duo dans The Fixer Uppers (1935).
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Priscilla Dean, Herbert Rawlinson, Stan Laurel, Oliver Hardy, Albert Conti
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En plein méli-mélo (Slipping Wives)Priscilla Dean, Stan Laurel et Herbert Rawlinson dans Slipping Wives de Fred Guiol.

4 septembre 2020

Le Bon filon (1930) de James W. Horne

Titre original : « Laughing Gravy »

Le Bon filon (Laughing Gravy)Oliver et Stanley ont adopté un chien alors que leur propriétaire, un homme irascible logeant juste en dessous, interdit la présence d’animaux. Hélas, en pleine nuit, alors qu’il neige au dehors, Stanley est pris de hoquet, ce qui fait aboyer l’animal…
Laughing Gravy reprend le thème du court muet Angora Love (1929) à ceci près que la chèvre est remplacée par un chien. La version initiale de Laughing Gravy était prévue pour durer 3 bobines soit 30 minutes environ. C’est cette version qui fut utilisée à l’export. Mais, le producteur Hal Roach faisait alors pression sur le duo pour qu’il reste sur le format de 2 bobines, soit 20 minutes environ. La seconde situation (Stanley apprend qu’il va recevoir un héritage à la condition de se séparer de son ami Oliver) fut ainsi écartée et une fin alternative (maison placée en quarantaine et suicide du propriétaire) fut tournée pour être distribuée aux Etats-Unis. La partie avec le chien est assez réussie avec de multiples variations autour du même thème et une utilisation astucieuse du froid et de la neige. Le titre anglais est une allusion à un alcool (les Etats-Unis sont alors en pleine Prohibition), le titre français est plus difficile à expliquer (quel est donc ce « filon » qui serait bon ?)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
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Le Bon filon (Laughing Gravy)Oliver Hardy et Stan Laurel dans Le Bon filon (Laughing Gravy) de James W. Horne.