23 janvier 2023

The Bakery (1921) de Larry Semon et Norman Taurog

Titre français : « Zigoto boulanger »

Zigoto boulanger (The Bakery)Larry est un employé un peu simplet qui travaille dans une boulangerie tenue par chef tyrannique où il lui arrive diverses mésaventures…
Zigoto boulanger (The Bakery) est un court métrage burlesque muet américain réalisé par Larry Semon et Norman Taurog. Larry Semon est un acteur burlesque qui fut très célèbre entre 1918 et 1925. Seul Chaplin était alors plus célèbre que lui. En France, il fut connu sous le nom de Zigoto (1). Malgré une abondante filmographie de plus 100 courts métrages, il est aujourd’hui totalement oublié. Lorsque son nom est cité, c’est souvent pour avoir eu comme partenaire Stan Laurel (3 films en 1918) et plus tard, et plus longuement, Oliver Hardy, bien avant que naisse le tandem Laurel et Hardy. C’est le cas ici : Oliver Hardy est un chef détestable qui tyrannise ses employés tout en étant obséquieux avec les clients. Mais Larry Semon se montrera le plus malin. Sur le plan des cascades, The Bakery n’est pas aussi spectaculaire que les autres films de Larry Semon, en revanche il exploite bien tout le potentiel du lieu pour créer des situations hilarantes. Certains gags demandent une grande précision et Larry Semon était un perfectionniste.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Larry Semon, Oliver Hardy, Norma Nichols
Voir la fiche du film et la filmographie de Larry Semon sur le site IMDB.

(1) Zigoto était auparavant le nom de scène d’un acteur français comique des années 1910 : Lucien Bataille (1877-1953). Le mot est un dérivé de « zigue », altération de « gigue »,(1835).

Zigoto boulanger (The Bakery)Larry Semon et Oliver Hardy dans Zigoto boulanger (The Bakery) de Larry Semon & Norman Taurog.

20 janvier 2023

Oranges et citrons (1923) de George Jeske

Titre original : « Oranges and Lemons »

Oranges et citrons (Oranges and Lemons)Sunkist (Stan Laurel) enchaîne les bêtises et empêche toute une exploitation ouvrière de cueillette de citrons et d’oranges de travailler simplement…
Oranges et citrons est un court métrage burlesque réalisé par George Jeske et produit par Hal Roach. L’humour est assez classique dans le genre slapstick, trop classique à nos yeux d’aujourd’hui. Il y a pourtant un ou deux gags vraiment excellents, le meilleur étant à mes yeux le gag des portes battantes (quand Stan Laurel poursuivi par son patron furieux entre à l’intérieur du bâtiment) : un véritable ballet qui demande une synchronisation parfaite. Les autres gags sont hélas moins remarquables. A noter que, comme dans beaucoup de ses films de cette période de sa carrière, Stan Laurel est assez agressif et très physique (contrairement à ce qu’il fera plus tard avec Oliver Hardy). Récemment restauré par Lobster.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Katherine Grant
Voir la fiche du film et la filmographie de George Jeske sur le site IMDB.

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Oranges et citrons (Oranges and Lemons)Stan Laurel dans Oranges et citrons (Oranges and Lemons) de George Jeske.
(image de mauvaise qualité, la restauration de Lobster est meilleure que cela)

7 décembre 2022

The Chief Cook (1917) de Arvid E. Gillstrom

The Chief CookUn hôtel miteux, dont le personnel est parti du fait de retards de salaire, doit recevoir une petite troupe théâtrale. Le patron oblige son unique client du moment, un garçon roublard qui s’arrange pour ne jamais payer sa note, à être garçon d’étage, cuisinier et serveur…
La popularité de Charlie Chaplin dans la seconde moitié des années 1910 a engendré d’innombrables copies. Le plus célèbre de ces copieurs est Billy West ; l’acteur d’origine russe montre un mimétisme extrême, dans la démarche, la gestuelle sans parler de sa ressemblance physique étonnante. Si quelques gags sont réussis, l’ensemble est loin d’avoir la brillance des films de Chaplin. En 1917, Billy West a tourné une série de films pour King Bee studios avec Oliver Hardy qui tient invariablement le rôle d’une brute, calquée sur Eric Campbell (la brute des films de Chaplin). Déjà corpulent, Oliver Hardy était encouragé par les studios à prendre encore du poids, son salaire augmentait à chaque kilo supplémentaire ! Oliver Hardy n’était guère valorisé par ces rôles de brute qui ne laissaient aucune place à l’inventivité. Dix ans plus tard, il formera son duo avec Stan Laurel. De son côté, Billy West abandonnera les copies de Chaplin en 1920 et tentera d’imposer sans trop de succès son propre comique. (Court métrage 15 minutes environ).
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Billy West, Bud Ross, Oliver Hardy, Leo White
Voir la fiche du film et la filmographie de Arvid E. Gillstrom sur le site IMDB.

The Chief CookOliver Hardy, Billy West et Ellen Burford dans The Chief Cook de Arvid E. Gillstrom.

The Chief CookBilly West dans The Chief Cook de Arvid E. Gillstrom.

7 décembre 2022

Suivons la piste (1923) de George Jeske

Titre original : « A Man About Town »

Suivons la piste (A Man About Town)Un jeune homme, qui connait mal la ville mais doit changer de tramway, se fait dire de suivre une jeune femme qui va au même endroit que lui. Il commence à la suivre dans la ville…
A Man About Town est un court métrage d’une bobine (12 minutes) produit par Hal Roach avec Stan Laurel dans le rôle principal. Il a été tourné quatre ans avant la formation de son duo avec Oliver Hardy et témoigne de la création de son comique. L’ensemble est excellent, d’abord par l’idée de base qui exploite bien les effets de la mode (beaucoup de femmes s’habillant de façon identique, il ne suit pas toujours la même, passant de l’une à l’autre sans s’en apercevoir) et aussi par son personnage. Face à James Finlayson qui le poursuit de façon obsessionnelle, Stan Laurel est déjà d’une naïveté touchante et attachante. La plupart des gags sont inventifs et réussis. La scène chez le barbier est étonnante, typique de ce procédé de « course-poursuite en surplace » que l’on retrouve dans plusieurs films de Stan Laurel.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, James Finlayson, Katherine Grant
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Suivons la piste (A Man About Town)Stan Laurel dans Suivons la piste (A Man About Town) de George Jeske.

7 décembre 2022

In the Grease (1925) de J.A. Howe

In the GreaseUn père a bien du mal à élever seul son fils de 12 ans. Il doit le forcer à aller à l’école mais découvre que l’instituteur démissionne face à sa classe difficile. Il prend sa place…
Les apparitions de James Finlayson en homme irascible dans les films de Laurel & Hardy et d’Harold Lloyd sont toujours savoureuses. Il est donc tentant de regarder ce qu’il a fait en solo, comme par exemple dans cet In the Grease produit par Hal Roach. Hélas, l’acteur est bien moins convaincant en « homme normal ». Ses colères sont bien moins marquées et il lui manque un opposant notable. Les gags ne fonctionnent en outre pas très bien. (Court métrage d’1 bobine)
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: James Finlayson, Anita Garvin
Voir la fiche du film et la filmographie de J.A. Howe sur le site IMDB.

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In the GreaseJames Finlayson dans In the Grease de J.A. Howe.

16 mai 2022

Looking for Sally (1925) de Leo McCarey

Looking for Sally(Court métrage, muet, 2 bobines) Jimmie Jump revient d’un long voyage en Europe. Ses parents l’attendent sur le quai avec Sally, sa petite amie qu’il doit épouser mais qu’il n’a pas vue depuis des années. Ils vont se tromper sur l’idendité l’un de l’autre…
Looking for Sally est un court métrage réalisé pour Hal Roach par Leo McCarey avec le comique Charley Chase. Looking for Sally est le dernier film de la série des « Jimmie Jump » où il a peaufiné son jeu et son personnage d’américain ordinaire. C’est l’époque où il délaisse le format d’1 bobine pour des histoires plus élaborées. Il y a ici d’excellentes trouvailles de gag, des situations totalement incongrues et variées, le tout soutenu par un excellent rythme. Un excellent Charley Chase.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Charley Chase, Katherine Grant, Noah Young
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Looking for SallyLeo Willis, Charley Chase et Katherine Grant dans Looking for Sally de Leo McCarey.

28 mars 2022

Le Dingue du Palace (1960) de Jerry Lewis

Titre original : « The Bellboy »

Le Dingue du Palace (The Bellboy)Stanley est groom dans un grand hôtel de Miami. Il est calme et ne dit pas un mot : comme on lui coupe la parole à chaque fois qu’il commence une phrase, tout le monde est persuadé qu’il est muet. Un jour, la superstar de cinéma, Jerry Lewis arrive dans cet hôtel. Tout le monde note la ressemblance avec Stanley…
Le Dingue du Palace est le premier film entièrement écrit, produit, réalisé et interprété par Jerry Lewis. Un (faux) producteur nous l’annonce en début de film : il n’y a pas vraiment d’histoire suivie, le film est une suite de gags dans des situations diverses à l’intérieur de l’hôtel. Ces gags sont de qualités inégales, beaucoup trop ont une chute que l’on devine à l’avance. Certains de ces gags sont sublimes, le plus bel exemple est celui où il mime un chef d’orchestre, mais ils sont hélas peu nombreux. Bizarrement, la présence de l’alter ego célèbre dans le même hôtel n’est que très peu exploitée. Globalement, l’humour se situe dans la veine des grands comiques muets (ou « presque muets ») tels Chaplin, Stan Laurel (qui apparaît dans le film personnifié par son imitateur, Bill Richmond) ou encore Jacques Tati. Le Dingue du Palace n’est pas le meilleur film de Jerry Lewis mais il y a là de quoi se détendre.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jerry Lewis, Alex Gerry, Bob Clayton
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Remarque :
* Jerry Lewis, en tant que groom, prononce exactement 24 mots, tous dans la toute dernière scène du film.

Le Dingue du Palace (The Bellboy)Jerry Lewis  (essayant de porter une valise sans poignée)
dans Le Dingue du Palace (The Bellboy) de Jerry Lewis.

7 février 2022

Adieu les cons (2020) de Albert Dupontel

Adieu les consLorsque Suze Trappet apprend qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait quinze ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn-out…
Adieu les cons est un film français écrit et réalisé par Albert Dupontel. Il s’agit d’une fable burlesque qui fustige certains traits de notre monde moderne. C’est un hommage à Brazil (1984) de Terry Gilliam qui fait une petite apparition (le bonimenteur dans la publicité pour les armes) mais Albert Dupontel ne copie pas. Si on retrouve bien l’utilisation de l’absurde pour tourner en dérision les rouages internes d’une administration devenue trop grosse, il y a beaucoup d’inventivité dans les situations et dans les personnages. Albert Dupontel fait montre de subtilité et de finesse, il n’appuie jamais trop fort sur la pédale. Son récit est ainsi atemporel tout en étant très actuel, loufoque et lunaire tout en étant réaliste, burlesque tout en étant sérieux. Le dosage est parfait. Le cinéaste montre une grande tendresse envers ses personnages malmenés par la vie, l’humanisme du propos est évident. Et sans en avoir l’air, le cinéaste place ici et là des réflexions plus générales dans lesquelles il est facile de se reconnaître. L’ensemble peut dérouter ou enchanter…
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Bastien Ughetto, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker
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Adieu les consVirginie Efira et Albert Dupontel dans Adieu les cons de Albert Dupontel.

16 janvier 2022

Micmacs à tire-larigot (2009) de Jean-Pierre Jeunet

Micmacs à tire-larigotAlors qu’il travaille dans un vidéoclub, Bazil reçoit une balle perdue dans la tête. Il survit, mais les médecins renoncent à extraire la balle de son cerveau, de peur de l’endommager. Il doit impérativement éviter les émotions fortes. Ayant perdu son logement et son emploi pendant son séjour à l’hôpital, Bazil est recueilli par une bande de chiffonniers qui habitent Tire-Larigot, une caverne fantastique aménagée au coeur d’une montagne de matériaux de récupération…
Micmacs à tire-larigot est une comédie française réalisée par Jean-Pierre Jeunet. Comme pour ses films précédents, il en a cosigné le scénario avec Guillaume Laurant. L’univers onirique est assez proche de celui d’Amélie Poulain mais l’ensemble est (à mes yeux, du moins) bien plus réussi et moins racoleur. Les personnages sont mieux dosés et n’en sont que plus attachants. Il y a beaucoup d’inventivité dans l’utilisation des objets sans recherche du spectaculaire et du tape à l’œil. Le fond du propos est gentil : il s’agit de s’attaquer à deux puissants marchands d’armes, les deux gros méchants de l’histoire. C’est du pur burlesque, dans la meilleure tradition qui soit, celle qui a débuté au cinéma un siècle auparavant. Un beau divertissement, poétique et jubilatoire.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Dany Boon, André Dussollier, Yolande Moreau, Dominique Pinon, Marie-Julie Baup, Michel Crémadès, Nicolas Marié, Julie Ferrier, Omar Sy, Jean-Pierre Marielle
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 Micmacs à tire-larigotDany Boon Julie Ferrier dans Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet.

Remarques :
* Pierre Etaix fait une (très) courte apparition : il est l’inventeur des histoires drôles.
* Le jeune garçon au début du film est interprété par le propre fils de Dany Boon.

14 avril 2021

The Rent Collector (1921) de Larry Semon et Norman Taurog

Titre français : Zigoto encaisseur

The Rent CollectorSans emploi, Larry est embauché comme encaisseur de loyers dans un quartier de mauvaise réputation. Le précédent employé a démissionné après avoir failli y laisser sa peau…
Larry Semon est un acteur burlesque qui fut très célèbre entre 1918 et 1925. Seul Chaplin était alors plus célèbre que lui. En France, il fut connu sous le nom de Zigoto (1). Malgré une abondante filmographie de plus 100 courts métrages, il est aujourd’hui totalement oublié. Lorsque son nom est cité, c’est souvent pour avoir eu comme partenaire Stan Laurel (3 films en 1918) et plus tard, et plus longuement, Oliver Hardy, bien avant que naisse le tandem Laurel et Hardy. Ce Zigoto encaisseur est assez représentatif de son humour de type slapstick où il fait des prouesses acrobatiques vraiment spectaculaires, on peut dire que sur ce plan il dépasse Buster Keaton. On remarque aussi la note onirique qui le caractérise : les objets peuvent avoir des comportements étonnants. Il lui a manqué certainement une personnalité plus marquée pour passer à la postérité. Oliver Hardy, alors sous le nom de Babe Hardy et affublé d’une fausse barbe peinte, joue toujours les rôles de vilains à ses côtés et c’est le cas ici : une brute épaisse qui cogne fort et souvent. (Court métrage muet, 2 bobines, 20 min. env.)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Larry Semon, Norma Nichols, Oliver Hardy
Voir la fiche du film et la filmographie de Larry Semon sur le site IMDB.

Remarque :
* Norman Taurog, que l’on connait pour avoir réalisé certains films du tandem Jerry Lewis / Dean Martin dans les années 50, n’avait alors que 22 ans.

(1) Zigoto était auparavant le nom de scène d’un acteur français comique des années 1910 : Lucien Bataille (1877-1953). Le mot est un dérivé de « zigue », altération de « gigue »,(1835).

The Rent CollectorOliver Hardy, Frank Alexander et Larry Semon dans The Rent Collector de Larry Semon et Norman Taurog.