Pour une raison qu’ils semblent ignorer eux-mêmes, Laurel et Hardy ont été arrêtés. Ils font sans le vouloir une tentative d’évasion. Ils sont alors conduits au bagne pour faire des travaux de terrassement au bord d’une route… Derrière les barreaux (The Hoose-Gow = « prison » en argot) est un court métrage américain de deux bobines (20 minutes environ) réalisé par James Parrott. Sorti en 1929, il fait partie des premiers films parlants du duo. C’est un film assez réussi avec de bons gags qui utilisent bien les objets : donner une pioche à Stan Laurel est passablement dangereux pour tous ceux qui sont à proximité (d’ailleurs Oliver Hardy but blessé pendant le tournage… car l’outil susnommé était une vraie pioche, celle en caoutchouc ne faisant pas assez vraie). Tout se termine par un combat qui rappelle quelque peu (mais sans égaler) The Battle of the Century (1927) ou You’re Darn Tooting (1928). Il n’y a que peu de texte parlé mais le son est déjà bien utilisé. Elle: – Lui :
Laurel, Ollie et leurs épouses se préparent à partir en week-end au bord de la mer à Atlantic City. Juste avant de partir, le téléphone sonne. C’est un ami de nos deux compères qui persuade Oliver qu’il serait des plus profitables pour eux deux de venir faire la bringue à leur club… Be Big! est un film burlesque américain écrit par H.M. Walker et réalisé par James W. Horne (ou est-ce James Parrott ?). C’est un film de trois bobines, soit 30 minutes environ, une durée inhabituelle pour le duo. Le film reprend d’abord le thème du mensonge fait à sa femme pour aller faire la bringue, pour ensuite s’éterniser sur une scène où Ollie n’arrive pas à enlever ses bottes. Quelques passages (rien de fantastique toutefois) ont été coupés de la version en anglais, probablement par la censure. Ils existent toujours dans la version espagnole (Los Calaveras) à laquelle est accolée une version espagnole de Laughing Gravy tourné la même année (la transition est tirée par les cheveux : un placard annonce que Stan et Ollie ont divorcés pour justifier qu’ils habitent maintenant ensemble). L’ensemble totalise ainsi environ 60 minutes! Il en serait de même pour la version française, Les Carottiers (Anita Garvin joue dans les trois versions, son personnage ayant très peu de textes) Elle: – Lui :
Parce qu’il y a beaucoup de fromage dans les Alpes suisses, Laurel et Hardy tentent d’y vendre des pièges à souris. Non loin de là, à l’hôtel des Alpes, le célèbre compositeur viennois Victor Albert est venu se ressourcer et travailler sur sa prochaine opérette tyrolienne, accompagné de son imprésario mais pas de son épouse, célèbre cantatrice… Swiss Miss est un long métrage américain réalisé par John G. Blystone, sur un scénario de Jean Negulesco, Charley Rogers et James Parrott. C’est un film musical, un mélange risqué d’opérette et de burlesque, qui peut dérouter. Laurel et Hardy ne participent pas aux chansons. Le film donne parfois l’impression d’un assemblage de scènes mais le manque d’unité ne se fait pas trop sentir. L’enchaînement se fait plutôt bien et l’ensemble est vraiment réussi car il y de nombreuses scènes mémorables. La plus remarquable est incontestablement celle où Stan Laurel tente de s’emparer du petit tonneau de rhum accroché au cou d’un gros saint-bernard. Mais il y en a d’autres : le déménagement du piano, la sérénade au tuba, les bulles de l’orgue, la pose des pièges dans le plancher, le harcèlement du cuisinier… Les chansons apportent une certaine fraîcheur à l’ensemble. Elle: – Lui :
Titre original : « Flying Elephants » Autre titre français : « Les Débuts de Cupidon »
À l’âge préhistorique, le roi des Cavernes proclame que tous les mâles entre 13 et 99 ans doivent se trouver une compagne dans les 24 heures ou être bannis. Hardy prétend être capable de trouver cinq femmes en cinq minutes… Laurel et Hardy à l’âge de pierre (Flying Elephants) est un film muet de deux bobines écrit et produit par Hal Roach, et réalisé par Frank Butler. Il fait partie des tous premiers films où Stan Laurel et Oliver Hardy jouent ensemble sans que le duo ne soit vraiment formé. Ils jouent chacun leur personnage, sans qu’il y ait complicité entre eux, et le nombre de scènes communes est finalement assez réduit. La vie préhistorique a été peu mise en scène dans les films burlesques slapstick : His Prehistoric Past de Chaplin pour la Keystone (1914) et surtout The Three Ages (1923) de Buster Keaton sont les principales tentatives. Nous sommes ici loin de la perfection du film de Keaton mais il y a quelques bons gags. On ne voit aucun éléphant… Le titre vient d’une phrase de Stan Laurel qui, pour lier connaissance avec une belle jeune fille, lui dit : « Il fait beau aujourd’hui, les éléphants volent vers le sud ». Elle: – Lui :
Autrefois fils préféré de son père décédé, Fella est réduit à être l’homme à tout faire de sa belle-mère et de ses deux méchants demi-frères. Alors qu’une princesse s’apprête à faire une visite aux États-Unis, la belle-mère organise un bal où sont invitées toutes les personnes les plus riches de Los Angeles. Fella n’est bien-sûr pas invité mais un bon génie va lui venir en aide… Cinderfella (les distributeurs français n’ont visiblement pas réussi à trouver un jeu de mots à la hauteur du titre original) est un film américain réalisé par Frank Tashlin. L’idée de base est pour le moins inattendue car Jerry Lewis n’est pas le premier acteur qui vienne à l’esprit pour interpréter Cendrillon ! Les sexes sont inversés (sauf la mère tyrannique), mais la trame globale reste celle du conte. Jerry Lewis ne joue pas sur la maladresse cette fois-ci, son personnage est plutôt habile. Hélas certaines scènes (notamment celles avec le bon génie) paraissent bien trop longues. Le meilleur du film réside dans les scènes musicales où Jerry Lewis a une gestuelle et une chorégraphie très fouillée synchronisée avec la musique de Count Basie. Ces quelques scènes sont un vrai délice. Elle: – Lui :
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Remarque : – La remontée-express du gigantesque escalier a conduit Jerry Lewis à l’hôpital. Ce fut sa première crise cardiaque.
Jerry Lewis dans Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella) de Frank Tashlin.Count Basie (à gauche) et son orchestre dans Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella) de Frank Tashlin, Jerry Lewis est au centre (en rouge).
Laurel et Hardy, deux matelots en permission et en goguette comptent bien compter fleurette malgré leurs finances au plus bas. Ils réussissent finalement à trouver deux jeunes filles, mais l’aventure va se terminer plutôt mal, sur un petit canot… Men O’War est un court métrage burlesque américain réalisé par Lewis R. Foster. Le scénario est signé Leo McCarey et les dialogues H.M. Walker. Car c’est bien un talkie, l’un des tous premiers de Laurel et Hardy. Le film a toutefois été tourné en deux versions, l’une muette et l’autre parlante (toutes les salles n’étaient pas équipées pour le parlant). Comme souvent avec le tandem, on retrouve trois situations différentes et les gags sont plutôt réussis. La bataille générale finale est excellente. Elle: – Lui :
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Remarque : • Dans le jargon de la Navy, « Man’o’war » désigne un navire de guerre.
Gloria Greer, Anne Cornwall, Oliver Hardy, Stan Laurel et James Finlayson dans Men O’War de Lewis R. Foster (photo publicitaire très proche d’une scène du film)
Cela ne va pas bien entre Oliver et son épouse : elle est agacée par le fait que son mari passe plus de temps avec son ami Stan. Afin de l’attendrir, Stan propose à Oliver d’adopter un enfant. Alors qu’ils rentrent à la maison avec ledit enfant, les papiers du divorce arrivent et les deux compères sont obligés de prendre en charge le bébé… Their First Mistake est une comédie burlesque américaine réalisée par George Marshall. Si plusieurs histoires exploitent l’ambiguïté du couple formé par Laurel et Hardy, rares sont ceux qui vont si loin : ils forment ici un couple qui dort dans le même lit tout en dorlotant leur bébé. Les dialogues ne sont pas en reste. Quand Oliver dit à son ami : « ma femme prétend que j’ai plus d’affection pour toi que j’en ai pour elle », ce dernier répond : « Et c’est vrai, n’est-ce pas ? » Hélas, les gags montrent un peu l’essoufflement du duo, il n’y a que peu de situations et ce ne sont que de longues improvisations. Mais, il y a tout de même quelques bons gags dont la fameuse réplique de Stan Laurel : « Je ne suis pas aussi bête que tu en as l’air ». Fait inhabituel pour les courts métrages du duo comique, la fin reste en suspens : il était prévu que la femme rentre à la maison avec un autre bébé adopté mais le budget était épuisé… (court métrage 20 min.) Elle: – Lui :
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Oliver Hardy et Stan Laurel dans Laurel et Hardy bonnes d’enfant (Their First Mistake) de George Marshall.L’homme au cigare dans cette scène n’est autre que le réalisateur George Marshall dans Laurel et Hardy bonnes d’enfant (Their First Mistake) de George Marshall.
Enrôlés de force lors de la Première Guerre mondiale, Stan et Oliver voient leur meilleur ami mourir sur le front. Il était père d’une fillette de trois ans et, de retour au pays, les deux compères se mettent à la recherche de son grand-père pour la lui confier… Pack Up Your Troubles est un long métrage de 63 minutes réalisé par George Marshall, Harry Black et Raymond McCarey et produit par Hal Roach. Il s’agit du second long métrage de Laurel et Hardy (après Pardon Us l’année précédente). C’est un film étrange qui tente, assez maladroitement, de mêler le mélodrame au burlesque. C’est un art difficile, Charlie Chaplin y excelle mais nous en sommes ici très loin. Il y a de bons gags, même de très bons gags, mais la partie mélodrame est assez épouvantable. Habitué au format court, le duo comique a bien du mal à passer au long métrage. Elle: – Lui :
À Paris, en 1649, la Fronde gronde contre le Cardinal Mazarin, premier ministre de la régente Anne d’Autriche. Mazarin demande à D’Artagnan de rallier à sa cause les trois mousquetaires Athos, Porthos et Aramis… Le Retour des Mousquetaires est un film anglais réalisé par Richard Lester, adapté du roman Vingt ans après d’Alexandre Dumas. Le film fait suite à Les Trois Mousquetaires (1973) et On l’appelait Milady (1974) du même réalisateur. Écrite une fois encore par le britannique George MacDonald Fraser, l’adaptation est assez libre : le fils de Milady est devenu une fille qui est au centre de cette histoire. Tout aussi séduisante que sa mère, elle est encore plus redoutable dans sa soif de vengeance car elle excelle dans l’art de l’épée (alors que nos vaillants mousquetaires sont un peu rouillés). Le scénariste étant inchangé, l’esprit reste le même : tout est prétexte à bouffonneries, rien n’est sérieux. Certains gags sont de belles trouvailles comme cette maison truffée de mécanismes actionnés de façon amusante. Beaucoup des acteurs des deux précédents volets ont répondu présent avec quelques nouveaux venus tel Philippe Noiret (hélas affublé en anglais d’une voix de freluquet). Divertissant. Elle: – Lui :
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Remarque : • Le tournage a été endeuillé par la mort de Roy Kinnear qui joue Planchet. L’acteur s’était plaint à de nombreuses reprises de son inaptitude à monter à cheval et réclamé une doublure qui ne lui fut pas accordée. Il fit une chute de cheval, se cassa le bassin et décéda le lendemain à l’hôpital.
Kim Kattral et C. Thomas Howell dans Le Retour des Mousquetaires (The Return of the Musketeers) de Richard Lester.
Ariane Felder, juge quadragénaire un peu coincée, célibataire, est totalement réticente à l’idée de fréquenter des hommes. Lors du réveillon du jour de l’an, fortement incitée par ses collègues de travail, elle boit plus que de raison et perd le contrôle d’elle-même. Six mois plus tard, Ariane découvre qu’elle est enceinte et elle ignore l’identité du père… 9 mois ferme est un film français écrit et réalisé par Albert Dupontel. Il s’agit d’une histoire assez farfelue, aussi originale qu’improbable, portée par Sandrine Kiberlain au sommet de sa forme. Le scénario fourmille de scènes désopilantes et Albert Dupontel n’hésite à grossir le trait (comme quand il se moque des scènes d’autopsie !) C’est assez surréaliste par moments. Dans les seconds rôles, Nicolas Marié fait un numéro d’anthologie en avocat bègue. Gros succès en salles récompensé par deux Césars. Elle: – Lui :
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Bouli Lanners et Sandrine Kiberlain dans 9 mois ferme de Albert Dupontel.Nicolas Marié dans 9 mois ferme de Albert Dupontel.Albert Dupontel dans 9 mois ferme de Albert Dupontel.