18 août 2014

El Dorado (1966) de Howard Hawks

El DoradoExpert dans le maniement des armes, Cole Thorntorn (John Wayne) refuse le travail que lui propose le propriétaire Bart Jason à El Dorado car cela l’amènerait à se battre contre son vieil ami, le shérif Harrah (Robert Mitchum). Il reviendra toutefois quelques mois plus tard lorsqu’il apprendra qu’un autre expert de la gâchette a été engagé pour se débarrasser du shérif qui a entre-temps sombré dans l’alcool pour un chagrin d’amour… Huit ans après Rio Bravo, Howard Hawks donne une nouvelle variation du même thème. El Dorado est parfois mal considéré car jugé comme un remake et donc comparé à son prédécesseur. Si on retrouve effectivement des personnages similaires dans une situation proche, ils sont plus âgés et donc avec des motivations différentes. Hawks a intégré de nombreux éléments de comédie, assumant pleinement le statut de divertissement. Le résultat est très réussi. El Dorado reçut un bon accueil du public à une époque où le western avait déjà entamé une profonde mutation. C’est l’un des derniers grands westerns hollywoodiens classiques et l’avant-dernier film d’Howard Hawks.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: John Wayne, Robert Mitchum, James Caan, Charlene Holt, Arthur Hunnicutt
Voir la fiche du film et la filmographie de Howard Hawks sur le site IMDB.

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Remarques :
* La scène de la baignoire serait pour beaucoup l’oeuvre de Robert Mitchum.
* Hawks avait demandé à Mitchum de mettre sa béquille à gauche ou à droite selon ce qui rendait le mieux à l’écran. Hawks se permet de faire un clin d’oeil à ce défaut de continuité quand il fait dire à John Wayne « La béquille, tu t’en es servi aussi bien à gauche qu’à droite ! »
* Les peintures du générique sont l’oeuvre d’Olaf Wieghorst qui fait une brève apparition dans le film (l’armurier qui vend l’arme à Mississippi).
* Le poème El Dorado récité par Mississippi est un poème d’Edgar Allan Poe.

Homonymes  :
El Dorado de Marcel L’Herbier (1921)
El Dorado de Carlos Saura (1988)
Eldorado de Bouli Lanners (2008)
(ces trois films n’ont que le nom en commun avec le film de Hawks, ce ne sont d’ailleurs pas des westerns)

11 décembre 2013

Les Misérables (1934) de Raymond Bernard

Partie 1 : « Une tempête sous un crâne » (1h50)
Partie 2 : « Les Thénardier » (1h25)
Partie 3 : « Liberté, liberté chérie… » (1h26)

Les misérablesAprès 19 ans de bagne pour avoir volé une miche de pain, le forçat Jean Valjean est libéré et part de Toulon pour rejoindre Pontarlier. Arrivé dans la ville de Digne, toutes les portes se referment devant lui et seul Monseigneur Myriel accepte de l’héberger pour la nuit… Le grand roman humaniste de Victor Hugo a été porté de multiples fois à l’écran mais les adaptations vraiment remarquables se comptent sur les doigts d’une main. L’ampleur du roman et le nombre de personnages rend en effet l’entreprise délicate. Les Misérables de François Bernard est assez souvent considérée comme étant la meilleure. Avec celle d’Henri Frescourt (muet, 1925), c’est aussi la plus complète et la plus fidèle. Elle a bénéficié d’un budget très important ce qui témoigne de la vitalité du cinéma français des années trente. Raymond Bernard a su trouver le ton juste, évitant de se laisser emporter par le souffle de l’oeuvre. Il ne tombe jamais dans l’excès ou dans la grandiloquence. Il a su aussi parfaitement choisir ses comédiens et les faire jouer avec mesure. Harry Baur est monumental dans le rôle de Jean Valjean mais sans éclipser les autres personnages ; tous les rôles sont remarquablement tenus. Les décors sont nombreux et soignés, la photographie est assez belle, très contrastée mais, sur le plan de la forme, ce qui surprend le plus est l’utilisation fréquente des cadrages obliques.Les misérablesLes misérables On peut certainement y voir là une certaine influence des expressionnistes allemands mais cela dénote aussi d’une belle inventivité et même d’une certaine audace. Dans le même ordre d’idées, les scènes de barricades en « caméra à l’épaule » (1) sont assez étonnantes. Les Misérables de Raymond Bernard est une très belle adaptation qui sait restituer l’ampleur et la force du roman de Victor Hugo.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Harry Baur, Charles Vanel, Charles Dullin, Émile Genevois, Orane Demazis, Florelle, Josseline Gaël, Marguerite Moreno
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Remarques :
* Comme le dit très justement Jacques Lourcelles : « L’adaptation des Misérables de Raymond Bernard est un film d’honnête homme et d’humaniste. Il ne vise jamais plus haut que ce qu’il peut atteindre et atteint dès lors presque toujours son but. »
* A lire sur le site de la Cinémathèque, le compte-rendu de la première au Marignan par Max Mate dans le numéro de février 1934 de Ciné-Magazine (c’est à la page 14, soit la page 9 du PDF). Pathé-Natan avait organisé un dîner de presse de 1000 couverts avec trois orchestres!
Les misérables* Le film fut très longtemps exploité en deux parties ( 1 « Jean Valjean » et 2 « Cosette ») pour une durée totale de 3h20 au lieu des 4h40 initiales.
* La révolte populaire décrite par Victor Hugo est l’insurrection républicaine de 1832, tentative de renversement de la Monarchie de Juillet. Les obsèques sont celles du Général Lamarque, grande figure du parti républicain. Le roi Louis-Philippe n’abdiquera que 16 ans plus tard lors de la Révolution de 1848.
* Le personnage de Marius est, selon les propres dires de l’écrivain, inspiré de la vie de Victor Hugo lui-même.
* Principaux passages du livre absents de cette adaptation :
1. La bataille de Waterloo.
2. Les années où Jean Valjean et Cosette vivent au couvent du Petit Picpus.
3. L’évasion de prison de Thénardier et ses nouvelles tentatives d’assassinat et autres fourberies.

Les grandes adaptations du roman de Victor Hugo :
Les Misérables d’Albert Capellani (1912), en 2 films pour une durée totale de 2h20
Les Misérables d’Henri Frescourt (1925) en quatre parties (muet, 8h30)
Les Misérables de Raymond Bernard (1934) en trois parties (4h40)
Les Misérables (I Miserabili) de Riccardo Freda (Italie, 1948) en deux parties (3h10), sorti en France en version raccourcie en 1952 sous le titre L’évadé du bagne (1h50).

Autres adaptations (liste incomplète) :
Les Misérables de Richard Boleslawski (USA, 1935) avec Fredric March
Les Misérables (La Vie de Jean Valjean) de Lewis Milestone (USA, 1952) avec Michael Rennie
Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois (1958) avec Jean Gabin et Bernard Blier
Les Misérables de Glenn Jordan (UK TV, 1978) avec Richard Jordan et Anthony Perkins
Les Misérables de Robert Hossein (1982) avec Lino Ventura et Michel Bouquet
Les Misérables de Claude Lelouch (1995) avec Jean-Paul Belmondo
Les Misérables de Bille August (USA, 1998) avec Liam Neeson et Uma Thurman
Les Misérables de Tom Hooper (USA, 2012) avec Hugh Jackman et Rusell Crowe

(1) Vu le poids des caméras, il était bien entendu impossible de mettre une caméra sur son épaule à cette époque…

11 novembre 2013

Le Gang Anderson (1971) de Sidney Lumet

Titre original : « The Anderson Tapes »
Autre titre : « Le Dossier Anderson »

Le dossier AndersonA sa sortie de prison, Duke Anderson rejoint son ancienne petite amie installée dans un immeuble cossu de New York. C’est ainsi qu’il a l’idée de mettre sur pied le cambriolage de tous les appartements de la résidence… Adapté d’un roman de Lawrence Sanders, Le Gang Anderson ne figure pas parmi les plus grands films de Sidney Lumet. Pourtant le scénario ne manque pas d’originalité et même d’humour. L’équipe assemblée pour le mauvais coup est particulièrement disparate, composée de personnages très différents mais finalement peu exploités. L’élément le plus remarquable du scénario est cette mise en évidence des écoutes : utilisant des moyens technologiques plus ou moins sophistiqués, nos compères sont écoutés par tout un tas de services de police, chacun pour un motif différent, et même par un amant jaloux. Et toutes ces écoutes étant illégales, « on » préférera effacer toute trace. Cette mise en relief des écoutes est assez étonnante, un an avant que le scandale du Watergate n’éclate. Si la première moitié du film manque un peu de rythme, la seconde est plus animée. Le Gang Anderson est assez amusant mais l’on en attend un peu plus de Sidney Lumet. Très bonne musique de Quincy Jones.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Sean Connery, Dyan Cannon, Martin Balsam, Ralph Meeker, Christopher Walken
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Remarque :
Si Le Gang Anderson est le premier film de Christopher Walken, c’est le dernier long métrage de l’actrice Margaret Hamilton (actrice que tout le monde connaît sous les traits de la sorcière du Magicien d’Oz). Elle interprète ici Miss Kaler.

29 août 2013

À nous la liberté (1931) de René Clair

À nous la libertéEmile et Louis tentent de s’évader de prison mais seul Louis y parvient. Il monte une petite affaire de phonographe et, après quelques années, se retrouve à la tête d’un complexe industriel prospère. C’est alors qu’Emile le retrouve… À nous la liberté a été écrit et réalisé par René Clair. C’est son troisième film parlant. Il s’agit d’une comédie utopiste, proche des idées de l’extrême gauche de l’époque. Assez étrangement, René Clair choisit de dénoncer les méfaits du travail à la chaîne et du capitalisme en adoptant un ton très léger. Ponctué par des chansons, le film se situe dans le réalisme poétique du cinéma français du début des années trente. S’il peut paraître appartenir à une autre époque, le film est néanmoins remarquable par sa fraîcheur, sa naïveté et aussi son inventivité. Les décors de Lazare Meerson sont d’un beau futurisme épuré (dans le style du courant Bauhaus) et la photographie est belle. La scène de la chaîne de montage est une merveille d’humour et d’invention ; il est manifeste que Chaplin s’en est inspiré pour Les Temps modernes (1). La scène finale du discours est elle aussi une merveille d’humour. La comparaison du travail à l’usine avec l’univers carcéral est une source constante d’humour, un humour qui, par moments, paraît encore ancré dans le burlesque du muet. Grâce à son utopisme poétique, À nous la liberté n’a pas perdu de son pouvoir de séduction.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Henri Marchand, Raymond Cordy, Rolla France, Paul Ollivier
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Remarques :
* Si l’allusion à Charles Pathé fut parfois soulignée, elle est totalement involontaire.
* Le film est sorti en France au moment où la crise de 29 frappait durement l’Europe. Le machinisme et l’automatisation du travail étaient souvent montrés du doigt.
* Petit paradoxe : le slogan « Le travail, c’est la liberté » est resté célèbre alors qu’il est employé de façon ironique par René Clair : ses images montrent plutôt que le travail, c’est la prison.

(1) A la sortie du film de Chaplin Les Temps modernes, en 1935, la Tobis, distributeur d’À nous la liberté, a attaqué Chaplin et United Artists pour contrefaçon. René Clair n’a pas voulu s’associer à cette démarche, tout d’abord par respect envers Chaplin qu’il tenait en haute estime et aussi parce que cela le mettait mal à l’aise, s’estimant avoir été lui-même inspiré par le personnage de Charlot. L’action en justice suivit toutefois son cours et dura plus de dix ans. Un arrangement finira par être trouvé. Précision : la Tobis était une société française à capitaux allemands. En 1935, elle était contrôlée par Goebbels.

7 août 2013

Impardonnables (2011) de André Téchiné

ImpardonnablesEcrivain renommé, Francis arrive à Venise pour y écrire son nouveau livre. Il demande à un agent immobilier, Judith, de lui trouver une maison à louer. Quand elle lui en fait visiter une sur l’île de Sant’Erasmo, il lui fait une proposition : il signe tout de suite si elle accepte d’y vivre avec lui… Impardonnables est l’adaptation du roman homonyme de Philippe Djian. Il s’agit d’un mélodrame dans lequel André Téchiné a choisi de réduire l’importance des deux personnages principaux et de développer plusieurs histoires impliquant des personnages secondaires, le plus souvent trop typés. Le résultat paraît plutôt confus et l’on finit, hélas, par se désintéresser ; tout est survolé, rien n’est vraiment approfondi. André Dussollier et Carole Bouquet (avec ses cheveux courts) font une prestation honorable sans toutefois parvenir à faire ressortir leur personnage de l’ensemble. Les décors naturels de Venise et de ses îles forment un bel écrin.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: André Dussollier, Carole Bouquet, Mélanie Thierry, Adriana Asti, Mauro Conte
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23 juillet 2013

Les criminels (1960) de Joseph Losey

Titre original : « The Criminal »
Titre U.S.A. : « The Concrete Jungle »

Les criminelsSpécialiste des cambriolages, Johnny Bannion est très respecté dans la prison où il finit de purger sa peine. Lorsqu’il en sort, c’est pour mettre sur pied un nouveau hold-up mais il va découvrir que le monde du banditisme a changé et qu’il n’a plus le même pouvoir… Sur un scénario d’Alun Owen, Les criminels se partage pour moitié entre le monde des prisons et celui du gangstérisme moderne. Dans les deux cas, c’est une vision très réaliste, sans fard, sociale pourrait-on dire, que Joseph Losey nous montre. Stanley Baker donne une certaine noblesse à son personnage doublée d’une indéniable force brute : il a un petit côté Marlon Brando. Anglais de fraîche date après avoir quitté les Etats-Unis pour fuir le maccarthysme, Joseph Losey apporte une voix nouvelle dans le cinéma anglais. Si le scénario n’est pas toujours très limpide dans son déroulement, l’atmosphère est empreint d’authenticité et la mise en scène de Joseph Losey a un certain panache. Cette combinaison de virtuosité et de réalisme rend le film assez unique et a déclenché l’enthousiasme parmi les cinéastes de la Nouvelle Vague.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Stanley Baker, Sam Wanamaker, Grégoire Aslan, Margit Saad
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Remarque :
Pour son interprétation, Stanley Baker s’est inspiré d’une de ses connaissances, Albert Dimes, un authentique gangster opérant à Soho, un personnage empreint de distinction qui vivait sur un grand train.

25 juin 2013

Le Piège (1973) de John Huston

Titre original : « The MacKintosh Man »

Le piègeAgissant pour le compte du contre-espionnage, Rearden vole un lot de diamants. A la suite d’un appel anonyme, la police l’arrête et le condamne à vingt ans de prison. Là, il est contacté par un groupe mystérieux qui se propose de le faire évader… Le scénario de Walter Hill est basé sur un livre de Desmond Bagley, lui-même inspiré d’une histoire vraie. Mais John Huston ne le suivra pas vraiment, il en réécrira une bonne partie au fur et à mesure du tournage, ne trouvant une fin satisfaisante que peu de temps avant de la tourner (1). Le piège est un film d’espionnage bien mis en place qui intrigue et nous tient en haleine. La réalisation de Huston est parfaite, les scènes d’action sont efficaces et l’ensemble bien rythmé. Le film bénéficie d’une bonne distribution. C’est le premier film de Dominique Sanda à Hollywood.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Paul Newman, Dominique Sanda, James Mason, Harry Andrews
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(1) Dans ses mémoire, John Huston affirme que si la fin avait été trouvée plus tôt, au moins avant de le début du tournage, The MacKintosh Man aurait pu être un bien meilleur film.

24 mai 2013

L’Aventurier du Texas (1958) de Budd Boetticher

Titre original : « Buchanan Rides Alone »

L'aventurier du TexasAlors qu’il quitte le Mexique pour revenir à son Texas natal, l’aventurier Tom Buchanan fait halte dans la petite ville frontalière d’Agry Town, sous la coupe de la famille du même nom. Il se retrouve impliqué malgré lui dans une histoire de meurtre…
Adapté d’un roman de Jonas Ward, L’Aventurier du Texas fait partie de la série de westerns de Budd Boetticher avec Randolph Scott. Une fois de plus, l’acteur interprète le rôle d’un homme taciturne dont la droiture est tout en contraste avec la vénalité de ses adversaires. Il se retrouve aux prises d’une famille tiraillée par les rivalités et la cupidité, dont les membres sont typés avec un certain humour. L’histoire est assez simple, certes pas toujours très crédible mais c’est la bêtise des personnages qui donne cette impression. Rebondissements et retournements rapides donnent du rythme à l’ensemble. La photographie est superbe. L’Aventurier du Texas est un western joliment épuré qui se montre divertissant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Randolph Scott, Barry Kelley, Tol Avery
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25 mars 2013

Ces messieurs de la Santé (1934) de Pierre Colombier

Ces messieurs de la santéLe banquier Tafard s’évade de prison et se fait engager comme veilleur de nuit dans un magasin de corsets tenu par Mme Génissier et son fils. Rapidement, il prend en main les affaires… Ces messieurs de la santé est sorti deux ou trois mois seulement après l’Affaire Stavisky dont il s’inspire partiellement. Ce scandale financier est toutefois ici mis en scène bien plus légèrement que ne le fera Alain Resnais quarante ans plus tard. Le ton général est celui d’une comédie et c’est Raimu qui tient le rôle du banquier avec toute sa verve et sa gestualité. Il en fait beaucoup, sans doute un peu trop parfois mais quand Raimu cabotine, c’est toujours un grand plaisir. Les dialogues sont excellents et permettent à l’acteur de belles envolées. Sur le fond, le propos certes fustige l’affairisme des « faiseurs d’argent » mais aussi, et même surtout, montre bien que cet affairisme n’existe que par la cupidité de tout un chacun. Le film est un délice. Raimu est un acteur vraiment unique.
Elle: 5 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Raimu, Lucien Baroux, Pauline Carton, Edwige Feuillère
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Remarque :
Ces messieurs de la santé est adapté d’une pièce de Paul Armont et Léopold Marchand.

Autres films sur l’Affaire Stavisky :
Stolen Holiday de Michael Curtiz (1937) avec Kay Francis et Claude Rains
Stavisky d’Alain Resnais (1974) avec Jean-Paul Belmondo.

8 février 2013

Flamme de mon amour (1949) de Kenji Mizoguchi

Titre original : « Waga koi wa moenu »

Flamme de mon amourNous sommes au Japon, à la fin du XIXe siècle. Après la fermeture arbitraire de l’école pour jeunes filles qu’elle avait fondée, Eiko se rend à Tokyo et devient chroniqueuse dans le journal du Parti Libéral qui milite pour l’instauration d’une constitution… Dans la ligne de La Victoire des femmes qu’il avait tourné trois années plus tôt, Flamme de mon amour retrace le parcours de la militante féministe Hideko Fukuda (1), parfois surnommée « la Jeanne d’Arc japonaise ». S’il puise ainsi dans l’histoire du Japon, c’est pour mieux évoquer la situation actuelle de son pays et les nécessaires évolutions de société. Il met donc ostensiblement en relief le machisme des hommes (y compris au sein du parti le plus progressiste de l’ère Meiji) pour mieux montrer que la situation n’a pas tant évolué depuis. Par rapport à son film précédent, une incursion dans le néoréalisme à l’italienne, le style de Mizoguchi est ici plus formel, assez beau, avec de grands travellings et de belles envolées lyriques. Belle scène finale porteuse d’un élan et d’un optimisme assez inhabituel chez Mizoguchi. Flamme de mon amour est un grand et beau film féministe.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Kinuyo Tanaka, Mitsuko Mito, Kuniko Miyake, Ichirô Sugai
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Remarque :
Flamme de mon amour est adapté d’un roman de Kôgo Noda tiré de l’autobiographie de Hideko Fukuda , « Warawa no hanshogai ».

(1) Hideko Fukuda (1865-1927) est également connue sous son nom de jeune fille : Hideko Kageyama.