Après la mort tragique de Nat, March sombre dans le deuil. Mais son quotidien bascule lorsqu’il découvre que l’esprit de sa femme s’est réincarné dans un aspirateur. Bien qu’absurde, leur liaison renaît mais sa famille, déjà hantée par un ancien accident d’ouvrier, rejette cette relation surnaturelle… Fantôme utile est un film thaïlandais écrit et réalisé par Ratchapoom Boonbunchachoke, qui signe ainsi son premier long métrage en s’inspirant d’une légende thaïlandaise. Il s’agit d’une comédie noire et fantastique qui joue avec l’acceptation de la notion de présence de fantômes en Thaïlande. Il évolue finalement vers un contenu plus politique, mettant en lumière d’une façon très originale la répression militaire de 2010. On remarquera aussi l’importance de la poussière dont les nuisances furent importantes du fait de l’implantation de grandes industries. Fantôme utile est un film séduisant par son originalité. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans un univers lugubre et totalement déserté, une jeune fille vagabonde en tenant serré contre son ventre un énorme œuf. La fillette collecte aussi des petites bonbonnes en verre qu’elle remplit d’eau. Elle rencontre un jeune homme mystérieux qui est tout de suite intrigué par son œuf… L’Œuf de l’ange est un film d’animation japonais écrit et réalisé par Mamoru Oshii. C’est son troisième long métrage. Le film est le fruit d’une collaboration entre l’artiste Yoshitaka Amano et Mamoru Oshii. L’esthétisme est sombre et gothique, l’univers est déshumanisé : seuls deux personnages sont réellement vivants, les autres sont statufiés ou réduits à des ombres chassant des ombres. Le rythme est très lent, il ne faut pas se concentrer sur l’histoire en elle-même car c’est surtout un film riche en expressions visuelles, avec des décors d’une indéniable créativité (et très très peu de dialogues). Les symboles et les allégories ne sont pas toujours très lumineuses : Mamoru Oshii est resté flou sur la signification du film et les interprétations sont nombreuses et fleurissent sur deux axes : le cycle de la vie et de la mort, et la perte de la foi religieuse. J’avoue avoir trouvé l’ensemble un peu long, un peu oppressant aussi, mais ce poème visuel mérite d’être vu. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Surnommée (à postériori) la « Greta Garbo chinoise », Ruan Lingyu fut une star du cinéma muet dans le Shanghai des années 1920-1930. Elle débuta sa carrière à l’âge de seize ans et tourna dans plus d’une vingtaine de films pour les grands studios de l’époque. Épinglée par la presse à scandale, elle mettra fin à ses jours alors qu’elle n’avait que vingt-cinq ans. Bien des années plus tard, en 1991, une équipe de cinéma venue de Hong Kong et menée par le réalisateur Stanley Kwan est à Shanghai pour reconstituer la vie et la carrière éclair de Ruan Lingyu… Center Stage est un film hongkongais réalisé par Stanley Kwan. La forme est originale puisque le film mêle plusieurs types d’images. Une reconstitution de la vie de Ruan Lingyu avec Maggie Cheung qui l’incarne constitue la plus grosse part mais certaines scènes au présent de discussions du réalisateur avec Maggie Cheung et Carina Lau interviennent parfois pour enrichir le récit, éclairer certains points ou émettre des hypothèses (avec quelques courts extraits d’interviews de personnes qui l’ont connue) et, enfin, un petit nombre d’extraits de films avec Ruan Lingyu sont intercalés, montrant la véritable scène que l’on vient de voir reconstituée. Il existe peu de sources sur la vie professionnelle ou personnelle de l’actrice, le réalisateur l’avoue lui-même en cours de récit. Vu en version director’s cut, l’ensemble peut paraître un peu long ; le récit met un certain temps à se mettre en place mais se révèle finalement captivant et de plus en plus intense. L’interprétation de Maggie Cheung est remarquable, parvenant avec élégance à exprimer plusieurs sentiments contradictoires. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Japon, ère Endo. La mère de Hanpei est morte à sa naissance. On ne sait qui est son père et certains prétendent qu’il est le fils d’un chien. L’enfant est confié à un petit vassal. Il grandit dans l’adversité, solitaire et moqué sur son origine. Quand il devient un jeune homme, Hanpei développe des dons exceptionnels, une affinité avec les fleurs qui lui permet de devenir jardinier du seigneur Masanobu, mais aussi une endurance surnaturelle à la course et un sens aiguisé de l’observation… La Lame diabolique est un film japonais réalisé par Kenji Misumi, qui a signé de nombreux films de chanbara (films de samouraïs) entre 1954 et 1974. On le connaît pour avoir réalisé six épisodes de la saga Zatoichi et quatre de la série Baby Cart. Ce film est le troisième de sa Trilogie du sabre après Tuer (1962) et Le Sabre (1965). On retrouve une fois encore le même acteur principal mais l’histoire n’a pas de lien avec les précédentes. Le film présente toutefois des similitudes avec le premier de la série : tous deux sont des adaptations d’un roman de Renzaburo Shibata et tous deux offrent le récit d’un jeune homme qui cherche à trouver sa place dans une société corsetée par des codes archaïques. Hélas, le film n’a pas la force de deux films précédents mais on retrouve le style assez fluide du réalisateur, joliment rythmé, sans effets inutiles, avec des combats brefs. La photographie des extérieurs est belle. Le film se regarde sans déplaisir. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Après la disparition de sa mère dans un incendie lors d’un bombardement, Mahito, un jeune garçon de 11 ans, doit quitter Tokyo pour partir vivre à la campagne dans le village où sa mère a grandi. Il s’installe avec son père dans le vieux manoir familial où il rencontre un héron cendré qui devient son guide… Le Garçon et le Héron est un film d’animation du Studio Ghibli réalisé par Hayao Miyazaki. Il en a écrit le scénario en s’inspirant d’un livre de Genzaburō Yoshino, paru en 1937, Et vous, comment vivrez-vous ? Le titre japonais du film est celui du roman, ce qui donne une indication sur les intentions du réalisateur : il s’agit d’un récit d’apprentissage. Au fil de ses découvertes et de ses expériences dans des mondes imaginaires et fantastiques, le jeune garçon va chercher à comprendre le monde qui l’entoure. Le récit est touffu, riche en détails et les significations, les références à ses créations précédentes sont innombrables. C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut lui faire : il est si riche qu’il est difficile à saisir. Le mieux est certainement de ne pas chercher à tout comprendre (du moins à la première vision) et de savourer l’inventivité de son créateur qui termine sa carrière en apothéose (toutefois, il n’est plus si sûr aujourd’hui que ce soit son ultime réalisation). Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 2,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarque : * L’affiche ci-dessus est l’affiche originale de la sortie au Japon, une sortie sans publicité ni même de bande-annonce, avec cette affiche énigmatique, un dessin qui semble inachevé.
Le Garçon et le Héron (Kimi-tachi wa dô ikiru ka) de Hayao Miyazaki.Le Garçon et le Héron (Kimi-tachi wa dô ikiru ka) de Hayao Miyazaki.
Ho-jung, danseuse, élève pratiquement seule son fils adoptif. Son mari partage son temps entre son travail d’avocat, sa jeune maîtresse et l’alcool. Frustrée sexuellement et humainement, Ho-jung finit par s’intéresser à son jeune voisin, un adolescent timide dont elle a remarqué le manège : il la regarde en cachette avec des jumelles et la suit. Par ailleurs, son beau père est sur le point de mourir d’une cirrhose… Une femme coréenne est un film sud-coréen écrit et réalisé par Im Sang-soo ; c’est son troisième long métrage. Le thème est celui de la transformation de la Corée du Sud et des impacts sur la vie de ses habitants. Le réalisateur explique : « La génération des années 80 a été la première à profiter d’une Corée nouvellement démocratisée et de l’émergence du féminisme (…) Le problème est que la Corée n’avait qu’une vague connaissance de ces valeurs que sont la démocratie et le féminisme, et qu’aujourd’hui les Coréens ont du mal à mettre en pratique ce qui n’était que de lointaines théories. Cette génération s’efforce d’être heureuse, mais se heurte à la difficulté d’appliquer son nouveau statut de génération libre. » Avec le couple des parents du mari, le réalisateur montre que toutes les générations sont ainsi déboussolées. Il aborde ce thème sans tabou, les scènes à caractère sexuel, assez naturelles, sont assez nombreuses, la scène du décès du père est assez crue. Cette approche directe avait plutôt surpris le public occidental à sa sortie. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 3,50 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Lang, la trentaine, emprisonné à cause de son implication dans la mort d’un homme, sort de prison et retourne dans sa ville natale, Chixia, près du désert de Gobi. Alors que les Jeux de Pékin 2008 approchent, Il est embauché pour capturer les très nombreux chiens errants qui occupent des quartiers abandonnés destinés à être détruits. Il recueille alors un chien noir, accusé de porter la rage, qui effraie les habitants. Lang et le chien s’attachent silencieusement l’un à l’autre… Black Dog est un film chinois co-écrit et réalisé par le cinquantenaire Guan Hu. Il débute par une scène étonnante et se poursuit dans un style qui évoque aussi bien le western que le film social. Le réalisateur utilise un cadre très original pour dresser un portrait de son pays en pleine mutation, une mutation imposée à une population déboussolée. C’est une petite ville en plein désert, en grande partie abandonnée par sa population qui est partie en laissant leurs chiens sur place. Il y a une certaine ironie dans le propos et la mise en scène est minimaliste tout en montrant une belle ampleur visuelle. L’ensemble évoque quelque peu les films de Jia Zhang-ke (qui interprète ici un petit rôle, celui de l’oncle Yao). Le film a été bien accueilli par la presse et a reçu le prix Un certain regard à Cannes 2024. Elle: – Lui :
Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 3,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Mille ans se sont écoulés depuis la chute de la civilisation industrielle lors d’une guerre planétaire d’une grande violence. L’humanité survit tant bien que mal au sein de quelques enclaves menacées par une gigantesque forêt dont les spores sont mortelles pour la majorité des êtres vivants. Seuls des insectes géants et mutants y survivent. La Vallée du Vent est un petit royaume agricole, protégé des spores et de la forêt par des vents marins… Nausicaä de la vallée du vent est un film d’animation japonais écrit et réalisé par Hayao Miyazaki, son premier film vraiment personnel après plusieurs œuvres de commande. C’est l’adaptation du manga éponyme de Miyazaki (7 volumes publiés entre 1982 et 1994, seuls les deux premiers étaient sortis quand la production du film a débuté). On retrouve déjà dans ce conte post-apocalyptique tous les thèmes préférés du réalisateur : la protection de la nature, le refus de la folie guerrière, l’absence de manichéisme, un attrait pour les séquences aériennes. Le propos est assez sombre tout en étant enlevé et lumineux grâce à son héroïne. Le récit peut paraître enfantin mais il est très riche. Il nous captive entièrement. L’animation est très belle et le dessin inventif. Son grand succès au Japon a permis la création du studio Ghibli. Quarante ans après sa sortie, le film n’a pas pris une ride. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki.Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki.Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki.
Remarque : * Le film a été exploité aux Etats-Unis dans une version amputée de 30 minutes sous le titre Warriors of the Wind (1985), brièvement distribuée en France sous le titre La Princesse des étoiles (1991). Cette version a été montée par Roger Corman qui a privilégié les scènes d’action et évacué tout le message écologiste. L’héroïne y était renommée Princesse Zandra. Le film ne sortira dans sa version complète qu’en 2005 aux Etats-Unis et en 2006 en France.
* On peut sentir dans les dessins l’influence de Moebius. Miyazaki a toujours déclaré avoir été influencé par les univers du français. L’estime est d’ailleurs réciproque puisque Moebius a appelé sa fille Nausicaa après avoir été enthousiasmé par le manga.
* Dans la mythologie grecque, Nausicaa est une princesse phéacienne. Elle apparaît pour la première fois dans l’Odyssée, où elle recueille Ulysse naufragé sur le rivage de la Phéacie (île qui ne correspond à aucune île connue) et l’emmène jusqu’au palais de ses parents, le roi Alcinoos et la reine Arété. Courageuse et généreuse, Nausicaa a inspiré de nombreux auteurs et artistes pendant et après l’Antiquité, jusqu’à nos jours. (Extrait de Wikipédia. Lire la suite… )
L’étudiant Okubu a été choisi comme capitaine pour préparer le club de Kendô de l’université de Tôwa à une grande compétition. Il pratique cette discipline avec ferveur. Mibu, nouveau membre du club, est en complète admiration devant son maître et cherche à l’imiter dans sa manière de vivre… Le Sabre est un film japonais réalisé par Kenji Misumi, qui a signé de nombreux films de chanbara (films de samouraïs) entre 1954 et 1974. On le connaît pour avoir réalisé six épisodes de la saga Zatoichi et quatre de la série Baby Cart. Ce film est le deuxième de sa Trilogie du sabre après Tuer (1962) et avant La Lame diabolique (1965). On retrouve le même acteur principal mais l’histoire n’a pas de lien avec la précédente. Misumi nous présente avec un certain talent la philosophie du Kendo, escrime au sabre pratiquée autrefois par les samouraïs. Au-delà d’une simple discipline physique, c’est également une discipline spirituelle. Le personnage principal le pratique avec force, entièreté et ascétisme, se tenant à l’écart de toutes les tentations et plaisirs de son âge. Tout son être est tourné vers cet idéal. Les personnages sont décrits avec une indéniable profondeur et, une fois encore, la composition des plans et la photographie nous enthousiasment malgré l’environnement simple et austère. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Chine, Xe siècle avant l’ère chrétienne, le seigneur Su Hu de Jizhou se rebelle contre la dynastie Shang. L’armée des Shang, dirigée par le prince Yin Shou, bat les rebelles. Yin Shou et son bataillon d’otages franchissent les défenses des rebelles et tuent Su. Mais le sang de Yin Shou libère accidentellement le sceau du renard démoniaque à neuf queues dans la tombe de Xuan Yuan. Le renard s’empare alors du corps de Su Daji, la fille de Su Hu… Creation of the Gods I: Kingdom of Storms est un film fantastique chinois réalisé par Wu Ershan. Cette super-production est le premier volet d’une trilogie adaptée du roman L’Investiture des dieux, écrit au XVIe siècle pendant la dynastie Ming par Xu Zhonglin. Elle s’inspire également de récits plus anciens datant des époques Song et Yuan (XI-XIVe siècles). Le scénario utilise largement la mythologie chinoise tout en la modernisant. À noter que le personnage du tyran Yin Shou (alias Di Xin) a bien existé mais ce récit est bien entendu une version fictive et fantastique de son ascension. Les effets spéciaux tiennent une grande place dans la mise en scène ; ils auraient à eux-seuls monopolisé 1500 personnes. Les décors et les costumes sont soignés et même somptueux. L’histoire repose beaucoup sur les envoutements et les maléfices. L’ensemble donne l’impression d’avoir été pensé comme un Seigneur des Anneaux chinois mais l’histoire n’en a pas la richesse, loin de là. Cela se laisse regarder, mais sans déclencher l’enthousiasme. Les trois films de la trilogie ont été tournés à la suite. Elle est à ce jour considérée comme le plus grand projet de film épique et mythologique chinois. Gros succès, surtout en Chine bien entendu. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Creation of the Gods I: Kingdom of Storms (Feng Shen 1: Zhaoge Feng Yun) de Wuershan.
La Trilogie Creation of the Gods : Creation of the Gods 1: Kingdom of Storms (2023) Creation of the Gods 2: Demon Force (2025) Creation of the Gods 3: Creation Under Heaven (2026?)