8 septembre 2019

Millénium 3: La reine dans le palais des courants d’air (2009) de Daniel Alfredson

Titre original : « Luftslottet som sprängdes »

Millénium 3: La reine dans le palais des courants d'airAprès avoir échappé de peu à la mort, Lisbeth Salander se retrouve immobilisée à l’hôpital, mise en isolement par la police. Sans pouvoir entrer en contact avec elle, Mikael Blomkvist continue de mener son enquête pour la défendre…
Millénium 3: La reine dans le palais des courants d’air est adapté du roman homonyme de Stieg Larsson, troisième volume de la trilogie Millénium. Initialement, les deux suites devaient être exploitées en quatre téléfilms mais le succès du premier film a poussé la chaîne publique Sveriges Television à les sortir sur grand écran (1). Comme pour Millénium 2, la qualité esthétique est celle d’un téléfilm plutôt que celle d’un film. La qualité du scénario reste bien au-dessous du premier volet qui est de très loin le plus remarquable, le plus original, le plus prenant. Le dénouement de ce troisième volet au tribunal paraît même assez enfantin.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre, Annika Hallin
Voir la fiche du film et la filmographie de Daniel Alfredson sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

(1) Les trois films ont toutefois été aussi exploités en série télévisée de 6 épisodes de 90 minutes (avec donc ajouts de scènes coupées au montage).

Millénium 3: La reine dans le palais des courants d'airAnnika Hallin et Noomi Rapace dans Millénium 3: La reine dans le palais des courants d’air de Daniel Alfredson.

La trilogie Millénium  de Sveriges Television:
Millénium, le film – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2009) de Niels Arden Oplev
Millénium 2: La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (2009) de Daniel Alfredson
Millénium 3: La reine dans le palais des courants d’air (2009) de Daniel Alfredson
également remonté en mini-série :
Millénium (2010) 6 épisodes de 90 mn (total des ajouts par rapport aux films = 90 mn environ)

Autre adaptation :
Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (The Girl with the Dragon Tattoo , 2011) de David Fincher avec Daniel Craig et Rooney Mara.

28 août 2019

Jugement à Nuremberg (1961) de Stanley Kramer

Titre original : « Judgment at Nuremberg »

Jugement à NurembergA la suite du Procès de Nuremberg des grands dignitaires nazis (1945-46), douze procès secondaires, appelés parfois « procès successeurs », se déroulèrent dans la zone d’occupation américaine. Le film de Stanley Kramer s’inspire du « procès des juges » qui se tint en 1947 : 16 personnes, anciennement juristes, procureurs et juges, furent inculpés. Dans le film, ils ne sont plus que quatre à comparaître et l’histoire se concentre sur le plus emblématique d’entre eux. Si, il faut bien l’avouer, Stanley Kramer n’a pas toujours convaincu de la qualité de sa réalisation, Jugement à Nuremberg le montre à son meilleur. Son film est intense et restitue bien la gravité du sujet. Il questionne sur la notion de responsabilité personnelle et collective, et aussi sur la culpabilité. L’intensité est encore plus forte avec l’insertion des images d’archives filmées à l’ouverture des camps de concentration, images épouvantables qui créent un choc. C’est l’un des tous premiers films montrant ces terribles documents (1). Le récit donne une large place aux scènes de prétoire. Stanley Kramer a réuni un plateau prestigieux. Un seul acteur montre une certaine outrance dans son jeu (et c’est lui qui a gagné l’Oscar) : Maximilian Schell en avocat de la défense. Les autres acteurs savent trouver le ton juste. Quelle que soient les critiques que l’on peut lui faire, le film a les qualités de son sujet : ces procès sont l’un des plus grands évènements historiques du XXe siècle, une première dans l’histoire de l’Humanité. Malgré une durée de 3 heures, le film draina une large audience.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Spencer Tracy, Burt Lancaster, Richard Widmark, Marlene Dietrich, Maximilian Schell, Judy Garland, Montgomery Clift, William Shatner
Voir la fiche du film et la filmographie de Stanley Kramer sur le site IMDB.

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Remarques :
* L’utilisation du zoom était encore récente en 1961. Les quelques « coups de zoom » très brutaux peuvent s’expliquer ainsi. Ils paraissent ridicules aujourd’hui.
* Les personnages Ernst Janning (interprété par Burt Lancaster) et Emil Hahn (celui qui n’a aucun remords) (interprété par Werner Klemperer) sont inspirés de personnages réels.
* Le blocus de Berlin par les soviétiques (24 juin 1948 – 12 mai 1949) n’eut pas lieu pendant le procès des juges (13 février 1947 – 3 décembre 1947) mais il eut bien lieu pendant d’autres « procès successeurs ».
* Lorsque la première du film se tint à Berlin le 14 décembre 1961 (devant tout un parterre de journalistes transportés à grand frais), le verdict dans le procès d’Adolf Eichmann récemment retrouvé et enlevé par les israéliens en Argentine, avait été rendu deux jours auparavant.
* Pour en savoir plus sur ce procès : lire la page dédiée sur le U.S. Holocaust Memorial Museum. (en anglais)

(1) Il faut bien entendu mentionner le court métrage d’Alain Resnais Nuit et Brouillard qui les montraient dès 1956.

 

Jugement à NurembergBurt Lancaster dans Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer.

Jugement à NurembergMaximilian Schell et Richard Widmark dans Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer.

24 août 2019

Violette Nozière (1978) de Claude Chabrol

Violette NozièreParis début des années 1930. Pour échapper au mode de vie étriqué de ses parents, Violette Nozière mène une vie secrète basée sur des mensonges, fréquentant les milieux étudiants du quartier latin et recourant occasionnellement à la prostitution…
Basé sur un livre de Jean-Marie Fitère publié en 1975, le film nous retrace une partie de l’histoire réelle de Violette Nozière, cette jeune fille parricide qui défraya la chronique en 1933-34. L’affaire fit grand bruit, une moitié de la France se rangeant du côté de la jeune fille, l’autre moitié étant farouchement contre ; les surréalistes prirent ouvertement sa défense « contre l’ordre bourgeois ». Claude Chabrol se place en héritier de cette tradition, lui qui a toujours fait de la bourgeoisie sa cible favorite. Il se concentre sur la personnalité de la jeune femme. Tout le film est construit sur des flashbacks, enquête et procès sont repoussés à la fin. L’ensemble est hélas un peu confus, parfois ennuyeux même. Le plus étonnant dans ce film est finalement de voir comment Isabelle Huppert s’est emparé du personnage, lui donnant du corps et une forte présence. L’actrice de 23 ans fait une performance remarquable qui fut justement saluée par un prix à Cannes.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Jean Carmet, Jean-François Garreaud
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Chabrol sur le site IMDB.

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Remarque :
* Le choix des comédiens n’est pas innocent et Claude Chabrol l’a lui-même reconnu : s’il ne prend pas ouvertement parti sur la question de savoir si oui ou non le père de Violette avait abusé d’elle, le cinéaste a choisi les deux acteurs du film Dupont Lajoie (1975), où Jean Carmet violait Isabelle Huppert. Ainsi, le public de l’époque pouvait inconsciemment considérer le père comme étant coupable.

 

Violette NozièreIsabelle Huppert dans Violette Nozière de Claude Chabrol.

Violette NozièreIsabelle Huppert et Stéphane Audran dans Violette Nozière de Claude Chabrol.

24 juin 2019

Music Box (1989) de Costa-Gavras

Music BoxAnn Talbot, avocate, prend la défense de son père, réfugié hongrois. Il est accusé d’avoir été membre, pendant la guerre, d’une section spéciale nazie de Budapest et donc d’avoir menti quand il a demandé la nationalité américaine trente ans auparavant. …
Sur un scénario de l’hongrois naturalisé américain Joe Eszterhas, déjà scénariste de Betrayed, le film précédent du réalisateur, Music Box est le troisième film américain de Costa-Gavras. Le sujet n’est pas, comme on pourrait le supposer, d’explorer la notion de culpabilité mais plutôt d’étudier l’impact psychologique d’une terrible interrogation : une personne dont nous sommes très proche et qui nous est très chère peut-elle avoir été un monstre de la pire espèce ? Tout est en effet vu à travers les yeux de l’avocate qui croit jusqu’au plus profond de sa chair à l’innocence de son père. Comme souvent, Costa-Gavras ne donne pas dans la subtilité mais son récit est efficace. Jessica Lange, une actrice qui a bien rarement pu montrer son talent, fait une très belle prestation.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jessica Lange, Armin Mueller-Stahl, Frederic Forrest, Donald Moffat, Lukas Haas
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Remarques :
* C’est le premier film américain d’Armin Mueller-Stahl qui eut des difficultés pour obtenir un visa d’entrée aux Etats Unis car il était suspecté de liens avec la Stasi.

* J.S Block, qui interprète le juge Silver, n’est pas un acteur mais un véritable magistrat qui exerçait à l’époque à Chicago (lieu du tournage). Il fut aussi conseiller technique sur le film.

 

Music Box
Jessica Lange et Armin Mueller-Stahl dans Music Box de Costa-Gavras.

29 avril 2019

Danton (1983) de Andrzej Wajda

DantonParis, printemps de l’An II (1794). De retour à Paris après quelques mois d’absence, Danton cherche à mettre un terme à la Terreur en défiant Robespierre et le Comité de Salut Public. Ce dernier ordonne son arrestation et organise un simulacre de procès avant le conduire, avec une dizaine de ses soutiens, à l’échafaud.
C’est le gouvernement français, alors sous la présidence de François Mitterrand, qui a passé commande à Wajda d’un film pour célébrer la Révolution française. Le résultat a mis ses commanditaires mal à l’aise et a suscité la polémique. Le réalisateur polonais a en effet choisi une période particulièrement sombre de l’Histoire de France qui lui permettait de faire allusion au présent de son pays : la lutte de Danton contre Robespierre devient ainsi une allégorie de celle du syndicaliste Wałęsa contre le général Jaruzelski (1). Dans les deux cas, passé et présent, chacune des parties en présence s’est réclamé du « peuple ». Et c’est toujours au nom du « peuple » qu’est installé un régime autoritaire et despotique. Dans son film, Wajda montre Danton et Robespierre dépassés par l’Histoire, qu’ils ont pourtant contribué à créer ; ils ont perdu prise sur les évènements et seront emportés par eux (2). Ainsi, au lieu de fournir une apologie benoîte de la Révolution, le cinéaste polonais a un propos d’une portée plus générale et (hélas) plus actuelle, un propos qui mérite mieux qu’une simple lecture sous l’angle idéologique. Depardieu semble l’acteur idéal pour interpréter un Danton bon vivant et particulièrement habile dans l’éloquence. Robespierre est interprété par le polonais Wojciech Pszoniak dont le jeu plus classique est rendu encore plus rigide par le doublage, ce qui accentue encore l’opposition entre les deux hommes.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Wojciech Pszoniak, Patrice Chéreau, Boguslaw Linda
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Danton
Gérard Depardieu est Danton dans Danton de Andrzej Wajda.

Remarques :
* Le scénario est adapté d’une pièce de la dramaturge polonaise Stanisława Przybyszewska, rédigée entre 1925 et 1929. Cette pièce était assez flatteuse pour Robespierre. Wajda et Jean-Claude Carrière l’ont réécrite pour donner à Danton l’image d’un idéaliste tout en conservant une certaine indulgence pour Robespierre qui est présenté comme un être tourmenté. En revanche, le Comité de Salut de Public n’est pas épargné, ses membres sont prompts à faire tomber les têtes pour des motivations vagues ou même douteuses.

(1) Sous la pression des soviétiques, le général Jaruzelski décide dans la nuit du 12 au 13 décembre 1981 d’arrêter les principaux dirigeants de Solidarnösc, dont Lech Wałęsa, et d’interdire le syndicat ; les militaires prennent également possession de la télévision.
(2) La phrase de Danton passant devant la maison de Robespierre « Robespierre, tu me suis ! Ta maison sera rasée ! On y sèmera du sel ! » est historique (et rappelons que Robespierre sera guillotiné trois mois plus tard).

Danton
Wojciech Pszoniak est Robespierre dans Danton de Andrzej Wajda.

Homonyme :
Danton (1921) de l’allemand Dimitri Buchowetzki avec Emil Jannings, Werner Krauss

13 février 2019

L’insulte (2017) de Ziad Doueiri

L'insulteTony, un Libanais chrétien, vit avec son épouse Shirine dans un appartement à Beyrouth. Il s’oppose à un chef de chantier, Yasser, qui a réparé sa gouttière non conforme dans le cadre de travaux de rénovation du quartier. Le ton monte et Yasser traite Tony de « gros c… » …
Le réalisateur libanais Ziad Doueiri a eu l’idée d’écrire le scénario de L’insulte après une dispute avec son plombier qui a quelque peu dérapé. Il en a amplifié les conséquences pour mieux mettre en relief les fractures et plaies non refermées de son pays : trente ans après la guerre civile, la page n’est pas tournée et les antagonismes entre chrétiens et palestiniens ne demandent qu’à ressurgir. Ziad Doueiri fait preuve d’une grande habilité en mêlant des éléments de comédie à la tragédie, enrichie d’évènements historiques comme le massacre de Damour en 1976. Rares sont les cinéastes qui parviennent à insérer l’humour dans un contexte d’une telle gravité. Démarré comme une farce, le film prend ensuite la forme d’un film de procès, avec dévoilement progressif des motivations profondes de chacun. Plus le film avance et le plus l’intensité du propos s’insinue. Plus admirable encore, Ziad Doueiri ne prend finalement pas parti, non pas en renvoyant dos à dos les protagonistes (ce qui est toujours un peu une facilité) mais en montrant une voie possible vers la réconciliation. Assez justement, son film a connu un certain succès international, il a même été nominé aux Oscars.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek
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L'insulte
Adel Karam et Kamel El Basha dans L’insulte de Ziad Doueiri.

10 décembre 2018

Victoria (2016) de Justine Triet

VictoriaVictoria Spick est avocate pénaliste. Elle est divorcée et vit avec ses deux filles qu’elle fait garder par Sam, jeune homme très serviable qui lui propose même de s’installer chez elle. Son ami Vincent lui demande de le défendre : il est accusé d’avoir menacé sa compagne avec un couteau au cours d’un mariage où elle était aussi invitée. Elle finit par accepter mais c’est le début d’une série de cataclysmes pour Victoria…
Ecrit et réalisé par Justine Triet, son deuxième long métrage, Victoria est une comédie très réussie. Elle est déjà brillante par son scénario : la cinéaste mêle très habilement le désarroi sentimental, la confusion des sentiments, la délicate séparation entre vie professionnelle et vie personnelle avec des éléments de comédie qui ne fonctionnent jamais aux dépens d’un personnage. C’est du grand art, seuls les plus grands comme Billy Wilder y parviennent avec autant de réussite. Il y a beaucoup d’originalité dans les personnages et les situations, nous sommes loin de ces films qui semblents décliner une recette. Victoria est aussi un film brillant par son interprétation. Virginie Efira est étonnante : elle sait tout faire et elle est capable de susciter plusieurs sentiments dans la même minute. Les seconds rôles sont tous bien tenus. L’ensemble est vif, le rythme est enlevé. Une belle réussite.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud, Laurent Poitrenaux
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Victoria
Aurélien Bellanger et Virginie Efira dans Victoria de Justine Triet.

Victoria
Virginie Efira et Justine Triet : photo promotionnelle pour Victoria de Justine Triet.

3 juillet 2018

Trahison (1951) de Riccardo Freda

Titre original : « Il tradimento (Passato che uccide) »

TrahisonDans les années trente, l’architecte chef de chantier Pietro Vanzelli voit sa vie basculer à la suite d’une machination ourdie par son ex-associé… Mario Monicelli s’est inspiré d’un fait divers survenu dans les années vingt pour écrire avec Ennio De Concini et Riccardo Freda le scénario de Trahison. C’est une des rares incursions de Riccardo Freda dans le mélodrame réaliste. Le résultat n’est guère convaincant et ne tient que par le caractère franchement incroyable cette histoire dramatique à souhait. Le charme de Gianna Maria Canale, égérie et compagne de Riccardo Freda, ne suffit pas pour hisser le film au dessus du mélodrame larmoyant. Vittorio Gassman joue ici le rôle du méchant.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Amedeo Nazzari, Gianna Maria Canale, Vittorio Gassman
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Voir les autres films de Riccardo Freda chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Riccardo Freda

Remarque :
* Amedeo Nazzari, qui était alors une star très populaire (un référendum organisé en 1940 par la revue Cinema le classe nettement en tête), a tenté d’imposer ses vues au réalisateur. Riccardo Freda a alors obtenu des producteurs l’accord de le remplacer par sa doublure dans de très nombreuses scènes. L’acteur est devenu alors plus docile et Freda et Nazzari sont même devenus amis. (Présentation de Patrick Brion)

Trahison
Amedeo Nazzari et Gianna Maria Canale dans Trahison de Riccardo Freda.

3 janvier 2018

La Dame en rouge (1935) de Robert Florey

Titre original : « The Woman in Red »

La Dame en rougeShelby (Barbara Stanwyck) est une écuyère professionnelle salariée par Nicko, une riche héritière qui a des vues sur Johnny, joueur de polo et fils d’une vieille famille désargentée de Long Island. Mais Johnny fait une cour assidue à Shelby qui finit par accepter ses avances même si elle comprend qu’elle va perdre sa place…
Adapté d’un roman de Wallace Irwin, The Woman in Red est un de ces films tournés rapidement (25 jours) que les studios alignaient au milieu des années trente. Le français Robert Florey a ainsi tourné pas moins de sept films en 1935. L’histoire n’est pas en soi très remarquable si ce n’est qu’elle abrite une critique sociale en dressant un portrait peu flatteur de la haute société de l’est des Etats-Unis, un cercle très fermé de familles qui se targuent d’être les descendants des premiers émigrants  qui arrivèrent par le Mayflower. Le film est surtout un vecteur pour Barbara Stanwyck qui fait une belle composition, sans faille aucune, dans un de ces personnages auxquels le public américain pouvait s’identifier : une femme émancipée, au tempérament volontaire, faisant fi de la lourdeur des conventions sociales. Film rare.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Barbara Stanwyck, Gene Raymond, Genevieve Tobin, John Eldredge
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Voir les autres films de Robert Florey chroniqués sur ce blog…

Remarque :
* Robert Florey est très réputé pour ses écrits sur Hollywood :
Voir les livres écrits par Robert Florey

The Woaman in Red
Gene Raymond, Genevieve Tobin et Barbara Stanwyck dans La Dame en rouge de Robert Florey.

Homonyme :
The Woman in Red (La Fille en rouge) de Gene Wilder (1984), remake du film Un éléphant, ça trompe énormément d’Yves Robert.

6 octobre 2017

L’inquiétante dame en noir (1962) de Richard Quine

Titre original : « The Notorious Landlady »

L'inquiétante dame en noirUn jeune diplomate américain (Jack Lemmon) muté à Londres postule pour louer un appartement auprès d’une ravissante jeune femme (Kim Novak). Il ignore qu’elle est suspectée d’avoir assassiné son mari qui a disparu sans que l’on ait jamais retrouvé le corps… Blake Edwards a co-écrit le scénario de ce Notorious Landlady, une comédie qui rassemble Kim Novak et Jack Lemmon pour la troisième fois (après Phffft en 1954 et Bell, Book and Candle en 1958). Fred Astaire est le troisième larron sur l’affiche, ici dans un rôle non dansant qui apporte une petite touche de classicisme à l’ensemble. Jack Lemmon joue avec sa nonchalance habituelle et assure à lui seul tout l’humour. Le film peut être décrit comme une parodie des films de suspense à la Hitchcock. Cette amusante comédie n’eut bizarrement que peu de succès à sa sortie et c’est sans doute pour cette raison qu’il est très rarement cité dans les filmographies. Assez injustement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Kim Novak, Jack Lemmon, Fred Astaire, Lionel Jeffries
Voir la fiche du film et la filmographie de Richard Quine sur le site IMDB.

Voir les autres films de Richard Quine chroniqués sur ce blog…

The Notorious Landlady
Jack Lemmon et Kim Novak (qui n’est à aucun moment habillée en noir) dans L’inquiétante dame en noir de Richard Quine.

The Notorious Landlady
Lionel Jeffries, Fred Astaire et Jack Lemmon dans L’inquiétante dame en noir de Richard Quine.

The Notorious Landlady
Jack Lemmon, Richard Quine et Kim Novak sur le tournage de L’inquiétante dame en noir de Richard Quine.

Remarque :
* A cette époque, Jack Lemmon aidait son père dont le cancer était dans un stade très avancé. John Uhler Lemmon II a un petit rôle de figuration. Lors du concert en plein air à la fin du film, il est l’un des hommes âgés en chaise roulante, on le voit dans un rapide gros plan. Il décèdera quelques semaines plus tard.