12 avril 2019

Silence (2016) de Martin Scorsese

SilenceXVIIe siècle. Deux jeunes jésuites portugais ne veulent croire que leur mentor, le père Ferreira, a abjuré sa foi catholique après avoir été capturé et torturé au Japon. Ils parviennent à débarquer clandestinement et arrivent dans un petit village isolé et très pauvre. Ils y sont chaleureusement accueillis par les habitants qui doivent se cacher pour pratiquer leur religion…
Silence est l’adaptation d’un roman de Shūsaku Endō, déjà porté à l’écran en 1971 dans un film homonyme (et aujourd’hui assez rare) de Masahiro Shinoda. C’est un projet que Martin Scorsese a mûri sur une vingtaine d’années, remettant sans cesse sa concrétisation. On peut le voir comme un prolongement à La Dernière Tentation du Christ (1988) et Kundun (1997). Le thème tourne autour de la spiritualité, dans son expression la plus puissante, celle de la Foi véritable et de son combat avec son plus grand adversaire, le doute. Comment continuer de croire face au silence ? Quel prix peut-on accepter de payer pour répandre sa Foi ? On retrouve également un autre thème cher au cinéaste, la trahison et son pendant, le pardon. La mise en scène est naturellement très posée, solide, exempte d’artifices, ce qui donne une indéniable puissance au récit. Scorsese, toujours un peu fasciné par la violence, ne se complait pas à l’étaler ici par les supplices infligés. On peut juste lui reprocher de rester sur le thème de ces supplices pendant 2h30, ce qui engendre hélas un léger sentiment de répétition. Mais Silence n’en reste pas moins riche et intense.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson, Tadanobu Asano, Ciarán Hinds, Issei Ogata
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Silence
Tadanobu Asano et Andrew Garfield dans Silence de Martin Scorsese.

Silence
Issei Ogata dans Silence de Martin Scorsese.

Précédente adaptation :
Silence (Chinmoku) de Masahiro Shinoda (1971)

5 mars 2019

Makala (2017) de Emmanuel Gras

MakalaUn jeune congolais se rend dans la brousse au pied d’un arbre monumental. Armé d’une simple hache, il entreprend de l’abattre. Ce n’est que le début de la tâche qu’il s’est assignée afin de pouvoir acheter des tôles ondulées pour renforcer son toit…
Réalisé par le français Emmanuel Gras, Makala est un documentaire scénarisé qui a de quoi frapper nos esprits occidentaux : on ressent un véritable choc de civilisations à sa vision, de ceux qui nous « recadrent ». Le cœur du film est centré sur le périlleux trajet du jeune homme, chargé de façon inimaginable, pour se rendre à la ville vendre sa production. Mais c’est là que le film d’Emmanuel Gras montre ses limites : il crée un suspense très fort autour de cette phase la plus spectaculaire alors qu’il a éclipsé toutes les semaines (mois?) de travail fastidieux qui précèdent. Certes, le réalisateur se situe dans la lignée de l’ethnofiction chère à Jean Rouch mais il pousse la scénarisation peut-être un peu loin. D’autre part, l’absence de tout commentaire rend certaines scènes un peu obscures. Cela ne signifie pas que son film manque d’intérêt, ne serait-ce que par les multiples questions qu’il suscite. Il a d’ailleurs reçu le Grand prix de la semaine de la critique au Festival de Cannes 2017.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kabwita Kasongo
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Makala
Kabwita Kasongo dans Makala de Emmanuel Gras.

13 février 2019

L’insulte (2017) de Ziad Doueiri

L'insulteTony, un Libanais chrétien, vit avec son épouse Shirine dans un appartement à Beyrouth. Il s’oppose à un chef de chantier, Yasser, qui a réparé sa gouttière non conforme dans le cadre de travaux de rénovation du quartier. Le ton monte et Yasser traite Tony de « gros c… » …
Le réalisateur libanais Ziad Doueiri a eu l’idée d’écrire le scénario de L’insulte après une dispute avec son plombier qui a quelque peu dérapé. Il en a amplifié les conséquences pour mieux mettre en relief les fractures et plaies non refermées de son pays : trente ans après la guerre civile, la page n’est pas tournée et les antagonismes entre chrétiens et palestiniens ne demandent qu’à ressurgir. Ziad Doueiri fait preuve d’une grande habilité en mêlant des éléments de comédie à la tragédie, enrichie d’évènements historiques comme le massacre de Damour en 1976. Rares sont les cinéastes qui parviennent à insérer l’humour dans un contexte d’une telle gravité. Démarré comme une farce, le film prend ensuite la forme d’un film de procès, avec dévoilement progressif des motivations profondes de chacun. Plus le film avance et le plus l’intensité du propos s’insinue. Plus admirable encore, Ziad Doueiri ne prend finalement pas parti, non pas en renvoyant dos à dos les protagonistes (ce qui est toujours un peu une facilité) mais en montrant une voie possible vers la réconciliation. Assez justement, son film a connu un certain succès international, il a même été nominé aux Oscars.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek
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L'insulte
Adel Karam et Kamel El Basha dans L’insulte de Ziad Doueiri.

27 octobre 2018

Téhéran tabou (2017) de Ali Soozandeh

Titre original : « Tehran Taboo »

Téhéran tabouTéhéran, de nos jours. Dans une société dominée par l’homme, des jeunes iraniens et iraniennes vivent leur vie sexuelle en contournant constamment les interdits religieux…
Téhéran tabou est le premier long métrage de l’iranien (allemand d’adoption) Ali Soozandeh. Il ne l’a bien évidemment pas tourné en Iran et a utilisé le subterfuge de la rotoscopie : les acteurs sont filmés sur fond vert, puis redessinés et intégrés dans des décors réels ou dessinés. Le résultat visuel est assez beau, jouant beaucoup sur les couleurs pastel, ce qui permet de mieux mettre en valeur la candeur des personnages principaux. Le propos est assez cru, l’omniprésence des interdits engendrant une vie cachée, parfois très débridée. Mais, le fond est assez noir, dressant un portrait de la société iranienne dominée par les archaïsmes dont les femmes sont les premières victimes. Vu sous ce jour, le film prend presque des allures de documentaire.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Elmira Rafizadeh, Zahra Amir Ebrahimi, Alireza Bayram
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Téhéran Tabou
Hasan Ali Mete et Elmira Rafizadeh dans Téhéran tabou de Ali Soozandeh.

Téhéran Tabou
Zahra Amir Ebrahimi dans Téhéran tabou de Ali Soozandeh.

7 octobre 2018

L’ornithologue (2016) de João Pedro Rodrigues

Titre original : « O Ornitólogo »

L'ornithologueAu Portugal, dans les gorges fluviales du Haut Tras-os-Montes, un jeune ornithologue est venu en excursion solitaire pour observer les oiseaux. Absorbé par son travail, il se laisse entrainer avec son canoë par le courant et les rapides le laissent inanimé au bord de la rivière. Il est secouru par deux chinoises égarées sur le trajet vers Compostelle… Avec son quatrième long métrage, le portugais João Pedro Rodrigues brouille les pistes et se plaît à nous emmener sur des chemins de traverses. Son récit surprend constamment et ne va jamais là où on l’attend. Débutant de façon très rationnelle, il s’enfonce ensuite sur un terrain plus mouvant pour devenir fantasmagorique, mêlant légendes et religiosité brumeuse (revisitant l’histoire d’Antoine de Padoue). Le résultat est un peu confus mais a le mérite d’être étonnant. La photographie est très belle.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Paul Hamy, Xelo Cagiao
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L'ornithologue
Paul Hamy dans L’ornithologue de João Pedro Rodrigues.

Remarques :
* Le réalisateur dit avoir été fortement influencé par la lecture d’Henry David Thoreau.
* Antoine (à la fin du film) est interprété par le réalisateur lui-même.

L'ornithologue
Paul Hamy dans L’ornithologue de João Pedro Rodrigues.

16 septembre 2018

Mimosas, la voie de l’Atlas (2016) de Oliver Laxe

Titre original : « Mimosas »

Mimosas, la voie de l'AtlasUn petit groupe d’hommes et de chevaux accompagnent un vieux cheikh qui désire aller mourir auprès des siens, de l’autre côté des montagnes de l’Atlas. Pour gagner du temps, le vieux cheikh décide qu’ils iront au plus court, à travers la montagne…
Mimosas est le deuxième long métrage d’Oliver Laxe, réalisateur français d’origine espagnole. C’est un conte mystique que l’on pourrait qualifier de western maghrébin. Comme dans le western, l’isolement des montagnes désertiques fait ressortir des sentiments de base, tels tenir une promesse ou respecter les morts, qui deviennent une finalité de vie. Une dimension mystique vient se greffer avec l’un des personnages, un allumé de la foi : est-il un simple d’esprit ou un ange protecteur ? Le réalisateur nous propose en outre un second axe de réflexion en juxtaposant des scènes plus modernes de voitures-taxis, second axe qui est, il faut bien l’avouer, moins lisible, son lien avec l’histoire principale étant quelque peu obscur. L’énoncé de tous ces éléments peut laisser présager du pire mais tout l’art d’Olivier Laxe est d’intégrer tout cela sans aucune lourdeur, dans un ensemble qui nous transporte ailleurs. La photographie est très belle, ce qui contribue à l’envoutement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ahmed Hammoud, Shakib Ben Omar, Said Aagli
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Mimosas

Mimosas

Mimosas

Mimosas
Shakib Ben Omar et Ahmed Hammoud dans Mimosas, la voie de l’Atlas de Oliver Laxe.

11 septembre 2018

Le Disciple (2016) de Kirill Serebrennikov

Titre original : « Muchenik »

Le DiscipleUn adolescent devient fanatique de religion au grand désarroi de sa mère et de ses professeurs qui ne savent quelle attitude adopter…
Le Disciple est l’adaptation de la pièce Martyr du dramaturge allemand Marius von Mayenburg, écrite en 2012. Le film ne décrit pas tant par quels mécanismes le jeune homme devient un illuminé de la Foi, mais s’attache plutôt à montrer l’impuissance des institutions civiles et religieuses face à cette forme d’absolu. Et c’est même pire que cela puisque l’adolescent parvient à faire passer son fondamentalisme comme norme et la seule professeure qui, du fait de ses idées progressistes, tente de comprendre le phénomène pour mieux le contrer voit sa démarche se transformer en obsession destructrice. Certes, on frôle souvent l’outrance mais la démonstration est assez terrifiante. L’auteur montre également comment on peut sélectionner des écrits pour justifier son attitude fanatique : chrétien orthodoxe, l’adolescent cite constamment la Bible et le réalisateur indique en surimpression discrète les références pour bien montrer qu’il n’y a là aucune exagération. Kirill Serebrennikov filme cela en longs plans-séquences qui donnent une indéniable puissance à l’ensemble. Cette poussée d’obscurantisme a de quoi nous donner des frayeurs.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Pyotr Skvortsov, Viktoriya Isakova, Yuliya Aug
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Remarque :
* Kirill Serebrennikov a placé l’action à Kaliningrad (anciennement Königsberg, patrie de Kant), aujourd’hui une enclave russe au bord de la Baltique, entre la Pologne et la Lituanie.

Le Disciple
Pyotr Skvortsov et Aleksandra Revenko dans Le Disciple de Kirill Serebrennikov.

2 décembre 2017

La Plus Grande Histoire jamais contée (1965) de George Stevens

Titre original : « The Greatest Story Ever Told »

La Plus grande histoire jamais contéeLa vie de Jésus Christ…
Produit et réalisé par George Stevens, La Plus Grande Histoire jamais contée a bénéficié d’un budget important (20 millions de dollars soit 160 millions de 2017), d’une longue préparation et d’un plateau abondamment fourni en stars. Le résultat est épouvantable. Obsédé par l’idée de donner de la grandeur à son film, George Stevens n’a réussi à lui donner que de la lourdeur. Il n’y a là aucun souffle, aucune flamme. On s’ennuie même. Beaucoup de scènes ne sont d’ailleurs pas montrées mais racontées par des personnages (« on dit qu’il a multiplié les pains », « on dit qu’il a marché sur l’eau » …), astuce normalement plutôt utilisée par les films à petit budget ! Le défilé d’acteurs connus est presque grotesque et que le tournage ait été fait dans l’Ouest américain saute aux yeux ; on s’attend à tomber sur John Wayne à tout moment (en fait, il faut attendre la fin du film pour qu’il apparaisse et dise son unique réplique). De toute évidence, George Stevens n’est pas Cecil B. DeMille! L’âge d’or des péplums étant, de plus, révolu, le film fut un flop commercial, l’un des plus grands flops de l’histoire du cinéma.
Elle:
Lui : 1 étoile

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Max von Sydow, Charlton Heston, Martin Landau, José Ferrer, Carroll Baker, Van Heflin, Telly Savalas, John Wayne
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Voir les autres films de George Stevens chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Le tournage fut terminé en 1963 et George Stevens mit plus d’un an à le monter. La première version distribuée totalisait 225 minutes. Devant le peu de succès auprès du public, la durée fut rapidement réduite à 127 minutes. Le film est ressorti sur DVD dans une version de 191 minutes en 2001 (version visionnée ici).

* Non crédités au générique, David Lean a dirigé quelques scènes d’intérieur avec Claude Rains et José Ferrer alors que Jean Negulesco a dirigé la scène de la Nativité.

* Sur l’unique réplique de John Wayne « Truly, this man was the Son of God », une légende (certainement fausse mais amusante) circule depuis la sortie. Après plusieurs prises peu convaincantes, Stevens lui dit « Duke, il nous faut quelque chose de plus. Lève les yeux vers lui et donne-nous de la crainte. » (« Duke, what we need in this line is something more. Look up at the man and give us some awe. ») Wayne acquiesce et, à la prise suivante, lève les yeux vers la croix et dit : « Awww, truly this man was the Son of God. »
A noter que la version finale de cette réplique n’est guère plus brillante, on se demande vraiment comment un metteur en scène peut laisser une réplique si mal dite dans un film. Elle est tellement mauvaise qu’elle est sur Youtube

La Plus Grande Histoire jamais contée
Max von Sydow (dont c’est le premier film américain) dans La Plus Grande Histoire jamais contée de George Stevens.

9 octobre 2017

Le Miraculé (1987) de Jean-Pierre Mocky

Le MiraculéPapu, un chiffonnier grossier et combinard, se fait renverser par une voiture cossue. Il simule la paralysie des jambes afin de toucher une importante somme d’argent de l’assurance. Il n’a toutefois pas envie de rester toute sa vie sur un fauteuil roulant. Avec l’assistance de sa patronne Sabine, une ancienne prostituée devenue servante de Dieu, il va faire un voyage à Lourdes afin de simuler un miracle. Soupçonneux, l’assureur est aussi du voyage… Inspiré d’une nouvelle de George Langelaan, Le Miraculé est une farce comme Mocky sait si bien les faire. Son propos n’est pas tant anticlérical (les membres du clergé ne sont qu’assez peu présents) mais plutôt une charge contre les religions et surtout contre les croyances. L’humour est de toutes les scènes, rien n’est sérieux. Le film est servi par une brochette d’acteurs qui semblent bien s’amuser eux aussi, toujours à la limite de trop charger leur personnage. Michel Serrault en assureur muet nous fait un beau numéro (quand il « téléphone » à sa femme, Jeanne Moreau doit se cacher le visage pour éviter d’exploser de rire). L’ensemble est irrévérencieux comme il se doit avec Mocky. Les dialogues sont plutôt bons. Un Mocky réussi.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Michel Serrault, Jean Poiret, Jeanne Moreau, Sylvie Joly, Roland Blanche
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Le Miraculé
Michel Serrault et Jean Poiret dans Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky.

Le Miraculé
Michel Serrault et Jeanne Moreau dans Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky.

21 juin 2017

La Femme aux miracles (1931) de Frank Capra

Titre original : « The Miracle Woman »

La Femme aux miraclesA la mort de son père pasteur, Florence Fallon (Barbara Stanwyck) accepte par dépit l’offre d’un escroc qui désire exploiter ses dons oratoires à des fins commerciales. Elle devient rapidement une prédicatrice très connue. L’écoutant à la radio, un jeune aveugle prêt à se suicider reprend goût à la vie et se rend au temple pour la rencontrer… The Miracle Woman est adapté d’une pièce de John Meehan inspirée de la célèbre prédicatrice canadienne Aimee Semple McPherson, pionnière dans l’usage des médias. Le film est une satire des sectes et des faux prédicateurs. Frank Capra a déclaré plus tard regretter de ne pas avoir été assez loin : il charge le personnage de l’acolyte de tous les maux (ce personnage n’existait pas dans la pièce), laissant intacte la jeune femme qui serait donc manipulée. Cela permet en tous cas à Capra de placer une notion assez récurrente dans ses films : c’est grâce à l’autre que l’on peut se transformer. Et cela marche dans les deux sens : le jeune aveugle se redécouvre grâce à Florence et elle-même retrouvera la paix en quittant le mensonge grâce à lui. La prestation de Barbara Stanwyck est assez remarquable, tout comme la photographie de Joseph Walker. Le film fut un échec commercial.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Barbara Stanwyck, David Manners, Sam Hardy
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Barbara Stanwyck et David Manners dans La Femme aux miracles de Frank Capra.

Remarques :
* The Miracle Woman fut interdit en Grande Bretagne et ne sortit au Canada qu’en 1977.

* Sur la prédicatrice Aimee Semple McPherson, le scénariste Herman J. Mankiewicz a écrit en 1949 un ouvrage que son frère Joseph voulut porter à l’écran. La famille de la prédicatrice s’y opposa. En 1976, un téléfilm The Disappearance of Aimee réalisé par Anthony Harvey a mis en scène le (prétendu ?) kidnapping d’Aimee Semple McPherson et le procès qui a suivi (avec Faye Dunaway et Bette Davis).

* La scène de l’incendie fut réalisée sans incrustations et Barbara Stanwyck et David Manners furent réellement au beau milieu des flammes.