23 juillet 2020

La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry

La Belle AméricaineUn ouvrier se retrouve possesseur d’une superbe automobile américaine, achetée un prix dérisoire à une veuve qui a l’obligation de donner le montant de la vente à la maitresse de son défunt mari. Cette bonne affaire va lui causer bien des déboires…
Le scénario de La Belle Américaine, signé Robert Dhéry et Pierre Tchernia (dialogues Alfred Adam) est construit sur une idée de base amusante, presque plausible. Cette comédie bien française porte un regard très bienveillant sur un petit quartier populaire et chaleureux. L’humour est marqué par son époque, le début des années soixante, mais un bonne partie des gags fonctionne toujours très bien aujourd’hui. Il y a un petit brin de folie dans tout le film et une dérision des machines (machine dans l’usine, machine à café, …) Mais le plus remarquable est le défilé d’acteurs du cinéma comique français dans les seconds rôles, ou plutôt les troisièmes rôles, puisqu’ils ne sont parfois présents que pour deux à trois répliques seulement ; certains étaient déjà connus, d’autres l’étaient en devenir. Tous ces personnages sont vraiment très pittoresques et leurs apparitions procurent une bonne partie du plaisir à revoir ce film aujourd’hui.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Dhéry, Colette Brosset, Alfred Adam, Christian Marin, Louis de Funès
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Dhéry sur le site IMDB.

Remarques :
* Le film est en noir et blanc mais un budget particulièrement bien tenu permit d’offrir au spectateur les trois dernières minutes en couleurs.
* 500 nouveaux francs (50 000 anciens francs) de 1961 sont équivalents à environ 800 euros de 2020.

* Seconds rôles (acteurs comiques les plus connus seulement) :
Pierre Dac, Jacques Fabbri, Louis de Funès, Jean Lefebvre, Jacques Legras, Christian Marin, Jean Richard, Michel Serrault, Jean Carmet, Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Jacques Balutin, Claude Piéplu, Fernand Raynaud.

La Belle AméricaineLa superbe Oldsmobile de La Belle Américaine de Robert Dhéry.

15 décembre 2019

Rien ne va plus (1997) de Claude Chabrol

Rien ne va plusVictor et Betty forment un couple d’escrocs. Ils fréquentent les hôtels lors de congrès professionnels où ils trouvent des proies faciles. Mais lorsque Betty décide de partir seule pour un congrès de dentistes en Suisse, les choses deviennent vite différentes…
Pour son cinquantième film, Claude Chabrol se permet une petite plaisanterie. L’histoire en elle-même n’a pas grande importance, elle est juste là pour permettre la mise en place d’une atmosphère à la Lubitsch, un style de comédie que Chabrol affectionne tout particulièrement. Il mâtine le tout d’un zeste d’humour noir à la Hitchcock, autre cinéaste qu’il adore. La sauce prend bien grâce au couple d’acteurs principaux, Isabelle Huppert et Michel Serrault, qui semblent beaucoup s’amuser en nous gratifiant de dialogues savoureux. Tout serait merveilleux si toute la dernière partie (dans les Antilles) n’était pas franchement ratée, l’humour perdant alors toute sa légèreté pour devenir vraiment macabre. Elle nous met mal à l’aise plus qu’elle nous amuse. Tout le monde s’accorde à considérer Rien ne va plus comme un film mineur dans la longue et belle filmographie de Claude Chabrol.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Isabelle Huppert, Michel Serrault, François Cluzet, Jean-François Balmer, Jackie Berroyer
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Chabrol sur le site IMDB.

Voir les autres films de Claude Chabrol chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Claude Chabrol

Rien ne va plusMichel Serrault, Isabelle Huppert et François Cluzet dans Rien ne va plus de Claude Chabrol.

19 octobre 2019

C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule! (1975) de Jacques Besnard

C'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule!Max et Riton, deux gangsters minables, acceptent de se mettre sous les ordres de Phano pour faire le gros coup du siècle : voler les fonds de la caisse de retraite de la SNCF entreposés dans un coffre-fort sous la gare de l’Est à Paris. Phano a tout prévu : il suffit de pratiquer une ouverture dans le mur mitoyen situé dans les toilettes de la gare…
L’idée originale de cette comédie humoristique du cinéma populaire français, nous la devons à trois membres de la troupe du Splendid, Thierry Lhermitte, Christian Clavier et Gérard Jugnot. Elle est bien entendu loufoque : afin de ne pas éveiller les soupçons de la « dame-pipi », les trois compères doivent en effet agir sous divers déguisements successifs et passablement pittoresques. Sur ce point, l’humour fonctionne bien mais il manque un développement plus poussé de la situation qui aurait porté le film plus haut. Chacun des trois acteurs principaux s’en donnent à cœur joie pour faire son numéro et les dialoguistes ont écrits dans le style de Michel Audiard, certains dialogues étant même calqués (on peut aussi dire « copiés ») sur des répliques célèbres. De bons moments mais l’ensemble est tout de même décevant.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Bernard Blier, Michel Serrault, Jean Lefebvre, Tsilla Chelton
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Besnard sur le site IMDB.

C'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule!Michel Serrault, Bernard Blier et Jean Lefebvre dans C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule! de Jacques Besnard.

9 octobre 2017

Le Miraculé (1987) de Jean-Pierre Mocky

Le MiraculéPapu, un chiffonnier grossier et combinard, se fait renverser par une voiture cossue. Il simule la paralysie des jambes afin de toucher une importante somme d’argent de l’assurance. Il n’a toutefois pas envie de rester toute sa vie sur un fauteuil roulant. Avec l’assistance de sa patronne Sabine, une ancienne prostituée devenue servante de Dieu, il va faire un voyage à Lourdes afin de simuler un miracle. Soupçonneux, l’assureur est aussi du voyage… Inspiré d’une nouvelle de George Langelaan, Le Miraculé est une farce comme Mocky sait si bien les faire. Son propos n’est pas tant anticlérical (les membres du clergé ne sont qu’assez peu présents) mais plutôt une charge contre les religions et surtout contre les croyances. L’humour est de toutes les scènes, rien n’est sérieux. Le film est servi par une brochette d’acteurs qui semblent bien s’amuser eux aussi, toujours à la limite de trop charger leur personnage. Michel Serrault en assureur muet nous fait un beau numéro (quand il « téléphone » à sa femme, Jeanne Moreau doit se cacher le visage pour éviter d’exploser de rire). L’ensemble est irrévérencieux comme il se doit avec Mocky. Les dialogues sont plutôt bons. Un Mocky réussi.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michel Serrault, Jean Poiret, Jeanne Moreau, Sylvie Joly, Roland Blanche
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Pierre Mocky sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Jean-Pierre Mocky chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Jean-Pierre Mocky

Le Miraculé
Michel Serrault et Jean Poiret dans Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky.

Le Miraculé
Michel Serrault et Jeanne Moreau dans Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky.

3 juin 2017

Nelly et Mr. Arnaud (1995) de Claude Sautet

Nelly & Monsieur ArnaudC’est par hasard et par une amie commune que Nelly rencontre Mr. Arnaud. Elle traverse une passe difficile et Mr Arnaud lui propose de venir l’aider à finaliser un projet de livres sur ses souvenirs d’hommes d’affaires… Nelly & Monsieur Arnaud est le dernier film de Claude Sautet. Un très beau film qui vient clore joliment sa filmographie (1). Beaucoup n’y ont vu qu’une histoire d’amour impossible mais il s’agit plus d’un homme qui se penche sur son passé et qui est plus en quête de rédemption que d’amour. Il a eu une vie bien remplie, a fait beaucoup de choses y compris certaines dont il n’est pas fier, les valeurs sur lesquelles il basait sa vie ne lui semblent plus si importantes. Elle, de son côté, n’a encore rien vécu si ce n’est une relation amoureuse décevante, elle se cherche encore maladroitement. Ils ont ceci en commun, chercher le sens à donner à leur vie. Comme cela n’a échappé à personne, Claude Sautet avait alors à peu près le même âge que son personnage et il est permis de penser que ces questionnements recouvraient au moins en partie les siens. Michel Serrault est comme souvent merveilleux de subtilité, de délicatesse et de profondeur, le tout relevé par une pointe d’humour que son personnage utilise pour masquer son désarroi. C’est un très beau film.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Emmanuelle Béart, Michel Serrault, Jean-Hugues Anglade, Claire Nadeau, Michèle Laroque, Michael Lonsdale, Charles Berling
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Sautet sur le site IMDB.

Voir les autres films de Claude Sautet chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Claude Sautet

Nelly & Monsieur Arnaud
Michel Serrault et Emmanuelle Béart dans Nelly & Monsieur Arnaud de Claude Sautet.

(1) Claude Sautet n’a réalisé que quatorze longs métrages entre 1956 et 1995, mais tous (hormis le premier) sont vraiment remarquables.

17 juillet 2016

Buffet froid (1979) de Bertrand Blier

Buffet froidDans un couloir de métro, Alphonse (Gérard Depardieu) trouve un homme affalé qu’il avait rencontré quelques minutes auparavant sur le quai désert. L’homme a un couteau dans le ventre, son propre couteau! Quand il rentre dans la tour déserte où il vit seul avec sa femme, Alphonse fait la connaissance de Morvandiau (Bernard Blier), un bien étrange inspecteur de police… Tel est le point de départ de Buffet froid, cinquième long métrage de Bertrand Blier qui en a écrit le scénario. Il s’agit d’une comédie noire dotée d’un bel humour absurde où personne ne se comporte comme il le devrait. La façon d’enchaîner des situations où la logique cède la place à l’inattendu évoque Buñuel (notamment Le Fantôme de la liberté) à ceci près qu’il n’y a pas ici d’allégorie politique : le propos de Bertrand Blier est plus l’incommunicabilité et la difficulté de maitriser les évènements. Dans cet univers déshumanisé, où les repères forts ont disparu (à commencer par l’élémentaire réprobation du meurtre), ses personnages tentent de dominer des situations qui leur échappent constamment. Les dialogues sont particulièrement brillants, jubilatoires même, et on se prend souvent à ressentir l’envie de retourner en arrière pour les réécouter une seconde fois. Ils n’ont en tous cas plus cette vulgarité (et une certaine misogynie) que certains reprochaient aux films précédents de Blier. Il faut des acteurs de premier plan pour mettre ce genre de dialogues en valeur est c’est le cas ici avec le superbe trio Depardieu/Blier/Carmet. Malgré un bon accueil critique, le film a été un échec commercial à sa sortie, déconcertant le public.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Bernard Blier, Jean Carmet, Carole Bouquet, Geneviève Page, Jean Benguigui, Michel Serrault
Voir la fiche du film et la filmographie de Bertrand Blier sur le site IMDB.

Voir les autres films de Bertrand Blier chroniqués sur ce blog…

Buffet froid
Gérard Depardieu et Bernard Blier dans Buffet froid de Bertrand Blier.

Remarques :
* Quidam jusqu’au bout, Michel Serrault n’est pas crédité au générique !
* Buffet froid est le deuxième long métrage de Carole Bouquet après Cet Obscur objet du désir (1977), dernier film de Luis Buñuel.
* Bertrand Blier dit avoir écrit le scénario en 15 jours, de façon si précise qu’il l’a ensuite tourné sans en changer une ligne.
* Les tours désertes sont celles de La Défense alors toujours en phase de construction.
* La scène finale se déroule sur le pont de Brion (20 kms au sud de Grenoble), puis en contrebas sur l’Ebron. Voir ce superbe lieu

Buffet froid
Etonnant plan de la scène finale où la barque semble suspendue, de façon irréelle : Gérard Depardieu et Carole Bouquet dans Buffet froid de Bertrand Blier.

5 avril 2016

Les Fantômes du chapelier (1982) de Claude Chabrol

Les fantômes du chapelierDans la ville de Concarneau, aux alentours de 1960, Léon Labbé tient une boutique de chapeaux en face d’un tailleur d’origine arménienne. Intrigué par le comportement de Labbé, le tailleur a fini par comprendre qu’il est certainement l’étrangleur qui sévit depuis quelques semaines en s’attaquant à des femmes… Les Fantômes du chapelier est l’adaptation d’un roman de Georges Simenon qu’il suit de façon très fidèle. Ce n’est pas l’intrigue policière qui forme l’intérêt du film (on sait dès le début qui est le coupable) mais le jeu qui s’installe entre le chapelier sûr de lui malgré sa folie et le timide et effacé tailleur qui ne sait quoi faire de sa découverte. Ce n’est pas le jeu du chat et de la souris mais plutôt la recherche d’une valorisation, qu’obtient le criminel par le regard porté sur lui, un regard qui évolue en complicité. Il joue avec le feu et s’en amuse, mais ne se rend pas compte à quel point il existe par le regard de l’autre. La mise en scène de Chabrol est assez remarquable par sa précision et aussi par l’extraordinaire composition de Michel Serrault qui déploie une impressionnante palette de sentiments, passant de l’un à l’autre avec une rapidité prodigieuse. Et bien entendu, nous retrouvons dans Les Fantômes du chapelier la peinture sociale de la bourgeoisie de province, l’un des thèmes favoris de Chabrol.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michel Serrault, Charles Aznavour, Monique Chaumette, François Cluzet, Isabelle Sadoyan, Aurore Clément
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Chabrol sur le site IMDB.

Voir les autres films de Claude Chabrol chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Claude Chabrol

Remarques :
* Très visibles en cours de film, deux affiches de cinéma sont un peu contradictoires sur le plan des dates : celle de Carrefour de Curtis Benhardt date de 1938 alors que celle de Ben-Hur de William Wyler date de 1959.

* Simenon a écrit trois versions successives de la même histoire : Le Petit Tailleur et le chapelier (1947), Bénis soient les humbles (1948) et Les Fantômes du chapelier (1949). C’est surtout le dénouement qui change entre les versions. Le film de Chabrol suit la troisième version.

Les fantômes du chapelier
Michel Serrault et Charles Aznavour dans Les fantômes du chapelier de Claude Chabrol.

1 février 2016

Assassins et voleurs (1957) de Sacha Guitry

Assassins et voleursUn riche oisif surprend un cambrioleur au moment où il pénètre chez lui et lui demande de l’aider à se suicider. Il lui raconte pourquoi il a décidé d’en finir… Assassins et voleurs est l’avant-dernier film de Sacha Guitry qui était alors déjà très malade. L’histoire est autant farfelue qu’improbable, un enchaînement délirant de situations que Guitry a avoué avoir imaginé sous l’effet des piqûres de morphine. Il est difficile de ne pas voir des allusions à son arrestation arbitraire à la Libération dans la partie reposant sur le thème du faux coupable et dans les scènes de caricature de procès. On retrouve, comme toujours, sa verve brillante dans cette apologie franchement amorale du vol, du meurtre et de l’adultère. Il avait écrit le film avec Michel Simon en tête mais il a fini par jeter son dévolu sur le tandem Poiret et Serrault, le premier tenant le rôle principal, celui qui dispense les mots d’esprit, celui que Guitry aurait tenu s’il avait pu. Darry Cowl fait une petite apparition, nous gratifiant d’un beau numéro visiblement improvisé dans le tribunal, une scène où acteurs et figurants sont tous hilares.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean Poiret, Michel Serrault, Magali Noël, Darry Cowl
Voir la fiche du film et la filmographie de Sacha Guitry sur le site IMDB.

Voir les autres films de Sacha Guitry chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Sacha Guitry

Remarque :
* Certaines scènes auraient été tournées par Clément Duhour (l’acteur qui tient le rôle du mari).

Assassins et voleurs
Jean Poiret et Michel Serrault dans Assassins et voleurs de Sacha Guitry.

1 décembre 2014

La Chasse à l’homme (1964) de Edouard Molinaro

La chasse à l'hommeAntoine Monteil doit se rendre à son mariage au grand dam de son ami qui essaie de l’en dissuader… « Le mariage est un piège », tel semble être le leitmotiv de cette comédie à sketches d’Edouard Molinaro. Ici, les jeunes filles en fleurs n’ont qu’une idée en tête : mettre le grappin sur un homme. Cette attaque gentiment subversive (du moins pour l’époque) contre l’institution du mariage se fait sans misogynie excessive, l’histoire de base a d’ailleurs été écrite par une femme, France Roche. Les dialogues sont de Michel Audiard. Le premier sketch avec Jean-Paul Belmondo en voyou rangé mis au pas par Marie Dubois n’est que moyennement réussi. Le second en revanche (avec Micheline Presle, Catherine Deneuve, Bernard Blier) l’est beaucoup plus et les dialogues d’Audiard y sont riches en répliques brillantes. Le meilleur du film est là. La suite est plaisante avec Françoise Dorléac qui joue la fofolle, façon L’Homme de Rio avec toutefois un peu moins de réussite. Comme beaucoup de films à sketches, La chasse à l’homme est un peu inégal mais reste divertissant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean-Claude Brialy, Françoise Dorléac, Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Marie Laforêt, Catherine Deneuve, Marie Dubois, Micheline Presle, Francis Blanche, Bernard Blier
Voir la fiche du film et la filmographie de Edouard Molinaro sur le site IMDB.

Voir les autres films de Edouard Molinaro chroniqués sur ce blog…

La Chasse à l'homme d'Edouard Molinaro
Françoise Dorléac et Jean-Claude Brialy

Homonyme :
Chasse à l’homme (Man Hunt) de Fritz Lang (1941)

8 janvier 2014

Mortelle randonnée (1983) de Claude Miller

Mortelle randonnéeLors d’une enquête, un détective privé, surnommé l’Oeil, surprend une jeune meurtrière et commence à la suivre… Mortelle randonnée est adapté d’un roman de l’écrivain américain de romans policiers Marc Behm. L’adaptation et les dialogues sont signés Michel et Jacques Audiard (père et fils). En ce début des années quatre vingt, plusieurs réalisateurs français (Miller, Tavernier, Corneau, Truffaut, …) cherchaient un style nouveau inspiré du polar américain. Miller y parvient ici avec ce film déroutant, dans le bon sens du terme. Au-delà de la trame policière, Mortelle randonnée est plus un film sur l’obsession d’un homme qui cherche à retrouver le visage de son enfant morte. S’opère alors un transfert subtil (chasseur / protecteur) que Michel Serrault sait rendre parfaitement, un rôle pourtant difficile car tout en nuances : il suffirait parfois d’un rien pour que le film bascule dans la farce. La première heure de film est magistrale, assez éblouissante par sa richesse et sa maitrise. La seconde moitié l’est un peu moins, Miller semble parfois hésitant sur la direction à donner à cette histoire mais cela n’entame que peu la valeur de Mortelle randonnée qui est un film finalement assez envoutant et séduisant par sa personnalité.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michel Serrault, Isabelle Adjani, Guy Marchand, Stéphane Audran, Macha Méril, Geneviève Page, Sami Frey, Dominique Frot, Patrick Bouchitey, Claude Brialy
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Miller sur le site IMDB.

Voir les autres films de Claude Miller chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* La musique est signée Carla Bley (c’est assez unique car la pianiste a extrêmement peu travaillé pour le cinéma).
* La version complète du film dure 2h00. Il existe également une version réduite à 95 minutes, version moins intéressante diffusée aux Etats-Unis et en France à la télévision.
* L’extrait de film qu’Isabelle Adjani montre à Sami Frey dans une vitrine est Le Dernier des hommes (Der letzte Mann) de F.W. Murnau (1924).