20 janvier 2021

Le Lit conjugal (1963) de Marco Ferreri

Titre original : « Una storia moderna – L’ape regina »

Le Lit conjugal (Una storia moderna - L'ape regina)Alfonso, la quarantaine, épouse Regina, une jeune fille catholique et vierge afin de l’initier au devoir conjugal selon ses désirs. Mais Regina va vite s’avérer insatiable et l’épuiser totalement…
L’Ape Regina (littéralement : la Reine des abeilles) est le premier long métrage italien de Marco Ferreri. Le réalisateur italien a en effet tourné ses trois premiers films en Espagne. Il a écrit le scénario de celui-ci avec un ami espagnol, le scénariste Rafael Azcona. Il s’agit d’une comédie qui dresse un portrait acide des conventions bourgeoises et fustige l’hypocrisie de l’Eglise sur le thème de la procréation. Ugo Tognazzi est magnifique, débutant en affreux machiste pour finalement nous attendrir et faire pitié, tout cela en nous faisant rire souvent. L’acteur tournera de nouveau avec Ferreri à sept reprises. Face à lui, Marina Vlady nous offre une composition complexe et riche : énigmatique, douce et belle, inquiétante parfois. Bien que doublée, l’actrice fut primée à Cannes qui réserva un très bon accueil au film. Ce ne fut pas le cas d’une bonne partie de la critique française qui n’avait alors d’yeux que pour la Nouvelle Vague.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ugo Tognazzi, Marina Vlady, Walter Giller, Riccardo Fellini
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Remarques :
* Les distributeurs français sont restés insensible à l’humour du titre original en choisissant un titre français assez réducteur.
* Certaines scènes furent coupées par la censure italienne.
* Le film a été restauré en 2019.
* Riccardo Fellini, qui interprète Riccardo, est le frère de Frederico Fellini. Il n’a que peu tourné, il s’agit d’ailleurs de son ultime film. Il a également réalisé un film (Storie sulla sabbia, 1963)

Le Lit conjugal (Una storia moderna - L'ape regina)Ugo Tognazzi et Marina Vlady dans Le Lit conjugal (Una storia moderna – L’ape regina) de Marco Ferreri.

8 janvier 2021

Le Professeur (1972) de Valerio Zurlini

Titre original : « La prima notte di quiete »

Le Professeur (La prima notte di quiete)Daniele Dominici arrive dans la ville de Rimini pour un poste de professeur remplaçant de poésie dans un lycée classique. Il a aussi la passion du jeu et délaisse sa femme pour aller jouer tous les soirs avec un petit groupe de flambeurs. Il est attiré par l’une de ses élèves, Vanina…
L’idée de départ de Valério Zurlini de réaliser une fresque en plusieurs films sur la déchéance d’une famille coloniale italienne n’a finalement abouti qu’à ce seul La prima notte di quiete (= la première nuit de quiétude, titre emprunté à Goethe). L’ambitieuse chronique de l’Italie sur près d’un siècle s’est transformée en variation sur la pureté du sentiment amoureux en proie aux conventions sociales, à l’ennui et modifié par la libération sexuelle. Cette réduction du sujet serait due à l’influence d’Alain Delon, acteur et coproducteur du film. L’acteur est de presque tous les plans, il donne de la superbe à ce perdant, toujours morose, désabusé, un peu vouté mais doté d’une grande présence et donnant l’impression d’avoir vécu beaucoup. La photographie est superbe. Zurlini affectionne les ambiances de station balnéaires hors saison, lorsque la brume adoucit des paysages urbains et se confond avec la mer. Un film beau, mélancolique et sombre.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Alain Delon, Sonia Petrovna, Lea Massari, Giancarlo Giannini, Renato Salvatori
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Remarque :
* Alain Delon a profondément modifié la version sortie en France en 1972 : il a fait des coupes, ramenant la durée de 132 à 105 minutes et changé le titre pour le simple Le Professeur. Valerio Zurlini l’a menacé de procès. Il a fallu attendre 2019 pour que le film ressorte en version intégrale. Il fut présenté par Alain Delon lui-même au Festival de Cannes 2019.

Le Professeur (La prima notte di quiete)Sonia Petrovna et Alain Delon dans Le Professeur (La prima notte di quiete) de Valerio Zurlini.

27 décembre 2020

5 est le numéro parfait (2019) de Igor Tuveri

Titre original : « 5 è il numero perfetto »

5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto)Peppino Lo Cicero, ex-tueur à gages de la Camorra est fier de son fils qui gravit les échelons du crime organisé. Mais quand celui-ci est froidement tué dans un guet-apens, il reprend du service accompagné de son ami Toto le boucher. Leur quête de vérité va déclencher une spirale de vengeances et de trahisons dans les clans mafieux du Naples des années 70…
L’italien Igort (Igor Tuveri) travaille depuis la fin des années 1970 comme auteur de bande dessinée, illustrateur, essayiste et musicien. Ici, il porte lui-même à l’écran son roman graphique 5 est le numéro parfait publié en 2002 et qui a été (dixit le dossier de presse) un phénomène d’édition, publié dans vingt pays. L’histoire en elle-même est très classique, le thème du tueur à gages que l’on croyait en retraite mais qui se réveille avec fureur et panache, mais cette adaptation est vraiment réussie dans la forme. Igort parvient à créer une atmosphère très particulière, originale. Ses décors sont très graphiques, vidés de tout personnage étranger à l’action, sombres le plus souvent. Ils semblent sortis d’une bande dessinée et donnent un petit côté irréel à l’ensemble. Belle prestation de Toni Servillo, méconnaissable sous son déguisement. Le film a hélas été mal accueilli par la critique et par le public. 5 est le numéro parfait est pourtant une belle curiosité.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Toni Servillo, Valeria Golino, Carlo Buccirosso
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5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto)Toni Servillo dans 5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto) de Igort.

5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto)Toni Servillo et Carlo Buccirosso dans 5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto) de Igort.

22 novembre 2020

Les Onze Fioretti de François d’Assise (1950) de Roberto Rossellini

Titre original : « Francesco, giullare di Dio »

Les onze fioretti de François d'Assise (Francesco, giullare di Dio)En 1210, le pape Innocent III valide et reconnaît l’ordre franciscain qui prône une pauvreté matérielle absolue. Revenant de Rome, François et ses disciples se retirent dans une petite chapelle bâtie de leurs mains près de la ville d’Assise. Vivant de l’aumône, ils y façonnent les principes de leur enseignement, avec une béatitude et une humilité quotidiennes…
Les onze fioretti de François d’Assise a été tourné par Roberto Rossellini juste après Stromboli qui montrait déjà une connotation religieuse. Dans sa filmographie, c’est le premier film où le fort sentiment chrétien du cinéaste se montre si clairement. Tout en appliquant les grands principes du néoréalisme (décors naturels, acteurs non professionnels, son direct), il exprime les fondements de la philosophie franciscaine par la forme-même de son film : dénuement et austérité marquent autant le récit que l’image. La joie et la béatitude viennent, quant à eux, du jeu des acteurs. S’il est indéniablement moins majeur que les films bergmaniens (Ingrid-) du cinéaste, le film est néanmoins important pour mieux comprendre la démarche de Rossellini. On peut d’ailleurs considérer le personnage joué par Ingrid Bergman dans Europa 51 dans le prolongement de celui de ce François d’Assise.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Aldo Fabrizi, Nazario Gerardi
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Remarques :
* Les Fioretti (« petites fleurs ») sont un recueil anonyme du XIVe siècle contant sur un ton naïf et humoristique les miracles et petites histoires (53) qui seraient advenus autour de saint François d’Assise (1181-1226) et de ses premiers disciples. L’auteur considéré comme le plus probable serait Ugolino Brunforte, frère mineur toscan (1262-1343), un siècle plus tard.
* Le titre original du film se traduit ainsi : « Le Jongleur de Dieu ».
* Le seul acteur professionnel est Aldo Fabrizi qui interprète Nicolas, le pittoresque tyran de Viterbe.

Les onze fioretti de François d'Assise (Francesco, giullare di Dio)Nazario Gerardi (à gauche) dans Les onze fioretti de François d’Assise (Francesco, giullare di Dio) de Roberto Rossellini.

16 novembre 2020

Hier, aujourd’hui et demain (1963) de Vittorio De Sica

Titre original : « Ieri oggi domani »

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Adelina : Ne pouvant payer une forte amende pour vente de cigarettes de contrebande, une jeune mère de famille découvre qu’elle ne peut être envoyée en prison car elle est enceinte. Elle décide alors d’enchaîner les grossesses…
Anna : La femme d’un riche industriel milanais s’offre une balade en voiture avec son amant, un intellectuel désargenté…
Mara : Une prostituée de standing va devoir remettre dans le droit chemin son voisin, un jeune séminariste prêt à renoncer à sa vocation après l’avoir vue…

Ce film à sketches de Vittorio de Sica met en scènes trois histoires d’époques, de lieux et de styles très différents. Le premier sketch est celui de l’hier, il se déroule dans l’Italie du sud à Naples, dans un style néoréaliste tirant fortement vers la comédie. Le scénario d’Eduardo De Filippo s’inspire d’un fait divers où une femme aurait enchaîné dix-neuf grossesses ! Le second est celui de l’aujourd’hui, de l’Italie prospère et renaissante du Nord (Milan), dans un style qui semble vouloir parodier Antonioni. Le scénario signé Zavattini est basé sur une nouvelle de Moravia. C’est le plus court des trois, le plus bâclé sans doute. Le troisième est celui de demain, de la liberté des mœurs de la Rome moderne, dans un style léger, de pure comédie. Le scénario est également signé Cesare Zavattini. Mastroianni y est hilarant et Sophia Loren nous gratifie d’un strip-tease qui est resté dans les annales. Les trois sketches reposent sur le duo d’acteurs qui montrent là leur grande vitalité et leur capacité à jouer des rôles très différents. L’ensemble est plaisant mais pas vraiment remarquable. Oscar du meilleur film étranger.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sophia Loren, Marcello Mastroianni, Aldo Giuffrè, Tina Pica
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Remarque :
* Aujourd’hui, demain et après-demain (Oggi, domani, dopodomani) de Eduardo De Filippo, Marco Ferreri et Luciano Salce (1965) tentera de reprendre le même principe des trois sketches (avec Marcello Mastroianni mais sans Sophia Loren).

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Marcello Mastroianni et Sophia Loren dans le sketch Adelina de Hier, aujourd’hui et demain (Ieri oggi domani) de Vittorio De Sica.

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Sophia Loren et Marcello Mastroianni dans le sketch Anna de Hier, aujourd’hui et demain (Ieri oggi domani) de Vittorio De Sica.

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri oggi domani)Marcello Mastroianni et Sophia Loren dans le sketch Mara de Hier, aujourd’hui et demain (Ieri oggi domani) de Vittorio De Sica.

14 novembre 2020

Martin Eden (2019) de Pietro Marcello

Martin EdenÀ Naples, au cours du XXe siècle, Martin Eden est un jeune marin issu d’un milieu pauvre. Lors d’une rixe, il défend un jeune homme. Celui-ci, issu de la classe aisée, l’invite chez lui à dîner pour le remercier. À cette occasion, Martin rencontre sa sœur Elena dont il tombe amoureux. Ebloui, Martin décide de s’instruire…
Ce film de l’italien Pietro Marcello est une libre adaptation du roman Martin Eden de Jack London, roman qui sans être autobiographique présente des similitudes avec la propre vie de l’écrivain. L’histoire est transposée de Californie à Naples et l’époque devient le milieu du XXe siècle. Le cinéaste la laisse volontairement imprécise afin de mieux inscrire son héros dans les grandes mutations politiques et sociales. Le récit peut toutefois sembler un peu confus parfois sur ce plan. (Le roman de Jack London était une critique de l’individualisme mais, à la surprise de l’écrivain, le public prit son personnage comme une sorte de héros libertarien. Est-ce cela que le cinéaste a voulu traduire ?) Le film est un peu moins réussi dans sa dernière partie où le sentiment du héros de trahir ses origines s’exprime de façon brouillonne. Et que dire du final sur la plage (d’Ostie !?), hommage maladroit à Fellini ? Malgré ces quelques défauts, Pietro Marcello est parvenu à restituer toute la richesse et surtout toute la force du roman, un récit puissant et édifiant.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Luca Marinelli, Jessica Cressy, Denise Sardisco, Carlo Cecchi
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 Martin EdenLuca Marinelli et Denise Sardisco dans Martin Eden de Pietro Marcello.

Les adaptations de Martin Eden au cinéma :
1914 : Martin Eden de Hobart Bosworth
1918 : Pas né pour l’argent (Nye dlya deneg radivshisya) du russe Nicandre Tourkine
1942 : The Adventures of Martin Eden de Sidney Salkow avec Glenn Ford et Claire Trevor
2019 : Martin Eden de Pietro Marcello

26 octobre 2020

Le Soleil même la nuit (1990) de Paolo Taviani et Vittorio Taviani

Titre original : « Il sole anche di notte »

Le Soleil même la nuit (Il sole anche di notte)1753. Le baron Sergio Giuramondo, à la cour du roi Charles III de Naples, est destiné à une belle carrière. Mais lorsqu’il découvre que sa fiancée d’élection, la duchesse Cristina, a été une des maîtresses du monarque, il s’enfuit et rejoint un couvent. La vie de l’Église ne parvenant à satisfaire sa soif d’absolu, il se fait ermite sur le mont Petra…
Le Soleil même la nuit est librement adapté d’une nouvelle de Léon Tolstoï, Le Père Serge. C’est la seconde adaptation par les frères Taviani d’une nouvelle du romancier russe, après Saint Michel avait un coq (1971). Le thème est le chemin long et difficile vers la sainteté d’un homme orgueilleux. Celui-ci se lance de façon très entière dans la recherche d’un absolu, qu’il ne pourra trouver. Si le film des frères Taviani aurait certainement profité d’une interprétation plus forte, Julian Sands ne parvenant pas vraiment à exprimer toute la complexité de son personnage, il n’en est pas moins très beau grâce à une superbe photographie (magnifiques plans des Abruzzes) et des cadrages parfaits et puissants. Souvent considéré comme assez mineur dans leur filmographie, Le Soleil même la nuit est néanmoins un fort beau film.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Julian Sands, Nastassja Kinski, Charlotte Gainsbourg, Massimo Bonetti, Margarita Lozano, Patricia Millardet, Rüdiger Vogler
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Le Soleil même la nuit (Il sole anche di notte)Julian Sands et Patricia Millardet dans Le Soleil même la nuit (Il sole anche di notte) de Paolo Taviani, Vittorio Taviani.

Autres adaptations de la nouvelle de Tolstoï :
Le Père Serge (Otets Sergiy) de Yakov Protazanov et Alexandre Volkoff (1918) avec Ivan Mozzhukhin
Le Père Serge de Lucien Ganier-Raymond (1945) avec Jacques Dumesnil
Otets Sergiy de Igor Talankin (1979) avec Sergey Bondarchuk.

4 octobre 2020

L’enfer dans la ville (1959) de Renato Castellani

Titre original : « Nella città l’inferno »

L'enfer dans la ville (Nella città l'inferno)Injustement accusée et condamnée pour un vol perpétré dans la maison de ses patrons, Lina, jeune bonne provinciale et naïve, est incarcérée dans une prison romaine tenue par des religieuses. Elle se lie avec Egle, une prostituée que la vie et la prison ont endurcie. À l’écoute de l’histoire de Lina, Egle comprend qu’elle a été dupée par un bellâtre qui avait promis de l’épouser. Elle la conseille pour prouver son innocence…
L’enfer dans la ville est adapté d’un roman d’Isa Mari, Roma, Via delle Mantellate publié en 1953. Les deux personnages principaux sont assez classiques mais l’intérêt du récit est surtout dans la reconstitution de la vie carcérale, sans misérabilisme. Très relevé, le tableau est sans doute un peu édulcoré car il n’y a aucune tension entre les détenues ; on y chante plus que l’on y crie et une grande solidarité les unit. Anna Magnani fait une prestation exubérante, volubile et explosive, on l’a déjà vue souvent dans ce type de rôle de prostituée au grand cœur. Face à elle, Giulietta Masina a un peu du mal à se faire une place. Alberto Sordi fait une courte apparition en mystificateur, épouvantablement surjoué. Même si Renato Castellani n’est pas réputé pour être un grand réalisateur, le cinéaste a bien su recréer le huis clos carcéral et montre le même humanisme que dans ses œuvres d’inspiration neoréaliste du début des années cinquante. Ce film peu connu mérite d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles
<

Acteurs: Anna Magnani, Giulietta Masina, Cristina Gaioni
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L'enfer dans la ville (Nella città l'inferno)Cristina Gaioni et Anna Magnani dans L’enfer dans la ville (Nella città l’inferno) de Renato Castellani.

13 juillet 2020

Le Jardin des Finzi-Contini (1970) de Vittorio De Sica

Titre original : « Il giardino dei Finzi Contini »

Le Jardin des Finzi-Contini (Il giardino dei Finzi Contini)Au cours de l’été 1938, alors que l’idéologie fasciste imprègne insidieusement les moeurs italiennes, la jeunesse dorée juive de Ferrare, qui s’est vu interdire l’accès aux courts de tennis, est invitée à jouer sur le terrain de tennis du domaine des Finzi-Contini. Ceux-ci ont toujours vécu à l’écart mais Micòl, leur fille, rencontrait parfois le jeune Giorgio depuis leur enfance. Ce dernier cherche à déclarer son amour…
Tout le monde s’accorde à dire que la fin de l’œuvre de Vittorio De Sica est plutôt décevante mais que Le Jardin des Finzi-Contini, adapté du roman homonyme de Giorgio Bassani, y brille tel un joyau. C’est un film extraordinairement plein et riche. C’est le récit d’un amour tourmenté entre une jeune fille de la très haute bourgeoisie et un garçon de la bourgeoisie moyenne aisée : alors qu’il ne veut aimer personne d’autre, elle l’attire pour mieux le repousser ensuite, ne sachant que faire de cet amour. Au départ simple contexte, l’Histoire s’impose de plus en plus tragiquement dans le récit, le parti fasciste voulant montrer à l’Allemagne d’Hitler que l’Italie pratique la même politique antisémite. Esthétiquement, le film est très élégant avec ses éclairages diffus et de subtils mouvements de caméra. Dominique Sanda, magnétique, d’une grande beauté juvénile, joue avec une grande retenue tout en donnant de l’intensité à son personnage.
Elle: 5 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Lino Capolicchio, Dominique Sanda, Fabio Testi, Romolo Valli, Helmut Berger
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Le Jardin des Finzi-Contini (Il giardino dei Finzi Contini)Dominique Sanda et Lino Capolicchio dans Le Jardin des Finzi-Contini (Il giardino dei Finzi Contini) de Vittorio De Sica.

17 juin 2020

Paris est toujours Paris (1951) de Luciano Emmer

Titre original : « Parigi è sempre Parigi »

Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi)Pour assister à un match de football de l’équipe italienne, un petit groupe d’italiens arrivent à Paris bien décidés à profiter de la ville…
Paris est toujours Paris est le second long métrage de fiction de Luciano Emmer après son très remarqué Dimanche d’août (1950). Il en est différent car, si ce dernier reposait sur des observations sociologiques et se positionnait dans la veine du néoréalisme, Paris est toujours Paris est une farce touristique. Son humour repose essentiellement sur le décalage entre l’image que l’on se fait d’une ville (Paris romantique) et la réalité. C’est une ironie un peu triste car les aspirations des personnages ne paraissent pas si déraisonnables. Marcello Mastroianni est ici dans un de ses tous premiers rôles. Yves Montand (ami personnel de Luciano Emmer) fait une apparition dans son propre rôle en chanteur dans un petit club. Le directeur de la photographie est Henri Alekan. Pratiquement invisible depuis plus de soixante ans, le film a été fort bien restauré en 2018.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Aldo Fabrizi, Henri Guisol, Ave Ninchi, Hélène Rémy, Marcello Mastroianni, Lucia Bosè, Yves Montand
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Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi)Ave Ninchi, Aldo Fabrizi, Lucia Bosè et Marcello Mastroianni dans Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi) de Luciano Emmer.