29 août 2021

Abracadabra (2017) de Pablo Berger

AbracadabraCarmen et son mari Carlos vivent à Madrid, dans le quartier de Carabanchel. Lors d’un mariage, Pepe, le cousin de Carmen, se livre en amateur à une séance d’hypnose qui va avoir des conséquences inattendues…
Abracadabra est écrit et réalisé par l’espagnol Pablo Berger, son troisième long métrage après le très remarqué Blancanieves (2012). Il pratique une nouvelle fois le mélange des genres, le film est assez inclassable sinon parmi les plus loufoques qui soient. Il manie l’humour avec intelligence et, surtout, il ne cesse de nous surprendre : à chaque fois que le récit semble partir dans une direction, c’est pour mieux partir dans une autre. Il y a un peu de paranormal (farfelu), de suspense, de portrait social (satire du macho espagnol, usure du couple) et même de gore (un peu) mais surtout beaucoup d’humour. Les personnages ont parfois/souvent des comportements (très) inattendus. Le film est porté par un superbe duo d’acteurs : Maribel Verdú montre une forte présence à l’écran avec une large palette d’expressions et Antonio de la Torre est capable de tout jouer avec la même aisance. Les quelques seconds rôles ne sont pas en reste. L’esthétique fleure les années soixante-dix et la belle utilisation des couleurs plutôt années cinquante ce qui donne un style fou à l’ensemble. Le film semble dérouter beaucoup de spectateurs et de critiques mais, personnellement, je raffole de cet humour inventif et surprenant.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Maribel Verdú, Antonio de la Torre, José Mota, Josep Maria Pou
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AbracadabraMaribel Verdú et José Mota dans Abracadabra de Pablo Berger.

AbracadabraAntonio de la Torre et Maribel Verdú dans Abracadabra de Pablo Berger.

AbracadabraAntonio de la Torre et Maribel Verdú dans Abracadabra de Pablo Berger.

2 mars 2021

Charlie Chan et l’Île au trésor (1939) de Norman Foster

Titre original : « Charlie Chan at Treasure Island »

Charlie Chan et l'Île au trésor (Charlie Chan at Treasure Island)Dans l’avion qui les emmènent d’Honolulu à San Francisco, Charlie et Jimmy Chan parlent avec leur ami l’écrivain Paul Essex avant que celui-ci reçoive un message et s’éclipse, l’air sombre. Peu avant l’atterrissage, il est retrouvé mort à l’arrière de l’appareil. Il tient à la main le message dont la teneur est bien mystérieuse…
Ce troisième film de la série Charlie Chan avec Sidney Toler colle à l’actualité : l’histoire prend place en grande partie au sein de l’Exposition internationale du Golden Gate qui a lieu en 1939 sur l’île artificielle de Treasure Island à San Francisco. Cette exposition célébrait l’ouverture récente des deux principaux ponts enjambant la baie de San Francisco, le Bay Bridge et le Golden Gate Bridge. L’intrigue se déroule dans le monde de la magie et du paranormal. Ce n’est pas la première fois mais, ici, le dénouement laisse à penser que certaines personnes ont réellement des capacités qui défient la science. De façon très inhabituelle, ce ne sont pas la logique pure et la déduction qui permettent à Charlie Chan de démasquer le meurtrier. Charlie Chan et l’Île au trésor est donc un épisode assez surprenant dans la série des Charlie Chan.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sidney Toler, Cesar Romero, Pauline Moore, Victor Sen Yung, Douglas Fowley
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Charlie Chan et l'Île au trésor (Charlie Chan at Treasure Island)Wally Vernon, Sidney Toler, Pauline Moore, Douglas Fowley et Cesar Romero
dans Charlie Chan et l’Île au trésor (Charlie Chan at Treasure Island) de Norman Foster.

(1) Treasure Island est une île artificielle de la baie de San Francisco, située entre San Francisco et Oakland, au beau milieu du Bay Bridge. Elle est reliée par un isthme à Yerba Buena Island, qui est elle une île naturelle. Treasure Island a été créée en 1939 pour l’Exposition internationale du Golden Gate par l’extraction de matériaux de la baie, et du tunnel creusé à travers Yerba Buena Island.

28 décembre 2017

Incassable (2000) de M. Night Shyamalan

Titre original : « Unbreakable »

IncassableUnique rescapé d’une catastrophe ferroviaire, David Dunn est surtout perturbé par sa relation difficile avec sa femme Audrey. Il ne trouve pas extraordinaire de s’en sortir sans une seule égratignure jusqu’à ce qu’il trouve sur son pare-brise un mot : « Combien de fois avez-vous été malade dans votre vie ? »…
Après Sixième sens, M. Night Shyamalan reste dans le thème du paranormal avec cet Incassable qu’il a écrit et réalisé. Peut-on être un super-héros sans en avoir conscience ? C’est cette voie qu’il a choisi d’explorer. Le moins que l’on puisse dire est que Incassable est un film plutôt original, on se demande constamment où le réalisateur veut en venir et l’ensemble est mis en scène de façon très sérieuse, comme s’il cherchait à donner de l’importance au sujet. Cela lui a valu d’être qualifié de prétentieux (c’est lui-même qui le dit). Le scénario peine à intéresser car on est constamment déçu que tout cela n’aboutisse sur rien : même les scènes où il fait monter la tension (l’enfant et le pistolet par exemple) font « plouf ». Et, sans même parler de la révélation finale, qui est un peu ridicule, le personnage interprété par Samuel L. Jackson parait bien mal écrit, et finalement, plutôt inutile. Le film ne manque pas de défenseurs toutefois. Peut-être faut-il être plus sensible au mythe des super-héros que je ne le suis…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright
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Incassable
Bruce Willis et Samuel L. Jackson dans Incassable de M. Night Shyamalan.

19 juin 2017

Le Sacrifice (1986) de Andreï Tarkovski

Titre original : « Offret »

Le Sacrifice(Exceptionnellement, le synopsis qui suit couvre tout le film car il est, à mon avis, préférable de le connaitre avant de voir de film) Ex-comédien célèbre, Alexandre s’est retiré avec sa famille pour vivre isolé sur une île au large des côtes suédoises. Le jour de son anniversaire, une guerre nucléaire mondiale est déclenchée. Alexandre fait le vœu à Dieu de renoncer à ce qui lui est le plus cher et de ne plus prononcer une parole si tout redevient comme avant. Le facteur, passionné des phénomènes paranormaux, lui conseille d’aller chez sa voisine qui est un peu sorcière (ou un ange, au choix) et qui saura exaucer son vœu. C’est le cas. Il détruit alors sa maison et sacrifie sa liberté… Le Sacrifice est l’ultime film d’Andrei Tarkovski qui décèdera hélas quelques mois plus tard. Il s’agit d’une longue parabole dont plusieurs aspects restent assez obscurs. Le premier tiers (avant le passage des bombardiers) m’a personnellement le plus enchanté : de longs monologues d’Alexandre qui s’interroge sur sa vie et son rapport à la société. Autant ses réflexions sont intéressantes, autant les autres personnages paraissent futiles, le cas le plus extrême étant sa femme, une anglaise nostalgique de la vie mondaine (qui symbolise certainement la futilité de notre monde moderne mais on peut se demander comment Alexandre a pu vivre tant d’années avec elle). Le reste m’a paru inutilement imagé et lent, disons qu’Alexandre doit éprouver lui-même sa capacité à désirer le bien. On peut ne pas partager l’attrait du réalisateur pour le paranormal (mais toute l’histoire n’est peut-être qu’un rêve, aucun indice ne permet de trancher). La spectaculaire scène finale est devenue l’un des plans-séquences les plus célèbres de Tarkovski. Le film est une production franco-suédoise (le réalisateur a quitté sa Russie natale pour la Suède), plusieurs acteurs sont doublés, y compris la française Valérie Mairesse qui est plutôt inattendue dans un tel film. Le Sacrifice est, en tous cas, visuellement très beau.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Erland Josephson, Susan Fleetwood, Allan Edwall, Sven Wollter, Valérie Mairesse
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Voir un livre sur Le Sacrifice qui vient de sortir (472 pages)…
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Remarques :
* Tarkovski fait un hommage appuyé à Bergman : Erland Josephson est l’un des acteurs fétiches de Bergman ; Sven Nykvist, le directeur de la photographie attitré de Bergman, est derrière la caméra ; les décors sont signés Anna Asp, oscarisée pour les décors de Fanny et Alexandre ; le tournage a eu lieu sur l’île de Gotland où Bergman a tourné plusieurs de ses films ; pour couronner le tout, Daniel Bergman, fils du réalisateur, est un assistant.

* Bergman n’aimait pas vraiment le film, disant en quelque sorte que Tarkovski avait surtout fait du Tarkovski.

* Le Sacrifice a été sélectionné par le Vatican dans la catégorie « Religion » de sa liste de « 45 grands films ».

 

Le Sacrifice
Allan Edwall, Erland Josephson, Filippa Franzén et Susan Fleetwood dans Le Sacrifice de Andrei Tarkovski.

Le Sacrifice
Tournage de la scène finale de Le Sacrifice de Andrei Tarkovski. (Il s’agit vraisemblablement de la première prise car la fumée est bien plus verticale que dans le film. La caméra s’étant enrayée au beau milieu du plan-séquence, la maison a en effet été reconstruite pour faire une seconde prise.)

Le Sacrifice
La maison et sa miniature dans Le Sacrifice de Andrei Tarkovski.

7 septembre 2016

Furie (1978) de Brian De Palma

Titre original : « The Fury »

FurieDans une station balnéaire au Moyen-Orient, un agent de la CIA sur le point de prendre sa retraite voit son fils se faire enlever par son collègue et meilleur ami. Il comprend que ce sont les pouvoirs paranormaux de son fils qui intéressent son ex-ami… Après Carrie (1976), Brian De Palma reste dans le domaine du parapsychologique en portant ce roman de John Farris à l’écran. Il y a un peu de tout dans Furie : un soupçon de film d’espionnage, une bonne pincée d’action et une bonne dose d’extrasensoriel… Le scénario, en outre guère crédible, laisse une impression d’être une sorte de fourre-tout. Toutefois, la qualité de la réalisation, très bien maîtrisée, parvient tout de même à nous tenir en haleine. Le rythme est tout d’abord très enlevé puis ralentit nettement en milieu de film avant d’offrir une fin mouvementée et même spectaculaire. Furie se regarde sans déplaisir mais sans convaincre pour autant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Kirk Douglas, John Cassavetes, Carrie Snodgress, Charles Durning, Amy Irving
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Remarques :
* La musique de John Williams a été composée dans le style de Bernard Herrmann, qui a composé la musique de neuf des films d’Alfred Hitchcock, le « maître » de Brian De Palma.
* Kirk Douglas (qui sera centenaire à la fin de cette année 2016),  avait 61 ans sur le tournage de Fury.

* Homonyme :
Furie (Fury) de Fritz Lang (1936) avec Spencer Tracy et Sylvia Sidney

Fury
Kirk Douglas et Amy Irving dans Furie de Brian De Palma.