2 septembre 2020

Où est la maison de mon ami? (1987) de Abbas Kiarostami

Titre original : « Khane-ye doust kodjast? »

Où est la maison de mon ami? (Khane-ye doust kodjast?)A Koker, petit village rural iranien, un écolier s’aperçoit qu’il a ramené chez lui par erreur le cahier d’un camarade de classe en plus du sien. Sachant que son ami risque d’être renvoyé s’il ne rend pas ses devoirs sur son propre cahier, il part à sa recherche dans le village voisin pour lui redonner. Mais la quête est difficile car il ne connait pas son adresse précise…
Où est la maison de mon ami?  est le quatrième film de l’iranien Abbas Kiarostami. C’est celui avec lequel nous l’avons découvert en France à la fin des années 1980. Le réalisateur en a écrit le scénario qui est d’une grande simplicité apparente. Mais, en suivant la quête de cet enfant, c’est un certain portrait de la société iranienne que nous découvrons, remplie d’interdits de toutes sortes pour un enfant de huit ans et une vision très archaïque du rôle de l’éducation. Particulièrement bien interprété, le petit garçon est très attachant par sa ténacité : il bute en permanence sur des obstacles, sur l’indifférence des adultes, il ne se laisse pas décourager par les fausses pistes. Il n’abandonne jamais. Où est la maison de mon ami? ? est le premier volet de ce que l’on appelle la Trilogie de Koker. Il est suivi de Et la vie continue (1991) et Au travers des oliviers (1994).
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Babek Ahmed Poor
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Où est la maison de mon ami? (Khane-ye doust kodjast?)Babek Ahmed Poor dans Où est la maison de mon ami? (Khane-ye doust kodjast?) de Abbas Kiarostami.

18 avril 2020

La Lutte des classes (2019) de Michel Leclerc

La Lutte des classesSofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Sofia est avocate d’origine magrébine, et Paul est batteur punk-rock d’un groupe sans ambition et anar dans l’âme. Lorsque tous les copains de leur fils partent de l’école publique pour l’institution catholique proche, ils tiennent par principe à rester fidèles à l’école républicaine…
Ecrit par Michel Leclerc et Baya Kasmi, La Lutte des classes est une comédie basée sur des questions bien réelles que certains spectateurs se sont certainement posées. L’idée de Michel Leclerc dans plusieurs de ses films est de mettre en évidence les contradictions des « gens de gauche » et de la difficulté de chacun à concilier ses idées avec la réalité. Le problème dans sa démarche est qu’il grossit le trait et ses personnages paraissent souvent bien trop caricaturaux. On peut se focaliser sur les clichés et autres lieux communs qui parsèment le film mais le propos soulève néanmoins indirectement de vraies questions, autant sociales que philosophiques. Edouard Baer campe merveilleusement un personnage qui provoque aussi bien l’hilarité que la tendresse, un personnage que son aveuglement rend désemparé. Malgré des faiblesses dans la seconde moitié du film, l’ensemble reste assez amusant.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Leïla Bekhti, Edouard Baer, Ramzy Bedia, Tom Lévy
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La Lutte des classesEdouard Baer et Leïla Bekhti dans La Lutte des classes de Michel Leclerc.

25 mars 2020

Silent Voice (2016) de Naoko Yamada

Titre original : « Koe no katachi »

Silent Voice (Koe no katachi)A l’école, Nishimiya est harcelée par Ishida car elle est sourde. Des années plus tard, le garçon, lui-même finalement rejeté par ses camarades à cause de son comportement, part à la recherche de la jeune fille…
Produit par Kyoto Animation, Silent Voice est un film d’animation basé sur la série de mangas du même nom, écrits et illustrés par Yoshitoki Ōima et parus en 2013-2014. Ce manga a connu un grand succès au Japon car il abordait de façon délicate deux sujets tabous : le handicap et le harcèlement. Le film fait lui aussi preuve d’une grande sensibilité. L’histoire est assez touchante, tout en explorant assez profondément les relations sociales. Les thèmes de l’exclusion, de la culpabilité et du pardon sont très présents. Le fait que ce soit des adolescents permet d’évacuer toutes autres notions (économiques notamment) pour mieux se concentrer sur les rapports humains. Nous sommes bien loin de la banalité, il n’y a là aucune facilité, aucune dramatisation ni aucune morale. Sous une apparence de simplicité, cette histoire montre en réalité une belle complexité ; elle ouvre un grand champ de réflexion et il ne paraît pas exagéré de la qualifier de « conte philosophique ».  Dans sa forme, le film est assez attrayant, avec des plans bien composés et des angles de vue souvent surprenants mettant en avant des objets ou des détails.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs:
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 Silent Voice (Koe no katachi)Silent Voice (Koe no katachi) de Naoko Yamada.

 Silent Voice (Koe no katachi)Silent Voice (Koe no katachi) de Naoko Yamada.

20 août 2019

A Brighter Summer Day (1991) de Edward Yang

Titre original : « Gu ling jie shao nian sha ren shi jian »

A Brighter Summer DayDans les années 60, à Taïwan, le jeune adolescent Xiao Si’r, dont les parents ont fui le régime communiste chinois, fréquente une école dite « du soir », moins prestigieuse que l’école « de jour » où son père aimerait l’inscrire. Deux gangs s’y affrontent en permanence mais l’adolescent s’efforce de rester à l’écart de leurs querelles…
A Brighter Summer Day (le titre original signifie « L’affaire du jeune meurtrier de la rue Guling » alors que le titre international fait référence aux paroles de la chanson Are You Lonesome Tonight ? popularisée par Elvis Presley et reprise dans le film) est basé sur un fait divers qui eut lieu dans le collège d’Edward Yang quand il avait 13 ans. Le réalisateur lui donne de l’ampleur en le reliant à la situation politique de Taïwan à cette époque (1). Le film aborde plusieurs thèmes tournant autour de l’adolescence et de la déstabilisation créée par le déracinement. Le récit se concentre d’abord sur la tension entre les deux gangs, qui symbolisent les deux catégories de la population de Taïwan (2). L’histoire prend ensuite un tour plus politique tout en se concentrant sur la famille de Xiao Si’r. Elle prend aussi un tour plus désespéré. Le film de près de 4 heures paraît vraiment très long, notamment dans sa première moitié. Les personnages ne sont pas toujours faciles à reconnaître, pour nous occidentaux, et il y a plus de cent rôles parlants. Il faut donc rester concentré. L’image est très belle, avec des cadrages travaillés et une utilisation fréquente du hors-cadre. Le film est ressorti en 2018 et a été très bien accueilli par la critique et de nombreux spectateurs semblent très enthousiastes, plus que je ne l’ai été en tous cas…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Chang Chen, Lisa Yang
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(1) Taïwan est alors dans cette période que l’on appelle la « Terreur blanche ». Le gouvernement contrôlé par le Kuomintang (parti nationaliste chinois) a établi la loi martiale qui resta en place de 1949 à 1987 (ce qui explique l’omniprésence des militaires dans le film).
(2) Le gang des Garçons du Petit Parc représente la population du continent venue sur l’île pour fuir le communisme à partir de 1949. Le gang des 217 représente la population qui habitait l’île auparavant.

 

A Brighter Summer DayLisa Yang et Chang Chen dans A Brighter Summer Day de Edward Yang.

2 juillet 2019

Baccalauréat (2016) de Cristian Mungiu

Titre original : « Bacalaureat »

BaccalauréatMédecin à l’hôpital d’une petite ville de Roumanie, Roméo n’a qu’une idée en tête : que sa fille Eliza aille finir ses études à l’université de Cambridge en Angleterre, afin qu’elle puisse avoir une vie meilleure à l’étranger. Il a tout réglé, tout prévu, il ne reste plus qu’une étape : que sa fille obtienne son Baccalauréat avec une moyenne élevée. Eliza étant une excellente élève, cela ne devrait pas poser de problème…
Ecrit et réalisé par le roumain Cristian Mungiu, Baccalauréat est tout d’abord une vision de son pays où les changements espérés depuis 1991 (date à laquelle la Roumanie est devenue une république parlementaire) tardent à se concrétiser : la corruption reste omniprésente et continue de fausser les rapports sociaux. Mais le film est aussi une réflexion plus générale sur les décisions que nous devons prendre dans notre vie, avec cette éternelle question : la fin justifie-t-elle les moyens ? Et c’est enfin un regard sur les rapports parents/enfants car ce père a fait les choix de vie de sa fille en réaction à ses propres contradictions. Le propos de Baccalauréat dépasse donc largement le seul cadre de la situation en Roumanie. Filmé en longs plans-séquences, le récit est admirablement bien construit, les évènements se succèdent sans nous laisser de répit, avec des zones d’ombre qui semblent destinées à rester ainsi. Cristian Mungiu a reçu le Prix de la mise en scène à Cannes en 2016 pour ce film.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Adrian Titieni, Maria Dragus, Lia Bugnar, Mãlina Manovici, Vlad Ivanov
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Maria Dragus et Adrian Titieni dans Baccalauréat de Cristian Mungiu.

23 juin 2019

Madame Hyde (2017) de Serge Bozon

Madame HydeMadame Géquil enseigne la physique dans un lycée professionnel de la banlieue de Paris. Peu assurée, elle est chahutée par ses élèves et peu appréciée de ses collègues qui la jugent incompétente. Après avoir été foudroyée un soir d’orage lors d’une expérience dans son laboratoire, elle sent en elle une force nouvelle, mystérieuse et dangereuse…
Ecrit par Serge Bozon et Axelle Ropert, Madame Hyde est une variation du thème créé par Robert Louis Stevenson, Docteur Jekyll et M. Hyde. De façon assez inattendue, les auteurs ont choisi de placer l’histoire dans le milieu de l’enseignement. Ils n’ont pas cherché à rendre leur histoire réaliste : Serge Bozon dit n’être attiré que par la « stylisation », il cherche à traiter des problèmes de la réalité (racisme, école, banlieue…) par la « stylisation ». Il faut sans doute garder cela à l’esprit pour apprécier le film mais, même en sachant cela, ce fut vraiment difficile en ce qui me concerne ; le film ne parvient pas à s’élever pour prendre une autre dimension, quelle qu’elle soit. Le jeu des acteurs est légèrement faussé, certainement volontairement. Finalement, le plus réussi est la pointe d’humour introduite avec le personnage du proviseur (Romain Duris), un jeune loup prétentieux et imbécile, prompt à débiter des fadaises. Le film a été apprécié par une partie de la critique mais, semble t-il, moins par les spectateurs. Il semble faire partie de ces films que l’on aime totalement ou pas du tout… car certains commentaires sont vraiment dithyrambiques.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Isabelle Huppert, Romain Duris, José Garcia, Adda Senani
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Madame Hyde
Romain Duris et Isabelle Huppert dans Madame Hyde de Serge Bozon.

4 janvier 2019

Breakfast Club (1985) de John Hughes

Titre original : « The Breakfast Club »

Breakfast ClubCinq élèves sont consignés un samedi dans leur collège. Ils ne se connaissaient pas auparavant. Ils sont placés dans une salle pour toute la journée avec une dissertation à écrire sur le thème « qui pensez-vous être ? »…
Une fois passée une mise en place qui semble plutôt conventionnelle, Breakfast Club se révèle assez intéressant car il va assez en profondeur pour dresser le portrait de cinq adolescents très différents mais qui ont beaucoup plus en commun qu’on ne l’imaginerait. C’est un véritable portrait de l’adolescence, pointant les conflits face auxquels ils se débattent. On peut probablement reprocher à John Hughes, qui est à la fois scénariste et réalisateur, de trop typer ses personnages mais son idée est considérer qu’un adolescent est à la fois un cerveau, un athlète, un détraqué, un fils à papa et un délinquant et de faire personnifier chacune de ces facettes par un des cinq personnage. On peut aussi lui reprocher de beaucoup charger les parents mais le film permet indéniablement à ceux-ci de mieux comprendre les adolescents et la pression qu’ils peuvent mettre sur eux. Le propos du film est assez atemporel. Tourné avec un budget très réduit, le film a connu un franc succès.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Emilio Estevez, Paul Gleason, Anthony Michael Hall, Judd Nelson, Molly Ringwald, Ally Sheedy
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Remarques :
* Cameo : John Hughes interprète le père de Brian (le « cerveau ») qui vient le chercher à la fin.
* La photo de l’affiche est d’Annie Leibovitz.

Breakfast Club
Judd Nelson (« le déliquant »), Emilio Estevez (« l’athlète »), Ally Sheedy (« la détraquée »), Molly Ringwald (« la fille à papa ») et Anthony Michael Hall (« le cerveau ») dans Breakfast Club de John Hughes.

9 avril 2018

Graine de violence (1955) de Richard Brooks

Titre original : « Blackboard Jungle »

Graine de violenceUn jeune professeur d’anglais est recruté par une école secondaire d’enseignement professionnel d’un un quartier populaire de New York. Il se heurte à l’hostilité des élèves et à leur désintérêt. La violence est très présente…
Basé sur un roman d’Evan Hunter, Blackboard Jungle est un film très novateur à la fois par le regard porté sur la délinquance juvénile et par son message anti-raciste. Le film est pratiquement une étude sociologique, débouchant sur la proposition d’utiliser des moyens détournés ou inhabituels pour parvenir à intéresser ces élèves particulièrement difficiles. Glenn Ford utilise ainsi un magnétophone, un film, des activités parascolaires, méthodes très peu usuelles à l’époque mais qui ont fait leur chemin depuis. Le film est aussi novateur pour sa musique : le générique débute sur « Rock Around the Clock » de Bill Haley qui attira en masse un public jeune et n’est pas étranger au grand succès du film. Celui-ci, en retour, ouvrit un véritable boulevard pour le rockabilly. Hormis Sydney Poitier, les élèves sont interprétés par des acteurs non-professionnels ce qui donne une très grande authenticité à l’ensemble (plusieurs firent carrière ensuite). Blackboard Jungle fut imité et lança une vogue de films sur la délinquance juvénile, de qualité inégale. Film franchement avant-gardiste, il semble toujours d’actualité aujourd’hui.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Glenn Ford, Sidney Poitier, Vic Morrow, Anne Francis, Louis Calhern, Margaret Hayes, John Hoyt
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Remarques :
* Les pressions internes à la Fox furent fortes pour bloquer le projet, puis pour empêcher la sortie du film. L’argument avancé est que le film allait ternir l’image des Etats-Unis. Richard Brooks s’en sortit en rajoutant un message avant le générique de début.
* L’ambassadrice des Etats Unis en Italie a réussi à empêcher que le film soit présenté au Festival de Venise puis a tenté de bloquer sa sortie en Europe.
* A sa sortie, le film fut interdit en Géorgie car il montrait un élève noir dans une classe de blancs.
* Le service juridique de la Fox a demandé à Sydney Poitier de signer un serment de loyauté stipulant qu’il n’avait pas l’intention de renverser le gouvernement des Etats-Unis (papier qu’il a réussi à ne pas signer).
* Certains cinémas coupèrent le son du générique du début car le rock and roll était suspecté d’avoir une mauvaise influence.

Blackboard jungle
Paul Mazursky, Vic Morrow, Glenn Ford et Sydney Poitier dans Graine de violence de Richard Brooks. Le jeune garçon derrière Vic Morrow (juste sous Glen Ford) est John Erman, futur réalisateur et producteur de télévision.

18 mai 2017

Within Our Gates (1920) de Oscar Micheaux

Within Our GatesUne institutrice, délaissée par son fiancé, décide de sauver une école rurale accueillant des enfants noirs pauvres… Within Our Gates, dont on a récemment retrouvé une copie en Espagne, est à ce jour le plus ancien film connu réalisé par un réalisateur noir. Fils d’esclaves affranchis, Oscar Micheaux réalisait ici son deuxième long métrage, produit bien entendu de façon totalement indépendante. Ses acteurs sont de vrais acteurs noirs (et non des acteurs blancs grimés). Il a écrit une histoire qui met en avant les vertus de l’éducation, montre les effets néfastes de la ségrégation et témoigne des lynchages, prend parti pour le vote des noirs. Within Our Gates fait ainsi écho aux émeutes raciales qui secouaient le pays en 1919. On peut aussi le voir comme une tentative de réponse au Naissance d’une nation de Griffith (1915) dont le propos était indiscutablement raciste. Within Our Gates est moins manichéen, il pointe même les défauts de certains afro-américains (criminels ou laquais des blancs) ce qui traduit des intentions pédagogiques en plus de militantes. Oscar MicheauxOn notera également la multiplicité des thèmes abordés : l’émancipation des femmes et leur rôle comme facteur de progrès, les différences nord-sud ou encore le rôle de la religion. Le scénario n’a pas l’efficacité (assez effrayante) du film de Griffith, il s’empêtre dans des aspects sentimentaux secondaires et abuse des flashbacks. Sur le plan cinématographique pur, Within Our Gates n’a sans doute pas de grandes qualités esthétiques ; en revanche, sa valeur historique est immense. (Film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Evelyn Preer, Flo Clements, Jack Chenault
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Remarques :
* La version vue (sur Arte) bénéficie d’une excellente nouvelle musique composée par DJ Spooky, avec une guitare proéminente.
* Oscar Micheaux a réalisé 42 films entre 1919 et 1948.
* Ne bénéficiant que d’un budget très limité, Oscar Micheaux empruntait costumes et accessoires. Il n’avait pas la possibilité de faire des secondes prises.
* L’actrice Evelyn Preer était surnommée « The First Lady of the screen » par les spectateurs noirs. Elle tournera dix films avec Micheaux.
* Le film eut bien entendu beaucoup de mal à passer la censure et ne put être projeté dans certaines villes qu’après coupes de certaines scènes (comme celle de la tentative de viol d’un homme blanc sur une femme noire).
* L’école, Piney Woods, existe toujours et est probablement la meilleure école secondaire privée pour Afro-Américains de l’État du Mississippi (lu sur Wikipedia).

Lire aussi une analyse particulièrement intéressante du film sur le site du Journal for Multimedia History (en anglais)…

Within our Gates
Jack Chenault et Evelyn Preer dans Within Our Gates de Oscar Micheaux.

18 avril 2016

Mademoiselle Vendredi (1941) de Vittorio De Sica

Titre original : « Teresa Venerdì »

Mademoiselle VendrediCriblé de dettes, un jeune pédiatre, charmant mais incompétent, accepte à contre-coeur le poste d’inspecteur sanitaire dans un orphelinat de jeunes filles… Mademoiselle Vendredi a été tourné par Vittorio De Sica juste après Madeleine, zéro de conduite. Il y tient encore le rôle principal. Nous sommes à nouveau dans un pensionnat de jeunes filles où un beau jeune homme se retrouve parachuté. Le scénario est ici moins original, extrêmement prévisible (ça finit par un mariage… ah zut, je ne voulais pas le dire). Le ton est léger, dans un style assez typique de la période mussolinienne. On pourra remarquer comment on s’y moque des gens qui ont de l’argent, que ce soient les créanciers tête à claques ou un couple de commerçants prospères béats devant leur fille qui se prend pour une grande poétesse. Plaisant mais assez anodin.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Adriana Benetti, Anna Magnani
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Mademoiselle Vendredi
Adriana Benetti et Vittorio De Sica dans Mademoiselle Vendredi de Vittorio De Sica.