2 août 2016

Un chef de rayon explosif (1963) de Frank Tashlin

Titre original : « Who’s Minding the Store? »

Un chef de rayon explosifLorsque la directrice d’une chaine de grands magasins découvre que sa fille aime en secret un jeune homme pauvre, maladroit et naïf, elle le fait embaucher dans son plus grand magasin où on lui donnera les tâches les plus ingrates qui soient afin de le ridiculiser… Who’s Minding the Store? (Un chef de rayon explosif) fait partie des nombreux films de Jerry Lewis dirigés par Frank Tashlin, qui a en outre co-écrit le scénario. Les gags sont de bonne qualité avec de petites pointes de génie ici et là. La (célèbre) scène où Jerry Lewis mime une personne tapant à la machine en rythme avec la musique est une merveille ; Jerry Lewis n’a pas son pareil pour de telles scènes, ce qu’il arrive à faire avec son visage est stupéfiant. Il faut citer également l’étonnante scène avec l’aspirateur qui dévore tout (1). L’humour se situe globalement dans le style slapstick avec, une fois de plus, cette façon si particulière de jouer avec le décor et les objets qui rapproche Jerry Lewis de Chaplin ou de Tati. Un grand magasin est l’univers idéal pour cela, formé d’une multitude de petits mondes différents. L’ensemble est bien dosé, sans aucune lourdeur. Un délice.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jerry Lewis, Jill St. John, Ray Walston, John McGiver, Agnes Moorehead
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(1) A noter que cette scène est citée par Gilles Deleuze dans L’Image-temps :
« Ce n’est plus la machine qui se dérègle et devient folle, comme la machine à nourrir des Temps modernes, c’est la froide rationalité de l’objet technique autonome qui réagit sur la situation et ravage le décor : non seulement la maison électronique et les tondeuses à gazon dans It’s only money, mais les caddies qui détruisent le libre-service (The disorderly orderly) et l’aspirateur qui dévore tout dans le magasin, marchandises, vêtements, clients, revêtement mural (Who’s Minding the Store?). »

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Jerry Lewis dans Un chef de rayon explosif de Frank Tashlin.

3 juillet 2016

Cría cuervos (1976) de Carlos Saura

Cría cuervosDans une vaste demeure madrilène, une petite fille Ana entend son père décéder dans la pièce voisine. Une femme en sort précipitamment. Bizarrement, la fillette entre dans la pièce, regarde son père et prend un verre de lait qu’elle va laver dans la cuisine… Ecrit et réalisé par Carlos Saura dans la dernière année de dictature franquiste, Cria Cuervos est une admirable réflexion sur le deuil, sur le monde de l’enfance, sur les souvenirs qui ne veulent s’effacer. Le récit débute de façon un peu mystérieuse pour dévoiler ensuite peu à peu l’univers de cette fillette seule avec ses deux soeurs : profondément marquée par la mort (ou plutôt par l’absence), elle parvient à se bâtir un monde à part où le rêve se mêle à la réalité, malgré la totale incompréhension du monde des adultes. Mais, comme on le sait, tous les films de Carlos Saura sont également une métaphore politique de son pays sous la chape de plomb du franquisme. Cette grande demeure coupée de l’extérieur représente ainsi l’Espagne, le père (et les hommes en général) le franquisme finissant, la mère est la république réduite au silence, la grand-mère la vie d’avant la dictature, la tante la bourgeoisie qui s’accommode des militaires. Les trois fillettes symbolisent l’avenir de l’Espagne et, en ce sens, le film de Saura est profondément optimiste. Âgée de neuf ans, Ana Torrent est assez inoubliable avec ses grands yeux noirs. Une fois de plus, Carlos Saura signe un film très fort avec sa façon assez unique de mêler inextricablement rêve, réalité, fantasmes et souvenirs.
Elle: 5 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Geraldine Chaplin, Ana Torrent, Mónica Randall, Florinda Chico
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Remarques :
* Le titre vient d’un proverbe espagnol « Cría cuervos y te sacarán los ojos » qui signifie « Nourrissez des corbeaux et ils vous arracheront les yeux », maxime volontiers utilisée par les adultes pour se plaindre de l’ingratitude des enfants qui est donc détournée ici pour prendre un sens politique et prophétiser que la jeune génération balaiera le franquisme.

* La chanson Porque te vas (Parce que tu pars) a connu un succès international la même année, notamment en France où ce fut le tube de l’été 1976. Les paroles de cette chanson sont sur le thème de l’absence de l’être aimé et du souvenir qu’il laisse.

* Franco est mort à peine deux mois avant la sortie du film (donc après le tournage).

* Carlos Saura avait découvert la jeune Ana Torrent dans le beau film de Victor Erice L’esprit de la ruche (1973).

Cria Cuervos
Géraldine Chaplin et Ana Torrent dans Cría cuervos de Carlos Saura.

7 janvier 2016

Ida (2013) de Pawel Pawlikowski

IdaDans la Pologne de 1961, une jeune orpheline, élevée dans un couvent catholique, est sur le point de prononcer ses voeux de religieuse. Pour qu’elle soit sûre de son engagement, la Mère Supérieure l’envoie rencontrer sa tante, seul membre connu de sa famille, qui lui parle de ses parents. Ensemble, elles vont chercher à découvrir ce qui leur est arrivé pendant la guerre… Après avoir signé quatre longs métrages en Angleterre, le polonais Pawel Pawlikowski est revenu dans son pays natal pour y réaliser Ida, un très beau film plein de délicatesse. Ces deux femmes sont très différentes, aux antipodes l’une de l’autre, et ce qu’elles vont découvrir sur le passé va avoir des répercussions tout aussi différentes sur elles (mais n’est ce pas les conséquences du même constat, celui de l’impossibilité de vivre ?) Le propos du réalisateur n’est pas de démontrer ou de dévoiler mais plutôt de nous faire pénétrer un univers pour, peut-être, provoquer la réflexion. Pawlikowski a filmé cela avec beaucoup de retenue, évitant tout pathos malgré la force des émotions, et aussi beaucoup d’esthétisme : l’image en noir et blanc est superbe, il n’y a pas ou très peu de mouvements de caméra et les cadrages sont parfaits, très photographiques. Cet esthétisme n’est jamais forcé, à aucun moment il ne paraît artificiel. Ida forme ainsi un très bel ensemble.
Elle: 5 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Agata Kulesza, Agata Trzebuchowska
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Ida
Agata Kulesza et Agata Trzebuchowska dans Ida de Pawel Pawlikowski

Ida

19 septembre 2015

L’Indésirable (1914) de Michael Curtiz

Titre original : « A tolonc »

L'indésirableDans un petit village des Carpates, une jeune femme a été élevée par son oncle qu’elle prenait pour son père. Sur son lit de mort, celui-ci lui apprend que sa mère n’est pas morte. Se retrouvant seule, elle doit aller à la ville proche se faire engager comme servante dans une maison bourgeoise. Le fils de la famille tombe amoureux d’elle… Le réalisateur Michael Curtiz, bien connu pour ses grands succès hollywoodiens comme Robin des Bois ou Casablanca, n’a émigré aux Etats-Unis qu’en 1926. Avant cela, il a tourné plusieurs dizaines de films à partir de 1912 dans sa Hongrie natale puis en Autriche. Récemment restauré, L’indésirable est le dixième et le seul survivant de sa période hongroise. A ce titre, sa valeur historique est bien entendu immense car il nous permet de voir un bel exemple de la production cinématographique d’Europe centrale à cette époque. L’indésirable est l’adaptation d’une pièce de théâtre célèbre, il est interprété par des comédiens très connus sur les planches. Il s’agit d’un mélodrame que l’on trouvera aujourd’hui très banal et sans grand intérêt, mais ce n’était certainement pas le cas des spectateurs de l’époque. Comme pour tous les films de cette époque, le jeu des acteurs est assez théâtral mais sans excès, aucune grandiloquence ni rigidité ici, et tout est filmé en plans moyens avec de très rares plans rapprochés. Il n’y a rien de franchement notable si ce n’est que l’ensemble est de bonne facture pour un jeune réalisateur de 28 ans, à l’aube d’une longue et prolifique carrière (172 réalisations entre 1912 et 1961).
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Lili Berky, Victor Varconi
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L'indésirable
Victor Varconi et Lili Berky dans L’indésirable de Michael Curtiz.

L'indésirable
L’un des très rares plans rapprochés, pour mieux montrer aux spectateurs l’action de verser la poudre dans la bouteille  : Lili Berky dans L’indésirable de Michael Curtiz.

7 août 2015

L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998) de Robert Redford

Titre original : « The Horse Whisperer »

L'homme qui murmurait à l'oreille des chevauxUn grave accident de cheval laisse une jeune fille de 13 ans avec une jambe en moins et un cheval blessé devenu incontrôlable. La mère de la jeune fille, éditrice d’un journal de mode new-yorkais, va traverser tous les Etats-Unis avec le cheval et sa fille pour se rendre dans le Montana, là où se trouve un homme qui sait soigner les chevaux… Avec Et au milieu coule une rivière tourné six ans auparavant également dans le Montana à peu près au même endroit, L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux est représentatif de l’attachement de Robert Redford à la nature et à un mode de vie simple qui nous replacerait en harmonie avec elle. Le film est adapté d’un roman de Nick Evans et Redford prend tout son temps pour dérouler ce mélodrame écologique, s’attardant longuement sur les vastes et merveilleux paysages. Cette fois, il a choisi d’interpréter lui-même le rôle principal et son grand charisme naturel fait merveille : c’est l’homme parfait. Kristin Scott Thomas montre, comme à l’habitude, beaucoup de justesse et de sensibilité pour interpréter la femme profondément urbaine qui découvre les vraies valeurs de la nature. Pour Scarlett Johansson, ici âgée de 13 ans dans un rôle assez difficile, le film a été un révélateur qui l’a propulsée sur le devant de la scène internationale. L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux est bien entendu un must absolu pour les amoureux des chevaux qui sont superbes. Sinon, on peut trouver le film un peu trop long mais il s’en dégage indéniablement un certain charme et beaucoup d’émotions.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Redford, Kristin Scott Thomas, Sam Neill, Dianne Wiest, Scarlett Johansson, Chris Cooper
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L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux
Robert Redford sait prendre son temps pour dresser un cheval dans L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux.

L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux
Scarlett Johansson et Robert Redford dans L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux.

Remarque :
* Le terme anglais « horse whispering » (= « murmurer à l’oreille des chevaux ») désigne de manière large toutes les techniques douces de dressage des chevaux. A la base, le terme vient d’une confusion : certains indiens mordaient l’oreille des chevaux rétifs pour les forcer à se calmer (la morsure leur faisait plus mal s’ils continuaient à ruer). Les observateurs ont cru qu’ils parlaient tout bas à leurs chevaux… L’expression est restée.

1 juin 2015

Le Passé (2013) de Asghar Farhadi

Le PasséAprès plusieurs années de séparation, Ahmad revient à Paris à la demande de son épouse française qui lui demande à la fois de faire les formalités du divorce et de l’aider à renouer avec sa fille, Lucie… Après son très beau film Une séparation, l’iranien Asghar Farhadi est venu en France tourner Le passé dont il a écrit le scénario. Public et critiques ont été de manière générale assez enthousiasmés par le film et l’actrice  Bérénice Bejo a reçu le prix d’interprétation féminine à Cannes. Les personnages d’Asghar Farhadi sont en proie à d’intenses conflits, générés par des unions multiples et des enfants déboussolés. Le cinéaste sait décrire les fêlures de chacun mais étrangement son histoire dérive ensuite pour se centrer finalement, après quelques rebondissements artificiels, sur un personnage secondaire présenté comme la clef de toutes les tensions. Le climat est lourd, constamment tendu, à l’image de la vie chaotique de son personnage principal. La mise en scène d’Asghar Farhadi est précise, il soigne son image (en revanche, le son est plus problématique, les acteurs sont difficiles à comprendre). L’intensité de l’interprétation contribue à donner au film toute sa dimension.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Bérénice Bejo, Ali Mosaffa, Tahar Rahim, Pauline Burlet
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Le Passé
Ali Mosaffa, Tahar Rahim et Bérénice Bejo dans Le Passé de Asghar Farhadi

12 avril 2015

Tourments (1964) de Mikio Naruse

Titre original : « Midareru »

TourmentsMariée très jeune, Reiko ne l’est restée que quelques mois, son jeune mari étant mort à la guerre. Depuis dix-huit ans, elle s’est entièrement dévouée à faire prospérer le commerce de sa belle famille tout en espérant que le jeune frère de son défunt mari prenne un jour le relais. Il a maintenant 25 ans mais mène une vie quelque dissolue. Pendant ce temps, les supermarchés s’implantent et font une sérieuse concurrence aux petits commerces… Tourments fait partie des derniers films de Mikio Naruse. Le cinéaste japonais en a, lui-même, écrit la base de l’histoire. Une fois de plus, il s’agit d’un très beau portrait de femme dont la fidélité, l’effacement et l’abnégation émeuvent profondément. Le mélodrame peut paraître classique dans ses fondements, voire assez simple ou du moins, épuré, mais la perfection de sa mise en scène par Naruse force l’admiration. La progression est remarquable, partant d’une certaine légèreté pour finir dans une grande intensité. Actrice fétiche du réalisateur, Hideko Takamine fait preuve de grande délicatesse dans son interprétation, exprimant à la fois la force de son personnage mais aussi sa fragilité et son aspiration secrète à l’amour. La filmographie de Mikio Naruse est loin d’être aussi connue qu’elle le mériterait et, au sein de celle-ci, Tourments est l’un des films les moins répandus… Quel dommage !
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Hideko Takamine, Yûzô Kayama, Mitsuko Kusabue, Yumi Shirakawa, Aiko Mimasu
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Tourments de Mikio Naruse
L’émouvante Hideko Takamine dans Tourments de Mikio Naruse

Homonymes :
Ne pas confondre avec….
Tourments (Hets) de Alf Sjöberg (1944) sur un scénario d’Ingmar Bergman
Tourments (El) de Luis Bunuel (1953) également chroniqué sur ce blog
Tourments de Jacques Daniel-Norman (1954) avec Tino Rossi
Tourments (Trápení) du tchèque Karel Kachyna (1962)

8 février 2015

Tirez la langue, mademoiselle (2013) de Axelle Ropert

Tirez la langue, mademoiselleBoris et Dimitri Pizarnik sont médecins dans le quartier chinois à Paris. Ils sont frères et c’est ensemble qu’ils pratiquent leur métier, consacrant tout leur temps à leurs patients. Une nuit, ils sont amenés à soigner une petite fille diabétique que sa mère, Judith, élève seule… Ecrit et réalisé par Axelle Ropert, Tirez la langue, mademoiselle est un film assez original. Ses personnages frappent d’emblée : ces deux frères quarantenaires font tout ensemble, habitent l’un en face de l’autre, donnent ensemble leurs consultations ; ils semblent presque interchangeables. Il était inévitable qu’ils tombent amoureux au même moment et de la même femme. Le thème du triangle amoureux prend de ce fait une tonalité nouvelle, d’autant plus que les dialogues ont une plaisante facture littéraire et qu’une place est laissée à la rêverie, au mystère. Les décors parisiens expriment un certain isolement. On peut reprocher des scènes d’ambiance un peu longues, un environnement sonore trop présent et peut-être regretter que les personnages (premiers et seconds rôles) ne soient pas plus approfondis. Même s’il n’est pas parfait, Tirez la langue, mademoiselle est à la fois original et séduisant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Cédric Kahn, Laurent Stocker, Louise Bourgoin
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Tirez la langue, Mademoiselle
Laurent Stocker et Cédric Kahn sont deux frères dans Tirez la langue, mademoiselle d’Axelle Ropert.

30 décembre 2014

Sailor et Lula (1990) de David Lynch

Titre original : « Wild at Heart »

Sailor & LulaLa mère de Lula devient folle de voir sa fille partir en cavale avec Sailor lors de sa permission de sortie de prison. Elle finit par engager des tueurs… Sailor et Lula est adapté d’un roman de Barry Gifford que David Lynch enrichit de son univers pour en faire un road-movie très rock’n’roll, doté d’un certain lyrisme, imprégné de fantastique (et de références au Magicien d’Oz). Le cinéaste sait créer des images fortes, parfois cauchemardesques, frôlant la démesure. Si le film a pu nous ravir à sa sortie, il apparaît moins riche avec le recul, l’histoire semblant complexifiée artificiellement, avec les leitmotivs plutôt insistants, un contenu finalement bien plus pauvre que celui des films ultérieurs de David Lynch. Malgré tout, par son style, Sailor et Lula reste un film assez marquant.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Nicolas Cage, Laura Dern, Willem Dafoe, Diane Ladd, Isabella Rossellini, Harry Dean Stanton
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Remarques :
* Palme d’Or à Cannes en 1990
* Connu pour ses imitations d’Elvis Presley dont il est un grand fan (et dont il épousera brièvement la fille quelque douze ans plus tard), Nicolas Cage chante lui-même dans le film.
* La veste en peau de serpent est celle de Nicolas Cage. L’acteur a demandé à David Lynch s’il pouvait la porter en hommage à Marlon Brando dans The Fugitive Kind (L’homme à la peau de serpent) de Sydney Lumet (1960) d’après Tennessee Williams (qui est soit-dit en passant un cousin éloigné de Diane Ladd).
* Diane Ladd est la mère de Laura Dern dans la vraie vie.
* Sailor & Lula a eu une suite : Perdita Durango du mexicain Álex de la Iglesia avec Javier Bardem.

Sailor & Lula de David Lynch
Laura Dern et Nicolas Cage dans Sailor et Lula de David Lynch.

29 décembre 2014

La Marchande d’amour (1953) de Mario Soldati

Titre original : « La Provinciale »

La marchande d'amourGemma est une belle jeune femme, mariée à un professeur. Dans un accès de colère apparemment sans raison, elle blesse avec un couteau son amie Elvira puis s’évanouit… Mario Soldati est un réalisateur italien assez peu connu si ce n’est pour le très beau Malombra. Ici, il adapte assez brillamment un roman d’Alberto Moravia. La construction narrative est habile et joliment complexe La marchande d'amour puisque plusieurs personnages racontent chacun une partie de l’histoire qui aboutit à la situation extrême montrée en introduction. Chacun de ces points de vue enrichit notre connaissance du drame, c’est une utilisation parfaite du flash-back. Mario Soldati a su restituer toute la force du roman et Gina Lollobrigida montre sa capacité à interpréter des rôles d’une belle profondeur. La Provinciale (il faut mieux oublier le titre français, inutilement racoleur) ne se situe pas tant dans la veine du néoréalisme italien mais plutôt dans celle du réalisme français, le film pouvant évoquer Renoir ou Max Ophüls. Il est vraiment étonnant qu’il soit si méconnu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gina Lollobrigida, Gabriele Ferzetti, Franco Interlenghi, Alda Mangini
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Remarque :
* Mario Soldati a désigné La Provinciale comme étant son meilleur film. A noter qu’en plus d’être réalisateur, Mario Soldati (1906-1999) est également scénariste et écrivain.

La Provinciale de Mario Soldati
(de g. à d.) Alda Mangini, Renato Baldini et Gina Lollobrigida