20 mai 2019

Seuls sont les indomptés (1962) de David Miller

Titre original : « Lonely Are the Brave »

Seuls sont les indomptésDans les années 1960 au Nouveau-Mexique, Jack Burns est un cowboy qui refuse le monde moderne et se déplace toujours à cheval. Il vient revoir son ami Paul qui vient d’être mis en prison pour avoir aidé des immigrés clandestins…
Kirk Douglas s’est beaucoup impliqué dans cette adaptation du roman d’Edward Abbey, The Brave Cowboy ; c’est lui qui en a acheté les droits, qui l’a produit et a probablement influencé sa mise en scène. Il a beaucoup apprécié interpréter ce cowboy idéaliste, attaché aux vieilles valeurs de l’Ouest, rétif à toute autorité, prompt à couper toute clôture en travers de son chemin. Beaucoup l’ont souligné, ce personnage n’est pas sans rappeler celui qu’il personnifiait dans L’homme qui n’a pas d’étoile (1955) de King Vidor. Le scénario est épuré, la mise en scène est tendue, réaliste, sans effets inutiles, ce qui donne une belle intensité au récit. Si les seconds rôles peuvent paraître excessivement typés, l’interprétation de Kirk Douglas est toujours sobre et très juste. L’acteur a déclaré à plusieurs reprises que Seuls sont les indomptés était son préféré de toute sa filmographie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Kirk Douglas, Gena Rowlands, Walter Matthau, George Kennedy
Voir la fiche du film et la filmographie de David Miller sur le site IMDB.

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Remarques : Que le film soit un western ou pas peut faire l’objet de discussions… Il est difficile de trancher mais j’aurais personnellement tendance à répondre « non ». On le trouve toutefois dans nombre d’encyclopédies sur le western.

Lonely are the BraveKirk Douglas dans Seuls sont les indomptés de David Miller.

Lonely are the BraveLa jeune Gena Rowlands dans Seuls sont les indomptés de David Miller.

Lonely are the BraveKirk Douglas et Michael Kane dans Seuls sont les indomptés de David Miller.

Remarque :
* Le titre de travail était The Last Hero, Kirk Douglas voulait appeler le film The Last Cowboy, mais c’est le distributeur Universal Pictures qui a finalement imposé le titre un peu idiot (il faut bien le reconnaître)  Lonely Are the Brave.

23 mars 2018

Gussle’s Backward Way (1915) de Charles Avery et Syd Chaplin

Autre titre : Syd’s Backward Ways

Gussle's Backward WayUn voyageur sur sa mule s’arrête au bord d’une rivière de montagne où il se fait rançonner. Il parvient à s’échapper par ruse mais, dans sa précipitation, ne se rend pas compte qu’il chevauche sa monture à l’envers. Il arrive dans une auberge où il raconte ses mésaventures…
Frère de Charles Chaplin, Sydney Chaplin (couramment nommé Syd Chaplin pour éviter de le confondre avec Sydney Chaplin, le fils de Charles Chaplin) a rapidement rejoint son frère à Hollywood à la fin 1914 pour tenter d’entamer, lui aussi, une carrière au cinéma. Son personnage Gussle apparaît ainsi dans une dizaine de courts métrages pour la Keystone. Le plus remarquable dans celui-ci est l’utilisation habile d’un trucage (film passé à l’envers) pour simuler une mule sans tête. On ne peut que remarquer la propension de Syd Chaplin à imiter son frère pour son accoutrement (pantalon trop large, veste trop serrée, canne et chapeau ridicule). Le film a été tourné au printemps 1915 alors que Charlie Chaplin utilisait son costume du vagabond depuis presque un an (même si The Tramp n’a été tourné que quelques semaines avant celui-ci). Sydney n’a toutefois pas toute la gestuelle évocatrice de son frère, il ne parvient pas à en engendrer l’empathie et ses gags restent très classiques et habituels, tout à fait dans la pure tradition du slapstick de la Keystone. Ce film, dont l’intérêt historique est indéniable, a été récemment brillamment restauré.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Syd Chaplin, Phyllis Allen
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Gussle's Backward Way

Gussle's Backward Way
Syd Chaplin et Dave Anderson dans Gussle’s Backward Way. A noter, en arrière-plan, l’écriteau de l’auberge qui annonce dans un français approximatif « Alpine du Nord – en pension ».

Gussle's Backward Way
Phyllis Allen et Syd Chaplin dans Gussle’s Backward Way.

3 janvier 2018

La Dame en rouge (1935) de Robert Florey

Titre original : « The Woman in Red »

La Dame en rougeShelby (Barbara Stanwyck) est une écuyère professionnelle salariée par Nicko, une riche héritière qui a des vues sur Johnny, joueur de polo et fils d’une vieille famille désargentée de Long Island. Mais Johnny fait une cour assidue à Shelby qui finit par accepter ses avances même si elle comprend qu’elle va perdre sa place…
Adapté d’un roman de Wallace Irwin, The Woman in Red est un de ces films tournés rapidement (25 jours) que les studios alignaient au milieu des années trente. Le français Robert Florey a ainsi tourné pas moins de sept films en 1935. L’histoire n’est pas en soi très remarquable si ce n’est qu’elle abrite une critique sociale en dressant un portrait peu flatteur de la haute société de l’est des Etats-Unis, un cercle très fermé de familles qui se targuent d’être les descendants des premiers émigrants  qui arrivèrent par le Mayflower. Le film est surtout un vecteur pour Barbara Stanwyck qui fait une belle composition, sans faille aucune, dans un de ces personnages auxquels le public américain pouvait s’identifier : une femme émancipée, au tempérament volontaire, faisant fi de la lourdeur des conventions sociales. Film rare.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Barbara Stanwyck, Gene Raymond, Genevieve Tobin, John Eldredge
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Remarque :
* Robert Florey est très réputé pour ses écrits sur Hollywood :
Voir les livres écrits par Robert Florey

The Woaman in Red
Gene Raymond, Genevieve Tobin et Barbara Stanwyck dans La Dame en rouge de Robert Florey.

Homonyme :
The Woman in Red (La Fille en rouge) de Gene Wilder (1984), remake du film Un éléphant, ça trompe énormément d’Yves Robert.

2 janvier 2018

Retour vers le futur 3e partie (1990) de Robert Zemeckis

Titre original : « Back to the Future Part III »

Retour vers le futur: 3e partieCoincé en 1955, Marty découvre que Doc est bloqué en 1885 grâce à une lettre que ce dernier lui a fait parvenir. Il lui indique où il pourra retrouver la DeLorean, cachée depuis cette époque, pour qu’il puisse revenir en 1985. Mais il va faire une étrange découverte qui le poussera à remonter le temps à la rencontre de Doc…
Après un deuxième volet qui poussait très loin les paradoxes temporels, ce troisième film apparaît très différent. La famille McFly est un peu mise de côté et, avec elle, les inévitables paradoxes. Nous nous concentrons cette fois sur le personnage de Doc qui, tout en restant très excentrique et plein de ressources, va se découvrir une âme romantique grâce à l’arrivée de Mary Steenburgen. Parfaitement réalisé, Retour vers le futur 3 est une amusante variation autour du thème du western dont il reprend l’ambiance et les composants les plus emblématiques, de façon légère, sans aucun sérieux. L’ensemble est bon enfant. Sur un rythme assez trépidant, il y a là un excellent dosage entre aventures, humour et science-fiction.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Mary Steenburgen, Thomas F. Wilson, Lea Thompson, Elisabeth Shue
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retour vers le futur 3
Michael J. Fox et Christopher Lloyd se retrouvent en 1885 dans Retour vers le futur: 3e partie de Robert Zemeckis.

Remarques :
* Le site Futurepedia (en anglais) est un site collaboratif qui reprend tous les évènements et personnages de la série Back to the Future et, surtout, qui reconstruit toute la chronologie, remplit tous les trous, explore diverses possibilités. Le contenu est abondant.

* Lorsque Marty parle de Clint Eastwood au Doc de 1955, celui-ci répond : « Clint qui ? » En arrière-plan, Zemeckis s’est amusé à placer deux affiches de Tarantula et de Revenge of the Creature, deux films de 1955 dans lequel Clint Eastwood, alors âgé de 25 ans, avait un tout petit rôle de figuration (non crédité au générique).

Retour vers le futur 3

Retour vers le futur 3
C’est ZZ Top qui assure l’ambiance au bal du village dans Retour vers le futur: 3e partie de Robert Zemeckis.

La trilogie :
Retour vers le futur (Back to the Future) de Robert Zemeckis (1985)
Retour vers le futur 2 (Back to the Future II) de Robert Zemeckis (1989)
Retour vers le futur 3 (Back to the Future III) de Robert Zemeckis (1990)

20 novembre 2017

Manèges (1950) de Yves Allégret

ManègesAu chevet de sa jeune femme Dora, entre la vie et la mort à la suite d’un accident, Robert est en pleurs, dévasté par la peur de la perdre. Il se remémore les jours heureux… Ecrit par Jacques Sigurd et Yves Allégret, Manèges va encore plus loin dans la noirceur que Dédée d’Anvers et Une si jolie petite plage, les deux films précédents du tandem. Ce n’est pas un « film noir » dans le sens classique du terme mais c’est un des films les plus noirs qui soient. Les personnages sont ici franchement haïssables par leur cruauté, leur égoïsme et leur cupidité. Il n’y a aucun rayon de soleil dans cette histoire qui laisse le spectateur vacillant, ébranlé dans sa foi dans la nature humaine. On peut reprocher à Sigurd et Allégret de ne montrer que le côté noir des choses, oubliant ainsi de donner un peu de profondeur à leurs personnages. On peut toutefois noter une critique du nouvel ordre social qui s’est établi à la Libération et, heureusement, Bertrand Blier et Simone Signoret font une interprétation remarquable d’intensité.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Bernard Blier, Simone Signoret, Jane Marken, Jacques Baumer, Frank Villard
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Remarques :
* Devant un tel portrait si sombre de la gent féminine, il paraît difficile de ne pas employer le mot « misogynie ». Yves Allégret a cette réputation, en effet. Mais un autre élément est à prendre en compte : entre Dédée d’Anvers où l’actrice attire notre sympathie et le tournage de Manèges, Simone Signoret, épouse d’Yves Allégret, a rencontré Yves Montand ce qui provoquera un divorce l’année suivante. Manèges serait-il un règlement de comptes entre le metteur en scène et son épouse/interprète ?
* Dans son autobiographie La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, Simone Signoret raconte que les spectateurs l’ont détestée dans ce film et l’arrêtaient dans la rue pour lui dire.

Manèges
Bernard Blier, Jacques Baumer et Simone Signoret dans Manèges d’Yves Allégret.

6 juillet 2017

La Charge de la huitième brigade (1964) de Raoul Walsh

Titre original : « A Distant Trumpet »

La Charge de la huitième brigadeEn 1883, le jeune lieutenant Matt Hazard est affecté dans un fort isolé de l’Arizona, près de la frontière avec le Mexique où s’est réfugié War Eagle, le dernier chef indien encore en guerre contre le gouvernement des Etats-Unis… Adapté d’un roman de Paul Horgan, A Distant Trumpet est l’ultime réalisation de Raoul Walsh. A l’instar de John Ford, Raoul Walsh a opté sur le tard pour une vision plus empathique vis-à-vis des indiens : ici, ils sont montrés impitoyables, certes, mais aussi victimes des promesses non tenues par les « politiciens de Washington ». Cet antifédéralisme n’a rien d’original, pas plus que le scénario qui est vraiment très classique avec toutefois un triangle amoureux assez bien traité. L’accent est mis sur l’éthique et le sens de l’honneur. Mais c’est dans les scènes d’action que Raoul Walsh montre tout son talent : les mouvements de centaines de chevaux sont aussi impressionnants que photogéniques et les combats nous laissent haletant. Walsh a une maitrise étonnante de l’action rapide. Bien qu’il ait bénéficié d’un bon budget, le réalisateur aux 130 films n’a pas eu droit à des acteurs connus : Troy Donahue manque un peu de charisme mais Suzanne Pleshette a plus de présence. La photographie est assez belle, avec un lieu jamais montré au cinéma (voir ci-dessous). A Distant Trumpet n’est pas un grand Raoul Walsh mais il vient clore honorablement une longue liste de films réalisés sur un demi-siècle.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Troy Donahue, Suzanne Pleshette, Diane McBain, James Gregory
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Remarques :
* Le titre du film rappelle Distant Drums (en français Les Aventures du Capitaine Wyatt) que Walsh a réalisé en 1951 et qui mettait en scène un épisode plus tardif de la guerre contre les indiens.

A Distant Trumpet
Troy Donahue (à gauche) dans La Charge de la huitième brigade de Raoul Walsh.

A Distant Trumpet
Suzanne Pleshette dans La Charge de la huitième brigade de Raoul Walsh.

A Distant Trumpet
Diane McBain (qui a un petit air de Tippi Heddren) dans La Charge de la huitième brigade de Raoul Walsh.

A Distant Trumpet

 

Grand Falls, Arizona
(Photo non tirée du film)  Les spectaculaires cascades d’eaux boueuses sont celles de Grand Falls, Arizona, situées sur le territoire de la réserve indienne de Navajo Nation (en fait assez loin de la frontière mexicaine). Elles sont assez époustouflantes : voir une vidéo touristique… (elles ne sont pas toute l’année comme cela toutefois, le débit peut se réduire à un filet pendant plusieurs mois, la rivière est Little Colorado River).

23 novembre 2016

Monty Python – Sacré Graal! (1975) de Terry Gilliam et Terry Jones

Titre original : « Monty Python and the Holy Grail »

Monty Python sacré graal!Angleterre, an 932. Le roi Arthur parcourt la campagne pour recruter ses Chevaliers de la Table Ronde et entreprendre la sainte quête du Graal… Les Monty Python ont eut bien du mal à trouver le financement pour faire leur premier long métrage, les producteurs considérant que Terry Gilliam et Terry Jones n’avaient pas l’expérience suffisante. Ce n’est que grâce aux groupes de rock Pink Floyd, Genesis et Led Zeppelin, tous de grands fans, qu’ils parviendront à réunir un budget minimal. Ce manque de moyens va tourner à leur avantage : ne pouvant s’offrir de vrais chevaux, ils contournent le problème en créant le gag des noix de coco, devenu leur gag le plus célèbre (1). Le tournage fut difficile, non seulement à cause du temps écossais humide mais aussi du fait de tensions au sein de l’équipe et de l’alcoolisme de Graham Chapman. Si le film manque un peu de cohésion globale, les saynètes qui le composent reposent sur des idées de gags brillantes, un humour qui fonctionne sur le fameux nonsense britannique (2). Il y eut un travail important de montage (Eric Idle parle de treize projections-tests) pour arriver à un résultat assez unique en son genre et qui reste dans nos esprits. Le succès fut important, notamment aux Etats-Unis où la popularité des Monty Python explosa.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Terry Gilliam, Terry Jones, Michael Palin
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Monty Python Sacré Graal
John Cleese, Graham Chapman et Terry Jones chevauchant leur destrier dans Monty Python sacré graal! de Terry Gilliam et Terry Jones.

Monty Python Sacré Graal
Terry Gilliam et les fameuses noix de coco de Monty Python sacré graal! de Terry Gilliam et Terry Jones (c’est vrai qu’on peut se demander où ils ont trouvé ces noix de coco).

Monty Python Sacré Graal
John Cleese en français grand pourvoyeur d’injures très imagées du haut de ses remparts dans Monty Python sacré graal! de Terry Gilliam et Terry Jones.

(1) En Allemagne, le film est sorti sous le titre Die Ritter der Kokosnuß (= Le Chevalier à la noix de coco).
(2) Le nonsense n’est toutefois pas toujours là où on le pense : par exemple, le lancer de vaches repose sur un épisode historique (ou, plus exactement, une légende) : lors du siège de Carcassonne au VIIIe siècle par Charlemagne, alors qu’ils étaient sur le point de mourir de faim, les assiégés engraissèrent un porcelet avec leurs dernières réserves de blé et le jetèrent sur leurs attaquants pour laisser croire qu’ils avaient de la nourriture en abondance. La ruse fonctionna : Charlemagne leva le siège.

12 avril 2016

Hombre (1967) de Martin Ritt

HombreDans une diligence, affrétée à la hâte à la demande d’un riche passager et de sa femme, prennent place des personnes très différentes dont John Russell qui a été élevé dès son plus jeune âge par des indiens Apaches… Hombre est l’adaptation d’un roman d’Elmore Leonard, un scénariste auquel on doit des films aussi différents que 3h10 pour Yuma et Jackie Brown. La situation de départ tel que décrite ci-dessus peut sembler proche de celle de Stagecoach mais le développement en est différent. Le fond du propos est nous faire porter un regard sur « l’homme blanc » à travers les yeux d’un Apache (ou d’un demi-Apache). Ce parti-pris pro-indien et la critique du racisme traduisaient dans les années soixante une évolution déjà bien avancée et, en ce sens, le film se situe à une charnière, préfigurant certains westerns très modernes de la décennie suivante. Aujourd’hui, il est de bon ton de railler ce genre de film en le déclarant « rempli de bons sentiments » … Mais Hombre est un film de fort belle facture et il le doit à son scénario, avec de très bons dialogues et des échanges acérés, à sa superbe photographie de Wong Howe (il suffit de regarder la scène d’ouverture avec les chevaux sauvages pour s’en convaincre) et surtout à la prestation puissante de Paul Newman, qui donne beaucoup de force et de superbe à son personnage taciturne. Il faut aussi mentionner Richard Boone, également d’une remarquable présence et qui apporte une certaine truculence à son imposant personnage. Le dénouement est assez inhabituel.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Paul Newman, Fredric March, Richard Boone, Diane Cilento, Cameron Mitchell, Barbara Rush, Martin Balsam
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Hombre
Paul Newman en Apache dans la scène d’ouverture de Hombre de Martin Ritt.

Hombre
Paul Newman dans Hombre de Martin Ritt.

15 février 2016

Malec forgeron (1922) de Buster Keaton et Malcolm St. Clair

Titre original : The Blacksmith

Malec forgeronBuster est employé chez un forgeron acariâtre. Il intervient aussi bien sur les chevaux que sur les autos… The Blacksmith fait partie des derniers courts métrages de Buster Keaton. Des versions différentes en ont récemment été découvertes, comportant de nouvelles scènes et d’autres tournées différemment. Buster Keaton fait preuve de beaucoup d’inventivité dans les gags, qui sont nombreux et toujours excellents. Les gags avec l’huile sale ne sont pas sans rappeler l’un des derniers courts métrages qu’il a tournés avec Fatty : The Garage (1920). La rutilante automobile qu’un homme lui demande de réparer est une coûteuse Pierce-Arrow (que Buster Keaton avait reçue en cadeau de ses beaux-parents lors de son mariage mais leurs relations s’étaient quelque peu envenimées entre deux). Sa destruction méthodique fut certainement très choquante pour le public de l’époque alors que la plupart n’avait pas les moyens de s’acheter un simple Model T. Et accessoirement, toute cette scène nous donne une confirmation que Buster Keaton utilisait bien le plus souvent la première prise car il est évident qu’il n’aurait pu les refaire… Avec tous ses excellents gags, The Blacksmith est bien à ranger parmi les meilleurs courts de Buster Keaton. (Court métrage muet, 21 mn)
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Buster Keaton, Virginia Fox, Joe Roberts
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Malec forgeron
Buster Keaton dans Malec forgeron de Buster Keaton et Malcolm St. Clair

10 février 2016

Le Trésor du pendu (1958) de John Sturges

Titre original : « The Law and Jake Wade »

Le Trésor du penduJake Wade fait évader le hors-la-loi Clint Hollister pour s’acquitter d’une vieille dette. Les deux hommes étaient complices autrefois mais, depuis, Jade est passé du bon côté de la Loi, il est même devenu Marshal. Ils se séparent mais Clint retrouve Jade rapidement pour le faire avouer où il a caché le magot d’un ancien forfait… L’histoire de The Law and Jake Wade (le titre français est passablement inapproprié puisqu’il n’y a aucun pendu à l’horizon) peut paraître assez classique, puisqu’il s’agit d’un homme rattrapé par son passé, mais John Sturges en fait un très beau western doté d’une tension quasi-permanente. Beau, il l’est au premier sens du terme par ses décors grandioses (ce sont ceux de la Vallée de l’Owens en Californie) très présents puisque toute l’histoire se déroule lors de la longue chevauchée d’un petit groupe de cavaliers. Robert Taylor est assez monolithique dans son jeu, rendant son personnage impavide certes mais assez distant, ne favorisant guère l’empathie. Face à lui, Richard Widmark est absolument superbe : son personnage est tout à la fois, inquiétant et séduisant, cynique et fascinant, et tout cela sans jamais forcer le trait. Après la beauté des images, la performance de Widmark est le second attrait du film. The Law and Jake Wade fut plutôt maltraité par la critique, assez injustement.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Robert Taylor, Richard Widmark, Patricia Owens, Robert Middleton, Henry Silva
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The Law and Jake Wade
Robert Taylor, Patricia Owens et Richard Widmark dans The Law and Jake Wade de John Sturges (tourné dans les Alabama Hills, Californie,  avec en arrière plan les montagnes de la Sierra Nevada)