3 octobre 2020

Le Chardonneret (2019) de John Crowley

Titre original : « The Goldfinch »

Le Chardonneret (The Goldfinch)Theo, un garçon de 13 ans, voit sa vie chamboulée lorsque qu’il survit à un attentat au Metropolitan Museum of Art de New York alors que sa mère a péri dans l’explosion. Recueilli d’abord par une famille bourgeoise amie, Theo tente de construire sa vie alors qu’il est déchiré par la détresse et la culpabilité. Lors de l’attaque meurtrière, un vieil homme mourant lui a confié une bague et lui a demandé de récupérer un tableau intact, Le Chardonneret de Carel Fabritius…
Le Chardonneret est l’adaptation du best-seller de Donna Tart qui a enchanté des millions de lecteurs. C’est une adaptation particulièrement ratée. Le cinéma de John Crowley est sans âme, sans passion et recourt à des effets bien artificiels pour intriguer. La musique notamment semble très souvent inappropriée, tentant vainement de créer une atmosphère. De plus, le film est très long, beaucoup trop long. Le roman était pourtant riche, paraissant taillé sur mesure pour le cinéma. Il est étonnant de constater à quel point toute cette richesse a disparu dans cette plate adaptation.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Oakes Fegley, Ansel Elgort, Nicole Kidman, Jeffrey Wright, Finn Wolfhard
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Le Chardonneret (The Goldfinch)Oakes Fegley et Jeffrey Wright dans Le Chardonneret (The Goldfinch) de John Crowley.

14 janvier 2020

Amanda (2018) de Mikhaël Hers

AmandaA Paris, David, 24 ans, jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement dans un attentat. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de sept ans…
Amanda est le troisième long métrage de Mikhaël Hers. Son sujet n’est pas l’attentat mais la disparition brutale et l’absence. L’approche du réalisateur de ce sujet difficile à traiter est à la fois simple, très délicate et surtout très humaine. Il n’y a aucun effet dramatique, aucune exubérance mais en revanche beaucoup de pudeur. Vincent Lacoste, qui a l’âge de son personnage, est étonnant par la simplicité et l’authenticité de son jeu. C’est incontestablement sa plus belle interprétation à ce jour. Amanda est un film humain et délicat.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin, Ophélia Kolb, Marianne Basler, Greta Scacchi
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AmandaIsaure Multrier et Vincent Lacoste dans Amanda de Mikhaël Hers.

29 janvier 2017

Le Petit Roi (1933) de Julien Duvivier

Le Petit roiAu début du XXe siècle, le Royaume de Pannonie, durement gouverné, est au bord de la révolte. Un attentat se prépare contre le jeune roi de 12 ans, un garçon bien trop jeune pour la charge dont il vient d’hériter de son terrible père, mort assassiné. Sans parent, n’ayant pour amie qu’une bienveillante gouvernante, le jeune garçon dépérit sans que les intrigants de la Cour ne s’en inquiètent… Librement adapté d’un roman de l’écrivain-historien d’origine alsacienne André Lichtenberger, Le Petit Roi est resté longtemps introuvable, pour des raisons juridiques semble t-il. Le film se déroule en deux parties, une première partie sombre avec une atmosphère assez lourde, marquée par la claustration du jeune garçon (même son lit ressemble à une cage). C’est cette partie qui est la plus réussie ; elle est heureusement la plus longue. La seconde partie, plus lumineuse et même joyeuse, est bien moins remarquable. Elle utilise des procédés assez conventionnels pour devenir un redoutable tire-larmes. Julien Duvivier retrouve Robert Lynen, le jeune acteur avec lequel il avait tourné sa seconde version de Poil de Carotte l’année précédente. Il fait une belle prestation, exprimant bien le mélange d’innocence et de fatalisme qui caractérise son personnage (on peut mesurer la différence quand il rencontre une fillette qui a un jeu vraiment épouvantable). Le Petit Roi est un film qui mérite d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Lynen, Arlette Marchal, Béatrice Bretty
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Remarques :
* Le roman a été écrit en 1910, donc juste avant la Première Guerre mondiale.
* Le Royaume de Pannonie est bien entendu fictif mais la Pannonie existe bel et bien : c’est une ancienne région de l’Europe centrale qui correspond à l’ouest de la Hongrie actuelle et une partie de l’ex-Yougoslavie. Après avoir été de nombreux siècles sous domination romaine, cette région fut intégrée au nouvellement formé Royaume de Hongrie à la fin du IXe siècle (voir l’article sur Wikipedia). Il n’y a donc jamais eu de « Royaume de Pannonie » à proprement parler, à fortiori au XXe siècle.

Le Petit Roi
Béatrice Bretty et Robert Lynen dans Le Petit roi de Julien Duvivier.

10 janvier 2017

Une si jolie petite plage (1949) de Yves Allégret

Une si jolie petite plagePar un soir pluvieux, un jeune homme triste arrive dans un village côtier du nord de la France. Il prend une chambre dans l’unique hôtel ouvert, une modeste maison tenue par la nièce de l’ancien propriétaire complètement paralysé et muet. Ce dernier semble reconnaitre le nouvel arrivé… Tout comme Dédé d’Anvers (1948), Une si jolie petite plage est issu de la collaboration entre le scénariste Jacques Sigurd et le réalisateur Yves Allégret (qui, rappelons-le, est le jeune frère de Marc Allégret). C’est à nouveau un film très noir avec ce désenchantement qui marque le cinéma français de l’Après-guerre. Accablé par le lourd poids du destin, les personnages de cette histoire n’espèrent plus, du moins pour eux. Il n’y a pas un seul rayon de soleil à l’horizon, au propre comme au figuré puisqu’il pleut continuellement, une grosse pluie qui détrempe tout et semble vouloir s’insinuer partout. La construction est originale car rien n’est expliqué de prime abord : si on comprend rapidement que ce jeune homme a vécu là par le passé, les indices sont ensuite distillés au compte-goutte et nous ne faisons qu’entrevoir les choses. Ce n’est que vers la fin du film que l’on apprendra de sa bouche toute son histoire. Gérard Philipe est parfait dans ce rôle assez taciturne. L’acteur n’est encore qu’au début de sa carrière, son talent explosera aux yeux du plus grand nombre  peu après au théâtre et, par ricochet, au cinéma. La photographie, signée par le grand Henri Alekan, est superbe.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Madeleine Robinson, Gérard Philipe, Jean Servais, André Valmy, Jane Marken, Julien Carette
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Remarque :
* Yves Allégret se permet une amusante petite prouesse technique sur le plan de fin : un couple marche sur la plage, dit une phrase (« Une si jolie petite plage ! »), s’arrête pour regarder la mer et la caméra recule rapidement jusqu’à qu’ils ne deviennent plus qu’un point. Aucune trace n’est visible dans le sable. Sauf erreur de ma part, la seule façon de faire un tel plan est de le filmer à l’envers, le plus délicat étant la synchronisation de la petite phrase.

Une si jolie petite plage
Gérard Philipe et Madeleine Robinson dans Une si jolie petite plage de Yves Allégret.

11 juin 2016

La Courtisane (1931) de Robert Z. Leonard

Titre original : « Susan Lenox <Her Fall and Rise> »

La CourtisaneHelga, une jeune fille orpheline s’échappe du domicile de ses beaux-parents pauvres pour éviter d’être mariée de force à un rustre. Elle se réfugie chez un jeune ingénieur et ils tombent amoureux l’un de l’autre. Alors qu’il est en déplacement, le beau-père la retrouve et elle doit s’enfuir de nouveau… Susan Lenox (Her Fall and Rise) est adapté d’un volumineux roman à scandale et il a fallu une quinzaine de scénaristes pour en venir à bout. Pour le film, la MGM a décidé de mettre leur plus grande star, Greta Garbo, face à un acteur qu’ils sentent promis à un grand avenir, Clark Gable. Sans surprise (quand on connait leurs tempéraments respectifs), les deux acteurs ne s’entendirent pas très bien : Greta Garbo trouva Clark Gable vulgaire, et Clark Gable trouva Garbo distante. Ce sera leur seul film ensemble. Malgré toute l’expérience de Robert Z. Leonard (1), Susan Lenox montre un flagrant manque d’unité, il y a y un peu de tout : drame social, comédie (toute la scène où ils se rencontrent préfigure étonnamment les comédies screwball), drame mondain, un petit zeste de licence et même un soupçon d’exotisme. Sur le fond, le thème est celui d’une femme victime de ses origines et du jugement des autres La Courtisanealors qu’elle n’aspire qu’à l’amour et au bonheur. Greta Garbo montre comme toujours la formidable expressivité de son visage qu’elle semble manier à sa guise pour exprimer toute une palette de sentiments. La différence avec Clark Gable, qui n’a jamais pratiqué le cinéma muet, est sur ce plan assez flagrante. Le film connut un certain succès à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Greta Garbo, Clark Gable, Jean Hersholt, Alan Hale
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Remarques :
* L’auteur David Graham Phillips fut assassiné à New York en 1911 par un détraqué qui était persuadé qu’il avait basé un de ses romans sur l’histoire de sa soeur. Le roman Susan Lenox (Her Fall and Rise), qu’il n’avait pu publier du fait de son sujet réputé scandaleux, ne sortit en librairies qu’en 1917, soit 6 ans après sa mort. Outre ses romans de fiction, David Graham Phillips a écrit une série d’articles sur la corruption du Sénat qui ont eu de grandes répercussions.

* La réputation du roman était telle que la censure anglaise a interdit le film avant même de le visionner. La MGM parvint à le sortir dans une version écourtée sous le titre The Rise of Helga.

* Amusant : Bien que ce soit très court, il semble bien que l’air que siffle Clark Gable quand il sèche les vêtements d’Helga soit Singin’ in the Rain (rappelons que la chanson est bien antérieure au film homonyme). C’est d’autant plus probable que Robert Z. Leonard avait déjà utilisé le morceau dans son film La Divorcée (1930).

(1) A noter que Robert Z. Leonard est plutôt un spécialiste des mélodrames mondains.

Susan Lenox
Greta Garbo et Clark Gable dans La Courtisane de Robert Z. Leonard (photo publicitaire proche d’une scène du film).

Susan Lenox
Clark Gable et Greta Garbo pour La Courtisane de Robert Z. Leonard (photo publicitaire qui n’est pas une scène du film).

18 avril 2016

Mademoiselle Vendredi (1941) de Vittorio De Sica

Titre original : « Teresa Venerdì »

Mademoiselle VendrediCriblé de dettes, un jeune pédiatre, charmant mais incompétent, accepte à contre-coeur le poste d’inspecteur sanitaire dans un orphelinat de jeunes filles… Mademoiselle Vendredi a été tourné par Vittorio De Sica juste après Madeleine, zéro de conduite. Il y tient encore le rôle principal. Nous sommes à nouveau dans un pensionnat de jeunes filles où un beau jeune homme se retrouve parachuté. Le scénario est ici moins original, extrêmement prévisible (ça finit par un mariage… ah zut, je ne voulais pas le dire). Le ton est léger, dans un style assez typique de la période mussolinienne. On pourra remarquer comment on s’y moque des gens qui ont de l’argent, que ce soient les créanciers tête à claques ou un couple de commerçants prospères béats devant leur fille qui se prend pour une grande poétesse. Plaisant mais assez anodin.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Adriana Benetti, Anna Magnani
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Mademoiselle Vendredi
Adriana Benetti et Vittorio De Sica dans Mademoiselle Vendredi de Vittorio De Sica.

28 mars 2016

Révolte au zoo (1933) de Rowland V. Lee

Titre original : « Zoo in Budapest »

Révolte au zooZani est un jeune homme qui a grandi dans le zoo de Budapest. Il en connait tous les animaux qui sont ses amis. Le directeur qui l’a recueilli tout jeune a un regard bienveillant sur lui mais sa propension à voler les étoles en fourrure des clientes pour les brûler commence à lui poser problème… Produit par Jesse L. Lasky pour la Fox, Zoo in Budapest est un film qui a un certain charme malgré ses défauts. Le scénario est très réduit, empreint d’une grande naïveté, et la mise en place semble interminable, documentaire et bon enfant, avec toutefois de beaux mouvements de caméra et de beaux éclairages pour prendre son mal en patience. Il faut attendre la fermeture du zoo dans la dernière demi-heure pour que le film prenne une tournure plus attrayante, laissant la place à une belle histoire d’amour clandestine et un final assez spectaculaire avec les animaux déchaînés. La photographie signée Lee Garmes (l’un des plus grands directeurs de la photographie américains, l’un des plus innovants aussi) est belle, assez douce.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Loretta Young, Gene Raymond
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Zoo in budapest
Loretta Young et Gene Raymond dans Révolte au zoo de Rowland V. Lee.

Révolte au zoo

19 septembre 2015

L’Indésirable (1914) de Michael Curtiz

Titre original : « A tolonc »

L'indésirableDans un petit village des Carpates, une jeune femme a été élevée par son oncle qu’elle prenait pour son père. Sur son lit de mort, celui-ci lui apprend que sa mère n’est pas morte. Se retrouvant seule, elle doit aller à la ville proche se faire engager comme servante dans une maison bourgeoise. Le fils de la famille tombe amoureux d’elle… Le réalisateur Michael Curtiz, bien connu pour ses grands succès hollywoodiens comme Robin des Bois ou Casablanca, n’a émigré aux Etats-Unis qu’en 1926. Avant cela, il a tourné plusieurs dizaines de films à partir de 1912 dans sa Hongrie natale puis en Autriche. Récemment restauré, L’indésirable est le dixième et le seul survivant de sa période hongroise. A ce titre, sa valeur historique est bien entendu immense car il nous permet de voir un bel exemple de la production cinématographique d’Europe centrale à cette époque. L’indésirable est l’adaptation d’une pièce de théâtre célèbre, il est interprété par des comédiens très connus sur les planches. Il s’agit d’un mélodrame que l’on trouvera aujourd’hui très banal et sans grand intérêt, mais ce n’était certainement pas le cas des spectateurs de l’époque. Comme pour tous les films de cette époque, le jeu des acteurs est assez théâtral mais sans excès, aucune grandiloquence ni rigidité ici, et tout est filmé en plans moyens avec de très rares plans rapprochés. Il n’y a rien de franchement notable si ce n’est que l’ensemble est de bonne facture pour un jeune réalisateur de 28 ans, à l’aube d’une longue et prolifique carrière (172 réalisations entre 1912 et 1961).
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Lili Berky, Victor Varconi
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L'indésirable
Victor Varconi et Lili Berky dans L’indésirable de Michael Curtiz.

L'indésirable
L’un des très rares plans rapprochés, pour mieux montrer aux spectateurs l’action de verser la poudre dans la bouteille  : Lili Berky dans L’indésirable de Michael Curtiz.

9 juillet 2014

Abus de confiance (1937) de Henri Decoin

Abus de confianceA la mort de sa grand-mère, la jeune Lydia se retrouve orpheline. Elle a bien du mal à continuer ses études de droit et accumule les dettes. Sa seule amie lui conseille de se faire passer pour la fille naturelle d’un écrivain connu. Elle refuse tout d’abord mais ne pouvant trouver de travail, elle finit par accepter… Abus de confiance est le deuxième film d’Henri Decoin avec sa jeune épouse Danielle Darrieux, alors âgée de 20 ans. Plus que l’intrigue, c’est la condition sociale de cette étudiante sans le sou qui a visiblement intéressé Decoin. Il nous la montre très vulnérable, en proie à tous les profiteurs libidineux qui tentent d’abuser d’elle. Il veut nous montrer qu’elle est presque forcée d’en venir à l’escroquerie… Le final est de toute beauté avec une plaidoirie magistrale de la jeune avocate contre la pauvreté. Abus de confiance est finalement un film très humaniste. La réalisation d’Henri Decoin est assez classique, sans grand éclat mais il sait nous gratifier de quelques très beaux gros plans de son actrice préférée.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Danielle Darrieux, Charles Vanel, Valentine Tessier, Pierre Mingand
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Remarques :
* L’histoire est de Pierre Wolff qui a également écrit les dialogues. L’adaptation a été écrite par Henri Decoin et Jean Boyer.
* Comme l’a fait remarquer de façon amusante le critique d’un magazine bien connu, la silhouette de Danielle Darrieux qui déambule dans les rues avec son grand ciré noir n’est pas sans faire penser à celle de Michelle Morgan de Quai des Brumes que Carné tournera l’année suivante… Le ciré noir était (a toujours été ?) assez prisé des cinéastes car très photogénique. On pourrait citer aussi comme exemple Simone Simon dans La Bête humaine de Renoir, tourné également l’année suivante.

17 décembre 2012

Récit d’un propriétaire (1947) de Yasujirô Ozu

Titre original : « Nagaya shinshiroku »

Récit d'un propriétaireDans les faubourgs de Tokyo de l’Après-guerre, un petit garçon est trouvé par quelques habitants d’un quartier. Personne ne veut le prendre en charge et c’est Otane, une quincaillère sans enfants, qui le recueille sans enthousiasme… Récit d’un propriétaire est le premier film qu’Ozu a tourné après son retour de la guerre. Il met en scène un pays assez détruit dans lequel il est difficile de ne pas penser qu’à soi. Ozu filme le retour d’une certaine humanité par la renaissance de l’amour filial. Il parvient toujours aussi bien à mêler un peu d’humour dans un sujet plutôt grave et déroule placidement son récit, sans recherche d’effets mélodramatiques. Récit d’un propriétaire est film assez touchant qui a aussi un côté militant, prônant l’adoption alors que les orphelins de guerre étaient si nombreux.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Chôko Iida, Eitarô Ozawa, Mitsuko Yoshikawa, Chishû Ryû, Takeshi Sakamoto
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