26 novembre 2021

Les Bêtes du Sud sauvage (2012) de Benh Zeitlin

Titre original : « Beasts of the Southern Wild »

Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild)Hushpuppy, une fillette de six ans, vit dans le bayou de Louisiane avec son père au milieu de la mangrove, dans une cabane délabrée et miséreuse avec d’autres abandonnés de la société américaine. Un jour, une violente tempête provoque la montée des eaux, mettant en péril leurs vies déjà fort précaires. Les changements climatiques ont libéré des aurochs — auparavant prisonniers des glaces polaires — qui migrent jusqu’en Louisiane…
Les Bêtes du sud sauvage est un film indépendant américain coécrit et réalisé par Benh Zeitlin, jeune réalisateur américain de trente ans dont c’est le premier long métrage. Il s’agit d’une fable (les éléments de nature fantastique viennent de la tête de l’enfant) très ancré dans un réel particulièrement miséreux mais aussi très original. Le réalisateur parvient à mettre cet univers en images de façon percutante. Mais ce qui frappe tout autant, c’est l’interprétation de Quvenzhané Wallis, la fillette joue avec un naturel et une richesse incroyable et Dwight Henry, qui interprète le père, montre une intensité rare dans son jeu. Il s’agit de leur première expérience d’acteur. Le film a été très remarqué et a connu un succès international.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Quvenzhané Wallis, Dwight Henry
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Remarque :
* Les animaux fantastiques sont appelés « aurochs » tout en ressemblant à des cochons. On peut penser qu’ils ont pris cette apparence dans la tête de la fillette en fonction des animaux qu’elle connaissait (elle n’avait vu les fameux aurochs que sur un tatouage).

Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild)Quvenzhané Wallis dans Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild) de Benh Zeitlin.

4 novembre 2021

Border (2018) de Ali Abbasi

Titre original : « Gräns »

Border (Gräns)Tina n’a pas un physique gracieux mais elle a une capacité hors du commun, un odorat hyper développé qui lui permet de « sentir » les sentiments des personnes. Elle est ainsi particulièrement redoutable dans son travail de douanier car elle détecte la culpabilité à l’odeur. Mais quand Vore, un homme d’apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités lui font défaut pour la première fois…
Border est un film suédois réalisé par le danois d’origine iranienne Ali Abbasi, son deuxième long métrage après Shelley en 2016. Le scénario est basé sur une nouvelle du romancier suédois John Ajvide Lindqvist parue en 2004. Il s’agit d’une histoire à fort parfum de fantasy sur lequel le cinéaste a greffé une intrigue policière. C’est un film atypique, un conte naturaliste qui explore assez loin les limites de la normalité, au risque d’être dérangeant par instants. Il soulève la question : où finit l’animalité et commence l’humanité ? La partie la moins convaincante est l’intrigue policière ajoutée par le réalisateur, elle semble plaquée et finalement inutile. Border a obtenu le prix Un certain regard au Festival de Cannes 2018.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Eva Melander, Eero Milonoff, Jörgen Thorsson, Ann Petrén, Sten Ljunggren
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 Border (Gräns)Eero Milonoff et Eva Melander dans Border (Gräns) de Ali Abbasi.

7 octobre 2021

Antoinette dans les Cévennes (2020) de Caroline Vignal

Antoinette dans les CévennesDes mois qu’Antoinette attend l’été et la promesse d’une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir. Alors quand celui-ci annule leurs vacances pour partir marcher dans les Cévennes avec sa femme et sa fille, Antoinette ne réfléchit pas longtemps : elle part sur ses traces ! Mais à son arrivée, point de Vladimir – seulement Patrick, un âne récalcitrant qui va l’accompagner dans son singulier périple…
Antoinette dans les Cévennes est une comédie française, écrite et réalisée par Caroline Vignal. Il s’agit de sa seconde réalisation, après Les Autres Filles en 2000. Elle s’est inspirée d’une expérience personnelle et aussi du livre de Robert Louis Stevenson Voyage avec un âne dans les Cévennes publié en 1879. L’intrigue est assez mince mais, heureusement, s’écarte du postulat de départ. Les moments embarrassants du début laissent alors la place à un récit plus ambitieux, celui d’une émancipation, tout en restant drôle et mouvementé. Tout le film repose sur l’actrice Laure Calamy qui joue avec une belle spontanéité apparente mais aussi parfois un peu trop d’exubérance. Avec son cœur d’artichaut et sa naïveté, son personnage finit par nous toucher. L’autre acteur important est l’âne Patrick qui tient merveilleusement son rôle. En prime, nous profitons des somptueux paysages des Cévennes. Un film plaisant qui a connu un beau succès en salles.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte, Marc Fraize
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Antoinette dans les CévennesLaure Calamy et l’âne Patrick dans Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal.

15 juillet 2021

Viendra le feu (2019) de Oliver Laxe

Titre original : « O que arde »

Viendra le feu (O que arde)Amador Coro a été condamné pour avoir provoqué un incendie. A sa sortie de prison, il retourne dans son village niché dans les montagnes de la Galice où vivent sa mère, Benedicta, et leurs trois vaches. Leurs vies s’écoulent, au rythme apaisé de la nature…
Viendra le feu est le troisième long métrage du franco-espagnol Oliver Lake, dont les parents sont originaires de Galice. On peut le voir comme un film très original sur le thème de la nature et du monde rural : l’essentiel est en effet constitué de bribes de vie dans l’environnement vallonné, humide et verdoyant de la Galice. On peut aussi être rebuté par l’opacité du récit (par exemple, l’incompréhensible scène d’ouverture) et sa lenteur. Rien ne sera dévoilé sur le personnage principal, le taiseux Amador, ce qui a toutefois le mérite d’écarter toute possibilité de porter un jugement. Les plans généraux sont de toute beauté. Oliver Laxe a utilisé des comédiens non professionnels : Amador Arias est garde-forestier dans la vraie vie.

Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Amador Arias, Benedicta Sánchez
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* Explication de la scène d’ouverture :
L’eucalyptus est un arbre envahissant, considéré par certains Galiciens comme pernicieux et nuisible. Il assèche les terrains et croît au détriment des plantes indigènes. Le film s’ouvre sur une scène où d’énormes engins détruisent impitoyablement les eucalyptus les uns après les autres, comme s’il s’agissait de tondre un gazon. Oliver Laxe explique : « Mais ils tombent soudain en arrêt devant un eucalyptus centenaire, immense, sans doute figés par sa noblesse, entre respect et effroi. C’est la nature qui retourne leur regard aux hommes. Elle les renvoie à leur propre petitesse, les questionne. Viendra le feu montre les derniers vestiges d’un monde rural en voie de disparition. Cette séquence d’ouverture de l’eucalyptus et celle finale de l’incendie sont deux mêmes mouvements symphoniques incarnant une nature à l’agonie. » (Extrait du dossier de presse)

Viendra le feu (O que arde)Amador Arias et Benedicta Sánchez dans Viendra le feu (O que arde) de Oliver Laxe.

20 juin 2021

Voyage à Yoshino (2018) de Naomi Kawase

Titre original : « Vision »

Voyage à Yoshino (Vision)Dans la forêt de Yoshino vit Tomo, garde forestier taciturne. Il habite à proximité de la vieille Aki, aveugle. Tous deux vivent simplement, en symbiose avec cette forêt. Un jour, ils voient arriver une Française, Jeanne, à la recherche d’une plante médicinale nommée « Vision ». Cette plante, qui n’apparaît que tous les 997 ans, serait apte à guérir l’homme de tous ses maux…
Après deux films tournés dans des décors urbains (Les Délices de Tokyo et Vers la lumière), Naomi Kawase revient à son sujet de prédilection, la nature. La réalisatrice japonaise a une vision mystique de la nature :
« La forêt a un pouvoir mystique et mystérieux. Lorsque l’on y pénètre, on peut perdre tout repère temporel et glisser vers le passé. […] J’ai voulu observer une nouvelle fois ce que nous apprend le fait d’être plongé dans la nature. Comme dans mes oeuvres précédentes, j’ai souhaité saisir les choses que l’on enfouit, perdues au fond de notre mémoire.»
Hélas, le propos est très simpliste, plus ésotérique que métaphysique ; la réalisatrice montre un attrait pour les sciences occultes et les pouvoirs cachés qui culmine dans un épilogue « explicatif » assez délirant. Il n’y a finalement que peu de contenu mais les images de nature sont très belles.
Elle: 1 étoile
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Juliette Binoche, Masatoshi Nagase, Takanori Iwata
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Remarque :
* La forêt de Yoshino (au centre-sud du Japon, à 50 kms d’Osaka) est un parc national japonais. Le parc a été créé en 1936 et couvre une surface de 597 km2. Son nom fait référence au Mont Yoshino, connu pour la floraison de ses cerisiers et qui fait partie des sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Voyage à Yoshino (Vision)Takanori Iwata dans Voyage à Yoshino (Vision) de Naomi Kawase.

27 septembre 2020

The Rider (2017) de Chloé Zhao

The RiderAprès un grave accident de cheval lors d’une compétition, le jeune cowboy amérindien Brady, étoile montante du rodéo, doit trouver une nouvelle raison de vivre. Il ne peut plus s’adonner à l’équitation qui donnait tout son sens à sa vie…
Le plus extraordinaire dans The Rider est qu’il s’agit non seulement d’une histoire vraie mais qu’elle est jouée par la personne à qui tout cela est arrivé. C’est en 2013, sur le tournage de son premier film Les chansons que mes frères m’ont apprises à la réserve indienne de Pine Ridge, que la réalisatrice américaine d’origine chinoise Chloé Zhao a rencontré un groupe de cowboys Lakota. Elle a fait la connaissance d’un cowboy Lakota âgé de vingt ans, Brady Jandreau, membre de la tribu Sioux des Brûlés, dresseur et adepte de la discipline du cheval sauvage. Il a intégré ensuite le circuit du rodéo et a eu son accident. Le récit de The Rider est assez intense, il séduit par les rapports qu’entretiennent les personnages avec la nature. Chloé Zhao filme magnifiquement les grandes étendues de la réserve sioux de la région des Badlands. Il y a aucun acteur professionnel, chacun joue son propre rôle  et l’interprétation sonne très authentique. Il n’est pas surprenant que les scènes avec les chevaux paraissent si vraies puisque Brady Jandreau est dresseur de chevaux sauvages. The Rider est un film puissant, dramatique mais aussi séduisant et très humain. Malgré le Grand Prix du Festival de Deauville 2017, le film n’a pas eu en France la distribution qu’il mérite.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau, Cat Clifford, Lane Scott
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The RiderBrady Jandreau dans The Rider de Chloé Zhao.

The RiderBrady Jandreau dans The Rider de Chloé Zhao.

25 octobre 2019

Le Cavalier électrique (1979) de Sydney Pollack

Titre original : « The Electric Horseman »

Le Cavalier électrique (The Electric Horseman)Après avoir été cinq fois champion du monde de rodéo, Sonny Steele s’est retiré de la compétition. Il a accepté d’être la mascotte d’une marque de céréales et se produit dans des shows avec un costume de lumières. Acceptant mal cette déchéance, il sombre dans l’alcool. Un show à Las Vegas va être le gala de trop…
Le Cavalier électrique est un film qui ne doit son existence qu’à un concours de circonstances. Alors que Sydney Pollack est forcé d’abandonner un projet qui lui tient à cœur (1), il doit trouver en catastrophe un nouveau sujet pour éviter de renvoyer toute son équipe. Il s’empare d’un projet qui trainait dans les tiroirs, un roman de Shelly Burton qui intéressait un peu tout le monde sans convaincre vraiment aucun réalisateur. Après une demi-douzaine de tentatives d’écritures, il finit par transformer totalement l’histoire pour en faire une comédie portée par certains de ses thèmes favoris : l’homme en rupture, l’opposition nature/modernité. De plus, il en profite pour porter un regard très critique sur le monde du show-business et de la publicité. Le récit traîne un peu en longueur dans son dernier tiers. Le couple formé par Jane Fonda et Robert Redford fonctionne très bien à l’écran (l’affiche du film ci-contre met en avant le rapprochement de ces deux stars). Robert Redford a fait lui-même les cascades à cheval. Dans les seconds rôles, le chanteur country Willie Nelson fait sa première apparition à l’écran et signe plusieurs morceaux de la bande sonore. Le film connut un franc succès à sa sortie.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Redford, Jane Fonda, Valerie Perrine, Willie Nelson, John Saxon
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(1) Le projet initial de Sydney Pollack était de tourner l’adaptation d’un gros roman de Robert Penn Warren A Place to Come To. Le cinéaste dut finalement renoncer face aux difficultés d’écriture et de préparation du tournage qui s’amoncelèrent. Cette adaptation ne verra jamais le jour.

Le Cavalier électrique (The Electric Horseman)Robert Redford dans Le Cavalier électrique (The Electric Horseman) de Sydney Pollack.

Le Cavalier électrique (The Electric Horseman)Jane Fonda et Robert Redford dans Le Cavalier électrique (The Electric Horseman) de Sydney Pollack.

9 juillet 2019

Le Bonheur (1965) de Agnès Varda

Le BonheurFrançois est un jeune menuisier heureux qui aime sa femme. Il aime aussi la nature et ses amis. Lorsqu’il rencontre Emilie, une jeune postière, et qu’il en tombe amoureux, il voit là une occasion d’ajouter du bonheur à son bonheur…
Troisième long métrage écrit et réalisé par Agnès Varda, Le Bonheur fit grand scandale à sa sortie et fut interdit aux moins de 18 ans car il montrait l’adultère sans réprobation. Débarrassés de ces considérations morales un demi-siècle plus tard, il nous reste un film plein de vie, joyeux et très beau. Agnès Varda explore la notion de bonheur qu’elle déconnecte des conventions sociales ou morales. « Ce n’est pas le mariage qui mène au bonheur, c’est le bonheur qui mène au mariage » semble-t-elle vouloir nous dire. La réalisatrice montre beaucoup d’inventivité dans ses cadrages et surtout une recherche esthétique et picturale qui est particulièrement visible. De très nombreux plans évoquent des natures mortes ou même des tableaux impressionnistes. Son utilisation des couleurs est enthousiasmante, ses talents de photographe sont manifestes. C’est un régal pour les yeux. Jean-Claude Drouot sait restituer toute la candeur de son personnage. L’acteur joue ici avec sa femme et ses enfants ce qui contribue à la sensation de naturel. Le film a été restauré en 2014, rendant ainsi justice à ses qualités esthétiques. Les couleurs, notamment, sont magnifiques.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jean-Claude Drouot, Marie-France Boyer, Marc Eyraud
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Le BonheurMarie-France Boyer et Jean-Claude Drouot dans Le Bonheur de Agnès Varda.

Remarques :
* Jean-Claude Drouot était alors le héros de la série TV Thierry La Fronde (1963-1966). Il bénéficiait d’un immense capital de sympathie, y compris auprès des très jeunes enfants, ce qui a certainement exacerbé les oppositions au film d’Agnès Varda.

* L’interdiction aux moins de 18 ans n’a été levée qu’en 2006, lors d’une ressortie au cinéma Saint-André-des-Arts.

* Finalement, le plus étonnant dans ce film d’Agnès Varda est que le propos ne soit pas plus féministe : c’est le bonheur de l’homme qui importe, il est censé déteindre sur le bonheur de la femme… Il faut toutefois garder à l’esprit que nous sommes en 1965. Le propos d’Agnès Varda ne se situe d’ailleurs pas sur le plan homme/femme, la réalisatrice nous incite à réfléchir sur le lien entre bonheur et morale. « Faut-il se cacher pour être heureux? » C’est ce genre de question qu’elle pose.

Voir aussi : Entretien avec Agnès Varda pour la télévision suisse RTS (8’30)…

Le BonheurMarie Drouot, Jean-Claude Drouot et leurs deux enfants dans Le Bonheur de Agnès Varda.

 

Homonymes :
Le Bonheur d’Aleksandr Medvedkin (1935)
Le Bonheur de Marcel L’Herbier (1935) avec Gaby Morlay et Charles Boyer

Le BonheurMarie Drouot, Jean-Claude Drouot et leurs deux enfants dans Le Bonheur de Agnès Varda.

10 janvier 2019

Captain Fantastic (2016) de Matt Ross

Captain FantasticBen vit dans la forêt, isolé de la société, se consacrant totalement à l’éducation intellectuelle et physique de ses enfants selon des méthodes strictes,même paramilitaires. Sa femme est absente pour le moment, hospitalisée. Un évènement inattendu va forcer la petite famille à faire une incursion dans un monde qui ne leur est pas familier…
Le titre peut induire en erreur : Captain Fantastic n’est pas un film de super-héros. Le propos De Matt Ross est plutôt d’explorer les modes alternatifs d’éducation et de vie. La mise en place, très originale, intrigue fortement mais le scénario se révèle par la suite assez décevant. La crédibilité de l’ensemble est proche du zéro absolu et, de plus, le propos est très ambigu car le personnage tient à la fois du dictateur et du guru de secte. Matt Ross n’a pas de regard critique et se contente de dérouler un road-movie sans grande surprise qui ne mène qu’à pas grand chose. Il parvient toutefois à charmer dans certaines scènes et à rendre ses personnages attachants. Tout cela est plaisant et original mais n’a pas de quoi marquer les esprits.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Viggo Mortensen, George MacKay, Samantha Isler, Annalise Basso, Nicholas Hamilton
Voir la fiche du film et la filmographie de Matt Ross sur le site IMDB.
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Captain Fantastic
Viggo Mortensen dans Captain Fantastic de Matt Ross.

13 septembre 2018

La Tortue rouge (2016) de Michael Dudok de Wit

La Tortue rougeUn naufragé est rejeté par la fureur d’une tempête sur la plage d’une petite île déserte. Son exploration lui montre rapidement qu’il y est seul. Il est bien décidé à tenter de la quitter…
La Tortue rouge est un film d’animation franco-belge, cosigné par le studio japonais d’animation Ghibli. Ce n’est donc pas fortuit s’il évoque les productions de Hayao Miyazaki, tant par le style que par son contenu. Il s’agit d’un conte sur la relation de l’homme à la nature et sur le cycle de la vie. Malgré ses fureurs passagères, la nature y est montrée comme bienveillante, nous appelant à vivre en harmonie avec elle dans un bonheur primitif. Malgré une petite faiblesse de scénario dans la seconde partie, nous sommes littéralement happés par cet univers semi-paradisiaque dans lequel notre esprit vagabonde. Le dessin est très beau, épuré, particulièrement enchanteur. Il n’y a aucune parole prononcée et pourtant les sentiments sont parfaitement exprimés par l’animation, ce qui est remarquable. La musique de Laurent Perez del Mar ajoute de l’ampleur à certaines scènes. Tout cela est vraiment très beau.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs:
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La Tortue rouge

La Tortue rouge

La Tortue rouge
La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit.