Dans les Vosges, le père de Vincent Munier transmet son amour de la vie sauvage de la forêt au jeune Simon, fils de Vincent. Il nous fait ainsi découvrir cerfs, oiseaux rares, renards et lynx et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras… Le Chant des forêts est un film documentaire français réalisé par Vincent Munier. Après nous avoir emmené au bout du monde sur la piste de La Panthère des neiges, il nous introduit dans sa région d’origine qui a, elle aussi, son animal rare : le grand tétras, ou grand coq de bruyère, un majestueux gallinacé menacé d’extinction dans les Vosges. Les images sont très belles, l’immersion est totale. Le film nous permet de mieux entendre le murmure de la forêt et nous offre la vision furtive de ses habitants. Vincent Munier a passé des mois à dérusher les images qu’il a filmées, seul, pendant dix années. Il n’a gardé que l’essentiel et le plus beau. Les plans dans la cabane et en Norvège ont été tournées avec une petite équipe. Ce film magnifique a connu un beau succès en salles. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Mille ans se sont écoulés depuis la chute de la civilisation industrielle lors d’une guerre planétaire d’une grande violence. L’humanité survit tant bien que mal au sein de quelques enclaves menacées par une gigantesque forêt dont les spores sont mortelles pour la majorité des êtres vivants. Seuls des insectes géants et mutants y survivent. La Vallée du Vent est un petit royaume agricole, protégé des spores et de la forêt par des vents marins… Nausicaä de la vallée du vent est un film d’animation japonais écrit et réalisé par Hayao Miyazaki, son premier film vraiment personnel après plusieurs œuvres de commande. C’est l’adaptation du manga éponyme de Miyazaki (7 volumes publiés entre 1982 et 1994, seuls les deux premiers étaient sortis quand la production du film a débuté). On retrouve déjà dans ce conte post-apocalyptique tous les thèmes préférés du réalisateur : la protection de la nature, le refus de la folie guerrière, l’absence de manichéisme, un attrait pour les séquences aériennes. Le propos est assez sombre tout en étant enlevé et lumineux grâce à son héroïne. Le récit peut paraître enfantin mais il est très riche. Il nous captive entièrement. L’animation est très belle et le dessin inventif. Son grand succès au Japon a permis la création du studio Ghibli. Quarante ans après sa sortie, le film n’a pas pris une ride. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki.Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki.Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki.
Remarque : * Le film a été exploité aux Etats-Unis dans une version amputée de 30 minutes sous le titre Warriors of the Wind (1985), brièvement distribuée en France sous le titre La Princesse des étoiles (1991). Cette version a été montée par Roger Corman qui a privilégié les scènes d’action et évacué tout le message écologiste. L’héroïne y était renommée Princesse Zandra. Le film ne sortira dans sa version complète qu’en 2005 aux Etats-Unis et en 2006 en France.
* On peut sentir dans les dessins l’influence de Moebius. Miyazaki a toujours déclaré avoir été influencé par les univers du français. L’estime est d’ailleurs réciproque puisque Moebius a appelé sa fille Nausicaa après avoir été enthousiasmé par le manga.
* Dans la mythologie grecque, Nausicaa est une princesse phéacienne. Elle apparaît pour la première fois dans l’Odyssée, où elle recueille Ulysse naufragé sur le rivage de la Phéacie (île qui ne correspond à aucune île connue) et l’emmène jusqu’au palais de ses parents, le roi Alcinoos et la reine Arété. Courageuse et généreuse, Nausicaa a inspiré de nombreux auteurs et artistes pendant et après l’Antiquité, jusqu’à nos jours. (Extrait de Wikipédia. Lire la suite… )
Hirayama travaille à l’entretien des toilettes publiques de Tokyo. Il s’épanouit dans une vie simple et un quotidien très structuré. Il entretient une passion pour la musique, les livres, et les arbres qu’il aime photographier… Perfect Days est un film germano-japonais réalisé par Wim Wenders. Il en a coécrit le scénario avec Takuma Takasaki et l’a tourné en japonais à Tokyo. C’est un film très étonnant. Alors que le sujet n’est à priori pas très attirant, Wim Wenders parvient à offrir un film d’une indéniable profondeur. Le récit a un petit côté documentaire puisque nous voyons le quotidien de cet employé des toilettes publiques, sa routine structure le film. On devine très rapidement que cet homme a un passé où il était un homme prospère et qu’il a choisi volontairement cette voie d’une vie plus simple où il peut s’émerveiller du spectacle de la nature, photographier la lumière perçant le feuillage des arbres, s’adonner à sa passion pour la musique ou la littérature. Il tire même satisfaction de faire très consciencieusement son travail, avec une attention pour les objets et les petites choses. Nous retrouvons avec plaisir un Wim Wenders philosophe qui nous étonne par l’intérêt qu’il sait éveiller en nous par un dosage très mesuré du récit, influencé (c’est lui-même qui le dit) par le minimalisme d’Ozu. Excellente musique, dont le morceau de Lou Reed qui a donné son titre au film. L’acteur Kôji Yakusho est vraiment remarquable, il parvient à exprimer avec justesse une certaine légèreté de l’être qui est tout le sujet du film. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque : • Ces toilettes publiques sont celles du quartier Shibuya à Tokyo, une série de toilettes conçues par des créateurs (il y en a en réalité 17).
Kôji Yakusho et Arisa Nakano dans Perfect Days de Wim Wenders.
Après avoir fait naufrage sur une île déserte, le robot Rozzum-7134, programmé pour aider les humains, doit apprendre à s’adapter à un environnement sauvage en nouant petit à petit des relations avec les animaux de l’île. Il finit par adopter le petit d’une oie, un oison, qu’il a accidentellement rendu orphelin… Issu des studios Dreamworks, Le Robot sauvage est un film d’animation américain écrit et réalisé par Chris Sanders. Le scénario est basé sur le roman du même nom de Peter Brown, paru en 2016. Si l’histoire est un récit plutôt classique d’apprentissage, l’ensemble paraît assez novateur à la fois dans ses belles trouvailles pour rendre les animaux sympathiques et dans son traitement graphique qui est très pictural. C’est très beau. Le robot est totalement différent de tous ceux que l’on a déjà pu voir et possède de ce fait une indéniable personnalité. Le film sait générer l’émotion. Une réussite. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Takumi et sa fille Hana vivent dans le village de Mizubiki, près de Tokyo. Comme leurs aînés avant eux, ils mènent une vie modeste en harmonie avec leur environnement. Le projet de construction d’un « glamping » (hébergement touristique à base de camping amélioré) risque de mettre en danger l’équilibre écologique de la région… Le Mal n’existe pas est un film japonais écrit et réalisé par Ryūsuke Hamaguchi. Pour comprendre le film, il faut savoir que le cinéaste a en fait réalisé un double projet avec la compositrice Eiko Ishibashi (déjà présente sur Drive my car) : d’une part un film destiné à être projeté pendant un concert de la musicienne et d’autre part un long métrage dérivé de ces images en y ajoutant des dialogues. Le long traveling de forêt du générique donne le ton et on retrouve cette recherche esthétique de la beauté et l’étirement des plans tout au long du film. Le projet de glamping n’est là finalement que pour mieux mettre en valeur cette nature sauvage ; il présente toutefois une évolution intéressante sur les personnages et permet d’introduire un humour léger et diffus. Le cinéaste termine par une allégorie audacieuse entre l’homme et l’animal (1). Issu d’une démarche très originale, ce très beau film semble avoir dérouté le public. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque : • L’acteur principal Hitoshi Omika n’est pas un acteur professionnel. Il était à l’origine simple assistant sur le film. • Le film destiné à accompagner le concert de Ryūsuke Hamaguchi a pour titre Gift et dure 1h14. Il ne semble pas être sorti en salles mais a été projeté lors de plusieurs festivals de cinéma.
(1) Cette allégorie est restée sibylline aux yeux de beaucoup, si j’en crois ce que j’ai pu lire. Certains critiques parlent même d’une « fin ouverte »… Les plans sur le crâne du petit faon mort en cours de film, plus la discussion dans la voiture au sujet du comportement des cerfs, nous préparent à comprendre cette fin, lorsque le père et la fille sont (hélas) comme le cerf et son faon.
Le Mal n’existe pas (Aku wa sonzai shinai) de Ryûsuke Hamaguchi.Hitoshi Omika, Ayaka Shibutani et Ryûji Kosaka dans Le Mal n’existe pas (Aku wa sonzai shinai) de Ryûsuke Hamaguchi.Le Mal n’existe pas (Aku wa sonzai shinai) de Ryûsuke Hamaguchi.
Japon, province d’Echizen, été 1913. Profitant de ses vacances pour faire un voyage d’études, le professeur Yamasawa arrive dans un village frappé par la sécheresse, perdu au milieu des montagnes. À proximité se trouve l’étang du Démon, objet de superstitions de la part des habitants : si la cloche du village s’arrêtait de sonner quotidiennement, le dragon retenu au fond de l’eau serait libéré et provoquerait un déluge mortel… L’Étang du démon est un film japonais réalisé par Masahiro Shinoda inspiré de l’œuvre du romancier Kyōka Izumi. Il s’agit d’un conte fantastique, assez particulier dans son histoire et dans sa forme (du moins pour nous, occidentaux). Dans sa partie centrale, il comporte des scènes très proches du kabuki, cette forme traditionnelle du théâtre épique japonais. Les deux personnages principaux féminins sont d’ailleurs tenus par Bandō Tamasaburō V, acteur masculin onnagata (acteur homme qui interprète un rôle de femme), un des acteurs de kabuki les plus connus au Japon. L’histoire est assez envoutante. Les scènes finales sont très spectaculaires. Pour Masahiro Shinoda, qui s’est fait connaitre au sein de la Nouvelle Vague japonaise dans les années soixante, c’est l’occasion de montrer ses préoccupations face à la dégradation de la nature. En France, pour des « raisons juridiques », le film n’est visible que depuis peu : il a été présenté au festival de Cannes 2021 en version restaurée avant de sortir en salles. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A peine remis d’une très grave chute qui l’avait laissé avec de multiples fractures, Pierre, écrivain célèbre, décide de traverser la France à pied, du Mercantour au Contentin, en n’empruntant que de petits sentiers (les « chemins noirs » indiqués sur les cartes IGN). Ce voyage est l’occasion pour lui de replonger dans son passé dissolu et de s’interroger sur le sens de la vie… Sur les chemins noirs est un film français réalisé par Denis Imbert, adaptation du récit autobiographique de Sylvain Tesson, paru en 2016. Son périple est l’occasion de se remémorer certains épisodes de sa vie, en pratique sous la forme d’innombrables courts flashbacks, et aussi de se réapproprier son corps qu’il ne ménage guère. Ses réflexions plus philosophiques sont hélas trop souvent empreintes d’amertume, voire de dégoût du monde actuel qu’il appelle « l’âge du flux ». Il est la plupart du temps seul, très rarement accompagné par un ami. En tant que spectateur, on se laisse envelopper par la nature et la beauté des paysages montagneux. Le rythme est bien entendu calme. Jean Dujardin est vraiment crédible dans son interprétation. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Franck est un chercheur marié à une hôtesse de l’air. Ayant acheté une maison dans le Limousin, il veut entretenir sa propriété et refuse que son voisin agriculteur continue à y faire paître ses vaches. Pour bien montrer sa détermination, il se lance dans la recherche d’un tracteur à acheter… 5 hectares est un film français réalisé par Émilie Deleuze (fille de Gilles Deleuze). Elle en a co-écrit le scénario avec Marie Desplechin et Patricia Mazuy. Le thème est bien entendu l’impossible intégration d’un citadin dans le monde rural mais l’histoire se concentre surtout son comportement incongru (et absurde) dans son désir de devenir l’égal de son voisin agriculteur. L’humour est essentiellement concentré sur son comportement hors de toute raison. La faiblesse du scénario est hélas le principal problème du film et la bonne prestation de Lambert Wilson (qui semble bien s’amuser, lui) ne suffit pas à sauver l’ensemble. Le film aurait pu être loufoque, il est seulement plutôt ennuyeux. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le monde fait face à une épidémie de mutations qui transforment les humains en animaux. François doit déménager dans le sud de la France pour se rapprocher de sa femme Lana, touchée par ce mal mystérieux et envoyée dans un centre spécialisé. Sur place, lui et son fils Émile doivent se réinventer dans un monde qui se peuple de créatures d’un nouveau genre… Le Règne animal est un film fantastique français coécrit et réalisé par Thomas Cailley, son second long métrage après Les Combattants (2014). Je n’ai pas du tout accroché à cette histoire où tout sonne faux à mes yeux. Dès les premières minutes, on ne croit pas au jeu emprunté des acteurs et les dialogues sont bien pauvres. Les meilleurs moments sont les scènes de forêt où (heureusement) personne ne parle. Les effets spéciaux sont plutôt réussis et beaucoup de critiques ont salué l’émergence d’une nouvelle direction pour le cinéma français. Mon opinion est minoritaire : le film a été très bien accueilli par le public et la critique qui y a vu une fable écologique, ou même politique, écho à notre aspiration de se reconnecter avec la nature. Gros succès avec plusieurs Césars à la clef. Elle: – Lui :
Takao est un lycéen qui rêve de devenir cordonnier. Un jour de pluie, alors qu’il sèche les cours pour dessiner des modèles de chaussures dans un jardin japonais, il fait la rencontre d’une mystérieuse jeune femme, Yukino. Une habitude tacite s’établit progressivement entre les deux : chaque jour de pluie ils se retrouvent dans ce jardin et apprennent à se connaître… The Garden of Words est un moyen métrage (46 minutes) d’animation japonais écrit, réalisé et monté par Makoto Shinkai. Le thème est celui de la solitude puisqu’il s’agit d’une rencontre entre deux êtres solitaires qui, malgré leur différence d’âges (il a 15 ans, elle en a 27) ont en commun la même « tristesse solitaire » (1) ; ils s’interrogent tous deux sur leurs rapports aux autres et sur le sens à donner à leur vie. Assez simple, c’est une histoire racontée avec beaucoup de délicatesse et les plans/dessins de nature sont très beaux. L’animation, en revanche, est assez sommaire. Ce court film est moins élaboré que les longs métrages du réalisateur mais séduisant par sa délicate poésie. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Le réalisateur précise qu’en japonais le mot kohi, « amour », est un mot qui s’écrit généralement 恋, mais qui apparaît quelquefois sous la graphie composée de ko 孤 « solitude » et hi 悲 « tristesse ».
The Garden of Words (Koto no ha no niwa) de Makoto Shinkai.The Garden of Words (Koto no ha no niwa) de Makoto Shinkai.The Garden of Words (Koto no ha no niwa) de Makoto Shinkai.