9 février 2019

Outland… Loin de la Terre (1981) de Peter Hyams

Titre original : « Outland »

Outland... Loin de la TerreDans un futur lointain, le marshal fédéral O’Neil vient d’arriver sur les lieux de sa nouvelle affectation : un vaste complexe minier situé sur Io, l’une des lunes de Jupiter, uniquement relié à la civilisation par une navette hebdomadaire. A peine arrivé, il se trouve confronté à une série de suicides inexpliqués…
Ecrit et réalisé par Peter Hyams, Outland reprend le thème de High Noon (Le train sifflera trois fois) : un shérif, abandonné de tous, doit faire face à des hommes de main venus pour le tuer. Hormis le fait de placer l’action dans le futur, Peter Hyams enrichit cette base de scénario en lui adjoignant un élément de thriller et aussi une critique des dérives du système capitaliste, la recherche du profit à tout prix. L’histoire reste relativement simple toutefois mais l’atmosphère créée est particulièrement forte avec une tension qui ne fait que croître à mesure que le film avance. Bien qu’américain, le film a été tourné entièrement en Angleterre. Ses effets spéciaux sont fort bien intégrés. Dans la science-fiction, Outland est un film assez à part. Certains appellent cela un « Space Western ».
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sean Connery, Peter Boyle, Frances Sternhagen, James Sikking
Voir la fiche du film et la filmographie de Peter Hyams sur le site IMDB.

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Remarque :
* Outland est le premier film à utiliser le système Introvision pour ses décors futuristes. Introvision était une variante élaborée de projection frontale (système où l’axe de la caméra et l’axe de projection sont confondus, ce qui évite de voir les ombres des personnages). Le système Introvision permet notamment aux acteurs de passer derrière un élément du décor projeté. Assez efficace, ce système a été rendu obsolète dans la décennie suivante par les images créées sur ordinateur.

Outland
James Sikking et Sean Connery dans Outland… Loin de la Terre de Peter Hyams.

Outland

Outland
Outland

3 novembre 2018

3 hommes à abattre (1980) de Jacques Deray

Trois Hommes à AbattreUn soir, Michel Gerfaut découvre un homme gravement blessé dans une voiture accidentée. Il l’emmène à l’hôpital. Il ne sait pas que l’homme a été la cible de tueurs opérant pour le compte d’une grande entreprise marchante d’armes et qu’ils vont se mettre à sa poursuite…
Adaptation d’un roman de Jean-Patrick Manchette, Trois hommes à abattre est le septième film qu’Alain Delon tourne avec Jacques Deray. L’histoire est sans originalité, très manichéenne, un peu simplette même. L’important est qu’elle puisse permettre à Delon d’incarner une fois encore un personnage solitaire, qui se situe en dehors de tout système. Ce n’est pas un redresseur de torts, il cherche simplement à sauver sa peau. Jacques Deray a su s’entourer de très bons professionnels et le résultat est de très bonne tenue, nerveux, très enlevé, parfaitement maitrisé. Alain Delon y montre sa forte présence habituelle, jouant même sur plusieurs registres : on le voit ainsi porter un blouson de cuir, sans doute pour marcher sur les terres de son rival Belmondo… Trois hommes à abattre n’est pas conçu pour être un film mémorable mais pour constituer un divertissement. Ce qu’il réussit finalement plutôt bien et le film connut un grand succès.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Alain Delon, Dalila Di Lazzaro, Michel Auclair, Jean-Pierre Darras, Féodor Atkine, Simone Renant, Pierre Dux
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Deray sur le site IMDB.

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3 hommes à abattre
Alain Delon dans Trois Hommes à Abattre de Jacques Deray.

Alain Delon
Alain Delon en blouson à la Belmondo dans Trois Hommes à Abattre de Jacques Deray.

30 août 2018

Maigret voit rouge (1963) de Gilles Grangier

Maigret voit rougeA Paris, un soir, trois hommes dans une voiture américaine tirent sur un homme qui sort de chez lui. Quelques minutes plus tard, l’homme est ramassé par un autre véhicule, presque sous les yeux d’un inspecteur de police…
Adapté du roman de Georges Simenon Maigret, Lognon et les Gangsters, Maigret voit rouge est le troisième (et ultime) film où Jean Gabin incarne le commissaire Maigret. C’est le moins convainquant des trois. L’histoire, guère crédible, joue sur le contraste entre les méthodes brutales américaines et une relative bonhommie française. Gabin compose un Maigret fatigué et montre une grande sobriété dans son jeu. Il n’a pas la présence qu’il montrait dans les opus précédents. Les dialogues sont, eux aussi, moins remarquables (Michel Audiard n’est pas cette fois de la partie). En revanche, la photographie de Louis Page est assez belle.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Françoise Fabian, Roland Armontel, Paul Frankeur, Edward Meeks, Michel Constantin
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Maigret voit rouge
Jean Gabin et Françoise Fabian (et Edward Meeks dans le cadre) dans Maigret voit rouge de Gilles Grangier.

30 mai 2017

Le Carrefour de la mort (1947) de Henry Hathaway

Titre original : « Kiss of Death »

Le Carrefour de la mortA court d’argent, Nick Bianco décide de commettre un hold-up dans une bijouterie. Il est arrêté. Croyant en lui car il ne fait pas partie de la pègre, le procureur lui promet la clémence s’il dénonce ses complices. Nick refuse et est condamné à vingt ans de prison… Sur un scénario écrit par Ben Hecht, Henry Hathaway réalise un film noir à forte connotation sociale. En effet, son personnage principal est présentée d’emblée comme une victime de la société. De plus, comme souvent pour ces films de la Fox, le tournage a eu lieu à New York dans des lieux réels (1). Le film est souvent cité pour être la meilleure interprétation de Victor Mature qui montre, il est vrai, une belle présence. Mais la grande révélation fut Richard Widmark qui se retrouva nominé aux Oscars pour sa première apparition à l’écran. Son petit rire inquiétant, qui n’était pas prévu au scénario (2), transforme son personnage et donne une force décuplée à la scène ultra-célèbre où il jette une femme paraplégique dans l’escalier. Il allait ainsi être abonné aux rôles de tueur sadique et imprévisible mais fait partie de ces acteurs que l’on n’oublie pas. Le scénario montre ses faiblesses dans les passages plutôt sentimentaux, avec la seconde femme de Nick notamment mais cela n’empêche pas Le Carrefour de la mort d’être un film noir assez remarquable.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Victor Mature, Brian Donlevy, Coleen Gray, Richard Widmark, Karl Malden
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Remarques :
* La fin du film n’est pas celle de Ben Hecht. Elle a été réécrite par Philip Dunne. Hathaway n’aimait pas celle de Hecht où Nick Bianco se cachait.
* Une scène a été coupée par la censure, une scène qui montre la femme de Nick Bianco abusée par le fameux Rizzo avant de se suicider. Voilà pourquoi ce passage est assez nébuleux : on ne comprend pas bien pourquoi Nick tient Rizzo responsable de la mort de sa femme. Le nom de l’actrice Patricia Morison qui interprétait la première femme de Nick apparaît ainsi sur l’affiche alors qu’elle n’apparait pas dans le film.

(1) Toute la scène d’ouverture se déroule par exemple à l’intérieur du Chrysler Building. Même l’ascenseur est réel où Hathaway a tourné en 16 mm (gonflé ensuite en 35mm). Les scènes de prison sont dans une vraie prison, etc.
(2) Richard Widmark raconte : « J’avais un trac épouvantable. Quand je ne savais pas quoi faire, je riais. Et le hasard veut que j’aie un rire bizarre. » (Anecdote rapportée par Gene Tierney dans son autobiographie Self PortraitMademoiselle, vous devriez faire du cinéma. Gene Tierney tournera avec Widmark dans le très beau Night and the CityLes Forbans de la nuit de Jules Dassin en 1950)

Kiss of Death
Brian Donlevy, Richard Widmark et Victor Mature dans Le Carrefour de la mort de Henry Hathaway.

Kiss of Death
Richard Widmark dans Le Carrefour de la mort de Henry Hathaway.

Kiss Of Death
Brian Donlevy, Karl Malden, Millard Mitchell, Victor Mature + 2 figurants dans Le Carrefour de la mort de Henry Hathaway.

Remakes:
The Fiend Who Walked the West (1958), western de Gordon Douglas
Kiss of Death (1995) de Barbet Schroeder avec David Caruso et Nicolas Cage

27 avril 2015

New York Confidential (1955) de Russell Rouse

New York confidentielCharlie Lupo est à la tête de la branche new-yorkaise du syndicat du crime. Il fait venir le tueur Nick Magellan de Chicago pour une mission et, impressionné par sa classe et son efficacité, décide de la garder à ses côtés… Après qu’une commission d’enquête (Kefauver hearings, 1950-51) eut révélé à des millions de spectateurs médusés l’omniprésence de la Mafia dans tous les rouages de la société américaine, un certain nombre de films virent le jour sur ce sujet (1). New York Confidential est l’un des plus remarquables d’entre eux. Il est librement inspiré d’un best-seller du même nom signé Jack Lait et Lee Mortimer. Il nous montre le fonctionnement de l’organisation criminelle avec ses règles et ses processus de décision. Contrairement au cinéma des années trente, les hommes qui la dirigent ne sont pas montrés comme des caïds risque-tout mais comme des hommes d’affaires, qui ont un bureau, une secrétaire et même une famille qui cause des soucis. Mais le personnage central de New York Confidential n’est l’un de ces patrons du crime mais son bras droit remarquablement interprété par Richard Conte, stylé et séduisant en apparence mais implacable tueur quand il s’agit de régler les problèmes. Finalement, New York Confidential est un étonnant précurseur, vingt ans auparavant, du Parrain de Coppola.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Broderick Crawford, Richard Conte, Marilyn Maxwell, Anne Bancroft, Mike Mazurki
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New York Confidential
Richard Conte  est un tueur stylé dans New York confidentiel de Russell Rouse

New York Confidential
Broderick Crawford  est l’un des chefs de la Mafia dans New York confidentiel de Russell Rouse, 20 ans avant Marlon Brando…

Remarque :
* Le terme « Mafia » n’est à aucun moment prononcé dans le film qui utilise le terme « Syndicat » ou « l’Organisation ».

(1) On pourrait citer The Captive City (1952) de Robert Wise, Hoodlum Empire (1952) de Joseph Kane ou encore The Turning Point (1952) de William Dieterle pour se limiter à ceux qui s’attachent à montrer le fonctionnement de la Mafia.
Il y en a beaucoup d’autres sur le thème du crime organisé  qui est l’un des sujets principaux de la décennie des années cinquante : The Enforcer de Raoul Walsh (1951), The Mob de Robert Parrish (1951), The Racket de John Cromwell (1952), The Narrow Margin de Richard Fleisher (1952), The Big Combo de Joseph H. Lewis (1955), etc.

15 avril 2015

Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen

Broadway Danny RoseDans un restaurant de New York, à la fin d’un repas, des artistes de cabaret se racontent des histoires sur les gens du métier. La discussion se centre sur Danny Rose, un impresario qui se dévouait corps et âmes pour ses artistes, des tocards ou des laissés pour compte. L’un d’entre eux, le crooner de seconde zone Lou Casanova semblait soudain profiter d’une vague nostalgique mais celui-ci avait alors une liaison avec une jeune femme, Tina, qui fréquentait la pègre… Dans la filmographie de Woody Allen, Broadway Danny Rose s’inscrit dans une série de films nostalgiques ou, du moins, se situant dans le passé (1). Le film est pour le cinéaste l’occasion de rendre hommage aux petits, aux obscurs qui font le métier, parfois avec une totale abnégation mais une inébranlable force de conviction. L’histoire est totalement rocambolesque et assez amusante. Broadway Danny Rose ne fait pas vraiment partie des meilleurs films de Woody Allen, le plus remarquable étant probablement l’extraordinaire prestation de Mia Farrow, que l’on n’imaginait pas pouvoir interpréter avec tant d’aisance une blonde un peu vulgaire à la voix haut-perchée. Elle montre indéniablement toute la versatilité de son talent.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Woody Allen, Mia Farrow
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Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen
Remarques :
* Mia Farrow porte des lunettes de soleil dans tout le film. On ne voit ses yeux que brièvement, quand elle se regarde dans la glace de la salle de bains par exemple. Woody Allen a dit avoir craint qu’elle ne puisse être crédible en « poule italienne » (« italian broad ») si l’on voyait ses yeux.

* Le film est presque atemporel car il est bien difficile de situer l’histoire racontée dans le temps ; la mention de l’atterrissage sur le Lune la situerait à la toute fin des années soixante.

* Le chanteur Lou Casanova est jouée par un authentique chanteur-crooner : Nick Apollo Forte. Woody Allen dit avoir eu beaucoup de mal à le faire jouer juste, ses scènes nécessitant parfois 40 prises. Il n’a tourné aucun autre film…

Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen

* Assis à la table du restaurant, les personnes qui évoquent leurs souvenirs sont de véritables artistes de music-hall. Celui qui raconte l’histoire de Danny Rose est Milton Berle (3e en partant de la gauche). On notera la présence dans le groupe de Jack Rollins (2è en partant de la droite), le producteur de Woody Allen, dont on connait si bien le nom puisqu’il ouvre tous les génériques de ses films (il a également un petit rôle dans Stardust Memories). A noter que Jack Rollins est né le 23 mars 1915, il vient donc d’avoir 100 ans… et continue de coproduire les films du cinéaste !

 

Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen
Woody Allen et Mia Farrow dans Broadway Danny Rose de Woody Allen

(1) Comédie érotique d’une nuit d’été (1982), Zelig (1983), Broadway Danny Rose (1984), La Rose Pourpre du Caire (1985), Radio Days (1987). Ces cinq films se suivent, hormis le fait que Hannah et ses soeurs (1986) s’intercale entre les deux derniers.

21 mars 2015

Looper (2012) de Rian Johnson

LooperKansas 2044. Un homme se tient au bord d’un champ de maïs. Il regarde sa montre et pointe son arme devant lui dans le vide… Quand on n’est pas prévenu, la première scène de Looper est une très grosse surprise. Ecrit et réalisé par le presque quarantenaire Rian Johnson, ce film de science-fiction est une variation originale et inattendue sur le thème du voyage dans le temps. Il en exploite assez élégamment les paradoxes, prend des libertés avec la logique (mais la logique est bien entendu assez malléable en matière de paradoxes temporels) et laisse la fin ouverte à interprétation(s). L’ensemble n’est pas sans humour, notamment grâce à certains personnages secondaires.  La réalisation est plutôt élégante, elle aussi, utilisant les effets spéciaux à bon escient et sans excès. L’acteur Joseph Gordon-Levitt a accepté de modifier son apparence et son jeu pour ressembler à un jeune Bruce Willis.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Joseph Gordon-Levitt, Bruce Willis, Emily Blunt, Paul Dano, Noah Segan, Jeff Daniels
Voir la fiche du film et la filmographie de Rian Johnson sur le site IMDB.

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Looper
Joseph Gordon-Levitt méconnaisable en Bruce Willis jeune dans Looper de Rian Johnson

Looper
Face à face… Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt dans Looper de Rian Johnson

20 février 2015

La Femme à abattre (1951) de Bretaigne Windust et Raoul Walsh

Titre original : « The Enforcer »

La femme à abattreMalgré d’intenses mesures de protection, la police ne peut empêcher la mort d’un truand qui avait accepté de témoigner contre son patron. Celui-ci risque de sortir libre du tribunal le lendemain. Les enquêteurs repassent en revue toute l’enquête pour trouver une preuve qui leur permettrait d’empêcher cela… The Enforcer marque un tournant dans l’histoire du cinéma car il marque le passage du film noir vers le crime organisé. Basée sur les révélations du truand Abe Reles, l’histoire se situe au moment où la police découvre la constitution d’une sorte de syndicat du crime. The Enforcer est d’ailleurs le premier film où sont employés les mots contract, hit, finger man (1), mots qui laissent les enquêteurs vraiment perplexes. Bien entendu, la stupeur de cette découverte ne joue plus sur nous aujourd’hui mais le film reste assez prenant grâce à un excellent déroulé du scénario, très accessible malgré l’imbrication de flashbacks. La séquence qui clôt le film est assez remarquable (les haut-parleurs et le reflet dans la porte sont des idées superbes).
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Humphrey Bogart, Zero Mostel, Ted de Corsia, Everett Sloane, Roy Roberts
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Remarques :
La femme à abattre* La plus grande partie de The Enforcer a été tournée sous la direction de Raoul Walsh : après quelques jours de tournage, le réalisateur Bretaigne Windust est tombé malade et c’est Humphrey Bogart qui a demandé à Raoul Walsh de le remplacer quelques jours. Sa maladie étant plus grave que prévue, Raoul Walsh a en réalité terminé le tournage ! Raoul Walsh n’est toutefois pas crédité au générique car il n’a pas voulu causer du tort à Bretaigne Windust qui pouvait percer grâce à ce film. Ce ne fut pas le cas : Bretaigne Windust n’a tourné ensuite que pour la télévision, son nom n’est guère connu des cinéphiles. A noter qu’il avait précédemment dirigé deux films avec Bette Davis : June Bride (1948) et Winter Meeting (1948) et qu’il était avant cela metteur en scène à Broadway.

The Enforcer
(de g. à d.) Roy Roberts, Zero Mostel et Humphrey Bogart dans The Enforcer.

* Le film est sorti au Royaume Uni sous le titre Murder, Inc. qui était dans la vie réelle le nom de l’organisation décrite par Abe Reles quelques mois avant le tournage du film.
* The Enforcer est le dernier film d’Humphrey Bogart pour la Warner, studio pour lequel il tournait depuis 1932.

Homonyme :
The Enforcer (L’inspecteur ne renonce jamais) de James Fargo (1976) avec Clint Eastwood en Dirty Harry.

(1) Contract = la commande du meurtre, hit = le meurtre lui-même, finger man = l’homme qui montre la cible.

30 décembre 2014

Sailor et Lula (1990) de David Lynch

Titre original : « Wild at Heart »

Sailor & LulaLa mère de Lula devient folle de voir sa fille partir en cavale avec Sailor lors de sa permission de sortie de prison. Elle finit par engager des tueurs… Sailor et Lula est adapté d’un roman de Barry Gifford que David Lynch enrichit de son univers pour en faire un road-movie très rock’n’roll, doté d’un certain lyrisme, imprégné de fantastique (et de références au Magicien d’Oz). Le cinéaste sait créer des images fortes, parfois cauchemardesques, frôlant la démesure. Si le film a pu nous ravir à sa sortie, il apparaît moins riche avec le recul, l’histoire semblant complexifiée artificiellement, avec les leitmotivs plutôt insistants, un contenu finalement bien plus pauvre que celui des films ultérieurs de David Lynch. Malgré tout, par son style, Sailor et Lula reste un film assez marquant.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Nicolas Cage, Laura Dern, Willem Dafoe, Diane Ladd, Isabella Rossellini, Harry Dean Stanton
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Remarques :
* Palme d’Or à Cannes en 1990
* Connu pour ses imitations d’Elvis Presley dont il est un grand fan (et dont il épousera brièvement la fille quelque douze ans plus tard), Nicolas Cage chante lui-même dans le film.
* La veste en peau de serpent est celle de Nicolas Cage. L’acteur a demandé à David Lynch s’il pouvait la porter en hommage à Marlon Brando dans The Fugitive Kind (L’homme à la peau de serpent) de Sydney Lumet (1960) d’après Tennessee Williams (qui est soit-dit en passant un cousin éloigné de Diane Ladd).
* Diane Ladd est la mère de Laura Dern dans la vraie vie.
* Sailor & Lula a eu une suite : Perdita Durango du mexicain Álex de la Iglesia avec Javier Bardem.

Sailor & Lula de David Lynch
Laura Dern et Nicolas Cage dans Sailor et Lula de David Lynch.

9 septembre 2014

Il était une fois dans l’Ouest (1968) de Sergio Leone

Titre original : « C’era una volta il West »

Il était une fois dans l'OuestAlors que la construction du chemin de fer progresse à travers le désert, un fermier et sa famille est assassiné. Au même moment arrive un mystérieux solitaire… Il était une fois dans l’Ouest est le plus connu des « westerns-spaghetti ». Développé à partir d’une idée de Sergio Leone et Bernardo Bertolucci, l’histoire assez simple reprend deux des thèmes majeurs du western : la revanche et la mutation de l’Ouest vers la modernité (symbolisée ici par l’arrivée du chemin de fer). Mais c’est bien entendu sa forme qui rend le film si unique : les longs plans, la lenteur extrême des gestes, les visages impénétrables, l’utilisation des sons et de la musique d’Ennio Morricone, etc. Sergio Leone esthétise, il amplifie à la limite de la caricature, et réussit à créer un véritable envoûtement. C’est avant tout un spectacle qu’il crée : le western-opéra. Les emprunts et clins d’oeil sont innombrables. De façon audacieuse, Henri Fonda est ici à contre-emploi dans un rôle de méchant. Le film est couramment tenu aujourd’hui en très haute estime (il en est d’ailleurs de même pour toute l’oeuvre de Sergio Leone), estime que l’on peut trouver un peu excessive.
Elle: 2 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson
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Remarques :
* Il était une fois dans l’Ouest n’eut aucun succès à sa sortie aux Etats-Unis. La version diffusée avait, il est vrai, été largement coupée au point de rendre le film parfois incompréhensible. Les américains ont dû attendre près de 15 ans avoir de voir une version plus complète. A noter que, dans son autobiographie, Henri Fonda a une interprétation différente de ce flop : selon lui, le public américain ne pouvait accepter de le voir tuer de sang froid un enfant.

* Bien qu’en format très large (2.35 :1), Sergio Leone n’a pas utilisé de lentille anamorphique (sinon les très gros plans apparaitraient déformés). Il utilise une fois de plus la technique du Techniscope qui consiste à placer deux images l’une au dessus de l’autre dans l’emplacement d’une seule image sur un film classique 35mm. L’avantage, en dehors des économies de pellicule, est de pouvoir utiliser les objectifs sphériques habituels. Le premier film en Techniscope serait La Princesse du Nil de Victor Tourjansky (1960).

* Une version Director’s Cut est sortie dans un DVD italien. Elle totalise 170 mn au lieu des 158 de la version internationale. Si on exclut le générique, ce sont 11 mn qui sont ajoutées, essentiellement des allongements de scènes déjà très longues. (Voir les différences)