27 novembre 2022

Manon 70 (1968) de Jean Aurel

Manon 70Jeune journaliste à Europe 1, Des Grieux rencontre Manon à l’aéroport de Tokyo et en tombe instantanément amoureux. A Paris, commence alors une relation passionnée mais ambigüe, perturbée par les intrigues intéressées de son frère Jean-Paul et les infidélités de Manon…
Manon 70 est un film français réalisé par Jean Aurel, d’après le roman Manon Lescaut de l’abbé Prévost. L’adaptation est signée Jean Aurel et Jacques Laurent (alias Cecil Saint-Laurent). Il s’agit d’une transposition dans le monde moderne du roman qui a connu de nombreuses adaptations, que ce soit au cinéma, à la télévision ou en opéra. Malgré les qualités de ses trois interprètes principaux, le film n’est pas franchement une réussite. Cet amour fou finit même par être ennuyeux. Catherine Deneuve y est toutefois resplendissante dans les robes d’Emanuel Ungaro. La musique est de Serge Gainsbourg.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Sami Frey, Jean-Claude Brialy, Elsa Martinelli
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean Aurel sur le site IMDB.

Manon 70Catherine Deneuve et Sami Frey dans Manon 70 de Jean Aurel.

Manon 70Catherine Deneuve et Jean-Claude Brialy dans Manon 70 de Jean Aurel.

Adaptations au cinéma :
1912 – Manon Lescaut, film français d’Albert Capellani
1914 – Manon Lescaut, film américain de Herbert Hall Winslow (en)
1918 – Manon Lescaut, film italien de Mario Gargiulo (it)
1926 – Manon Lescaut, film allemand de Arthur Robison
1927 – Le Roman de Manon, film américain d’Alan Crosland
1940 – Manon Lescaut, film italien de Carmine Gallone avec Alida Valli et Vittorio De Sica
1949 – Manon, film d’Henri-Georges Clouzot
1954 – Les Amours de Manon Lescaut (Gli amori di Manon Lescaut), film italien de Mario Costa
1968 – Manon 70, film français de Jean Aurel avec Catherine Deneuve
1981 – Manon, film japonais de Yōichi Higashi
2013 – Manon Lescaut, film français de Gabriel Aghion

19 juillet 2022

Suzanna Andler (2021) de Benoît Jacquot

Suzanna AndlerSuzanna Andler, une femme élégante d’une quarantaine d’années, est venue sur la Côte d’Azur pour louer une villa dans la perspective d’y passer l’été avec son amant, Michel Cayre…
Suzanna Andler est un film français de Benoît Jacquot, adapté de la pièce du même nom écrite par Marguerite Duras en 1968. Cette dernière l’avait librement adaptée en 1977 avec Baxter, Vera Baxter (1). Benoît Jacquot a été l’assistant de Marguerite Duras sur trois de ses films au début des années soixante dix (2),  et l’écrivaine lui avait proposé d’adapter Suzanna Andler au détour d’une conversation en 1994, peu de temps avant sa mort. Il lui avait promis de le faire. Il s’agit d’un portrait de femme avec peu de personnages (elle, son amant, une amie), où les dialogues ont toute leur importance. Il est certainement nécessaire de se remémorer le contexte de la fin des années soixante pour l’apprécier. Après des années où elle est restée dans l’ombre de son mari, Suzanna ressent soudain un grand souffle de liberté : elle n’a aucune contrainte matérielle, elle n’a que peu d’attaches, son mari la trompe constamment avec son consentement (forcé), elle a pris un amant. Mais elle ne sait quoi faire de cette liberté, quelle orientation donner à sa vie, et elle se retranche dans des mensonges : elle ment à son amant, elle ment à son amie. En revanche, la conversation au téléphone avec son mari est assez troublante car ils semblent tous les deux sincères et on mesure alors l’équilibre délicat qui s’est établi entre eux. Le personnage de Suzanna est insaisissable et toute la situation reste complexe, dans un état d’indécision. Il n’y a pas de réponse franche ni d’issue claire. Le texte est très beau et Benoît Jacquot réussit à créer une ambiance qui nous enveloppe avec des lents et longs mouvements de caméra et une utilisation parfaite des gros plans. Un envoutement. Si le film a été assez bien accueilli par la critique, on ne pourra en dire autant du public ! Certes, la forme peut rebuter (théâtre filmé, longs dialogues) mais Benoît Jacquot a réalisé une superbe adaptation et Charlotte Gainsbourg est remarquable.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Charlotte Gainsbourg, Niels Schneider, Julia Roy
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(1) Baxter, Vera Baxter de Marguerite Duras (1977), avec Delphine Seyrig et Gérard Depardieu
(2) Nathalie Granger (1972), La Femme du Gange (1973) et India Song (1974).

Suzanna AndlerNiels Schneider et Charlotte Gainsbourg dans Suzanna Andler de Benoît Jacquot.

15 juin 2022

La Collectionneuse (1967) de Eric Rohmer

La CollectionneuseAdrien et son ami Daniel passent le mois de juillet dans la propriété prêtée par un ami commun, isolée en bord de mer. Une inconnue, invitée également, finit par occuper l’essentiel de leurs pensées, les troublant autant par sa beauté que par son indépendance et sortant en ville chaque soir avec un nouvel inconnu. Chacun cherche à la dominer à sa manière, sous un détachement feint, par des jugements prétentieux et définitifs sur la vanité de son attitude…
La Collectionneuse est un film français réalisé par Éric Rohmer, son premier film en couleurs. C’est le quatrième des Six Contes moraux mais il a été réalisé avant le troisième (Ma nuit chez Maud). Le film est assez difficile à regarder tant il est empreint des explorations pseudo-intellectuelles de son époque. L’anticonformisme ostentatoire qu’affichent les personnages paraît extrêmement daté aujourd’hui, il s’est mué en superficialité. Le fort égocentrisme des personnages masculins et surtout leur vision dégradante des femmes provoquent même un certain malaise. Malgré la voix-off à la première personne du personnage principal (1), il est difficile de deviner la position du cinéaste tant il reste réservé, en retrait, dans son regard sur ces dandys « modernes ». Il ne cherche pas à provoquer la sympathie (ni l’antipathie), il observe avec précision et nous fait partager les réflexions de ses personnages. Le film bénéficie d’une certaine aura, celle des Six Contes moraux.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Patrick Bauchau, Haydée Politoff, Daniel Pommereulle
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Remarque :
* Rohmer a imaginé pour ce film un nouveau principe de fonctionnement : de longues répétitions où les acteurs improvisent dans un premier temps (ce qui a poussé à les créditer au générique pour avoir collaboré à l’écriture des dialogues) suivies de très peu de prises, en longs plans, non intrusifs.

(1) Rohmer a reconnu s’être inspiré de Paul Gégauff, scénariste de Claude Chabrol et dandy réputé, pour concevoir son film.

La CollectionneusePatrick Bauchau et Haydée Politoff dans La Collectionneuse de Éric Rohmer.

7 mars 2022

Arabesque (1966) de Stanley Donen

ArabesqueA Londres, le premier ministre d’une république orientale demande à David Pollock, spécialiste des hiéroglyphes, de s’infiltrer chez son adversaire, Nejim Beshraavi, un magnat du pétrole, pour y décoder un message secret. Mais Beshraavi prend David en otage. Il parvient à s’évader grâce à l’aide de Yasmin, la maîtresse de Beshraavi…
Arabesque est un film américain réalisé par Stanley Donen qui reprend les principes de son Charade qui avait connu un beau succès trois ans plus tôt. Il s’agit donc d’une comédie où un homme paisible se retrouve embarqué malgré lui dans une histoire d’espionnage assez extravagante. Cette situation fait penser à Hitchcock, notamment La Mort aux trousses mais le ton est beaucoup plus léger, les méchants sont hauts en couleur et l’esthétique est raffinée. Les décors et les innombrables tenues de Sophia Loren (créées par Christian Dior) donnent à l’ensemble une tonalité très mode sixties. Les couleurs sont éclatantes, les mouvements de caméra sont vifs et les cadrages élaborés. Rebondissements et scènes d’action s’enchaînent bien, il n’y a que peu de temps morts. Amusant et plaisant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Gregory Peck, Sophia Loren, Alan Badel, Kieron Moore, Carl Duering, John Merivale, Duncan Lamont
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ArabesqueSophia Loren et Gregory Peck dans Arabesque de Stanley Donen.

27 décembre 2021

La dernière lettre de son amant (2021) de Augustine Frizzell

Titre original : « The Last Letter from Your Lover »

Sa dernière lettre (The Last Letter from Your Lover)Au milieu des années 1960, la mondaine Jennifer Stirling souffre de pertes de mémoire après un accident de voiture. Incapable de se souvenir d’une grande partie de sa vie d’avant, elle est intriguée par une lettre qu’elle trouve cachée dans un livre, une lettre d’un certain « Boot » à « J ». Dans le Londres d’aujourd’hui, Ellie Haworth doit écrire un article et trouve dans les archives une lettre mal classée. Émue par les sentiments passionnés, elle cherche d’autres lettres avec l’aide du jeune archiviste…
La Dernière Lettre de son amant (The Last Letter from Your Lover) est un film romantique franco-britannique réalisé par l’américaine Augustine Frizzell et produit par Netflix. Il s’agit de l’adaptation du roman homonyme de la journaliste et romancière britannique Jojo Moyes. L’histoire est assez touchante mais très classique sur le thème de l’occasion manquée. La construction en parallèle sur deux périodes de temps éloignés n’est pas nouvelle mais permet d’enrichir le récit. Il manque toutefois un lien fort entre les deux héroïnes à cinquante ans d’intervalle (il semblerait que ce lien existe dans le roman). De ce fait, l’histoire au temps présent paraît bien faible, elle est juste sauvée par l’humour généré par la timidité de l’archiviste. L’interprétation est de bonne qualité. Hormis l’américaine Shailene Woodley, toute la distribution est britannique. L’ensemble est charmant mais loin d’être mémorable.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Shailene Woodley, Felicity Jones, Callum Turner, Nabhaan Rizwan, Joe Alwyn
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 La dernière lettre de son amant (The Last Letter from Your Lover)Shailene Woodley et Callum Turner dans La dernière lettre de son amant (The Last Letter from Your Lover) de Augustine Frizzell.

 La dernière lettre de son amant (The Last Letter from Your Lover)Felicity Jones et Nabhaan Rizwan dans La dernière lettre de son amant (The Last Letter from Your Lover) de Augustine Frizzell.

21 mars 2021

Men in Black 3 (2012) de Barry Sonnenfeld

Men in Black 3En 2012, sur la Lune, un extraterrestre boglodite très dangereux, Boris l’Animal, s’évade et retourne sur Terre avec un objectif : tuer K, l’agent qui l’a capturé en 1969 et lui a détruit le bras gauche…
Men in Black 3 est le troisième volet de la série de films Men in Black inspirée de l’univers du comic homonyme de Lowell Cunningham. Ces trois premiers volets ont été réalisés par Barry Sonnenfeld, le scénario du troisième est signé Etan Cohen (à ne pas confondre avec Ethan Coen, l’un des frères Coen). Il est assez différent des deux premiers : il est moins typé comédie mais il est doté d’un solide scénario qui joue brillamment avec les paradoxes du voyage dans le temps. L’humour est moins présent, il en reste suffisamment toutefois, ne serait-ce que par l’introduction de certains personnages, comme cet alien dont le comportement et le débit semblent calqués sur Robin Williams. Très plaisant, l’ensemble garde une personnalité qui le distingue des productions classiques de science-fiction de la décennie 2010.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Will Smith, Tommy Lee Jones, Josh Brolin, Jemaine Clement, Emma Thompson, Michael Stuhlbarg
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Men in Black 3Josh Brolin, Michael Stuhlbarg et Will Smith dans Men in Black 3 de Barry Sonnenfeld.

26 janvier 2021

Le Mans ’66 (2019) de James Mangold

Titre original : « Ford v Ferrari »

Le Mans '66 (Ford v Ferrari)Au début des années 1960, la Ford Motor Company connaît des problèmes financiers. Désireux de changer son image, Henry Ford II a le projet de battre Ferrari au 24 Heures du Mans. L’ex-pilote Carroll Shelby va ainsi développer la Ford GT40 Mk II avec l’aide de Ken Miles, un pilote britannique au caractère bien trempé qui ne plaît pas trop au sein de Ford…
Cette histoire tout à fait véridique avait tout pour séduire Hollywood, à tel point qu’elle parait très conventionnelle. L’image du visionnaire un peu excentrique qui parvient, non sans mal, à créer une avancée majeure dans son domaine est en effet assez récurrente dans le cinéma hollywoodien et souvent génératrice de succès. Le scénario joue beaucoup sur cet aspect think outside the box, de façon assez répétitive, insistant sur l’opposition des bureaucrates de Ford. Heureusement, les scènes de courses viennent couper ce qui aurait paru vraiment très long sans elles. Les vues prises de l’intérieur des voitures sont souvent époustouflantes. La course finale, les 24 Heures du Mans 1966, est particulièrement bien mise en scène avec un suspense intense et des images très prenantes. James Mangold a tenu à utiliser des images réelles, sans trucage numérique, pour mieux faire ressentir au spectateur les risques insensés que prenaient les pilotes à cette époque. Sur ce plan, il a vraiment réussi.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Matt Damon, Christian Bale, Jon Bernthal, Caitriona Balfe, Josh Lucas, Tracy Letts
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Le Mans '66 (Ford v Ferrari)Matt Damon et Christian Bale dans Le Mans ’66 (Ford v Ferrari) de James Mangold.

11 octobre 2020

Les Amours d’une blonde (1965) de Milos Forman

Titre original : « Lásky jedné plavovlásky »

Les amours d'une blonde (Lásky jedné plavovlásky)Zruc, Tchécoslovaquie, années 1960 : l’un des responsables d’une usine de fabrication de chaussures, dont le personnel est très majoritairement jeune et féminin, convainc la hiérarchie militaire d’organiser des manœuvres dans les environs. Son intention est d’organiser des bals pour que ses ouvrières rencontrent des hommes. Peu intéressée par les militaires présents, Andula fait la connaissance du jeune pianiste de l’orchestre et en tombe amoureuse…
Les Amours d’une blonde est le second long métrage de Miloš Forman. Le réalisateur tchécoslovaque de 32 ans dresse un portrait de la jeunesse de son pays natal. S’éloignant du discours officiel, il nous la montre de façon très réaliste, empêtrée dans les conventions sociales, le poids de la famille et le machisme. C’est aussi un portrait social. Il est ainsi très étonnant de voir l’organisation de cette usine : les jeunes filles vivent dans un internat et le responsable veut leur faire rencontrer des hommes afin qu’elles travaillent mieux et que l’usine puisse ainsi atteindre ses quotas de production. Trait caractéristique du cinéaste, surtout dans sa période tchécoslovaque, il utilise largement l’humour et la dérision, y compris dans les scènes plus dramatiques, le meilleur exemple étant la scène chez les parents du jeune homme. En fait, l’humour est présent dans presque toutes les scènes ce qui donne une certaine légèreté à l’ensemble sans en affaiblir le propos. Le film a été très remarqué dans les pays occidentaux à sa sortie.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Hana Brejchová, Vladimír Pucholt, Vladimír Mensík
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Les amours d'une blonde (Lásky jedné plavovlásky)Hana Brejchová dans Les amours d’une blonde (Lásky jedné plavovlásky) de Milos Forman.

29 septembre 2020

Once Upon a Time… in Hollywood (2019) de Quentin Tarantino

Once Upon a Time... in HollywoodHollywood, 1969. Rick Dalton est une star de télévision et de séries B sur le déclin. Son ami le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, l’accompagne et le suit dans sa carrière. Son agent lui annonce qu’il est désormais ringard, à force de toujours jouer des méchants perdants dans des séries. Il lui propose, pour redonner un souffle à sa carrière, de partir en Italie pour tourner un western spaghetti…
Once Upon a Time… in Hollywood est un film américano-britannique écrit, coproduit et réalisé par Quentin Tarantino. Le réalisateur dresse le portrait d’une industrie en pleine mutation au sein d’une société qui l’était tout autant en cette fin des années soixante. Il met à l’affiche deux grandes stars, Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, ce qui constitue un atout commercial évident. L’atmosphère est particulièrement bien récréée. C’est surtout un film d’atmosphère d’ailleurs car il n’y a que peu de scénario ; le récit piétine et le film paraît long, ennuyeux même. Comme on le sait, Tarantino est un grand connaisseur du cinéma de série B de cette époque et il parsème l’histoire de multiples références qui sont le délice de ceux qui les détectent. Il évoque plus particulièrement un évènement tragique, l’assassinat de Sharon Tate, en transformant ostensiblement la réalité dans un épilogue presque puéril (qui a le seul mérite d’être à contre-pied de ce que l’on attend). La critique a été majoritairement dithyrambique.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Emile Hirsch, Al Pacino
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Once Upon a Time... in HollywoodLeonardo DiCaprio et Brad Pitt dans Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino.

11 juin 2020

Model Shop (1969) de Jacques Demy

Model ShopLos Angeles. Après des études d’architecture, George est actuellement sans emploi car il refuse d’être employé dans un cabinet. Il doit absolument trouver cent dollars dans la journée pour payer une traite de sa voiture. En allant voir un ami, il aperçoit une belle femme vêtue de blanc dans une voiture blanche et se met à la suivre…
A l’été 1968, Jacques Demy était initialement venu à Los Angeles pour des vacances mais, fasciné par la ville, il voulut y faire un film. Model Shop fut ainsi produit par la Columbia mais Demy n’est aucunement rentré dans le jeu d’Hollywood. Il a préféré éviter stars et gros budgets qu’il aurait pu obtenir après le succès des Parapluies de Cherbourg. C’est un film très personnel qui, à la fois capte l’esprit de son temps, entre désillusion et quête de sens, et donne une vision de cette mégapole quadrillée par ses longues rues rectilignes aux multiples poteaux électriques. Anouk Aimée, qui reprend le personnage de Lola quelques années plus tard, apporte une touche d’onirisme et va être le déclencheur d’un nouvel espoir de vivre. A noter la présence du groupe pop Spirit dont les membres symbolisent une certaine insouciance ou une autre voie, l’esprit hippie naissant. Le film n’eut aucun succès et reste aujourd’hui l’un des films les plus méconnus de Jacques Demy.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Anouk Aimée, Gary Lockwood, Alexandra Hay
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Remarque :
* Jacques Demy avait initialement choisi Harrison Ford, alors totalement inconnu, pour le rôle principal. La Columbia l’a refusé et lui a imposé Gary Lockwood, alors auréolé du succès de 2001, l’odyssée de l’espace. Le bout d’essai qu’Agnès Varda (qui avait accompagné son mari à Los Angeles) avait fait tourner à Harrison Ford figure dans son film-documentaire Les Plages d’Agnès.

Model ShopAnouk Aimée et Gary Lockwood dans Model Shop de Jacques Demy.

Model Shop Gary Lockwood dans Model Shop de Jacques Demy.