15 novembre 2017

Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen (1943) de Josef von Báky

Titre original : « Münchhausen »
Autres titres français : « Les Aventures du Baron de Muenchhausen », « Les Aventures du Baron Münchhausen », « Le Baron de Muenchhausen »

Le Baron de MuenchhausenUn descendant du baron de Münchhausen raconte à un jeune couple de ses amis les aventures tumultueuses de son illustre aïeul…
Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen est un film allemand réalisé en pleine guerre à la demande de Goebbels pour le 25e anniversaire de la UFA. En dépit de ce lourd pedigree, cette superproduction ne présente étonnamment aucun caractère de propagande (ce qui valut à Fritz Hippler de perdre son poste de directeur des films du Reich et d’être envoyé sur le front). Le budget mis à disposition fut très important (1) et de nombreuses scènes restent impressionnantes aujourd’hui par leur ampleur. Le faste des multiples décors et des costumes, magnifiés par la couleur (Agfacolor), n’a rien à envier aux superproductions américaines de l’époque. Mais le plus étonnant reste le modernisme de l’ensemble par les techniques employées et les trucages. L’exagération des récits du baron est bien retranscrite et l’humour très présent. Il y aussi de belles trouvailles de scénario, des notes poétiques et même quelques scènes de nudité totale assez osées (qui furent toutefois coupées dans les versions commerciales). Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen connurent un grand succès pendant et après la guerre. Le film a été magnifiquement restauré dans sa presque totalité en 2016 à partir de plusieurs sources.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Hans Albers, Käthe Haack, Brigitte Horney, Wilhelm Bendow, Ilse Werner
Voir la fiche du film et la filmographie de Josef von Báky sur le site IMDB.

Voir les livres sur le cinéma allemand

Remarques :
* Agfacolor est un procédé de film couleur mis au point par Agfa dans les années trente. Une douzaine de longs métrages allemands ont été tournés en Agfacolor entre 1940 et 1945. Münchhausen est le troisième. A la fin de la guerre, les Alliés ont mis la main sur les stocks (l’utilisation la plus célèbre est celle d’Eisenstein pour Ivan le Terrible). L’usine se retrouvant en Allemagne de l’Est fut renommé ORWO par les russes et le procédé, OrwoColor. De leur côté, les américains exploitèrent le procédé sous le nom Anscochrome, du nom de la filiale américaine d’Agfa, Ansco, pour un nombre de films très limité.
* Le réalisateur d’origine hongroise Josef von Báky ne produira que des films peu remarquables par la suite. On peut donc se demander s’il ne fut qu’un simple exécutant sur ce projet.

(1) Le budget aurait été de l’ordre de 6,5 millions de Reichsmarks, ce qui équivaut à 2,6 millions de dollars de la même époque, soit les ¾ du budget estimé d’Autant en emporte le vent (1939).

Münchhausen
Hans Albers et Brigitte Horney dans Le Baron de Muenchhausen de Josef von Báky.

Münchhausen
Brève mais très impressionnante scène tournée à Venise avec des gondoles de collection dans Le Baron de Muenchhausen de Josef von Báky.

Münchhausen
Hans Albers et Marianne Simson dans Le Baron de Muenchhausen de Josef von Báky.

Autres adaptations :
Les Aventures du baron de Münchausen de Georges Méliès (1911)
Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen de l’allemand de Josef Von Baky (1943) réalisé pour les 25 ans de la UFA à la demande de Goebbels.
Le Baron de Crac de Karel Zeman (1962)
Les fabuleuses aventures du légendaire Baron de Munchausen de Jean Image (1979), dessin animé
Le Secret des Sélénites de Jean Image (1984), dessin animé.
Les Aventures du baron de Munchausen de Terry Gilliam (1988)

14 novembre 2017

L’Homme irrationnel (2015) de Woody Allen

Titre original : « Irrational Man »

L'homme irrationnelProfesseur de philosophie en université, Abe Lucas arrive dans la ville où il vient d’être nommé. Il se lie rapidement d’amitiés avec Jill Pollard, une étudiante assez brillante fascinée par sa personnalité… Avec L’Homme irrationnel, Woody Allen renoue avec certains de ses thèmes favoris : la crise existentialiste et la futilité de la vie. « Peut-on, par un acte irrationnel, chercher à donner un sens à sa vie ? » semble t-il s’interroger. Son histoire évolue ensuite vers une comédie policière mâtinée d’un humour noir plutôt sérieux et où la vraisemblance n’est pas vraiment recherchée. Comme souvent, Woody Allen s’amuse à jouer sur plusieurs registres au prix de ne pas toujours trouver l’équilibre parfait. L’interprétation de Joaquin Phoenix en bedonnant quarantenaire montre une force certaine et Emma Stone possède une très grande présence à l’écran, elle sait donner de l’intensité à son personnage. Même si toutes ces réflexions n’aboutissent pas réellement sur grand chose, L’Homme irrationnel est plaisant.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Joaquin Phoenix, Emma Stone, Jamie Blackley, Parker Posey
Voir la fiche du film et la filmographie de Woody Allen sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Woody Allen chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Woody Allen

L'Homme irrationnel
Joaquin Phoenix et Emma Stone dans L’homme irrationnel de Woody Allen.

L'Homme Irrationnel
Woody Allen, Emma Stone et Joaquin Phoenix sur le tournage de L’homme irrationnel de Woody Allen.

12 novembre 2017

Le Refroidisseur de dames (1968) de Jack Smight

Titre original : « No Way to Treat a Lady »

Le Refroidisseur de damesUn pasteur, paraissant d’humeur fort gaie, s’introduit chez une veuve sexagénaire. Après l’avoir mise en confiance, il l’étrangle et dépose le cadavre dans la salle de bains. Le détective Morris Brummell est chargé de l’affaire… Basé sur un roman de William Goldman, le scénario de No Way to Treat a Lady comporte certaines originalités, à la fois dans le mode opératoire de ce tueur en série et dans le jeu qu’il joue avec la police. Le moyen utilisé par la police pour le forcer à se dévoiler est aussi inattendu. Certes, ces originalités paraissent moins criantes après un demi-siècle supplémentaire de thrillers mais on peut se demander pourquoi, avec ces atouts, le résultat paraît si fade. Ce n’est pas la faute de Rod Steiger qui fait une belle prestation dans ses multiples déguisements, donnant de la puissance à son personnage, sans aucun excès. Non, les raisons sont plutôt à chercher du côté de la mise en scène de Jack Smight qui a bien du mal à trouver la difficile symbiose recherchée entre le film noir et la comédie. L’assemblage est au moins inattendu mais l’ensemble montre une certaine mollesse. Le film nous laisse sur une vague impression qu’il aurait pu être beaucoup mieux…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Rod Steiger, Lee Remick, George Segal
Voir la fiche du film et la filmographie de Jack Smight sur le site IMDB.

Voir les autres films de Jack Smight chroniqués sur ce blog…

Le refroidisseur de dames
Rod Steiger dans l’un de ses multiples déguisements de Le Refroidisseur de dames de Jack Smight.

Le refroidisseur de dames
Lee Remick et George Segal dans Le Refroidisseur de dames de Jack Smight.

10 novembre 2017

Livres sur le cinéma : nouvelles parutions au 10/11/2017

Livres sur le cinéma – Les sorties de la quinzaine (sélection) :

> Voir aussi tous les livres sur le cinéma récemment sortis


Cinéma de minuit : 40 ans - 2 000 filmsTITRE : Cinéma de minuit
… 40 ans – 2 000 films
AUTEUR : Patrick Brion
EDITEUR : Télémaque
SORTIE : 02 novembre 2017
SUJET : Les Films > Sélections de films
La cinémathèque idéale existe : depuis 40 ans, le Cinéma de minuit vous l’offre tous les dimanches soir sur France 3. Deux mille films inédits ou méconnus, perles rares ou chefs-d’œuvre incontestés des cinémas français, italiens, anglais, américains, russes, espagnols ou allemands. Deux mille soirées présentées dans l’ordre chronologique de leur diffusion depuis mars 1976. (lire la suite)


Les Frères Coen: 30 ans de films cultesTITRE : Les Frères Coen
… 30 ans de films cultes
AUTEUR : Ian Nathan
EDITEUR : Gallimard
SORTIE : 02 novembre 2017
SUJET : Réalisateur > Frères Coen
Leurs longs métrages sont décalés, drôles et acides à la fois. Leurs histoires ont traversé frontières et océans, peuplées de personnages hauts en couleur. Plus connus sous le patronyme des « frères Coen », Ethan et Joel ont réalisé dix-sept films en trente années et ont croisé les plus grands noms du septième art… (lire la suite)


Jean-Pierre Melville:le solitaireTITRE : Jean-Pierre Melville
… le solitaire
AUTEUR : Bertrand Tessier
EDITEUR : Fayard
SORTIE : 02 novembre 2017
SUJET : Réalisateur > Jean-Pierre Melville
De Bob le flambeur au Cercle rouge en passant par Le Samouraï, les films de Jean-Pierre Melville sont entrés dans la mémoire collective. Plus de quarante ans après sa disparition, ils ont gardé toute leur modernité et continuent d’influencer des réalisateurs comme Quentin Tarantino ou les nouveaux maîtres du cinéma asiatique… (lire la suite)


Les Demoiselles de Rochefort:Histoires de soeursTITRE : Les Demoiselles de Rochefort
… Histoires de soeurs
AUTEUR : Elsa Wolinski et Natacha Wolinski
EDITEUR : Editions de la Martinière
SORTIE : 26 octobre 2017
SUJET : Un Film > Les Demoiselles de Rochefort
Le livre que tous les fans du film attendaient, signé des demi-sœurs Elsa et Natacha Wolinski, avec de nombreuses photos inédites des jumelles les plus célèbres du cinéma !
(lire la suite)


Obsession Marlène:La collection Pierre PassebonTITRE : Obsession Marlène
… La collection Pierre Passebon
AUTEUR : Henry-Jean Servat
EDITEUR : Flammarion
SORTIE : 08 novembre 2017
SUJET : Acteur > Marlene Dietrich
Une sélection de photographies extraites de la collection de Pierre Passebon, admirateur de l’actrice et petite étude sur le rapport à l’image de Marlene Dietrich…
(lire la suite)


Star WarsTITRE : Star Wars
AUTEUR : Will Brooker
EDITEUR : Akileos
SORTIE : 26 octobre 2017
SUJET : Un Film > Star Wars
L’analyse éclairante de Will Brooker s’attaque à bon nombre de ces idées préconçues. L’auteur propose une étude détaillée de Star Wars en tant qu’objet filmique, examinant minutieusement les plans, le montage, le design sonore, la réalisation et le jeu des acteurs… (lire la suite)


Le Voyage de ChihiroTITRE : Le Voyage de Chihiro
AUTEUR : Andrew Osmond
EDITEUR : Akileos
SORTIE : 26 octobre 2017
SUJET : Un Film > Le Voyage de Chihiro
L’analyse éclairée d’Andrew Osmond permet de comprendre comment Miyazaki a réalisé Le Voyage de Chihiro avec une liberté créative inimaginable dans le cinéma populaire, mettant à profit des visions délicieuses et délirantes pour se pencher sur des problèmes qui s’étendent de l’autonomie et de la responsabilité personnelle à l’état lamentable du Japon tel que le perçoit le réalisateur… (lire la suite)


Bambi: le livre du 75e anniversaireTITRE : Bambi
… le livre du 75e anniversaire
AUTEUR : Pierre Lambert
EDITEUR : Huginn & Muninn
SORTIE : 03 novembre 2017
SUJET : Un Film > Bambi
Cet ouvrage est guidé par la volonté de rendre hommage aux artistes qui participèrent entre 1938 et 1942 à la création de l’un des chefs-d’oeuvre de Walt Disney… (lire la suite)


Star Wars - Les Archives:Tous les plans et concepts de la première trilogieTITRE : Star Wars – Les Archives
… Tous les plans et concepts de la première trilogie
AUTEUR : J-W Rinzler
EDITEUR : Huginn & Muninn
SORTIE : 10 novembre 2017
SUJET : Un Film > Star Wars
Quand la galaxie n’était encore que des croquis : planètes, droïdes, vaisseaux, armes… Commenté par J. W. Rinzler, cet ouvrage d’exception rassemble tous les dessins techniques d’origine créés par les artistes de cinéma les plus talentueux de leur génération… (lire la suite)


Star Wars : Tout l'art de Ralph McQuarrie - volume 2TITRE : Star Wars
… Tout l’art de Ralph McQuarrie – volume 2
AUTEUR : Collectif
EDITEUR : Huginn & Muninn
SORTIE : 10 novembre 2017
SUJET : Un Film > Star Wars
Le deuxième volume de l’intégrale de l’oeuvre du plan grand concepteur graphique de la saga, 400 pages de crayonnés cultes ou inédits. (lire la suite)


Star Wars : Les plus belles illustrationsTITRE : Star Wars
… Les plus belles illustrations
AUTEUR : Collectif
EDITEUR : Huginn & Muninn
SORTIE : 10 novembre 2017
SUJET : Un Film > Star Wars
Cet ouvrage est la réédition augmentée d’un cahier supplémentaire d’un ouvrage paru sous le titre « Le Meilleur des illustrations » chez Huginn&Muninn et aujourd’hui épuisé. Il présente tous les plus grands chefs d’oeuvres de « l’art Star Wars »… (lire la suite)


Je suis ton père : Origines et héritages d'une saga intergalactiqueTITRE : Je suis ton père
… Origines et héritages d’une saga intergalactique
AUTEUR : Collectif
EDITEUR : Huginn & Muninn
SORTIE : 10 novembre 2017
SUJET : Un Film > Star Wars
Le décryptage de l’origine du mythe Star Wars, réinterprété par les artistes du Geek Art. (lire la suite)


> Voir tous les livres sur le cinéma récemment sortis

9 novembre 2017

Knock (1951) de Guy Lefranc

KnockLe docteur Knock arrive à Saint-Maurice pour reprendre le cabinet du docteur Parpalaid dont la clientèle était plutôt rare. Mais Knock a une autre vision, il est bien décidé à faire entrer ce modeste village dans ce qu’il appelle « l’ère de la médecine »…
Jules Romains a écrit sa pièce Knock ou le Triomphe de la médecine en 1923. Mise en scène et interprétée sur les planches par Louis Jouvet, elle fut plusieurs fois portée à l’écran, dont deux fois par Louis Jouvet. Cette version de 1951 est la plus connue, elle est un peu en deçà de la version de 1933, plus « inquiétante ». Cinématographiquement, il n’y a rien d’exceptionnel ici mais le texte de Jules Romains est un délice de tous les instants, surtout lorsqu’il sort de la bouche de Louis Jouvet. Le docteur Knock est avant tout un manipulateur : la pièce a été écrite à une époque où la publicité nous arrivait des Etats-Unis et l’idée de génie de Jules Romains fut d’appliquer (par humour) le pouvoir de persuasion de la « réclame » à la médecine. Rappelons aussi que l’assurance-maladie universelle n’existait pas en 1923 et c’est pour cette raison que le docteur s’intéresse de si près aux revenus de ses clients. Le docteur Knock fait du marketing. Dans les seconds rôles, on remarquera Pierre Renoir, Jane Marken ou encore le jeune Jean Carmet.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Louis Jouvet, Jean Brochard, Pierre Renoir, Pierre Bertin, Marguerite Pierry, Jean Carmet, Jane Marken
Voir la fiche du film et la filmographie de Guy Lefranc sur le site IMDB.

Adaptations de la pièce de Jules Romains :
Knock (1925) de René Hervil avec Fernand Fabre
Knock (1933) de Roger Goupillières avec Louis Jouvet
Knock (1951) de Guy Lefranc avec Louis Jouvet
Knock (2017) de Lorraine Levy avec Omar Sy

Knock
« Attention, ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ? » Louis Jouvet et Yves Deniaud dans Knock de Guy Lefranc (1951).

Knock
Louis Jouvet et André Dalibert dans Knock de Guy Lefranc (1951).

8 novembre 2017

J. Edgar (2011) de Clint Eastwood

J. EdgarJ. Edgar Hoover raconte à une jeune recrue chargée d’écrire sa biographie les quelque cinquante années qu’il a passées à la tête du FBI … Ce film d’Eastwood laisse un goût un peu bizarre. Hoover est un personnage guère recommandable, capable de toutes les bassesses pour poursuivre sa croisade obsessionnelle contre le crime et la « subversion bolchévique ». Avec ses dossiers secrets, il a fait chanter plusieurs générations d’hommes et femmes publiques, y compris plusieurs présidents (de Roosevelt à Nixon), ce qui explique sa longévité. Le regard que Clint Eastwood porte sur Hoover est aussi ambigu qu’inconsistant. Il est ambigu car le réalisateur, qui n’a jamais caché ses préférences politiques, décrit bien toutes les tares du personnage mais tend à les minimiser ou à les expliquer, et donc les justifier. Il est inconsistant car finalement il ne dit rien. L’art de Clint Eastwood est dire les choses tout en laissant quelques pistes pour pouvoir éventuellement y voir le contraire : par exemple, il nous montre une enquête rondement et intelligemment menée aboutissant à l’arrestation du kidnappeur du fils Lindbergh tout en introduisant une petite confusion dans les détails qui permet à certaines personnes attentives (ou à l’esprit mal tourné !) de comprendre que les preuves ont été fabriquées de toutes pièces. Ainsi, il coupe court à la critique et satisfait tout le monde. Finalement, il parvient à contourner tous les sujets qui fâchent et noie l’ensemble dans un torrent de sentimentalisme bon marché sur son homosexualité (présumée) à propos de laquelle il réussit à ne rien dire du tout (si ce n’est qu’il était homosexuel sans l’être vraiment) et sur sa mère castratrice qui en a fait un infirme social… Si le film est très ambigu sur le fond du fait de la fascination d’Eastwood pour son personnage, la forme est plus séduisante : extrêmement convaincant dans son personnage, Leonardo Di Caprio fait une superbe prestation et son maquillage de sexagénaire est extraordinaire. Le pauvre Armie Hammer n’a pas eu la même chance : vieilli, il semble affublé d’un masque mal ajusté qui aurait été prévu pour quelqu’un d’autre. Les critiques furent unanimement élogieuses…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Naomi Watts, Judi Dench
Voir la fiche du film et la filmographie de Clint Eastwood sur le site IMDB.

Voir les autres films de Clint Eastwood chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Clint Eastwood

J. Edgar
Leonardo DiCaprio et Armie Hammer dans J. Edgar de Clint Eastwood.

7 novembre 2017

John McCabe (1971) de Robert Altman

Titre original : « McCabe & Mrs. Miller »

John McCabeArrivé dans une petite bourgade minière du nord de l’Ouest américain, un joueur professionnel itinérant décide d’ouvrir un bordel. Il s’associe avec une prostituée pour la gérer… Librement adapté d’un roman d’Edmund Naughton, John McCabe est souvent cité comme l’un des meilleurs représentants du genre que l’on nomme (un peu pompeusement) « le western crépusculaire » des années soixante-dix (les anglo-saxons emploient plus justement le terme « western révisionniste ») : point de soleil brûlant encore moins de désert… la végétation est abondante, il pleut sans arrêt, il fait froid et même la neige (non prévue au scénario) s’installe. Point de héros, ni de noble cause à défendre… rien ni personne n’est reluisant. L’individualisme règne en maître et cette difficile période de transition où la Loi n’existait pas encore est décrite crûment et sans fard (1). John McCabe est un film qui a beaucoup de style avec la musique plaintive de Leonard Cohen dont les paroles collent si bien au propos du film qu’elles sembleraient presque composées spécialement pour lui et la photographie de Vilmos Zsigmond, expert de l’exploitation de la lumière naturelle, qui utilise des filtres jaune-bruns pour créer une atmosphère très prégnante. A mes yeux, la forme très stylée de John McCabe enchante plus que le fond que je dois avouer avoir trouvé un peu ennuyeux.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Warren Beatty, Julie Christie, Shelley Duvall, Keith Carradine
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Altman sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Robert Altman chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Robert Altman

Remarques :
* Robert Altman a décrit son film comme un « anti-western ».
* Warren Beatty et Julie Christie vivaient ensemble à cette époque et avaient un fort désir de jouer ensemble.
* John McCabe utilise trois chansons de Leonard Cohen : « The Stranger Song », « Sisters of Mercy » et « Winter Lady ».

(1) Beaucoup ont vu aussi dans John McCabe une critique de la concentration économique en sociétés mais, s’il peut sembler probable que ce fut dans les intentions du réalisateur, la démonstration n’est pas (du moins à mes yeux) vraiment probante.

John McCabe
Warren Beatty et Julie Christie dans John McCabe de Robert Altman.

Tournage de John McCabe
Warren Beatty, Vilmos Zsigmond et Robert Altman sur le tournage de John McCabe de Robert Altman.

6 novembre 2017

L’Assaut (1936) de Pierre-Jean Ducis

L'assautLeader politique en pleine ascension et promis à de hautes fonctions, Alexandre Mérital est accusé par un homme au passé trouble d’un vol commis dans sa jeunesse… Film rare, L’Assaut est adapté d’une pièce écrite en 1912 par Henri Bernstein, dramaturge souvent adapté au cinéma (Mélo par Czinner puis par Alain Resnais, Le Bonheur par Marcel L’Herbier, Samson par Maurice Tourneur, Orage par Marc Allégret, etc.) L’intrigue permet de vérifier que les scandales politiques du type « un homme politique personnifiant l’honnêteté se retrouve accusé de malversation » n’est pas spécifique à notre époque récente (!)  La mise en scène de Pierre-Jean Ducis est assez fade, sans éclat malgré une bonne distribution. Charles Vanel tient bien son personnage qui est plus âgé que lui d’environ dix ans. L’assaut n’est pas franchement remarquable mais se regarde tout de même avec intérêt.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Charles Vanel, Alice Field, André Alerme, Madeleine Robinson
Voir la fiche du film et la filmographie de Pierre-Jean Ducis sur le site IMDB.

Remarques :
* Ingénieur des Travaux Publics et directeur d’usine, Pierre-Jean Ducis s’est tourné vers le cinéma par passion au début des années trente. D’abord assistant, il a réalisé une douzaine de longs métrages et autant de courts métrages, le plus souvent des comédies. Au début des années quarante, il abandonne sans raison clairement établie et reprend son ancien métier d’ingénieur. Il n’est guère cité dans les encyclopédies et autres dictionnaires sur le cinéma. Les informations ci-dessus sont reprises de L’Encinéclopédie de Paul Vecchiali qui est l’un des rares à en parler un tant soit peu longuement.
*A noter, la présence de la presque débutante Madeleine Robinson dans un petit rôle (Georgette).
* Malgré les consonances anglo-saxonnes de son nom, Alice Field est une actrice française (née en Algérie). Son vrai nom est Alice Fille.

L'Assaut
Charles Vanel et Alice Field dans L’assaut de Pierre-Jean Ducis.

4 novembre 2017

Life (2015) de Anton Corbijn

LifeJanvier 1955. Le photographe Dennis Stock, qui travaille pour Magnum et a déjà réussi à placer ses clichés dans le magazine Life, cherche de bons sujets pour que sa démarche artistique soit reconnue. A une réception chez le réalisateur Nicholas Ray, il rencontre James Dean. L’acteur (alors fraichement issu de l’Actor’s Studio de Kazan) vient de tourner A l’est d’Eden qui n’est pas encore sorti et espère être choisi par Nicholas Ray pour La Fureur de vivre
Des trois principaux photographes ayant photographiés James Dean, Dennis Stock est le second (les deux autres sont Roy Schatt et Phil Stern). Anton Corbijn nous fait revivre cette rencontre. Tous deux sont de la même génération, celle qui a eu 20 ans juste après la guerre. Le réalisateur nous montre un James Dean méfiant envers la célébrité, reprenant ainsi l’image traditionnellement associée à l’acteur (alors que James Dean est devenu l’icône que l’on sait après sa mort et que son image de rebelle a été fortement amplifié par la Warner pour des raisons commerciales, deux des trois films qu’il a tournés n’étant pas encore sortis au moment de son accident fatal en septembre 1955). Ceci dit, le sujet principal du film n’est pas tant James Dean mais plutôt le photographe Dennis Stock qui cherche à saisir l’essence de son sujet, montrer sa vraie personnalité. Robert Pattinson est très convaincant dans le rôle de ce photographe mais cela ne compense pas la prestation assez fade de Dane DeHaan. L’ensemble n’est hélas pas très passionnant et il faut vraiment se forcer pour s’intéresser à cette histoire.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Robert Pattinson, Dane DeHaan, Ben Kingsley
Voir la fiche du film et la filmographie de Anton Corbijn sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Anton Corbijn chroniqués sur ce blog…

Life
Dane DeHaan est James Dean dans Life de Anton Corbijn (le réalisateur précise qu’il n’a pas cherché la ressemblance physique).

Life
Robert Pattinson est le photographe Dennis Stock dans Life de Anton Corbijn. Il utilise un Leica M3.  Dans cette scène, il est en train de prendre la photo ci-dessous :

James Dean
Photo de James Dean par Dennis Stock à Times Square en janvier 1955. Cette photo verticale est remarquablement construite.  Elle est hélas souvent montrée recadrée en horizontal ce qui lui fait perdre toute sa force. Cette photo est devenue très emblématique après la mort de James Dean : seul et inconnu dans la grande ville, il semble marcher vers un destin qu’il ne connaitra jamais.

2 novembre 2017

La Mouche (1986) de David Cronenberg

Titre original : « The Fly »

La MoucheUn biologiste surdoué qui travaille en solitaire sur la téléportation montre à une jeune journaliste le fruit de ses recherches. Il est sur le point d’aboutir à parvenir à téléporter de la matière vivante et a bien l’intention de le tester sur lui-même… Produit par Mel Brooks, La Mouche de David Cronenberg est le remake de La Mouche noire, film d’horreur de Kurt Neumann (1958). Le thème est très proche de celui de La Métamorphose de Kafka et interroge la définition de l’humain : dans cette lutte entre le corps et l’esprit, jusqu’à quel point est-on humain ? À quel moment perd-on son humanité ? On peut également voir au passage une variation sur la notion très nietzschéenne du Surhomme. Cronenberg va beaucoup plus loin dans ces réflexions que Neumann et son film est nettement plus abouti. Tout cela est assez réjouissant mais, visuellement, ça se gâte : alors que la première version cachait pudiquement le visage du métamorphosé sous un linge, Cronenberg montre toutes les phases de transformation avec un luxe de détails et il faut avoir le cœur bien accroché. On peut s’interroger sur l’intérêt d’un tel étalage.  Adulé par les amateurs du genre, La Mouche reste le plus grand succès commercial de David Cronenberg.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jeff Goldblum, Geena Davis, John Getz
Voir la fiche du film et la filmographie de David Cronenberg sur le site IMDB.

Voir les autres films de David Cronenberg chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur David Cronenberg

La Mouche
Geena Davis et Jeff Goldblum dans La Mouche de David Cronenberg.

La Mouche
Geena Davis et Jeff Goldblum dans La Mouche de David Cronenberg.

Remarque :
Le film a eu une suite qu’il n’est apparemment pas vraiment utile de voir :
La Mouche 2 (The Fly 2) de Chris Walas (1989) avec Eric Stoltz