1 avril 2019

Les Associés (2003) de Ridley Scott

Titre original : « Matchstick Men »

Les associésRoy est un arnaqueur professionnel qui opère avec un jeune et ambitieux acolyte. Il s’est séparé de sa femme alors qu’elle était enceinte il y a quatorze ans et vit seul depuis ce temps. Il est devenu agoraphobe et sujets à de nombreux troubles obsessionnels compulsifs. Il va découvrir qu’il a une fille qui ne demande qu’à le revoir…
Basé sur un roman d’Eric Garcia, Matchstick Men  a indéniablement des atouts : une intrigue bien masquée et un personnage hors du commun et bourré de TOC que Nicolas Cage personnifie magnifiquement. Son interprétation évoque celle de Jack Nicholson dans As Good as It Gets de James L. Brooks (1997). Le principal défaut du film est peut-être d’avoir trop masqué son intrigue ! Comme nous sommes loin d’imaginer la réalité, nous nous retrouvons face à un film qui se déroule de façon très conventionnelle et dont l’intrigue paraît faible ; les retrouvailles du père et de sa fille, avec les perturbations engendrées par cette dernière dans une vie bien rangée, paraissent bien classiques et un peu ennuyeuses. Ceci dit, à la fin du film, on a presque envie de le revoir entièrement…!
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Nicolas Cage, Sam Rockwell, Alison Lohman, Bruce Altman, Bruce McGill
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Remarques :
* Alison Lohman a 24 ans au moment du tournage, soit 10 de plus que son personnage.
* Ridley Scott a affirmé de sentir proche de son personnage principal : « Je peux être d’une propreté aussi maniaque. Lorsque je suis seul à la maison et que j’ai un petit creux, j’hésite à me préparer quoi que ce soit, de crainte de salir la cuisine et de devoir la nettoyer. Ces traits m’ont permis de m’identifier de plus en plus étroitement à Roy, ce qui m’a d’abord surpris, puis franchement amusé. »

Les associés
Nicolas Cage et Alison Lohman dans Les associés de Ridley Scott.

6 mars 2019

Le Grand jeu (2017) de Aaron Sorkin

Titre original : « Molly’s Game »

Le Grand jeuAprès une carrière de skieuse interrompue par un accident, la jeune et intelligente Molly Bloom organise des parties clandestines de poker pour un petit cercle de joueurs très fortunés et souvent célèbres…
Ce premier film du scénariste Aaron Sorkin est basé sur le livre autobiographique de Molly Bloom, dont le parcours est présenté par la promotion du film comme « incroyable ». Personnellement, je trouve son histoire parfaitement inintéressante, pourtant j’ai fait des efforts pendant la première heure. Son succès est (à mes yeux) symptomatique de cet attrait très américain pour les ascensions rapides, l’argent et le pouvoir. Le scénario fait plusieurs incursions dans la psychologie facile, certaines scènes (comme l’explication finale entre le père et la fille) pourraient être prises pour une satire. Le film est assez formatté, avec un rythme très rapide, notamment dans les passages où le spectateur doit enfourner de multiples informations données par une voix-off pressée. Si le film peut faire penser au Loup de Wall Street, il n’en ni la maitrise de la réalisation, ni la richesse de scénario, ni le charisme de son personnage principal. Molly’s Game est un film racoleur.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner, Michael Cera
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Le Grand Jeu
Idris Elba et Jessica Chastain dans Le Grand jeu de Aaron Sorkin.

Homonymes :
Le Grand Jeu (1934) de Jacques Feyder avec Marie Bell et Pierre Richard-Willm
Le Grand Jeu (1954) de Robert Siodmak avec Gina Lollobrigida et Jean-Claude Pascal (remake du précédent)
Le Grand Jeu (2015) de Nicolas Pariser avec Melvil Poupaud et André Dussollier.

7 décembre 2018

L’économie du couple (2016) de Joachim Lafosse

L'économie du coupleAprès 15 ans de vie commune, Marie et Boris sont sur le point de se séparer. Ils ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le partage de la maison dans laquelle ils vivent avec leurs deux filles : c’est elle qui l’a achetée, mais c’est lui qui l’a entièrement rénovée. En attendant, ils sont obligés d’y cohabiter…
Le belge Joachim Lafosse réalise un huis-clos parfaitement maitrisé avec une mise en scène minutieuse, de longs plans-séquences parfois en plan fixe mais souvent en suivant un personnage de manière très fluide. Ajoutez quelques 360 et vous n’êtes pas loin de la prouesse technique. Le scénario est peu engageant : voir les disputes d’un couple pendant 1h30. Nous avons le sentiment d’être passifs face à ces querelles du fait de l’absence d’éléments sur leur vie passée qui nous permettraient de prendre parti pour l’un ou pour l’autre. L’homme est toutefois souvent odieux, plein de ressentiment et de jalousie par rapport à la position sociale de Marie : elle a un travail rémunérateur et vient d’une famille aisée alors qu’il ne trouve que des petits boulots. Car c’est l’argent qui est principalement l’objet du litige, la séparation est ici une opération comptable. L’interprétation sonne très juste.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Bérénice Bejo, Cédric Kahn, Marthe Keller
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L'economie du couple
Cédric Kahn et Bérénice Bejo dans L’économie du couple de Joachim Lafosse.

30 décembre 2017

Il boom (1963) de Vittorio De Sica

Il boomA Rome, Giovanni fréquente les milieux huppés avec sa femme Sylvia qu’il a habituée à un luxueux train de vie. Comme il dépense deux fois ce qu’il gagne, il est couvert de dettes. Ses amis ne voulant plus lui prêter de l’argent, il est au bord du gouffre. C’est alors que la femme d’un promoteur aisé va lui faire une proposition invraisemblable… Ecrit par Cesare Zavattini, Il boom est une comédie assez grinçante qui se moque de la course à l’argent dans l’Italie de la reconstruction. Il pousse l’axiome « tout s’achète » jusqu’aux pires extrémités, au point que l’on en soit un peu mal à l’aise. Alberto Sordi donne à cette vision mordante du miracle toute sa dimension car il sait rendre son personnage sympathique malgré tous ses défauts. Sa course désespérée à l’argent paraît d’autant plus vaine que la société dont il tient tant à faire partie est montrée futile et vide, où l’hypocrisie règne en maitre. L’ensemble manque sans doute un peu de richesse (!) et soufre de quelques répétitions.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Alberto Sordi, Gianna Maria Canale
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Il Boom
Alberto Sordi dans Il boom de Vittorio De Sica.

17 décembre 2017

Petits meurtres entre amis (1994) de Danny Boyle

Titre original : « Shallow Grave »

Petits meurtres entre amisPour trouver un quatrième colocataire, trois amis font passer de véritables entretiens à une série de postulants et s’amusent à leurs dépens. Ils finissent par accepter un homme plus âgé qu’eux et assez mystérieux. Le lendemain de son emménagement, ils ont une très grosse surprise… Petits meurtres entre amis est le premier long métrage de Danny Boyle, tourné juste avant Trainspotting (1996). Le titre français laisse supposer qu’il s’agit d’une élégante fantaisie policière mais il n’en est rien. Il s’agit d’une histoire qui baigne dans le glauque et le cynisme, le tout enrobé d’un humour noir assez dérangeant (a noter que le titre original « Shallow Grave » signifie « enterré peu profond »). Le film débute pourtant sur un rythme assez enlevé, avec un montage rapide et une atmosphère plutôt légère ; les trois amis apparaissent instantanément très antipathiques, toutefois. Et les choses ne s’arrangent guère ensuite. L’humour passe surtout par les dialogues, une série assez soutenue de punch lines, le revers de la médaille étant que la cohérence globale en souffre un peu. Danny Boyle a tourné Petits meurtres entre amis en trente jours avec un budget assez réduit. Le succès fut immense en Grande Bretagne et aussi en France.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Kerry Fox, Christopher Eccleston, Ewan McGregor
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Shallow Grave
Christopher Eccleston, Ewan McGregor et Kerry Fox dans Petits meurtres entre amis de Danny Boyle.

7 décembre 2017

Adorables créatures (1952) de Christian-Jaque

Adorables créaturesLe jour de son mariage, le jeune André Noblet se remémore les trois dernières aventures qu’il a eu avec des femmes plus âgées que lui… Ecrit par Charles Spaak, Christian-Jaque et Jacques Companéez (avec, semble t-il, une petite participation non créditée de Michel Audiard), Adorables créatures est un film à sketches, une comédie de mœurs d’un ton léger pour l’époque. Le premier sketch, avec Danielle Darrieux, est très fade et plutôt laborieux dans son déroulement. Le second sketch avec Martine Carol est un peu plus enlevé mais ne donne pas dans la finesse, loin de là. Le troisième sketch avec Edwige Feuillère est un peu plus intéressant par le portrait assez acide qu’il dresse de la haute bourgeoisie qui se donne bonne conscience dans les actions caritatives. Mais le gros problème du film est la pesanteur de l’humour, alimenté par une misogynie de tous les instants. C’est épouvantable ! Les femmes sont vénales (l’argent tient beaucoup de place dans les trois histoires), cyniques, menteuses et intrigantes ; en fait, elles ont tous les défauts.  Cette misogynie est tellement poussée qu’on pourrait la prendre aujourd’hui pour une caricature…
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Danielle Darrieux, Martine Carol, Edwige Feuillère, Daniel Gélin, Antonella Lualdi, Renée Faure
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Adorables créatures
France Roche et Danielle Darrieux dans Adorables créatures de Christian-Jaque.

30 octobre 2017

La Grande Combine (1966) de Billy Wilder

Titre original : « The Fortune Cookie »

La Grande combineLors d’un match de football américain, le caméraman Harry Hinkle est violemment heurté par le joueur Boom Boom Jackson. Le beau-frère d’Harry, un avocat peu scrupuleux, lui conseille de simuler la paralysie pour toucher l’assurance… Après le scandale de Kiss Me Stupid, Billy Wilder et I.A.L. Diamond se retrouvent comme « les parents d’un enfant à deux têtes qui n’osent plus avoir de rapports sexuels ». Les deux compères mettent finalement un terme à leur abstinence en écrivant cette comédie qui fustige cette fois, non plus la luxure, mais la cupidité. Dans ce portrait au vitriol, la vénalité est omniprésente, seul un personnage est épargné : le footballeur noir, dont la naïveté est toutefois trop excessive pour être crédible. L’équilibre entre la satire mordante et l’humour se révèle un peu délicat mais le film regorge de ces one-liners typiques de Wilder, le plus souvent de la bouche de Walter Matthau qui est vraiment le pilier de l’ensemble. L’acteur fut d’ailleurs récompensé par un Oscar. The Fortune Cookie n’est sans doute pas un grand Billy Wilder mais n’en est pas moins plus que plaisant.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jack Lemmon, Walter Matthau, Ron Rich, Judi West, Cliff Osmond
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Fortune Cookie
Ron Rich, Jack Lemmon et Walter Matthau dans La Grande Combine de Billy Wilder.

Remarques :
* Comme pour plusieurs de ses films des années soixante (The ApartmentOne, Two, ThreeKiss me Stupid), Billy Wilder reste fidèle au Cinémascope noir et blanc.
* Le tournage a du s’interrompre plusieurs semaines à la suite d’une crise cardiaque de Walter Matthau. Lorsqu’il fut en état de reprendre le tournage, l’acteur dut porter un gros manteau et autres rembourrages pour cacher sa perte de poids.
* Le premier de douze films avec le tandem Jack Lemmon / Walter Matthau.
* Aux Etats-Unis, on appelle « Fortune Cookie » le petit gâteau, servi à la fin du repas dans les restaurants chinois, dans lequel on trouve un morceau de papier où est écrit une maxime, une citation ou un « proverbe chinois ».
* Le film fut distribué au Royaume-Uni sous le titre Meet Whiplash Willie.
* 200 000 dollars de 1966 sont équivalents à 1 500 000 dollars d’aujourd’hui.

The Fortune Cookie
Jack Lemmon et Walter Matthau dans La Grande Combine de Billy Wilder (photo publicitaire).

The Fortune Cookie
Judi West, Jack Lemmon et Cliff Osmond dans La Grande Combine de Billy Wilder (photo publicitaire).

21 août 2017

Une veine de… (1951) de Irving Cummings

Titre original : « Double Dynamite »

Une veine de...Un modeste employé de banque (Frank Sinatra) et sa jolie collègue (Jane Russell) attendent d’avoir plus d’argent pour se marier. Le serveur du café où ils mangent tous les midis (Groucho Marx) leur conseille d’être plus aventureux. De façon tout à fait fortuite, Il va gagner une grosse somme d’argent le jour-même où la banque découvre un trou dans ses comptes… Tourné à la fin de l’année 1948, cette comédie sera remisée pendant trois années par Howard Hughes qui venait de racheter la RKO. Finalement, le magnat changea le titre de It’s Only Money en Double Dynamite avec une affiche qui n’a rien à voir avec le film et qui met en avant la poitrine de Jane Russell (inutile de préciser la nature de la dynamite en question… on nage dans le bon goût). Dans le même temps, Sinatra, peu apprécié d’Howard Hughes, est descendu de la première à la troisième position sur l’affiche. Le scénario manque d’éclat et n’a rien de remarquable. En fait, c’est la présence de Groucho Marx qui donne de l’intérêt au film : il nous gratifie de quelques répliques dont il a le secret. Il est la seule source d’humour, un humour bienvenu car Sinatra et Jane Russell sont assez fades. Le film n’eut aucun succès à l’époque.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jane Russell, Groucho Marx, Frank Sinatra
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Remarque :
* Les deux chansons sont assez réussies :
Kisses and Tears chantée par Frank Sinatra et Jane Russell,
It’s Only Money chantée par Frank Sinatra et Groucho Marx,
toutes deux composées par Jule Styne et Sammy Cahn.

Double Dynamite
Frank Sinatra, Groucho Marx et Jane Russell dans Double Dynamite de Irving Cummings.

7 juin 2017

Love and Friendship (2016) de Whit Stillman

Love & FriendshipJeune veuve désargentée, la belle Lady Susan Vernon trouve un refuge temporaire chez son beau-frère à la campagne. Elle est prête à toutes les manœuvres et intrigues pour marier sa fille et trouver pour elle-même un beau parti… Love & Friendship est basé sur une nouvelle de jeunesse de Jane Austen, Lady Susan (écrite aux alentours de 1794 mais publié en 1871). L’écrivaine, qui n’avait alors que seize ou dix-huit ans, montre déjà un sens de l’observation pour le moins étonnant sur la haute société qui l’entoure. Son style est déjà formé : une critique sociale pointue agrémentée d’une bonne dose d’humour. Les dialogues sont assez savoureux. On ne peut s’empêcher de déceler une certaine sympathie de l’auteure pour son intrigante et cruelle héroïne qui, en fait, utilise les seules armes en sa possession pour assurer sa survie. Le début est un peu confus, original mais trop rapide. La réalisation est très soignée malgré le budget plutôt réduit. L’américain Whit Stillman est venu tourner cette histoire anglaise en Irlande. Kate Beckinsale est probablement ici dans le meilleur rôle de sa carrière. La musique mérite également une mention particulière. Un film très réussi.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Kate Beckinsale, Morfydd Clark, Chloë Sevigny, Xavier Samuel, Emma Greenwell
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Remarque :
* Le château Churchill Estate est en réalité le Howth Castle, situé sur la presqu’île de Howth, à deux pas de Dublin.

Love & Frienship
Chloë Sevigny et Kate Beckinsale dans Love & Friendship de Whit Stillman.

Love and Friendship
Emma Greenwell et Xavier Samuel dans Love & Friendship de Whit Stillman.

Love and Friendship
Kate Beckinsale dans Love & Friendship de Whit Stillman.

5 novembre 2016

La Rivière d’argent (1948) de Raoul Walsh

Titre original : « Silver River »

La Rivière d'argentInjustement dégradé de l’armée pendant la Guerre de Sécession, Mike McComb décide de n’obéir désormais qu’à ses propres lois et de ne laisser personne se mettre en travers de son chemin. Et l’homme a de grandes ambitions. Il monte une grande salle de jeux dans une ville minière isolée mais prospère… Silver River est le septième film de Raoul Wash avec Errol Flynn (1). Ce sera le dernier, Raoul Walsh ne supportant plus l’alcoolisme de l’acteur. Le film est souvent considéré comme mineur. Assez injustement. Ce désamour peut s’expliquer par le fait qu’il n’y ait aucun personnage qui attire vraiment la sympathie. Certes, le personnage joué par Errol Flynn inspire, pour le moins, des sentiments mitigés, mais son personnage est joliment complexe : ambitieux, opportuniste, fonceur, cynique, individualiste, séducteur, homme d’affaires avisé, il est tout cela à la fois mais, par son parcours, il colle de très près au rêve américain qui se retrouve ainsi remis en cause. Un certain malaise se distille, alimenté en outre par l’ambiguïté attirance/répulsion. Seul le personnage de l’avocat alcoolique, remarquablement interprété par Thomas Mitchell, vient atténuer l’amertume latente et apporte même une dimension lyrique à l’ensemble. Comme presque tous les films qui remettent un tant soit peu en cause le modèle de société américain, Silver River est donc un film mal-aimé. C’est pourtant un très beau film, complexe sans aucun doute, mais très riche dans son propos.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Errol Flynn, Ann Sheridan, Thomas Mitchell, Bruce Bennett
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Silver River
Errol Flynn et Ann Sheridan dans La Rivière d’argent de Raoul Walsh.

Silver River
Thomas Mitchell, Tom D’Andrea, Bruce Bennett et Errol Flynn dans La Rivière d’argent de Raoul Walsh.

(1) Les sept films de Raoul Walsh avec Errol Flynn en rôle principal :
1941 : La Charge fantastique (They Died with Their Boots On) (1941) avec Anthony Quinn
1942 : Sabotage à Berlin (Desperate Journey) avec Ronald Reagan et Nancy Coleman
1942 : Gentleman Jim (Gentleman Jim) avec Alexis Smith et Jack Carson
1943 : Du sang sur la neige (Northern Pursuit) avec Julie Bishop et Helmut Dantine
1944 : Saboteur sans gloire (Uncertain Glory) avec Paul Lukas et Lucile Watson
1944 : Aventures en Birmanie (Objective, Burma!) avec Henry Hull
1948 : La Rivière d’argent (Silver River) avec Ann Sheridan
Alors que la décennie des années trente avait été pour Flynn celle de Michael Curtiz (il a joué dans 12 films sous la direction de Curtiz entre 1935 et 1941), celle des années quarante aura été pour lui celle de Raoul Wash.