21 septembre 2020

Snow Therapy (2014) de Ruben Östlund

Titre original : « Turist »

Snow Therapy (Turist)Dans les Alpes françaises, un couple suédois séjourne avec leurs deux enfants dans un appart-hôtel de luxe. Entre deux séances de ski, ils déjeunent sur la terrasse d’un restaurant d’altitude lorsqu’une avalanche, déclenchée préventivement, dévale la pente devant eux. Elle grossit et menace de tout recouvrir. Dans la panique, le mari s’enfuit précipitamment laissant sa femme et ses enfants. Une fois le danger écarté, le couple va devoir surmonter une grave crise…
Snow Therapy est un film franco-suédois écrit et réalisé par Ruben Östlund, sorti en 2014, soit trois ans avant son très controversé The Square. Ce n’est absolument pas le film-catastrophe que l’affiche ci-contre pourrait laisser supposer. Si catastrophe il y a, c’est au sein du couple qu’elle survient. Le réalisateur suédois se livre à une satire, un peu obscure tout de même, des normes qui régissent les rapports hommes/femmes. Le plus remarquable est plutôt dans sa forme qu’il utilise pour créer une atmosphère, un peu dérangeante mais forte et enveloppante. Les décors sont épurés de tout objet inutile, les extérieurs sont envahis de blancheur, les lieux semblent toujours être à la limite du réel. Cette atmosphère donne une puissance toute particulière au film.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Johannes Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara Wettergren, Kristofer Hivju
Voir la fiche du film et la filmographie de Ruben Östlund sur le site IMDB.
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Remarque :
* Les extérieurs ont été tournés sur le domaine skiable savoyard de Paradiski, Les Arcs, La Plagne, Peisey-Vallandry. La route en lacets est celle du col de Stelvio en Italie (sud du Tyrol).

Snow Therapy (Turist)Johannes Kuhnke et Lisa Loven Kongsli dans Snow Therapy (Turist) de Ruben Östlund.

17 juillet 2020

La Charge de la brigade légère (1968) de Tony Richardson

Titre original : « The Charge of the Light Brigade »

La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade)Dans les années 1850, en Angleterre, le capitaine Nolan rejoint le 11e régiment de hussards commandée par le colonel Cardigan. Une rivalité s’installe rapidement entre les deux hommes. Le régiment va se retrouver en première ligne lors de la Guerre de Crimée…
Dans sa version anglaise de 1968 réalisée par Tony Richardson, l’un des principaux animateurs du Free Cinema britannique des années 60, La Charge de la brigade légère est bien différent du film homonyme américain de Michael Curtiz (1936). Il n’est plus question ici de glorifier le militarisme et l’héroïsme mais au contraire de dresser un portrait mordant et caustique du système militaire britannique. Le récit souligne l’incompétence, et même la bêtise, des officiers supérieurs. Notre première impression est de trouver le propos exagéré mais il n’en est rien (voir ci-dessous) ; même l’épisode de la « bouteille noire » est authentique. On peut se demander d’ailleurs si le film est antimilitariste ou s’il est simplement anti-bêtise. Personne n’est épargné : même le personnage présenté positivement pendant les trois quarts du film est montré ensuite sous un jour fort différent. L’humour est toutefois très présent. De plus, à divers moments, Tony Richardson a inclus de courtes séquences d’animations exaltant le patriotisme dans le style des dessins politiques satiriques, initiative aussi originale que réussie. La Charge de la brigade légère est un film assez remarquable dans le style très britannique de la satire. Commercialement parlant, le film n’eut pas le succès escompté.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Trevor Howard, Vanessa Redgrave, John Gielgud, Harry Andrews, Jill Bennett, David Hemmings
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La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade)John Gielgud et David Hemmings dans La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade) de Tony Richardson.

Contexte historique :
Pendant la Guerre de Crimée, une brigade de cavalerie britannique reçut l’ordre inconsidéré d’attaquer de front une série de batteries d’artillerie russe et en sortit décimée. Cet événement fut étudié dans les écoles militaires d’Europe comme le contre-exemple à ne pas suivre : un ordre imprécis, une hiérarchie confuse (on est entre Lords !), la morgue toute britannique qui n’a que mépris pour ses alliés français et ses ennemis russes: toutes ces fautes accumulées conduisent au désastre. (Source Wikipédia)

Les mêmes faits historiques avaient inspirés Michael Curtiz pour son film La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade, 1936, avec Errol Flynn et Olivia de Havilland) mais le film de Tony Richardson n’est pas un remake du film de Michael Curtiz.

Animations :
Les séquences en animation ont été dessinées par Richard Williams (futur directeur de l’animation sur Who Framed Roger Rabbitt ?) Les dessins sont basés sur le style d’un magazine satirique très influent à Londres dans les années 1850 :  Punch; or, The London Charivari.

La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade)Harry Andrews (au centre) dans La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade) de Tony Richardson.

25 juin 2020

L’Habit vert (1937) de Roger Richebé

L'habit vertLa duchesse de Maulévrier a le coeur accueillant, un mari « aveugle » et un ami dévoué qui lui présente un homme qu’il vient de rencontrer, le comte de Latour-Latour. La duchesse et le comte deviennent amants. De son côté, le duc de Maulévrier, académicien, cherche un nouvel immortel pour un fauteuil vacant. A la suite d’un quiproquo, il sera amené à patronner la candidature de l’amant de sa femme…
L’Habit vert est adapté d’une pièce écrite en 1913 par Robert de Flers (marquis de La Motte-Lézeau, comte de Flers…) et Gaston Arman de Caillavet. Cette comédie ridiculise fortement l’Académie française qui semble ne pas s’en être offusquée puisqu’elle a accueilli Robert de Flers en son sein quelques années plus tard, en 1920! C’est aussi une critique des institutions puisque le président de la République est lui aussi tourné en ridicule. Les acteurs s’en donnent à cœur joie, Elvire Popesco et Jules Berry ont un jeu très exubérant qui pourra agacer. Bien qu’assez conventionnelle, l’histoire est assez amusante grâce à des dialogues assez savoureux mais le film souffre du manque d’inspiration de la mise en scène de Roger Richebé. Le film donne en effet beaucoup trop l’impression de n’être que du théâtre filmé.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Elvire Popesco, Victor Boucher, Jules Berry, André Lefaur, Pierre Larquey, Meg Lemonnier, Bernard Blier
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Remarque :
* Bernard Blier, dans un tout petit rôle non crédité au générique, est ici dans un de ses tous premiers films (ses premières apparitions au cinéma datent de cette année 1937).

L'habit vert(à gauche) Elvire Popesco et Jules Berry et ??
(à droite) Elvire Popesco, Meg Lemonnier, André Lefaur et Victor Boucher
dans L’habit vert de Roger Richebé.

18 avril 2020

La Lutte des classes (2019) de Michel Leclerc

La Lutte des classesSofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Sofia est avocate d’origine magrébine, et Paul est batteur punk-rock d’un groupe sans ambition et anar dans l’âme. Lorsque tous les copains de leur fils partent de l’école publique pour l’institution catholique proche, ils tiennent par principe à rester fidèles à l’école républicaine…
Ecrit par Michel Leclerc et Baya Kasmi, La Lutte des classes est une comédie basée sur des questions bien réelles que certains spectateurs se sont certainement posées. L’idée de Michel Leclerc dans plusieurs de ses films est de mettre en évidence les contradictions des « gens de gauche » et de la difficulté de chacun à concilier ses idées avec la réalité. Le problème dans sa démarche est qu’il grossit le trait et ses personnages paraissent souvent bien trop caricaturaux. On peut se focaliser sur les clichés et autres lieux communs qui parsèment le film mais le propos soulève néanmoins indirectement de vraies questions, autant sociales que philosophiques. Edouard Baer campe merveilleusement un personnage qui provoque aussi bien l’hilarité que la tendresse, un personnage que son aveuglement rend désemparé. Malgré des faiblesses dans la seconde moitié du film, l’ensemble reste assez amusant.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Leïla Bekhti, Edouard Baer, Ramzy Bedia, Tom Lévy
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La Lutte des classesEdouard Baer et Leïla Bekhti dans La Lutte des classes de Michel Leclerc.

16 janvier 2020

Vacances sur ordonnance (1950) de Henry Cass

Titre original : « Last Holiday »

Vacances sur ordonnance (Last Holiday)Représentant en machines agricoles, George Bird apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable et qu’il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Etant seul et sans famille, il décide de profiter de ce qu’il lui reste et, muni de la totalité de ses économies, part vivre ses derniers jours dans un hôtel luxueux de la côte…
Vacances sur ordonnance est une comédie britannique peu connue, tout à fait dans l’esprit de celles des studios Ealing bien que n’en étant pas issu. Il met en scène Alec Guinness dans un de ces rôles où il excelle, celui d’un anglais moyen, sans signe distinctif particulier, un personnage auquel pouvait s’identifier un public large. Ce n’est pas une comédie où l’on s’esclaffe mais plutôt une comédie où l’on sourit souvent face à l’ironie des situations. Le flegme britannique tend plus que jamais vers un certain détachement. La très grande majorité du film se déroule dans l’hôtel et ses jardins, c’est donc un monde clos avec toute une galerie de personnages assez typés. Le propos se double ainsi d’une critique sociale, le scénariste J. B. Priestley est d’ailleurs un ancien journaliste radiophonique habitué aux chroniques de société. Tous les seconds rôles sont fort bien tenus. Vacances sur ordonnance est une fable assez remarquable.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alec Guinness, Beatrice Campbell, Kay Walsh, Grégoire Aslan
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Vacances sur ordonnance (Last Holiday)Beatrice Campbell et Alec Guinness dans Vacances sur ordonnance (Last Holiday) de Henry Cass.

Remake :
Vacances sur ordonnance (Last Holiday) film américain de Wayne Wang (2006) avec Queen Latifah et LL Cool J.

16 décembre 2019

The Square (2017) de Ruben Östlund

The SquareChristian est conservateur d’un musée d’art moderne à Stockholm, il prépare sa prochaine exposition intitulée The Square autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard des autres…
Le réalisateur quarantenaire suédois Ruben Östlund a écrit et réalisé The Square, une satire grinçante sur la difficulté de mettre en pratique ses idées et ses sentiments humanistes. Son personnage principal, bien que pétri de bonnes intentions, se retrouve, par maladresse, constamment dans des situations embarrassantes. Le film ne suit pas vraiment une trame scénaristique forte, il est construit comme une suite de (longues) saynètes sans liaison entre elles. Le réalisateur a visiblement cherché à créer un certain malaise chez le spectateur et il y parvient. Il n’hésite pas à aller aux frontières du grotesque et la scène emblématique du diner de gala (voir l’affiche) est un bel exemple de scène aussi racoleuse que les vidéos virales de YouTube qu’il raille. L’analyse sociologique donne dans la facilité et la critique de l’art conceptuel est caricaturale, presque puérile. L’image est soignée, léchée pourrait-on dire, mais la mise en scène, tout élaborée qu’elle puisse être, est très froide. The Square est un film qui génère des sentiments très différents selon les spectateurs : certains semblent l’apprécier bien plus que moi, à commencer par le jury du festival de Cannes qui l’a gratifié d’une Palme d’or.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West, Terry Notary
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The SquareClaes Bang dans The Square de Ruben Östlund.

8 août 2019

De la soupe populaire au caviar (1928) de Edgar Kennedy

Titre original : « From Soup to Nuts »

De la soupe populaire au caviarMrs. Culpepper, une bourgeoise nouveau-riche, donne un dîner mondain. Pour la circonstance, elle a engagé deux extras (Laurel et Hardy) pour servir à table…
Ce court métrage muet de deux bobines reprend le thème de la soirée mondaine, fugitivement exploité quelques mois auparavant dans The Second Hundred Years. Il comprend ainsi les célèbres gags de la cerise insaisissable et du service de la salade « undressed » ( = « sans assaisonnement » mais aussi « non habillé »). Il met également en valeur les talents comiques de la sensuelle Anita Garvin (non créditée au générique) qui fera onze films avec le duo comique. Leo McCarey aurait participé à l’écriture et à la réalisation. Le thème du dîner mondain sera repris plusieurs fois par le duo, notamment de façon assez proche en ouverture de leur long métrage A Chump at Oxford.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Anita Garvin
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From Soup to NutsA gauche, Stan Laurel et Oliver Hardy avec Edna Marion. A droite, Anita Garvin dans From Soup to Nuts de Edgar Kennedy.

22 juin 2019

The Host (2006) de Bong Joon-ho

Titre original : « Gwoemul »

The HostA Séoul, d’anciens déversements de substances chimiques dangereuses dans le fleuve Han par l’armée américaine ont engendré une mutation inconnue et, plusieurs années plus tard, un monstre géant surgit de l’eau, attaquant la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. L’immature Gang-du, qui tient un petit snack avec son père sur les berges, voit sa fille de douze ans emportée par le monstre. Alors que tous sont persuadés qu’elle est morte, Gang-du reçoit la nuit suivante un mystérieux appel de sa part ; elle a juste le temps de lui dire qu’elle est coincée dans les égouts…
Ecrit et réalisé par Bong Joon-ho, The Host est un film fantastique qui réussit à être de nombreuses choses à la fois : film de science-fiction, d’épouvante ou encore d’action, satire sociale et politique, drame familial, fable écologique. Et le réalisateur coréen parvient même à y adjoindre une pointe d’humour. Ses héros ne sont pas des surhommes mais plutôt une famille de déclassés ; ses membres ne sont pas sans talent mais ont raté un tournant dans leur parcours. Ils vont en tous cas montrer un courage et un acharnement hors du commun pour retrouver la petite de la tribu, adorée de tous. Il y a une grande puissance dans le récit. La réalisation est parfaite, les effets spéciaux sont très bien intégrés et sans excès. The Host a été très bien accueilli par la critique ; il est vrai qu’il est loin de n’être qu’un banal film de monstre.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Song Kang-ho, Byun Hee-Bong, Park Hae-il, Doona Bae, Ko Asung
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Remarques :
* Le titre original du film, Gwoemul, signifie simplement « monstre » en coréen.
* En Corée du Sud, Song Kang-ho est l’un des acteurs les plus populaires.
* The Host est le plus gros succès sud-coréen en termes d’audience.

 

The Host
Song Kang-ho dans The Host de Bong Joon-ho.

23 février 2019

Il vigile (1960) de Luigi Zampa

Titre francisé : « L’Agent »

L'AgentOtello Celletti ne cherche pas à travailler : il ne veut qu’être motard de la police municipale. Il harcèle le maire et finit par se faire accepter grâce à son jeune fils. Désormais, il peut parader et prend son travail très au sérieux…
Tourné en 1960, Il vigile s’inscrit dans cette tendance si spécifique au cinéma italien à mêler habilement comédie et satire politique. C’est surtout la corruption qui est ici fustigée, une corruption qui touche les élus locaux mais aussi les personnes bien plus modestes : chacun à son niveau ment, trompe et contourne les lois. Le film dénonce aussi le travers des italiens qui consiste à tout attendre des pouvoirs publics. Comme on le voit, la satire n’est pas unilatérale, ce qui est souvent le cas chez Zampa. Le scénario écrit par Rodolfo Sonego et Luigi Zampa se déroule sans temps mort et Sordi s’en donne à cœur joie. Il fallait un tel acteur, capable de tout faire, pour assurer la réussite du film. Il vigile connut un certain succès, en Italie du moins puisque le film n’est pas sorti en France.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alberto Sordi, Vittorio De Sica, Marisa Merlini, Riccardo Garrone, Sylva Koscina
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Remarque :
* Il vigile de Luigi Zampa a été récemment restauré par Sky et la Cineteca di Bologna. Le film n’ayant jamais fait l’objet d’une diffusion commerciale dans l’Hexagone, les spectateurs français ne l’ont découvert que lors de la rétrospective de la Cinémathèque française consacrée à Luigi Zampa début 2016.

Il Vigile
Mara Berni et Alberto Sordi dans L’Agent de Luigi Zampa.

5 juin 2018

Un oiseau rare (1935) de Richard Pottier

Un oiseau rareUn milliardaire aussi oisif qu’excentrique décide de se faire passer pour un homme pauvre afin d’étudier la nature humaine. Il profite d’un séjour à la montagne gagné par son valet de chambre dans un concours…
Second film réalisé par Richard Pottier, Un oiseau rare est bien plus abouti que le premier (Si j’étais le patron). On y retrouve la même équipe, notamment Jacques Prévert qui est maintenant seul scénariste et qui a écrit ici une petite merveille d’humour à partir d’un roman de l’allemand Erich Kästner. Le retournement des positions sociales n’est certes pas très original en soi mais il est ici très habilement complexifié par un double quiproquo. Le propos fustige l’obséquiosité, la servilité et l’attrait de l’argent. L’humour est constant, dans les situations et les dialogues qui jouent avec la langue, mais c’est un humour assez conventionnel, Prévert n’ayant pas encore le mordant qu’il développera ensuite. Est-ce pour cette raison que le film est généralement mal considéré ? Ou est-ce à cause de la réalisation qui est, il faut bien l’avouer, assez sommaire ? Un oiseau rare est néanmoins une comédie très divertissante.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Max Dearly, Pierre Brasseur, Pierre Larquey, Monique Rolland, Jean Tissier
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Un oiseau rare
Max Dearly et Pierre Brasseur dans Un oiseau rare de Richard Pottier.

Un oiseau rare
Pierre Brasseur et Monique Rolland dans Un oiseau rare de Richard Pottier.

Un oiseau rare
Pierre Larquey et Jean Tissier dans Un oiseau rare de Richard Pottier.