2 février 2021

Seules les bêtes (2019) de Dominik Moll

Seules les bêtesUne femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau du Causse Méjean où subsistent quelques fermes isolées. Les gendarmes n’ont aucune piste et pourtant certaines personnes sont bel et bien liées à sa disparition…
Seules les bêtes est l’adaptation d’un roman noir de l’écrivain Colin Niel, publié en 2017 et récompensé par plusieurs prix littéraires. Le scénario adopte la structure du livre, c’est-à-dire de nous faire vivre l’histoire successivement à travers les yeux de plusieurs personnages. L’intrigue paraît d’abord très embrouillée et ne se dévoile ensuite qu’au prix de nouvelles interrogations. Le brouillard ne s’éclaircit que dans le dernier tiers après plusieurs surprises de taille. Plus que jamais, il est important de ne lire ni les critiques qui en racontent beaucoup trop, ni même les résumés. L’histoire se déroule dans le monde agricole, celui d’éleveurs dans dans fermes assez isolées. On se souvient du Harry, un ami qui vous veut du bien (2000) de Dominik Moll ; Seules les bêtes est tout aussi réussi et une petite merveille d’écriture.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Denis Ménochet, Laure Calamy, Damien Bonnard, Nadia Tereszkiewicz, Valeria Bruni Tedeschi
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Seules les bêtesDamien Bonnard dans Seules les bêtes de Dominik Moll.

18 novembre 2020

Frères ennemis (2018) de David Oelhoffen

Frères ennemisManuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic, à la brigade des stupéfiants. Lorsque Manuel va être accusé de meurtre, il va devoir se tourner vers son ancien ami…
Frères ennemis est un film français réalisé par David Oelhoffen. Il s’agit de son troisième long métrage après Nos retrouvailles (2007) et Loin des hommes (2013, librement adapté d’une nouvelle d’Albert Camus). Il s’agit d’un polar assez singulier dans le sens où le cinéaste s’est attaché à donner une belle épaisseur à ses personnages. Il a pu ainsi s’écarter quelque peu des clichés habituels et enrichir le propos. Il est servi par la très belle prestation des deux acteurs principaux, Matthias Schoenaerts et Reda Kateb qui apportent une indéniable intensité à l’ensemble. La mise en scène est vive et efficace, avec une bonne utilisation de la caméra à l’épaule.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Matthias Schoenaerts, Reda Kateb, Adel Bencherif, Sofiane Zermani, Sabrina Ouazani
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Frères ennemisReda Kateb et Matthias Schoenaerts dans Frères ennemis de David Oelhoffen.

20 juillet 2020

Le Grand Alibi (2008) de Pascal Bonitzer

Le Grand alibiDans la demeure cossue d’un notable de province, la maîtresse de maison reçoit des convives pour le week-end. Pierre, médecin brillant et coureur impénitent, est venu accompagné de son épouse effacée ; il se retrouve sous le même toit qu’Esther, son amante. Il y a là également Philippe, écrivain alcoolique, et Marthe, une amie de la famille. Une invitée de dernière minute sème le trouble dans la maisonnée : il s’agit de Lea, une actrice italienne qui a eu une liaison passionnée avec Pierre…
Le Grand Alibi est l’adaptation du roman d’Agatha Christie, Le Vallon (The Hollow). Pascal Bonitzer a supprimé le personnage d’Hercule Poirot pour le remplacer par un policier plus « ordinaire ». La mise en place est un peu confuse, les personnages ont des relations particulières entre eux qui ne sont pas toujours faciles à percevoir. Certains personnages ne sont pas très bien définis, d’autres sont un peu trop outrés dans leurs particularités. Le personnage du policier est franchement raté. Malgré ces défauts, le film se regarde sans déplaisir, l’ensemble est assez léger. Le dénouement pourra toutefois laisser le spectateur perplexe.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Miou-Miou, Lambert Wilson, Valeria Bruni Tedeschi, Pierre Arditi, Anne Consigny
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Remarque :
* Ne pas confondre avec :
Le Grand alibi (Stage Fright) d’Alfred Hitchcock (1950). Pascal Bonitzer justifie cette appropriation d’un titre existant en arguant qu’il ne s’agit pas d’un bon film d’Hitchcock (!)
Le sens du titre est d’ailleurs obscur. Pascal Bonitzer l’explique ainsi : « Le titre s’est imposé à moi, car c’est le paradoxe même sur quoi le film se fonde, si l’on songe à la signification du mot alibi : être ailleurs. » (Le sens de cette explication ne s’est pas imposé à nous, je le crains.)

Le Grand alibiPierre Arditi, Anne Consigny et Matthieu Demy dans Le Grand alibi de Pascal Bonitzer.

5 août 2019

Nocturnal Animals (2016) de Tom Ford

Nocturnal AnimalsSusan est galeriste d’art à Los Angeles. Un jour, elle reçoit de son premier mari le manuscrit de son roman, juste avant publication. Restée seule lors d’un week-end, elle entreprend de le lire : c’est le récit d’un homme qui, avec sa femme et sa fille, se fait attaquer par trois voyous sur une route isolée du Texas…
Nocturnal Animals est adapté du roman Tony and Susan d’Austin Wright, publié en 1993. Tom Ford est un styliste de mode qui réalise ici son second long métrage après A Single Man (2010). On ne sera donc pas étonné qu’il ait soigné la photographie et l’aspect graphique de son film. L’histoire se déroule dans trois dimensions temporelles : le présent, le passé et le fictionnel. Les allers-retours deviennent vite répétitifs, même agaçants par leur lourdeur. Les allégories et parallèles sont insistants. Tom Ford semble avoir un compte à régler avec l’art moderne, un monde qu’il présente de façon caricaturale, froid, sans âme, sans vie. Le contraste entre cet univers aseptisé et le sordide de l’enquête au Texas est poussé à son maximum. Personnellement, j’ai trouvé le film assez vide et plutôt déplaisant. Ce ne fut pas le cas de tout le monde puisqu’il a été bien reçu aux Etats-Unis, moins bien en France toutefois.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon, Aaron Taylor-Johnson, Armie Hammer
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Lire une analyse plus complète sur le film sur le site Courte-focale.fr.

Nocturnal AnimalsAmy Adams dans Nocturnal Animals de Tom Ford.

Nocturnal AnimalsJake Gyllenhaal et Michael Shannon dans Nocturnal Animals de Tom Ford.

5 juillet 2019

Compartiment tueurs (1965) de Costa-Gavras

Compartiment tueursDans le train-couchettes Marseille-Paris, la jeune Bambi  fait la connaissance de Daniel. Elle le fait entrer subrepticement dans son compartiment qui a une couchette de libre. Le lendemain matin, l’une des voyageuses est retrouvée morte étranglée. L’inspecteur Graziani se met sur l’affaire…
Adaptation d’un roman de Sébastien Japrisot, Compartiment tueurs est le premier long métrage de Costa-Gavras qui avait été auparavant assistant de René Clair, Jacques Demy, Jacques Becker et René Clément. Depuis le tournage de Le Jour et l’heure de Clément, il était devenu très ami avec le couple Montand-Signoret et l’acteur l’aidera beaucoup à monter son premier projet. Le plateau d’acteurs réunis ici est assez impressionnant, y compris dans les tout petits rôles, et c’est presque un jeu pour le spectateur d’aujourd’hui de mettre un nom sur tous les visages. L’histoire est assez brillante dans son idée de base, une belle variation sur le crime parfait, qui nous laisse dans le brouillard pendant la plus grande partie du film avant un dénouement un peu rapide. Le récit prend en outre la peine de bien explorer ses personnages en profondeur. Compartiment tueurs a permis à Costa-Gavras de prouver qu’il était capable de réaliser des productions plus importantes. Le film sera un succès, notamment (ce qui est toujours plus rare pour un film français) aux Etats-Unis.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Yves Montand, Simone Signoret, Catherine Allégret, Jacques Perrin, Michel Piccoli, Pierre Mondy, Pascale Roberts, Claude Mann, Charles Denner, Jean-Louis Trintignant, Bernadette Lafont
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Compartiment tueursSimone Signoret, Yves Montand et Claude Mann dans Compartiment tueurs de Costa-Gavras.

Compartiment tueursCatherine Allégret et Jacques Perrin dans Compartiment tueurs de Costa-Gavras.

19 mai 2018

Jeremiah Johnson (1972) de Sydney Pollack

Jeremiah JohnsonDans les années 1850, un déserteur de la guerre avec le Mexique décide de fuir la civilisation pour aller vivre une vie de trappeur dans les hauteurs des montagnes Rocheuses…
Jeremiah Johnson met en scène une partie de la vie de John Johnson, personnage légendaire de l’Ouest américain autour duquel courent plusieurs histoires comme en témoigne son surnom « Johnson le mangeur-de-foie » (1). Comme il le fait souvent, Sydney Pollack aborde cette histoire d’abord de façon réaliste, décrivant les premières difficultés auquel se heurte l’apprenti-mountain man. Mais peu à peu, sans vraiment que le spectateur s’en rende vraiment compte, il glisse vers l’insolite et la légende. Le cinéaste laisse la fin ouverte. Le récit est un assemblage de moments, sans trame narrative forte. Il n’y a qu’assez peu de dialogues, à tel point que Pollack s’amusait à l’appeler son « film muet ». Comme dans Little Big Man, sorti deux ans plus tôt, les indiens sont décrits de façon plutôt neutre, avec leurs rites et leurs coutumes, mais sans complaisance toutefois. Robert Redford, barbu comme il l’a rarement été, semble très à l’aise dans son rôle ; il fait une admirable composition de ce personnage légendaire. La photographie est superbe. Le film a été tourné en Utah, région que Robert Redford connait particulièrement bien : le tournage s’est d’ailleurs déroulé en bonne partie sur des terres lui appartenant. Jeremiah Johnson connut un très grand succès.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Robert Redford, Will Geer, Delle Bolton, Josh Albee, Stefan Gierasch
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Remarques :
* Le scénario est basé sur les livres :
1. Crow Killer: The Saga of Liver-Eating Johnson de Raymond Thorp et Robert Bunker
2. Mountain Man de Vardis Fisher

* Le montage fut particulièrement long et dura plusieurs mois.
* La chanson du générique est chantée par Tim McIntire.

Jeremiah Johnson
Stefan Gierasch et Robert Redford dans Jeremiah Johnson de Sydney Pollack.

(1) ATTENTION : cette petite note contient des spoilers. Ne pas lire avant de voir le film.
Le surnom « mangeur de foie » vient d’une légende qui affirme qu’il découpait et mangeait le foie de chaque indien de la tribu des Crow qu’il a tué. Johnson aurait fait perdurer la légende afin de semer la peur chez les Crow : selon certaines croyances indiennes, le foie est un organe nécessaire pour la vie après la mort (dixit Wikipedia). Cette guerre personnelle contre les indiens Crow a débuté après le meurtre de sa femme par un Crow (sans raison particulière et non pas en représailles comme décrit dans le film). La légende dit qu’il aurait ainsi tué plus de 300 Crow en 25 ans avant de faire enfin la paix avec eux. John Johnson a fini shérif d’une petite bourgade du Montana.

* Robert Redford a tourné dans sept films de Sydney Pollack :
1. This property is Condemned (Propriété interdite, 1967)
2. Jeremiah Johnson (1972)
3. The Way We Were (Nos plus belles années, 1973)
4. Three Days of the Condor (Les 3 jours du Condor, 1975)
5. The Electric Horseman (Le Cavalier électrique, 1979)
6. Out of Africa (1985)
7. Havana (1991)

28 mars 2018

Cécile est morte! (1944) de Maurice Tourneur

Cécile est morte!Cela fait plusieurs fois que la jeune Cécile demande à voir le commissaire Maigret. C’est même devenu un sujet de plaisanteries au 36 quai des Orfèvres. Elle se plaint de visites nocturnes de son appartement qu’elle occupe avec sa tante, une femme âgée et acariâtre…
Réalisé sous l’Occupation pour la Continental (société de production contrôlée par les allemands), Cécile est morte est l’adaptation d’un roman de Georges Simenon qui a été décidément très adapté durant cette période. Maurice Tourneur en fait une adaptation très fidèle, sans écart aucun. Le film ne figure pas parmi les films les plus personnels de Maurice Tourneur. L’intrigue est joliment alambiquée. Sur le plan de l’interprétation, Albert Préjean campe un Maigret plutôt crédible, doté de personnalité et de présence. A ses côtés, André Gabriello introduit une note d’humour avec son fameux défaut de prononciation. Les seconds rôles sont bien tenus. Sans être un film remarquable, Cécile est morte se regarde sans ennui.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Albert Préjean, Santa Relli, Germaine Kerjean, Luce Fabiole, André Gabriello, Jean Brochard, Charles Blavette
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Cécile est morte
Santa Relli et Albert Préjean dans Cécile est morte! de Maurice Tourneur.

Cécile est morte
Jean Brochard et Albert Préjean dans Cécile est morte! de Maurice Tourneur.

17 janvier 2018

Le Roi du racket (1955) de Maxwell Shane

Titre original : « The Naked Street »

Le Roi du racketLe journaliste raconte l’histoire du gangster Phil Regal (Anthony Quinn), qui fait la loi dans son quartier de New York…
Ex-journaliste et scénariste, Maxwell Shane a écrit et réalisé ce film noir à petit budget (et assez rare) d’après une histoire écrite par Léo Katcher. L’histoire est très classique, celle d’un truand très attaché à sa famille mais qui n’est pas, pour une fois, d’origine italienne : il est d’origine slave. Hormis cette originalité, Maxwell Shane ne se montre pas vraiment remarquable, que ce soit sur le plan de l’écriture ou de la réalisation. Le film est néanmoins sauvé par la bonne interprétation du trio d’acteurs principaux. La fin est particulièrement fade. On pourra toutefois remarquer qu’elle s’inscrit dans l’évolution du film noir en ce milieu des années cinquante qui présente souvent les « mauvais garçons » avec compassion : par un étonnant virage final dans le propos, le jeune personnage joué par Farley Granger est ainsi soudainement présenté comme une victime.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Farley Granger, Anthony Quinn, Anne Bancroft, Peter Graves
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Naked street
Anthony Quinn et Farley Granger dans Le Roi du racket de Maxwell Shane.

The Naked Street
Anthony Quinn et Anne Bancroft dans Le Roi du racket de Maxwell Shane.

17 décembre 2017

Petits meurtres entre amis (1994) de Danny Boyle

Titre original : « Shallow Grave »

Petits meurtres entre amisPour trouver un quatrième colocataire, trois amis font passer de véritables entretiens à une série de postulants et s’amusent à leurs dépens. Ils finissent par accepter un homme plus âgé qu’eux et assez mystérieux. Le lendemain de son emménagement, ils ont une très grosse surprise… Petits meurtres entre amis est le premier long métrage de Danny Boyle, tourné juste avant Trainspotting (1996). Le titre français laisse supposer qu’il s’agit d’une élégante fantaisie policière mais il n’en est rien. Il s’agit d’une histoire qui baigne dans le glauque et le cynisme, le tout enrobé d’un humour noir assez dérangeant (a noter que le titre original « Shallow Grave » signifie « enterré peu profond »). Le film débute pourtant sur un rythme assez enlevé, avec un montage rapide et une atmosphère plutôt légère ; les trois amis apparaissent instantanément très antipathiques, toutefois. Et les choses ne s’arrangent guère ensuite. L’humour passe surtout par les dialogues, une série assez soutenue de punch lines, le revers de la médaille étant que la cohérence globale en souffre un peu. Danny Boyle a tourné Petits meurtres entre amis en trente jours avec un budget assez réduit. Le succès fut immense en Grande Bretagne et aussi en France.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Kerry Fox, Christopher Eccleston, Ewan McGregor
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Shallow Grave
Christopher Eccleston, Ewan McGregor et Kerry Fox dans Petits meurtres entre amis de Danny Boyle.

28 avril 2016

Richard III (1955) de Laurence Olivier

Richard IIIA la fin du XVe siècle en Angleterre, Richard duc de Gloucester a oeuvré pour mettre sur le trône son frère aîné Edward IV non sans en ressentir une forte jalousie : difforme et bossu, il n’a pas tous les atouts pour prétendre lui-même au trône mais il sait qu’il peut y parvenir par la ruse. Il va d’abord s’attacher à écarter définitivement son second frère George… Oeuvre de jeunesse de William Shakespeare, Richard III dresse un portrait très sombre du souverain : un homme fourbe qui ne cesse de comploter et fait tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin. Ce portrait ne correspond pas vraiment à la vérité historique mais donne de la matière à l’une des plus grandes pièces de Shakespeare. Après avoir brillamment adapté Henry V et Hamlet, Richard III était un choix assez logique pour Laurence Olivier. Le résultat est tout aussi intéressant même s’il est généralement moins bien considéré du fait d’une mise en scène jugée trop simple. Il y a certes moins de nouveautés, si ce n’est qu’il n’hésite pas à s’adresser directement à la caméra, procédé très rare au cinéma mais un peu plus courant au théâtre. L’ensemble a été tourné en studios à l’exception du dernier acte, la bataille de Bosworth, qui a été tournée… en Espagne. Laurence Olivier reste très fidèle à l’esprit et au texte ; son interprétation est à la fois intense et juste. Son Richard III est vraiment mémorable.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Laurence Olivier, Cedric Hardwicke, Ralph Richardson, John Gielgud, Pamela Brown, Claire Bloom
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Remarque :
* Les mauvais résultats commerciaux du film aux Etats-Unis (en partie dus au fait que le film était sorti simultanément à la télévision) et la mort du producteur anglais Alexander Korda ont mis fin prématurément aux adaptations shakespeariennes de Laurence Olivier. Il n’a pas pu trouver le financement pour monter Macbeth, nous privant de ce qui aurait certainement été une très grande interprétation.

Autres adaptations de la pièce :
Richard III (1912) de André Calmette et James Keane avec Frederick Warde. En 1996, une copie en bon état de ce film précédemment inconnu a été découverte. Sa durée de 55 mn en fait l’un des tous premiers longs métrages.
Richard III (1995) de Richard Loncraine avec Ian McKellen, où la pièce est transposée au XXe siècle, dans une Angleterre fictive sous régime fasciste dans les années 1930.
Richard III (2008) de Scott Anderson avec Scott Anderson

À noter aussi :
Looking for Richard (1996) de Al Pacino qui est un documentaire autour de la pièce et de son impact sur le monde actuel.

Richard III
Laurence Olivier dans Richard III de Laurence Olivier.