3 juillet 2018

Trahison (1951) de Riccardo Freda

Titre original : « Il tradimento (Passato che uccide) »

TrahisonDans les années trente, l’architecte chef de chantier Pietro Vanzelli voit sa vie basculer à la suite d’une machination ourdie par son ex-associé… Mario Monicelli s’est inspiré d’un fait divers survenu dans les années vingt pour écrire avec Ennio De Concini et Riccardo Freda le scénario de Trahison. C’est une des rares incursions de Riccardo Freda dans le mélodrame réaliste. Le résultat n’est guère convaincant et ne tient que par le caractère franchement incroyable cette histoire dramatique à souhait. Le charme de Gianna Maria Canale, égérie et compagne de Riccardo Freda, ne suffit pas pour hisser le film au dessus du mélodrame larmoyant. Vittorio Gassman joue ici le rôle du méchant.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Amedeo Nazzari, Gianna Maria Canale, Vittorio Gassman
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Remarque :
* Amedeo Nazzari, qui était alors une star très populaire (un référendum organisé en 1940 par la revue Cinema le classe nettement en tête), a tenté d’imposer ses vues au réalisateur. Riccardo Freda a alors obtenu des producteurs l’accord de le remplacer par sa doublure dans de très nombreuses scènes. L’acteur est devenu alors plus docile et Freda et Nazzari sont même devenus amis. (Présentation de Patrick Brion)

Trahison
Amedeo Nazzari et Gianna Maria Canale dans Trahison de Riccardo Freda.

18 septembre 2017

Le Voyage fantastique (1951) de Henry Koster

Titre original (UK) : « No Highway »
Titre original (USA) : « No Highway in The Sky »

Le Voyage fantastiqueL’ingénieur Theodore Honey (James Stewart) pratique des tests de vibrations sur l’empennage d’un avion de ligne de nouvelle génération. Ses calculs sont formels : la queue de l’appareil va immanquablement se désagréger après exactement 1440 heures de vol. Pour prouver ses dires, il doit se rendre sur les lieux d’un précédent crash inexpliqué pour tenter de retrouver la queue de l’appareil. Il s’y rend en avion… Sur un sujet alors très actuel (les premiers avions de ligne à réaction datent de cette époque), l’anglais Nevil Shute (lui-même ingénieur aéronautique) a écrit le roman No Highway en 1948. Cette adaptation cinématographique en suit la trame d’assez près. Ce n’est pas tant un film-catastrophe, l’accent étant surtout mis sur l’opposition entre un ingénieur et sa hiérarchie incrédule. James Stewart s’en donne à cœur joie pour interpréter ce scientifique lunaire et excentrique, au point de le rendre caricatural. Cette situation « seul contre tous » est en outre renforcée par un aspect moins évident pour nous francophones : dans cette production anglaise à capitaux américains (1), James Stewart est le seul acteur américain et cela s’entend car l’acteur a toujours eu un accent américain très prononcé. Face à lui, Marlene Dietrich joue presque son propre rôle, celui d’une star voyageant sur le même avion. L’ensemble est de bonne facture, sans excès de sentimentaliste malgré la présence d’une petite fille. Le plus étonnant dans cette histoire est son caractère prophétique (lire ci-dessous).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: James Stewart, Marlene Dietrich, Glynis Johns, Jack Hawkins
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Remarque :
* Trois ans plus tard, à la suite de plusieurs accidents, des problèmes de structure furent mis en évidence sur le premier avion de ligne à réaction en production, le De Haviland DH 106 Comet. Il fut établi que ces accidents étaient dus à la fatigue du métal sur les cellules, phénomène peu connu à l’époque et tous les Comet en service furent alors retirés du service. Le problème venait essentiellement de la forme carrée des hublots (depuis cette date, tous les hublots d’avion ont une forme arrondie).

(1) Les grands studios étaient alors encouragés fiscalement à réinvestir les profits générés au Royaume Uni dans des productions britanniques.

No Highway
James Stewart et Marlene Dietrich dans Le Voyage fantastique de Henry Koster.

No Highway
James Stewart et Glynis Johns dans Le Voyage fantastique de Henry Koster (et les hublots sont carrés!)

Homonyme en français (aucun lien) :
Le Voyage fantastique (Fantastic Voyage) de Richard Fleisher (1966)

14 avril 2017

Crossing Guard (1995) de Sean Penn

Titre original : « The Crossing Guard »

Crossing GuardFreddy Gale a vu sa vie détruite à la mort de sa fille, renversée par un chauffard ivre. Six ans plus tard, ce dernier sort de prison et Freddy a la ferme intention de le tuer… Crossing Guard (1) est la deuxième réalisation de Sean Penn. Il en a écrit le scénario (2). Sur une base qui, tout en étant dramatique, peut paraître assez conventionnelle, il réussit à faire un film très original, étonnamment délicat alors qu’il manie des notions fortes. Les deux thèmes principaux en sont la culpabilité, David Morse se révélant être particulièrement subtil dans son jeu pour en exprimer les multiples facettes, et l’autodestruction que Jack Nicholson personnifie avec retenue tout en soulignant le caractère obsessionnel de son personnage. Il fait une superbe prestation, d’une grande subtilité. Le chemin vers le pardon est aussi difficile que celui vers la rédemption. Le film fut un grand échec commercial. Il est pourtant assez remarquable.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jack Nicholson, David Morse, Anjelica Huston, Robin Wright
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Crossing guard
Jack Nicholson dans Crossing Guard de Sean Penn.

Crossing guard
David Morse dans Crossing Guard de Sean Penn.

(1) Il est étonnant que ce titre ait été gardé pour sa distribution en France, le sens n’étant vraiment pas évident (j’ai dû faire un peu de recherche pour en comprendre le sens : crossing = passage clouté, donc un crossing guard est une personne qui fait traverser les enfants à la sortie des écoles). Faut-il y voir une preuve de manque d’intérêt des distributeurs français ?
(2) Eric Clapton a déclaré que Sean Penn s’était inspiré du drame de la perte de son fils pour écrire Crossing Guard.

22 mars 2017

Maps to the Stars (2014) de David Cronenberg

Maps to the StarsHollywood est la ville des stars. A 13 ans, Benjie l’est déjà. Son père est un auteur à succès et coach de célébrités ; il aide ainsi l’actrice Havana Segrand à donner un nouveau souffle à sa carrière… Sur un scénario de Bruce Wagner, David Cronenberg nous présente un portrait plutôt acide de cette faune hollywoodienne génératrice de névroses, où la célébrité est l’unique credo. Ce monde en apparence idyllique est en réalité souvent cauchemardesque. Certes, le sujet a déjà été traité (et, il faut bien le reconnaître, plus brillamment) mais le scénario est intelligemment déroulé : après un début plutôt difficile à suivre, les liens entre certains personnages se précisent peu à peu. La situation apparaît alors de plus en plus terrifiante. Cette vision d’une société autant malsaine que décadente est certainement assez excessive, certainement outrée, noire sans aucun doute. Julianne Moore est assez étonnante. David Cronenberg avait ce projet depuis 2004. Il a eu beaucoup de mal à trouver un financement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Julianne Moore, Mia Wasikowska, John Cusack, Evan Bird, Robert Pattinson
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Maps to the stars
Mia Wasikowska dans Maps to the Stars de David Cronenberg.

maps to the stars
Julianne Moore dans Maps to the Stars de David Cronenberg.

21 février 2017

Contes italiens (2015) de Paolo Taviani et Vittorio Taviani

Titre original : « Maraviglioso Boccaccio »

Contes italiensEn 1348, alors que la peste frappe cruellement Florence, sept demoiselles et trois jeunes hommes décident de quitter la ville et de s’isoler à la campagne. Là, pour tromper l’ennui, ils décident que chaque jour, l’un d’entre eux devra raconter une histoire… Librement inspiré du Décaméron de Boccace, Contes italiens est un superbe hymne à l’amour, à la beauté et à la vie. Après un préambule sur les dégâts de la peste, les frères Taviani reprennent cinq contes, parmi les cent que compte le roman. Trois sont à caractère plutôt dramatiques sur le thème de la force de l’amour ; ce sont les plus beaux, les plus émouvants, les plus déchirants même pour le dernier. On est transportés par leur puissance évocatrice. Deux contes plus légers, et un peu plus courts, servent en quelque sorte d’intermède récréatif. La réalisation est parfaite, l’image est d’une grande beauté et la musique tient une grande place, apportant une dimension supplémentaire. Il est un peu désolant de voir la critique laminer un tel film, le qualifiant hâtivement d’ « académique ». Il ne faut pas les écouter : à plus de quatre-vingts ans, les frères Taviani ont signé un film étonnamment jeune ; il est en outre assez féminin (Paolo Taviani, lui-même, le confirme). Contes italiens est une petite merveille.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Carolina Crescentini, Flavio Parenti, Kim Rossi Stuart, Riccardo Scamarcio, Kasia Smutniak, Jasmine Trinca
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Précédente adaptation :
Le Décaméron (Il Decameron) de Pier Paolo Pasolini (1971), comportant dix contes et bien entendu très différent. Le réalisateur l’a renié par la suite.

Contes italiens
Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani.

Contes italiens
Conte 1 : Riccardo Scamarcio et Vittoria Puccini dans Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani.

Contes italiens
Conte 2 : Kim Rossi Stuart dans Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani.

Contes italiens
Conte 3 : Michele Riondino et Kasia Smutniak dans Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani.

Contes italiens
Conte 4 : Carolina Crescentini et Leonardo Santini Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani.

Contes italiens
Conte 5 : Jasmine Trinca dans Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani.

12 août 2016

Mon voisin Totoro (1988) de Hayao Miyazaki

Titre original : « Tonari no Totoro »

Mon voisin TotoroDeux fillettes viennent s’installer avec leur père dans une petite maison à la campagne afin de se rapprocher de leur mère soignée dans un hôpital. Proche de la maison, une forêt avec de grands arbres très anciens va être une source de découvertes vraiment étonnantes pour les fillettes… Ecrit et réalisé par Hayao Miyazaki, au début de sa carrière, Mon voisin Totoro est un joli conte qui pourra être autant apprécié par un enfant de cinq ans que par un adulte. Le thème général est l’amour de la famille et l’harmonie avec la nature. Miyazaki réussit à mêler habilement la vie quotidienne avec un monde magique et féérique. La première analogie qui vient à l’esprit est bien entendu avec Alice au pays des merveilles. L’animation est parfaite. Le comportement des fillettes est vraiment très réaliste et les êtres magiques sont très originaux… et particulièrement attachants. De l’ensemble se dégagent une douceur et une harmonie que l’on ne peut trouver dans les productions américaines ; notons qu’il n’y a pas de « méchants ». Autre différence, il n’y a pas ces multiples références et clins d’œil à la culture populaire. A la place, il y a une histoire pleine de vie et de féérie qui nous illumine et nous charme.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs:
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Remarques :
* Totoro est devenue la mascotte des studios Ghibli et même leur logo.
* Le nom Totoro, donnée par la fillette à son gros ami à poils, est une mauvaise prononciation de sa part du mot « troll » (qui se prononce to-ro-ru en japonais).
* Mon voisin Totoro n’a eu qu’un succès limité à sa sortie au Japon. Il lui a fallu deux années pour vraiment se faire connaitre. Il a connu depuis un succès planétaire.
* L’histoire est en partie autobiographique puisque la mère de Hayao Miyazaki, qui souffrait de la tuberculose, a été longuement hospitalisée quand il était jeune. Le nom de la maladie n’est jamais prononcé dans le film.

Mon voisin Totoro
L’une des scènes de Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki qui évoquent le plus Alice au pays des merveilles.

12 mars 2016

La Couronne de fer (1941) de Alessandro Blasetti

Titre original : « La corona di ferro »

La Couronne de ferSedemondo n’hésite pas à tuer son propre frère à l’issue d’une bataille pour régner seul sur le Royaume de Kindaor. Survient alors un messager qui transporte une couronne pour aller l’offrir au Pape. Cette sainte relique a un pouvoir magique : elle ne peut quitter un endroit où prévaut l’injustice… Basé sur une histoire écrite par le futur réalisateur Renato Castellani, La Couronne de fer est réalisé par Alessandro Blasetti en 1941, soit en pleine période fasciste. Si cette légende fait une bonne place à une histoire d’amour, il est indéniable qu’elle met aussi en avant le besoin d’un leader charismatique fort pour obtenir paix et prospérité. Le film s’inscrit donc pleinement dans la propagande mussolinienne. La production bénéficia d’un budget très important et le tournage eut lieu entièrement dans les studios flambants neufs de Cinecittà avec un nombre impressionnant de figurants. Les décors sont souvent assez chargés et un peu grandiloquents. Située dans un Moyen-Âge de pacotille, l’histoire est particulièrement riche et pleine de rebondissements qui maintiennent l’intérêt constant. L’ensemble est de qualité. La Couronne de fer a indéniablement sa place dans la lignée des films mythologiques italiens qui, depuis le Cabiria de Pastrone (1914), préfigurent l’explosion du péplum des années cinquante.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Elisa Cegani, Luisa Ferida, Gino Cervi, Massimo Girotti, Rina Morelli
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Remarques :
* Lors du Festival de Venise 1941, La Couronne de fer a remporté la Coupe Mussolini (c’est le nom du grand prix entre 1934 et 1942, il ne prendre le nom de Lion d’Or qu’en 1949).

* Luisa Ferida (Tundra dans le film) et son compagnon Osvaldo Valenti (Eriberto, le prince compétiteur d’apparence mongole) ont été très liés au pouvoir fasciste pendant la guerre. Ils furent tous deux exécutés par des membres de la Résistance italienne en 1945, lors de la Libération de Milan. Leur histoire est le sujet du film Une histoire italienne de Marco Tullio Giordana avec Monica Bellucci (2008).

la Couronne de fer
Elisa Cegani et Gino Cervi dans La Couronne de fer de Alessandro Blasetti.

La Couronne de fer
Massimo Girotti et Luisa Ferida dans La Couronne de fer de Alessandro Blasetti.

23 septembre 2015

Le Cri (1957) de Michelangelo Antonioni

Titre original : « Il grido »

Le CriAldo, un simple ouvrier, est dévasté lorsque la femme avec laquelle il vit depuis sept ans lui annonce qu’elle va le quitter pour un autre homme. Désemparé, il part sans but précis avec la petite fille qu’ils ont eu ensemble… Le Cri est un film charnière dans la filmographie d’Antonioni, entre quatre premiers films plus conventionnels et L’Avventura qui marque vraiment l’éclosion d’un style nouveau. On trouve en effet les prémices de ce style dans cette histoire d’errance où Antonioni s’attache plus à décrire un environnement peuplé de petites choses qu’à dérouler une histoire de façon classique. Son but est nous faire ainsi mieux entrer dans l’âme du personnage principal. Antonioni prend comme décor les rives du Pô (qu’il connait bien pour y avoir passé son enfance), fleuve que suit son personnage pour échouer dans le no man’s land du delta dont les brumes et la désolation prennent une valeur symbolique. C’est l’un des rares films d’Antonioni où le personnage principal est un homme. Cet homme a une certaine incapacité d’adaptation qui lui sera fatale : il devra finalement accepter la vérité qu’il a tenté de fuir. Les héroïnes antonioniennes n’ont généralement pas cette rigidité. Le Cri fut remarqué à sa sortie par la critique mais c’est avec son film suivant que le réalisateur confirmera sa rupture avec le cinéma traditionnel et sera vraiment vu comme le créateur d’un nouveau style.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Steve Cochran, Alida Valli, Betsy Blair, Dorian Gray
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Remarques :
* On remarquera l’hommage à Chaplin : lors de la petite bagarre dans la rue, une affiche de The Kid est visible en arrière-plan, Antonioni soulignant ainsi le parallèle entre les deux situations (homme seul + enfant).

* Le Cri étant une production en partie américaine, l’acteur principal Steve Cochran est américain, c’est un acteur de films de série B dont la participation précédente la plus prestigieuse est un second rôle dans White Heat de Raoul Walsh.

Le Cri
Alida Valli et Steve Cochran dans Le Cri de Michelangelo Antonioni

16 mai 2015

Merci la vie (1991) de Bertrand Blier

'Merci la vie'Dans une station vide en bord de mer, l’adolescente Camille pousse son caddie plein de poissons où s’accrochent des mouettes. Elle trouve au milieu de la rue Joëlle, jeune femme inanimée en robe de mariée qui vient de se faire abandonner brutalement par un homme en voiture de sport. Elle la ramène chez elle… Ecrit et réalisé par Bertrand Blier, Merci la vie a souvent été décrit comme une sorte de pendant féminin à Les Valseuses. Il est bien plus abouti toutefois. Le film nous surprend constamment, se jouant des codes et des interdits du cinéma, assemblant les scènes en un patchwork imprévisible, brouillant les époques, passant sans crier gare de la couleur au noir et blanc (sépia en réalité). Le burlesque et le dramatique se télescopent, la réalité et le fantasme n’ont plus de séparation nette. Merci la vie est un grand film surréaliste… Sur le fond, Bertrand Blier pointe du doigt certains désordres de notre civilisation : le désert affectif en premier lieu, la difficulté d’aimer et d’être aimé (Camille doit même pousser son père à faire l’amour à sa mère pour pouvoir être conçue), les multiples obstacles à l’amour que sont la guerre, les maladies (le film a été écrit en pleine « explosion » du sida), la vieillesse, etc. Merci la vie est un film brillant et insolent dans lequel il faut se laisser aller car, comme l’a dit Bertrand Blier lui-même, c’est « un film d’émotions ».
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Charlotte Gainsbourg, Anouk Grinberg, Michel Blanc, Jean Carmet, Annie Girardot, Jean-Louis Trintignant, Catherine Jacob, Gérard Depardieu
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Merci la vie
Charlotte Gainsbourg et Anouk Grinberg dans ‘Merci la vie’ de Bertrand Blier.

27 avril 2015

New York Confidential (1955) de Russell Rouse

New York confidentielCharlie Lupo est à la tête de la branche new-yorkaise du syndicat du crime. Il fait venir le tueur Nick Magellan de Chicago pour une mission et, impressionné par sa classe et son efficacité, décide de la garder à ses côtés… Après qu’une commission d’enquête (Kefauver hearings, 1950-51) eut révélé à des millions de spectateurs médusés l’omniprésence de la Mafia dans tous les rouages de la société américaine, un certain nombre de films virent le jour sur ce sujet (1). New York Confidential est l’un des plus remarquables d’entre eux. Il est librement inspiré d’un best-seller du même nom signé Jack Lait et Lee Mortimer. Il nous montre le fonctionnement de l’organisation criminelle avec ses règles et ses processus de décision. Contrairement au cinéma des années trente, les hommes qui la dirigent ne sont pas montrés comme des caïds risque-tout mais comme des hommes d’affaires, qui ont un bureau, une secrétaire et même une famille qui cause des soucis. Mais le personnage central de New York Confidential n’est l’un de ces patrons du crime mais son bras droit remarquablement interprété par Richard Conte, stylé et séduisant en apparence mais implacable tueur quand il s’agit de régler les problèmes. Finalement, New York Confidential est un étonnant précurseur, vingt ans auparavant, du Parrain de Coppola.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Broderick Crawford, Richard Conte, Marilyn Maxwell, Anne Bancroft, Mike Mazurki
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New York Confidential
Richard Conte  est un tueur stylé dans New York confidentiel de Russell Rouse

New York Confidential
Broderick Crawford  est l’un des chefs de la Mafia dans New York confidentiel de Russell Rouse, 20 ans avant Marlon Brando…

Remarque :
* Le terme « Mafia » n’est à aucun moment prononcé dans le film qui utilise le terme « Syndicat » ou « l’Organisation ».

(1) On pourrait citer The Captive City (1952) de Robert Wise, Hoodlum Empire (1952) de Joseph Kane ou encore The Turning Point (1952) de William Dieterle pour se limiter à ceux qui s’attachent à montrer le fonctionnement de la Mafia.
Il y en a beaucoup d’autres sur le thème du crime organisé  qui est l’un des sujets principaux de la décennie des années cinquante : The Enforcer de Raoul Walsh (1951), The Mob de Robert Parrish (1951), The Racket de John Cromwell (1952), The Narrow Margin de Richard Fleisher (1952), The Big Combo de Joseph H. Lewis (1955), etc.