11 décembre 2018

Juste la fin du monde (2016) de Xavier Dolan

Juste la fin du mondeEcrivain, Louis retourne dans sa famille pour une journée après 12 ans d’absence. Il doit leur annoncer sa mort prochaine. Rapidement, il est happé par le tourbillon des petites querelles…
Juste la fin du monde est l’adaptation d’une pièce de Jean-Luc Lagarce, auteur disparu en 1995 à l’âge de 38 ans. Le film de Xavier Dolan suit de très près la construction de la pièce. Il est esthétiquement recherché, trop sans doute car les effets sautent aux yeux au point de nous écarter du récit. Pour renforcer l’atmosphère de huis clos, le jeune cinéaste québécois use et abuse des plans serrés, très serrés même et joue beaucoup avec la profondeur de champ. Le propos traite de la difficulté de communication au sein d’une famille dont les membres sont bien en mal de montrer leur affection et leur amour. L’outrance de cette incommunication, qui frise le handicap social, fait que l’on reste assez extérieur à leurs querelles. Gaspard Ulliel est très bien dans un rôle quasi-muet. Marion Cotillard fait une belle prestation car son personnage est très malhabile avec la parole mais les yeux de l’actrice expriment une grande empathie. Elle est de loin la plus touchante. Nathalie Baye est surprenante en moulin à paroles inutiles, Vincent Cassel fait du Vincent Cassel, Léa Seydoux semble à côté de son personnage. L’ensemble est plutôt décevant mais indéniablement esthétique.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Gaspard Ulliel
Voir la fiche du film et la filmographie de Xavier Dolan sur le site IMDB.

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Juste la fin du monde
Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan.

Juste la fin du monde
Marion Cotillard et Vincent Cassel dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan.

Juste la fin du monde
Léa Seydoux et Nathalie Baye dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan.

22 mars 2017

Maps to the Stars (2014) de David Cronenberg

Maps to the StarsHollywood est la ville des stars. A 13 ans, Benjie l’est déjà. Son père est un auteur à succès et coach de célébrités ; il aide ainsi l’actrice Havana Segrand à donner un nouveau souffle à sa carrière… Sur un scénario de Bruce Wagner, David Cronenberg nous présente un portrait plutôt acide de cette faune hollywoodienne génératrice de névroses, où la célébrité est l’unique credo. Ce monde en apparence idyllique est en réalité souvent cauchemardesque. Certes, le sujet a déjà été traité (et, il faut bien le reconnaître, plus brillamment) mais le scénario est intelligemment déroulé : après un début plutôt difficile à suivre, les liens entre certains personnages se précisent peu à peu. La situation apparaît alors de plus en plus terrifiante. Cette vision d’une société autant malsaine que décadente est certainement assez excessive, certainement outrée, noire sans aucun doute. Julianne Moore est assez étonnante. David Cronenberg avait ce projet depuis 2004. Il a eu beaucoup de mal à trouver un financement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Julianne Moore, Mia Wasikowska, John Cusack, Evan Bird, Robert Pattinson
Voir la fiche du film et la filmographie de David Cronenberg sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

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Maps to the stars
Mia Wasikowska dans Maps to the Stars de David Cronenberg.

maps to the stars
Julianne Moore dans Maps to the Stars de David Cronenberg.

27 septembre 2016

Mommy (2014) de Xavier Dolan

MommyDiane, veuve d’une quarantaine d’années habitant la banlieue de Montréal, récupère la garde de son fils Steve, un adolescent difficile souffrant d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), récemment expulsé pour comportement irresponsable et dangereux du centre de rééducation dans lequel il avait été placé peu de temps après la mort de son père… A l’âge de 24 ans, le québécois Xavier Dolan livre son cinquième long métrage, un film qui a enthousiasmé aussi bien la critique que le public et a fini de mettre son auteur au centre de toutes les attentions. Son propos est centré une fois de plus sur la figure maternelle, sujet qui l’inspire inconditionnellement selon ses propres termes. Mommy est étonnamment équilibré, reposant sur trois personnages principaux d’égale importance. La justesse de ton, l’absence d’effets mélodramatiques factices stupéfient le spectateur qui est happé dans un tourbillon d’émotions. Mommy est en outre traversé de fulgurances brillantes. Xavier Dolan a tourné son film en format carré, format courant en photographie mais rarissime au cinéma ; s’il peut réduire les options de composition (notamment pour les très gros plans qui sont de fait toujours centrés), ce format sied particulièrement bien au sujet car il concentre notre attention sur les personnages et nous en rapproche. Et dans une séquence, il élargit le champ pour un très bel effet. Avec ce film, Xavier Dolan est devenu un véritable phénomène, il est vrai qu’il est rare d’assister à l’éclosion d’un jeune réalisateur si talentueux.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Anne Dorval, Suzanne Clément, Antoine-Olivier Pilon
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Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Remarque :
Les personnages s’expriment en joual, une variante orale populaire du français québécois.

Mommy
Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon et Suzanne Clément dans Mommy de Xavier Dolan.

Mommy

24 septembre 2013

Starbuck (2011) de Ken Scott

StarbuckAlors qu’il va être père, un quarantenaire particulièrement inconséquent apprend qu’il est le géniteur de 533 enfants : une vingtaine d’années auparavant, sous le pseudonyme Starbuck, il avait donné à de très nombreuses reprises son sperme à une clinique afin d’avoir de l’argent de poche. Ces enfants se sont constitués en association et demandent que le nom de leur père leur soit révélé… Reprenant un thème qui a fait débat en Amérique du Nord (où il y a un vide juridique sur l’anonymat des donneurs qui peuvent être rémunérés), le québécois Ken Scott fait une comédie assez originale mais qui n’est pas hélas sans défaut. On peut regretter tout d’abord que les personnages soient si typés, à commencer par le personnage principal dont le coté adolescent attardé est vraiment très appuyé, et aussi qu’une si bonne idée de départ n’engendre qu’un développement conventionnel et gentillet, pétri de bons sentiments. S’il ne fait pas dans la subtilité, le film a toutefois quelques bons moments d’humour, notamment dans les dialogues de Starbuck avec son ami avocat. Le film a connu un très grand succès.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Patrick Huard, Julie LeBreton, Antoine Bertrand
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Remarques :
* Starbuck est le nom d’un taureau canadien champion de l’insémination artificielle.
* A la suite du grand succès du film, Starbuck va avoir un remake américain :
Delivery Man de Ken Scott avec Vince Vaughn (sortie prévue en novembre 2013).

23 août 2011

Chloe (2009) de Atom Egoyan

ChloeParce qu’elle soupçonne son mari de la tromper, une femme engage une jeune escort-girl pour avoir des preuves de son infidélité… Le Chloe d’Atom Egoyan est un remake du Nathalie d’Anne Fontaine (1). L’histoire aborde sous un jour plutôt nouveau la crise du couple à la quarantaine mais cela n’empêche pas, hélas, de retomber dans des schémas et des situations déjà largement explorées. L’ensemble serait même un peu ennuyeux sans la présence de Julianne Moore qui met, une fois de plus, beaucoup de sensibilité dans son interprétation. Les images sont élégantes. Atom Egoyan cultive de plus en plus une certaine douceur de la mise en scène. Le côté sulfureux de l’ensemble n’est judicieusement pas trop appuyé. La fin du film est maladroite… voire grotesque. Chloe se laisse regarder sans déplaisir mais on en attend bien plus d’Atom Egoyan.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Julianne Moore, Liam Neeson, Amanda Seyfried, Max Thieriot
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(1) Nathalie d’Anne Fontaine (2003) avec Fanny Ardant, Emmanuelle Béart et Gérard Depardieu.

30 décembre 2009

The Railrodder (1965) de Gerald Potterton

Titre français parfois utilisé : « L’homme du rail »

The RailrodderLui :
(Court métrage de 24 minutes) A l’automne 1964, c’est à dire un peu plus d’un an avant sa mort, Buster Keaton accepte de jouer dans un court métrage financé par l’Office National du Film Canadien. La base est simple. Un anglais désirant visiter le Canada trouve une draisine (petit véhicule à moteur sur rails) et va traverser tout le pays de l’Atlantique au Pacifique. Sur le véhicule, il trouve tout ce dont il a besoin dans un coffre magique : il en extirpe quantité de choses, nourriture, plateau de thé tout prêt, énorme manteau en peau d’ours, planche à laver… The Railrodder n’est pas la dernière apparition à l’écran de Buster Keaton mais ce court métrage est bien plus intéressant, pour le voir peu avant sa mort, que tous les petits rôles insignifiants qu’il a tenu dans les années soixante. The RailrodderC’est un plaisir de le voir juché sur sa draisine, scrutant l’horizon à la façon du Navigator… L’ensemble n’a bien entendu pas une seule parole mais beaucoup de bruitages. Les situations sont nombreuses et amusantes. Ce petit film est souvent édité avec son making of, Buster Keaton rides again (55 mn), assez intéressant à regarder car l’on voit Keaton travailler et l’on se rend compte à quel point il s’est investi dans le film : il a pris un peu pris le pas sur le jeune réalisateur, peu expérimenté. Ce n’est guère étonnant car on sent sa patte. Les meilleurs gags ont en fait été trouvés par Keaton qui, à 70 ans, n’hésite pas à prendre des risques au grand dam du réalisateur, terrifié. The Railrodder est un vrai plaisir. On pourrait presque le considérer comme le « dernier Keaton ».
Note : 4 étoiles

Acteurs: Buster Keaton
Voir la fiche du film et la filmographie de Gerald Potterton sur le site imdb.com.

Remarque :
The Railrodder est en accès libre sur le site  de l’Office National du Film du Canada (ONF-NFB)

30 décembre 2008

L’âge des ténèbres (2007) de Denys Arcand

L'Âge des ténèbresElle :
Dans le dernier volet de sa trilogie, Denys Arcand donne une vision bien pessimiste du monde qui nous entoure. Cette satire qui oscille entre la férocité et la cocasserie, dépeint une société davantage passionnée par les écrans que par la vraie relation humaine. Les fantasmes remplissent le vide du quotidien et le désamour. On peut regretter que le scénario ait tendance à s’essouffler.
Note : 2 étoiles

Lui :
L’âge des ténèbres est le troisième et ultime volet de la trilogie que Denys Arcand avait commencée avec le Déclin de l’Empire Américain et Les invasions barbares. Elle porte bien son nom car la vision que le cinéaste nous propose est assez noire. Il nous montre les frustrations et désirs d’un homme à la vie très terne bien qu’en apparence aisée et qui se réfugie dans ses fantasmes, sexuels et professionnels. Denys Arcand exagère, non sans humour, les travers de la société québécoise qui l’entoure que ce soit sur le plan environnemental ou comportemental. Sa vision semble en tout cas assez désabusée, tout semble vain et repose sur l’esbroufe, à l’image du service de la Protection du Citoyen où travaille son personnage principal, un département qui ne sert à rien et n’a aucun pouvoir. L’âge des ténèbres souffre hélas de quelques longueurs, dans le passage moyenâgeux notamment où l’allégorie est un peu appuyée et peut-être un peu inutile. Marc Labrèche fait une très belle prestation. C’est un acteur connu au Québec mais beaucoup moins en France.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Marc Labrèche, Diane Kruger, Sylvie Léonard, Caroline Néron
Voir la fiche du film et la filmographie de Denys Arcand sur le site IMDB.
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20 décembre 2008

C.R.A.Z.Y. (2005) de Jean-Marc Vallée

C.R.A.Z.Y.Elle :
(pas vu)

Lui :
Le film québecois CRAZY est une chronique familiale des années 60 et 70, une famille simple avec 5 garçons tous très différents et nous suivons plus particulièrement l’un des fils. Rien d’extraordinaire dans cette famille si ce n’est qu’ils cherchent à être heureux, à vivre tout simplement. Jean-Marc Vallée est parvenu à recréer une ambiance, en utilisant largement la musique, mais surtout il a su trouver le ton juste en mêlant habilement l’humour à son récit assez émouvant par moments. Le film n’est pas sans défaut, il tend parfois à s’étaler inutilement ou à créer des effets faciles, mais l’ensemble est plutôt réussi et attachant. Les dialogues sont quelquefois difficiles à comprendre, certaines phrases étaient heureusement sous-titrées dans la version visionnée. Le titre CRAZY peut induire en erreur : personne n’est déjanté ici. En fait, ce titre fait référence à une chanson de Patsy Cline dont le père est fana ; ce sont aussi les initiales des 5 fils (Christian, Raymond, Antoine, Zachary, Yvan). CRAZY a été un véritable phénomène au Québec : 1 millions d’entrées pour 7,5 millions d’habitants et il a raflé de nombreux prix.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Michel Côté, Marc-André Grondin, Danielle Proulx, Émile Vallée,Pierre-Luc Brillant
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28 juillet 2008

Loin d’elle (2006) de Sarah Polley

Titre original : « Away from her »

Loin d’elleElle :
Avec ce premier film pudique et sensible pour évoquer la maladie d’Alzheimer, la jeune réalisatrice-actrice Sarah Polley révèle une belle maturité et maîtrise de la mise en scène. La longue histoire d’amour de ce couple sexagénaire est mis à mal par la maladie qui s’installe peu à peu chez Fiona et lui fait emprunter d’autres chemins de vie et de pensée. La fin du film laisse toutes les interprétations ouvertes, en apparence du moins, hélas. Les paysages recouverts de neige enveloppent le film de douceur et de mélancolie. Gordon Pinsent et Julie Christie sont émouvants dans leur impuissance et leur tristesse résignées.
Note : 4 étoiles

Lui :
Grant et Fiona sont ensemble depuis 44 ans et forme un couple très uni. La maladie d’Alzheimer de Fiona va inexorablement les éloigner l’un de l’autre. Loin d’elle est le premier long métrage de la jeune actrice canadienne Sarah Polley qui montre beaucoup de délicatesse et de sensibilité pour ce traiter ce sujet difficile. Sans pathos inutile, l’histoire qu’elle met en scène garde une forte authenticité pour, au final, être très forte. En ce sens, Loin d’elle est assez proche de The Secret Life of Words d’Isabelle Coixet où Sarah Polley tenait justement l’un des deux rôles principaux. Ici, c’est Julie Christie et Gordon Pinsent qui donnent beaucoup de force à leurs personnages avec une interprétation tout en nuances, sans éclat spectaculaire tout en restant émotionnellement forte. Avec Loin d’elle, Sarah Polley montre à 27 ans une capacité certaine à savoir trouver le ton juste et une belle maîtrise de la mise en scène .
Note : 4 étoiles

Acteurs: Gordon Pinsent, Julie Christie, Olympia Dukakis, Michael Murphy
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Loin d'elle

27 mars 2008

Congorama (2006) de Philippe Falardeau

CongoramaElle :
(Abandon).
Note : pas d'étoile

Lui :
Un inventeur, pas vraiment brillant et vivant en Belgique, part à la recherche de ses vraies origines au Canada. Telle est la trame globale de Congorama. Ce pourrait donc être la quête d’identité d’un homme mais en pratique l’histoire est tellement improbable que l’ensemble apparaît anecdotique. Le québécois Philippe Falardeau a pourtant judicieusement choisi de dévoiler les éléments de son puzzle petit à petit ; la construction est plutôt réussie avec une cassure au tiers du film qui relance nettement l’intérêt. Tout le début du film est hélas accaparé par Olivier Gourmet qui nous fait du Gourmet : instable, grognon et coléreux… comme d’habitude. La seconde partie avec Paul Ahmarani est plus convaincante. La forme, quant à elle, est très brute : caméra à l’épaule et une bande sonore de très mauvaise qualité avec un fond sonore très présent. Au final, malgré certaines qualités, Congorama peine à retenir l’intérêt.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Olivier Gourmet, Paul Ahmarani, Jean-Pierre Cassel
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