16 décembre 2014

Unter der Laterne (1928) de Gerhard Lamprecht

Unter der Laterne(Film muet) La jeune Else est interdite de sortie par son père qui l’enferme dans sa chambre. Elle parvient à s’enfuir avec son petit ami. Tous entreprennent de monter un numéro de music-hall. Son père la fait rechercher par la police ce qui va la pousser dans la rue… Gerhard Lamprecht est un cinéaste allemand dont le film le plus connu est un parlant : Émile et les Détectives (Emil und die Detektive, 1931). Il ne s’inscrit pas dans le courant expressionniste mais s’attache à décrire la vie des plus pauvres de l’Allemagne de l’Entre-deux guerres. Unter der Laterne raconte ainsi la descente d’une jeune fille bourgeoise vers les bas-fonds et le film est aussi une mise en garde des parents contre les excès de sévérité. Le développement est certes assez classique mais l’interprétation de bonne facture, même si on peut trouver que Lissy Arna manque un peu de présence. Le film ne manque pas de charme et même de surprises, comme cette longue scène originale où l’on nous suggère la vie facile et aisée de l’héroïne uniquement en nous en montrant les objets et les attributs. Auparavant impossible à voir, Unter der Laterne a été magnifiquement restauré en 2013.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lissy Arna, Mathias Wieman, Paul Heidemann
Voir la fiche du film et la filmographie de Gerhard Lamprecht sur le site IMDB.

Remarque :
* Gerhard Lamprecht fut également un grand collectionneur d’objets en rapport avec le cinéma. Sa très grande collection a constitué la base de la Cinémathèque de Berlin en 1962.

Unter der Laterne
Dans Unter der Lanterne, Lissy Arna (au centre avec la tête penchée) se réfugie dans un bar après avoir résisté aux avances plus qu’insistantes de son protecteur.

7 novembre 2014

New York Stories (1989) de Woody Allen, Martin Scorsese et Francis Ford Coppola

Trois sketches :
1) Apprentissages (Life lessons) de Martin Scorsese avec Nick Nolte et Rosanna Arquette
2) La Vie sans Zoé (Life without Zoe) de Francis Ford Coppola avec Giancarlo Giannini et Talia Shire
3) Le Complot d’Oedipe (Oedipus Wrecks) de Woody Allen avec Woody Allen, Mia Farrow et Mae Questel

New York StoriesNew York Stories réunit trois grands réalisateurs sur un même thème : la ville de New York. Des trois sketches d’environ 40 minutes chacun, c’est celui de Coppola qui paraît le moins réussi. Ecrit conjointement avec sa fille Sofia, cette histoire assez ennuyeuse préfigure Lost in translation, c’est encore le mieux que l’on puisse en dire. Le court métrage de Scorsese est bien plus intéressant, superbement filmé avec un beau casting. Le sketch le plus original et le plus réussi est celui de Woody Allen qui revient ici à la comédie pure avec une idée assez surprenante où son ancienne passion pour la magie refait surface. Dégagé de la pression du long métrage, il s’en donne à coeur joie et nous livre une histoire farfelue et très amusante sur le thème de la mère envahissante.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Woody Allen, Mia Farrow, Nick Nolte, Rosanna Arquette, Giancarlo Giannini
Voir la fiche du film sur le site IMDB.
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Remarques :
* Initialement, le projet prévoyait de réunir Woody Allen, Scorsese et Spielberg mais ce dernier n’a pu se libérer et a été remplacé par Coppola (qui, notons-le, n’est pas vraiment new-yorkais).

* Dans le sketch de Woody Allen, la petite fille de Mia Farrow n’est autre que Kirsten Dunst, alors âgée de 6 ans. C’est son premier rôle au cinéma.

New York Stories

14 octobre 2014

Jeune et innocent (1937) de Alfred Hitchcock

Titre original : « Young and Innocent »
Autre titre (USA) : « The Girl was Young »

Jeune et innocentUne actrice est retrouvée morte étranglée sur la plage. Entraperçu quittant les lieux du crime, un jeune homme est accusé à tort. Il se rend compte rapidement qu’il ne peut compter que sur lui-même pour prouver son innocence… Jeune et innocent fait partie des meilleurs films de la période anglaise d’Alfred Hitchcock. Le thème est celui du faux coupable. Toutefois, ce n’est pas tant l’intrigue en elle-même qui fait la qualité du film mais la façon dont le cinéaste capte toute notre attention. Hitchcock maitrise alors de mieux en mieux ce mélange de légèreté apparente et de tension qui va le caractériser. Il sait placer le suspense dans les scènes les plus anodines, par exemple dans une fête d’enfants.
Il a également de belles trouvailles comme ce long travelling devenu l’un des plus célèbres du cinéma : Jeune et innocent la caméra surplombe la salle de danse du Grand Hotel et, partant de très loin, effectue un long travelling avant par-dessus des danseurs pour aller cadrer les yeux du batteur de l’orchestre situé au fond de la salle (et livrer au spectateur un indice que les personnages principaux ignorent, renforçant ainsi le suspense). Indéniablement réussi, Jeune et innocent est un beau divertissement.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Nova Pilbeam, Derrick De Marney, Edward Rigby
Voir la fiche du film et la filmographie de Alfred Hitchcock sur le site IMDB.

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Remarque :
* Cameo : Alfred Hitchcock apparaît assez longuement à l’extérieur du tribunal avec un petit appareil photo à la main.

Jeune et innocent (Young and Innocent)Nova Pilbeam et Derrick De Marney dans Jeune et innocent (Young and Innocent) de Alfred Hitchcock.

27 septembre 2014

Jours de pêche en Patagonie (2012) de Carlos Sorin

Titre original : « Días de pesca »

Jours de pêche en PatagonieA 52 ans et après quelques ennuis de santé, Marco Tucci a une autre vision de la vie. Parti de Buenos-Aires, il se rend dans le sud de l’Argentine, en Patagonie, à la fois pour se trouver un nouveau hobby, la pêche au gros, et pour tenter de revoir sa fille qu’il a perdue de vue depuis quelques années… Ecrit et réalisé par l’argentin Carlos Sorin, Jours de pêche en Patagonie est film très humain reposant sur une histoire très simple. De cet homme qui a décidé de se tourner vers les autres, nous partageons les rencontres et les aspirations et peu à peu nous découvrons un peu de sa personnalité. Tout est en nuances, en petits riens qui finissent par former un tout. Carlos Sorin n’utilise aucun effet, aucun mouvement de caméra sophistiqué, mais il sait restituer une belle chaleur humaine. Hormis les deux acteurs principaux, le père et la fille, tous les autres acteurs sont non-professionnels.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alejandro Awada, Victoria Almeida
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Remarque :
* Non seulement la ville de Puerto Deseado existe vraiment (port de pêche isolé de 10 000 habitants non loin de la Terre de Feu, à environ 2 000 kms de Buenos-Aires) mais la petite société qui organise l’excursion de pêche en mer existe elle aussi réellement.

Jours de pêche en Patagonie (Días de pesca)Alejandro Awada dans Jours de pêche en Patagonie (Días de pesca) de Carlos Sorin.

15 mars 2014

Péché mortel (1945) de John M. Stahl

Titre original : « Leave Her to Heaven »

Péché mortelUn écrivain fait la rencontre d’une jeune fille de bonne famille dans un train. Elle est fascinée par son visage car l’homme ressemble à son père décédé il y a peu de temps. A leur arrivée, ils s’aperçoivent qu’ils se rendent chez la même personne dans un ranch du Nouveau Mexique. L’attraction réciproque ne fait que grandir et aboutit rapidement à un mariage… Comme le montrent clairement l’affiche et le générique, Leave Her to Heaven est tiré d’un best-seller signé Ben Ames Williams. La Fox en a confié la réalisation à John Stahl, grand spécialiste du mélodrame. Mais, et c’est bien là que réside tout son attrait, Leave Her to Heaven est bien plus qu’un mélodrame puisque, à mesure que l’histoire avance, nous basculons dans le film noir. Très rarement, la symbiose de ces deux genres, mélodrame et film noir, n’a été si réussie. L’histoire est à rapprocher de la vogue des thèmes psychanalytiques à cette époque mais le monumental complexe d’Oedipe non résolu qui en est ici le noeud est toutefois inséré avec une certaine discrétion. L’image, signée Leon Shamroy (1), est absolument superbe avec un Technicolor de toute beauté (des rouges éclatants, une teinte générale brun doré et de belles nuances de bleus, les verts étant judicieusement en retrait). Gene Tierney - Péché mortel Et il y a Gene Tierney… belle et sublime, dont la douceur naturelle rend la noirceur de ses desseins encore plus terrifiante. Elle fait une très belle interprétation de ce personnage complexe sous une façade parfaitement lissée et maitrisée. Face à elle, Cornel Wilde peut paraître un peu fade mais cela correspond à son personnage et la toute jeune (20 ans) Jeanne Crain, alors étoile montante de la Fox, a également un rôle tout en retenue. De nombreuses scènes restent gravées dans nos mémoires : les cendres, la barque et surtout l’escalier… Bien qu’il reste peu connu (pas assez du moins), Leave Her to Heaven est un film vraiment remarquable.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Gene Tierney, Cornel Wilde, Jeanne Crain, Vincent Price, Darryl Hickman
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Remarques :
Péché mortel * La fameuse scène de l’escalier a bien failli être coupée par la Censure mais elle a pu être sauvée in extremis.
* Le titre Leave Her to Heaven est tiré d’une phrase d’Hamlet de Shakespeare : le fantôme du père d’Hamlet lui enjoint de ne rien tenter contre sa mère mais de laisser le Ciel se charger de la punir (ce que les distributeurs français ont exprimé bien maladroitement en traduisant par Péché mortel…)
* Dans son autobiographie, Gene Tierney décrit le tournage comme ayant été assez difficile. Le lieu de tournage au bord du lac (Bass Lake en Californie) était difficilement accessible par la route. Le tournage de la scène de la barque eut lieu en novembre et l’eau était glacée : on lui donnait de petites rasades de whisky entre les prises pour réactiver sa circulation sanguine (d’ailleurs, d’après IMDB, le jeune Darryl Hickman aurait été atteint de pneumonie en tournant la scène).

(1) Le directeur de la photographie Leon Shamroy a été oscarisé pour ce film.

8 janvier 2014

Mortelle randonnée (1983) de Claude Miller

Mortelle randonnéeLors d’une enquête, un détective privé, surnommé l’Oeil, surprend une jeune meurtrière et commence à la suivre… Mortelle randonnée est adapté d’un roman de l’écrivain américain de romans policiers Marc Behm. L’adaptation et les dialogues sont signés Michel et Jacques Audiard (père et fils). En ce début des années quatre vingt, plusieurs réalisateurs français (Miller, Tavernier, Corneau, Truffaut, …) cherchaient un style nouveau inspiré du polar américain. Miller y parvient ici avec ce film déroutant, dans le bon sens du terme. Au-delà de la trame policière, Mortelle randonnée est plus un film sur l’obsession d’un homme qui cherche à retrouver le visage de son enfant morte. S’opère alors un transfert subtil (chasseur / protecteur) que Michel Serrault sait rendre parfaitement, un rôle pourtant difficile car tout en nuances : il suffirait parfois d’un rien pour que le film bascule dans la farce. La première heure de film est magistrale, assez éblouissante par sa richesse et sa maitrise. La seconde moitié l’est un peu moins, Miller semble parfois hésitant sur la direction à donner à cette histoire mais cela n’entame que peu la valeur de Mortelle randonnée qui est un film finalement assez envoutant et séduisant par sa personnalité.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michel Serrault, Isabelle Adjani, Guy Marchand, Stéphane Audran, Macha Méril, Geneviève Page, Sami Frey, Dominique Frot, Patrick Bouchitey, Claude Brialy
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Remarques :
* La musique est signée Carla Bley (c’est assez unique car la pianiste a extrêmement peu travaillé pour le cinéma).
* La version complète du film dure 2h00. Il existe également une version réduite à 95 minutes, version moins intéressante diffusée aux Etats-Unis et en France à la télévision.
* L’extrait de film qu’Isabelle Adjani montre à Sami Frey dans une vitrine est Le Dernier des hommes (Der letzte Mann) de F.W. Murnau (1924).

26 septembre 2013

Mains armées (2012) de Pierre Jolivet

Mains arméesPour remonter un trafic d’armes volées par un gang serbe, un policier marseillais monte à Paris avec son équipe. Il profite de cette occasion pour essayer de revoir sa fille qui est à la brigade des stups parisienne… Ecrit par Pierre Jolivet et Simon Michaël, lui-même ancien policier, Mains armées tente de mêler intrigue policière et drame familial mais, hélas, sans parvenir à trouver un bon équilibre. La partie policière est assez confuse dans son déroulement et c’est donc le volet drame intimiste entre le père et la fille qui semble le plus réussi bien qu’il occupe moins de place. Solidement interprété par Roschdy Zem, le policier a un caractère bourru et renfermé très appuyé, de façon sans doute un peu excessive. Leïla Bekhti fait une belle interprétation tout comme Marc Lavoine, ici à contre emploi dans un rôle de personnage assez détestable. Malgré le rendu très réaliste de la partie policière, Mains armées ne parvient pas à convaincre pleinement.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Roschdy Zem, Leïla Bekhti, Marc Lavoine, Nicolas Marié, Marilyne Canto, Cyril Guei, Clémentine Poidatz
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25 septembre 2013

La Piscine (1969) de Jacques Deray

La piscineMarianne et Jean-Paul passent l’été dans une belle villa sur les hauteurs de Saint-Tropez. Ils ne sont pas enclins à sortir, préférant lézarder au bord de la piscine. Lorsqu’ils reçoivent la visite inopinée de leur ami Harry accompagné de sa fille Pénélope, Marianne les invite à rester plusieurs jours… Sur une histoire de Jean-Emmanuel Conil (Alain Page) adaptée par Jean-Claude Carrière, La Piscine est un huis clos en plein air qui réunit un couple mythique qui avait fait le bonheur de la presse populaire : Alain Delon et Romy Schneider (1). Ils sont beaux, jeunes et bronzés et Jacques Deray ne se prive pas d’exploiter au maximum la plastique des deux acteurs, les montrant longuement tels deux félins dans leurs jeux amoureux. Il faut reconnaître que ces deux « monstres sacrés » ont une formidable présence à l’écran et tiennent leur rôle avec magnificence. Outre l’attrait dû aux acteurs, le film est remarquable par la progression parfaitement maitrisée de son scénario qui glisse peu à peu vers la prévisible tragédie. On ne peut toutefois parler vraiment de suspense.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Deray sur le site IMDB.

Remarque :
Il faut également saluer la présence de Maurice Ronet, le film permettant de le voir à nouveau opposé à Alain Delon, neuf ans après le superbe Plein Soleil de René Clément.

(1) Romy Schneider et Alain Delon se sont fiancés en 1959 après s’être rencontrés sur le tournage de Christine. Le couple a été ensuite très largement suivi par la presse populaire jusqu’à leur séparation en 1964… Inutile de dire que cette même presse populaire s’en est donné à coeur joie pour laisser croire que le couple allait se reformer après le tournage de La Piscine.

13 septembre 2013

Le Lys brisé (1919) de David W. Griffith

Titre original : « Broken Blossoms or The Yellow Man and the Girl »

Le lys briséUn jeune chinois quitte son pays pour aller convertir les européens au bouddhisme. Il échoue dans le quartier populaire de Limehouse à Londres où, totalement désillusionné, il tient une petite boutique. Non loin de son échoppe, une jeune fille vit très pauvrement avec son père, un boxeur coléreux qui la terrorise et la bat. Il va tenter de lui venir en aide… Loin de ses grandes productions précédentes, Griffith tourne Le lys brisé au lendemain de la guerre avec un tout petit budget, en seulement 18 jours et 18 nuits (1). Adapté d’une histoire écrite par Thomas Burke, il s’agit d’un grand mélodrame qui oppose le bien et mal, la beauté et le sordide, la cruauté et l’innocence. Sur le fond, il faut en outre noter que le film est sorti aux Etats-Unis à une époque où sévissait un fort sentiment antichinois, la crainte du « péril jaune » ; il faut donc certainement voir dans le propos de Griffith un message de tolérance. Sur la forme, le réalisateur s’est plus attaché à l’atmosphère qu’à la richesse des décors qui sont peu nombreux mais dotés d’une belle force évocatrice. Si le jeu de Donald Crisp est certainement un peu trop marqué, ses expressions étant parfois proches de la grimace, celui de Lillian Gish est assez phénoménal. L’actrice montre d’étonnantes qualités de pantomime et ces scènes où elle utilise ses doigts pour forcer son sourire sont restées célèbres. De son côté, Richard Barthelmess est particulièrement crédible en chinois, le film sera un tremplin pour sa carrière. Le lys brisé culmine d’intensité dans son dénouement avec la scène du placard où Lillian Gish est absolument terrifiée (2) ; une scène très angoissante. Tourné rapidement et simplement, Le lys brisé n’en est pas moins l’un des films les plus remarquables de Griffith. Le misérabilisme appuyé et le jeu marqué des acteurs peuvent le faire apparaître vieilli à nos yeux modernes mais il faut se laisser gagner par son atmosphère et sa puissance évocatrice pour l’apprécier. (Film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lillian Gish, Richard Barthelmess, Donald Crisp
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Remarques :
Le lys brisé* Au moment du tournage, Lillian Gish était très affaiblie par la maladie. L’actrice avait été touchée par l’épidémie de grippe espagnole qui, à cette époque, fit de très nombreuses victimes. Sa performance n’en est que plus admirable.
* Le film fut produit par D.W. Griffith pour être distribué par Adolph Zukor. Ce dernier fut mécontent du film une fois fini et le refusa. Griffith le racheta alors à Zukor le double du prix du tournage pour le distribuer avec sa toute nouvelle compagnie United Artists. Ce fut financièrement très judicieux car le film connut un très grand succès.
* D’après Lilian Gish, le film était si bien planifié et répété que le montage fut réduit à couper le début et la fin de chaque scène avant de les mettre bout à bout. On peut toutefois s’étonner de cette affirmation quand on voit le montage alterné de certaines scènes et les flashbacks.
* Broken Blossoms est tombé dans le domaine public et, de ce fait, les copies disponibles sont très variables en qualité et en durée. Le film fait initialement 90 minutes, certaines scènes sont teintées : bleu, rose/rouge ou couleur or.

Remake :
Le lys brisé (Broken Blossoms) de l’anglais John Brahm (1936) avec Dolly Haas et Arthur Margetson.

(1) Les scènes avec Donald Crisp étaient généralement tournées de nuit car il dirigeait lui-même un autre film pendant la journée (dans toute sa carrière, Donal Crisp a joué dans 173 films et en a dirigé 72).

(2) On raconte que les cris de Lillian Gish lors du tournage de la scène du placard auraient attiré des passants qui cherchèrent à entrer dans le studio pour venir la secourir.

20 juin 2013

L’Élégie de Naniwa (1936) de Kenji Mizoguchi

Autre titre français : « L’Élégie d’Osaka »
Titre original : « Naniwa erejî »

L'élégie d'OsakaAyako est une jeune standardiste. Son père est criblé de dettes. Pour sauver sa famille de la disgrâce et permettre à son frère d’achever ses études, Ayako accepte les avances de son patron… L’Élégie de Naniwa est la première collaboration de Kenji Mizoguchi avec Yoshikata Yoda qui deviendra son scénariste attitré. Le film met en relief les travers machiste de la société japonaise de cette époque où la femme est utilisée comme une marchandise aussi bien par ses proches que par ses employeurs. Loin de pouvoir en tirer avantage, la femme ne récolte que blâme et rejet. Le constat est assez dur, sans appel : de tous les personnages, seule l’héroïne attire la sympathie, les autres personnages, surtout les hommes, sont vils ou lâches ou hypocrites. L’image du père y est malmenée. Comme l’historien Charles Tesson le souligne, on peut aussi voir une certaine influence du cinéma américain, de Lubitsch notamment, dans la mise en place de certaines scènes, en particulier celles montrant les rapports entre le patron et sa femme. Ces petits moments de légèreté ne détonnent nullement dans ce drame réaliste d’une grande force. L’Élégie de Naniwa fait partie des tous premiers films parlants de Mizoguchi.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Isuzu Yamada, Benkei Shiganoya, Yôko Umemura
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Remarque :
Naniwa était l’ancien nom d’Osaka.