15 août 2018

Gribouille (1937) de Marc Allégret

GribouilleCamille Morestan, commerçant en articles de sports est désigné comme juré au procès de Natalie Roguin, accusée du meurtre de son amant…
Gribouille est adapté d’une pièce de Marcel Achard. Le film commence par une surprise : une petite scène-gag où l’on reconnait Bernard Blier dans l’une de ses toutes premières apparitions au cinéma. Suit une longue scène de procès qui paraît bien surjouée mais le film trouve par la suite un meilleur équilibre. Pour notre plus grand plaisir, Raimu s’en donne à cœur joie dans son registre habituel  mais, si Gribouille est resté dans les esprits aujourd’hui, c’est surtout parce que Marc Allégret a choisi une jeune débutante pour le rôle de la jeune femme : Michèle Morgan. Agée de dix-sept ans, son jeu est encore mal assuré mais plein d’une délicatesse qui va instantanément conquérir le public. Assister ainsi aux premiers pas d’une grande actrice a quelque chose de magique.  On imagine aisément que se retrouver ainsi face au grand acteur colérique Raimu a dû lui demander beaucoup de tact et d’effacement. Peinture sociale, Gribouille est à la fois humoristique et émouvant. La qualité de la réalisation de Marc Allégret, la musique enlevée de Georges Auric et les superbes décors d’Alexandre Trauner finissent de nous combler.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Raimu, Michèle Morgan, Gilbert Gil, Jean Worms, Julien Carette, Andrex, Bernard Blier
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Remarques :
* Née Simone Roussell, Michèle Morgan s’est forgé son nom d’actrice en deux parties : « Mor- » car c’est une grande admiratrice de Gaby Morlay et « -gan » en prévision d’un hypothétique engagement à Hollywood. « Michèle » était juste un prénom à la mode.
* Marcel Achard, présent à l’audition de la jeune actrice, a écrit : « un regard apeuré, un visage émacié, tout autour d’elle flottait je ne sais quel air de fatalité et de détresse… »

Gribouille
Michèle Morgan et Andrex dans Gribouille de Marc Allégret.

Gribouille
Carette et Raimu dans Gribouille de Marc Allégret.

Remake :
The Lady in Question (1940) de Charles Vidor avec Brian Aherne, Rita Hayworth et Glenn Ford (non sorti en France)

3 juillet 2018

Trahison (1951) de Riccardo Freda

Titre original : « Il tradimento (Passato che uccide) »

TrahisonDans les années trente, l’architecte chef de chantier Pietro Vanzelli voit sa vie basculer à la suite d’une machination ourdie par son ex-associé… Mario Monicelli s’est inspiré d’un fait divers survenu dans les années vingt pour écrire avec Ennio De Concini et Riccardo Freda le scénario de Trahison. C’est une des rares incursions de Riccardo Freda dans le mélodrame réaliste. Le résultat n’est guère convaincant et ne tient que par le caractère franchement incroyable cette histoire dramatique à souhait. Le charme de Gianna Maria Canale, égérie et compagne de Riccardo Freda, ne suffit pas pour hisser le film au dessus du mélodrame larmoyant. Vittorio Gassman joue ici le rôle du méchant.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Amedeo Nazzari, Gianna Maria Canale, Vittorio Gassman
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Remarque :
* Amedeo Nazzari, qui était alors une star très populaire (un référendum organisé en 1940 par la revue Cinema le classe nettement en tête), a tenté d’imposer ses vues au réalisateur. Riccardo Freda a alors obtenu des producteurs l’accord de le remplacer par sa doublure dans de très nombreuses scènes. L’acteur est devenu alors plus docile et Freda et Nazzari sont même devenus amis. (Présentation de Patrick Brion)

Trahison
Amedeo Nazzari et Gianna Maria Canale dans Trahison de Riccardo Freda.

3 février 2018

Le Coupable (1937) de Raymond Bernard

Le CoupablePromis à la riche Marie-Louise Gaude, Jérôme Lescuyer monte à Paris faire des études de droit pour poursuivre la tradition familiale et devenir magistrat. Il tombe amoureux d’une jeune fleuriste, Thérèse Forgeat, qui est enceinte après quelques mois. Mais la guerre est là et Jérôme est mobilisé…
Ce film de Raymond Bernard est la seconde adaptation du roman de François Coppée, Le Coupable, dont Raymond Bernard modifie quelque peu le déroulement. Ce grand mélodrame peut sembler d’abord assez conventionnel mais prend une grande ampleur dans son dernier tiers avec une longue scène de tribunal, forte et émouvante, qui mérite de figurer parmi les grandes scènes de tribunal du cinéma français. Pierre Blanchar se surpasse alors, évitant tout excès de grandiloquence. Pour le reste, le mélodrame se double d’une critique sociale, qui certes n’évite pas les clichés mais doté d’une belle touche d’humour. La présence de tant d’humour au sein du mélodrame est d’ailleurs assez surprenante. L’interprétation est de très bon niveau avec de beaux seconds rôles et une remarquable prestation de Gilbert Gil. La mise en scène de Raymond Bernard est bien maitrisée et la photographie de Robert Lefebvre se distingue par ses cadrages obliques fort bien intégrés.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Pierre Blanchar, Madeleine Ozeray, Gabriel Signoret, Suzet Maïs, Junie Astor, Gilbert Gil, Marguerite Moreno
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Remarques :
* Précédente adaptation :
Le Coupable d’André Antoine (1917) avec Romuald Joubé et Sylvie.

* C’est l’un des derniers films de Gabriel Signoret (souvent aux génériques sous le simple nom de Signoret) qui est mort en 1937. Quelques années plus tard, la jeune Simone Kaminker choisira comme nom d’artiste Simone Signoret en hommage à ce grand acteur du théâtre et du cinéma.

Le coupable
Pierre Blanchar et Junie Astor dans Le Coupable de Raymond Bernard.

Le Coupable
Gilbert Gil dans Le Coupable de Raymond Bernard.

Le Coupable
Marguerite Moreno et Gabriel Signoret dans Le Coupable de Raymond Bernard.

1 février 2018

Laissez faire les femmes! (1936) de Paul Martin

Titre original : « Glückskinder »

Laissez faire les femmes!A la rédaction du Morning Post de New York, des journalistes rusent pour envoyer un jeune stagiaire couvrir les procès courants à la place du chroniqueur habituel trop ivre. Au tribunal, l’apprenti-journaliste prend pitié pour une jeune femme accusée de vagabondage et déclare qu’elle est sa fiancée…
Alors que la société de production allemande UFA n’est pas passée sous la coupe de Goebbels (la nationalisation par les nazis ne sera effective qu’en 1937), les studios berlinois produisent encore des comédies légères très inspirées des comédies américaines. Glückskinder (traduction littérale : les enfants de la chance) se situe dans le sillage de It Happened One Night (1934) de Frank Capra, film qui a lancé le genre des comédies screwball : la situation de base est aussi celle d’un journaliste forcé de cohabiter avec une jeune femme très indépendante et le scénario va jusqu’à reprendre des scènes emblématiques comme le partage du lit (avec, trouvaille hilarante, une rangée de pots de cactus). Ce n’est pas une copie toutefois, plutôt une variation sur le même thème. Les dialogues sont très enlevés, réellement brillants avec des scènes extraordinaires, telle celle du tribunal. Lilian Harvey et Willy Fritsch étaient alors l’un des couples vedette de l’UFA. Toute l’histoire se déroule à New York avec des personnages américains. Aucune trace de propagande à l’horizon. L’ensemble est très amusant et paraît bien plus réussi que nombre de copies américaines du film de Capra.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lilian Harvey, Willy Fritsch, Paul Kemp, Oskar Sima
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Gluckskinder
Lilian Harvey et Willy Fritsch dans Glückskinder de Paul Martin (photo publicitaire).

Remarques :
* Les auteurs ne cachent pas leurs inspirations puisque, lors de la chanson, Willy Fritsch annonce imiter Clark Gable et fait le geste d’un auto-stoppeur, référence à la célèbre scène de l’auto-stop de It Happened One Night.
* Paul Martin est un réalisateur d’origine austro-hongroise. A l’époque du tournage, il avait une aventure avec l’actrice Lilian Harvey.
* On peut s’interroger pourquoi les distributeurs ont choisi Laissez faire les femmes! comme titre français… (ce titre ne daterait pas de l’époque toutefois puisqu’il semble ne pas être sorti en France).

Glückskinder
Oskar Sima, Lilian Harvey, Paul Kemp et Willy Fritsch dans Glückskinder de Paul Martin.

25 novembre 2017

La Loi du silence (1953) de Alfred Hitchcock

Titre original : « I Confess »

La Loi du silenceA Québec, un immigré allemand Otto Kluger, déguisé en prêtre, tue un avocat pour lui voler son argent. Il va ensuite se confesser auprès du prêtre qui l’emploie… Tourné juste après L’Inconnu du Nord-Express, La Loi du silence, beaucoup moins connu, semble en prolonger le thème : il s’agit une nouvelle fois d’une histoire de transfert de culpabilité. En se confessant, le meurtrier se décharge du crime et c’est le prêtre qui en porte le poids. Hitchcock crée une atmosphère lourde, pesante, austère, sans aucun des traits d’humour dont il est coutumier. Le film n’a pas fonctionné auprès du public et d’une bonne partie de la critique qui a situé le suspense sur la question de savoir si le prêtre allait ou non parler et a fini par trouver cela ridicule. Or, le suspense ne peut être là : Hitchcock a été élevé chez les jésuites et il a considéré que tout le monde savait qu’il ne pouvait parler. Non, le suspense est créé par l’emboitement assez terrifiant des évènements et par le postulat qu’il ne peut parler. La Loi du silence est ainsi un film d’une grande intensité, l’interprétation très sérieuse de Montgomery Clift (trop sérieuse selon le réalisateur qui ne s’est pas bien entendu avec son acteur principal) n’étant pas étrangère à cette intensité.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Montgomery Clift, Anne Baxter, Karl Malden, Brian Aherne
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Remarques :
* Le scénario est adapté d’une « mauvaise pièce » (ce sont les mots de François Truffaut lorsqu’il interroge Hitchcock à ce sujet) de Paul Anthelme (1902) intitulée « Nos deux consciences ». C’est Louis Verneuil qui l’a indiquée (et vendue) à Hitchcock.
* Au départ, Hitchcock voulait jouer avec les accents : allemand pour Otto Kruger, français pour les autochtones, suédois pour l’actrice principale. Mais lorsque l’actrice suèdoise Anita Björk est arrivée en Amérique avec son amant et un bébé illégitime, les dirigeants de la Warner ont pris peur qu’un nouveau scandale suédois éclate (après l’affaire Ingrid Bergman / Rossellini dont ils étaient à peine remis). Tout ce petit monde fut donc remis prestement sur le bateau et Anne Baxter fut choisie pour la remplacer.
* Cameo : impossible de rater Alfred Hitchcock marchant en haut des escaliers car c’est la première image du film.
* La fin initialement prévue au scénario était bien plus dramatique mais les producteurs ont jugé que l’image d’un prêtre pendu serait trop traumatisante.

I Confess
Brian Aherme et Montgomery Clift dans La Loi du silence de Alfred Hitchcock.

I Confess
Karl Malden et Montgomery Clift dans La Loi du silence de Alfred Hitchcock.

7 juillet 2016

L’Extravagant Mr Deeds (1936) de Frank Capra

Titre original : « Mr. Deeds Goes to Town »

L'extravagant Mr DeedsDans sa petite ville du Vermont, Longfellow Deeds est un homme simple. Soudainement héritier d’une immense fortune, il est la cible de profiteurs et de journalistes peu scrupuleux dès son arrivée à New York… L’Extravagant Mr Deeds (1936) forme avec Mr. Smith au sénat (1939) et L’homme de la rue (1941) une trilogie humaniste de Frank Capra. Le réalisateur a une indéfectible confiance en la nature humaine, il a cette vision un peu idéaliste où l’égoïsme, la jalousie, la cupidité doivent céder face à des sentiments plus nobles. Peu importe que le bien triomphe grâce à un retournement de situation aussi improbable qu’inespéré, le message d’optimisme est affirmé avec la force de la simplicité. On peut également déceler une dose de populisme dans l’exaltation du sens commun de l’homme ordinaire face aux prétendus savoirs des élites. Il faut replacer tout ce propos dans son contexte : le pays est alors en plein New Deal de Roosevelt qui va bouleverser en profondeur l’économie américaine. Gary Cooper, que Capra voulait absolument (le tournage fut retardé de six mois pour attendre que l’acteur soit libre), est superbe. Les seconds rôles sont également bien définis comme en témoigne la scène du procès. La mise en scène de Capra montre de belles trouvailles et l’ensemble allie joliment puissance et légèreté. Le film connut un très grand succès.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gary Cooper, Jean Arthur, George Bancroft, Lionel Stander, Douglass Dumbrille
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Remarques :
* Comme on peut le voir sur l’affiche ci-dessus, Harry Cohn (patron de la Columbia) a pour la première fois autorisé un metteur en scène à mettre son nom au dessus du titre (du fait de l’immense succès de son film It Happened One Night deux ans auparavant).

* Une suite a été envisagée avec les mêmes acteurs Mr. Deeds Goes to Washington mais le projet évolua pour donner Mr. Smith Goes to Washington (1939) avec James Stewart à la place de Gary Cooper.

* Frank Capra reçut son second Oscar du meilleur réalisateur (au cours de sa carrière, il en aura 3 pour It Happened One Night (1934), Mr. Deeds Goes to Town (1936) et You Can’t Take It with You (1938)).

* Le terme to doodle (= griffonner sur une feuille en pensant à autre chose) inventé par le scénariste de Capra, Robert Riskin, est passé dans le langage courant.

Mr Deeds goes to town
Gary Cooper et Jean Arthur dans L’Extravagant Mr Deeds de Frank Capra.

* Remake (peu réussi) :
Les aventures de Mister Deeds (Mr. Deeds) de Steven Brill (2002) avec Adam Sandler, Winona Ryder, et John Turturro.

19 février 2016

Le mort qui marche (1936) de Michael Curtiz

Titre original : « The Walking Dead »

Le Mort qui marcheUn petit groupe de politiciens escrocs font condamner à mort un innocent pour le meurtre d’un juge. L’homme est ramené à la vie par un médecin-chercheur… Le mort qui marche est une belle tentative de la part de la Warner de mêler le film de gangsters, grande spécialité du studio dans les années trente, et le film fantastique, genre particulièrement en vogue depuis le succès de Frankenstein. D’ailleurs, la scène où l’homme est littéralement ressucité dans le laboratoire n’est pas sans rappeler le célèbre film des studios Universal. Le résultat est assez réussi. Marguerite Churchill n’a pas une grande présence à l’écran mais tel n’est pas le cas de Ricardo Cortez, joliment haïssable en avocat véreux, et bien entendu de Boris Karloff qui fait une très belle prestation, comme d’habitude aurait-on envie d’ajouter. Il sait exprimer une certaine fragilité qui rend son personnage attachant. Sa démarche est absolument sans pareille, autant naturelle que zombie-esque. La réalisation Michael Curtiz, qui tournait dans les années trente quatre à six films par an et dans tous les genres, est de bonne facture. Peu connu, Le mort qui marche mérite d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Boris Karloff, Ricardo Cortez, Edmund Gwenn, Marguerite Churchill, Warren Hull, Barton MacLane
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Remarque :
Le (superbe) morceau joué par Boris Karloff au piano est Kamennoi-Ostrow d’Anton Rubinstein. Pour le reste, la musique a été composée par Bernhard Kaun, compositeur-arrangeur de la musique de très nombreux films des années trente.

The Walking Dead
Boris Karloff et Marguerite Churchill dans Le Mort qui marche de Michael Curtiz.

1 février 2016

Assassins et voleurs (1957) de Sacha Guitry

Assassins et voleursUn riche oisif surprend un cambrioleur au moment où il pénètre chez lui et lui demande de l’aider à se suicider. Il lui raconte pourquoi il a décidé d’en finir… Assassins et voleurs est l’avant-dernier film de Sacha Guitry qui était alors déjà très malade. L’histoire est autant farfelue qu’improbable, un enchaînement délirant de situations que Guitry a avoué avoir imaginé sous l’effet des piqûres de morphine. Il est difficile de ne pas voir des allusions à son arrestation arbitraire à la Libération dans la partie reposant sur le thème du faux coupable et dans les scènes de caricature de procès. On retrouve, comme toujours, sa verve brillante dans cette apologie franchement amorale du vol, du meurtre et de l’adultère. Il avait écrit le film avec Michel Simon en tête mais il a fini par jeter son dévolu sur le tandem Poiret et Serrault, le premier tenant le rôle principal, celui qui dispense les mots d’esprit, celui que Guitry aurait tenu s’il avait pu. Darry Cowl fait une petite apparition, nous gratifiant d’un beau numéro visiblement improvisé dans le tribunal, une scène où acteurs et figurants sont tous hilares.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean Poiret, Michel Serrault, Magali Noël, Darry Cowl
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Remarque :
* Certaines scènes auraient été tournées par Clément Duhour (l’acteur qui tient le rôle du mari).

Assassins et voleurs
Jean Poiret et Michel Serrault dans Assassins et voleurs de Sacha Guitry.

9 juillet 2014

Abus de confiance (1937) de Henri Decoin

Abus de confianceA la mort de sa grand-mère, la jeune Lydia se retrouve orpheline. Elle a bien du mal à continuer ses études de droit et accumule les dettes. Sa seule amie lui conseille de se faire passer pour la fille naturelle d’un écrivain connu. Elle refuse tout d’abord mais ne pouvant trouver de travail, elle finit par accepter… Abus de confiance est le deuxième film d’Henri Decoin avec sa jeune épouse Danielle Darrieux, alors âgée de 20 ans. Plus que l’intrigue, c’est la condition sociale de cette étudiante sans le sou qui a visiblement intéressé Decoin. Il nous la montre très vulnérable, en proie à tous les profiteurs libidineux qui tentent d’abuser d’elle. Il veut nous montrer qu’elle est presque forcée d’en venir à l’escroquerie… Le final est de toute beauté avec une plaidoirie magistrale de la jeune avocate contre la pauvreté. Abus de confiance est finalement un film très humaniste. La réalisation d’Henri Decoin est assez classique, sans grand éclat mais il sait nous gratifier de quelques très beaux gros plans de son actrice préférée.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Danielle Darrieux, Charles Vanel, Valentine Tessier, Pierre Mingand
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Remarques :
* L’histoire est de Pierre Wolff qui a également écrit les dialogues. L’adaptation a été écrite par Henri Decoin et Jean Boyer.
* Comme l’a fait remarquer de façon amusante le critique d’un magazine bien connu, la silhouette de Danielle Darrieux qui déambule dans les rues avec son grand ciré noir n’est pas sans faire penser à celle de Michelle Morgan de Quai des Brumes que Carné tournera l’année suivante… Le ciré noir était (a toujours été ?) assez prisé des cinéastes car très photogénique. On pourrait citer aussi comme exemple Simone Simon dans La Bête humaine de Renoir, tourné également l’année suivante.

8 août 2013

Roxie Hart (1942) de William A. Wellman

Titre en Belgique : « La Folle Histoire de Roxie Hart »

Roxie HartUn journaliste raconte à ses compagnons de bar l’affaire Roxie Hart qui eut lieu à la fin des années vingt : une jeune danseuse s’était laissée accuser d’un meurtre qu’elle n’avait pas commis, juste pour profiter de la publicité que lui ferait cette affaire… Roxie Hart est la deuxième des trois adaptations de la pièce Chicago de Maurine Dallas Watkins. L’adaptation est ici signée Nunally Johnson. Il s’agit d’une comédie fort bien faite, une satire des média, en l’occurrence les journaux, qui ne font que rechercher le sensationnel. La mise en place est assez lente mais rapidement l’histoire dérive vers le loufoque. Les scènes de prison sont assez farfelues mais c’est lorsqu’arrive le procès que le film de William Wellman prend une toute autre dimension : on est alors largement dans le loufoque, on se croirait presque dans un film des Marx Brothers. Ainsi, en plus d’une satire des media, Roxie Hart est également une satire de la justice. Adolphe Menjou et surtout Ginger Rodgers sont excellents, l’actrice montrant dans ce type de rôle de comédie une aisance au moins égale à celle dont elle fait preuve dans ses rôles dramatiques. De plus, elle nous gratifie de deux courts numéros de danse. Malgré un épilogue assez ridicule (plus ou moins imposé par la censure), l’ensemble est réussi et très amusant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ginger Rogers, Adolphe Menjou, George Montgomery, Lynne Overman, Nigel Bruce, Phil Silvers
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Remarques :
* Stanley Kubrick aurait listé ce film parmi ses dix films préférés.
* Le film n’est jamais sorti en France.
* Maurine Dallas Watkins, l’auteur de la pièce Chicago écrite en 1926, était elle-même journaliste.
* Roxie Hart est basé sur une histoire vraie, celle de Beulah Annan dont le procès eut lieu en 1924. Le scénario de Nunally Johnson s’en éloigne toutefois pour se conformer au Code Hays : dans cette version, Roxie n’a pas réellement tué.

Les autres versions :
Chicago de Frank Urson (1927) avec Phyllis Haver (produit par Cecil B. DeMille)
Et après la transformation en comédie musicale à Broadway en 1975 :
Chicago de Rob Marshall (2002) avec Renée Zellweger et Catherine Zeta-Jones (comédie musicale)