14 mai 2014

Impasse des Deux Anges (1948) de Maurice Tourneur

Impasse des Deux AngesActrice de music-hall, Marianne est sur le point d’abandonner sa carrière pour épouser le marquis Antoine de Fontaines qui lui confie un superbe collier de diamants pour la cérémonie. La veille du mariage, elle voit revenir Jean, l’un de ses anciens amours au passé trouble… Ultime réalisation de Maurice Tourneur, Impasse des Deux Anges n’est pas parfaitement représentatif du talent de ce réalisateur. L’histoire, écrite par Jean-Paul Le Chanois, entremêle une histoire d’amour sur une trame policière avec une peinture sociale, mais aucun de ces trois éléments n’est vraiment convaincant et l’ensemble peut paraître bancal. Le plus réussi est encore l’atmosphère, tout à fait dans la veine du réalisme poétique des années trente. Cette atmosphère est soulignée par un joli effet de double exposition dans les flashbacks qui rend les personnages transparents.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Paul Meurisse, Simone Signoret, Marcel Herrand, Danièle Delorme, Jacques Baumer
Voir la fiche du film et la filmographie de Maurice Tourneur sur le site IMDB.

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Un commentaire sur « Impasse des Deux Anges (1948) de Maurice Tourneur »

  1. UN RETOUR SANS ISSUE
    A-t-il acquis cela de long séjour à Hollywood ? Toujours est-il que Maurice Tourneur demeure un grand cinéaste formaliste, mais néanmoins guère esthétisant. On le savait déjà depuis son chef d’œuvre, « Justin de Marseille » (1935) l’un des meilleurs films de gangsters, sinon de polars, du cinéma français. Il le démontre encore. Par exemple, dans cette impressionnante poursuite nocturne à travers un chantier d’immeuble parisien désaffecté, plus proche d’un décor lunaire que d’un paysage industriel. Là, les jeux d’ombres et de lumière alimentent de façon dialectique la chasse du couple Anne Marie/Jean (Signoret/Meurisse) par leurs deux tueurs, tandis que la musique expressionniste pré (Bernard)Herremanienne d’Yves Baudrier scande l’action.
    Les fuyards s’en sortiront. Grace à l’intrusion d’un personnage impromptu et lunaire quasi prévertien (étonnant François Patrice). Le pendant de la pauvre sauvageonne du chantier/terrain vague, prénommée ….Anne Marie. On reconnait le minois de petite chatte écorchée vive de Danielle Delorme.
    Mais le destin les séparera à nouveau et, cette fois pour toujours. Car Jean le voyou «revenant» préférera le suicide déguisé en règlement de compte à la reconquête de la petite Anne Marie, devenue une célèbre Marianne et une future marquise. Le quartier de leur amour naissant est détruit, sa reconstruction improbable et fatalement ratée. Comme le souvenir des amants. Alors, une deuxième et dernière fois Jean ment et abandonne Anne Marie/Marianne à sa belle et triste destiné. Depuis longtemps elle vit entre deux mondes. Elle sent d’une autre espèce. Une sorte de poisson volant: « Je ne sais pas si j’ai des ailes ou des nageoires »
    Et une fois encore ce cinéma de la fin des années 40 ne veut ni de revenants paisibles, ni de retours réussis. Est-ce un hasard si les assassins du revenant sont des anciens de la «Carlingue» ou de la Section spéciale de la collaboration ?
    On parle beaucoup dans « L’Impasse des anges». De ce dialogue savoureux de Le Chanois, truffé de mots d’auteur de théâtre. Tout le monde cause, glose, y va de sa bonne formule. Sauf le revenant, quasi mutique. Il sait et il va à l’essentiel. Anne marie à besoin de son « retour » puis de son renoncement pour se rendre compte qu’elle aime quand même cet élégant Marquis qui l’achète avec un collier d’une favorite de Louis XIV que Jean leur à volé puis rendu. Un cadeau de noces (il meurt pour cela le jour où elle se marrie). Un gage d’amour.
    Simone Signoret est insolente de beauté. Paul Meurisse est foudroyant d’élégante sobriété, Marcel Herrand est impressionnant de lucidité sur son sort. Paul Demange et Jacques Baumer restent d’immenses seconds rôles.
    Le dernier film Maurice Tourneur, qu’il faudra bien, un jour, réhabilité.

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