Deux ans se sont écoulés à Saint Hubert. La vie y est paisible, peut-être trop pour Adélaïde et Simon qui souffrent du manque d’amis. C’est sans compter sur l’arrivée de Stanislas, le fils de Bernard (l’ancien président des chasseurs du village), qui revient vivre à la campagne avec sa femme et ses deux enfants. Ils sont beaux, jeunes, et sympas mais ils ont un défaut : ils pratiquent la chasse à courre… Chasse gardée 2 est un film français réalisé par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier. Sans surprise après le succès en salles du film Chasse gardée (2023), ce deuxième volet en reprend la recette, jouant toujours sur l’opposition urbains/ruraux, en y ajoutant cette fois l’opposition de classe sociale. Les acteurs reprennent leur personnage. L’humour est bien équilibré malgré des personnages très typés : c’est gentil, un peu absurde et, comme précédemment, sans méchanceté. Seul le passage final avec Elie Semoun est franchement mauvais mais l’ensemble reste amusant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Dans un village sans histoire, une maison de rêve en pleine nature est à vendre. Pour Simon et Adelaïde, à l’étroit dans leur appartement parisien avec leurs deux enfants, c’est l’occasion idéale de faire le grand saut et de quitter l’enfer de la ville. Mais le rêve se transforme rapidement en cauchemar quand ils réalisent que leurs si sympathiques voisins utilisent leur jardin comme terrain de chasse… Chasse gardée est un film français réalisé par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier. Le premier des deux a écrit cette comédie pendant le confinement qu’il a passé avec ses deux enfants en bas âge, dans soixante mètres carrés à Paris. Il a réussi à trouver un bon équilibre dans l’humour, sachant dépasser la simple opposition Paris/province. Malgré les personnages caricaturés à outrance et un humour plutôt corrosif, il n’y a aucune méchanceté dans l’humour. Les dialogues sont souvent brillants et certaines scènes (le banquet !) sont mémorables. Bonnes prestations d’acteurs, Camille Lou est remarquable. Très amusant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « The Savage Innocents »
Titre original italien : « Ombre bianche »
Inuk est un inuit. Robuste et excellent chasseur, il a toujours de quoi manger et se vêtir mais il sait qu’il doit maintenant trouver une femme… The Savage Innocents (on peut oublier le titre français qui doit être une erreur car on ne voit vraiment pas à quoi il se rapporte) est une production anglo-franco-italienne. Il s’agit de l’adaptation du roman Top of the World de l’écrivain suisse Hans Ruesch qui se déroule dans le monde polaire des Inuits. Ce film assez méconnu étonne à priori dans la filmographie de l’américain Nicholas Ray. La première moitié du film est une description presque ethnologique du mode de vie d’un chasseur inuit, montrant les pratiques pour chasser, manger, se mettre en couple et les autres habitudes de la vie courante. Anthony Quinn est étonnamment crédible en Inuit, il se donne entièrement et, hormis la langue (ils parlent anglais), l’immersion est totale. Ensuite, à la moitié du récit, notre héros va se retrouver confronté à la société moderne, sous la forme d’une poignée d’occidentaux venus acheter des peaux et d’un missionnaire. Leur méconnaissance des traditions Inuits va engendrer une situation dramatique. On retrouve là l’un des thèmes chers à Nicholas Ray, une approche très rousseauiste (« l’homme est bon par nature, c’est la société qui le corrompt ») que l’on peut trouver certainement un peu simplificatrice dans son application ici, sans que cela enlève aux qualités du film. Il est non seulement intéressant mais aussi très beau avec ses belles images tournées dans le Grand Nord canadien. Les scènes tournées en studio sont aisément identifiables, certes, mais elles restent très crédibles. Une intéressante découverte. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Hans Ruesch, auteur du roman, n’a en réalité jamais vu un seul inuit de sa vie. Il a basé son récit en partie sur le film Eskimo de W.S. Van Dyke (1933).
* Bob Dylan admirateur du film, a écrit en 1967 la chanson Quinn the Eskimo (The Mighty Quinn) en hommage à l’interprétation d’Anthony Quinn. La chanson a été reprise par Manfred Mann en 1968 qui en a fait un tube planétaire (« Come on without, come on within, you’ll not see nothing like the Mighty Quinn« ).
* Peter O’Toole (qui interprète l’un des deux policiers blancs) a demandé que son nom soit retiré du générique car sa voix est doublée. A noter que l’acteur n’était pas encore connu, il tournera Lawrence d’Arabie deux ans plus tard.
* Une séquence supplémentaire de chasse à l’ours a été perdue dans un accident d’avion.
* Le réalisateur de la seconde équipe est l’italien Baccio Bandini.
Anthony Quinn dans Les dents du diable (The Savage Innocents) de Nicholas Ray.
Yôko Tani, Anthony Quinn et Kaida Horiuchi dans Les dents du diable (The Savage Innocents) de Nicholas Ray.
Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes au nord-est de la Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise un fugitif. Blessé, menaçant et vulnérable, il pose, pour la première fois, un regard neuf sur elle…
La cinéaste turque Çagla Zencirci et le français Guillaume Giovanetti (qui sont en couple dans la vraie vie) ont ensemble écrit le scénario de Sibel. Leur point de départ a été leur intérêt pour la langue sifflée ; ils se sont rendus sur place pour rencontrer les habitants et imaginer une histoire à partir de leurs récits. Sibel est un plaidoyer pour le droit à la différence et met en lumière le difficile parcours de cette jeune femme vers son émancipation. Les traditions sociales ancestrales, notamment sur le mariage, forment un lourd carcan alimenté par les femmes elles-mêmes qui se jugent et se surveillent entre elles. C’est une histoire originale et forte. La prestation de Damla Sönmez, qui a mis six mois à apprendre la langue sifflée, est remarquable. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le langage sifflé est un mode de communication consistant à siffler au lieu de parler, répandu dans le monde entier mais limité à des environnements où les sifflements sont plus efficaces que la parole ordinaire (montagnes et forêts denses, principalement). On connaît environ 70 populations qui pratiquent actuellement le langage sifflé. Chacun de ces langages n’est pas une langue indépendante mais une extension de la langue locale. (Extrait de Wikipédia)
* Le prologue du film est extrait d’un documentaire français des années 60, avec des villageois scannés aux rayons X pour analyser leur langage sifflé.
* Sibel ne comporte aucune musique. Ce choix s’est imposé au montage, précise le couple-réalisateur.
Damla Sönmez dans Sibel de Guillaume Giovanetti et Çagla Zencirci.
Damla Sönmez, Emin Gürsoy et Elit Iscan dans Sibel de Guillaume Giovanetti, Çagla Zencirci.
Anders Hvidegaard, jeune instituteur danois attiré par l’aventure et les voyages, aspire à une nouvelle vie avant de reprendre la ferme familiale. Il postule pour aller enseigner au Groenland et choisit un petit hameau isolé d’une centaine d’habitants nommé Tiniteqilaaq…
La genèse de ce film est étonnante : le français Samuel Collardey avait choisi de réaliser un long métrage se situant au Groenland et avait finalement jeté son dévolu sur ce petit village. Apprenant que l’institutrice proche de la retraite allait être remplacé par un jeune venu du Danemark, il l’a mis au centre de son film pour observer son intégration. Une année polaire tient ainsi autant du récit scénarisé que du documentaire ; il n’y a aucun acteur professionnel, chacun tient son propre rôle. Le récit est très intéressant car nous découvrons certains aspects de la culture Inuit. L’instituteur, dans un premier temps trop sûr de sa supériorité, aura quelque difficulté à bien la comprendre. Samuel Collardey a soigné ses images, beaucoup de plans sont superbes, notamment ceux pris à l’aide de drones. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Ben Ragan habite un village en bordure des immenses marais d’Okefenokee, en Géorgie, où il a l’habitude de chasser. Lors d’une expédition solitaire, il y fait la connaissance de Tom Keefer qui s’est réfugié là, après avoir été accusé de meurtre…
Basé sur un roman de Vereen Bell adapté par Dudley Nichols, Swamp Water est le premier film de Jean Renoir aux Etats-Unis. Contre toute attente, notamment celle de la Fox, le cinéaste français fraîchement exilé a choisi une histoire très américaine, probablement car elle lui permettait de mettre en scène des gens simples. Brutalement confronté aux méthodes hollywoodiennes, il eut bien du mal à imposer ses vues face à Darryl F. Zanuck. Renoir voulait tourner en décors naturels en Géorgie alors que Zanuck voulait tout tourner en studio mais, surtout, ce dernier jugeait le réalisateur bien trop lent et trop soucieux de ses mouvements de caméra. Exaspéré par ces différents, Renoir proposa même de démissionner. Malgré tout cela, le résultat est assez remarquable, bien photographié et porté par les excellentes interprétations de Dana Andrews et Walter Brennan. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Initialement embauché pour assister Renoir sur les problèmes de langue, le producteur Irving Pichel dirigea certaines scènes de marais.
* Jean Renoir ne pouvait percevoir les subtilités dans les inflexions des acteurs et beaucoup critiquèrent l’accent californien d’Ann Baxter, rendue ainsi peu crédible en jeune fille des marais de Géorgie.
* Après ses déboires avec la Fox, Renoir quittera le studio pour aller signer chez Universal.
Dana Andrews et Anne Baxter dans L’étang tragique de Jean Renoir.
Virginia Gilmore, Walter Huston et Dana Andrews dans L’étang tragique de Jean Renoir.
Remake :
Le même roman de Vereen Bell sera adapté de nouveau en 1952 : Prisonniers du marais (Lure of the Wilderness) de Jean Negulesco avec Jeffrey Hunter, Jean Peters et Walter Brennan qui reprendra le même rôle.
Pour éviter d’être mis sur la touche, un journaliste sur le déclin doit partir en Palombie faire un reportage sur le peuple Paya et trouver le secret de son étonnante longévité. Un guide local est censé l’accueillir mais dès son arrivée, rien ne va se dérouler comme prévu…
Le scénario de Sur la piste du Marsupilami est basé sur la créature-personnage de bande dessinée créée par André Franquin en 1952, le Marsupilami. Doté d’une queue-ressort de 8 mètres, cet animal a non seulement des capacités hors du commun mais aussi un caractère bien trempé, farouche et assez bagarreur. Alain Chabat adore ce personnage depuis sa plus tendre enfance et il a développé pour lui une histoire totalement loufoque tout en veillant à respecter l’esprit général voulu par Franquin, par exemple dans sa dimension écologique. Le résultat est très réussi, doté bien entendu de beaucoup d’humour, avec beaucoup de belles répliques et, ce qui est toujours appréciable, aucune lourdeur. Nous passons vraiment un bon moment. Bizarrement (à mes yeux du moins), le succès du film n’a été que modéré. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Marqué par la mort de sa fille, Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Un jour, il trouve le corps d’une adolescente dans une région déserte. Le FBI envoie sur les lieux une jeune agente inexpérimentée, Jane Banner. Elle engage Cory pour l’aider dans sa tâche…
Remarqué pour avoir écrit le scénario de Sicario, Taylor Sheridan passe de façon assez brillante à la réalisation. Inspiré de faits réels, son Wind River offre plusieurs niveaux de lecture. C’est tout d’abord un polar, assez sordide, dans les paysages enneigés du Wyoming qui se résout de façon musclée. C’est aussi un film intimiste qui parle de la douleur occasionnée par la perte d’un être cher et de la façon d’y survivre. Enfin, c’est un témoignage sur cette sensation de délaissement des habitants des réserves indiennes. La phrase qui clôt le film est tristement significative : « le FBI ne tient pas de statistiques sur les disparitions de jeunes femmes d’origine amérindienne ». Taylor Sheridan a tourné son film sur place en décors naturels. La photographie est superbe. Wind River est un très beau film, empreint d’un grand humanisme. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elizabeth Olsen dans Wind River de Taylor Sheridan.
Jeremy Renner dans Wind River de Taylor Sheridan.
Remarque : Wind River est le dernier volet de la trilogie centrée sur la « frontière américaine moderne » que Taylor Sheridan a amorcée avec Sicario (écrit par Taylor Sheridan et réalisé par Denis Villeneuve en 2015) puis poursuivie avec Comancheria (écrit par Taylor Sheridan et réalisé par David Mackenzie en 2016).
Elizabeth Olsen et Graham Greene dans Wind River de Taylor Sheridan.
Ben vit dans la forêt, isolé de la société, se consacrant totalement à l’éducation intellectuelle et physique de ses enfants selon des méthodes strictes,même paramilitaires. Sa femme est absente pour le moment, hospitalisée. Un évènement inattendu va forcer la petite famille à faire une incursion dans un monde qui ne leur est pas familier…
Le titre peut induire en erreur : Captain Fantastic n’est pas un film de super-héros. Le propos De Matt Ross est plutôt d’explorer les modes alternatifs d’éducation et de vie. La mise en place, très originale, intrigue fortement mais le scénario se révèle par la suite assez décevant. La crédibilité de l’ensemble est proche du zéro absolu et, de plus, le propos est très ambigu car le personnage tient à la fois du dictateur et du guru de secte. Matt Ross n’a pas de regard critique et se contente de dérouler un road-movie sans grande surprise qui ne mène qu’à pas grand chose. Il parvient toutefois à charmer dans certaines scènes et à rendre ses personnages attachants. Tout cela est plaisant et original mais n’a pas de quoi marquer les esprits. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans les années 1850, un déserteur de la guerre avec le Mexique décide de fuir la civilisation pour aller vivre une vie de trappeur dans les hauteurs des montagnes Rocheuses… Jeremiah Johnson met en scène une partie de la vie de John Johnson, personnage légendaire de l’Ouest américain autour duquel courent plusieurs histoires comme en témoigne son surnom « Johnson le mangeur-de-foie » (1). Comme il le fait souvent, Sydney Pollack aborde cette histoire d’abord de façon réaliste, décrivant les premières difficultés auquel se heurte l’apprenti-mountain man. Mais peu à peu, sans vraiment que le spectateur s’en rende vraiment compte, il glisse vers l’insolite et la légende. Le cinéaste laisse la fin ouverte. Le récit est un assemblage de moments, sans trame narrative forte. Il n’y a qu’assez peu de dialogues, à tel point que Pollack s’amusait à l’appeler son « film muet ». Comme dans Little Big Man, sorti deux ans plus tôt, les indiens sont décrits de façon plutôt neutre, avec leurs rites et leurs coutumes, mais sans complaisance toutefois. Robert Redford, barbu comme il l’a rarement été, semble très à l’aise dans son rôle ; il fait une admirable composition de ce personnage légendaire. La photographie est superbe. Le film a été tourné en Utah, région que Robert Redford connait particulièrement bien : le tournage s’est d’ailleurs déroulé en bonne partie sur des terres lui appartenant. Jeremiah Johnson connut un très grand succès. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le scénario est basé sur les livres :
1. Crow Killer: The Saga of Liver-Eating Johnson de Raymond Thorp et Robert Bunker
2. Mountain Man de Vardis Fisher
* Le montage fut particulièrement long et dura plusieurs mois.
* La chanson du générique est chantée par Tim McIntire.
Stefan Gierasch et Robert Redford dans Jeremiah Johnson de Sydney Pollack.
(1) ATTENTION : cette petite note contient des spoilers. Ne pas lire avant de voir le film.
Le surnom « mangeur de foie » vient d’une légende qui affirme qu’il découpait et mangeait le foie de chaque indien de la tribu des Crow qu’il a tué. Johnson aurait fait perdurer la légende afin de semer la peur chez les Crow : selon certaines croyances indiennes, le foie est un organe nécessaire pour la vie après la mort (dixit Wikipedia). Cette guerre personnelle contre les indiens Crow a débuté après le meurtre de sa femme par un Crow (sans raison particulière et non pas en représailles comme décrit dans le film). La légende dit qu’il aurait ainsi tué plus de 300 Crow en 25 ans avant de faire enfin la paix avec eux. John Johnson a fini shérif d’une petite bourgade du Montana.
* Robert Redford a tourné dans sept films de Sydney Pollack :
1. This property is Condemned (Propriété interdite, 1967)
2. Jeremiah Johnson (1972)
3. The Way We Were (Nos plus belles années, 1973)
4. Three Days of the Condor (Les 3 jours du Condor, 1975)
5. The Electric Horseman (Le Cavalier électrique, 1979)
6. Out of Africa (1985)
7. Havana (1991)