7 juin 2022

Riders of Justice (2020) de Anders Thomas Jensen

Titre original : « Retfærdighedens ryttere »

Riders of Justice (Retfærdighedens ryttere)Markus, militaire danois en poste en Afghanistan, rentre précipitamment chez lui après la mort de son épouse dans un accident de métro pour s’occuper de leur fille. Un rescapé, Otto, prend contact avec Markus et lui explique que l’accident était en fait un attentat soigneusement préparé…
Riders of Justice est film danois écrit et réalisé par Anders Thomas Jensen. C’est à la fois un film d’action, section « vengeances », et une comédie noire. En fait, il y a beaucoup plus d’humour que d’action. Cet humour vient principalement des trois spécialistes farfelus qui aident le personnage principal à retrouver les auteurs présumés de l’attentat. Ces trois statisticiens-informaticiens, hackers chevronnés, sont efficaces mais capables de se quereller sans fin sur des points de détail. Le personnage principal (Mads Mikkelsen) est tout aussi caricatural, taciturne, gauche dans les rapports humains mais impulsif dans l’action. L’art d’Anders Thomas Jensen est de savoir doser l’humour, la caricature n’est jamais excessive et les dialogues sont assez savoureux. Sur le fond, l’auteur brode autour du refus d’accepter l’idée de hasard et de la coïncidence. L’ensemble est original et réussi. En France, le film n’est pas sorti en salles.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Andrea Heick Gadeberg, Lars Brygmann, Nicolas Bro
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Riders of Justice (Retfærdighedens ryttere)Lars Brygmann, Mads Mikkelsen, Gustav Lindh, Andrea Heick Gadeberg, Albert Rudbeck Lindhardt, Nikolaj Lie Kaas et Nicolas Bro
dans Riders of Justice (Retfærdighedens ryttere) de Anders Thomas Jensen.

12 février 2022

Décision à Sundown (1957) de Budd Boetticher

Titre original : « Decision at Sundown »

Décision à Sundown (Decision at Sundown)Bart Allison traque un certain Tate Kinsbrough depuis trois ans. Son ami Sam a découvert qu’il était l’homme fort de la petite ville de Sundown. Les deux compères arrivent en ville le jour même où Kinsbrough va se marier. Bart compte bien interrompre la cérémonie…
Decision at Sundown est un western américain de Budd Boetticher sur un scénario de Charles Lang Jr. C’est l’un des sept westerns que Boetticher a tournés avec Randalph Scott. C’est un western très inhabituel sur plusieurs aspects : le héros n’est pas vraiment animé de sentiments nobles, sa stratégie est déroutante, le centre du récit se déplace vers la population de la petite ville et enfin le dénouement est pour le moins singulier (difficile d’en dire plus sans déflorer l’ensemble). Même les rapports entre le « héros » et son compère ne sont pas habituels. Le récit se déroule presque en temps réel avec une belle tension, on ne s’ennuie pas une seconde. Comme souvent, le réalisateur a placé de petites touches d’humour en début de film. La mise en scène est sobre et neutre, rigoureuse dans sa simplicité. Randalph Scott n’a pas sa superbe habituelle et paraît un peu âgé pour le rôle. Decision at Sundown n’est jamais sorti en salles en France. C’est un western qui vaut la peine d’être (re)découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Randolph Scott, John Carroll, Karen Steele, Valerie French, Noah Beery Jr., John Archer
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Remarque :
* Egalement utilisé à la télévision française, le titre belge, Le vengeur agit au crépuscule, peut surprendre : il y a bien un « vengeur » dans cette histoire mais de « crépuscule » point (l’histoire se déroule sur quelques heures et se termine en milieu d’après-midi). En revanche, le nom de la ville est Sundown, qui en anglais signifie bien « crépuscule ». Donc, soit c’est un gros jeu de mots, soit la personne qui a traduit le titre n’a pas vu le film et s’est mépris sur le sens du mot ! A noter que, pour donner du sens au titre,  l’affiche a été teintée de couleurs crépusculaires…

Décision à Sundown (Decision at Sundown)Randolph Scott et Noah Berry Jr. dans Décision à Sundown (Decision at Sundown) de Budd Boetticher.

3 octobre 2021

Haute couture (2015) de Jocelyn Moorhouse

Titre original : « The Dressmaker »

Haute couture (The Dressmaker)Au début des années 1950, Tilly Dunnage retourne, après 25 ans d’absence, dans son Australie d’origine pour s’occuper de sa mère Molly, seule et demi-folle. Enfant, elle avait été accusée d’avoir tué un jeune garçon (ses propres souvenirs sont confus) et bannie de son village. Elle est devenue styliste et avec sa machine à coudre va provoquer un petit tsunami tout en cherchant à apprendre la vérité…
Haute couture est un film australien adapté d’un roman de Rosalie Ham publié en 2000, The Dressmaker’s Secret (Vengeance Haute couture en français). Le ton oscille entre la comédie et le drame, on ne sait pas toujours s’il faut rire ou pleurer. Les personnages sont typés jusqu’à la caricature, évoquant l’univers des frères Coen, et la réalisatrice australienne s’en donne à cœur joie pour dresser un portrait au vitriol d’une petite communauté où les non-dits cachent une réalité peu reluisante. Kate Winslet sait parfaitement exprimer les tiraillements de son personnage et sa ténacité pour traquer la vérité. Tous les autres acteurs sont australiens avec une mention spéciale pour Judy Davis qui campe sa mère de façon pour le moins pittoresque. L’ensemble est assez jubilatoire, outrancier mais sans excès. Le film a été un très gros succès en Australie mais n’a eu qu’une distribution limitée dans le reste du monde. En France et dans plusieurs européens, il n’est pas sorti en salles.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Kate Winslet, Judy Davis, Liam Hemsworth, Hugo Weaving, Kerry Fox, Sarah Snook
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Haute couture (The Dressmaker)Kate Winslet dans Haute couture (The Dressmaker) de Jocelyn Moorhouse.

Judy Davis et Liam Hemsworth dans Haute couture (The Dressmaker) de Jocelyn Moorhouse.

Judy Davis, Sarah Snook et Kate Winslet dans Haute couture (The Dressmaker) de Jocelyn Moorhouse.

27 décembre 2020

5 est le numéro parfait (2019) de Igor Tuveri

Titre original : « 5 è il numero perfetto »

5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto)Peppino Lo Cicero, ex-tueur à gages de la Camorra est fier de son fils qui gravit les échelons du crime organisé. Mais quand celui-ci est froidement tué dans un guet-apens, il reprend du service accompagné de son ami Toto le boucher. Leur quête de vérité va déclencher une spirale de vengeances et de trahisons dans les clans mafieux du Naples des années 70…
L’italien Igort (Igor Tuveri) travaille depuis la fin des années 1970 comme auteur de bande dessinée, illustrateur, essayiste et musicien. Ici, il porte lui-même à l’écran son roman graphique 5 est le numéro parfait publié en 2002 et qui a été (dixit le dossier de presse) un phénomène d’édition, publié dans vingt pays. L’histoire en elle-même est très classique, le thème du tueur à gages que l’on croyait en retraite mais qui se réveille avec fureur et panache, mais cette adaptation est vraiment réussie dans la forme. Igort parvient à créer une atmosphère très particulière, originale. Ses décors sont très graphiques, vidés de tout personnage étranger à l’action, sombres le plus souvent. Ils semblent sortis d’une bande dessinée et donnent un petit côté irréel à l’ensemble. Belle prestation de Toni Servillo, méconnaissable sous son déguisement. Le film a hélas été mal accueilli par la critique et par le public. 5 est le numéro parfait est pourtant une belle curiosité.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Toni Servillo, Valeria Golino, Carlo Buccirosso
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5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto)Toni Servillo dans 5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto) de Igort.

5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto)Toni Servillo et Carlo Buccirosso dans 5 est le numéro parfait (5 è il numero perfetto) de Igort.

1 octobre 2020

La Source (1960) de Ingmar Bergman

Titre original : « Jungfrukällan »

La Source (Jungfrukällan)Au XIVe siècle, en Suède. La blonde Karin, fille de Töre, un paysan assez prospère, va porter des cierges à la lointaine église de leur paroisse, de l’autre côté de la forêt. Elle fait route en compagnie de sa sœur adoptive, la brune Ingeri, qu’une sourde jalousie oppose à Karin. À la lisière de la forêt les deux jeunes filles se séparent. Karin poursuit son chemin et rencontre trois bergers rustres…
Le scénario de La Source a été écrit par la romancière suédoise Ulla Isaksson qui fait ici l’adaptation d’un conte médiéval, originellement intitulé « La fille de Töre à Vänge ». L’histoire se situe à une période charnière entre le paganisme et le christianisme. La fille adoptive invoque le dieu Odin et pratique des sortilèges païens alors que le reste de la famille vit au rythme des rites chrétiens. Le thème principal est l’opposition entre le Bien et le Mal et plus précisément sur la difficulté à garder ses convictions et son éthique du Bien lorsque l’on est confronté au Mal absolu. La simplicité du scénario le rend limpide, les décors restituent avec justesse la vie des paysans de cette époque, la photographie de Sven Nykvist est très belle. Tout concourt à donner une grande puissance au récit. A sa sortie, La Source a été le plus souvent considéré comme un film mineur de Bergman mais le temps permet de mieux le juger aujourd’hui. C’est un film atemporel.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Max von Sydow, Birgitta Valberg, Gunnel Lindblom, Birgitta Pettersson
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Remarques :
* Le gardien du pont est certainement censé être Odin. Plusieurs éléments présents dans la scène vont dans ce sens.
* Après avoir déclaré qu’il s’agissait d’un de ses films préférés, Ingmar Bergman a fait volte-face pour déclarer qu’il le voyait comme maladroitement inspiré de Rashōmon d’Akira Kurosawa.

La Source (Jungfrukällan)Birgitta Pettersson et Gunnel Lindblom dans La Source (Jungfrukällan) de Ingmar Bergman.

Max von Sydow (déracinant avec fureur un arbre à mains nues) dans La Source (Jungfrukällan) de Ingmar Bergman.

23 juin 2020

La Fille du bois maudit (1936) de Henry Hathaway

Titre original : « The Trail of the Lonesome Pine »

La Fille du bois maudit (The Trail of the Lonesome Pine)Dans les montagnes de l’est du Kentucky, à la fin du XIXe siècle, deux familles voisines se font la guerre depuis toujours pour des raisons oubliées. Un jour arrive un ingénieur pour construire une voie ferrée. Il trouve intelligemment une conciliation avec les deux clans mais c’est un homme instruit qui amène avec lui les mœurs de la ville…
Basé sur un roman de John Fox Jr., The Trail of the Lonesome Pine (il est préférable d’oublier le titre français aussi inapproprié qu’un peu ridicule) est à mi-chemin entre le western et le mélodrame. Il s’inscrit dans l’histoire du cinéma comme étant le premier film en Technicolor trichrome tourné en extérieurs (1). Henry Hattaway met à l’épreuve cette innovation en pratiquant des mouvements difficiles (du fait de la corpulence des caméras) et en explorant toutes ses possibilités et limites en termes de profondeur de champ. Le rendu des couleurs est excellent, mettant en valeur les tons automnaux des décors naturels de forêt (2). L’histoire montre, de façon un peu caricaturale, l’arrivée de la civilisation dans les contrées reculées et l’ouverture vers l’éducation. Pour sa quatrième apparition sur les écrans, et pour la première fois dans un film de premier plan, Henry Fonda donne beaucoup de présence et de force à son personnage obtus et parvient à le rendre, non pas sympathique, mais assez charismatique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sylvia Sidney, Fred MacMurray, Henry Fonda, Fred Stone, Nigel Bruce
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(1) Le procédé utilisé dans les années 20 était le Technicolor bichrome (rouge et vert). Le premier film utilisant le Technicolor trichrome (rouge, vert, bleu) a été un film d’animation de 8 minutes des studios Walt Disney, Des arbres et des fleurs (Flowers and Trees, 1932), issu des Silly Symphonies. Le premier long métrage fut Becky Sharp de Rouben Mamoulian et Lowell Sherman (1935) tourné en studios. Le suivant, The Trail of the Lonesome Pine, est ainsi le premier à être tourné en extérieurs.
(2) En outre, les accessoiristes et costumiers n’étant pas encore habitués à travailler en couleurs, beaucoup d’objets sont dans différentes teintes de bruns et de gris ce qui était habituel lorsque l’on travaillait en noir et blanc.

La Fille du bois maudit (The Trail of the Lonesome Pine)Henry Fonda (à gauche), Sylvia Sidney et Fred MacMurray (à droite)
dans La Fille du bois maudit (The Trail of the Lonesome Pine) de Henry Hathaway.

Remarque :
Le roman de John Fox avait déjà été porté trois fois à l’époque du muet (films perdus) :
The Trail of the Lonesome Pine (1914) réalisé par Frank L. Dear
La Piste du pin solitaire (The Trail of the Lonesome Pine, 1916) réalisé par Cecil B. DeMille, avec Charlotte Walker et Theodore Roberts
De la haine à l’amour (The Trail of the Lonesome Pine, 1923) réalisé par Charles Maigne, avec Mary Miles Minter et Antonio Moreno

9 février 2020

Long Way Home (2018) de Jordana Spiro

Titre original : « Night Comes On »

Long Way Home (Night Comes On)Angel, une jeune fille de 18 ans, sort d’une prison pour mineurs le jour de ses 18 ans. Elle se met aussitôt à la recherche de son père qui tué sa mère presque sous ses yeux et a été acquitté pour faute de preuves…
La comédienne Jordana Spiro, vue principalement dans des séries (récemment The Good Wife et Ozark), passe derrière la caméra pour son premier long métrage. Pour en écrire le scénario, elle s’est adjoint Angelica Nwandu, spécialiste de la culture noire. C’est une histoire centrée sur un personnage, sur l’errance d’une jeune fille hantée par son passé et pleine d’une rage de vengeance. Ses retrouvailles avec sa jeune sœur, assoiffée d’amour, vont modifier sa trajectoire. Le récit est simple et sans doute assez classique mais repose sur un personnage fort et complexe, qui n’est pas forcément attachant à première vue mais qui provoque finalement notre empathie. Issu du cinéma indépendant américain et primé à Sundance 2019, Night Comes On montre une sensibilité certaine chez cette nouvelle réalisatrice.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Dominique Fishback, Tatum Marilyn Hall
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Long Way Home (Night Comes On)Dominique Fishback dans Long Way Home (Night Comes On) de Jordana Spiro.

Long Way Home (Night Comes On)Tatum Marilyn Hall et Dominique Fishback dans Long Way Home (Night Comes On) de Jordana Spiro.

9 janvier 2020

La Tour sombre (2017) de Nikolaj Arcel

Titre original : « The Dark Tower »

La Tour sombre (The Dark Tower)Un jeune adolescent new-yorkais dessine compulsivement des scènes qui arrivent dans son esprit sous la forme de visions ou de rêves. Il y voit régulièrement un mystérieux homme en noir. Evitant de peu d’être mis en observation dans une clinique psychiatrique, il parvient à emprunter une porte vers un autre monde…
La Tour sombre est l’adaptation d’une série de Stephen King, un ensemble de huit romans qui compte de très nombreux admirateurs, 30 millions d’exemplaires ont été vendus de par le monde. Croire que l’on peut adapter correctement 4 000 pages en un film de 90 minutes est certainement un excès d’optimisme ; assez logiquement, les fans de Stephen King ont été déçus et se sont arrangés pour le faire savoir. Le film a été largement massacré par la critique et le public. Pour une personne, comme moi-même, qui n’a pas lu le livre mais qui apprécie la science-fiction, le début est assez prometteur avec une mise en place qui intrigue. La suite paraît hélas plus conventionnelle. La réalisation est toutefois parfaite, avec une certaine retenue sur les effets spéciaux, et l’histoire nous maintient en haleine. Matthew McConaughey montre une belle présence en méchant doté d’une indéniable distinction. Si ce n’est pas la grande adaptation attendue par les lecteurs de Stephen King, La Tour sombre se révèle plutôt plaisant… mais je n’irais pas jusqu’à dire que cela donne envie de lire les romans…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Matthew McConaughey, Idris Elba, Tom Taylor, Claudia Kim
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 La Tour sombre (The Dark Tower)Idris Elba et Tom Taylor dans La Tour sombre (The Dark Tower) de Nikolaj Arcel.

 La Tour sombre (The Dark Tower)Matthew McConaughey dans La Tour sombre (The Dark Tower) de Nikolaj Arcel.

13 octobre 2019

Le Cheval de fer (1924) de John Ford

Titre original : « The Iron Horse »

Le Cheval de fer (The Iron Horse)Le tout jeune Davy Brandon assiste impuissant à la mort de son père, un géomètre visionnaire, tué par un indien qui n’a plus que deux doigts à une main. Plus tard (en 1863), il participe au grand rêve de son père : le chantier de la première ligne transcontinentale de chemin de fer…
Pour répliquer au grand succès de la Paramount, La Caravane vers l’Ouest (The Covered Wagon, 1923) de James Cruze, la Fox décide de mettre en chantier un grand film qui raconte la construction du chemin de fer et en confie la concrétisation à John Ford. Le réalisateur de 29 ans va confirmer ses qualités pour mener des grandes équipes : cinq mille figurants dont huit cents Indiens, deux mille chevaux, mille trois cents bisons, dix mille têtes de bétail. On lui prête également deux locomotives d’époque dont l’une avait participé au chantier. Le tournage dans le Nevada se fit dans des conditions rudimentaires proches de celles des pionniers de la ligne, sous un climat très rude. John Ford s’attache à bien restituer la dimension historique de son récit, avec notamment la présence de Lincoln, tout en introduisant une histoire de vengeance personnelle. Les images de multitudes, que ce soient les hommes ou les animaux en vastes troupeaux, sont impressionnantes et très belles, le cinéaste montre déjà son talent pour utiliser graphiquement les grands espaces et les lignes de cavaliers. Son film n’est pas sans défaut mais sa maitrise de la mise en scène est déjà remarquable. Le film fut un très gros succès pour la Fox et a participé au regain de popularité des westerns.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: George O’Brien, Madge Bellamy
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Le Cheval de fer (The Iron Horse) Le Cheval de fer (The Iron Horse) de John Ford.

Le Cheval de fer (The Iron Horse)George O’Brien et Madge Bellamy dans Le Cheval de fer (The Iron Horse) de John Ford.

Remarque :
* John Ford a déjà 50 réalisations à son actif quand il tourne The Iron Horse.
* Premier film de John Ford avec George O’Brien.

Le Cheval de fer (The Iron Horse)Comme Fred Niblo pour Ben-Hur, John Ford n’hésite pas à s’enterrer avec la caméra pour filmer le passage d’un troupeau
dans Le Cheval de fer (The Iron Horse).

10 octobre 2019

Le Corps de mon ennemi (1976) de Henri Verneuil

Le Corps de mon ennemiAprès avoir passé sept années derrière les barreaux, François Leclercq revient dans sa ville du nord de la France pour trouver les véritables coupables du crime dont il a été accusé. Il était amoureux de la fille d’un baron du textile…
Le Corps de mon ennemi est l’adaptation d’un roman de Félicien Marceau qui a participé à l’écriture. Le plus original dans le film d’Henri Verneuil est sa construction : le récit fait intervenir de très nombreux flashbacks en fonction des personnages qu’il rencontre au présent. Les morceaux de son histoire se recollent ainsi peu à peu, de façon un peu laborieuse, il faut bien l’avouer. La faiblesse du film est dans l’histoire en elle-même qui n’évolue guère et cette peinture de la bourgeoisie qui se voulait acerbe est finalement bien fade. Certaines scènes sont néanmoins savoureuses, telles celles du repas mondain ou du travesti. Les dialogues de Michel Audiard n’ont rien de remarquable. Malgré un beau plateau d’acteurs et la solide réalisation d’Henri Verneuil, le film peine à se montrer intéressant.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean-Paul Belmondo, Bernard Blier, Marie-France Pisier, Daniel Ivernel, François Perrot, Nicole Garcia
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Remarques :
* Pour éviter le délicat problème de rajeunir Jean-Paul Belmondo dans les flashbacks, Henri Verneuil fait dire à son personnage : « Dans ce bric-à-brac de la mémoire, chaque fois que l’on essaie de se souvenir du jeune homme que l’on était, on se revoit avec la tête de l’homme d’aujourd’hui. » Cette pirouette (un peu grossière) permet à Jean-Paul Belmondo d’être physiquement le même dans toutes les scènes.

Le Corps de mon ennemiMarie-France Pisier et Jean-Paul Belmondo dans Le Corps de mon ennemi de Henri Verneuil.