24 mars 2022

Mad Max 2 : Le Défi (1981) de George Miller

Titre original : « Mad Max 2 »

Mad Max 2 : Le Défi (Mad Max 2)Dans un futur proche, les grandes nations se sont affrontées pour le pétrole et le chaos règne sur le monde. L’ancien policier Max vit désormais en marge, sillonnant les routes d’un pays livré à la loi du plus fort. Il arrive aux abords d’une raffinerie gérée par une petite communauté qui est constamment assaillie par une bande de pirates lourdement motorisés…
Mad Max 2 : Le Défi est un film australien de science-fiction co-écrit et réalisé par George Miller. Après le succès considérable de son premier film, George Miller a cette fois bénéficié d’un budget confortable et d’une équipe expérimentée. Et cela se sent : le résultat est bien plus professionnel. Le scénario reste très simple, tout le film se déroule dans le désert, dans et aux abords de la raffinerie. Les dialogues sont réduits (Mel Gibson a seize lignes de dialogues). La violence est plus marquée, d’une grande sauvagerie. Les personnages sont bien plus méchants, leurs costumes de style SM sont très variés. Les véhicules (dont un autogire) montrent également une très grande variété et la poursuite finale est l’une des plus folles jamais tournées. Souvent imité, Mad Max 2 reste encore aujourd’hui la référence en film post-apocalyptique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Mel Gibson, Bruce Spence, Michael Preston, Vernon Wells
Voir la fiche du film et la filmographie de George Miller sur le site IMDB.

Voir les autres films de George Miller chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Mad Max

Mad Max 2 : Le Défi (Mad Max 2)Mad Max 2 : Le Défi (Mad Max 2) de George Miller.

23 mars 2022

Mad Max (1979) de George Miller

Mad MaxDans un futur proche où les grandes nations sont entrées en guerre pour le pétrole, la police tente de maintenir l’ordre sur les routes sillonnées par des bandes de délinquants. Ainsi le policier Max Rockatansky s’engage dans une poursuite à grande vitesse avec NightRider qui vient de s’évader au volant d’une voiture de police…
Mad Max est un film australien co-écrit et réalisé par George Miller. Ce médecin de 32 ans n’a alors que de petits courts métrages à son actif et il n’a pu réunir qu’un tout petit budget pour le tourner. Ce manque de moyens est vraiment évident dans les costumes, les lieux de tournage et les décors. Le réalisateur a su toutefois tourner cela à son avantage parfois : le pitoyable poste de police (visiblement un hangar désaffecté avec quelques tables) exprime la déliquescence de la société. Car Mad Max est avant tout un film fort par son atmosphère apocalyptique, un monde semi-anarchique où les policiers sont aussi fous que les délinquants qu’ils traquent. L’autre point fort du film réside dans ses scènes de vitesse et d’action, sans trucages et vraiment réalistes. La jeune équipe a pris des risques insensés pour les réaliser. En revanche, les acteurs jouent tous très mal, y compris le jeune Mel Gibson (21 ans au moment du tournage). Fort heureusement, il n’y a que peu de textes. Seul le chef des méchants sort du lot, interprété par Hugh Keays-Byrne, acteur avec une expérience shakespearienne. A sortie, le film fut jugé hyper-violent (interdit dans de nombreux pays, il n’est sorti qu’en 1982 en France avec une interdiction aux moins de 16 ans) bien qu’il n’y ait que très peu de violence montrée. La violence est toujours hors-champ mais elle est très fortement suggérée, à tel point que de nombreux spectateurs ont vu des choses qui ne sont à l’écran. Gros succès, Mad Max reste l’un des films les plus rentables de toute l’histoire du cinéma. Il a rapporté 500 fois ce qu’il a coûté. Vu aujourd’hui, il paraît très amateur et mal joué mais reste néanmoins un des plus beaux exemples de films indépendants réalisés avec peu de moyens mais beaucoup d’énergie.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Mel Gibson, Joanne Samuel, Hugh Keays-Byrne, Steve Bisley
Voir la fiche du film et la filmographie de George Miller sur le site IMDB.

Voir les autres films de George Miller chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Mad Max

Mad MaxMel Gibson dans Mad Max de George Miller.

Mad MaxMad Max de George Miller.

3 octobre 2021

Haute couture (2015) de Jocelyn Moorhouse

Titre original : « The Dressmaker »

Haute couture (The Dressmaker)Au début des années 1950, Tilly Dunnage retourne, après 25 ans d’absence, dans son Australie d’origine pour s’occuper de sa mère Molly, seule et demi-folle. Enfant, elle avait été accusée d’avoir tué un jeune garçon (ses propres souvenirs sont confus) et bannie de son village. Elle est devenue styliste et avec sa machine à coudre va provoquer un petit tsunami tout en cherchant à apprendre la vérité…
Haute couture est un film australien adapté d’un roman de Rosalie Ham publié en 2000, The Dressmaker’s Secret (Vengeance Haute couture en français). Le ton oscille entre la comédie et le drame, on ne sait pas toujours s’il faut rire ou pleurer. Les personnages sont typés jusqu’à la caricature, évoquant l’univers des frères Coen, et la réalisatrice australienne s’en donne à cœur joie pour dresser un portrait au vitriol d’une petite communauté où les non-dits cachent une réalité peu reluisante. Kate Winslet sait parfaitement exprimer les tiraillements de son personnage et sa ténacité pour traquer la vérité. Tous les autres acteurs sont australiens avec une mention spéciale pour Judy Davis qui campe sa mère de façon pour le moins pittoresque. L’ensemble est assez jubilatoire, outrancier mais sans excès. Le film a été un très gros succès en Australie mais n’a eu qu’une distribution limitée dans le reste du monde. En France et dans plusieurs européens, il n’est pas sorti en salles.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Kate Winslet, Judy Davis, Liam Hemsworth, Hugo Weaving, Kerry Fox, Sarah Snook
Voir la fiche du film et la filmographie de Jocelyn Moorhouse sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Haute couture (The Dressmaker)Kate Winslet dans Haute couture (The Dressmaker) de Jocelyn Moorhouse.

Judy Davis et Liam Hemsworth dans Haute couture (The Dressmaker) de Jocelyn Moorhouse.

Judy Davis, Sarah Snook et Kate Winslet dans Haute couture (The Dressmaker) de Jocelyn Moorhouse.

14 avril 2018

Réveil dans la terreur (1971) de Ted Kotcheff

Titre original : « Wake in Fright »
Titre lors de sa sortie : « Outback »

Réveil dans la terreurJeune instituteur dans un petit village isolé de l’outback australien, poste qu’il a été obligé d’accepter par contrat, John décide de rentrer à Sydney pour les vacances. Il fait une halte dans la ville minière de Bundanyabba, que les locaux nomment « The Yabba »…
Basé sur un bestseller du même nom signé Kenneth Cook, Wake in Fright est un film australien qui a avait disparu après sa présentation au Festival de Cannes 1971. La redécouverte récente d’un négatif original lui a permis de ressusciter. C’est un film vraiment étonnant et inhabituel, un film que l’on peut voir comme un précurseur de cette Nouvelle Vague australienne à laquelle Peter Weir et George Miller donneront ses lettres de noblesse. Mais Ted Kotcheff (futur réalisateur de Rambo) est en réalité canadien et ses deux acteurs principaux sont anglais. Wake in Fright est une véritable descente aux enfers, sorte de Las Vegas Parano au pays des kangourous et de la bière ingurgitée par tombereaux. La vision qu’il nous donne des ces villes minières de l’arrière-pays australien est assez terrifiante. On aimerait croire que cette vision est outrancière mais rien n’est moins sûr. Le déroulement de cette histoire assez glauque est néanmoins admirable car on a l’impression de s’enfoncer toujours plus. Cela témoigne d’une belle maitrise du réalisateur qui nous gratifie, en outre, de plusieurs très beaux plans.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Donald Pleasence, Gary Bond, Chips Rafferty, Sylvia Kay, Jack Thompson
Voir la fiche du film et la filmographie de Ted Kotcheff sur le site IMDB.

Wake in fright
Chips Rafferty (vrai australien et grand buveur de bière) et Gary Bond  dans Réveil dans la terreur de Ted Kotcheff.

Remarques :
* Les scènes de chasse aux kangourous ont suscité une polémique. Il faut préciser à ce sujet que Ted Kotcheff est un végétarien convaincu et l’avertissement final, affirmant que ces scènes ont été tournées avec des chasseurs professionnels, est là pour nous alerter (et non pour justifier). Il est vrai qu’il y a là de quoi devenir végétarien… D’après les récits du directeur de la photographie, l’anglais Brian West, le tournage de la scène dura plusieurs heures et les chasseurs, de plus en plus alcoolisés, tiraient de plus en plus mal. L’équipe de tournage, écœurée par le carnage, a fini par provoquer une panne d’électricité pour tout arrêter.
* La ville est en réalité Broken Hill où le réalisateur a séjourné plusieurs mois.
* Wake in Fright a été adapté de nouveau en 2017 pour une série TV australienne.

Wake in Fright
Le superbe plan d’ouverture de Réveil dans la terreur de Ted Kotcheff.

Wake in Fright
Donald Pleasence et Gary Bond dans Réveil dans la terreur de Ted Kotcheff.

Wake in Fright
Autre plan remarquable : la salle de jeu de Réveil dans la terreur de Ted Kotcheff.

17 janvier 2015

La Dernière Vague (1977) de Peter Weir

Titre original : « The Last Wave »

La dernière vagueAlors que des phénomènes météorologiques étranges apparaissent dans le ciel de Sydney, cinq aborigènes sont arrêtés et inculpés pour le meurtre de l’un des leurs dans des circonstances obscures. L’avocat David Burton est chargé de leur défense. Il est loin d’imaginer ce qu’il va découvrir… La Dernière Vague est un film très étrange où interviennent le surnaturel et les croyances liées aux traditions tribales aborigènes. Le plus remarquable est l’atmosphère que réussit à instiller habilement l’australien Peter Weir, dont c’est ici le troisième long métrage. Cette atmosphère d’abord nous intrigue et finit par nous fasciner et même nous envoûter. La frontière entre rêve et réalité paraît bien ténue, le mystère règne. En outre, le film nous montre ce sentiment de respect mêlé d’une culpabilité sourde de la société moderne australienne vis-à-vis des aborigènes. Du fait du traitement si particulier de son histoire, La Dernière Vague a permis d’attirer l’attention sur Peter Weir.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Richard Chamberlain, Olivia Hamnett, David Gulpilil
Voir la fiche du film et la filmographie de Peter Weir sur le site IMDB.

Voir les autres films de Peter Weir chroniqués sur ce blog…

 

La Dernière Vague de Peter Weir
Richard Chamberlain et David Gulpilil dans La Dernière Vague de Peter Weir.

20 juillet 2012

L’arbre (2010) de Julie Bertuccelli

Titre original : « The Tree »

L'arbrePeter et Dawn vivent avec leurs quatre enfants dans le bush australien. La mort brutale de Peter met un terme à leur bonheur. Simone, la fillette, imagine que l’esprit de son père est passé dans le grand arbre qui domine la maison, un gigantesque figuier qui semble doté de vie… L’arbre est la chronique assez émouvante d’une famille frappée par un décès que Julie Bertuccelli a su filmer sans forcer le trait. Le film oscille entre le conte et le réalisme sans vraiment choisir, ce qui le prive de développer sa personnalité. On peut ainsi certainement reprocher au film de manquer un peu profondeur et aussi d’être un peu trop consensuel. Charlotte Gainsbourg trouve le ton juste pour interpréter ce rôle avec beaucoup de sensibilité.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Charlotte Gainsbourg, Morgana Davies, Marton Csokas
Voir la fiche du film et la filmographie de Julie Bertuccelli sur le site IMDB.

Voir les autres films de Julie Bertuccelli chroniqués sur ce blog…

21 mai 2012

Animal Kingdom (2010) de David Michôd

Animal KingdomA la mort de sa mère, le jeune Joshua (17 ans) est hébergé par sa grand-mère Janine dont il avait été tenu à l’écart jusqu’à présent. Celle-ci vit avec ses trois fils avec lesquels elle entretient une relation étroite. Tous trois sont, avec un ami, des gangsters spécialisés dans les attaques de banque… Pour son premier long métrage, l’australien David Michôd a écrit cette histoire qui prend place dans le Melbourne des années quatre-vingt. Il parvient à donner une grande dimension à ses personnages en les dotant d’une complexité et d’une ambivalence peu commune. Le personnage de la mère, étonnante matriarche sexagénaire, est sur ce point représentatif : débordante d’affection (avec même une certaine tendance incestueuse), elle apparaît comme une femme que nous pourrions côtoyer avec plaisir. Pourtant, elle est aussi une implacable chef de clan. La mise en scène David Michôd est très lyrique, avec une large utilisation de la musique. Animal Kingdom ressemble ainsi à une grande tragédie où les personnages se débattent avec leur destin.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: James Frecheville, Jacki Weaver, Ben Mendelsohn, Guy Pearce, Joel Edgerton, Luke Ford, Sullivan Stapleton
Voir la fiche du film et la filmographie de David Michôd sur le site IMDB.

Remarque :
Grand Prix du Jury à Sundance 2010.

20 mars 2012

Bright Star (2009) de Jane Campion

Bright StarLe film de Jane Campion dépeint la rencontre et  la liaison amoureuse non consommée du poète romantique anglais John Keats avec sa voisine Fanny Brawne. Bright Star est le titre d’un des poèmes qu’il lui a dédié. Ils étaient tous deux très jeunes et bien entendu peu connus puisque le talent de Keats ne fut reconnu qu’après sa mort… Jane Campion sait éviter tout le maniérisme des films biographiques (« biopics ») ou même des films historiques. Elle traite cette histoire d’amour avec beaucoup de délicatesse et laisse s’exprimer toute l’innocence de leur relation. Elle parvient même à apporter une touche de modernité en dotant son héroïne d’un certain caractère. L’image, très belle, contribue à cette impression de délicate beauté qui se dégage du film.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider, Kerry Fox
Voir la fiche du film et la filmographie de Jane Campion sur le site IMDB.
Voir les autres films de Jane Campion chroniqués sur ce blog…

25 septembre 2010

Australia (2008) de Baz Luhrmann

AustraliaLui :
Une aristocrate anglaise part en Australie pour vendre sa propriété qu’elle trouve au bord de la ruine. Avec l’aide d’un cow-boy au cœur noble et d’un enfant aborigène, elle va la remettre sur pied. Australia est de toute évidence un film ambitieux, rien que son titre le montre. Baz Luhrmann a voulu traiter divers aspects de l’histoire et des caractères de son pays tout en créant un grand spectacle. Le film a beau être bardé de bonnes intentions (1), il devient rapidement ennuyeux par manque d’originalité et de scénario. Les personnages sont très typés, l’ensemble est très hollywoodien. Nicole Kidman est ici dans l’un de ses rôles décoratifs : seule sa plastique est utilisée (fort bien d’ailleurs…), et aussi sa présence certes, mais ses talents d’actrice sont très largement sous-employés.
Note : 1 étoile

Acteurs: Nicole Kidman, Hugh Jackman, David Wenham, Brandon Walters
Voir la fiche du film et la filmographie de Baz Luhrmann sur le site IMDB.

Voir les autres films de Baz Luhrmann chroniqués sur ce blog…

(1) Pour bien comprendre la réalité des « générations volées » (enfants métis aborigènes enlevés à leur famille pour être enfermés et éduqués à l’occidentale), il est préférable de regarder le film de Phillip Noyce Le chemin de la Liberté (Rabbit-proof fence).

Homonyme :
Australia de Jean-Jacques Adrien (1989) avec Fanny Ardent et Jeremy Irons.

19 janvier 2010

They’re a weird mob (1966) de Michael Powell

Titre français (vidéo) : « Drôles de zèbres »

They're a Weird MobLui :
Adapté d’un roman australien à succès, They’re a weird mob raconte l’arrivée d’un italien à Sydney et la façon dont il trouve un travail et des amis. Filmé de façon réaliste, le film revêt maintenant un indéniable caractère historique, un témoignage de la société australienne dans les années soixante. A cette époque, il y régnait un fort sentiment d’égalitarisme et il était facile à un immigrant de s’insérer, le pays offrant de multiples opportunités. Si le film est assez amusant, il comporte néanmoins certaines longueurs. They’re a weird mob n’est pas vraiment un grand film, on n’y retrouve pas l’habituelle inventivité de Michael Powell mais il n’est pas non plus sans intérêt, loin de là.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Walter Chiari, Claire Dunne, Chips Rafferty, Ed Devereaux
Voir la fiche du film et la filmographie de Michael Powell sur le site IMDB.

Voir les autres films de Michael Powell chroniqués sur ce blog…