4 décembre 2017

A Girl’s Folly (1917) de Maurice Tourneur

A Girl's FollyAyant interrompu par inadvertance un tournage près de chez elle, une jeune fille quitte sa campagne pour tenter sa chance comme actrice…
A Girl’s Folly est un film absolument unique, pas tant par son histoire qui n’a rien de passionnant mais par le fait que Maurice Tourneur nous montre de l’intérieur le fonctionnement d’un studio en 1917. Il s’agit en l’occurrence de Paragon Studio dont nous nous pouvons voir les bâtiments aux toits de verre et les extérieurs. Le centre du cinéma était sur la côte est des Etats-Unis, à Fort Lee dans le New Jersey. Le film montre comment les décors sont assemblés en quelques minutes sur de grandes plaques tournantes (afin d’avoir le meilleur angle de vue), comment la scène est expliquée aux acteurs avant le tournage, etc. Il nous montre aussi d’autres aspects de la vie du studio. Tout cela est une petite mine d’or pour les historiens et les cinéphiles. A noter la présence de Maurice Tourneur dans son propre rôle de metteur en scène et (très probablement) du tout jeune Joseph von Sternberg.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Warwick, Doris Kenyon
Voir la fiche du film et la filmographie de Maurice Tourneur sur le site IMDB.
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Remarque :
* Le film durait initialement 65 minutes. Une version de 58 minutes figure sur certains DVD américains. La version vue ici est une version restaurée de 28 minutes (diffusée par Serge Bromberg) avec les passages les plus intéressants sur le plan historique.
* Fort Lee est situé juste en face de New York, de l’autre côté de l’Hudson au niveau du George Washington Bridge. Pour en savoir plus sur Fort Lee et la liste des compagnies de cinéma à Fort Lee… (Paragon fait partie de World Pictures)

Maurice Tourneur
Maurice Tourneur  dans son son propre rôle dans A Girl’s Folly de Maurice Tourneur.

A girl's folly
Pour aller visionner les rushes, les personnages traversent une salle de montage où des employées coupent et assemblent des films.

A girl's folly
Si l’on n’en pas la preuve formelle, tout laisse à penser que ce jeune caméramen n’est autre que Josef von Sternberg (âgé de 23 ans) qui faisait alors ses débuts à Paragon Studio .

2 décembre 2017

La Plus Grande Histoire jamais contée (1965) de George Stevens

Titre original : « The Greatest Story Ever Told »

La Plus grande histoire jamais contéeLa vie de Jésus Christ…
Produit et réalisé par George Stevens, La Plus Grande Histoire jamais contée a bénéficié d’un budget important (20 millions de dollars soit 160 millions de 2017), d’une longue préparation et d’un plateau abondamment fourni en stars. Le résultat est épouvantable. Obsédé par l’idée de donner de la grandeur à son film, George Stevens n’a réussi à lui donner que de la lourdeur. Il n’y a là aucun souffle, aucune flamme. On s’ennuie même. Beaucoup de scènes ne sont d’ailleurs pas montrées mais racontées par des personnages (« on dit qu’il a multiplié les pains », « on dit qu’il a marché sur l’eau » …), astuce normalement plutôt utilisée par les films à petit budget ! Le défilé d’acteurs connus est presque grotesque et que le tournage ait été fait dans l’Ouest américain saute aux yeux ; on s’attend à tomber sur John Wayne à tout moment (en fait, il faut attendre la fin du film pour qu’il apparaisse et dise son unique réplique). De toute évidence, George Stevens n’est pas Cecil B. DeMille! L’âge d’or des péplums étant, de plus, révolu, le film fut un flop commercial, l’un des plus grands flops de l’histoire du cinéma.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Max von Sydow, Charlton Heston, Martin Landau, José Ferrer, Carroll Baker, Van Heflin, Telly Savalas, John Wayne
Voir la fiche du film et la filmographie de George Stevens sur le site IMDB.

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Remarques :
* Le tournage fut terminé en 1963 et George Stevens mit plus d’un an à le monter. La première version distribuée totalisait 225 minutes. Devant le peu de succès auprès du public, la durée fut rapidement réduite à 127 minutes. Le film est ressorti sur DVD dans une version de 191 minutes en 2001 (version visionnée ici).

* Non crédités au générique, David Lean a dirigé quelques scènes d’intérieur avec Claude Rains et José Ferrer alors que Jean Negulesco a dirigé la scène de la Nativité.

* Sur l’unique réplique de John Wayne « Truly, this man was the Son of God », une légende (certainement fausse mais amusante) circule depuis la sortie. Après plusieurs prises peu convaincantes, Stevens lui dit « Duke, il nous faut quelque chose de plus. Lève les yeux vers lui et donne-nous de la crainte. » (« Duke, what we need in this line is something more. Look up at the man and give us some awe. ») Wayne acquiesce et, à la prise suivante, lève les yeux vers la croix et dit : « Awww, truly this man was the Son of God. »
A noter que la version finale de cette réplique n’est guère plus brillante, on se demande vraiment comment un metteur en scène peut laisser une réplique si mal dite dans un film. Elle est tellement mauvaise qu’elle est sur Youtube

La Plus Grande Histoire jamais contée
Max von Sydow (dont c’est le premier film américain) dans La Plus Grande Histoire jamais contée de George Stevens.

25 novembre 2017

La Loi du silence (1953) de Alfred Hitchcock

Titre original : « I Confess »

La Loi du silenceA Québec, un immigré allemand Otto Kluger, déguisé en prêtre, tue un avocat pour lui voler son argent. Il va ensuite se confesser auprès du prêtre qui l’emploie… Tourné juste après L’Inconnu du Nord-Express, La Loi du silence, beaucoup moins connu, semble en prolonger le thème : il s’agit une nouvelle fois d’une histoire de transfert de culpabilité. En se confessant, le meurtrier se décharge du crime et c’est le prêtre qui en porte le poids. Hitchcock crée une atmosphère lourde, pesante, austère, sans aucun des traits d’humour dont il est coutumier. Le film n’a pas fonctionné auprès du public et d’une bonne partie de la critique qui a situé le suspense sur la question de savoir si le prêtre allait ou non parler et a fini par trouver cela ridicule. Or, le suspense ne peut être là : Hitchcock a été élevé chez les jésuites et il a considéré que tout le monde savait qu’il ne pouvait parler. Non, le suspense est créé par l’emboitement assez terrifiant des évènements et par le postulat qu’il ne peut parler. La Loi du silence est ainsi un film d’une grande intensité, l’interprétation très sérieuse de Montgomery Clift (trop sérieuse selon le réalisateur qui ne s’est pas bien entendu avec son acteur principal) n’étant pas étrangère à cette intensité.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Montgomery Clift, Anne Baxter, Karl Malden, Brian Aherne
Voir la fiche du film et la filmographie de Alfred Hitchcock sur le site IMDB.

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Remarques :
* Le scénario est adapté d’une « mauvaise pièce » (ce sont les mots de François Truffaut lorsqu’il interroge Hitchcock à ce sujet) de Paul Anthelme (1902) intitulée « Nos deux consciences ». C’est Louis Verneuil qui l’a indiquée (et vendue) à Hitchcock.
* Au départ, Hitchcock voulait jouer avec les accents : allemand pour Otto Kruger, français pour les autochtones, suédois pour l’actrice principale. Mais lorsque l’actrice suèdoise Anita Björk est arrivée en Amérique avec son amant et un bébé illégitime, les dirigeants de la Warner ont pris peur qu’un nouveau scandale suédois éclate (après l’affaire Ingrid Bergman / Rossellini dont ils étaient à peine remis). Tout ce petit monde fut donc remis prestement sur le bateau et Anne Baxter fut choisie pour la remplacer.
* Cameo : impossible de rater Alfred Hitchcock marchant en haut des escaliers car c’est la première image du film.
* La fin initialement prévue au scénario était bien plus dramatique mais les producteurs ont jugé que l’image d’un prêtre pendu serait trop traumatisante.

I Confess
Brian Aherme et Montgomery Clift dans La Loi du silence de Alfred Hitchcock.

I Confess
Karl Malden et Montgomery Clift dans La Loi du silence de Alfred Hitchcock.

24 novembre 2017

The Informant! (2009) de Steven Soderbergh

The Informant!Cadre supérieur dans un géant de l’industrie alimentaire, Mark Whitacre dénonce auprès du FBI les pratiques de sa société d’ententes sur les prix et accepte de devenir un indicateur…
Le film de Steven Soderbergh est basé sur le best seller de Kurt Eichenwald titré « The Informant: A True Story » (« Une histoire vraie »). Publié en 2000, le livre retraçait l’histoire de cette « taupe » infiltrée par le FBI pour enquêter sur la grande société d’agro-alimentaire américaine Archer Daniels Midland. Plus que jamais, il est important d’en savoir le minimum avant de regarder ce film. Quand on ne sait rien de l’histoire, le début paraît un peu conventionnel mais il se produit un retournement à mi-film et l’on va ensuite de surprises en surprises. C’est finalement une histoire assez ahurissante. Le défaut du film est sans doute de moins bien fonctionner lorsque que l’on sait certaines choses à l’avance (que tous les critiques s’empressent de dévoiler, hélas). Loin de ses films d’action, Matt Damon a ici l’allure débonnaire, il a même pris quelques kilos pour le rôle. Il est très crédible dans son personnage, très humain. Soderbergh introduit une certaine légèreté dans le récit, par la musique et par des notes d’humour.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Matt Damon, Melanie Lynskey, Scott Bakula, Allan Havey
Voir la fiche du film et la filmographie de Steven Soderbergh sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné (attention : ne pas lire le synopsis!)

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Remarques :
* Soderbergh a été tourné à Decatur, Illinois, la ville où les évènements eurent lieu.
* Le véritable Mark Whitacre (qui n’a pas été consulté pour le tournage) a déclaré que le film de Steven Soderbergh était très proche de la réalité.

The informant
Matt Damon dans The Informant! de Steven Soderbergh.

19 novembre 2017

Vainqueur du destin (1942) de Sam Wood

Titre original : « The Pride of the Yankees »
Autre titre français : « La fierté des Yankees »

Vainqueur du destinProduit par Sam Goldwyn, The Pride of the Yankees retrace la vie de Lou Gehrig (1903-1941), brillant joueur américain de baseball dont la carrière fut stoppée brutalement par la maladie. Son discours d’adieu au Yankee Stadium est connu de tous les américains (« Today I consider myself the luckiest man on the face of the earth. », « Aujourd’hui je me considère comme le plus heureux des hommes ») et, comme l’annonce un texte en préambule, sa vie et ses valeurs morales (simplicité et modestie) sont « une source d’inspiration » pour tous. Sam Goldwyn ne voulait pas que le baseball ait une place trop grande dans le film et effectivement l’accent est mis sur l’histoire personnelle et sentimentale de Gehrig. L’ensemble est nimbé de mièvrerie et il est bien difficile de s’intéresser à tous ces petits épisodes qui se veulent charmants. Il faut attendre le fameux discours final pour être ému. Sur le fond, nous retrouvons les thèmes très américains de l’homme simple qui accomplit de grandes choses et du triomphe de la volonté. Bien qu’un peu âgé pour le rôle, Gary Cooper fait une belle prestation. Le film sera onze fois nominé aux Oscars (mais n’en remportera qu’un seul, pour le montage). Un film bien ennuyeux mais qui bénéficie toujours d’une belle cote d’amour outre-Atlantique.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Gary Cooper, Teresa Wright, Walter Brennan, Dan Duryea
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Remarques :
* Lou Gehrig était atteint de la maladie de Charcot qui porte désormais son nom aux États-Unis et au Québec (maladie de Lou-Gehrig).

* Gary Cooper ne pratiquait pas le baseball et, surtout, était incapable de manier la batte comme Gehrig qui était gaucher. C’est le monteur Daniel Mandell qui trouva la solution : inverser l’image sur les quelques plans où on voit Cooper swinguer la batte (numéros et noms sur les maillots furent donc écrits à l’envers). Cette affirmation est toutefois contestée aujourd’hui. Il n’y aurait en fait qu’un ou deux plans effectivement inversés.

Pride of the Yankees
Gary Cooper et Babe Ruth (qui joue son propre rôle) dans Vainqueur du destin de Sam Wood.

14 novembre 2017

L’Homme irrationnel (2015) de Woody Allen

Titre original : « Irrational Man »

L'homme irrationnelProfesseur de philosophie en université, Abe Lucas arrive dans la ville où il vient d’être nommé. Il se lie rapidement d’amitiés avec Jill Pollard, une étudiante assez brillante fascinée par sa personnalité… Avec L’Homme irrationnel, Woody Allen renoue avec certains de ses thèmes favoris : la crise existentialiste et la futilité de la vie. « Peut-on, par un acte irrationnel, chercher à donner un sens à sa vie ? » semble t-il s’interroger. Son histoire évolue ensuite vers une comédie policière mâtinée d’un humour noir plutôt sérieux et où la vraisemblance n’est pas vraiment recherchée. Comme souvent, Woody Allen s’amuse à jouer sur plusieurs registres au prix de ne pas toujours trouver l’équilibre parfait. L’interprétation de Joaquin Phoenix en bedonnant quarantenaire montre une force certaine et Emma Stone possède une très grande présence à l’écran, elle sait donner de l’intensité à son personnage. Même si toutes ces réflexions n’aboutissent pas réellement sur grand chose, L’Homme irrationnel est plaisant.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Joaquin Phoenix, Emma Stone, Jamie Blackley, Parker Posey
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L'Homme irrationnel
Joaquin Phoenix et Emma Stone dans L’homme irrationnel de Woody Allen.

L'Homme Irrationnel
Woody Allen, Emma Stone et Joaquin Phoenix sur le tournage de L’homme irrationnel de Woody Allen.

12 novembre 2017

Le Refroidisseur de dames (1968) de Jack Smight

Titre original : « No Way to Treat a Lady »

Le Refroidisseur de damesUn pasteur, paraissant d’humeur fort gaie, s’introduit chez une veuve sexagénaire. Après l’avoir mise en confiance, il l’étrangle et dépose le cadavre dans la salle de bains. Le détective Morris Brummell est chargé de l’affaire… Basé sur un roman de William Goldman, le scénario de No Way to Treat a Lady comporte certaines originalités, à la fois dans le mode opératoire de ce tueur en série et dans le jeu qu’il joue avec la police. Le moyen utilisé par la police pour le forcer à se dévoiler est aussi inattendu. Certes, ces originalités paraissent moins criantes après un demi-siècle supplémentaire de thrillers mais on peut se demander pourquoi, avec ces atouts, le résultat paraît si fade. Ce n’est pas la faute de Rod Steiger qui fait une belle prestation dans ses multiples déguisements, donnant de la puissance à son personnage, sans aucun excès. Non, les raisons sont plutôt à chercher du côté de la mise en scène de Jack Smight qui a bien du mal à trouver la difficile symbiose recherchée entre le film noir et la comédie. L’assemblage est au moins inattendu mais l’ensemble montre une certaine mollesse. Le film nous laisse sur une vague impression qu’il aurait pu être beaucoup mieux…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Rod Steiger, Lee Remick, George Segal
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Le refroidisseur de dames
Rod Steiger dans l’un de ses multiples déguisements de Le Refroidisseur de dames de Jack Smight.

Le refroidisseur de dames
Lee Remick et George Segal dans Le Refroidisseur de dames de Jack Smight.

8 novembre 2017

J. Edgar (2011) de Clint Eastwood

J. EdgarJ. Edgar Hoover raconte à une jeune recrue chargée d’écrire sa biographie les quelque cinquante années qu’il a passées à la tête du FBI … Ce film d’Eastwood laisse un goût un peu bizarre. Hoover est un personnage guère recommandable, capable de toutes les bassesses pour poursuivre sa croisade obsessionnelle contre le crime et la « subversion bolchévique ». Avec ses dossiers secrets, il a fait chanter plusieurs générations d’hommes et femmes publiques, y compris plusieurs présidents (de Roosevelt à Nixon), ce qui explique sa longévité. Le regard que Clint Eastwood porte sur Hoover est aussi ambigu qu’inconsistant. Il est ambigu car le réalisateur, qui n’a jamais caché ses préférences politiques, décrit bien toutes les tares du personnage mais tend à les minimiser ou à les expliquer, et donc les justifier. Il est inconsistant car finalement il ne dit rien. L’art de Clint Eastwood est dire les choses tout en laissant quelques pistes pour pouvoir éventuellement y voir le contraire : par exemple, il nous montre une enquête rondement et intelligemment menée aboutissant à l’arrestation du kidnappeur du fils Lindbergh tout en introduisant une petite confusion dans les détails qui permet à certaines personnes attentives (ou à l’esprit mal tourné !) de comprendre que les preuves ont été fabriquées de toutes pièces. Ainsi, il coupe court à la critique et satisfait tout le monde. Finalement, il parvient à contourner tous les sujets qui fâchent et noie l’ensemble dans un torrent de sentimentalisme bon marché sur son homosexualité (présumée) à propos de laquelle il réussit à ne rien dire du tout (si ce n’est qu’il était homosexuel sans l’être vraiment) et sur sa mère castratrice qui en a fait un infirme social… Si le film est très ambigu sur le fond du fait de la fascination d’Eastwood pour son personnage, la forme est plus séduisante : extrêmement convaincant dans son personnage, Leonardo Di Caprio fait une superbe prestation et son maquillage de sexagénaire est extraordinaire. Le pauvre Armie Hammer n’a pas eu la même chance : vieilli, il semble affublé d’un masque mal ajusté qui aurait été prévu pour quelqu’un d’autre. Les critiques furent unanimement élogieuses…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Naomi Watts, Judi Dench
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J. Edgar
Leonardo DiCaprio et Armie Hammer dans J. Edgar de Clint Eastwood.

7 novembre 2017

John McCabe (1971) de Robert Altman

Titre original : « McCabe & Mrs. Miller »

John McCabeArrivé dans une petite bourgade minière du nord de l’Ouest américain, un joueur professionnel itinérant décide d’ouvrir un bordel. Il s’associe avec une prostituée pour la gérer… Librement adapté d’un roman d’Edmund Naughton, John McCabe est souvent cité comme l’un des meilleurs représentants du genre que l’on nomme (un peu pompeusement) « le western crépusculaire » des années soixante-dix (les anglo-saxons emploient plus justement le terme « western révisionniste ») : point de soleil brûlant encore moins de désert… la végétation est abondante, il pleut sans arrêt, il fait froid et même la neige (non prévue au scénario) s’installe. Point de héros, ni de noble cause à défendre… rien ni personne n’est reluisant. L’individualisme règne en maître et cette difficile période de transition où la Loi n’existait pas encore est décrite crûment et sans fard (1). John McCabe est un film qui a beaucoup de style avec la musique plaintive de Leonard Cohen dont les paroles collent si bien au propos du film qu’elles sembleraient presque composées spécialement pour lui et la photographie de Vilmos Zsigmond, expert de l’exploitation de la lumière naturelle, qui utilise des filtres jaune-bruns pour créer une atmosphère très prégnante. A mes yeux, la forme très stylée de John McCabe enchante plus que le fond que je dois avouer avoir trouvé un peu ennuyeux.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Warren Beatty, Julie Christie, Shelley Duvall, Keith Carradine
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Remarques :
* Robert Altman a décrit son film comme un « anti-western ».
* Warren Beatty et Julie Christie vivaient ensemble à cette époque et avaient un fort désir de jouer ensemble.
* John McCabe utilise trois chansons de Leonard Cohen : « The Stranger Song », « Sisters of Mercy » et « Winter Lady ».

(1) Beaucoup ont vu aussi dans John McCabe une critique de la concentration économique en sociétés mais, s’il peut sembler probable que ce fut dans les intentions du réalisateur, la démonstration n’est pas (du moins à mes yeux) vraiment probante.

John McCabe
Warren Beatty et Julie Christie dans John McCabe de Robert Altman.

Tournage de John McCabe
Warren Beatty, Vilmos Zsigmond et Robert Altman sur le tournage de John McCabe de Robert Altman.

2 novembre 2017

La Mouche (1986) de David Cronenberg

Titre original : « The Fly »

La MoucheUn biologiste surdoué qui travaille en solitaire sur la téléportation montre à une jeune journaliste le fruit de ses recherches. Il est sur le point d’aboutir à parvenir à téléporter de la matière vivante et a bien l’intention de le tester sur lui-même… Produit par Mel Brooks, La Mouche de David Cronenberg est le remake de La Mouche noire, film d’horreur de Kurt Neumann (1958). Le thème est très proche de celui de La Métamorphose de Kafka et interroge la définition de l’humain : dans cette lutte entre le corps et l’esprit, jusqu’à quel point est-on humain ? À quel moment perd-on son humanité ? On peut également voir au passage une variation sur la notion très nietzschéenne du Surhomme. Cronenberg va beaucoup plus loin dans ces réflexions que Neumann et son film est nettement plus abouti. Tout cela est assez réjouissant mais, visuellement, ça se gâte : alors que la première version cachait pudiquement le visage du métamorphosé sous un linge, Cronenberg montre toutes les phases de transformation avec un luxe de détails et il faut avoir le cœur bien accroché. On peut s’interroger sur l’intérêt d’un tel étalage.  Adulé par les amateurs du genre, La Mouche reste le plus grand succès commercial de David Cronenberg.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jeff Goldblum, Geena Davis, John Getz
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La Mouche
Geena Davis et Jeff Goldblum dans La Mouche de David Cronenberg.

La Mouche
Geena Davis et Jeff Goldblum dans La Mouche de David Cronenberg.

Remarque :
Le film a eu une suite qu’il n’est apparemment pas vraiment utile de voir :
La Mouche 2 (The Fly 2) de Chris Walas (1989) avec Eric Stoltz