16 août 2019

Plaire, aimer et courir vite (2018) de Christophe Honoré

Plaire, aimer et courir vite1990. Jacques est un écrivain connu qui vit à Paris avec son jeune fils. Lors d’un déplacement à Rennes, il fait la rencontre d’Arthur, jeune étudiant, homosexuel comme lui et qui mord la vie à pleine dents…
Après deux adaptations littéraires, Christophe Honoré revient à un récit réaliste qu’il a écrit lui-même. Son récit met face à face deux êtres à des positions très différentes, presque opposées, de leur vie : l’un est à l’aube de ses vingt ans, avide de tout, prenant tous les plaisirs qui passent à sa portée, irréfléchi, repoussant à plus tard toute réflexion ; l’autre est bientôt quarantenaire, il a vécu beaucoup et tente d’être maintenant maitre de ses choix car il sait son temps limité. Cette opposition de caractères pourra paraître artificiellement poussée mais c’est, après tout, le propre de toute scénarisation, afin de mieux faire ressortir certains traits. Le plus remarquable dans le film de Christophe Honoré est sa façon de mettre en scène l’homosexualité, de montrer sans fard la naissance d’une histoire d’amour que l’on sait brève. La lourde présence du sida n’entraine aucun excès de pathos, l’humour est même plutôt dominant tout au long du film. Le flirt entre Jacques et Arthur prend la forme d’un amusant badinage et, si le sexe est souvent présenté de façon directe, c’est toujours sans vulgarité. Les interprétations de Vincent Lacoste et de Pierre Deladonchamps sont très fortes.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès
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Plaire, aimer et courir vitePierre Deladonchamps et Vincent Lacoste dans Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré.

6 août 2019

Saint Laurent (2014) de Bertrand Bonello

Saint LaurentL’année 2014 a vu deux films dédiés à Yves Saint Laurent sortir sur les écrans français. Celui de Bertrand Bonello se concentre sur une décennie, de 1967 à 1976, pour montrer comment le créateur de mode s’est inscrit dans cette période qui a vu tant de bouleversements sociaux et de changements dans les moeurs. Ce n’est donc pas un biopic classique mais plutôt une tentative de restituer l’esprit du temps. Bertrand Bonello insiste donc beaucoup sur l’atmosphère de libération des esprits mais, en pratique, son propos se résume à aligner d’interminables scènes de boîte de nuit et d’ingurgitations de stupéfiants ou d’alcools divers. Il s’attarde également sur sa relation homosexuelle avec Jacques de Bascher ; en revanche, Pierre Bergé n’est montré que comme un homme d’affaires, ne pensant qu’à l’argent. On ne peut pas dire que Yves Saint Laurent sorte grandi de cette évocation qui le montre beaucoup plus appliqué à se détruire qu’à créer. Le film de Bertrand Bonello, en outre indéniablement trop long, apparaît juste comme un patchwork de scènes évoquant les aspects les plus débridés des années soixante-dix. Le film a été louangé par la critique, beaucoup moins par le public.
Elle: 3 étoiles
Lui : 1 étoile

Acteurs: Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Louis Garrel, Léa Seydoux
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Saint LaurentGaspard Ulliel et Louis Garrel dans Saint Laurent de Bertrand Bonello.

Remarques :
* Si le film de Jalil Lespert a reçu l’aval de Pierre Bergé, il n’en est pas de même pour celui de Bertrand Bonello. Le compagnon de toujours du couturier était opposé au tournage.
* Bertrand Bonello est né en 1968.

Saint LaurentJérémie Renier est Pierre Bergé  et Gaspard Ulliel est Yves Saint Laurent dans Saint Laurent de Bertrand Bonello.

22 juillet 2019

J’embrasse pas (1991) de André Téchiné

J'embrasse pasPierre quitte son Sud-ouest natal pour aller à Paris avec pour tout bagage un diplôme de brancardier, et le désir de devenir acteur. Rapidement, sa grande soif de liberté se heurte à la réalité qui se révèle être tout autre que celle qu’il avait imaginée…
Le scénario de J’embrasse pas est en partie inspiré de la vie du comédien Jacques Nolot qui a participé à l’écriture avec Michel Grisolia et André Téchiné. Il est un peu difficile d’éprouver de l’empathie envers le jeune homme tant il fait constamment des mauvais choix, avec une obstination presque irréelle. Pour mieux se protéger, il refuse toute sentimentalité ce qui l’éloigne encore un peu de nous. Manuel Blanc est très entier et assez brut dans son jeu. Philippe Noiret paraît bien sous-employé mais Emmanuelle Béart, coiffée à la Louise Brooks, fait une belle prestation en fragile prostituée.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Philippe Noiret, Emmanuelle Béart, Manuel Blanc, Hélène Vincent, Roschdy Zem
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J'embrasse pasManuel Blanc et Emmanuelle Béart dans J’embrasse pas d’André Téchiné.

Remarques :
* Manuel Blanc fut récompensé par le César 1992 du Meilleur jeune espoir masculin mais la suite de sa carrière ne fut pas à la hauteur des promesses.

J'embrasse pasPhilippe Noiret et Manuel Blanc dans J’embrasse pas d’André Téchiné.

7 juillet 2019

Tom of Finland (2017) de Dome Karukoski

Tom of FinlandDans les années 1940, pendant la guerre soviéto-finlandaise, Touko Valio Laaksonen multiplie les rencontres éphémères et fait la connaissance d’un officier, homosexuel comme lui. Démobilisé, il a beaucoup de mal à faire de nouvelles rencontres et projette ses fantasmes dans des dessins très suggestifs…
Le film de Dome Karukoski met en scène la trajectoire d’un dessinateur qui, sous le pseudonyme Tom of Finland, a « influencé la culture gay par ses représentations fantasmatiques et fétichistes d’hommes » (la formule est celle de Wikipédia). Le récit évoque les difficultés à rencontrer d’autres personnes homophiles à une époque où l’homosexualité était passible de prison puis les difficultés à faire éditer des dessins fétichistes dans les années soixante. Hélas, l’ensemble paraît assez terne et, finalement, nous n’apprenons que bien peu de choses que ce soit sur la vie de cet artiste de la contre-culture ou sur les personnes qui l’entourent.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky
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Tom of FinlandLauri Tilkanen, Jessica Grabowsky et Pekka Strang dans Tom of Finland de Dome Karukoski.

27 juin 2019

Call Me by Your Name (2017) de Luca Guadagnino

Call Me by Your NameEté 1983. L’américain Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances avec ses parents dans leur propriété en Italie. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, reçoit l’un de ses étudiants américains, le séduisant Oliver, qui prépare son doctorat…
C’est James Ivory qui a écrit l’adaptation de Call Me by Your Name, le premier roman d’André Aciman. Il devait également le réaliser mais les producteurs préférèrent confier le tournage à l’italien Luca Guadagnino. Le thème général est l’exploration de la notion de désir ; il s’agit de l’éveil à l’homosexualité d’un jeune homme dans un milieu aisé et intellectuel. Les personnages sont tous particulièrement séduisants par leur érudition et leur grande ouverture d’esprit mais ils sont si parfaits qu’ils en deviennent un peu caricaturaux. Il n’y a pas une fausse note dans le tableau. Le récit est délicat mais aurait certainement gagné à être un peu plus concis, notamment dans sa seconde moitié. Le film est plaisant mais il ne fait nul doute (à mes yeux du moins) que James Ivory aurait su introduire plus de nuances. Call Me by Your Name a suscité un véritable engouement auprès de la critique et du public.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg, Amira Casar, Esther Garrel
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Caméo : Auteur du roman, André Aciman fait une apparition en interprétant Mounir, l’un de deux membres du couple homosexuel en visite (dans une scène qui semble n’avoir d’autre intérêt que de le faire apparaître d’ailleurs…)

 

Call Me by Your Name
Amira Casar, Michael Stuhlbarg, Armie Hammer et Timothée Chalamet dans Call Me by Your Name de Luca Guadagnino.

24 mai 2019

Ludwig – Le Crépuscule des Dieux (1973) de Luchino Visconti

Titre original : « Ludwig »

Ludwig - Le crépuscule des DieuxCe film franco-germano-italien de Luchino Visconti évoque la vie de Louis II de Bavière, depuis son couronnement à l’âge de dix-huit ans, jusqu’à sa mort dramatique à quarante. L’homme fut, on le sait, une personnalité totalement atypique mais Visconti, loin d’insister sur ses extravagances et sa « folie », le présente comme un homme franc et sensible aux arts et à la beauté, perturbé certes mais sincère. Son Louis II veut aller jusqu’au bout de ses rêves artistiques sans prêter attention aux conséquences ; il dédaigne la politique, refuse autant que possible de régner. Il est empêché de vivre la vie qu’il souhaite, y compris et surtout en matière de sexualité : son homosexualité refoulée n’a d’égal que l’impossible amour envers sa cousine Sissi, son seul amour féminin, le rayon de soleil de sa vie. C’était le sujet parfait pour Visconti qui filme ce récit de façon grandiose et calme, avec de longs plans majestueux, prenant tout son temps pour nous faire ressentir l’atmosphère de cette quête d’absolu et aussi ce profond sentiment de désillusion, à force d’être déçu ou trompé, puis de désespoir. Helmut Berger fait une grande interprétation, habité par son personnage. Romy Schneider, qui s’était pourtant juré de ne jamais réincarner Sissi, est lumineuse. Visconti nous offre une vision différente de ce roi dont la « folie » était de rêver de beauté dans un monde de tensions et de guerres.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Helmut Berger, Romy Schneider, Trevor Howard, Silvana Mangano, Gert Fröbe
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Ludwig - Le Crépuscule des Dieux
Helmut Berger dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.

Ludwig Le Crépuscule des dieux
Helmut Berger et Romy Schneider dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.

Ludwig - Le Crépuscule des Dieux
Helmut Berger, Romy Schneider et Nora Ricci dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.

Remarques :
* Le film est d’abord sorti dans une version réduite à 180 minutes mais nous pouvons voir aujourd’hui la version complète de 238 minutes.
* Intitulé Le Crépuscule des dieux à sa sortie en France en référence à l’opéra de Wagner, le film fut renommé par la suite Ludwig : Le Crépuscule des dieux pour éviter la confusion avec son film précédent Les Damnés, dont le titre original La caduta degli dei et le titre anglais The Damned (Götterdämmerung) sont respectivement les titres italien et allemand de l’opéra.
* Luchino Visconti fut victime d’un accident vasculaire cérébral pendant le tournage de Ludwig qui le laissa à moitié paralysé.
* Le film a été tourné en anglais. Les versions en italien sont doublées.
* Les Damnés (1969), Mort à Venise (1971), Ludwig (1973) devaient être complétés avec l’adaptation de La Montagne Magique de Thomas Mann pour former une tétralogie inspirés par Wagner et Mann. Pour des raisons de santé, Luchino Visconti ne put hélas mener ce dernier projet avant sa mort en 1976.

Ludwig - Le Crépuscule des Dieux
Trevor Howard est Wagner dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.


Romy Schneider dans la Grotte de Vénus du Château de Linderhof, une grotte entièrement artificielle aménagée par Louis II de Bavière pour recréer l’ambiance de l’épisode du Venusberg de l’opéra wagnérien Tannhäuser. Un orchestre peut y jouer dissimulé par des rochers.

Ludwig - Le Crépuscule des Dieux
Romy Schneider et Nora Ricci montent le superbe escalier des Ambassadeurs du Château de Herrenchiemsee dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.

Ludwig - Le Crépuscule des Dieux
Gert Fröbe et Helmut Berger dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.

Louis II de Bavière au cinéma :
Das Schweigen am Starnbergersee, film muet de Rolf Raffé, 1920.
Ludwig II, film muet du cinéaste autrichien Otto Kreisler, 1922.
Ludwig II, König von Bayern de Wilhelm Dieterle, 1930.
Louis II de Bavière (Ludwig II: Glanz und Ende eines Königs), film allemand réalisé par Helmut Käutner en 1955.
Ludwig ou le Crépuscule des dieux (Ludwig), film franco-germano-italien réalisé par Luchino Visconti en 1972.
Ludwig, requiem pour un roi vierge (Ludwig, Requiem für einen jungfraulichen König) d’Hans-Jürgen Syberberg, 1972.
Ludwig 1881 de Fosco et Donatello Dubini, avec Helmut Berger, 1993.
Ludwig II, film allemand de Peter Sehr et Marie Noelle, avec Sabin Tambrea, 2012.

14 janvier 2019

Thé et sympathie (1956) de Vincente Minnelli

Titre original : « Tea and Sympathy »

Thé et sympathieTom Lee, un étudiant de 17 ans, est plus attiré par la littérature et les arts que par l’univers viril encouragé dans son collège à travers le sport. Il se retrouve marginalisé par les autres garçons du pensionnat. Heureusement, il sympathise avec Laura, la femme du professeur chargé de superviser son groupe d’adolescents…
Avec Thé et sympathie, Vincente Minnelli porte à l’écran une pièce à succès de Robert Anderson qui en a signé l’adaptation. Les trois acteurs principaux, Deborah Kerr, John Kerr et Leif Erickson, conservent les rôles qu’ils tenaient sur les planches. La pièce traitait assez explicitement du thème de l’homosexualité. Censure oblige, cet aspect est écarté dans le film et le jeune Tom est simplement appelé « fillette » (« sister boy ») par ses camarades. Cela n’enlève rien au propos qui est de dénoncer le rejet de la différence mais  le personnage de la femme est moins bien défini : dans la pièce, elle se mettait en tête de montrer à Tom ce qu’il perdait… Le film traîne quelque peu en longueur et la démonstration apparaît excessivement appuyée. Les personnages en effet  sont très typés. Les canons de la virilité exhibés font un peu sourire aujourd’hui (mais est-on vraiment sûr qu’ils n’ont plus cours ?) Le film fut un échec commercial.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Deborah Kerr, John Kerr, Leif Erickson, Edward Andrews, Darryl Hickman
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Thé et sympathie
Deborah Kerr et John Kerr dans Thé et sympathie de Vincente Minnelli.

Remarques :
* Il n’y a aucun lien de parenté entre Deborah Kerr et John Kerr.
* John Kerr paraît un peu âgé pour le rôle : il avait alors 25 ans.
* Le collège est un college-preparatory school, c’est un peu l’équivalent d’une de nos classes préparatoires qui prendrait la place de la Terminale.
* L’épilogue (la lecture de la lettre pleine de regrets) a été ajouté par la MGM par crainte de la censure.

Thé et sympathie
John Kerr et Deborah Kerr dans Thé et sympathie de Vincente Minnelli.

22 mai 2018

Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (2000) de François Ozon

Gouttes d'eau sur pierres brûlantesEn Allemagne, dans les années soixante-dix, le cinquantenaire Léopold, représentant en assurances, invite à son domicile un jeune Franz âgé de 19 ans. Il le séduit et Franz s’installe chez lui…
Gouttes d’eau sur pierres brûlantes est adapté d’une pièce de théâtre que Rainer Werner Fassbinder a écrite à l’âge de 19 ans (donc en 1964) mais qui ne fut publiée qu’à titre posthume en 1984. Ce huis clos à deux personnages propose une réflexion sur les rapports humains dans la vie de couple, sur le pouvoir, la manipulation, la cruauté. La nature homosexuelle du couple est abordé de façon très naturelle : si ce couple est étrange et particulier, ce n’est pas du fait de cette homosexualité mais plutôt par la nature de leurs rapports qui sont un mélange instable d’attirance et de domination/soumission. Par le propos du film, François Ozon s’écarte du cadre habituel du jeune cinéma français et sait donner du style à son film. Il crée des plans, recherche des cadrages ; c’est parfois un peu trop voyant mais le résultat est plutôt enthousiasmant. On peut s’amuser à déceler des clins d’œil à certains grands du cinéma français (Melville pour le 360, Godard pour la danse synchronisée, Tati pour les visages dans les fenêtres, etc.) Bernard Giraudeau fait une remarquable interprétation, forte mais assez subtile : il parvient à susciter toute une palette de sentiments, parfois contradictoires, dans le même plan. C’est sans aucun doute l’un de ses meilleurs rôles. La jeune Ludivigne Sagnier est, quant à elle, utilisée de façon un peu racoleuse (à ce sujet, on admirera le bon goût de l’affiche…)
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Bernard Giraudeau, Malik Zidi, Ludivine Sagnier, Anna Levine
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Gouttes d'eau sur pierres brulantes
Malik Zidi et Bernard Giraudeau dans Gouttes d’eau sur pierres brûlantes de François Ozon.

Gouttes d'eau sur pierres brulantes
Malik Zidi et Ludivine Sagnier dans Gouttes d’eau sur pierres brûlantes de François Ozon.

5 mars 2018

Carol (2015) de Todd Haynes

CarolÀ New York en 1952, la jeune et timide Thérèse, passionnée de photo et vendeuse dans un grand magasin, fait la connaissance d’une riche et séduisante cliente, Carol, mère d’une petite fille et en instance de divorce. Une amitié se noue entre les deux femmes et elles passent de plus en plus de temps ensemble…
Carol est adapté du roman semi-autobiographique The Price of Salt que Patricia Highsmith publia en 1952 sous le pseudonyme Claire Morgan. L’auteure a pris un pseudonyme à la fois pour se protéger et parce qu’il s’agit d’un mélodrame et non d’un roman policier (1). Soixante ans plus tard, l’adaptation a été écrite par son amie Phyllis Nagy. Todd Haynes met en scène cette histoire de façon délicate, élégante, évitant les clichés et sans victimisation excessive. Au delà de la mise en évidence des pesanteurs de la société vis-à-vis de l’homosexualité féminine, il parvient à donner à cette histoire simple une dimension atemporelle et une indéniable beauté. Pour mieux restituer l’atmosphère du début des années cinquante, le film a été tourné en 16 mm. La recherche esthétique est sans doute parfois un peu voyante mais elle est réussie ; les couleurs, notamment, sont très belles. Le film est d’un très beau classicisme.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler, Sarah Paulson
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Carol
Cate Blanchett dans Carol de Todd Haynes.

Carol
Rooney Mara dans Carol de Todd Haynes. L’appareil-photo est un Argus C3 (marque américaine peu connue en Europe), un appareil assez bon marché à mise au point télémétrique (séparée de l’objectif, ajusté avec les grosses molettes) commercialisé entre 1939 et 1966.

Carol
Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol de Todd Haynes.

(1) Le roman connu un grand succès, notamment lors de son édition en livre de poche à la fin des années soixante : près d’un million d’exemplaires furent au final vendus. Patricia Highsmith a nié en être l’auteur pendant 38 ans avant de donner la permission pour une réédition sous son nom avec le titre Carol en 1990.

8 novembre 2017

J. Edgar (2011) de Clint Eastwood

J. EdgarJ. Edgar Hoover raconte à une jeune recrue chargée d’écrire sa biographie les quelque cinquante années qu’il a passées à la tête du FBI … Ce film d’Eastwood laisse un goût un peu bizarre. Hoover est un personnage guère recommandable, capable de toutes les bassesses pour poursuivre sa croisade obsessionnelle contre le crime et la « subversion bolchévique ». Avec ses dossiers secrets, il a fait chanter plusieurs générations d’hommes et femmes publiques, y compris plusieurs présidents (de Roosevelt à Nixon), ce qui explique sa longévité. Le regard que Clint Eastwood porte sur Hoover est aussi ambigu qu’inconsistant. Il est ambigu car le réalisateur, qui n’a jamais caché ses préférences politiques, décrit bien toutes les tares du personnage mais tend à les minimiser ou à les expliquer, et donc les justifier. Il est inconsistant car finalement il ne dit rien. L’art de Clint Eastwood est dire les choses tout en laissant quelques pistes pour pouvoir éventuellement y voir le contraire : par exemple, il nous montre une enquête rondement et intelligemment menée aboutissant à l’arrestation du kidnappeur du fils Lindbergh tout en introduisant une petite confusion dans les détails qui permet à certaines personnes attentives (ou à l’esprit mal tourné !) de comprendre que les preuves ont été fabriquées de toutes pièces. Ainsi, il coupe court à la critique et satisfait tout le monde. Finalement, il parvient à contourner tous les sujets qui fâchent et noie l’ensemble dans un torrent de sentimentalisme bon marché sur son homosexualité (présumée) à propos de laquelle il réussit à ne rien dire du tout (si ce n’est qu’il était homosexuel sans l’être vraiment) et sur sa mère castratrice qui en a fait un infirme social… Si le film est très ambigu sur le fond du fait de la fascination d’Eastwood pour son personnage, la forme est plus séduisante : extrêmement convaincant dans son personnage, Leonardo Di Caprio fait une superbe prestation et son maquillage de sexagénaire est extraordinaire. Le pauvre Armie Hammer n’a pas eu la même chance : vieilli, il semble affublé d’un masque mal ajusté qui aurait été prévu pour quelqu’un d’autre. Les critiques furent unanimement élogieuses…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Naomi Watts, Judi Dench
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J. Edgar
Leonardo DiCaprio et Armie Hammer dans J. Edgar de Clint Eastwood.