8 avril 2020

Une pluie sans fin (2017) de Dong Yue

Titre original : « Bao xue jiang zhi »

Une pluie sans fin (Bao xue jiang zhi)En 1997, dans le sud de la Chine, un crime est commis près d’une grande usine sidérurgique. Yu Guowei, zélé chef de la sécurité décoré comme employé modèle, se met en tête de trouver le tueur en série avant la police. Cette enquête devient pour lui une véritable obsession…
Une pluie sans fin est écrit et réalisé par le chinois Dong Yue qui montre un style très personnel dès son premier long métrage. Ce récit d’une enquête qui tourne à l’obsession est marquée par son environnement social. Le réalisateur explique que 1997, l’année de la restitution de Hong Kong à la Chine, marque aussi un tournant entre deux époques, une période qui a vu la fermeture des grandes usines étatiques, datant de plusieurs décennies et jugées plus assez productives. C’est une époque de dégâts humains importants, de désenchantements, de perte d’idéaux. A tout cela, vient se greffer une histoire d’amour aussi compliquée qu’inexprimée. Dong Yue renforce ces sentiments par une image monochromatique, légèrement désaturée et une pluie omniprésente et incessante. L’atmosphère créée est très forte. La mise en scène est parfaitement maitrisée. Dong Yue est un cinéaste chinois à suivre.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Duan Yihong, Jiang Yiyan, Du Yuan
Voir la fiche du film et la filmographie de Dong Yue sur le site IMDB.
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Remarque :
* La traduction du titre original est « La tempête qui arrive ». Le titre international, The Looming Storm, va dans le même sens. Le titre français, purement descriptif, est plus fade.

Une pluie sans fin (Bao xue jiang zhi)Duan Yihong dans Une pluie sans fin (Bao xue jiang zhi) de Dong Yue.

25 novembre 2019

Le Silence des agneaux (1991) de Jonathan Demme

Titre original : « The Silence of the Lambs »

Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs)Clarice Starling, jeune agent du FBI encore en formation, est chargée d’interroger l’ex-psychiatre Hannibal Lecter, tueur psychopathe redoutablement intelligent et porté sur le cannibalisme, dans le but d’obtenir des pistes pour traquer un tueur en série qui kidnappe et assassine de jeunes femmes…
Le Silence des agneaux est l’adaptation du livre homonyme de Thomas Harris. Ce roman fait suite à son ouvrage précédent Dragon Rouge porté au cinéma par Michael Mann en 1986 sous le titre Le Sixième Sens (Manhunter). L’histoire en elle-même est déjà assez forte mais c’est l’interprétation d’Anthony Hopkins qui donne au film toute son intensité. Son personnage, Hannibal Lecter, nous glace le sang par son mélange de barbarie et de haute intelligence. Il rejoint ainsi le club des méchants les plus terrifiants de toute l’histoire du cinéma. Son regard perçant, qui semble nous dénuder à vif, évoque celui du Docteur Mabuse ; sa voix suave et caressante nous enveloppe. La tension est très forte, reposant d’ailleurs souvent sur notre appréhension mais quelques scènes mettent vraiment (très) mal à l’aise. Jonathan Demme utilise en outre le principe de la caméra subjective (les personnages regardent souvent la caméra lorsqu’ils parlent à Clarice) pour faciliter notre identification à la jeune enquêtrice. La tension dans la scène finale de cache-cache est proche de l’insoutenable. Le Silence des agneaux est un film aussi puissant que terrifiant. Le succès fut instantané et massif, salué l’année suivante par cinq Oscars.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Anthony Hopkins, Jodie Foster, Scott Glenn, Ted Levine
Voir la fiche du film et la filmographie de Jonathan Demme sur le site IMDB.

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Remarques :
* Après le succès du film, Thomas Harris a complété sa série de romans qui forment au final une tétralogie :
1. Red Dragon (1981) adapté au cinéma par Michael Mann en 1986 : Le Sixième Sens (Manhunter) puis par Brett Ratner en 2002 sous le titre Dragon Rouge.
2. Le Silence des agneaux (1988) adapté par Jonathan Demme en 1991
3. Hannibal (1999) adapté par Ridley Scott en 2001 : Hannibal.
4. Hannibal Rising (2006) adapté par Peter Webber en 2007 : Hannibal Lecter : Les Origines du mal

* Un remake indien a été réalisé en 1999 par Tanuja Chandra : Sangharsh.
* Une série télévisée a vu le jour en 2013 : Hannibal par Bryan Fuller avec l’acteur Mads Mikkelsen.

Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs)Jodie Foster dans Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs) de Jonathan Demme.

Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs)Anthony Hopkins dans Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs) de Jonathan Demme.
Pour rendre son regard encore plus intense, l’acteur ne cligne pas des yeux.

2 octobre 2019

Des filles disparaissent (1947) de Douglas Sirk

Titre original : « Lured »

Des filles disparaissentA Londres, un tueur en série attire des jeunes femmes par petites annonces et avertit à l’avance la police de son crime par l’envoi d’un poème sibyllin. Lorsque l’américaine Sandra Carpenter voit son amie disparaître, elle accepte de travailler pour Scotland Yard et de servir d’appât…
Entre deux décennies où il s’est consacré aux mélodrames, Douglas Sirk a été plutôt éclectique pendant celle des années quarante. Ce film noir est un remake de Pièges, tourné en France par Robert Siodmack en 1939 alors qu’il avait fui l’Allemagne nazie. Que Douglas Sirk n’ait eut qu’un budget assez réduit pour réaliser Lured ne se ressent guère, ni dans les décors ni les costumes. L’atmosphère est assez forte alimentée par une belle galerie de personnages au comportement suspect et inquiétant. Lucille Ball tient le rôle  central de cette histoire avec beaucoup d’aplomb et de charme ; elle est vraiment remarquable. George Sanders est égal à lui-même, l’acteur était alors au faite de sa popularité et tournait beaucoup. Les seconds rôles sont tous très bien tenus par un beau plateau d’acteurs. Lured n’eut aucun succès à sa sortie mais bénéficie aujourd’hui d’un regain d’intérêt, après restauration. Il le mérite.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: George Sanders, Lucille Ball, Charles Coburn, Boris Karloff, Cedric Hardwicke, Joseph Calleia, Alan Mowbray
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Des filles disparaissentLucille Ball, Charles Coburn et George Sanders dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

Des filles disparaissentGeorge Zucco et Lucille Ball dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

Des filles disparaissentBoris Karloff dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

6 septembre 2019

Millénium, le film – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2009) de Niels Arden Oplev

Titre original : « Män som hatar kvinnor »

Millénium, le film - Les hommes qui n'aimaient pas les femmesCassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, un journaliste d’investigation travaillant pour le magazine Millenium est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans…
Ce film suédo-danois est la première adaptation du roman de Stieg Larsson, véritable phénomène planétaire avec ses 65 millions d’exemplaires vendus. Le réalisateur danois Niels Arden Oplev reste fidèle au livre, ne le simplifiant qu’à peine et ne succombant pas à la mode du rythme rapide : il prend son temps pour mieux se concentrer sur l’atmosphère. L’histoire nous captive d’autant plus. La suédoise Noomi Rapace est assez stupéfiante dans son rôle. Le film a donné une notoriété internationale à ses deux acteurs principaux. Du fait du succès de ce premier volet de la trilogie de Larsson, les suites initialement prévues pour être quatre téléfilms furent finalement exploitées sous la forme de deux longs métrages.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre, Sven-Bertil Taube, Peter Haber
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Remarque :
* Stieg Larsson n’a pas connu l’immense succès de son roman. Le journaliste-écrivain est décédé d’une crise cardiaque à 50 ans en 2004, quelques mois avant la parution du premier tome. Il était connu pour son engagement contre l’extrémisme de droite.

Millénium, le film - Les hommes qui n'aimaient pas les femmesMillénium, le film – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Niels Arden Oplev.

La trilogie Millénium  de Sveriges Television:
Millénium, le film – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2009) de Niels Arden Oplev
Millénium 2: La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (2009) de Daniel Alfredson
Millénium 3: La reine dans le palais des courants d’air (2009) de Daniel Alfredson
également remonté en mini-série :
Millénium (2010) 6 épisodes de 90 mn (total des ajouts par rapport aux films = 90 mn environ)

Autre adaptation :
Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (The Girl with the Dragon Tattoo , 2011) de David Fincher avec Daniel Craig et Rooney Mara.

30 août 2019

The House That Jack Built (2018) de Lars von Trier

The House That Jack BuiltAux Etats-Unis, dans les années 70, Jack est un tueur en série qui voit ses meurtres comme des œuvres d’art. Il raconte ses méfaits à un « passeur » …
The House That Jack Built est un film particulièrement gore et brutal. J’avoue ne pas avoir été capable de regarder jusqu’au bout ce déballage de violence sadique et de torture. C’est épouvantable (dans le sens littéral du terme). De plus, la vision qu’il donne des femmes me paraît très discutable : cela est particulièrement net avec sa première victime qui joue un jeu stupide et très dangereux, elle pousse Jack au crime. Par ce procédé, Lars von Trier cherche-t-il à inclure le spectateur dans la vision du tueur? Il laisse, en tous cas, sous-entendre que la victime « n’a que ce qu’elle mérite ». On aimerait croire que ce type de discours est aujourd’hui dépassé, alors que nous tendons à avoir une vision différente sur les violences subies… Le passeur  emprunté à Dante était en revanche une bonne idée mais je n’ai pu voir ce qu’elle apportait vraiment. Une partie de la critique, visiblement bien décidée à suivre Lars von Trier dans tous ses excès, a été louangeuse.
Elle:
Lui : pas d'étoile

Acteurs: Matt Dillon, Bruno Ganz, Uma Thurman
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The House That Jack BuiltUma Thurman et Matt Dilon dans The House That Jack Built de Lars von Trier.

 

Remarque :
This Is the House That Jack Built est au départ une comptine anglaise pour enfants, de type conte cumulatif (on commence avec la phrase seule et on rajoute ensuite une phrase avant et ainsi de suite, chaque couplet se terminant par « in the house that Jack built »).
The House That Jack Built est également le titre d’un (excellent) épisode de Chapeau melon et bottes de cuir (saison 4, 1965).

21 juin 2019

Memories of Murder (2003) de Bong Joon-ho

Titre original : « Salinui chueok »

Memories of MurderEn 1986, en Corée du Sud, un inspecteur de police d’un petit village recherche l’auteur de plusieurs meurtres avec viol. Il fonctionne à l’instinct mais on lui adjoint un autre inspecteur venu de la ville, plus porté sur l’analyse des faits…
Memories of Murder est le deuxième long métrage de Bong Joon-ho. Il s’inspire de faits réels : ce premier tueur en série coréen a violé et assassiné dix femmes dans un rayon de deux kilomètres sans jamais laisser d’indices derrière lui. Le film se démarque assez nettement des canons du genre car il nous montre surtout à quel point la police était inefficace dans cette affaire d’un nouveau genre. Les méthodes d’investigation de la police coréenne se résumait alors à brutaliser les suspects pour les faire avouer quelque chose (ce qu’ils finissaient toujours par faire). En outre, Bong Joon-ho nous replace dans l’environnement de cette époque ; le pays sous la dictature, les exercices d’alerte, le sous-équipement, la médecine parallèle, la consultation de voyants extralucides par la police, tous ces éléments étaient bien réels dans la Corée des années quatre-vingt. La fin est conforme à la réalité. Après de nombreuses recherches, le cinéaste est allé tourner son film avec un budget assez réduit dans la région où les faits se sont déroulés. Le résultat est remarquable mais vraiment très sordide et assez consternant. Certains y ont vu de l’humour, tant mieux pour eux ; personnellement je ne dirais pas que sa vision fût une partie de plaisir. A travers cette histoire glauque, c’est tout un portrait de la Corée du Sud des années quatre-vingt que nous dresse Bong Joon-ho.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Song Kang-ho, Kim Sang-kyung, Kim Roe-ha, Song Jae-ho
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Memories of Murder
Kim Sang-kyung, Song Kang-Ho, Kim Roe-ha et Park No-shik dans Memories of Murder de Bong Joon-ho.

Memories of Murder
Kim Roe-ha, Song Kang-Ho, Kim Sang-kyung et Song Jae-ho dans Memories of Murder de Bong Joon-ho.

19 avril 2019

Crimson Peak (2015) de Guillermo del Toro

Crimson PeakAu tout début du XXe siècle aux Etats-Unis, Edith vit avec son père, un industriel prospère. Elle est hantée par le fantôme de sa mère, morte du choléra quinze ans plus tôt, qui la met en garde contre un énigmatique « Crimson Peak ». Elle tombe sous le charme d’un jeune baronnet anglais venu chercher auprès de son père un financement pour construire une machine d’extraction de minerai…
Avec Crimson Peak, Guillermo del Toro revient au film d’épouvante. Il en a écrit le scénario avec Matthew Robbins. L’histoire est hélas très prévisible et n’apporte absolument aucune surprise dans son développement. L’accent semble être mis sur les scènes horrifiques soulignées sans subtilité par une musique angoissante. Le rouge, de préférence sanguinolent, est omniprésent, la fin est éprouvante dans sa surenchère un peu grotesque. Pourtant, ici et là, Guillermo Del Toro montre des envies de lyrisme mais ne parvient pas à élever son film vers une autre dimension. Il a beau qualifier son film de « romance gothique », Crimson Peak est avant tout un film terrifiant et donc satisfera surtout les amateurs du genre. La photographie est belle, le manoir est superbe.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Mia Wasikowska, Jessica Chastain, Tom Hiddleston, Charlie Hunnam, Jim Beaver
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Remarques :
* L’héroïne se nomme Edith Cushing… hommage évident à Peter Cushing, l’acteur emblématique de la Hammer.

Crimson Peak
Mia Wasikowska dans Crimson Peak de Guillermo del Toro.

27 décembre 2018

L’inspecteur Harry (1971) de Don Siegel

Titre original : « Dirty Harry »

L'inspecteur HarryA San Francisco, un tueur fou menace de tuer une personne par jour si une grosse somme d’argent ne lui est pas immédiatement versée. La municipalité s’apprête à céder au chantage mais l’inspecteur Harry Callahan décide de traquer le maniaque…
Plus que tout autre, L’inspecteur Harry est le film qui a collé de façon durable la réputation de « réactionnaire » à Clint Eastwood. Il faut avouer que le message porté par le film est clair : puisque la justice relâche les criminels, rien ne vaut un 44 Magnum  pour faire régner la Loi. Il y a là une façon de simplifier le propos par un manichéisme extrême qui le rapproche des films de propagande et, si l’on veut poursuivre en ce sens, il faut noter que le film a été tourné sous Nixon et constitue une charge contre les libéraux (le maire de San Francisco, à cette époque, était démocrate). Aujourd’hui, le vent a tourné, Clint Eastwood est revenu en odeur de sainteté grâce à ses talents de réalisateur, et la grande majorité des critiques s’accordent à présenter l’inspecteur Harry, non plus comme le porteur d’une justice primitive et impulsive, mais comme un rebelle, un « anti-système » en quelque sorte! Hum… Sur la forme, la construction est assez classique et n’a rien de remarquable mais la tension est bien gérée dans toute la scène du sac jaune. L’image est souvent très sombre, masquant ainsi des portions entières ce qui contribue à créer une atmosphère forte et anxiogène. La réalisation est très efficace pour nous faire accepter la violence. Le succès populaire fut énorme.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Clint Eastwood, Reni Santoni, Andrew Robinson, John Larch
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Remarque :
* La charge contre Clint Eastwood est partie de la critique de Pauline Kael, critique influente du New Yorker aux positions souvent tranchées. Son texte ne vise pas Eastwood lui-même mais le film qu’elle qualifie de « profondément immoral ». La phrase qui a fait couler beaucoup d’encre est celle-ci : L’inspecteur Harry « est un film de genre, mais ce genre du film action a toujours recélé un potentiel fasciste qui a fini par faire surface ». Cette remarque générale sur la justification de la violence au cinéma est assez juste.
Pour lire la chronique de Pauline Kael in extenso…

Dirty Harry
Célébrissime image de Clint Eastwood avec son 44 Magnum (« l’arme de poing la plus puissante du monde ») dans L’inspecteur Harry de Don Siegel.

Dirty Harry
Photo de tournage de L’inspecteur Harry de Don Siegel.

28 août 2018

Maigret tend un piège (1958) de Jean Delannoy

Maigret tend un piègeA Paris, près de la Place des Vosges, plusieurs femmes sont tuées dans des circonstances similaires. Maigret va tendre un piège à l’assassin qui les tient en échec…
Adapté du roman du même nom de Georges Simenon, Maigret tend un piège voit Jean Gabin personnifier pour la première fois le mythique commissaire à l’écran. L’intrigue en elle-même n’est pas des plus mystérieuses car nous sommes très rapidement mis sur la piste du coupable, mais elle se double d’un volet psychologique très développé qui donne au film tout son intérêt et qui permet aux acteurs aguerris, que sont Gabin et Desailly, de montrer une grande richesse. Face à eux, la jeune Annie Girardot se montre parfaitement à la hauteur ; on remarque aussi Lino Ventura dans un petit rôle. Tous les seconds rôles sont bien tenus. L’atmosphère est assez remarquable, un peu poisseuse et étouffante. Les dialogues sont de Michel Audiard mais restent très classiques à l’instar de la réalisation de Delannoy. Assez justement, le film connut un certain succès à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Annie Girardot, Jean Desailly, Lucienne Bogaert, Paulette Dubost, Gérard Séty, Lino Ventura
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Remarque :
* Jean Gabin endossera encore deux fois le costume du commissaire Maigret au cinéma, dans Maigret et l’affaire St Fiacre (1959) et Maigret voit rouge (1963).

Maigret tend un piège
Jean Gabin et Annie Girardot dans Maigret tend un piège de Jean Delannoy.

23 avril 2018

Ça s’est passé en plein jour (1958) de Ladislao Vajda

Titre original : « Es geschah am hellichten Tag »

Ça s'est passé en plein jourDans le canton de Zurich en Suisse, un colporteur découvre le cadavre d’une fillette. Il est immédiatement soupçonné d’être coupable du meurtre mais tel n’est pas l’avis de l’officier de police Matthäi. Hélas, celui-ci doit partir le lendemain pour un poste lointain de fin de carrière… Es geschah am hellichten Tag est un film helvetico-hispano-allemand assez rare, réalisé par Ladislao Vajda, cinéaste d’origine austro-hongroise qui fit sa carrière dans plusieurs pays dont l’Espagne franquiste. Ce film semble être l’un des plus remarquables de sa filmographie. Il réunit un bon plateau d’acteurs avec Heinz Rühmann, alors l’un des acteurs les plus connus outre-Rhin, et Michel Simon qui joue non-doublé en allemand. La prestation la plus étonnante est toutefois celle de Gert Fröbe, acteur alors habitué aux seconds rôles, qui crée un personnage vraiment inquiétant. L’histoire peut paraître assez classique à nos yeux modernes mais le récit s’attache à décrire tout le processus de raisonnement du policier : nous « savons » dès le début que le colporteur n’est pas le coupable, celui-ci nous est clairement désigné par la suite bien avant que l’inspecteur ne le trouve. Le suspense réside donc dans la façon de  le débusquer. A noter que, pour ce faire, le policier n’hésite pas à employer des méthodes peu orthodoxes. La réalisation est sans doute un peu terne mais le film vaut la peine d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Heinz Rühmann, Siegfried Lowitz, Michel Simon, Gert Fröbe
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Ca s'est passé en plein jour
Sigfrit Steiner, Heinz Rühmann, Michel Simon et Siegfried Lowitz dans Ça s’est passé en plein jour de Ladislao Vajda.

Ca s'est passé en plein jour
María Rosa Salgado et Heinz Rühmann dans Ça s’est passé en plein jour de Ladislao Vajda.

Remarques :
* L’histoire est un scénario original écrit par Friedrich Dürrenmatt, Hans Jacoby et Ladislao Vajda.
Friedrich Dürrenmatt en tirera un roman policier La Promesse après la sortie du film. Ce roman policier sera adapté au cinéma presqu’un demi-siècle plus tard :
The Pledge (2001) de Sean Penn avec Jack Nicholson.

* C’est en voyant Gert Fröbe dans Es geschah am hellichten Tag que les producteurs de la série James Bond eurent l’idée de le faire jouer le rôle du vilain dans Goldfinger (1964). Gert Fröbe sera également particulièrement remarquable dans le film de Fritz Lang Le Diabolique docteur Mabuse (1960).

Ca s'est passé en plein jour
Gert Fröbe dans Ça s’est passé en plein jour de Ladislao Vajda.