En 1845, dans les étendues arides de l’ouest américain, un petit convoi de trois chariots avance obstinément emmené par un pisteur qui s’est un peu perdu après avoir voulu prendre un raccourci… Le western moderne n’en finit pas de chercher de nouvelles voies et La dernière Piste peut certainement être qualifié de film expérimental tant il pousse très loin l’austérité et le dénuement, tout en revendiquant sa filiation avec un certain classicisme. Ce récit d’une lente et longue errance parvient à nous transmettre l’épuisement de ses personnages dont l’existence semble vouée à un éternel flottement. La dernière Piste a néanmoins été très bien accueilli par la critique. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A Shanghai, une jeune femme échappe à la police grâce à l’intervention d’un étrange Dr Omar. Il l’emmène dans une salle de jeux tenue par Mother Gin Sling où il travaille… The Shanghai Gesture est le premier film vraiment réalisé par Josef von Sternberg depuis 1935. Le film est adapté d’une pièce de John Colton qui avait connu un grand succès à Broadway dans les années vingt. C’est un sujet parfait pour Sternberg qui peut revenir ainsi à cet exotisme sensuel qu’il sait si bien mettre en scène. L’atmosphère est très forte, énigmatique, ambigüe, avec de constantes allusions à une certaine dépravation et une corruption que l’affairisme des occidentaux ne fait qu’amplifier. Cette atmosphère est rendu encore plus forte par la mise en scène de Sternberg toujours très inventif dans le placement de sa caméra ou dans ses angles de prises de vue (quel plan que celui où l’on découvre la salle de casino au début du film !) Et ses gros plans sont fabuleux. Car l’autre atout de The Shanghai Gesture, c’est le casting. Agée de 20 ans, Gene Tierney est d’une beauté à couper le souffle qui contribue à distiller un érotisme, subtil certes mais puissant. Autour d’elle, les personnages sont énigmatiques à souhait. Bien qu’elle ne soit pas présente, le film semble marqué par Marlene Dietrich : le personnage d’Omar, joué par Victor Mature, est le pendant masculin des femmes fatales que Marlene personnifiait avec tant de classe et le personnage de Mother Gin Sling, avec son extravagante coiffure et sa présence altière, semble être taillé sur mesure pour Marlene Dietrich. Les décors style art-déco sont merveilleux. Sur le fond du propos, le film s’attaque plus au pouvoir de l’argent qu’à la société chinoise (1). Probablement trop subtil et ambigu pour le public américain de l’époque, The Shanghai Gesture n’eut aucun succès à sa sortie et les critiques furent très mauvaises (2). La carrière de Josef von Sternberg fut hélas à nouveau stoppée, il ne tournera son film suivant que dix ans plus tard. Dans les années cinquante, le film sera mieux considéré, essentiellement en France et en Europe. A juste titre… car The Shanghai Gesture est une merveille. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques : * On peut se demander comment un film comme The Shanghai Gesture a pu passer le cap de censure. Avec toute cette dépravation exotique, l’érotisme sous-jacent, la drogue (certes non montrée), les femmes en cages vendues aux marins, le film aurait dû être refusé mille fois. D’ailleurs, avant le film de Sternberg, Will Hays et le Production Code auraient refusé pas moins de 30 projets d’adaptation de la pièce de John Colton !
* Les costumes de Gene Tierney ont été dessinés par Oleg Cassini, son mari depuis seulement quelques semaines, que l’actrice avait réussi à faire engager.
(1) La Chine a émis une protestation à l’époque. Un avertissement en début de film a été placé pour préciser que le film n’avait rien à voir avec la réalité… Mais en fait, c’est plutôt la société américaine qui est visée, la société de l’argent ; cela pourrait d’ailleurs expliquer le mauvais accueil du film aux Etats-Unis. (2) Il faut toutefois tenir compte du fait que le film est sorti 15 jours après Pearl Harbour ; l’exotisme oriental ne faisait plus beaucoup rêver alors. Mais, encore aujourd’hui, le film semble moins plaire aux cinéphiles américains qu’européens.
Titre original : « Rise of the Planet of the Apes »
Afin de trouver un remède contre la maladie d’Alzheimer, un chercheur a réussi à mettre au point une substance qui augmente l’activité cérébrale de chimpanzés utilisés comme cobayes. Il recueille chez lui l’un de ces chimpanzés… La planète des singes: Les origines a été conçu pour être un prologue (ou plus exactement une « préquelle ») au roman de Pierre Boulle. Il se propose donc de répondre à la question : « Quels évènements ont pu conduire les singes à développer une intelligence supérieure ? » Signe des temps, l’holocauste nucléaire est écarté au profit des dérives biotechnologiques. Sans surprise, cette production très hollywoodienne reste très simple sur le fond et ne prend aucun risque, se contentant de surfer sur des thèmes en vogue. La seule vraie originalité est de nous faire vivre tout cela au travers des yeux du chimpanzé. En revanche, nous avons la dose réglementaire de scènes d’action et de technologie (beaucoup de motion-capture qui donne des singes très anthropomorphiques). La planète des singes: Les origines se laisse toutefois regarder sans déplaisir mais reste anecdotique. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
Le quatrième film de la première série, La Conquête de la planète des singes de J. Lee Thompson (1972), avait déjà eu l’intention de faire un prologue au livre de Pierre Boulle. Le film n’était guère passionnant.
Au grand désespoir de sa mère, la jeune Lilly épouse un beau parleur qui se révèle rapidement n’être qu’un prestidigitateur de foire, cavaleur et recherché pour bigamie. Lilly se met alors sous la protection d’un rabatteur forain, prévenant mais alcoolique… Lilly Turner est adapté d’une pièce de Phillip Dunning et George Abbott. C’est un mélodrame social désenchanté comme il s’en tournait beaucoup en cette période de crise du début des années trente. Le film est au assez sombre, y compris au premier sens du terme : pratiquement toutes les scènes sont nocturnes et semblent assez peu éclairées (1). Le film ne manque pas d’intérêt mais souffre certainement d’une certaine rapidité de tournage. Ruth Chatterton fait une belle prestation (à noter que l’actrice était alors âgée de 40 ans, son personnage est donc bien plus jeune qu’elle) mais elle est certainement plus à l’aise dans des rôles un peu plus sophistiqués. Elle est une fois de plus en tandem avec le séduisant George Brent, ils étaient d’ailleurs mari et femme au moment du tournage. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
La Warner n’a pu ressortir Lilly Turner en 1936 comme elle le souhaitait car le bureau du Production Code (Code Hayes) a refusé de l’approuver.
(1) Il est vraisemblable que la copie diffusée au Cinéma de Minuit de Patrick Brion était un peu sombre. Il faut être indulgent car il s’agit d’un film plutôt rare.
Sur un navire rouillé mené par un capitaine sans scrupules, James Burke est poussé à accomplir un acte de lâcheté qui va le hanter durablement. Il va tenter de se racheter en épousant la cause des indigènes Malaisiens en lutte contre un dictateur brutal… Ce roman de Joseph Conrad, déjà adapté par Victor Fleming à l’époque du muet, permet à Richard Brooks de réaliser une grande production prenant pour cadre l’Indonésie et son pouvoir évocateur d’aventures et de dangers. Il parvient à faire oublier le côté aride et austère de ce long voyage expiatoire d’un homme hanté par son passé sans toutefois trahir l’esprit du roman. Richard Brookes utilise fort bien Peter O’Toole, fraichement auréolé de son Lawrence d’Arabie, remarquable par la richesse de son jeu mais qui, seul, a bien du mal à insuffler une dimension épique à cette histoire très mouvementée. Lord Jim reste un film plaisant mais il semble manquer l’étincelle qui aurait pu le rendre grandiose. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Roslyn vient de divorcer. Elle fait la rencontre de Guido, jeune veuf, et de Gay, un homme à femmes, lui aussi divorcé. Ils se rendent dans la maison inachevée de Guido… Arthur Miller a écrit le scénario de The Misfits pour sa femme, Marilyn Monroe. Le tournage a été très difficile du fait des retards chroniques et des absences de l’actrice. Le film n’en porte pas vraiment les traces, The Misfits est un film assez fort par la profondeur de ses personnages et de son propos. Ses cinq personnages principaux sont des êtres seuls, déçus par leur entourage et par la société, avec des tempéraments très différents et bien définis ; chacun cherche, à sa manière, un sens, une voie. Marilyn Monroe fait montre ici d’une belle intensité dramatique dans son jeu et sa présence à l’écran est très forte. The Misfits fut jugé trop littéraire, voire prétentieux dans son propos, à sa sortie, ce qui est certainement plutôt injuste envers la qualité d’écriture d’Arthur Miller. Le film est, fort justement, mieux considéré aujourd’hui. Son propos a un certain caractère d’universalité qui lui permet en effet de s’inscrire tout aussi bien dans notre époque. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Film marqué par de nombreuses tragédies, The Misfits est le dernier film de Clark Gable qui succombera à une crise cardiaque quelques semaines après la fin du tournage. C’est aussi le dernier film de Marilyn Monroe : l’actrice continuera de sombrer et mourra d’overdose en 1962. Arthur Miller verra sa relation avec Marilyn s’effilocher pendant le tournage, ils divorceront rapidement. Quant à Montgomery Clift, il commencera à sombrer peu après et décédera cinq ans plus tard. Note : La célèbre photo de tournage ci-dessus a été prise par le photographe Elliott Erwitt. De haut en bas et de gauche à droite : Arthur Miller, Frank Taylor (producteur), Eli Wallach, John Huston, Montgomery Clift, Marilyn Monroe et Clark Gable.
* Pendant le tournage, John Huston envoya Marilyn Monroe pendant quinze jours dans une clinique de Los Angeles. Sous l’effet des drogues, l’actrice était en effet dans un état de délabrement physique tel que tout tournage devenait impossible. John Huston raconte dans ses mémoires que c’est au retour de cette cure de désintoxication, à la descente de l’avion, que Marilyn a eu sa fameuse réplique à un journaliste : « Que mettez-vous pour dormir, miss Monroe ? » « Du n°5 de Chanel. »
* John Huston raconte que Clark Gable considérait The Misfits comme étant le meilleur film qu’il eut jamais tourné. A propos des dépassements de budget qui faisaient renâcler la production, il se serait dit prêt à racheter lui-même le film.
(Muet, 22 minutes) Monsieur Moose a une dentition de cheval qui le rend ridicule, Madame Moose a un nez bossu et énorme qui la rend disgracieuse. Sans le savoir, ils vont se faire opérer le même jour et en sont tellement changés qu’ils ne se reconnaissent même pas dans la rue à la sortie et tombent amoureux l’un de l’autre… Produit par Hal Roach, Mighty like a moose est une petite merveille, un joyau de l’humour du burlesque des années vingt qui excelle dans l’invention et la précision. Comique inspiré entre autres par Max Linder (1), Charley Chase nous régale par ces chassés-croisés réglés au quart de seconde près. C’est un humour légèrement absurde, l’histoire est bien entendu difficile à croire mais elle fonctionne parfaitement. On ne s’ennuie pas une seconde. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque : Mighty like a moose peut se traduire par « puissant comme un élan ». Est-ce un jeu de mots… ou est-ce une simple référence à la généreuse dentition du héros ?
(1) Plusieurs scènes évoquent le merveilleux Be my wife (Soyez ma femme) de Max Linder (1921).
Un ancien footballeur professionnel devenu détective privé se soit confier une mission par une ex-actrice de cinéma : retrouver sa fille de 16 ans qui a fugué… Arthur Penn réalise La fugue après une longue absence où il s’est plus consacré au théâtre. En apparence, il s’agit d’une banale histoire de détective dans la lignée des films noirs mais il faut dépasser ces apparences pour saisir l’originalité du film. Plus qu’une simple enquête, il s’agit plutôt d’une véritable introspection de la part de ce détective qui cherche à normaliser sa vie et ses rapports avec les autres. A l’image de cette belle (et terrible) ultime scène où il regarde sans pouvoir intervenir, cet homme a ce sentiment d’assister au cours de sa vie à des évènements dont il ne possède pas les clefs. En acceptant des enquêtes, c’est à la recherche de lui-même qu’il désire partir. On peut voir dans ce portrait un peu désabusé une certaine allégorie de l’Amérique post-Watergate. Gene Hackman a une belle présence ; Mélanie Griffith est ici à 17 ans dans son premier rôle important. La fugue est un film banal en apparence mais doté d’une profondeur peu commune. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Arthur Penn chroniqués sur ce blog…
Remarque :
Le titre original peut surprendre : il pourrait s’agit d’un jeu de mots avec « knight moves » (déplacements de cavaliers aux échecs). Le personnage joué par Gene Hackman est obsédé par une partie d’échec. Il s’agit d’ailleurs d’une véritable partie jouée en 1922 opposant K. Emmrich à Bruno Moritz. Ce dernier avait une position qui lui permettait un mat en 3 coups (de cavalier) mais ne l’a pas vue, a joué autre chose et a perdu. « Ne pas avoir vu cela, il doit l’avoir regretté toute sa vie » dit le détective à Paula. C’est l’obsession de ce détective : ne pas voir les déplacements clés de ses adversaires. Et c’est bien ce qui lui arrive. Une autre explication du titre pourrait être plus simplement dans le sens « déplacements furtifs », ce qui s’inscrit dans la même thématique.
En poursuivant un suspect sur les toits, l’inspecteur John Ferguson est paralysé par le vertige et cause la mort d’un policier. Il préfère quitter la police. Un de ses anciens amis lui demande alors d’enquêter sur sa femme qui a un comportement étrange : elle semble hantée par une femme morte un siècle auparavant… Adaptant un roman que Boileau et Narcejac avaient écrit spécialement pour lui (1), Alfred Hitchcock réalise un film parfait. Vertigo (Sueurs froides) a la réputation d’être l’un de ses meilleurs films et il le mérite bien. Sur le plan du déroulement du scénario, Hitchcock a l’un de ces traits de génie qui le caractérisent : alors que le roman ne livre la clef de l’énigme qu’à la toute fin, Hitchcock nous la donne en plein milieu, de façon presque désinvolte et pressée, et fait ensuite rebondir le film : nous savons mais James Stewart, lui, ne le sait pas ! Et au-delà de l’intrigue, du suspense et de la tromperie, Vertigo est remarquable par sa richesse : nous n’avons là que deux personnages principaux mais leur relation passe par de multiples variantes. Ainsi, Vertigo est aussi un film sur l’amour, vu sous des dizaines de formes différentes, depuis l’amour fantasmé, qui n’existe pas, jusqu’à l’amour fou, pour lequel on se tue. L’interprétation est forte, très présente. Hitchcock a beau se plaindre de l’actrice dans ses interviews, Kim Novak fait une superbe interprétation très charnelle, d’une sensualité extrême qui a souvent été qualifiée « d’animale ». Vertigo est l’un des films les plus érotiques qui soient (sans qu’il y ait une once de nudité, bien entendu)… La photographie est très belle, les gros plans sont superbes, aussi bien ceux de Kim Novak que ceux de James Stewart. Bizarrement, le film n’eut que peu de succès à sa sortie. Et pourtant, Vertigo n’est pas seulement l’un des plus beaux films d’Hitchcock, c’est l’un des plus beaux films du cinéma tout court. Elle: Lui : (30/11/2012) – (20/10/2025)
Lecteurs : (2 notes, moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Alfred Hitchcock chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* L’effet de vertige dans l’escalier est réalisé en combinant un zoom avant avec un traveling arrière. L’escalier fut reproduit à taille réduite et mis à plat afin de limiter le besoin de suspendre la caméra et ainsi réduire les coûts. Hitchcock dit avoir déjà voulu faire cet effet dans Rebecca sans y parvenir.
* Caméo d’Hitchcock : À la 11e minute, juste avant l’entrevue de James Stewart avec son ancien ami, une vue montre l’entrée du chantier naval. Hitchcock passe devant l’entrée du chantier naval, portant un étui à clairon.
* Pour une histoire de droits, Vertigo ne fut pas visible pendant près de 30 ans. Il n’est ressorti qu’en 1984.
(1) Alfred Hitchcock avait entrepris d’acheter les droits de Celle qui n’était plus mais Henri Georges Clouzot le coiffa au poteau et en fit Les Diaboliques (1955). Boileau et Narcejac se mirent alors à écrire une histoire spécialement pour Hitchcock (D’entre les morts) et la Paramount en acheta aussitôt les droits. A noter qu’Hitchcock semble apprendre ce détail de la bouche de Truffaut lors de ses entretiens avec lui.
Après avoir été mis à la porte de la banque où il travaillait et ne pouvant trouver un travail pour faire vivre sa famille, Monsieur Verdoux a l’idée d’épouser de riches veuves pour les faire ensuite disparaître… Au sein de la filmographie de Charles Chaplin, Monsieur Verdoux peut étonner. Pourtant il s’y inscrit parfaitement. Le film est une fable sociale qui dénonce cette société capable de broyer les individus et que Verdoux combat avec ses propres armes (« le meurtre est l’extension logique des affaires »). La combat-il d’ailleurs puisqu’il cherche avant tout à s’y réinsérer? Le personnage est complexe : l’identification du spectateur avec lui ne peut être totale, il s’agit d’un meurtrier, mais pourtant ce Monsieur Verdoux ne manque pas de charme. C’est un être sensible, terriblement séducteur, élégant par son langage, cynique certes mais pouvant faire preuve de grande compassion comme en témoigne cette scène avec la jeune fille qu’il recueille. C’est aussi un film contre la guerre, comme le montre le propos vers la fin du film.Monsieur Verdoux peut ainsi être vu comme un condensé des Lumière de la ville, des Temps Modernes et du Dictateur. Bien entendu, le film n’est pas dénué de scènes comiques mais le burlesque tourne essentiellement autour d’un seul personnage, l’une de ses femmes qui a une chance extraordinaire. C’est un comique assez noir, toutefois. Le film est parfait dans sa forme, que se soit par sa construction ou son rythme. L’interprétation de Chaplin est remarquable. Monsieur Verdoux n’eut aucun succès à sa sortie. Victime de la paranoïa anticommuniste, Chaplin était alors l’objet d’une vaste campagne de dénigrement. Il fut mieux accueilli en Europe. Avec le temps, le film a regagné la place qu’il mérite. Monsieur Verdoux fait partie des très beaux films de Chaplin. C’est un film subtil et profond, mais aussi d’une grande sensibilité. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Charles Chaplin chroniqués sur ce blog…
Remarque :
C’est Orson Welles qui a donné à Chaplin l’idée de base de Monsieur Verdoux : Welles avait pour projet de tourner un documentaire romancé sur Landru et désirait que Chaplin en soit l’interprète principal. Chaplin refusa en disant qu’il ne s’était fait diriger par aucun metteur en scène jusqu’à présent et qu’il n’avait pas l’intention de commencer. Intéressé toutefois par l’idée, Chaplin racheta le script de Welles pour le réécrire ensuite entièrement.