En 1973, le jeune Donald Trump rencontre dans un restaurant new-yorkais l’avocat Roy Cohn, célèbre pour avoir poursuivi en justice le couple Rosenberg à l’époque du maccarthisme. Trump se plaignant de l’enquête menée par le gouvernement contre son père, grand promoteur immobilier, Cohn accepte de les défendre… The Apprentice est un film américain réalisé par le réalisateur irano-danois Ali Abbas, son quatrième long métrage. Il raconte l’ascension de Donald Trump dans les années soixante-dix et quatre-vingt, notamment ses années d’apprentissage auprès de Roy Cohn, avocat qui a débuté comme impitoyable procureur pendant la chasse aux sorcières initiée par le sénateur McCarthy. L’avocat lui a inculqué sa doctrine basée sur trois règles de base : 1) toujours attaquer ; 2) ne rien reconnaitre et nier tout en bloc ; 3) revendiquer la victoire et ne jamais reconnaitre la défaite. Le projet de ce film a été initié en 2018, lors du premier mandat de Donald Trump, pour ne sortir qu’en 2024 peu avant sa réélection, malgré les pressions et de multiples menaces de procès. Le récit est particulièrement édifiant et les interprétations de Sebastian Stan et de Jeremy Strong sont de tout premier ordre. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
En plein hiver, un écrivain (Claude Brasseur) cherche l’inspiration sur une plage de la Côte d’Azur. Il y rencontre une jeune femme mystérieuse (Mireille Darc) qui lui fait penser à l’héroïne de son roman. Il entreprend la conquête de cette jeune femme étrange qui semble protégée par un puissant avocat (Alain Delon)… Les Seins de glace est un film français réalisé par Georges Lautner, directement inspiré du roman de Richard Matheson Someone Is Bleeding, paru en 1953 (ce fût le premier roman publié de l’auteur de Je suis une légende). Il s’agit d’un suspense policier, genre inhabituel pour le cinéaste. L’intrigue repose surtout sur le personnage impénétrable interprété par Mireille Darc, qui s’écartait ainsi des rôles légers auxquels elle était habituée. Alain Delon, ici également producteur, désirait apporter une nouvelle dimension à l’actrice. Claude Brasseur a le rôle principal masculin, il est de presque toutes les scènes alors que le personnage interprété par Alain Delon est au second plan mais rendu assez fort par un jeu très sobre. L’histoire est troublante sans n’être jamais ni angoissante ni magnétique. Le déroulement du scénario n’est pas parfait, nous dévoilant des indices beaucoup trop tôt. Le film manque de puissance mais se laisse regarder sans déplaisir. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Mireille Darc, Claude Brasseur et Alain Delon dans Les Seins de glace de Georges Lautner. Alain Delon et Mireille Darc dans Les Seins de glace de Georges Lautner.
Mimi, une jeune avocate ayant une maladie psychiatrique tente de reprendre confiance en elle auprès d’un avocat radié du barreau en s’investissant dans la défense de Christophe… Sur la branche est une comédie franco-belge co-écrite et réalisée par Marie Garel-Weiss, son second long métrage. C’est une fantaisie qui est très originale par ses deux personnages principaux, des personnages « hors des clous » comme le définit la réalisatrice. Ils sont tour à tour surprenants, amusants, et au final attachants tout en montrant de la force. L’approche de la réalisatrice est délicate et elle parvient à un équilibre parfait. Les deux acteurs font une merveilleuse interprétation, ce qui semble logique pour Benoît Poelvoorde car il est dans un registre où il excelle mais plus inattendu pour la jeune Daphné Patakia qui a un rôle plus difficile à tenir. Un film surprenant, qui peut dérouter mais très réussi. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
En pleine réunion, un industriel est interrompu par un coup de fil personnel urgent. Sa jeune maitresse l’informe qu’elle vient de retrouver son bébé assassiné dans son appartement. Désemparée, elle va chercher refuge chez un ancien amant. Quand la police arrive sur les lieux, la mère est tout de suite soupçonnée du crime… Le Dernier Témoin est un film allemand réalisé par Wolfgang Staudte. Il est basé sur un livre de Maximilian Vernberg qui mettait en cause le fonctionnement de la justice allemande de l’époque, critiquant les enquêtes préliminaires expéditives, les conditions primitives de la détention provisoire et les partis-pris moraux des tribunaux. Son livre ne trouvera un éditeur qu’après son adaptation en film. Les scénaristes Robert A. Stemmle et Thomas Keck ont créé un scénario pour illustrer le propos. Nous assistons aux interrogatoires qui ne ménagent guère les suspects, puis à l’enquête de l’avocat de la défense. L’ensemble est prenant même si l’on peut être déçu après la projection de réaliser qu’il est entaché de nombreuses incohérences. Toutefois, le but initial de critiquer le système judiciaire allemand est bien atteint. Le film a connu un certain succès en Allemagne à sa sortie. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme qui a disparu, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau, l’avocat Eric Dupond-Moretti, de le défendre pour son second procès en appel…
Directement inspiré de l’affaire Viguier, Une intime conviction est le premier long métrage d’Antoine Raimbault. Celui-ci avait déjà montré son intérêt pour le fonctionnement de la justice avec son court métrage Vos violences (2014) dans lequel Eric Dupond-Moretti lui-même jouait le rôle d’un avocat. Ici, c’est Olivier Gourmet qui interprète son rôle et, comme on pouvait s’y attendre, il le fait merveilleusement bien. Le film a gardé les noms réels des protagonistes de l’affaire, seul le personnage de Nora, parfaitement incarné par Marina Foïs, a été ajouté. Le récit retrace le second procès sans effets de manche et nous montre le fonctionnement de la justice en France, un éclairage bienvenu car il est notoire que, par le cinéma, nous connaissons bien mieux les rouages de la justice américaine (le fameux « objection, votre Honneur ! ») Le film de procès est en effet un genre peu couru en France mais Antoine Raimbault nous prouve ici que, intelligemment fait, un tel film peut captiver ses spectateurs. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Largement impliqué dans l’affaire, Olivier Durandet a tenté de faire interdire le film pour « atteinte à la vie privée ». Le tribunal de grande instance de Paris a débouté sa demande, estimant que les faits traités étaient notoires.
Marina Foïs et Olivier Gourmet dans Une intime conviction de Antoine Raimbault.
Un homme d’une soixantaine d’années, Misumi, tue le patron qui vient de le licencier sur les berges d’un fleuve, puis brûle son corps. Emprisonné, il est défendu par l’avocat Shigemori, aidé de deux collaborateurs. La tâche des avocats est compliquée par l’étrangeté du prévenu, qui modifie plusieurs fois sa version des faits…
Ecrit et réalisé par le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda, The Third Murder est un film de procès mais il est très différent du modèle américain du genre. L’approche est très délicate, avec un déroulé du scénario sans heurts et sans les obligatoires coups de théâtre et surtout les deux personnages principaux (l’avocat et l’accusé) montrent une profondeur inhabituelle. Le propos a même une portée philosophique avec une exploration du thème de la justice, de la culpabilité et de l’interchangeabilité des rôles. La notion de vérité tient une place importante dans la réflexion. Nous suivons le cheminement de pensée de l’avocat, au départ peu intéressé par une affaire où il ne peut que perdre mais où il se retrouve dans une sorte de communion de pensée avec son client. La mise en scène est assez brillante, avec une belle utilisation du format large et une excellente interprétation. The Third Murder, qui est donc beaucoup plus qu’un simple film de procès, a reçu un accueil plutôt mitigé. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A la suite du Procès de Nuremberg des grands dignitaires nazis (1945-46), douze procès secondaires, appelés parfois « procès successeurs », se déroulèrent dans la zone d’occupation américaine. Le film de Stanley Kramer s’inspire du « procès des juges » qui se tint en 1947 : 16 personnes, anciennement juristes, procureurs et juges, furent inculpés. Dans le film, ils ne sont plus que quatre à comparaître et l’histoire se concentre sur le plus emblématique d’entre eux. Si, il faut bien l’avouer, Stanley Kramer n’a pas toujours convaincu de la qualité de sa réalisation, Jugement à Nuremberg le montre à son meilleur. Son film est intense et restitue bien la gravité du sujet. Il questionne sur la notion de responsabilité personnelle et collective, et aussi sur la culpabilité. L’intensité est encore plus forte avec l’insertion des images d’archives filmées à l’ouverture des camps de concentration, images épouvantables qui créent un choc. C’est l’un des tous premiers films montrant ces terribles documents (1). Le récit donne une large place aux scènes de prétoire. Stanley Kramer a réuni un plateau prestigieux. Un seul acteur montre une certaine outrance dans son jeu (et c’est lui qui a gagné l’Oscar) : Maximilian Schell en avocat de la défense. Les autres acteurs savent trouver le ton juste. Quelle que soient les critiques que l’on peut lui faire, le film a les qualités de son sujet : ces procès sont l’un des plus grands évènements historiques du XXe siècle, une première dans l’histoire de l’Humanité. Malgré une durée de 3 heures, le film draina une large audience. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* L’utilisation du zoom était encore récente en 1961. Les quelques « coups de zoom » très brutaux peuvent s’expliquer ainsi. Ils paraissent ridicules aujourd’hui.
* Les personnages Ernst Janning (interprété par Burt Lancaster) et Emil Hahn (celui qui n’a aucun remords) (interprété par Werner Klemperer) sont inspirés de personnages réels.
* Le blocus de Berlin par les soviétiques (24 juin 1948 – 12 mai 1949) n’eut pas lieu pendant le procès des juges (13 février 1947 – 3 décembre 1947) mais il eut bien lieu pendant d’autres « procès successeurs ».
* Lorsque la première du film se tint à Berlin le 14 décembre 1961 (devant tout un parterre de journalistes transportés à grand frais), le verdict dans le procès d’Adolf Eichmann récemment retrouvé et enlevé par les israéliens en Argentine, avait été rendu deux jours auparavant.
* Pour en savoir plus sur ce procès : lire la page dédiée sur le U.S. Holocaust Memorial Museum. (en anglais)
(1) Il faut bien entendu mentionner le court métrage d’Alain Resnais Nuit et Brouillard qui les montraient dès 1956.
Burt Lancaster dans Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer.
Maximilian Schell et Richard Widmark dans Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer.
Paul Senanques et son associé sont avocats de l’homme d’affaires Pervillard, surnommé « le Président ». Paul commence à douter de l’honnêteté de son client. Au même moment, Paul fait la rencontre de Sacha, une jeune femme dont il s’éprend…
Philippe Labro et sa femme Françoise ont écrit ensemble le scénario de Rive droite, rive gauche. Il met en scène les malversations d’un puissant homme d’affaires parallèlement à une histoire d’amour très romanesque. L’histoire est assez simplette et le film a été souvent qualifié de « roman-photo de luxe » par la critique : il est vrai que l’ensemble est très manichéen, avec des méchants bien méchants (et heureusement assez bêtes), et aussi légèrement moralisateur. Le film vaut surtout par son interprétation, un beau plateau d’acteurs qui ont beaucoup de présence. Depardieu est très crédible dans son costume d’avocat habitué des cinq étoiles, Nathalie Baye montre beaucoup de charme. Son personnage a beau être caricatural, Carole Bouquet n’en est pas moins superbe, dans son inimitable style « beauté inaccessible ». Comme les autres films de Philippe Labro, Rive droite, rive gauche est à classer dans le cinéma populaire, donc destiné à un large public. Il connut un beau succès en salles. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Gérard Depardieu et Nathalie Baye : photo publicitaire pour Rive droite, rive gauche de Philippe Labro.
Remarque :
* Physiquement, le financier interprété par Robert Fresson ressemble fortement à Jean-Baptiste Doumeng, « le milliardaire rouge » ; il a aussi le même franc-parler, mais la ressemblance s’arrête là puisque Jean-Baptiste Doumeng n’a jamais été impliqué dans un tel scandale, ni utilisé de telles méthodes.
* Rive droite, rive gauche est l’ultime réalisation de Philippe Labro qui se consacrera ensuite à la radio (RTL).
Gérard Depardieu, Carole Bouquet, Jacques Weber et Bernard Fresson dans Rive droite, rive gauche de Philippe Labro.
Inscrite en première année de droit à Assas, Neïla Salah arrive en retard le premier jour et se heurte à un professeur connu pour ses propos racistes. Forcé par sa hiérarchie, ce dernier se voit forcé de prendre l’étudiante sous son aile pour la préparer au grand concours d’éloquence… Le Brio est une comédie dramatique pétrie de bonnes intentions mais qui hélas n’évite pas les clichés qui sont innombrables : dès le début, l’accrochage entre le prof de droit réactionnaire et sûr de lui et l’étudiante banlieusarde en sweat utilisant le parler et les expressions des cités ne montre guère de finesse. Le scénario se concentre ensuite presque uniquement sur la confrontation de ces deux personnages, jouant constamment sur l’attirance répulsion ; le déroulement de l’histoire montre d’importantes ellipses. Les dialogues ne manquent pas d’humour parfois mais le brio annoncé n’est guère au rendez-vous… Le fond du propos, fustiger les préjugés racistes, est bien entendu louable mais le développement est quelque peu décevant. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Yvan Attal chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Camélia Jordana est également chanteuse. Elle a trois albums à son actif.
* Le film s’ouvre avec quelques images d’archives de Serge Gainsbourg, Romain Gary, Jacques Brel, François Mitterrand, Yves Mourousi et Claude Lévi-Strauss.
Daniel Auteuil et Camélia Jordana dans Le Brio de Yvan Attal.
Victoria Spick est avocate pénaliste. Elle est divorcée et vit avec ses deux filles qu’elle fait garder par Sam, jeune homme très serviable qui lui propose même de s’installer chez elle. Son ami Vincent lui demande de le défendre : il est accusé d’avoir menacé sa compagne avec un couteau au cours d’un mariage où elle était aussi invitée. Elle finit par accepter mais c’est le début d’une série de cataclysmes pour Victoria…
Ecrit et réalisé par Justine Triet, son deuxième long métrage, Victoria est une comédie très réussie. Elle est déjà brillante par son scénario : la cinéaste mêle très habilement le désarroi sentimental, la confusion des sentiments, la délicate séparation entre vie professionnelle et vie personnelle avec des éléments de comédie qui ne fonctionnent jamais aux dépens d’un personnage. C’est du grand art, seuls les plus grands comme Billy Wilder y parviennent avec autant de réussite. Il y a beaucoup d’originalité dans les personnages et les situations, nous sommes loin de ces films qui semblents décliner une recette. Victoria est aussi un film brillant par son interprétation. Virginie Efira est étonnante : elle sait tout faire et elle est capable de susciter plusieurs sentiments dans la même minute. Les seconds rôles sont tous bien tenus. L’ensemble est vif, le rythme est enlevé. Une belle réussite. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)