19 janvier 2011

New York – Miami (1934) de Frank Capra

Titre original : « It happened one night »

New York - MiamiLui :
New York – Miami de Frank Capra a apporté un ton nouveau à la comédie américaine. Avec ses dialogues légers et enlevés, ses situations saugrenues basées sur les rapports homme-femme, son excellent rythme dans l’enchaînement des situations, c’est la première « screwball comedy », celle qui a lancé le genre. Personne à Hollywood ne croyait à son succès, qui ne vint d’ailleurs pas aussitôt mais qui fut immense. Il faut dire que l’alchimie entre Claudette Colbert et Clark Gable fait plaisir à voir et que nombre d’américains se sont identifiés à Clark Gable, journaliste sans le sou et débrouillard qui donne une bonne leçon de vie à une fille à papa, riche et capricieuse. Si New York – Miami a bousculé toutes les règles, il en a créé de nouvelles. Ce nouveau genre a engendré des films sans inspiration, pâles copies de l’original, mais aussi certains des plus beaux bijoux de la comédie américaine.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Clark Gable, Claudette Colbert, Walter Connolly
Voir la fiche du film et la filmographie de Frank Capra sur le site IMDB.
Voir les autres films de Frank Capra chroniqués sur ce blog…

Remarques :
New York - Miami 1) Dans la fameuse scène du « mur de Jéricho », lorsque Clark Gable retire sa chemise, on voit qu’il ne porte pas de maillot de corps (en réalité, c’était uniquement pour éviter que la scène dure trop longtemps). Il fut instantanément imité par bon nombre d’américains et les ventes de maillots de corps chutèrent. La légende raconte que les fabricants de sous-vêtements menacèrent la Columbia de poursuites.
2) Frank Capra a eu bien du mal à trouver ses deux acteurs vedettes : plusieurs acteurs ont refusé, jugeant le script sans intérêt. Claudette Colbert n’a accepté qu’à la condition que son salaire soit doublé et que le tournage ne dure pas plus de quatre semaines. De son côté, le prêt de Clark Gable de la MGM à la Columbia était une punition : s’estimant surmené, l’acteur avait refusé de tourner un nouveau film pour la MGM. La punition fut donc de l’envoyer tourner un petit film « sans intérêt » chez un concurrent, chose qu’il n’avait pas le droit de refuser.
3) New York – Miami est l’un des très rares films à avoir reçu les 5 Oscars majeurs. On pense que la MGM a manœuvré pour que Clark Gable (qu’ils avaient prêté à la Columbia pour le film) reçoive l’Oscar du meilleur acteur afin de booster sa carrière…

It happened one night

Remakes :
Eve knew her apples de Will Jason (1945) avec Ann Miller et William Wright
L’extravangante héritière (You can’t run away with it) de Dick Powell (1956), comédie musicale  avec June Allyson et Jack Lemmon
Garçon choc pour nana chic (The sure thing) de Rob Reiner (1985) avec John Cusak

3 réflexions sur « New York – Miami (1934) de Frank Capra »

  1. Une petite remarque : « It happened one night » fut en effet le 1er film à recevoir les 5 Oscars majeurs (film, metteur en scène, acteur, actrice et scénario) mais il n’est pas le seul. « Vol au-dessus d’un nid de coucous » (1975) et « Le silence des agneaux » (1991) ont réalisé la même « performance ».

  2. Sans être le meilleur film de Capra, It happened one night est effectivement une parfaite comédie, avec ce qu’il faut de (faux) suspens à la fin, et surtout des situations variées et des dialogues enlevés. Il est sans doute difficile de mesurer aujourd’hui la révolution qu’il opéra dans l’histoire du cinéma, car comme tout le monde j’ai déjà vu d’autres screwball comedies aux dialogues enlevés et vachards entre un couple qui se charrie avec vivacité et ironie pour mieux tomber amoureux au bout du compte. Je suppose que, lorsque ce genre n’existait pas encore, les dialogues et les transgressions de ce film, son énergie, le culot des réparties, devaient être assez stupéfiants pour le public.

    Et le titre original ajoute du piquant, car en réalité l’intrigue principale s’échelonne sur 4 nuits (une dans le bus, une dans la maison lors de l’arrêt forcé pour route barrée, une dans le champ sur la paille, la quatrième dans l’autre maison). Le titre suggère que « c’est arrivé », et le spectateur devait guetter le moment où leur relation y conduirait : « one night » = laquelle ? D’ailleurs, même si la scène finale apporte la réponse, c’est d’une manière elliptique (et presque téléphonée), hors périple initial, sans véritable transgression, dans une sorte de tromperie du spectateur. Avec son titre suggestif, Capra s’est d’une certaine manière moqué de nous, et c’est en soi une excellente idée.

    En revanche, celui ou celle qui a décidé du titre français devait avoir bu un coup de trop. Que la suggestion transgressive du titre anglais soit perdue, passe encore, mais qu’il parle d’un trajet de New-York à Miami alors que c’est exactement l’inverse, c’est quand même sidérant. Comment le distributeur français a-t-il osé titrer « New-York–Miami » un film racontant un périple… de Miami à New-York ? Les titres français me consterneront toujours.

    NB : Seul faiblesse du film, je trouve que les scènes où Claudette Colbert tombe dans un registre « dramatique » (quatrième nuit du périple puis scène avec son père avant son « mariage ») sont assez toc. Je n’ai pas de mal à croire qu’elle ait tourné le film sans conviction, cela est visible ici, dans ces quelques scènes elle joue assez faux. C’est dommage, car toutes les scènes enlevées (= heureusement la quasi-totalité du film) sont jouées avec un charme et une vivacité réjouissants.

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